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[Affaire Skripal] Des chimistes iraniens identifient des agents de guerre chimique soviétiques

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Un article intéressant de 2017 sur le Novitchok, depuis un portail centré sur la spectrométrie.

Source : Spectroscopy Now, Ryan De Vooght-Johnson, 01-01-2017

Publié : 1er janvier 2017

Auteur : Ryan De Vooght-Johnson

Canaux : Informatique de laboratoire / Chimiométrie & Informatique

La détection des armes chimiques nécessite de bonnes données analytiques.

Les armes chimiques et leurs précurseurs ont été interdits par la Convention sur les armes chimiques, qui a été signée et ratifiée par presque tous les pays du monde. Toutefois, l’utilisation illégale d’armes chimiques, que ce soit par des organismes d’État ou des organisations terroristes, demeure une menace. Des armes chimiques ont été utilisées par les forces irakiennes dans les années 1980 contre les forces iraniennes et les civils kurdes. Certaines armes chimiques, comme le chlore gazeux, auraient été utilisées ces dernières années dans la guerre civile syrienne.

Les bases de données actuelles comprennent les spectres de masse des agents de guerre chimique les plus courants, mais il reste encore du travail à faire sur les agents plus rares. Les agents dénommés « Novichok » sont une série d’agents neurotoxiques hautement toxiques développés en Union soviétique dans les années 1970 et 1980. La littérature sur leurs propriétés spectrales est rare.

La détection d’armes chimiques peut impliquer des échantillons dans lesquels elles sont présentes à des niveaux extrêmement bas. La spectrométrie de masse est généralement utilisée pour l’identification, typiquement GC/MS ou LC/MS. Même avec ces techniques, l’identification peut être difficile dans des situations où l’ion moléculaire est faible ou des composés isomères peuvent être présents. Il est important de reconnaître les voies de fragmentation typiques afin d’identifier de manière fiable les composés.

GC/MS et LC-MS/MS utilisés pour la détection de l’agent « Novichok ».

Les chercheurs iraniens ont synthétisé cinq agents « Novichok », ainsi que quatre analogues deutérés. Il s’agissait tous de composés O-alkyl N-[bis(diméthylamino)méthylidène]-P-méthylphosphonamidate (c’est-à-dire des molécules dont le groupe phosphore est un agent neurotoxique typique couplé à la N,N,N,N’N’-tétraméthylguanidine). Le groupe O-alkyle était varié, les dérivés méthoxy, éthoxy, isopropoxy, phénoxy et 2,6-diméthylphénoxy étant préparés. Les synthèses ont été réalisées à une micro-échelle afin de minimiser l’exposition.

Les agents neurotoxiques synthétisés ont été examinés par CG/SM, à l’aide d’une rampe de CG à 40-280°C, d’une source d’ionisation électronique (EI) et d’un détecteur sélectif de masse (MSD). Les composés ont tous montré un ion moléculaire de bon à modéré. Les autres ions principaux ont été identifiés à l’aide des spectres de masse des analogues deutérés. La fragmentation était le plus souvent comme on pouvait s’y attendre ; par exemple, pour l’analogue méthoxy, le pic de base impliquait la perte d’un groupe diméthylamino et du groupe phosphore-méthyle. Pour le composé phénoxy, le pic de base était celui de la perte d’un groupe diméthylamino ; les auteurs proposent une réaction intramoléculaire impliquant une attaque à partir de la position ortho du groupe phénoxy sur le carbone central’guanidine’, conduisant à la perte du groupe diméthylamino et à la formation d’un complexe sigma stable. Le spectre du dérivé 2,6-diméthylphénoxy, où le pic correspondant est beaucoup plus faible, probablement parce que les positions ortho sont bloquées par les groupes méthyle. Un réarrangement distinctif de type McLafferty, avec perte d’un alcène du groupe alcoxy, a été observé avec des dérivés où cela était possible, comme l’éthoxy et l’isopropoxy, mais pas dans les dérivés méthoxy et phénoxy, où un tel réarrangement ne pouvait pas se produire.

Les composés ont été examinés par LC-MS/MS, à l’aide d’une source d’ionisation par électrospray (ESI) et d’un spectromètre de masse tandem quadripolaire. La CLHP a utilisé un système de gradient acétonitrile aqueux, avec 20 mM d’acide formique. En général, les spectres ESI étaient similaires aux spectres EI. La perte facile d’un groupe diméthylamino avec le dérivé phénoxy a de nouveau été notée.

Nouveaux ajouts à la base de données sur les armes chimiques

Les auteurs ont réussi à synthétiser et à obtenir des données spectrales de masse détaillées sur une série d’agents neurotoxiques inhabituels. Les données ont été ajoutées à la base de données analytique centrale de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Il est important que ces bases de données soient aussi complètes que possible afin que les armes chimiques inhabituelles puissent être détectées sans ambiguïté. La tâche de débarrasser le monde de toutes les armes chimiques exige beaucoup de travail minutieux, mais l’objectif ultime est certainement quelque chose que nous devrions tous approuver.

Source : Spectroscopy Now, Ryan De Vooght-Johnson, 01-01-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.


En fait, cet article relate les informations de cet article scientifique publié dans une revue à comité de lecture (en pdf).

L’article indique les principes généraux de fabrication. L’objectif était donc de réaliser une microsynthèse à des fins de recherche.

Ces scientifiques ont produit environ 0,4 mmol de produit, soit quelques dizaines de milligrammes.

La dose mortelle de Novitchok est de moins d’un milligramme

Tout ceci confirme de nouveau que la production de ce produit est à la portée de beaucoup de pays et structures…

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

RGT // 24.04.2018 à 08h22

Les chercheurs iraniens ont synthétisé cinq agents « Novichok »…

Sales iraniens, il faut immédiatement les attaquer comme les irakiens car ils détiennent des “armes de destruction massive”.

Je suis certain que nous reverrons bientôt un représentant de la “communauté internationale” brandir une petite fiole de “Novichok” iranien à ‘ONU pour justifier cette attaque.

Au fait, quand parlerons-nous du pays qui possède, et de loin, les plus gros stock d’armes chimiques et qui ne s’est jamais gêné pour les utiliser massivement sur des civils ?
Il est facile à identifier, c’est aussi le seul pays à avoir “libéré” pour leur “bien” des civils avec des bombinettes atomiques.

Avant de critiquer la poussière qui se dépose sur le perron du voisin il serait préférable de balayer l’énorme tas d’ordures qui se trouve devant sa porte.

43 réactions et commentaires

  • WorldCitizen // 24.04.2018 à 06h59

    Et la Russie dans tout ça ?

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  • statistique de langage // 24.04.2018 à 07h04

    “Information à prendre cependant au conditionnel, puisqu’il s’agit de données non publiques et non officielles”. Pour y avoir accès, l’article original (rapid. comm. mass spec. 2016, 30, 2585) a été publié dans un journal à comité de lecture tout ce qu’il y a de respectable. Notez que non seulement la caractérisation des produits est décrite (RMN de A-230 et MS de tous le monde) mais aussi la synthèse (composé dit A-230 lui-même utilisé comme précurseur du-dit A-234 et de tous ses petits copains), qui est, du point de vue d’un chimiste organicien, simple –tant qu’on ne se lèche pas les doigts.

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    • statistique de langage // 24.04.2018 à 10h16

      Mes excuses: pas A230 et 234 du livre de Mirzayanov, mais de très proches cousins (dimethylacetamidine remplacée par tetramethylguanidine). La voie de synthèse serait la même.

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  • TC // 24.04.2018 à 07h36

    Et les gouvernements atlantiens de dire que seule la Russie avait les moyens et les compétences pour fabriquer ce neurotoxique dont la formule était librement disponible depuis une dizaine d’années. Attendons encore un peu, et nous apprendrons que d’autres Etats l’ont synthétisé à leur tour. Le temps révèle tout, c’est un bavard qu’on n’a pas besoin d’interroger.

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    • Melson Moinfort // 24.04.2018 à 08h40

      “Le temps révèle tout, c’est un bavard qu’on n’a pas besoin d’interroger”.
      C’est vrai. C’est sans doute pourquoi, sur certaines questions particulièrement sensibles, on publie des lois pour empêcher ce bavard de parler.

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    • Haricophile // 24.04.2018 à 09h24

      «Attendons encore un peu, et nous apprendrons que d’autres Etats l’ont synthétisé à leur tour.»

      Si on voulait rire, mais vraiment rire, il suffirait d’envoyer les experts de l’OIAC en mission internationale à Porton Down. Ils y resteraient des années a analyser ce qui s’y trouve, fabriqués directement a l’initiative des grands-bretons ou en sous traitance du grand-frère USA.

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  • SanKuKai // 24.04.2018 à 08h18

    Sauf que l’Iran est allié á la Russie en Syrie. Si cette info devient virale, elle invalide de discours du Royaume Uni ( “seule la Russie”) mais il suffira alors de changer le scénario de l’histoire. Le fil conducteur devant rester :”c’est pas les gentils (nous) qui feraient ça”

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    • Alfred // 24.04.2018 à 12h05

      Cette information est ancienne (elle est sorti très rapidement après l’empoisonnement) et singulièrement mal interprétée ici (il faut dire que sa présentation ici et maintenant s’y prête). Les iraniens ont synthétisé ces substances dans le cadre de la recherche internationale qui vise à lutter contre ces substances et ont immédiatement fait connaitre internationalement ce travail académique. La conséquence c’est que le discours du Royaume Uni est invalide depuis le début et que tout le monde pouvait synthétiser ces substances. Et c’est tout.
      L’information manquante sur les crises si l’on veut relancer le dossier skripal c’est l’accusation par les russes du caviardage du rapport du labo suisse.
      Il y a deux problèmes actuellement: 1 les échantillons fournis par les anglais contiendraient une concentration de “novichok” incompatible avec à la fois l’état des skripal et à la fois le temps écoulé (dispersion du produit qui ne devrait se trouver qu’à létat de traces). 2 surtout le labo suisse a trouvé dans ces échantillons des traces d’un autre produit toxique produit par les américains et qui produirait des symptômes plus compatibles avec l’etat des skripal.
      Bref il y a encore de quoi dire.

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      • Kami74 // 25.04.2018 à 11h48

        “le labo suisse a trouvé dans ces échantillons des traces d’un autre produit toxique”

        Effectivement mais l’OIAC a répondu que ces traces provenaient d’un échantillon de contrôle, et non pas d’un prélèvement venant de Salisbury. La Russie n’ayant pas donné suite, j’imagine que l’explication est satisfaisante.

        Ce qui est plus grave et inquiétant, c’est l’absence complète de nouvelles de Yulia Skripal. Personne ne l’a vue depuis sa sortie de l’hôpital et le communiqué publié en son nom n’a manifestement pas été écrit par elle. Qu’a-t-elle d’embarrassant à révéler qui explique cette mise au secret ? On peut imaginer que son récit des faits contredirait la version officielle, ce qui n’est pas étonnant vu que celle-ci n’arrête pas de changer.

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  • statistique de langage // 24.04.2018 à 08h21

    Tiens, ce n’est pas que moi académique qui ait accès à l’article, mais tout le monde: https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/rcm.7757

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  • RGT // 24.04.2018 à 08h22

    Les chercheurs iraniens ont synthétisé cinq agents « Novichok »…

    Sales iraniens, il faut immédiatement les attaquer comme les irakiens car ils détiennent des “armes de destruction massive”.

    Je suis certain que nous reverrons bientôt un représentant de la “communauté internationale” brandir une petite fiole de “Novichok” iranien à ‘ONU pour justifier cette attaque.

    Au fait, quand parlerons-nous du pays qui possède, et de loin, les plus gros stock d’armes chimiques et qui ne s’est jamais gêné pour les utiliser massivement sur des civils ?
    Il est facile à identifier, c’est aussi le seul pays à avoir “libéré” pour leur “bien” des civils avec des bombinettes atomiques.

    Avant de critiquer la poussière qui se dépose sur le perron du voisin il serait préférable de balayer l’énorme tas d’ordures qui se trouve devant sa porte.

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    • hervé cruchant // 24.04.2018 à 15h55

      seriez-vous aimable de détailler cette phrase : “Au fait, quand parlerons-nous du pays qui possède, et de loin, les plus gros stock d’armes chimiques et qui ne s’est jamais gêné pour les utiliser massivement sur des civils ?
      Il est facile à identifier, c’est aussi le seul pays à avoir “libéré” pour leur “bien” des civils avec des bombinettes atomiques.”(sic) svp ? merci

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    • Vladimir K // 24.04.2018 à 21h59

      Vous vous fourvoyez. Ce n’est pas un stock d’armes chimiques qu’ils ont, mais un très gros stock d’engrais.

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  • DG // 24.04.2018 à 08h31

    Il me semble que certaines personnes font un contresens ici. D’une part les chimistes iraniens ont synthétisés ces agents non pas pour en faire une arme mais pour développer une méthode de détection. Mais surtout comme il est écrit dans l’article “Les synthèses ont été réalisées à une micro-échelle afin de minimiser l’exposition”, ils ne sont donc (officiellement) pas capable de produire ces agents à grande échelles. Et le passage à grande échelle n’est pas nécessairement évident surtout pour un gaz toxique. Donc en ce qui concerne cet article il ne contredit pas l’affirmation que seule la russie peux produire du Novichok (à grande échelle et le manipuler).

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    • statistique de langage // 24.04.2018 à 08h54

      Il est clair que les chimistes iraniens ont fait un travail utile à L’OIAC et qu’ils ne peuvent être en aucune raison blamer. Le point est que les infos sont en accès libre et que tout le monde peut le refaire (ne soyez pas choqué, la synthèse des VX et autres saloperies phosphorées n’ont rien de secrètes car relativement faciles à concevoir pour n’importe quel chimiste organicien). Les réactions décrites dans l’article sont sur 0.4 mmol, soit environ 100 mg de matériel au final (au rendement près, mais il doit être plutôt bon vu le type de transformations). C’est bien assez pour quelques assassinats. J’ajouterais que vu les procédures je ne vois aucun problème pour monter la synthèse au 1–10 grammes, ce qui sans être de la grande échelle est plus qu’assez pour jouer. Un labo standard (j’insiste) de chimie organique comme il y en a dans toutes les facs, une petite semaine de travail (et c’est pessimiste) et surtout un bon chimiste avec peu de scrupules.

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      • DG // 24.04.2018 à 09h19

        merci pour les précisions

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      • LolCat666 // 24.04.2018 à 09h54

        statistique de langage a malheureusement raison. Je suis très bon en chimie orga et je peux vous assurer que la synthèse de saloperies comme le sarin est à la portée du moindre laborantin un peu curieux et suicidaire. A mon avis n’importe quel labo de l’armée spécialisé dans ces saloperies peut fabriquer du “novitchok”. On peut reétablir le protocole de synthèse par étude de la formule finale.

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        • LA ROQUE // 24.04.2018 à 13h53

          Cette échange est l’intérêt même du blog les-crises.fr . Des intervenants de tous les horizons avec des compétences différentes pour élargir notre champs de vision. Merci pour vos interventions. Même si il est important de garder son esprit critique.

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    • John V. Doe // 24.04.2018 à 09h09

      En réalité, selon l’OIAC, à peu près tous les pays peuvent produire ce composé toxique voir
      https://www.rt.com/news/424928-uzumcu-opcw-skripal-prank/

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    • Les-crises // 24.04.2018 à 10h53

      “Les synthèses ont été réalisées à une micro-échelle”

      Vous savez que la dose mortelle de Novitchok est inférieure à 1 milligramme ?
      https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Sciences/Affaire-Skripal-quest-gaz-Novitchok-2018-03-25-1200926471

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      • DG // 24.04.2018 à 11h33

        “…afin de minimiser l’exposition”.
        Une chose est de produire un agent chimique une autre est de pouvoir le manipuler et transporter sans danger (cf: bombe atomique, nitroglycerine…). Cela dit la réponse de “statistique de langage” semble indiquer que cette partie n’est pas si difficile que ca (n’étant pas chimiste je ne peux pas me prononcer là dessus).
        Ce qui à provoqué mon interpellation c’est que au début des années 2000 beaucoup de reportages disaient que sur internet on trouvait des tutos pour fabriquer des armes chimiques et autres bombes (et même des bombes nucléaire “sales”) et que n’importe qui pouvait en fabriquer une. Au final cela ne c’est pas vraiment produit. La raison étant que chimiste ou artificier sont des métiers qui prennent du temps à s’apprendre et qu’il faut beaucoup de matériel pour ne pas se tuer dans le processus et transporter le produit ou l’on veut.
        Donc le raisonnement, qui consiste à penser que si on peux faire 1 milli/microgramme de quelquechose alors on peut en faire un gramme est un peu trop rapide. Mais encore une fois si on en croit les dire de “statistique de langage” c’est le cas ici.
        Peut être qu’une interview d’un chimiste serait bienvenue, mais bon ce n’est pas demain la veille qul’on trouvera ca sur france 2 ou le monde.

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        • TuYolPol // 24.04.2018 à 11h41

          La bonne vulgarisation est déjà rare quand il n’y a pas d’enjeu politique, alors quand il y en a c’est impossible. Il faut chercher tout seul. Dans tout domaine un peu tricky, les spécialistes sont atterrés par les âneries qui passent pour des vérités scientifiques devant le public.

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          • marc // 24.04.2018 à 12h49

            oh, quelle lucidité dans ce message synthétique! chapeau… et je rajouterais que la nutrition et les bases de la médecine sont devenues tricky pour le public.

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          • Emmanuel // 24.04.2018 à 13h24

            “Tricky”, j’ai dû chercher le sens de ce mot. Apparemment, il signifie “compliqué” ou “ardu”. Ecrire en français sur un blog en français c’est pas mal quand il s’agit de se faire comprendre.

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      • RGT // 24.04.2018 à 20h29

        Dose mortelle, totalement absorbée par la “cible” ?
        Il existe une grande différence entre la “dose mortelle” et la quantité qu’il faut diffuser dans l’environnement pour atteindre cet objectif, la dilution dans l’air étant le principal inconvénient.
        Et cette dose diffusée dans l’environnement risquerait fort “d’incommoder” celui qui la diffuse ou de causer des “dommages collatéraux” qui ne pourraient pas passer inaperçus.

        De toutes façons, la dose mortelle de ce produit est monstrueuse par rapport à la toxine la plus puissante actuellement connue, et qui est 100% naturelle.
        Cette toxine est synthétisée par par une bactérie nommée clostridium botulinum qui se nourrit d’animaux morts (après les avoir tués bien sûr)…
        La toxine botulique.
        La dose mortelle moyenne est de 1 ng/kg, largement devant toutes les molécules de synthèse dont on peut rêver.

        Par contre, son utilisation est (heureusement) très délicate : Les aérosols ou la pulvérisation cutanée ne sont pas très efficaces. Par contre l’ingestion d’eau contaminée ou le contact avec le sang de la victime sont foudroyants.
        Normal : la bactérie qui synthétise est anaérobie (vit dans l’eau) et ses “proies” boivent de l’eau contaminée (d’où son incroyable efficacité).
        Cette molécule (très) complexe et issue de millions d’années d’évolution n’est pas prête d’être détrônée de son piédestal.
        Les chimistes n’arrivent pas à la synthétiser et le seul moyen d’en obtenir consiste à “traire” des clostridiums…

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  • tchoo // 24.04.2018 à 08h50

    Le titre est fallacieux car ces agents chimiques ne sont pas russe mais soviétiques à l’origine.
    Quand au postulat qui consiste à dire que les iraniens ont synthétiser ces produits à petite échelle volontairement prouvé qu’ils ne peuvent le faire à grande échelle, pourrait être hautement risible. Si tant est que pour être nuisible l’échelle de production devrait être très importante

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  • René Fabri // 24.04.2018 à 09h32

    Maintenant, il serait intéressant de savoir si les Anglais pourrait eux-même fabriquer du novichok. Dans ce cas, Porton Down, situé à seulement 8 miles de la maison des Skripal, en aurait sûrement, puisque c’est le laboratoire chimique militaire le plus important du pays. En tous cas, Porton Down en connait la formule puisque c’est ce laboratoire qui a annoncé en premier que le poison était du novichok.

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  • moshedayan // 24.04.2018 à 10h14

    “Le temps est bavard”… moi j’attends toujours la révélation sur le tir missile contre le MH17, je pense malheureusement qu’on ne saura jamais la vérité : d’un côté ou de l’autre on a eu maintenant la consigne de détruire toutes les données voire les acteurs. Dans une hypothèse de travail, il n’est même pas exclu que la Russie sache très bien que ce sont les Ukrainiens et qui exactement, mais qu’elle garde l’affaire au cas où à Kiev les choses tourneraient plus en sa faveur, notamment du côté de l’Armée ukrainienne.

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    • Kiwixar // 24.04.2018 à 10h26

      Que la Russie sache, c’est une chose, qu’elle puisse le prouver en est une autre, que les médias de l’Otanie relaient honnêtement les preuves en est encore une autre.

      Dans le cas très hypothétique où les Russes parviendraient à ficeller un dossier en béton démontrant preuves et AVEUX à l’appui que ce sont les Kieviens qui ont fait le coup (volontairement ou non), je gage qu’on aurait droit à encore un magnifique “no news” de nos chers (chers dans le sens de ce qu’ils nous coûtent en impôts) journal*pes.

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      • Moussars // 24.04.2018 à 10h57

        En 1991, la nouvelle Ukraine “libre” avait déjà abattu un gros avion civil au dessus de la Mer Noire.
        La presse soumise ne l’a jamais rappelé…

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        • Fritz // 25.04.2018 à 00h45

          Erreur : une émission de télévision (France 2 ou France 3) en avait parlé en 2014, avant d’enchaîner sur le boeing sud-coréen (1983), l’airbus iranien (1988), le drame d’Ustica (1980) et la caravelle d’Ajaccio (1968). Et c’est en 2001 que l’Ukraine avait abattu l’avion que vous évoquez, un Tupolev 154 de la Sibir.
          https://fr.wikipedia.org/wiki/Vol_1812_Siberia_Airlines

          Curieusement, la vidéo YouTube de cette émission est introuvable aujourd’hui.

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    • TuYolPol // 24.04.2018 à 11h33

      J’aime bien “hypothèse de travail” comme concept. Si on me le demande, je dirai que j’ai plusieurs “hypothèses de travail”, et que celle selon laquelle la Russie serait assez bête pour signer un assassinat inutile sur le sol anglais au milieu d’une séquence critique en Syrie qui tournait à son avantage n’est pas la plus plausible pour l’instant.

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    • René Fabri // 24.04.2018 à 17h55

      Savoir si l’avion civil fut abattu par l’armée anti-russe ou par l’armée pro-russe n’a aucune importance car il s’agissait d’un accident dans les deux cas. On ne peut pas critiquer non plus le pilote qui a pris le risque de voler à moyenne altitude au-dessus d’une zone de guerre car il ne pouvait pas faire un détour par le nord, n’ayant pas assez de carburant pour rejoindre la Malaisie. Par contre, il aurait pu voler plus au sud, au-dessus de la Crimée, mais les Occidentaux avait interdit ce survol. Ce sont donc ces derniers qui sont à blâmer.

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  • Dominique // 24.04.2018 à 10h40

    Il n’est pas dit quand est-ce qu’ils ont réussi cette synthèse, ni combien de temps il leur a fallu, ni même pourquoi ils l’ont fait. C’est dommage.
    Parce que s’ils ont fait ça après le scandale Scripal pour tenter de le produire, alors il ne reste plus qu’un argument pour les britanniques : « ils n’ont pas pu le produire si vite, c’est Moscou qui leur a donné »…
    Moscou, toujours.

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    • statistique de langage // 24.04.2018 à 11h09

      L’article scientifique a été reçu en juillet 2016 (https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1002/rcm.7757). Ils l’ont fait pour enrichir la database de l’OIAC –et accessoirement faire de la spectro de masse qui est leur dada. La synthèse est tout sauf un problème et ne mériterait même pas d’être publiée en elle-même (ce n’est pas le sujet de l’étude mais un détail pratique).

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      • Dominique // 25.04.2018 à 12h45

        Merci.
        En juillet 2016.. Et personne de l’OIAC ne contredit May lorsqu’elle affirme que seule la Russie est capable de le produire !

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  • Mr K. // 24.04.2018 à 11h52

    C’est article est tout simplement la preuve irréfutable que le gouvernement anglais a sciemment menti lorsqu’il a déclaré que l’arme chimique utilisée contre les Skripal faisait sans discussion de la Russie la coupable de l’attaque.

    L’information contenue dans cet article devrait faire la une des médias de grande diffusion français si nous étions vraiment en démocratie.

    Conclusion : TOUT CE QUE DIT LE GOUVERNEMENT ANGLAIS SUR LA RUSSIE EST A CONSIDÉRER COMME FAUX JUSQU’À PREUVE DU CONTRAIRE.
    Idem pour les deux autres pays de “l’axe du bien” : états-unis et france.

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  • calal // 24.04.2018 à 14h02

    Grosso merdo , de ce que je comprends, c’est qu’en cas de guerre, genre un pays de vieux invalides face a un pays de jeunes fougueux, certains etats ont de quoi massacrer facilement des masses qui se regrouperaient sans tenue nbc.
    D’un cote ca me rassure ( ? !!!!!) de l’autre je ne doute pas un instant que ces memes produits puissent etre facilement epandus sur des sans culottes qui protesteraient trop vigoureusement…

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  • moshedayan // 24.04.2018 à 14h39

    Une information à compléter si plus à jour, ou si erronée. Un spectromètre de masse est un appareil scientifique qui, dans les années fin 1980-1995, était encore rare dans les laboratoires et coûtait l’équivalent entre 30 000 et 50 000 euros d’aujourd’hui. Les principaux fabricants étaient : USA, Canada et Grande-Bretagne (sous licence américaine). Il sert à de nombreuses études, sa qualité est de donner l’exacte composition d’éléments et leur datation (avec cet appareil la base du Coca cola n’a en fait aucun secret…)

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  • happyhyppo // 24.04.2018 à 14h52

    Faire de l’identification avec un triple quad n’est pas très fiable au vu des faibles résolutions de ce type d’instruments. Ils auraient dû opter pour un QTof.

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  • nyaka // 24.04.2018 à 17h08

    titre assez incorrect…..

    Tout le petit monde des labos chimiques de guerre savent tres bie fabriquer ces
    produits simples ( achetez la formule sur Amazon )

    Qui aurait-il donc fourni les obus avec “gaz de combat” envoyes par les irakiens
    sur les soldats iraniens ?…

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  • Thalie // 24.04.2018 à 23h01

    écoutez cet appel téléphonique (en anglais sous-titré en russe), un canular réalisé par Vovan et Lexus (Vladimir Kuznetsov et Alexey Stolyarov), qui ont appelé Ahmet Üzümcü, le directeur général de l’ OIAC (Organisation pour l’interdiction des armes chimiques), de la part du premier ministre polonais Mateusz Morawiecki. La conversation portait sur les attaques chimiques à Salisbury et en Syrie. Selon M.Uzumcu, n’importe quel pays pourrait synthétiser cette substance à condition de disposer des spécialistes nécessaires et d’un laboratoire. https://www.youtube.com/watch?v=OhGLJ82rAFs

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  • Georges // 25.04.2018 à 12h37

    Il semblerait qu’on puisse de plus en plus lier tout cela à l’article sur Bolton qui n’est pas à son premier essai en matière d’embrouille chimique.

    Au Vietnam, des enfants naissent encore malformés à cause de la pollution chimique à grande échelle utilisée pendant la guerre par les Etats-Unis.

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