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23.mai.201923.5.2019 // Les Crises

« Europe: l’académisme contre l’Histoire » (6/6)

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Annie Lacroix-Riz est professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris 7.

Plan :

– Introduction

– « D’éminents historiens européens » contre le royaliste documenté Philippe de Villiers

– Un dossier historique « biaisé » par « d’éminents historiens européens »

  • Les fallacieuses origines de l’Union européenne
  • Adenauer et les siens, de la vieille à la « nouvelle Allemagne »
  • De la France « européenne » et « résistante » contre Pétain au triomphe des vichysto-américains ?
  • L’oubli des « premières Communautés européennes »
  • Jean Monnet « l’Américain » : une calomnie ?
  • Le tandem Monnet-Schuman et la prétendue « bombe » du 9 mai 1950
  • Robert Schuman calomnié ?
  • Walter Hallstein, simple « non résistant » ?

– Conclusion

Walter Hallstein, simple « non résistant »?

À propos de Walter Hallstein, Philippe de Villiers manifeste un étonnement surprenant, vu la connaissance qu’il a forcément accumulée, au cours de sa longue carrière politique, sur les dirigeants ouest-allemands. Mais il fournit un dossier sérieux, assez solide d’ailleurs pour susciter une particulière indignation des rédacteurs du 27 mars, mêlée d’aveux rageurs le 17 avril.

L’historiographie anglophone et allemande y compris, et dès l’immédiat après-guerre, sa fraction est-allemande, riche en historiens curieux du passé nazi du Reich1Source précoce de Gilbert Badia, Histoire de l’Allemagne contemporaine, 2 vol., 1917-1933, et 1933-1962, Paris, Éditions sociales, 1965. a établi de longue date que la « nouvelle Allemagne » avait été constituée, sous la tutelle de l’AMGOT, de la quasi-totalité des élites qui avaient dirigé le Reich tant avant que pendant l’ère nazie; et que le Vatican et Washington s’étaient associés pour assurer un exceptionnel sauvetage-recyclage des criminels de guerre2Travaux anglophones, La Non-épuration, chap. 9, « Les Américains et “l’État de droit” contre l’épuration française » . La règle de maintien du statu quo, annoncée par l’épisode du « Quisling » Darlan à Alger, en novembre-décembre 1942, et par les tractations bernoises d’Allen Dulles et de son entourage nazi ou nazifié fut aussi absolue en Allemagne occidentale que dans toute la sphère d’influence occidentale3Wahl, La seconde histoire; Lacroix-Riz, La non-épuration; James Miller, The US and Italy 1940-1950, the politics and diplomacy of stabilization, Chapel Hill, 1986, etc. . L’habitude de la non-traduction des ouvrages pourtant multipliés depuis les années 1950, le silence de plomb qu’observe sur eux l’historiographie dominante4Cf. supra et Rouquet François, Virgili Fabrice, Les Françaises, les Français et l’Épuration. De 1940 à nos jours, éditions Gallimard, 2018, chap. XVI, p. 427-465. et l’enterrement des rares travaux français sur la question expliquent seuls que la population française soit largement tenue dans l’ignorance du phénomène.

On arguera qu’Alfred Wahl a produit, en 2006, une excellente synthèse sur la complète continuité économique, administrative, politique, culturelle entre Allemagne hitlérienne et RFA. Cet ouvrage, La seconde histoire du nazisme dans l’Allemagne fédérale depuis 1945, explicite sur les « ministres et secrétaires d’État d’Adenauer » malgré d’évidentes prudences et pudeurs, dont Walter Hallstein a d’ailleurs bénéficié5Wahl, La seconde histoire, Paris, Armand Colin, 2006 passim, dont le chap. 3, « La continuité parmi les cadres et les services de l’État », p. 127-198. , a fait l’objet, son auteur me l’a encore rappelé très récemment, d’un silence médiatique assourdissant qui a considérablement entravé sa diffusion. Il mériterait pourtant de figurer dans toute bibliographie de base sur la RFA.

Un hitlérien précoce, autant et plus que tous ses pairs en poste

« Oui, à l’époque d’Hitler », concèdent nos « éminents historiens européens », Walter Hallstein « avait adhéré à la Fédération nationale-socialiste des juristes, sans laquelle il était impossible d’avoir un poste » adhésion, donc, érigée en modeste « carte du pain » (tessera del pane, selon l’expression italienne désignant la carte du parti fasciste), concernant une profession anti-républicaine et nazifiée bien avant 1933, notoire pour la profondeur de son attachement au régime – « et [il] avait été membre d’une autre association professionnelle, la Ligue nationale-socialiste des professeurs. » Ils ont ainsi fortement réduit (à deux) la liste des groupements nazis dont Hallstein était membre, et censuré la chronologie de leur fondation (souvent antérieure à 1933) et des adhésions du juriste.

Or, la liste (d’ailleurs non exhaustive) de Philippe de Villiers provient de l’excellent dictionnaire d’un des spécialistes allemands du IIIe Reich, Ernst Klee. Disponible depuis 2003, non traduit (« Qui était qui avant et après 1945 »), ce Who’s who comporte « près de 4 300 noms » importants du panthéon hitlérien, dont la carrière s’est presque toujours poursuivie, voire enrichie « après 1945 »6Klee Ernst, Das Personenlexikon zum Dritten Reich. Wer war was vor und nach 1945, Francfort, Fischer-Taschenbuch-Verlag, 2007. : Hallstein y figure, sur une fiche que j’ai moi-même mentionnée à son sujet en 20167Carcan, note 4, p. 120. , puisée, selon l’usage, à des travaux de recherches appuyés sur des sources originales : ici Klee se réfère à deux spécialistes des universités de l’époque nazie, Notker Hammerstein et Helmuth Heiber.

Hammerstein, dans son ouvrage consacré à l’université Goethe de Francfort, qui nomma Walter Hallstein non seulement « professeur titulaire de droit commercial, droit du travail et droit économique en 1941 », mais aussi « doyen »8Villiers (ou son équipe technique) n’a pas compris la référence d’ouvrage fournie par Klee à propos du premier historien, en écrivant « d’après Hammerstein (Goethe) » : désignation, entre parenthèses, habituelle dans ce dictionnaire, d’un ouvrage par un mot unique, en l’occurrence, Die Johann Wolfgang Goethe-Universität Frankfurt am Main, Von der Stiftungsuniversität zur staatlichen Hochschule. 1914–1950, Alfred Metzner Verlag, Neuwied und Frankfurt am Main, 1989, 1er vol. de 3. Liste des travaux, https://de.wikipedia.org/wiki/Notker_Hammerstein Souligné par moi, compte tenu de la réputation du droit du travail allemand de 1933 à 1945; la fiche de la fondation Adenauer (cf. infra) oublie le « droit du travail ». , présente trois des organisations hitlériennes auxquelles il appartenait :

1° le « NS-Luftschutzbund », c’est-à-dire à l’« Union national-socialiste de protection anti-aérienne », organisation sans lien spécifique avec le Droit mais strictement militaro-nazie;

2° la « NSV », sigle de la « Nationalsocialistische Volkswohlfart », c’est-à-dire l’« Union national-socialiste du bien-être du peuple », aussi incontestablement nazie et aussi peu humanitaire que le très vichysto-collaborationniste Secours national9La comparaison avec le Secours national m’appartient. . Elle avait, sous ces mêmes sigle et titre, été fondée avant l’arrivée au pouvoir, « en 1932 », et seulement pour promouvoir d’hyper-protégés nazis comme le précisa la suite : elle fut « reconnue par ordonnance d’Hitler du 3 mai 1933 comme organisation interne du NSDAP », chargée de l’« aide strictement réservée aux camarades du peuple d’esprit national-socialiste particulièrement précieux »;

3° ce que nos « éminents historiens européens » appellent la « Fédération nationale-socialiste des juristes », c’est-à-dire le « NS-Rechtswahrerbund », nouveau nom, « à partir de 1936, de la Ligue national-socialiste des juristes allemands » : c’est-à-dire du Bund nationalsocialistischer deutscher Juristen (BNSDJ), « organisation professionnelle du NSDAP fondée en 1928 par Hans Frank »10Trois organisations citées, fiche Hallstein, p. 221, Klee, Personenlexikon (reproduite par Villiers, J’ai tiré, document 26). Précision sur les deux dernières organisations, Klee, p. 728; sur le « NS-Luftschutzbund », https://www.google.com/search?q=NS-Luftschutzbund&tbm=isch&source=iu&ictx=1&fir=afbsL2T6K_XL1M%253A%252CTc_aMDYukzwz7M%252C_&vet=1&usg=AI4_-kQRnOZGDp-lmAaK7HOkQgskWu5KiA&sa=X&ved=2ahUKEwilrY6juvXhAhUSnhQKHSqeBl4Q9QEwBnoECAkQBA#imgdii=CcDK_wlXPzf0XM:&imgrc=afbsL2T6K_XL1M:&vet=1 . Frank, nazi de longue date et juriste suprême du IIIe Reich, fut entre autres gouverneur général de la Pologne occupée, condamné à mort à Nuremberg et exécuté le 10 octobre 194611Bibliographie, https://de.wikipedia.org/wiki/Hans_Frank . Il avait été dès l’avant-guerre un incontestable protecteur d’Hallstein12Les références sur Hallstein à l’appui de J’ai tiré, p. 194-197 ne prêtent pas à l’accusation de « complotisme ». .

Le parti s’opposa même à [l]a nomination [d’Hallstein] à la chaire de droit comparé de l’université de Francfort, en 1941 », arguent nos « éminents historiens européens ». C’est curieux, puisqu’aux spécialités susmentionnées du professeur s’ajouta « le droit comparé », selon sa fiche publiée par la très officielle fondation Konrad Adenauer, vouée à « l’histoire de la CDU »13https://www.kas.de/web/geschichte-der-cdu/personen/biogramm-detail/-/content/walter-hallstein-v1 . Il en fut alors élu professeur et doyen, comme précisé ci-dessus. Les signataires de la « tribune » se sont fiés aux « recherches de l’historien allemand Thomas Freiberger », qui affirme, entre autres, qu’Hallstein « ne fut jamais membre du parti national-socialiste ». Villiers a découvert aux archives fédérales d’Allemagne, la carte n° 310212 d’Hallstein, délivrée en juillet 1934, du « NS-Lehrerbund » une des deux seules concédées par nos historiens , et il en fournit copie14J’ai tiré, p. 198, et document 27. . Le NSLB n’était pas moins indiscutablement nazi que les « ligues » précédentes : « fondée en 1929, [cette] association rattachée au NSDAP » avait pour siège la « maison d’éducation [national-socialiste de] Bayreuth »15Klee, Personenlexikon, p. 728. .

De fait, « les [cosmétiques] recherches de l’historien allemand Thomas Freiberger » se bornent sur le sujet à une communication complaisante de 2010 de moins de 40 pages, significativement intitulée « Le révolutionnaire pacifique : la perception du moment par Walter Hallstein ». Exaltant sa mission de père de l’Europe, elle provient d’un ouvrage officiel et européiste, strictement de seconde main, ne traitant que de l’« après 1945 », publié par Gruyter16Freiberger, « Der friedliche Revolutionär: Walter Hallsteins Epochenbewusstsein », in Depkat Volker et Graglia, Piero S., dir. Entscheidung für Europa: Erfahrung, Zeitgeist und politische Herausforderungen am Beginn der europäischen Integration [Décision pour l’Europe. Expérience et défis politiques au début de l’intégration européenne], Gruyter, Berlin-New York, 2010, p. 205–242, communication citée dans https://de.wikipedia.org/wiki/Walter_Hallstein et https://en.wikipedia.org/wiki/Walter_Hallsteindans le cadre de l’officielle série italo-allemande à financement européiste17https://www.degruyter.com/view/serial/36339. Sur la dictature européiste et ses presses officielles, L’histoire contemporaine, chap. 1 et 3. . Freiberger, « collaborateur scientifique de la section d’histoire du temps présent de l’institut historique de l’université de Bonn », travaille exclusivement sur « l’histoire des relations internationales pendant la Guerre froide, l’histoire de l’OTAN dans les années 1950, l’histoire de la politique extérieure américaine et l’histoire des idées de l’intégration européenne ». Il a, en 2010 aussi, été le contributeur (en 20 pages) d’un ouvrage sur la politique extérieure américaine depuis les années 195018Freiberger, « Freedom from fear : die republicanische Illusion der americanischen Aussenpolitik », in, Freiberger, Bormann Patrick Michel Judith, tous trois ayant même fonction à Bonn, dir., = Angst in den Internationalen Beziehungen, vol. 7 de la série Internationalen Beziehungen . Theorie und Geschichte. série des PU de l’université de Bonn, 2010, p. 295-315, présentation de Freiberger, p. 317. et l’auteur d’un ouvrage sur « la crise de Suez » de 1956, tiré de sa thèse19Allianzpolitik in der Suezkrise 1956, évidemment sans avec Walter Hallstein en général, de 1925 à 1945 en particulier, PU de l’université de Bonn, 2013. : cet article et ce livre sont dépourvus de tout rapport avec la carrière de Walter Hallstein avant et sous Hitler. La référence à Freiberger, en l’absence des spécialistes des universités de l’ère nazie, relève donc de l’escroquerie intellectuelle.

Reste une autre et quatrième « organisation professionnelle », directement liée à une des trois précédentes, « l’Union national-socialiste des assistants allemands [Nationalsozialistischer Deutscher Dozentenbund] », un des « départements du parti » avec lesquels Hallstein certifiait avoir, comme « avec tous […] travaillé sans problème » : il fit même valoir son attachement particulier à ce NSDDB à l’appui de sa candidature « à [l’université de] Francfort », selon Helmuth Heiber, vrai spécialiste, lui, des « Universités sous la Croix gammée », et seconde source d’Ernst Klee, également citée par Villiers20Heiber, Universität unterm Hakenkreuz. Der Professor im Dritten Reich: Bilder aus der akademischen Provinz, Saur, München 1991–1994, Teil 1 J’ai tiré, p. 197, référence omise ici. . Hallstein était fidèle, assurément, au NSDDB puisqu’il en était membre, ainsi que de trois autres organisations nazies : « comme de nombreux juristes », euphémise la fondation Adenauer, qui recense ces quatre associations nazies dans sa fiche minimaliste sur le grand homme au cursus exceptionnel avant mai 1945, sous le titre « Un juriste à l’intelligence acérée »21« Jurist mit scharfem Verstand », https://www.kas.de/web/geschichte-der-cdu/personen/biogramm-detail/-/content/walter-hallstein-v1 (il avait été nommé docteur et assistant en 1925, cinq ans avant d’être élu professeur de Droit privé et social à Rostock dès 1930, à l’âge de 29 ans, le plus jeune d’Allemagne22Cette dernière précision https://en.wikipedia.org/wiki/Walter_Hallstein ) .

Cette association d’assistants était une branche du « NS-Lehrerbund » lui-même fondé, rappelons-le en 1929. C’était un fief hitlérien qui, comme l’a confirmé l’inépuisable bibliographie allemande sur les intellectuels nazis23Voir la bibliographie proposée par Klee, Personenlexikon, p. 701-718. , garantissait que seuls les nazis agréés pussent, et ce officiellement depuis 1933, soutenir leur thèse puis faire l’objet d’une nomination universitaire. La qualité nazie du NSDDB ne cessa d’être mise en valeur par le régime, comme l’a rappelé Klee : « jusqu’en 1935, il n’était ouvert qu’aux membres du parti » et fut promu le 24 juillet 1935 en « division du NSDAP […]. Pour y adhérer était exigée la caution de deux nationaux-socialistes éprouvés. Le NSDDB siégeait avec droit de vote au Sénat de l’université et détenait un droit de veto sur les procédures de nomination et d’habilitation » des universitaires24Klee, Personenlexikon, p. 727, sur la base, notamment, des travaux de Gehrard Aumüller et al., dir, Die Marburger Medizine Fakultät, Saur, München 2001 (et https://de.wikipedia.org/wiki/Gerhard_Aum%C3%BCller); autre bibliographie, dont Heiber https://de.wikipedia.org/wiki/Nationalsozialistischer_Deutscher_Dozentenbund, .

Nazi et militariste : Hallstein NS-Führungsoffizier

L’enthousiasme nazi et militariste de Walter Hallstein éclate d’ailleurs jusque dans les notices les plus officielles, telle celle que l’université de Rostock a consacrée à son professeur en poste de 1930 à 1941 : doyen adjoint, Hallstein avait en 1935 « intégré un service militaire volontaire dans l’artillerie » (pourquoi, pour préparer la paix européenne?). Ce brûlant militarisme lui avait valu le poste en titre de doyen de Rostock dès 1936, abandonné, on l’a vu, pour Francfort, université plus prestigieuse, en 194125http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:dl-TF9-41TUJ:cpr.uni-rostock.de/resolve/id/cpr_person_00003297+&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=fr . Avant d’être, selon la fondation Adenauer, « appelé au service militaire, [où] il servit en 1942 comme lieutenant dans le Nord de la France »26https://www.kas.de/web/geschichte-der-cdu/personen/biogramm-detail/-/content/walter-hallstein-v1 .

C’est « ce croyant » passionné (par opposition aux sceptiques, « opposants ou indifférents », selon Heiber, que l’université de Francfort fit figurer sur la courte liste (« quinze hommes ») précisément soumise, « au début de 1944 », au NSDDB – juge suprême en la matière « comme NS-Führungsoffizier avec rang d’officier »27Klee, Personenlexikon, p. 221, citant Heuber, Der Professor im Dritten Reich, p. 360, lui-même cité par Villiers, J’ai tiré, p. 198-199 (et n. 10, p. 290). terme intraduisible en français.

Le NS-Führungsoffizier (NSFO), incarnant la Weltanschauung nazie, avait « pour mission de renforcer la volonté des soldats de tenir jusqu’au bout » dans une guerre généralisant au front de l’Ouest, depuis le tournant de 1943 les méthodes d’extermination d’emblée appliquées dans les Balkans et sur le front de l’Est. Il était « chargé à la fois de la direction militaire spécialisée et de la formation politique et idéologique nazie dans l’esprit du national-socialisme », c’est-à-dire largement tournée vers l’extermination des rouges et des juifs « parasites du monde »28Par opposition, précisément, à la mission des « commissaires de l’armée rouge, dont la mission n’était que politique, la militaire revenant aux seuls officiers, https://de.wikipedia.org/wiki/Nationalsozialistischer_F%C3%BChrungsoffizier, notice qui n’évoque que la haine antisémite, pas celle du communisme. . Notons qu’Hallstein exerça ses talents de NSFO en France, où l’armée américaine l’arrêta (à Cherbourg), arrestation qui marqua le début de sa reconversion américaine, d’apparence spectaculaire mais tout à fait banale pour les élites des gouvernements Adenauer et Ludwig Ehrard (chancelier successeur en 1963 d’Adenauer après avoir été depuis 1949 son ministre des Affaires économiques, autre homme de confiance des milieux financiers, au passé nazi aussi avéré que ses pairs29Bower Tom, Blind eye to murder. Britain, America and the purging of Nazi Germany, a pledge betrayed, London, André Deutsch, 1981, p. 18-19. . On ignore donc ce qu’Hallstein fit en France de 1942 à 1944, mais assurément il n’y enseigna pas seulement le Droit nazi.

On peut reprocher à Villiers l’ignominie de la comparaison entre les criminels nazis et les « commissaires de l’armée rouge » cible communiste initiale et prioritaire, on le sait, de l’entreprise génocidaire allemande en URSS décidée avant l’opération Barbarossa30Sur le « décret du commissaire » du 6 juin 1941 voué au « combat contre le bolchevisme », bibliographie, https://de.wikipedia.org/wiki/Kommissarbefehl . On ne saurait l’accuser d’avoir, à propos du nazi Walter Hallstein, mal traduit Klee et ses sources académiques.

Conclusion

Deux des signataires de la première tribune ne s’en sont pas moins entêtés, le 17 avril, à défendre Hallstein, en minorant la portée de son adhésion à deux des quatre organisations nazies auxquelles il avait assurément appartenu et en imputant à Villiers une malhonnêteté complotiste sur le sujet (comme sur Monnet et Schuman) : « Que Hallstein fut (sic) membre de la Ligue national-socialiste des professeurs et de la Fédération national-socialiste des juristes (non d’une “Fédération des juristes nazis”, comme de Villiers continue de l’appeler de façon trompeuse) ne prouve rien, sinon son ambition de continuer sa carrière académique sous le régime. »

L’argument général avancé et les minauderies sur la place de l’adjectif sont à eux seuls sidérants. Rapportés à l’inépuisable historiographie allemande sur le nazisme en général, sur la profondeur du nazisme du monde académique en particulier – sans oublier celui de tous les types de dirigeants ouest-allemands de l’après-guerre , ils sont pitoyables. Oser qualifier, dans une deuxième « tribune », de simple « non-résistant » un nazi précoce, caractéristique générale de son milieu, et qui a apporté son soutien à l’expansionnisme allemand jusqu’au terme d’une guerre d’extermination nommé NSFO en 1944 souligne, d’une part, l’ampleur de la destruction de l’histoire des années 1920-1950 à laquelle ont participé directement et au premier chef les historiens européistes et, d’autre part, la pertinence de l’accusation portée contre leur honneur professionnel.

Car ils vont bien au-delà, ici, que ce dont les accusait l’ancien très haut fonctionnaire de Vichy et gaulliste tardif Couve de Murville : n’être pas « téméraires » et ne pas oser « publi[er] ce qu’ils ont trouvé », pour ne pas risquer de « perdre » des prébendes universitaires31Couve de Murville, cité par Villiers, J’ai tiré, p. 19. .

. Ils confirment leur responsabilité dans la mise à sac de l’histoire scientifique et dans l’abdication de la mission civique qui constitue aussi le métier d’historien. Que reste-t-il, ici, du sens de la défaite allemande de mai 1945 ? En somme, à part la « menace soviétique », il n’y a rien de grave dans l’Histoire et surtout pas motif à condamner l’« ambition de continuer sa carrière académique » sous Hitler? Et en quoi la poursuite d’une carrière de policier serait-elle plus condamnable?

Villiers a, avec l’histoire américaine des Mémoires de Monnet, décrit un autre versant de cette panique préélectorale qui fait flèche de tout bois au point de faire revendiquer par des universitaires l’impossibilité d’une l’histoire scientifique « officielle » de l’Union européenne. Oui, la mission politique de l’histoire bien-pensante, incompatible avec l’indépendance à l’égard des puissants indispensable au travail historique, conduit ses représentants à violer les règles méthodologiques qui fondent leur métier. Ce qui précède réduit à une simple envolée tactique la litanie contre le « pamphlet biaisé » et les « élucubrations [qui] portent atteinte à l’honneur des chercheurs français et européens engagés dans les études sur l’Union européenne ». Celle-ci, nous assure-t-on, « subventionne toutes sortes de travaux, y compris des recherches critiques sur la construction européenne. Personne n’est jamais venu dire aux historiens ce qu’il fallait trouver ou chercher. » Cette dernière phrase n’est pas entièrement fausse, l’autocensure parant le plus souvent à l’essentiel. Elle est incomplète, car les conditions de financement de cette recherche et les exigences des carrières, des publications à succès, de la visibilité médiatique aboutissent à « dire aux historiens ce qu’il fa[ut] trouver ou chercher. »

Non, l’Union européenne ne « subventionne [pas] toutes sortes de travaux » et elle a fait barrage, implicitement et explicitement (je puis en témoigner personnellement), à toutes « recherches critiques sur la construction européenne. » On pourra lire ailleurs des détails sur les bâtons mis dans les roues des chercheurs indépendants et sur l’incompatibilité entre « des recherches critiques » et les brillantes carrières académiques. Il ressort cependant de cette défense et illustration de l’Union européenne, en vue d’inciter le public français à croire à ses vertus et à son brillant avenir, que les « chercheurs français et européens engagés dans [d]es études sur l’Union européenne » financées par les institutions de celle-ci, « portent atteinte à [leur propre] honneur. » L’ouverture des sources, à terme, le démontrera aussi clairement que le descriptif de l’équipée américaine des Mémoires de Monnet. À court terme, de telles démarches sont d’autant plus dommageables au prestige des « éminents historiens européens’ » signataires que, à ce stade de la lassitude populaire d’une Europe des Konzerne et des « trusts », elles risquent d’être vaines. En attendant, l’examen des sources dispense de polémique.

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Notes   [ + ]

1. Source précoce de Gilbert Badia, Histoire de l’Allemagne contemporaine, 2 vol., 1917-1933, et 1933-1962, Paris, Éditions sociales, 1965.
2. Travaux anglophones, La Non-épuration, chap. 9, « Les Américains et “l’État de droit” contre l’épuration française »
3. Wahl, La seconde histoire; Lacroix-Riz, La non-épuration; James Miller, The US and Italy 1940-1950, the politics and diplomacy of stabilization, Chapel Hill, 1986, etc.
4. Cf. supra et Rouquet François, Virgili Fabrice, Les Françaises, les Français et l’Épuration. De 1940 à nos jours, éditions Gallimard, 2018, chap. XVI, p. 427-465.
5. Wahl, La seconde histoire, Paris, Armand Colin, 2006 passim, dont le chap. 3, « La continuité parmi les cadres et les services de l’État », p. 127-198.
6. Klee Ernst, Das Personenlexikon zum Dritten Reich. Wer war was vor und nach 1945, Francfort, Fischer-Taschenbuch-Verlag, 2007.
7. Carcan, note 4, p. 120.
8. Villiers (ou son équipe technique) n’a pas compris la référence d’ouvrage fournie par Klee à propos du premier historien, en écrivant « d’après Hammerstein (Goethe) » : désignation, entre parenthèses, habituelle dans ce dictionnaire, d’un ouvrage par un mot unique, en l’occurrence, Die Johann Wolfgang Goethe-Universität Frankfurt am Main, Von der Stiftungsuniversität zur staatlichen Hochschule. 1914–1950, Alfred Metzner Verlag, Neuwied und Frankfurt am Main, 1989, 1er vol. de 3. Liste des travaux, https://de.wikipedia.org/wiki/Notker_Hammerstein Souligné par moi, compte tenu de la réputation du droit du travail allemand de 1933 à 1945; la fiche de la fondation Adenauer (cf. infra) oublie le « droit du travail ».
9. La comparaison avec le Secours national m’appartient.
10. Trois organisations citées, fiche Hallstein, p. 221, Klee, Personenlexikon (reproduite par Villiers, J’ai tiré, document 26). Précision sur les deux dernières organisations, Klee, p. 728; sur le « NS-Luftschutzbund », https://www.google.com/search?q=NS-Luftschutzbund&tbm=isch&source=iu&ictx=1&fir=afbsL2T6K_XL1M%253A%252CTc_aMDYukzwz7M%252C_&vet=1&usg=AI4_-kQRnOZGDp-lmAaK7HOkQgskWu5KiA&sa=X&ved=2ahUKEwilrY6juvXhAhUSnhQKHSqeBl4Q9QEwBnoECAkQBA#imgdii=CcDK_wlXPzf0XM:&imgrc=afbsL2T6K_XL1M:&vet=1
11. Bibliographie, https://de.wikipedia.org/wiki/Hans_Frank
12. Les références sur Hallstein à l’appui de J’ai tiré, p. 194-197 ne prêtent pas à l’accusation de « complotisme ».
13, 26. https://www.kas.de/web/geschichte-der-cdu/personen/biogramm-detail/-/content/walter-hallstein-v1
14. J’ai tiré, p. 198, et document 27.
15. Klee, Personenlexikon, p. 728.
16. Freiberger, « Der friedliche Revolutionär: Walter Hallsteins Epochenbewusstsein », in Depkat Volker et Graglia, Piero S., dir. Entscheidung für Europa: Erfahrung, Zeitgeist und politische Herausforderungen am Beginn der europäischen Integration [Décision pour l’Europe. Expérience et défis politiques au début de l’intégration européenne], Gruyter, Berlin-New York, 2010, p. 205–242, communication citée dans https://de.wikipedia.org/wiki/Walter_Hallstein et https://en.wikipedia.org/wiki/Walter_Hallstein
17. https://www.degruyter.com/view/serial/36339. Sur la dictature européiste et ses presses officielles, L’histoire contemporaine, chap. 1 et 3.
18. Freiberger, « Freedom from fear : die republicanische Illusion der americanischen Aussenpolitik », in, Freiberger, Bormann Patrick Michel Judith, tous trois ayant même fonction à Bonn, dir., = Angst in den Internationalen Beziehungen, vol. 7 de la série Internationalen Beziehungen . Theorie und Geschichte. série des PU de l’université de Bonn, 2010, p. 295-315, présentation de Freiberger, p. 317.
19. Allianzpolitik in der Suezkrise 1956, évidemment sans avec Walter Hallstein en général, de 1925 à 1945 en particulier, PU de l’université de Bonn, 2013.
20. Heiber, Universität unterm Hakenkreuz. Der Professor im Dritten Reich: Bilder aus der akademischen Provinz, Saur, München 1991–1994, Teil 1 J’ai tiré, p. 197, référence omise ici.
21. « Jurist mit scharfem Verstand », https://www.kas.de/web/geschichte-der-cdu/personen/biogramm-detail/-/content/walter-hallstein-v1
22. Cette dernière précision https://en.wikipedia.org/wiki/Walter_Hallstein
23. Voir la bibliographie proposée par Klee, Personenlexikon, p. 701-718.
24. Klee, Personenlexikon, p. 727, sur la base, notamment, des travaux de Gehrard Aumüller et al., dir, Die Marburger Medizine Fakultät, Saur, München 2001 (et https://de.wikipedia.org/wiki/Gerhard_Aum%C3%BCller); autre bibliographie, dont Heiber https://de.wikipedia.org/wiki/Nationalsozialistischer_Deutscher_Dozentenbund,
25. http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:dl-TF9-41TUJ:cpr.uni-rostock.de/resolve/id/cpr_person_00003297+&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=fr
27. Klee, Personenlexikon, p. 221, citant Heuber, Der Professor im Dritten Reich, p. 360, lui-même cité par Villiers, J’ai tiré, p. 198-199 (et n. 10, p. 290).
28. Par opposition, précisément, à la mission des « commissaires de l’armée rouge, dont la mission n’était que politique, la militaire revenant aux seuls officiers, https://de.wikipedia.org/wiki/Nationalsozialistischer_F%C3%BChrungsoffizier, notice qui n’évoque que la haine antisémite, pas celle du communisme.
29. Bower Tom, Blind eye to murder. Britain, America and the purging of Nazi Germany, a pledge betrayed, London, André Deutsch, 1981, p. 18-19.
30. Sur le « décret du commissaire » du 6 juin 1941 voué au « combat contre le bolchevisme », bibliographie, https://de.wikipedia.org/wiki/Kommissarbefehl
31. Couve de Murville, cité par Villiers, J’ai tiré, p. 19.

Commentaire recommandé

astap66 // 23.05.2019 à 06h32

Merci pour cette excellente série d’articles qui permet de lever le voile sur nos institutions européennes et, plus largement, sur les élites politiques en régime capitaliste.
Mais quelles sont les chances de voir cette histoire critique ne serait-ce que débattue dans les grands journaux et à la télévision ?
Le degré d’inculture et de propagande n’est-il pas allé trop loin ?
Lorsque l’on voit un commentateur vedette d’une grande chaine d’info (spécialiste du foot si j’ai bien compris), Daniel Riolo, annoncer « les communistes, c’est la collaboration avec les nazis » et RIRE EN SE MOQUANT (et le pire c’est qu’il le croit) quand Ian Brossat lui rappelle qu’il s’agit du parti des fusillés, on se dit que la tâche est quasi impossible…

34 réactions et commentaires

  • astap66 // 23.05.2019 à 06h32

    Merci pour cette excellente série d’articles qui permet de lever le voile sur nos institutions européennes et, plus largement, sur les élites politiques en régime capitaliste.
    Mais quelles sont les chances de voir cette histoire critique ne serait-ce que débattue dans les grands journaux et à la télévision ?
    Le degré d’inculture et de propagande n’est-il pas allé trop loin ?
    Lorsque l’on voit un commentateur vedette d’une grande chaine d’info (spécialiste du foot si j’ai bien compris), Daniel Riolo, annoncer « les communistes, c’est la collaboration avec les nazis » et RIRE EN SE MOQUANT (et le pire c’est qu’il le croit) quand Ian Brossat lui rappelle qu’il s’agit du parti des fusillés, on se dit que la tâche est quasi impossible…

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    • degorde // 23.05.2019 à 08h36

      C’est vrai le degré d’inculture et de propagande est allé très loin et nous sommes fort avancés sur la voie du lavage de cerveau. Pourtant cet article et ses nombreux lecteurs montrent encore une fois qu’il serait stupide de désespérer et de ne plus croire dans la vérité.
      Aux lecteurs maintenant de faire leurs ces articles et réflexions et d’en faire une torche pour éclairer nos ténèbres.
      La parole est à vous.

        +16

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      • Calal // 23.05.2019 à 09h20

        Combien de prof d’histoire démissionneront devant les reformes en signe de protestations ? Un journée de grève suffit elle a dire ” j’ai résisté “? Quand il y a de moins en moins de candidats pour être prof,faut il augmenter les salaires pour recruter ou changer les programmes et la pédagogie?

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    • calahan // 23.05.2019 à 10h57

      Je me joins dans le remerciement pour cette série d’article
      L’Histoire dans l’histoire.

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  • Pr. Michel Bergès // 23.05.2019 à 06h52

    Ainsi se termine le remarquable condensé sur les années 1930-1960 par le Pr. Annie Lacroix-Riz concernant la généalogie de l’UE, orchestrée par l’OSS et la CIA depuis les années 40, sur ordre de Roosevelt. La démonstration scientifique proposée pulvérise la ténébreuse réaction idéologique et liberticide du collectif universitaire contre le dernier ouvrage de Philippe De Villiers, (“J’ai tiré…”) que l’on peut aussi compléter par le “tract” lucide de Régis Debray, “L’Europe fantôme”.
    Une question reste à approfondir, semble-t-il : quels sont les liens entre le projet américain de l’Union européen des années 45-50, subreptice, “secret”, trompeur, et celui projeté dans les années 40 par les relais de la propagande nazie, parlant dans des termes et des dispositifs parfois proches, de “Nouvelle Europe”, cartes illustratrices comprises?

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    • Charles Michael // 23.05.2019 à 07h48

      Les liens sont ceux existant de fait dpuis le début du XXème siècle (au moins) entre grandes industries Allemandes et grandissantes industries Etats-uniènes, soutenue d’ailleurs par la très grande proportions d’émigrés pan-Germaniques aux USA.
      Dans les premiers articles de cette implacable démonstration, ALR l’a bien souligné.

      Plus accessible L’Or Noir de matthieu Auzzaneau décrit comment la Standard OIl de Rockfeller passa un accord avec IG Farben et résista tant qu’il put aux interdictions de livrer du pétrole à l’Allemagne nazie, même après l’entrée en guerre des USA.

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    • Sandrine // 23.05.2019 à 10h10

      Pour cela, il pourrait être intéressant de creuser l’affaire de la réunion de « Maison Rouge »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Red_House_Report
      Qui a donné il y a quelque temps à une querelle historiographique (suite à un reportage commandé puis décommandé à la dernière minute par Arte) du même genre que le livre de de Villiers a suscité
      https://www.telerama.fr/television/la-censure-sur-arte-fait-debat,65820.php

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  • Gier13 // 23.05.2019 à 07h56

    Un prof d’histoire géo peut-il, ne serait-ce qu’évoquer cette histoire dans ses cours ? L’histoire proposée officiellement dans les référentiels est bien entendu celle, officielle, des éminents historiens européens !
    Et si d’aventure le prof se lançait dans la simple évocation de la version non académique de l’histoire de l’UE, il devrait probablement conseiller aux élèves de ne pas l’évoquer dans leurs copies du bac. Peut-être, ou peut-être pas.

    Merci pour cette série d’articles remarquables qui remettent quelques pendules à l’heure !

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  • Ghislain // 23.05.2019 à 08h16

    Pas étonnant qu’Annie Lacroix-Riz ne soit plus invitée sur les plateaux de télévision. Ses références constantes aux archives dynamitent les tendances à “propagander” en rond de nos historiens habituels. Et si on peut la taxer de partialité, il serait opportun d’examiner de plus près la neutralité de ses contradicteurs. On aurait des surprises.
    Son “rapprochement” avec le vicomte pourrait avoir comme ironique conséquence, d’avaliser la “fake news” macronique du “rapprochement des extrêmes”.
    A noter que les opinions extrêmes visent, entre autre, les thèses du LFI qui, pour ceux qui ont quelque mémoire, ne sont pas fondamentalement plus “à gauche” de celles du PS d’avant la conquête du pouvoir miterrandienne. De ce point de vue, les choses ont bien changé depuis.

      +9

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  • Serge F. // 23.05.2019 à 09h08

    L’inscription de Walter Hallstein dans L’annuaire des personnalités du Troisième Reich d’Ernst Klee est discutée sur Wikipedia :

    « Cela n’a jamais constitué une preuve que Hallstein était nazi :
    La source sur le haut-fonctionnariat n’est pas le problème ! Nous le savons tous ? Et ne vous vient il pas à l’idée que c’est la raison pour laquelle il est présent sur cette ouvrage ? Pour autant, cela signifie-t-il qu’il était nazi quand toutes les sources de qualités disent qu’il ne l’était pas ? Qu’il n’en partageait pas l’idéologie, etc. ? »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Walter_Hallstein

    Que pense Annie Lacroix-Riz, qui trouve sympathique l’Union soviétique même sous Staline, des travaux de Matthias Schönwald, qui a travaillé pendant 10 ans sur Walter Hallstein ? Pas un mot dans son article. François A. s’est pourtant appuyé sur son ouvrage pour lui faire dire ce qu’il ne disait pas.

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    • Sandrine // 23.05.2019 à 11h54

      La lutte pour l’hégémonie culturelle fait rage, en effet.

        +5

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    • Astap66 // 23.05.2019 à 18h16

      Dans ce cas là, il faudrait au moins organiser un débat académique.Mais ce débat est refusé par ceux là même qui la conteste. ..
      De quoi ont ils peur ?

        +5

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    • LBSSO // 23.05.2019 à 21h02

      @Serge F.
      j’ai lu avec retard mais apprécié vos commentaires sur E Roussel et PdV.

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  • Pepin Lecourt // 23.05.2019 à 09h09

    Il serait intéressant que Taddéi organise un interdit d’interdire sur ce thème de l’origine de la construction de l’UE avec entre autre Annie Lacroix-riz, de Villiers et pour faire bonne mesure un de ces fameux “historiens Européens ” !

    Mais peut–ëtre que que même à RT dont on sait que le régime macronien est à l’affût du moindre prétexte pour l’interdire on craint qu’une telle audace serait qualifiée d’apologie de fake news vu que lors d’une visite des institutions européennes et séminaires visant à «déconstruire» les idées reçues sur l’UE…

    ” Des fonctionnaires armés de bonnes intentions […] nous expliquaient que “la désinformation, ce sont des faits avérés et réels, utilisés pour porter un propos politique qui va à l’encontre des politiques promues l’Union européenne” !

    Donc retenons le, en occident une fake news c’est aussi un fait réel mais qui va à l’encontre de l’idéologie occidentale.

      +16

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    • moshedayan // 23.05.2019 à 15h06

      Je me joins aux remerciements. pour cet article
      J’exprime aussi ma tristesse et mon opposition à ceux des Universitaires français qui se sont “fatigués” à vouloir démentir l’essentiel des faits, la “substantifique moelle”, l’ADN de quelques uns des principaux fondateurs du “projet Européen” jusqu’à l’UE actuelle.
      Comme l’a dit Guy Mettan dans des conférences, ce projet de l’UE est expansionniste. Et j’y vois les conséquences – Yougoslavie, Kosovo, Ossétie du Sud (Géorgie), Ukraine. Dans toutes leurs complicités et complexités, ces événements ont une logique de longue durée et ont fait des milliers de morts déjà (par une guerre “hybride” non déclarée à la Russie de plus en plus). Ces Universitaires se rangent aux côtés de cet expansionnisme, de la volonté allemande d’être la seule puissance en Europe. Ils collaborent intellectuellement à une politique de confrontation voire de guerre future avec la Russie.

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  • ima // 23.05.2019 à 09h35

    Bien sur que Taddéi pourrait organiser ce type de débat, ce n’est certainement pas RT qui s’y opposerait, mais mon cher Pépin, vous avez omis un paramètre, la fuite.
    Dans l’histoire récente du professeur Lacroix-Riz, cette invitation de la télé belge, avec billet de TGV payé… annulé au dernier moment, plus aucune personne ne voulant débattre avec elle.
    Le combat cessa donc fuite de combattant, il concernait le rôle de l’Eglise durant et après la seconde guerre mondiale.

      +11

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  • Sandrine // 23.05.2019 à 11h09

    Merci encore à A Lacroix-Riz pour son engagement au service de la vérité historique et son remarquable travail de transmission, à travers ses conférences notamment qui sont toujours passionnantes et extrêmes plaisantes à écouter, même lorsqu’on est pas de la partie, comme moi. Merci aussi au site les Crises de contribuer à relayer et à crédibiliser ce travail magistral auprès de tous ceux que les organes d’états que sont université, médias et éducation nationaux, manipulent lentement mais surement.

      +14

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  • Sandrine // 23.05.2019 à 11h09

    J’invite d’ailleurs ceux que ça intéresse à regarder avec le regard critique que nous offre Annie Lacroix-Riz la série diffusée sur France 3 pendant plusieurs années ( et saluée admirativement sur l’Antenne de France Culture par JM Jeanneney) « Un village français ». Le personnage du sous-prefet Servier ressemble à s’y méprendre à Pierre Pucheux, en tout cas à ce qui est décrit de Pierre Pucheux dans sa fiche Wikipédia. Il faut voir aussi le portrait qui y est dressé des résistants communistes ( avec cette idée sous-jacente : un bon résistant communiste est un résistant communiste mort…).
    Le plus sidérant (et inquiétant) est la façon dont est brossé le personnage du nazi responsable de la police allemande (particulièrement bien « servi », si j’ose dire, par un acteur remarquable) qui est, de manière hallucinante, l’un des personnages les plus sympathiques de la série ! L’acteur qui incarne le personnage, interviewé à propos de sa prestation dans cette série, faisait d’ailleurs remarquer que, à son sens, il regrettait que le scénario de la série n’ait pas mis en scène une idylle entre son personnage (celui du « nazi fanatique ») et le personnage de la femme d’affaire collaborationniste ( elle aussi d’ailleurs l’un des personnages les plus « humains » et attachant de la série). On peut le regretter en effet. Mais est-ce bien étonnant ?!

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    • Velgastriel // 23.05.2019 à 13h14

      Je me souviens d’ “Un village français”, visionnée pendant mon enfance à l’époque. Ayant un grand-père communiste, la manière dont les communistes étaient dépeints était proprement révoltante tant elle était caricaturale.
      En dehors de cela, une série globalement médiocre, cliché, ennuyeuse..

        +8

      Alerter
  • jean // 23.05.2019 à 12h43

    Un immense merci à madame Lacroix-Riz pour cette synthèse magistrale et au site « les Crises » qui la publie. Sans oublier le fait de passer au dessus des clivages politiques par rigueur scientifique. Cela aussi mérite le respect , le courage étant une vertu imparfaitement répartie.
    Le travestissement de l’histoire n’est jamais anodin. Nos compatriotes devraient se poser des questions.

      +10

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  • robert GUERRY // 23.05.2019 à 16h20

    je n’ai pas reçu la série 5/6 de l’ article EUROPE l ‘academie contre l’ histoire. comment se procurer le 5/6?

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    • Vercoquin // 23.05.2019 à 17h39

      C’est là:
      https://www.les-crises.fr/europe-lacademisme-contre-lhistoire-5-6/
      C’est quoi votre problème ?

        +0

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      • Vercoquin // 23.05.2019 à 17h58

        Accessoirement et hors sujet,
        je suis en train de suivre “Par Jupiter” sur france inter avec comme invitée Paula Vasquez Lezama pour son livre sur le Venezuela.
        En une heure, pas un mot sur la responsabilité des USA, le blocus imposé par l’Empire.
        Écœurant.

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  • Le Spectre // 23.05.2019 à 18h02

    Pour citer Alexandre Zinoviev :

    « … les maîtres de la Suprasociété globale continuent l’œuvre d’Hitler mais en s’appuyant sur les moyens beaucoup plus puisant de la science contemporaine et en masquant leurs visées sous le label démocratique. D’ailleurs, on peut considérer que l’époque dans laquelle on vient d’entrer n’est pas seulement post-communiste mais aussi post-démocratique. Et en ce qui concerne les conquêtes de la science elles sont le socle sur lequel fleurit un obscurantisme auprès duquel l’obscurantisme du Moyen Âge fait pâle figure. »

    => Zinoviev, A (2000). La suprasociété globale et la Russie (p.47). L’Age d’Homme.

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    • Astap66 // 23.05.2019 à 18h33

      Le fascisme est une forme de capitalisme
      (…)
      Il est exclu de combattre le national-socialisme en prétendant conserver le capitalisme, car on aboutirait à renvoyer ce dernier sur une position de faiblesse, précédemment abandonnée parce qu’elle était devenue intenable.
      Le capitalisme ne peut plus essayer de se maintenir contre sa crise, désormais stabilisée, sous la forme d’un libéralisme craintif, cédant à toutes les « pressions » de son prolétariat, mais uniquement sous sa forme la plus pure, en recourant aux pires brutalités.
      Dans un bref délai, la bourgeoisie entière aura compris que le fascisme est le meilleur type d’État capitaliste à l’époque présente, comme le libéralisme était le meilleur type d’État capitaliste à l’époque antérieure.
      (…)
      Bertolt Brecht, Ecrits sur la politique et la société (Allemagne, fin des années 20…)

        +3

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      • Le Spectre // 23.05.2019 à 19h34

        Je représente le fascisme par la dynamique dialectique « traditionalisme capitalisme » . Sa forme de société est l’impérialisme.

        Entre 1880 et 1945 : « traditionalisme d’ancien régime capitalisme industriel »
        Entre 1984 et 2019… : « traditionalisme de guerre froide capitalisme financier »

        Entre 1945 et 1984, nous sommes dans une dynamique « communalisme d’émancipation capitalisme impérial » avec une démocratisation et socialisation bourgeoise en occident. La dynamique fasciste a été affaiblit suite à la mort de l’ancien régime qui a subi trois gros tsunamis (1618-1648, 1789-1815, 1914-1945). Les membres d’ancien régime sont partis du côté capitaliste ou alors vers des mouvements réactionnaires traditionalistes (religieux, nationalistes aliénants). Après 1984, on voit parfaitement que le capitalisme et le traditionalisme s’entretiennent mutuellement. Ils forment un ensemble d’antagonistes sans contradiction donc sans changement, sans devenir, sans dépassement. Il y a donc à abattre les deux faces du fascisme. Or, cela ne peut se faire qu’en actualisant la dynamique « communalisme moderne (Alexandre Zinoviev » modernisme commun (Karl Marx) » (communisme individuant). Politiquement et actuellement, c’est la dynamique « PCF FI » formé d’un ensemble d’antagonistes avec contradiction permettant la transformation de l’état actuel des choses. Mais, dans la guerre des égos, ce n’est pas gagné.

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    • Serge F. // 25.05.2019 à 13h09

      Deux autres citations de Zinoviev qui pourraient plaire à Annie Lacroix-Riz :

      « Lorsque Staline était encore en vie, je voyais ça autrement, mais maintenant que je peux survoler ce siècle, je dis : Staline a été la plus grande personnalité de notre siècle, le plus grand génie politique. Adopter une attitude scientifique à l’égard de quelqu’un est autre chose que manifester son attitude personnelle. » Interview Humo, 25 février 1993

      « Si un nouveau Staline me proposait, disons deux ou trois ans de pleins pouvoirs dans mon domaine tout en me prévenant qu’après ça je serais fusillé, j’accepterais sa proposition. Je voudrais au moins une fois dans ma vie, et fût-ce un court moment, fondre ma pensée et ma volonté dans l’un des courants de la grande histoire. Sous Staline c’était possible. Maintenant plus. Je sais que ce qui est en cause ici ce n’est pas la personnalité de Staline, mais le caractère mêlé de l’époque qui a entre autre donné naissance à Staline. Mais nous avons l’habitude de personnifier les époques et de lier des espérances chimériques à des personnalités. » Homo sovieticus, éd. Julliard/L’Age d’Homme, 1983, p. 193

      Chacun appréciera ou pas.

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      • Serge F. // 25.05.2019 à 13h30

        La seconde citation est en page 194 et non 193 ( ceci-dit cette page est tout aussi intéressante pour comprendre un aspect de la pensée politique d’Alexandre Zinoviev).

        Encore deux autres citations de Zinoviev :

        « Dieu : Définissez en deux mots ce qu’est un vrai communiste.
        L’Homme : Un homme qui se contente d’un minimum de confort matériel ou qui le dédaigne et qui soumet ses propres intérêts à ceux de la collectivité ou encore qui se sacrifie pour les intérêts de la collectivité.
        Le Diable : Et vous avez été comme ça ?
        L’Homme : Dans l’ensemble, oui.
        Dieu : Y en-a-t-il eu beaucoup comme vous à votre époque ?
        L’Homme : Beaucoup. Peut-être pas tant que ça si on compare à la masse, mais bien assez pour définir le visage d’une époque. Nous donnions le ton et entraînions derrière nous des millions de gens.
        Le Diable : Et maintenant ?
        L’Homme : Maintenant, des gens comme ça on n’en trouve presque plus. Ce sont les anticommunistes qui donnent le ton, ou si vous voulez les arrivistes, les profiteurs, les bureaucrates, les vaniteux, bref tous ceux que notre temps nous méprisions et considérons comme des ennemis de la révolution et du nouveau régime.
        Dieu : Des ennemis du peuple, comme vous disiez alors.
        L’Homme : Beaucoup d’entre eux ont été éliminés, mais il y en a plus encore qui en ont réchappé. Ce sont eux qui ont anéanti les vrais communistes comme ennemis du peuple. Ils ont gagné.
        Le Diable : Est-ce un bien ou un mal ?
        L’Homme : C’est selon. » Le Héros de notre jeunesse, éd. Julliard/L’âge d’homme, 1984, p. 198

        « Un ouragan de désinformation de type nouveau s’est déversé sur l’humanité. Il ne s’agit plus de création et diffusion intentionnelle d’information délibérément fausse pour induire en erreur. Maintenant, on utilise des informations vraies dans le but prétendu de nettoyer les esprits. Mais ces informations sont sélectionnées, traitées, combinées, interprétées et présentées de telle façon qu’une image fausse et déformée de la réalité en résulte. » Les confessions d’un homme en trop, 1991, p. 695

        Le seconde pourrait ne pas plaire à Annie Lacroix-Riz.

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  • Myrkur34 // 24.05.2019 à 10h27

    A mettre en exergue avec la longue liste de criminels de guerre allemands protégés par les autorités de la RFA malgré les demandes d’extradition de la France en bonne et due forme.J’avais toujours trouvé cela bizarre puisque soit disant nous étions au début de la nouvelle amitié franco-allemande.
    Quand on pense qu’aujourd’hui on nous vend “l’Europe” en tant que force indépendante….:o)

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  • ALR // 24.05.2019 à 11h54

    Le cas, aussi significatif qu’ahurissant, de Barbie et de ses très éminents complices français est décrit au chapitre 7 de La Non-épuration pour sa phase lyonnaise puis « épuratrice », avec l’affaire René Hardy, via les archives françaises du ministère de la Justice.
    La complicité franco-américaine dans la non-extradition du tortionnaire et espion allemand recruté par les Américains dès 1945 est révélée sur la base des archives françaises et américaines, au chapitre 9.
    Mieux vaut, pour lire les deux, être solidement assis…
    Ne manquez pas non plus l’ouvrage de 2006 de mon collègue Alfred Wahl, La seconde histoire du nazisme dans l’Allemagne fédérale depuis 1945, si scandaleusement mis au placard par la grande presse et l’historiographie européiste.

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    • Sandrine // 24.05.2019 à 16h30

      ALR,
      Dans ce contexte comment expliquez-vous la prégnance du thème de l’anti-nazisme dans les sociétés occidentales (à travers le cinéma hollywoodien notamment)?
      Est-ce pour donner le change auprès des populations? N’aurait-il pas été plus simple de leur faire avaler la pilule en disant que finalement le nazisme n’avait pas été aussi grave que ça? Est-ce sous la pression de l’anti-fascisme développé par le bloc de l’est?
      Comment expliquer aussi qu’à partir ds années 70-80, le thème du génocide des Juifs se soit mis à pendre autant d’ampleur (et jusqu’à aujourd’hui)? Et dans ce cadre aussi les grands procès très médiatisés d’anciens nazis (Le procès Barbie par exemple.)? Est-ce que les anciens nazis étaient devenus trop vieux pour servir les intérêts des USA et qu’on s’en servait alors pour faire plaisir à des partenaires jugés à ce moment-là plus utiles (Israël?), dans le nouveau contexte-au proche Orient notamment?
      Je vous remercie par avance pour vos lumières.

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      • ALR // 26.05.2019 à 21h12

        Il y a réponse à votre question dans le remarquable ouvrage de Novick, recensé dans https://www.monde-diplomatique.fr/2002/01/LACROIX_RIZ/8364
        Sur le sauvetage-recyclage des criminels de guerre, je vous renvoie notamment aux sources et références fournies dans Le Vatican, l’Europe et le Reich. La vérité historique est davantage dans le sabotage franco-américain du châtiment de Barbie (chapitres 8 et 9 de La Non-épuration à paraître en août 2019 ) que dans le dernier procès cosmétique de Barbie destiné à montrer qu’on s’en prenait résolument aux persécuteurs de juifs. Barbie avait aussi été un persécuteur éminent de rouges, sans oublier Delestraint et Moulin, avec la complicité de certains des noms les plus célèbres de la « résistance » anticommuniste : je peine à qualifier de « résistants » stricto sensu ceux qui ont livré leurs ennemis intérieurs à l’occupant (voir La Non-épuration).

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  • Patrice // 24.05.2019 à 12h06

    Excellent travail historique. On comprend mieux la réalité de l’UE actuelle, c’est à dire la face civile de l’Otan, dans les cartons de l’équipe Roosevelt bien avant 1945. De Gaulle a été un grain de sable dans ce schéma de succursale européenne de l’empire américain. Les historiens académiques s’érigent en politiques européistes et justifient leur travail de simple dénigrement, loin des réalités des archives, par la “menace soviétique”. Même en l’absence d’URSS, l’histoire de l’Empire anglais au XIXème siècle et celle de l’Amérique du Sud montrent que l’Empire US aurait conforté sa mainmise sur l’Europe.
    Le trio Monnet-Schumann-Hallstein a bien été la partie visible de la pax americana et oligarchique: repositionnement des nazis en RFA et guerre aux résistants et au salaire…

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  • LUIS BASURTO // 24.05.2019 à 17h37

    Cet immense travail d’Annie LACROIX-RIZ, qui informe, illustre, rectifie et éclaircit une réelle historiographie sans occultations, compromissions ou négationnismes, mérite notre plus grande et définitive reconnaissance.
    Ces vérités historiques ainsi rétablies sont le versant occulté de l’Europe occidentale contemporaine, celui surgit de l’entre-deux-guerres, juste après 14-18, suivit de l’Europe pré-“alliée”, de l’Europe occupée par le III Reich, puis “alliée” : la gestation de cette satanée créature germano-yankee nommée de nos jours “Union européenne”.
    Abordant le si méconnu et fondateur “Cartel international de l’acier” de 1926, la CECA de 1951, la CEE de 1957, et l’Union européenne de 1993 : leur histoire indéfendable, repoussante, pestilentielle, que l’on ignore largement encore… presque.
    Le 23 mai 2019 Le Monde nous livre un petit article qui confirme, pour l’année 1950, l’énorme travail secret des “pères fondateurs” afin de lancer la CECA et etcétéra. Non, la “construction européenne” ne fut pas une création ex-nihilo sortie des têtes “immaculés” de J.MONNET et R.SCHUMAN :
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2019/05/23/et-si-l-europe-etait-nee-dans-un-village-de-haute-saone_5465847_4500055.html

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