Acrimed a approfondi sa précédente étude (mai 2015) portant sur les économistes et/ou experts invités par Le Monde pour aborder la question européenne. Et la réplique est encore plus forte.

Le mois dernier, nous avions publié un article sur les économistes choisis par Le Monde pour aborder la question européenne. Notre postulat était le suivant : les sujets concernant l’euro et la politique monétaire de l’Union Européenne sont aujourd’hui au cœur de l’actualité et marquent un réel clivage politique entre – faisons simple – partisans et opposants de l’orientation actuelle de la zone euro (remise en cause ou non de certains fondements des Traités de Maastricht et de Lisbonne), et, dans ce débat, Le Monde a choisi son camp (ce qui est entièrement son droit, évidemment).

Notre article démontrait que sur trois mois (janvier-février-mars 2015) le quotidien vespéral (des marchés) avait donné la parole 75 fois à des économistes sur ces sujets. Le résultat était en effet sans appel : 71% des économistes invités par Le Monde pour traiter de la politique économique de la zone euro étaient membres des banques, de grandes entreprises ou de la BCE. Quand d’autres économistes étaient conviés sur ce sujet, on constatait qu’ils étaient pour l’essentiel favorables à la doxa libérale (12%). Et, en définitive, seules 5% des apparitions d’économistes représentaient des points de vue critiques de l’orientation actuelle de la politique de l’Union Européenne.

Notre article a fait réagir Mathilde Damgé du Monde. Sur son compte Twitter, elle anathématise notre méthode : « articles et tribunes mélangés, recherche exclusive sur la pol eur. [politique européenne] et le terme “économiste” et pas de recherche sur le web… »

Puis, dans la foulée de notre publication, le blog Captain Economicsa publié un papier pour savoir « quels économistes s’expriment le plus dans Le Monde ». Certes, l’échantillon est plus copieux (9 000 articles de la rubrique économie du Monde publiés durant l’année 2014) et l’article ne s’intéresse pas qu’à la seule question de l’Europe, mais la méthodologie choisie comporte un biais colossal (que concède volontiers le Captain’) : seule la partie payante (visible) des articles est prise en compte. Ravie, la journaliste Mathilde Damgé a salué un « boulot, intéressant et circonstancié, qui permet d’aller un peu plus loin ». En effet, les résultats soulignent que les économistes les plus souvent invités par Le Monde ne sont pas des banquiers, mais Thomas Piketty (auteur d’un best-seller ultra-médiatisé) ou Jean Tirole (« prix Nobel » d’économie [1]), ce qui occulte pour les malvoyants le fait que la doxa libérale se porte bien : les hétérodoxes ont rarement la parole…

Revenons à la critique de Mathilde Damgé qui n’en est pas vraiment une (« articles et tribunes mélangés, recherche exclusive sur la pol eur. et le terme “économiste” et pas de recherche sur le web… ») puisque d’emblée elle feint de ne pas connaître notre protocole de recherche et ne considère pas comme légitime que nous nous attachions au traitement de la politique européenne par Le Monde [2]. Le seul biais de notre étude – que nous reconnaissions sans problème – était l’usage du terme « économiste » par Le Monde pour définir un individu invité à s’exprimer dans le quotidien. Du coup, nous avons affiné notre recherche et étendu notre champ d’investigation sur la période du 1er janvier au 30 avril 2015. En nous servant de la base initiale qui a servi pour faire l’article précédent, nous avons ajouté d’autres termes appropriés à la question européenne (en plus de « BCE », « euro », « zone euro », « UE », « Draghi », « Mario », nous avons ajouté « Union monétaire »), puis nous avons ajouté les occurrences suivantes à notre recherche : « professeur d’économie », « conseil d’analyse économique », « économistes » (au pluriel)…

On arrive donc à une somme de 121 invitations d’économistes et/ou experts dans le quotidien pour aborder la politique monétaire de la zone euro sur quatre mois.

Avec la crainte de nous répéter et de faire « gazouiller » plus vite que son ombre Mathilde Damgé, les résultats sont du même acabit que ceux de l’article précédent :

  • Le premier constat est terrible : les femmes ne cumulent au total que 8 apparitions sur 121, soit à peine 5% des invitations !
  • Le deuxième résultat est accablant : 71% des économistes et/ou experts invités (toujours !) par Le Monde pour traiter de la politique de la zone euro sont membres des banques, de grandes entreprises ou de la BCE. Et quand d’autres économistes sont conviés, on constate qu’ils sont pour l’essentiel favorables à la doxa libérale (14%).
  • Enfin, seules 3% des apparitions d’économistes représentent des points de vue critiques de l’orientation actuelle de la politique de l’Union Européenne.

Alors oui, il n’est question « que » de la politique européenne, mais c’est ce sujet majeur qui donne le « la » des politiques nationales et qui détermine et structure les clivages les plus marquants aujourd’hui (euro ou non, rapport à la Grèce et à l’Espagne, indépendance de la BCE, politique d’austérité ou pas, etc…). Force est de constater que sur ce sujet, Le Monde délimite avec constance et intransigeance le périmètre des discussions, sélectionne avec vigilance les participants et par suite contribue à ne pas mettre en question ladite politique européenne.

Annexe : Liste des économistes invités

Notes

[1] En réalité le prix Nobel d’économie n’existe pas : « La particularité du « prix Nobel d’économie » tient d’abord au détournement de capital symbolique qui le fonde : il a été créé à l’initiative d’une Banque centrale, la Sveriges Riksbank (“banque royale de Suède”), et il est doté par elle (et non par la Fondation Nobel) d’un montant annuel d’environ 1,2 million d’euros en 2001. » (Frédéric Lebaron, « Le “Nobel” d’économie : une politique »,Actes de la recherche en sciences sociales, Vol. 141-142, mars 2002. pp. 62-65.)

[2] Notons au passage qu’il faut être bien naïf et/ou prétentieux pour croire qu’une enquête qui a demandé des dizaines d’heures de travail puisse être invalidée en 140 signes.

Source : Mathias Reymond et Denis Souchon, pour Acrimed, le 29 juin 2015.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

29 réponses à Europe : quels économistes s’expriment dans Le Monde (suite) ? Toujours les banquiers !, par Acrimed

Commentaires recommandés

pucciarelli Le 27 août 2015 à 07h07

Je ne conçois pas qu’une journaliste professionnelle travaillant dans un quotidien aux mains d’oligarques féroces aux appétits financiers, idéologiques et économiques confirmés s’enferre dans un combat perdu d’avance. L’indépendance du monde en matière politique est un mythe, et ce journal est devenu le “grand journal de référence de la “bienpensance” dans les domaines économique ou financier. Pour ne pas évoquer la politique extérieure de la France. Sa diffusion en berne prouverait que ses lecteurs ne s’y retrouvent pas toujours. Sans doute faudrait-il simplement que cette dame reconnaisse l’assujettissement du Monde à la doxa de l’heure, dont il est un vecteur puissant, voire sa propre adhésion à cette doxa, donnant ainsi à sa déontologie la couleur de l’engagement militant. Tout serait alors clair. Mais pour ces militants du fondamentalisme néolibéral, la clarté est un ennemi mortel. Journaliste professionnel, un métier bien difficile au Monde!

  1. Günter Schlüter Le 27 août 2015 à 06h26
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    “Notons au passage qu’il faut être bien naïf et/ou prétentieux pour croire qu’une enquête qui a demandé des dizaines d’heures de travail puisse être invalidée en 140 signes.”

    Oh elle serait certainement capable de l’invalider avec moins de signes du genre” Je m’en fout” mais ce serait bien trop visible 😉


    • Vladimir K Le 27 août 2015 à 14h09
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      Le problème est que l’on donne trop de pouvoir à Twitter.

      Maintenant, la politique se fait par twitter, l’économie est gérée par twitter, la diplomatie se fait par twitter.

      Ça en dit long sur le niveau de médiocrité qu’atteignent nos élites.


    • Pascal Le 31 août 2015 à 21h16
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      Dire “je m’en fout” c’est pas invalider …


  2. pucciarelli Le 27 août 2015 à 07h07
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    Je ne conçois pas qu’une journaliste professionnelle travaillant dans un quotidien aux mains d’oligarques féroces aux appétits financiers, idéologiques et économiques confirmés s’enferre dans un combat perdu d’avance. L’indépendance du monde en matière politique est un mythe, et ce journal est devenu le “grand journal de référence de la “bienpensance” dans les domaines économique ou financier. Pour ne pas évoquer la politique extérieure de la France. Sa diffusion en berne prouverait que ses lecteurs ne s’y retrouvent pas toujours. Sans doute faudrait-il simplement que cette dame reconnaisse l’assujettissement du Monde à la doxa de l’heure, dont il est un vecteur puissant, voire sa propre adhésion à cette doxa, donnant ainsi à sa déontologie la couleur de l’engagement militant. Tout serait alors clair. Mais pour ces militants du fondamentalisme néolibéral, la clarté est un ennemi mortel. Journaliste professionnel, un métier bien difficile au Monde!


  3. Bruno Le 27 août 2015 à 08h09
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    “Le premier constat est terrible : les femmes ne cumulent au total que 8 apparitions sur 121, soit à peine 5% des invitations !”

    Oula nous sommes en plein cœur du sujet!


    • Téji Le 27 août 2015 à 08h32
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      [humour] ah, parce que vous croyez qu’une femme puisse être économiste ?
      voyons, économiste, c’est trop sérieux ![/humour]


  4. BEYER Michel Le 27 août 2015 à 08h24
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    Après avoir lu ce billet, quel plaisir que de se plonger dans la lecture d’un petit livre (un grand par son contenu) édité aux éditions “Arcane 17”.
    Ecrit par José FORT, il retrace 30 ans de carrière de celui-ci au journal “L’HUMANITE”.
    ” Ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire”, 30 ans de combats d’un grand journaliste, mais aussi pour les nostalgiques, 30 ans de combats du PCF.
    La lecture de ce livre est un contre-poison …..


  5. lukiluke Le 27 août 2015 à 09h49
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    petite confession : dans ma jeune jeunesse (j’ai 60 ans), je lisais les Le Monde, Le Soir (je suis belge),… bref les fleurons de la presse écrite francophone ; je les lisais de la 1ère à la dernière page +/- jusqu’en 1999 : après, terminé ! Pourquoi ? Ces 2 fleurons avaient publié pendant des semaines et des semaines, pleines pages, les frasques de Bill et Monica pour, à la fin, se fendre d’excuses de vierges effarouchées auprès de leurs lecteurs dont j’en étais ; ni une ni deux, abonnements résiliés sur le champ car je m’étais dit que je n’allais pas me farcir et payer 2 abonnements pour des ersatz d’Ici-Paris, France-Dimanche… ; dans la médiocrité comme dans la qualité, mieux vaut encore les originaux à leurs pâles copies ; avec le recul, je ne me suis pas trompé quand je vois où sont tombés ces fleurons de la presse écrite francophone ! Aujourd’hui, lorsque je fais mes courses, en passant par le rayon librairie de supermarchés, je ne distingue même plus ces journaux des folders Carrefour, etc …, c’est tout dire !


  6. St3ph4n3 L. Le 27 août 2015 à 09h54
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    Il serait intéressant de faire une comparaison entre la liste des économistes de cet article et celle des signataires de l’appel qui était rappelée (fort à propos, soit dit au passage) il y a quelques jours : http://www.les-crises.fr/thomas-piketty-ceux-qui-cherchent-le-grexit-sont-de-dangereux-apprentis-sorciers/

    Il y a fort à parier que tous les noms ou presque sont différents, que ceux de 1997 sont devenus des inconnus (à part Attali) et que ceux de 2015 le seront bien assez tôt.

    Qui a dit que ces hommes de paille ne sont là que pour appuyer les préjugés de ceux qui les lisent ? Ce qui est encore pire que de la propagande, car c’est tout simplement du récit, de la mauvaise littérature.


  7. georges glise Le 27 août 2015 à 10h33
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    j’ai commencé à lire le monde quand je suis entré à la fac en 1958. puis j’ai cessé, puis je me suis abonné, puis j’ai arrêté définitivement, car la finance, la bourse, la doxa ultra-libérale, ça me gonflait, c’est un monde de latrines, en particulier depuis le départ de plenel. et, ce journal, comme les autres, est nourri par l’état, c’est-à-dire par nos impôts.


  8. Renaud 2 Le 27 août 2015 à 11h01
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    “Toujours les banquiers !”. Oui, les mêmes qui financent les campagnes de ceux qui passeront des lois en leur faveur. C’est un peu une perte de temps et d’énergie que d’essayer de combattre de l’intérieur un système qui est bien trop ancien et trop rôdé pour être réformé. Comme le note John Michael Greer dans ses récents billets, “être contre” ne suffit pas à mobiliser les gens. Le bipartisme, synthèse/antithèse, ce mode de fonctionnement et de raisonnement ne mènent qu’à une impasse. Il faut proposer quelque chose de radicalement nouveau, apporter une vision d’avenir positive, suffisamment attrayante pour que les gens acceptent de se prendre en main et de renoncer à leur confort.
    Une fois assimilé le fait que le système financiaro-politico-médiatico-militaro-agro-pharma-industriel ne peut apporter que misère et désolation, de manière aussi exponentielle que la consommation des ressources naturelles, à nous d’imaginer un monde à échelle humaine. De toute manière, cette machinerie finira un jour par s’écrouler sous son propre poids.
    Il sera de plus en plus difficile de lutter contre elle, toute alternative étant avortée (ne serait-ce que par non-financement de nos chers banquiers). Pourtant, nous Français allons de toute façon subir le même sort que la Grèce. Il faut réfléchir aux moyens de vivre avec beaucoup moins tout en étant libres et relativement heureux. En Amérique latine par exemple, on trouve des gens pauvres et heureux. Toute la difficulté est de passer d’un esprit de compétition à un esprit d’entraide.


  9. Lt Anderson Le 27 août 2015 à 11h47
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    • Serge Palestine Le 27 août 2015 à 16h20
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      Effectivement excellent,c’est un régal,d’ailleurs les 3 actionnaires (pas mousquetaires!) font partie de la BNP…B comme Bergé (Pierre),N comme Niel (Xavier) et P comme Pigasse (Matthieu)


  10. adrien Le 27 août 2015 à 11h49
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    La crise financière grecque, un bon exercice pour les orthodoxes, surtout quand ils se nomment “les décodeurs”. C’est ainsi que dans son article du 10 juillet dernier, ” Que risquent les contribuables français en cas de défaut grec”, Mathilde Damgé indique les créanciers de la dette grecque : entre autres, les banques : 30 Md, et l’État français environ 42 Md par le biais de prêts bilatéraux (d’État à État) et du fonds européen de stabilité financière (FESF) . D’où les 600 E / français que couterait un grexit, largement repris par les médias. Terrifiant !

    Ah bon, l’État super endetté est plus exposé que les banques, comment se fait-ce ? Simplement parce que depuis 2010, les banques ont refilé la majeure partie de leurs dettes pourries aux états et à l’UE, via le FESF, donc aux contribuables. Cela s’appelle socialiser les pertes privées . D’où le front uni Merkel-Hollande devant ce risque Katastrophique ! Et cette imposture n’est pas dénoncée par “les décodeurs” …
    Il y a sans doute une incompatibilité à dénoncer le rôle néfaste des banques dans l’économie quand celles ci financent le média dans lequel on travaille. Dénoncer la dépense publique tout en recevant des subventions (90 millions pour Le Monde entre 2009 et 2013). Alors, même pas rentable ces médias ? Bof,ce qui compte, c’est formater les esprits, les préparer à bien voter .
    http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/020715/le-secret-des-banques-derriere-la-tragedie-grecque


  11. Garçon Le 27 août 2015 à 11h59
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    J’ai vu que M. Arthus était en bonne place.

    Début 2009 : ” La crise est finie “. Patrick Arthus.


    • yann Le 27 août 2015 à 13h58
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      Je vais défendre Artus ici. C’est un type du sérail, mais qui donne des indices parfois sur ce qu’il pense vraiment. Il faut voir que ces gens sont eux même prisonniers du système, s’ils sont trop critiques, ils finissent à la poubelle. Mais ils peuvent parfois faire sortir des réalités dans leurs écrits. Les lettres de Natexis qu’Artus produit sont souvent intéressantes. Et je me souviens qu’au moment de la crise vers 2008 il avait proposé de dévaluer l’euro de 30% tout en augmentant les salaires de la zone ce qui n’était pas du tout une idée idiote. Donc, ne soyez pas trop prompte à dispenser des jugements hâtifs. Artus pourrait être un allié utile le moment venu où tout craquera.

      Je vous invites à jeter un oeil sur ses publications chez Natixis :

      http://cib.natixis.com/research/economic/publications.aspx


      • Maria REN Le 27 août 2015 à 18h55
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        De mon côté, je vous invite à vous informer sur le Cercle des économistes qui n’a de cesse sur France-Culture entre-autres de déverser sa doxa néolibérale
        et où votre monsieur Artus figure … auprés de Yann Algan et qqes autres


        • yann Le 27 août 2015 à 19h17
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          Je n’ai pas l’esprit de la chasse aux sorcières. Je ne juge que les propos que tiennent les personnes en question. Je constate qu’Artus a souvent écrit des textes intéressants bien qu’étant membre de la doxa et vous vous le jugez uniquement pour son appartenance au cercle des économistes. Ce n’est pas la même chose.

          Du reste les gens changent et les conditions vont les faire changer d’opinion. Au moment du TCE en 2005 je me sentais bien seul sur les forums à défendre la sortie de l’euro et la mise en place d’un protectionnisme nationale visant à relancer la demande intérieure. Et pourtant aujourd’hui les critiques sur l’euro fusent. Les mêmes qui adulaient l’UE hier commencent à lui trouver quelques défauts.


          • molimolo Le 28 août 2015 à 16h24
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            Artus est un très bon économiste, il a encore rappelé sur BFM l’autre jour les erreurs idéologiques de la construction de l’euro et l’avenir (soit du fédéralisme, soit une mort de l’euro à un horizon indéterminé jusqu’à peut-être dans 20 ans)
            oui le monde est biaisé et c’est intéressant de chercher à le quantifier mais il ne faut pas tout caricaturer. La doxa anti libérale à tout prix et certainement pire que la doxa libérale. Le libéralisme ça peut secouer mais ça fonctionne un minimum sur le long terme et c’est en phase avec la nature de l’homme.


  12. Charlie Bermude Le 27 août 2015 à 12h24
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    En passant comme çà , connaissant par ailleurs l’ambiance Russophobe au Monde , une nouvelle : l’ukhraine , vient d’obtenir une remise de dettes de 20% et un allongement de la durée de remboursement de quatre ans .
    On ne peut que comparer à la Gréce ( qui elle fait partie de l’Europe!) . Les dirigeants ukhrainiens seraient ils nettement plus méritants que les Grecs ? Ou l’Ukhtaine d’un avenir plus prometteur , compte tenu de ses investissements ? Sans étude approfondie j’ai du mal à le comprendre , et intuitivement , il me semble qu’il y a là comme un monde inversé , fantastique , qui marche sur la téte . çà délivre grave l’Europe , je ne sais ce qu’ils prennent mais çà doit étre de la bonne .


  13. soleil Le 27 août 2015 à 15h00
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    bonjour,

    L’INSEE publie son PIB, les statistiques montent et descendent. Tout va mal, hic sur les retraites complémentaires etc….
    C’est l’Europe, non, c’est l’Euro.etc…
    La presse interprète ces résultats d’une façon tragique
    Découpage du territoire, on sort des communes pour les transférer ailleurs. La petite commune soigne son centre bourg, dépense, emprunte. Quant aux contribuables ils paient pour des informations dont ils jugent incomplètes.
    La situation que nous vivons aujourd’hui n’est pas nouvelle. C’est un enchainement de mauvais politiques.
    Les économistes découvrent que maintenant cette gabegie.
    Je ne vote plus à moins qu’il y est un reveil face au peuple qui me fasse me réconcilier


  14. Alfred Le 27 août 2015 à 19h47
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    Vous ne votez pas ça me fait penser à ce dessin de presse britannique où l’on voyait deux types au pub: “mais si tu va voter ton apathie politique va passer totalement inaperçue!”
    Je pense en général à ce dessin quand je croise des demi-citoyens ahuris surtout parfait consommateurs qui se réveillent pour les élections (surtout la présidentielle en général).
    Vous n’êtes pas dans ce cas de figure puisque vous passez sur le site d’Olivier (et sans doutes d’autres).
    Je pense donc que votre voix manque à un petit parti de votre choix (je ne sais pas quelles sont vos valeurs ni vos aspirations) qui pourrait bien mériter votre attention même s’il est imparfait. Ça doit exister même si c’est ultra confidentiel.
    Ne partez pas battu et ne laissez pas le terrain aux décervelés qui voteront d’après la télé. Il faut combattre même si l’on perd. En ne votant pas vous perdez d’avance. Le vote reste une arme parmi toutes celles dont nous disposons avant la violence.


  15. Crapaud Rouge Le 27 août 2015 à 21h02
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    Ma lecture à peine amorcée, je me suis régalé d’apprendre que : “Notre article a fait réagir Mathilde Damgé du Monde.” ! Aussitôt que l’on met en doute leur (prétendue) objectivité, leur professionnalisme et tout le toutime, ils changent subitement de comportement. Au lieu de charcuter la vérité comme ils le font à tous propos et tous les jours, ils la traquent comme du gibier, la brandissent comme un étendard, la revendiquent comme une profession de foi. Cette vérité, dont ils n’avaient cure tant qu’il s’agissait de parler des autres, se mue subitement en condition sine qua non et ontologique, en alpha et omega, en principe fondamental et transcendantal, comme si une épée de Damoclès pouvait surgir de leur clavier à la moindre bavure. C’est pourquoi leurs contre-attaques vous débusquent les fautes de raisonnement, les pièges, les trompe-l’œil, les amalgames, les manques, les citations tronquées, les abus de langage, les… Puis, contre-attaque terminée, tout ça se replie quelque part dans leur cerveau, et ils reprennent le boulot comme si rien ne s’était passé.


    • Alvise L. Le 27 août 2015 à 22h03
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      C’est parce que, voyez-vous, en bons soldats zélés de la fameuse “Police de la pensée”, ils sont maîtres en matière de “doublepensée”; c’est un certain G.Orwell qui me l’a soufflé à l’oreillette…


    • Crapaud Rouge Le 29 août 2015 à 01h13
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      Voir aussi : http://lmsi.net/La-langue-des-maitres-et-sa : “Ce double mouvement d’euphémisation / hyperbolisation structure l’essentiel du commentaire politique, mais déteint aussi largement sur la parole prétendument factuelle des journalistes d’information.


  16. ERIC.BRESIL Le 27 août 2015 à 21h46
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    Au fait, l’année dernière, nous avions eu droit de la part de l’état à un compte rendu des aides à la presse pour l’année 2013, rien cette année? l’argument d’ouverture donnée l’année dernière est-il déjà caduque? si quelqu’un a des infos, je pense qu’on est tous preneurs, et surtout pour connaitre l’année prochaine l’aide apporté par l’état Français a Charlie hebdo suite aux attentats.
    Il ne faudrait pas que l’on sache que ce journal n’a reçu aucune aide en 2013, je ne sais pas du coup pour 2014 (mais je m’en doute) et x millions en 2015!


    • jp Le 27 août 2015 à 22h31
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      “En 2014, le Top 200 des titres aidés a bénéficié de près de 227 millions d’euros, dont 27% d’aides directes et 73% d’aides à la diffusion.
      Comme en 2013, c’est Le Figaro qui a touché le plus d’aides, avec 15 millions d’euros d’aides totales, en baisse d’environ 1M€. Aujourd’hui en France, avec 14M€ d’aides totales (+3M€ vs 2013), remonte d’une place à la deuxième position, devant Le Monde avec 13M€ (-3M€). Ces aides sont à près de 80% des aides à la diffusion.
      L’Express, avec 5M€ d’aides totales, entre dans le Top 10.
      Ouest France reçoit de nouveau le plus d’aides directes avec 6,2M€, devant Libération (5,4M€).
      Rapporté au nombre d’exemplaires diffusés, ce sont Agefi Hebdo et L’Humanité qui reçoivent proportionnellement l’aide la plus importante, avec respectivement 0,64€ et 0,59€ d’aide par exemplaire.”
      http://www.journaldunet.com/media/publishers/aides-de-l-etat-a-la-presse-2014.shtml


  17. RGT Le 27 août 2015 à 22h30
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    L’un des actionnaires du monde se nomme Matthieu Pigasse…

    Un banquier certes, mais pas n’importe lequel : Il est directeur général délégué de la banque Lazard.

    Cette banque peu connue du grand public est une pure banque d’affaires et ses guichets sont réservés aux “VIP” de ce monde. N’essayez pas de pénétrer dans cet établissement, si vous ne possédez pas une TRÈS TRÈS TRÈS grande fortune vous serez jeté sans ménagements à la rue car cet établissement doit veiller à son standing.

    À côté de Lazard, Rotschild et Golman-Sachs sont réellement des banques de gueux, les monts de piété de la “jet set”.

    Les deux autres actionnaires du Monstre ne sont pas non plus des enfants de coeur fortement attachés à la liberté de la presse.

    La pseudo-Charte d’éthique et de déontologie du Groupe La Vie – Le Monde n’est qu’un pipeau destiné à donner un peu de “lustre” à ce quotidien mais le directeur du monde est sous très haute surveillance et n’a pas intérêt à prendre trop de libertés vis à vis de ses actionnaires.

    Bref, “l’indépendance” du Monstre, c’est vraiment du pipeau.
    Les journaleux n’écrivent que ce qu’on leur dicte sinon ils dégagent et le directeur n’a pas intérêt à prendre leur défense sinon c’est lui qui dégage.

    Pour résumer, ce quotidien est en totale synergie avec l’ensemble de la presse française, à savoir totalement au service de ses actionnaires pour le grand lavage de cerveau me(r)diatique.

    C’est beau la “Liberté de la Presse”…

    Quand on voit que “L’aberration” a été racheté par Rotschild (qui l’a revendu à un type encore pire que lui – sisi, ça existe), on se demande bien ce qui nous reste sous la dent pour être informé.

    Ce sera quoi dans “Le Monde” aujourd’hui ?
    – L’Humanisme et la Générosité des Banques qui perdent des milliards pour sauver la Grèce ?
    – Des Informations Impartiales sur la Russie ?
    – Le Charisme d’Hillary Clinton ?

    Non, rubrique nécrologique, chiens écrasés, et un magnifique reportage sur le métier de sculpteur sur grain de riz.

    L’utilité d’un quotidien vespéral tient surtout au fait qu’on peut l’acheter le soir pour en faire des bandelettes d’une dizaine de centimètres de large fort utiles quand on a oublié d’acheter du “papier” et que les magasins sont fermés.
    On est pas obligé de se retenir toute la nuit et c’est vraiment un soulagement.

    Pour “booster” les ventes ils pourraient commercialiser à bas prix une machine qui transformerait le journal en bandelettes de la bonne dimension.
    Un peu comme les imprimantes à jet d’encre vendues à perte mais qui garantissent à leur constructeur une rente grâce à l’achat des cartouches.
    Du coup, ils pourraient même doubler le prix de vente du journal si la machine n’acceptait que “Le Monde” !!!

    Je vais de ce pas leur faire cette grande suggestion marketting.
    Elle devrait séduire Matthieu Pigasse et ses associés. Business is business.


  18. john Le 28 août 2015 à 20h12
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    Pour prolonger l’analyse des médias, il serait intéressant de comparer la couverture du désaccord récent entre F LORDON et J SAPIR et la couverture qu’ils ont eu début juillet pour leur écrits sur la crise Grecque.


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