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22.août.202022.8.2020 // Les Crises

Explosion à Beyrouth : De nombreuses mises en garde ont été ignorées

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Source : The Guardian, Michael Safi à Amman, Andrew Roth, Martin Chulov
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

La publication de documents révèle des mises en garde ignorées concernant une cache qui a tué au moins 135 personnes

Des images aériennes montrent l’ampleur des dégâts causés par l’explosion de Beyrouth – vidéo

La colère et le désarroi vont grandissant à Beyrouth, alors que les autorités admettent que la gigantesque explosion portuaire qui a tué au moins 135 personnes, en a blessé des milliers et en a laissé beaucoup d’autres sans abri était prévisible et avait fait l’objet d’avertissements répétés.

Alors que le feu couvait toujours dans la capitale libanaise, une trace écrite a permis de relier l’explosion à une gigantesque cache de nitrate d’ammonium qui avait été à un moment qualifiée de « bombe flottante » et qui se trouvait dans le port depuis 2014. Il y a six mois encore, les fonctionnaires qui ont inspecté la cargaison ont averti que si elle n’était pas déplacée, elle ferait « exploser tout Beyrouth ».

La révélation que la négligence du gouvernement pourrait avoir joué un rôle dans la pire explosion de l’histoire de Beyrouth a alimenté une nouvelle colère envers la classe politique libanaise au sein d’une population déjà en proie à une crise financière permanente qui a plongé la moitié du pays dans la pauvreté. Des manifestants dans le centre de Beyrouth ont attaqué le convoi de l’ancien premier ministre libanais Saad Hariri et ont affronté ses gardes du corps dans la manifestation la plus ostensible de la colère qui, suite à la catastrophe, va grandissante à l’encontre des politiciens libanais.

Sur un balcon en ruines, un mince nœud coulant était suspendu avec un panneau. On pouvait y lire « Quelles têtes seront pendues ? ». « Accrochez les noeuds coulants » a également été repris par les médias sociaux libanais, ce qui témoigne de la fureur qui a suivi le choc initial et le chagrin.

Le gouvernement a déclaré mercredi soir qu’il mettait un nombre indéterminé de fonctionnaires du port de Beyrouth en résidence surveillée en attendant une enquête sur la façon dont on en est arrivé à stocker ces matériaux hautement explosifs à moins de 100 mètres d’un quartier résidentiel. Le Gouvernement a également déclaré un état d’urgence de deux semaines, donnant ainsi aux militaires les pleins pouvoirs dans la capitale.

Avant et après : des images de drones montrent les ravages dûs à l’explosion de Beyrouth – vidéo

Le bilan s’élève à plus de 135 morts selon la Croix-Rouge libanaise et, de plus, on compte 5 000 blessés. Les habitations de près de 300 000 personnes ont subi des dommages, certaines maisons sont inhabitables, a déclaré le gouverneur de Beyrouth, Marwan Abboud. Des dizaines de personnes sont toujours portées disparues, on craint qu’elles ne soient ensevelies sous les décombres.

Mercredi matin, les habitants de la ville ont balayé les éclats de verre et autres débris de leurs maisons, alors que les médias sociaux et les chaînes de télévision libanaises commençaient à désigner les responsables de la tragédie.

Mardi soir, le premier ministre libanais avait attribué l’explosion à un stock de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium, un produit chimique utilisé dans les bombes et les engrais, qui avait été entreposé dans le port. Des rapports des médias datant de 2014 font état d’un navire de nationalité russe transportant cette cargaison ayant été saisi par le port de Beyrouth cette année-là, après avoir fait un arrêt d’urgence dans la ville et s’être vu refuser la permission de repartir par les autorités douanières parce qu’il était jugé inapte à la navigation.

L’ancien capitaine du navire, le Rhosus, a affirmé, il y a six ans, dans une interview avec des journalistes russes que le propriétaire du navire, qu’on dit être Igor Grechushkin, avait abandonné navire et équipage, et que les marins étaient « gardés en otage » par les autorités douanières. « Le propriétaire a abandonné le navire. La cargaison est du nitrate d’ammonium. Il s’agit d’une substance explosive. Et nous avons été abandonnés. Depuis 10 mois, nous vivons sur un baril de poudre. »

Le Guardian n’a pas été en mesure de vérifier les affirmations selon lesquelles Grechushkin était le propriétaire du navire et a tenté de le contacter afin d’avoir ses commentaires.

Dans une autre lettre publiée par un journaliste en contact avec l’équipage, le navire a été décrit comme « une bombe flottante et l’équipage est un otage à bord de cette bombe ».

L’équipage, en majorité ukrainien, a été détenu à bord du navire pendant près d’un an avant d’être libéré, ont déclaré leurs avocats dans une note de 2015, et le nitrate d’ammonium a été confisqué et conservé au port dans un entrepôt.

Des images montrent le moment où l’explosion de Beyrouth frappe, alors qu’une mariée pose pour ses photos – vidéo

Dans une interview accordée mercredi à Radio Free Europe, le capitaine du navire a nié qu’il y ait eu des problèmes avec le navire et a déclaré que ce dernier était retenu pour cause de droits portuaires non payés. La Fédération internationale des travailleurs du transport, qui avait exigé le paiement rétroactif des salaires et le rapatriement de l’équipage, a confirmé que le navire était retenu en partie parce qu’il devait au port 100 000 dollars de factures impayées. Dans une interview accordée mercredi à Radio Free Europe, le capitaine du navire de l’époque, Boris Prokoshev, a déclaré qu’il avait été en contact direct avec Grechushkin, qu’il qualifie de propriétaire du navire.

Badri Daher, le directeur général des douanes libanaises, a déclaré mercredi matin à la chaîne de télévision LBCI que dans les années qui ont suivi, son agence avait envoyé six documents à la justice, avertissant que le matériau représentait un danger. « Nous avons demandé qu’ils soient ré-exportés, mais cela n’a pas été fait », a-t-il déclaré. « Nous laissons aux experts et aux personnes concernées le soin de déterminer pourquoi ».

L’agence de presse Reuters a cité une source anonyme proche d’un employé du port qui a déclaré qu’une équipe avait inspecté le nitrate d’ammonium il y a six mois et avait averti que s’il n’était pas déplacé, ça ferait « sauter tout Beyrouth ». Une autre source a déclaré que plusieurs comités et juges avaient été prévenus, que « rien n’avait été fait » pour éliminer les produits chimiques.

On ne sait toujours pas ce qui a activé le nitrate d’ammonium, qui a besoin d’une chaleur extrême pour s’enflammer. Abboud a déclaré mardi que la municipalité de Beyrouth avait envoyé des pompiers sur le site en réponse à des signalements d’incendie, et que ces pompiers étaient portés disparus après l’explosion – ce qui indique que le feu a brûlé assez longtemps pour que leur équipe arrive sur les lieux.

« C’est une catastrophe » : Les habitants de Beyrouth et le maire réagissent à l’explosion meurtrière – vidéo

Plusieurs séquences des moments précédant l’explosion ont également montré une épaisse fumée grise s’échappant du port, ainsi qu’une série de petites explosions qui ont dégagé des fumées rouges, puis une explosion massive impliquant plus de 1 300 fois la quantité de nitrate d’ammonium utilisée dans l’attentat d’Oklahoma City en 1995.

Reuters a cité mercredi une source anonyme affirmant que l’incendie avait débuté dans l’entrepôt numéro neuf, avant de se propager à l’entrepôt 12 où était stocké le nitrate d’ammonium. L’origine de l’incendie initial n’est pas connue du public.

Des photographies aériennes et provenant de drones ont montré le profond cratère de terre dû au souffle de l’explosion là où se trouvait l’entrepôt 12, à côté d’une rangée de silos à grains détruits et la zone presque entièrement rasée.

Le ministre libanais de l’économie, Raoul Nehme, a déclaré que les dommages causés aux silos avaient laissé le pays avec moins d’un mois de réserves de céréales, mais a affirmé qu’il n’y avait aucun risque de pénurie alimentaire. « Il n’y a pas de crise du pain ou de la farine », a-t-il déclaré. « Nous avons suffisamment de stocks et de bateaux en route pour couvrir les besoins du Liban sur le long terme ».

Abboud a déclaré que les dégâts causés par l’explosion s’étendaient sur la moitié de Beyrouth, le coût des dommages étant probablement supérieur à 3 milliards de dollars.

Une femme joue au piano Auld Lang Syne [Ce n’est qu’un au revoir, NdT] au milieu des débris de l’explosion de Beyrouth – vidéo

Mercredi soir, le ministère britannique des affaires étrangères a annoncé un plan d’aide britannique pour le Liban, comprenant jusqu’à 5 millions de livres sterling de financement humanitaire d’urgence, ainsi que le déploiement d’experts en recherche et sauvetage, une aide médicale appropriée, une assistance stratégique en matière de transport aérien et un soutien en matière d’ingénierie et de communications.

Une grande partie de Beyrouth Est n’est plus habitable, ce qui est facilement reconnu par les quelques résidents et commerçants qui fouillent dans leurs affaires en ruine. « Je ne sais pas comment nous allons nous en sortir », a déclaré Issam Nassir, le gérant d’un magasin de pneus qui se trouvait de façon incongrue au milieu de ce qui était une agence de voyage, une pizzeria et un bar haut de gamme – tous détruits. « Pensez-vous vraiment qu’Hiroshima a pu être pire que cela ? »

Le bruit de murailles de verre dégringolant des balcons et jonchant les routes est devenu la bande son du jour. Des secouristes fatigués parcourent les rues, certains tenant des marteaux de forgeron, d’autres transportant de l’eau. Un parking dans le quartier de Gemmayze avait été transformé en centre de triage. Des brancards de plastique orange, couverts de sang, étaient alignés d’un bout à l’autre.

Explosion à Beyrouth : un prêtre esquive les débris qui tombent alors que l’onde de choc frappe l’église pendant la messe – vidéo

Après être devenue synonyme de destruction et de chaos dans les années 1980, Beyrouth a rebondi après 15 ans de guerre civile pour retrouver sa réputation de terrain de jeu des riches et de théâtre des intrigues politiques au Moyen-Orient.

Des impacts de balles ont encore frappé de nombreux bâtiments, la fourniture d’électricité est restée sporadique et les fractures de la guerre civile ne se sont pas comblées, mais le Liban a défié ses prophètes de malheur durant trois décennies, attirant des investissements de toute la région et des millions de dollars en transferts de fonds de sa diaspora qui ont colmaté les fissures de ses institutions et de ses infrastructures.

Cette course semble s’être terminée en 2020, avec des comptes nationaux qui se sont révélés bourrés de prêts que le Liban ne peut pas rembourser, et l’inertie et la négligence bureaucratique qui ronge la vie de nombreux Libanais accusés d’avoir contribué à l’une des pires catastrophes de l’histoire moderne du pays.

« Ce qui s’est passé hier est le résultat de l’incompétence des personnes dites responsables », a écrit Stéphane Bazan, un consultant libanais, dans un message largement diffusé sur Facebook mercredi.

« Combien de catastrophes nous attendent encore ? Nous n’avons plus d’électricité, l’eau est contaminée, la nourriture est douteuse, les armes sont partout. Ils ont volé notre argent, l’avenir de nos enfants ».

Source : The Guardian, Michael Safi à Amman, Andrew Roth, Martin Chulov
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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RGT // 22.08.2020 à 12h07

Je tiens à vous rappeler que l’explosion d’AZF était AUSSI causée par du nitrate d’ammonium mais en quantité bien moindre.

Composé fortement explosif qui était lui aussi stocké dans des conditions de sécurité lamentables pour ne pas « pénaliser » financièrement l’entreprise et sur lesquelles les autorités, malgré les alertes, avaient fermé les yeux.

De même, l’incendie de l’usine Lubrizol a été causé par la négligence des autorités censées faire respecter les consignes de sécurité MINIMALES.

Tout comme les sinistres catastrophes de Seveso, de Bhopal et bien d’autres dans lesquelles la culpabilité des les autorités qui on fermé les yeux par corruption (active ou passive) ont fermé les yeux.

Quand on ne respecte pas STRICTEMENT toutes les consignes de sécurité concernant la sécurité du stockage des produits explosifs ou hautement toxiques on s’expose à des catastrophes qui seront subies par la population, les « élites » responsables de ces fléaux étant très loin et à l’abri des zones à risques.
Malheureusement, les intérêts économiques de ceux qui sont impliqués dans ces désastres priment toujours sur la sécurité des populations et quelques lampistes sont livrés à la vindicte populaire pendant que les véritables responsables continuent leurs « optimisations » en toute discrétion.

Et si d’aventure un « chevalier blanc » avait l’idée saugrenue de rechercher les véritables responsables et les empalait sur la place publique j’ai la certitude que des moyens policiers et judiciaires sans commune mesure avec ceux utilisés pour déterminer les responsabilités de ce désastre seraient mis en œuvre pour aller le chercher « jusque dans les chiottes ».

La logique voudrait que dans un véritable état digne de ce nom toutes les précautions soient prises quel qu’en soit le prix afin de protéger les populations.

10 réactions et commentaires

  • christian gedeon // 22.08.2020 à 07h14

    Les fonctionnaires du port de Beyrouth ont bon dos. Une palanquée a été arrêtée,d’autres assignés, sans rire, à résidence. Cet entrepôt était chassé gardée. Il y a peu de chances pour que l’on sache un jour pourquoi ou qui est à l’origine de l’explosion titanesque. Les voies du MO étant encore plus impénétrables que celles du Seigneur. Mais Beyrouth n’est plus dans Beyrouth. Et le Liban, s’il est encore et pour combien de temps, un pays, n’est certes plus un état. Cependant, les pays étrangers qui essayent d’avaler le Liban devraient se rappeler du triste sort de ceux qui ont déjà essayé et se sont retrouvés détruits.

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  • Fabrice // 22.08.2020 à 08h05

    Je crois qu’il faut savoir garder un peu de lucidité, le nitrate d’ammonium est bien un explosif dont nous avons testé les dégâts à Toulouse où il n’y avait pourtant que 300T de ce matériau.

    L’incompétence de certains dirigeants de pays fait souvent plus de dégâts qu’un attaque coordonnées, cette théorie d’une attaque n’a aucune réalité prouvable sauf pour les dirigeants du Liban qui auraient bien voulu se dédouaner sur une puissance extérieure de l’incompétence dont ils ont fait preuve, pour échapper à la colère du peuple Libanais qui lui ne s’est pas laissé berné par ses gesticulations.

      +1

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  • vert-de-taire // 22.08.2020 à 08h48

    C’est EXACTEMENT comme pour AZF.
    La des-responsabilité criminelle de la fonction de l’État (en fait pire car l’État et super-État est remodelé pour et par l’élite) – donc du pouvoir en place – comme garant de la fonction sociale de la notion de société. Une société (donc organisation sociale du groupe national) NE SERT qu’à garantir la paix sociale en donnant à chacun et tous des conditions de vie qu’ils se choisissent (en régime démocratique ou autre « éclairé »).
    La mise sous tutelle économico-financière de nos Nations EST donc criminelle et a-démocratique.
    Mais nous nous laissons-faire oubliant que c’est aller aux cataclysmes invisibles et potentiels tant que non-advenus – POUR LES FAIBLES ou plus.

      +12

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    • christian gedeon // 22.08.2020 à 10h42

      olalala…qu’est ce qu’AZF vient faire là dedans. Idéologie quand tu nous tiens. C’est bien une réflexion d’occidental qui pense qu’il peut plaquer sa vision « politique  » du monde sur tout ce qui bouge.C’est vrailment de la réaction pavlovienne,çà. Sur n’importe quel sujet,il y a fort à parier que vous feriez ma même réponse,à lambda près.

        +3

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      • RGT // 22.08.2020 à 12h07

        Je tiens à vous rappeler que l’explosion d’AZF était AUSSI causée par du nitrate d’ammonium mais en quantité bien moindre.

        Composé fortement explosif qui était lui aussi stocké dans des conditions de sécurité lamentables pour ne pas « pénaliser » financièrement l’entreprise et sur lesquelles les autorités, malgré les alertes, avaient fermé les yeux.

        De même, l’incendie de l’usine Lubrizol a été causé par la négligence des autorités censées faire respecter les consignes de sécurité MINIMALES.

        Tout comme les sinistres catastrophes de Seveso, de Bhopal et bien d’autres dans lesquelles la culpabilité des les autorités qui on fermé les yeux par corruption (active ou passive) ont fermé les yeux.

        Quand on ne respecte pas STRICTEMENT toutes les consignes de sécurité concernant la sécurité du stockage des produits explosifs ou hautement toxiques on s’expose à des catastrophes qui seront subies par la population, les « élites » responsables de ces fléaux étant très loin et à l’abri des zones à risques.
        Malheureusement, les intérêts économiques de ceux qui sont impliqués dans ces désastres priment toujours sur la sécurité des populations et quelques lampistes sont livrés à la vindicte populaire pendant que les véritables responsables continuent leurs « optimisations » en toute discrétion.

        Et si d’aventure un « chevalier blanc » avait l’idée saugrenue de rechercher les véritables responsables et les empalait sur la place publique j’ai la certitude que des moyens policiers et judiciaires sans commune mesure avec ceux utilisés pour déterminer les responsabilités de ce désastre seraient mis en œuvre pour aller le chercher « jusque dans les chiottes ».

        La logique voudrait que dans un véritable état digne de ce nom toutes les précautions soient prises quel qu’en soit le prix afin de protéger les populations.

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        • Rond // 22.08.2020 à 15h56

          Merci pour cette réponse et surtout sa conclusion. La première, voire unique, raison d’être de l’état, qui nous coûte un pognon de dingue, est là. Quelle tâche qui lui incombe n’aurait-elle pas, de près ou de loin, cette finalité ? Pendant ce temps, d’aucuns dénonceront sa propension à l’assistanat et à la bienveillance. Il ferait beau voir que ce soit le cas, par ex. au Liban, ici, ailleurs … D’où les bévues innombrables.

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          • Marc // 22.08.2020 à 19h48

            Petite intervention : un état devrait logiquement non seulement « protéger » la population mais plus encore devrait en « prendre soin »
            Il sagit en particulier de donner au minimum un toit et de la nourriture aux nécessiteux mais ce n’est même pas le cas chez nous : logements vides et nourriture invendue jetée… et sdf

              +3

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            • RGT // 23.08.2020 à 10h55

              Vous ne seriez pas hongrois, tchèque ou polonais par hasard ?

              Concernant les autres pays de l’est je ne sais pas car je ne m’y suis pas personnellement rendu et je n’ai pas été en contact avec leurs « gueux ».

              Votre remarque correspond totalement aux remarques des populations que j’avais rencontré dans ces pays autrefois « écrasés » par l’empire soviétique.

              La population était très remontée contre les « bienfaits » de la « liberté infinie » apportée par le divin Occident : Liberté sans limite de crever de faim dans la rue sans soins, sans logement ni aucune assistance.

              Certes, ils ont désormais le droit de critiquer ouvertement le gouvernement (mais tout le monde s’en fout) mais par contre tout est désormais payant.
              Et au prix fort bien sûr.

              Avec leurs industries qui, bien que « vieillissantes » (mais pas en état de décomposition) et tous les biens communs qui ont été bradés aux entreprises de l’ouest (surtout allemandes) et la suppression de toute aide de l’état.

              Bref, grande colère quand ils constataient que les SDF poussaient comme des champignons, que les logements étaient hors de prix, les soins et l’éducation de même et qu’ils n’avaient plus que leurs yeux pour pleurer.

              Certes, avant ils n’étaient pas « libres » mais ils étaient nourris, logés, soignés, éduqués, ce qui est le minimum qu’un état devrait avoir l’obligation de faire pour sa population.

              P.S. Je ne suis PAS DU TOUT marxiste, loin de là. Mais il faut quand-même reconnaître que ces états (sans doute pour préserver leur légitimité) assuraient une vie décente à leurs populations.

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  • Garibaldi2 // 23.08.2020 à 05h19

    Pourquoi parler de  »cache » qui sous-entend une dissimulation ? Le stock de nitrate d’ammonium n’était pas caché. Il était parfaitement connu.

    Ce qui est incroyable, c’est qu’un stock aussi important ait été conservé aussi longtemps à cet endroit ? Qui payait la location de l’entrepôt ? L’état libanais qui avait saisi le stock ? Pourquoi ne pas mettre en demeure le propriétaire du stock de l’évacuer sous peine de le voir cédé aux enchères ? Pourquoi laisser dormir dans un entrepôt un stock qui valait plus de 500.000 euros ? Prix de 200€ la tonne donné par : http://www.societechimiquedefrance.fr/Nitrate-d-ammonium-473.html

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    • Rémi // 24.08.2020 à 10h42

      Probablement parce que la justice prennait son temps. Une faillite c’est en France aussi cinq à dix ans pour la traiter et liquider.
      Sauf que là c’était du Nitrate d’amonium qui formait l’actif.
      Il aurait fallu aller plus vite.

        +0

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