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10.août.201410.8.2014 // Les Crises

[Reprise] France, royaume des imposteurs, par Natacha Polony

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Reprise d’une tribune du Figaro de Natacha Polony

FIGAROVOX/TRIBUNE – Des promesses politiques de campagne aux publicités mensongères, Natacha Polony dénonce les impostures derrière les postures.

Cela commence par un président qui se fait élire sur la promesse d’imposer les plus riches à 75%. Disposition retoquée par le Conseil constitutionnel. Le même se fait écraser aux municipales et promet des baisses de charges salariales. À nouveau retoqué. Ce président prend aussi des airs compassés pour aligner trois mots effarants de banalité sur «le droit à la sécurité d’Israël» avant de se reprendre, quelques jours plus tard, et d’évoquer les morts palestiniens parce qu’un communicant l’a alerté sur l’effet désastreux de son assourdissant silence. Triste figure de composition qui est la même qu’à peu près tous les politiques, de droite comme de gauche, quand ils veulent montrer au citoyen français qu’ils sont impliqués, conscients, déterminés.

C’est cet air d’un ancien président interrogé par deux journalistes et qui évoque ce «sens du devoir» qui seul pourrait lui donner l’envie de mettre fin au feuilleton savamment orchestré de son retour pour annoncer qu’il répond à l’appel du peuple. C’est celui d’un ministre des affaires étrangères au visage de circonstance, voulant faire croire que la France a une quelconque position diplomatique qui serait autre que l’alignement pur et simple sur les volontés américaines.

C’est celui de ces chefs de la droite, grands ou petits, qui proclament à chaque élection leur «conviction européenne» depuis que Jacques Chirac, en 1992, a décrété qu’on ne pouvait avoir de destin présidentiel si l’on avait osé critiquer cette Europe.

C’est enfin celui de tous ces responsables qui parlent la main sur le cœur du déclassement des classes moyennes inférieures parce qu’ils ont – enfin – compris que leur abandon total les précipitait dans les bras du Front national.

Quel rapport entre ces personnages disparates? Cette petite gêne que l’on ressent devant ce qui ressemble fort à une simple posture. Le soupçon qu’il n’y a là aucune conviction, pas l’ombre d’une vision, mais un discours calculé suivant les impératifs supposés de la popularité ou de la réussite. La posture, c’est cette façon de ne se positionner que selon les critères du moment et ce que l’on suppose être l’attente de son public.

C’est ce dommage collatéral généralisé du règne de la communication. Car le phénomène ne frappe pas seulement les politiques. Dans chaque domaine de l’activité humaine, on peut relever ces exemples, non pas d’hypocrisie – ce serait encore un hommage du vice à la vertu – mais de composition d’un argumentaire ponctuel hors sol. Et cela nous raconte un peu de notre monde moderne.

La communication dont on nous rebat les oreilles comme d’un principe d’efficacité a changé de nature sous l’effet d’une extension de la logique marchande. Elle n’a plus rien à voir avec la vieille réclame qui se contentait de vanter les qualités d’un produit, de «faire savoir». Il s’agit désormais de concevoir le produit en fonction de ce qui va séduire. La communication modifie l’essence même des choses.

Dans le domaine des idées? Plus un discours qui ne vante l’action merveilleuse des femmes, tellement «indispensables». Posture. Et que dire de ces proclamations sur la tolérance dont le but est moins de changer les choses que de montrer à ses pairs que l’on se situe du bon côté? Posture. Dans le domaine de l’art? Il y a longtemps que nous sommes habitués à ce discours verbeux qui accompagne des œuvres sans âme pour les positionner sur l’échelle de la «rébellion». Posture encore. Dans le domaine du vin? Il n’y a plus de choix qu’entre des vins passés dix-huit mois en barrique neuve, parce que certains œnologues à la mode n’aiment que le goût du chêne, ou les vins oxydés de ceux qui ont fait du vin «bio» une idéologie.

Le dénominateur commun? Le lecteur, l’électeur ou le buveur sont devenus des clients, plus des citoyens auxquels on s’adresse, des gens à qui l’on offre une émotion ou une vision en partage. Ils sont des parts de marché potentielles. En politique, le tournant date du début des années 1980, quand des publicitaires ont pris en main les campagnes électorales. Un petit village de France sur une affiche et ce slogan: «La force tranquille». Première forfaiture politique. Car malgré l’espoir sincère que soulevait dans une partie du peuple l’arrivée de cette gauche au pouvoir, on entrait dans l’ère du mensonge. Sous prétexte d’aider les politiques à formuler leurs idées et d’offrir un écho à leurs actes, les marketeurs ont peu à peu modifié le discours politique lui-même pour le faire coller aux codes.

Comme dans le vin, c’est maquillage au bois neuf du techno pinard ou vinaigre imposé par les «purs» autoproclamés. C’est un gaullisme de circonstance par des héritiers perchés sur la croix de Lorraine pour mieux s’asseoir sur les engagements et les choix de l’homme du 18 Juin. C’est une invocation ad nauseam des mânes de Jaurès par ceux-là mêmes qui ont désindustrialisé le pays et abandonné la classe ouvrière pour convenir aux sirènes de la mondialisation.

Une société de posture ne peut rien produire de durable, rien qui dépasse le simple cadre de notre existence immédiate, puisqu’elle ne cultive que le court terme et la rentabilité. Quitte, pour cela, à tromper un peu le client. Ainsi de la posture sommes-nous passés à l’imposture.

Source : Le Figaro

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187 réactions et commentaires - Page 2

  • Lyly // 10.08.2014 à 15h43

    Je suis quand même etonnee des commentaires. Cela sous-entend que les francais sont des bebes qui ont de mauvaises nourrices. Mais ce sont les individus qui choisissent de consommer du made in china de supprimer les emploi de leurs voisins puis d’avoir peur que leur propre emploi disparaisse…d’avoir des assurances-vies bien peperes pour ensuite s’insurger contre les agences de notation et les mechants actionnaires. (Il n’y a pas la mechante bourse et la bourse des licornes).
    A part les 10% les plus pauvres qui subissent un vrai declassement qui profitent bien aux 90% d’autres, le pseudo declassement que ressentent les 90% autres n’est juste que le reajustement de la puissance de la france par rapport aux autres pays c’est a dire 65 millions de personnes qui n’ont pas de raison d’avoir de meilleures conditions d’achat de petrole ou matieres premieres ou decosionnel sur le plan diplomatique que les autres pays a fortiori quand ils ont 10 fois plus de population. Aux dernieres nouvelles l’ue nous versait plus d’argent qu’on lui versait, et nos trente glorieuses se sont faites au detriment des autres pays du sud…
    C’est vraiment malsain de debattre entre “la finance nous sauvera faut qu’on soit puissant” de la droite et “toute est de la faute de la finance” de la gauche. Ces envoles lyriques se basent sur cette espece de nostalgie d’empire, qu’on arrive pas a depasser alors que l’exercice de gouvernance et encore plus de la gestion economique devrait etre calme sans charisme, ennuyeuse, efficace et realiste : voila nos options voila la moins pire ou la meilleure

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  • theuric // 10.08.2014 à 15h48

    Qui ne se laisse convaincre par les illusions de l’apparence?
    Un discours n’est en effet qu’un sens donné au événements et non pas la recherche d’explication de ceux-ci.
    Alors, la question reste de savoir si nous avons ou non peur de comprendre ce qu’il se passe.
    Il est facile de se laisser bercer d’illusions mais accepter la réalité dans ce qu’elle pourrait avoir de cruelle n’est pas si facile que cela.
    C’est là-dessus que nos donneurs de rêves s’appuient pour nous manipuler, en sachant que tous les manipulateurs sont eux-mêmes manipulables parce que leurs manipulation provient également de leur refus de cette réalité.
    Croyez-vous que le commercial, si prompt et habile à berner le chaland, ne s’est pas lui-même laissé embobiner par des professeurs en école commerce, eux-même séduit par cette utopie promettant richesses et fortunes pour tous les croyants?
    Croyez-vous que la personne faisant de la politique et suivant continuellement les conseils “éclairés” de quelques gourous de la communication leur laissant à penser qu’ils ont toutes les solutions pour aplanir une idéologie désormais de moins en moins crédible ne sont tout autant manipulables que les électeurs les écoutant avec sérieux, ces communicateurs, eux-mêmes, se moquant éperdument de toute doxa, sûr qu’ils sont de l’évidence de la puissance de leur capacité de manipulation.
    Et que dire du publicitaire et de bien d’autres dont le rôle ne consiste à nous présenter que l’apparence comme n’étant que du seul domaine de l’évidence.
    L’évidence et l’apparence, voilà ou se trouve le nœud du problème.
    Comment dépasser et l’un, et l’autre?
    N’était-ce donc pas un certain Socrate qui, il y avait 1 500 ans, déterminait que la seule façon de dépasser ces impressions rassurantes n’était que de se comprendre soi-même?
    D’autres n’ont-ils pas montré que ne se fier qu’au actes était la seule voie permettant de comprendre le vis-à-vis?
    Et ne devrions-nous pas considérer que la seule manière de ne pas être manipulable serait de ne pas être manipulateur?
    Enfin, pour aller au-delà des discours entendus, ne devrions-nous pas chercher à comprendre quels sont les lois et principes régissant les sociétés des hommes et les relations établies entre chaque individu?
    Mais comment, auquel cas, pouvoir prendre véritablement parti hormis comprendre et montrer le fait et l’événement dans ce qu’ils peuvent avoir de plus crus?
    Mais qui cela intéresserait?

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  • Jeanne L. // 10.08.2014 à 17h03

    Sur la crise, ses effets profonds à l’intérieur d’une société, la façon dont les gens sont condamnés à la survie, les compromissions des “élites”, les hommes politique à la Papandréou ou à la Hollande, les ordres de la Toïka suivis autant que précédés, les suicides par temps d’hiver comme par temps de vacances, la corruption arrivée au stade du pourrissement il faut lire régulièrement le site de Panagiotis Grigoriou,
    Qui décrit la Grèce cette maille qui a sauté dans le tricot de l’UE, dont les dirigeants ne valent pas mieux que les nôtres qui leur ont pourtant fait la leçon pendant des années.
    Je crains que nous ayons dans tous ces billets de P. Grigoriou la description (mutans mutandis bien sûr) de ce qui taraude notre propre société,et de ce temps mauvais qui nous attend.

    http://www.greekcrisis.fr/

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  • Casquette // 10.08.2014 à 17h11

    C’est un simple édito sur la comm’ politico-marchande , N.Polony développe une vision plus globale sur le système éducatif qui est sa spécialité.
    Elle accuse les mouvements constructivistes d’avoir diffusé, au sein de l’éducation nationale , l’idée que le savoir peut s’acquérir individuellement par les gamins , dans cette conception de la pédagogie les prof finissent par être réduits à de simples rôles d’accompagnateurs/trices , de sage-femmes , acoucheuses de savoir.

    Avec cette idéologie , nous sommes pas loins des délires du moment qui tentent de nous faire croire que les choses ou les mouvements peuvent être laissés à eux mêmes , sans intervention d’un tiers (surtout quand c’est l’Etat), qu’en les “laissant faire” ils atteindront un optimum de performance ou un équilibre profitable à tous.

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  • frttrn // 10.08.2014 à 17h36

    Entièrement d’accord avec vous. Face aux 1% des privilégiés qui nous gouvernent et à qui profitent le système en place je ne compte qu’environ 1% d’intéressés dans mes amis (assez représentatifs de la nation) par mes relais facebook, c’est pour dire si l’écart est grand.
    Cela dit on ne compte pas ceux qui s’y attardent mais qui ont honte de “liker”, ceux qui “like” mais qui ne bougeront pas le petit doigt le moment venu, ou ceux qui ne voient tout simplement pas passer mes relais.
    En somme il est assez difficile de faire des pronostics, mais espérons que lorsque l’élément catalyseur arrivera (en espérant que les gens s’arment de courage) et que le rapport entre le petit confort personnel face aux dégâts subis ne penchera plus en faveur du premier, qu’un autre traître ne détourne pas encore la révolte populaire vers de sombres prétextes aptes à nous diviser comme c’est bien souvent le cas.
    Le temps joue contre eux, mais combien de temps allons-nous attendre? Il paraît qu’un message diffusé à la masse, dépassé un certain stade critique de lecteur, devient “viral”?
    D’où l’intérêt primordial de reprendre les rennes de ce qui diffusent l’information et de protéger coûte que coûte leur indépendance, et surtout la liberté d’Internet, seul endroit encore à peu près disponible pour s’exprimer sans crainte et accéder à un autre son de cloche, de manière universelle.

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  • Serge // 10.08.2014 à 18h28

    Oui bon…C’est bien de le dire ,mais c’est un peu comme dire des évidences ,découvrir l’eau chaude ,ça ne mange pas de pain .C’est une demi posture .
    A part cela ,madame Polony ?
    J’ai été un des premiers à acheter et essayer de promouvoir son livre ,”Nos enfants gâchés” ,parmi mes collègues enseignants .Non pas que j’y apprenais quelque chose sur l’état désastreux de notre chère école ,mais parce que au moins ,sa publication me sortait de mon isolement .
    Après avoir commenté sur son blog ,je me suis vite aperçu des limites de la critique de cette personne .
    Je me suis même interrogé sur sa duplicité .Surtout quand je l’ai vu aller à la soupe chez Ruquier.
    Rien à voir avec son prédécesseur Zemmour qui lui ,a des convictions .
    L’analyse et l’esprit critique n’empêche nullement d’en avoir !

    Madame Polony ,sous prétexte de ne pas être binaire,se contente toujours d’une attitude pseudo-intellectuelle “au-dessus”,pesant le pour et le contre ,en bonne khâgneuse qu’elle fut, .Scolaire elle est restée ,pinaillant comme on fait une “disserte “,même sur les sujets les plus futiles comme la chansonnette .
    A part l’agneau pré-salé et les bons vins,où sont ses convictions ?
    C’ est vrai que les cachets exorbitants de la téloche et d’Europe un ,pour jouer son petit rôle de fausse “réac” ,c’est bien mieux que le salaire misérable d’agrégée de lettres modernes enseignant à Epinay en banlieue ! et beaucoup moins fatiguant en plus …
    Je peux apparaître comme dur dans mon jugement ,mais un “déçu” est toujours plus dur qu’un autre …

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  • tchoo // 10.08.2014 à 19h08

    Natacha n’écrit pas, ne dit pas que des bêtises,
    mais que fait-elle au Figaro?
    peut-être lui laisse-t-on un peu plus de liberté en caution de l’image de pluralisme voulu dans ce journal?

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  • Serge // 10.08.2014 à 19h19

    Nous n’avons pas besoin d’une sixième république ,mais d’un nouveau de Gaulle .
    D’accord avec certains commentaires ,il fut notre dernier président .
    En mai 68,j’avais vingt ans et un peu plus,et je n’ai pas participé au mouvement .Tout simplement par instinct de classe ,parce que je ne voyais rien de commun entre les Cohn Bandit,les Krivine , les Benny Levy (gauche prolétarienne ,”mao-sponts “),les Geismar et mes parents ouvriers .Tout cela me paraissait suspect ,confus Et pourquoi vouloir renverser de Gaulle?
    Ce n’est que plus tard que je fis l’analyse politique ,qui me conforta d’avoir eu la bonne attitude .
    Cette petite fausse révolution consista avant tout de se débarrasser du “gêneur” qu’il était devenu ,pour le remplacer par l’Atlanto-compatible,ex employé des Rothschild ,Georges Pompidou.
    Je n’en démords pas ,il fut victime de la première “révolution orange” ,d’un complot ,d’où la droite orléaniste tira son épingle du jeu .
    Vous pensez ,sa sortie de l’OTAN,son non alignement ,sa politique arabe,sa condamnation d’Israël suite à la guerre des six jours ,le “Québec libre”,sa politique sociale ,son indépendance vis à vis des banques etc ,c’en était trop pour certains …

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  • Serge // 10.08.2014 à 20h21

    En réponse à @Ludo-T
    Oui ,le coup face à Ockrent ,c’était très bien .
    Cela lui arrive encore de poser les bonnes questions ,mais elle ne va jamais au bout .
    Bon ,si cela en délure un peu certains,tant mieux !
    Entre parenthèse ,gonflée la Ockrent !Sa réponse , sa mauvaise foi et ses grimaces sont grotesques !

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    • Ludo_T // 10.08.2014 à 21h20

      Oui Serge, et ce qui est impressionnant c’est comment tout de suite Ockrent prononce le jugement “impitoyable” que Polony adhère aux théories complotistes. Le couperet est tombé. C’est clair, Polony n’est pas dans le même camp.

      Voici à présent une autre vidéo exceptionnelle présentant ce que j’appelle “le mensonge triomphal” :
      https://www.youtube.com/watch?v=hOuOmnOpxoo

      Si vous tendez bien l’oreille, vous constaterez un début de lapsus de la part de Nicole Bacharan.

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  • citoyen du monde // 10.08.2014 à 21h01

    « Quel rapport entre ces personnages disparates? Cette petite gêne que l’on ressent devant ce qui ressemble fort à une simple posture. Le soupçon qu’il n’y a là aucune conviction, pas l’ombre d’une vision, mais un discours calculé suivant les impératifs supposés de la popularité ou de la réussite. La posture, c’est cette façon de ne se positionner que selon les critères du moment et ce que l’on suppose être l’attente de son public. »
    Tout à fait la réalité de la classe politique. Comment s”en débarrasser ?

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  • Le diable // 10.08.2014 à 21h17

    Mesdames, Messieurs,

    permettez-moi de rappeler à votre bon souvenir M. Patrick de Saint-Exupéry, du Figaro.

    – à ma connaissance, M. Patrick de Saint-Exupéry est le seul journaliste français à avoir enquêté sur l’implication de la France dans le génocide du Rwanda en 1994. 800.000 mort en cent jours. Pas 800.000 réfugiés, mais 800.000 MORTS.

    – à ma connaissance, M. Patrick de Saint-Exupéry est le seul journaliste français à avoir enquêté sur l’exploitation par ElfTotalFina du travail forcé imposé par la junte birmane. M. de Saint-Exupéry a nommément accusé M. Kouchner de complaisance envers Total & la junte birmane, alors que M. Kouchner avait lui-même été envoyé (à je ne sais plus quel titre, je m’en fiche) pour “enquêter” sur place pour vérifier le bien-fondé des accusations portées contre le groupe pétrolier français. Verdict de M. Kouchner : aucune compromission d’ElfTotalFina avec la junte birmane. Pas de chance, il y a des témoignages de travailleurs forcés birmans.

    Le point commun entre le génocide du Rwanda & le travail forcé en Birmanie, c’est M. de Saint-Exupéry. Le point commun entre M. de Saint-Exupéry (pour paraphraser Coluche), c’est le Figaro.

    Pas facile d’être un quotidien sérieux en matière de politique internationale. Enfin, le moins pas sérieux, je veux dire.

    Cordialement,

    le diable

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    • Le diable // 10.08.2014 à 21h38

      Rebonsoir,

      Je vais être un peu diabolique parce que la “lucidité” (je reprend le terme de Chomsky) est le pire tourment que l’on puisse infliger à un être humain.

      Si vous doutez de l’intérêt qu’il y a à lire M. Patrick de Saint-Exupéry (du Figaro), je me permets humblement de vous suggérer “L’inavouable – la France au Rwanda”.

      http://www.amazon.fr/LInavouable-France-Rwanda-Patrick-Saint-Exup%C3%A9ry/dp/2912485703/ref=sr_1_2?s=books&ie=UTF8&qid=1407699097&sr=1-2&keywords=la+france+au+rwanda+l%27inavouable

      Vous toutes & tous qui réalisez que Washington, c’est le diable… Que faisiez-vous dans la nuit d’avril à juillet 1994, dans laquelle votre PROPRE pays était impliqué (et pas les USA) ?

      Aviez-vous remarqué que le seul journaliste qui en parlait était un reporter du Figaro ?

      Respectueusement,

      le diable.

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      • Ludo_T // 10.08.2014 à 21h58

        Merci le Diable pour cette mise au point.

        J’ai regardé voilà 48h un reportage sur Youtube concernant le génocide de 6 millions de personnes au Congo, et comment les USA, la France ainsi que la Belgique sont responsables. Évidemment, rien dans nos médias… Je n’arrive plus à retrouver le lien !

        Autrement, je suis d’accord avec vous. Loin d’être un pro-Figaro, je dois reconnaître que c’est encore dans ce journal qu’il reste quelques espaces de liberté. Et je le constate également sur leur site, on peut encore y mettre des commentaires qui ne correspondent pas vraiment à leur idéologie à la différence de la majorité des autres médias mainstream.

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  • Macarel // 10.08.2014 à 22h47

    Leur mission est de dissoudre la France dans l’ Océania, si j’ai bien compris.

    Ils s’y emploient avec toute l’ardeur euratlantistes dont ils sont capables.

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  • Serge // 11.08.2014 à 00h31

    “Une société de posture ne peut rien produire de durable, rien qui dépasse le simple cadre de notre existence immédiate, puisqu’elle ne cultive que le court terme et la rentabilité. Quitte, pour cela, à tromper un peu le client. Ainsi de la posture sommes-nous passés à l’imposture.”
    ——————————————————————————————————————————Bien sûr,mais c’est ce que veulent les foules non ?
    L’imposture,ça “marche” plutôt bien non?
    Phinéas Taylor Barnum l’avait compris , lui .
    Et la question est : “pourquoi ça marche?”
    La foule ne voit et n’entend que ce qui lui fait plaisir .Et face à la puissance du désir,la lucidité,la réalité ,n’a aucun poids.
    C’est une question d’équilibre psychologique,à moins d’un violent traumatisme.
    Nietzsche disait qu’on évalue la qualité d’un esprit à la dose de réalité qu’il est capable d’endurer.
    Un exemple : Vous n’allez me dire qu’avant de voter au 2° tour en 2012, les partisans de Mélanchon ne savaient pas que Mollande ne satisferait aucune de leurs espérances sociales …Et pourtant,ils ont quand même voté pour lui,en sachant qu’ils seraient dindons .Et cela se répète à chaque fois …
    Même processus pour toute l’UMPS .

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  • Farce Totale // 11.08.2014 à 10h07

    En tant que responsable syndical, j’ai discute avec la nouvelle direction de ma boite des problèmes poses par nos bureaux de la perfide Albion (qui n’a jamais aussi bien portée son nom, tant sur le plan géopolitique, macro-économique et micro-économique : notre entreprise).

    En effet, ces derniers ne communiquent pas du tout avec les français, jouent leur propre jeu contre nous etc … je pense que vous l’aviez devine !

    Quelle fut ma surprise quand on me retoqua ” MAIS IL FAUT CONSTRUIRE L’EUROPE, TU ES POUR L’EUROPE NON ?”

    Je réussis a répondre qu’il ne fallait pas confondre les enjeux macro et les enjeux micro – économiques, mais ma réponse ne semble pas avoir atteint le cerveau du dit “responsable”, tellement imperméable a une quelconque pensée critique du système dans lequel il vivait.

    J’irais même plus loin en disant que sa ” construction de l’Europe” m’a fait plutôt peur. Pas besoin d’explications ésotériques, les cerveaux sont lobotomises par la propagande et ce a tous les niveaux (du petit fonctionnaire a 1500 euros au cadre dirigeant a 6000).

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  • Macarel // 11.08.2014 à 10h34

    L’ Océania a annexé la plus grande banque française :

    BNP Paribas : Devenue de facto banque américaine, par Julien Alexandre

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=67878

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  • Choni // 11.08.2014 à 13h41

    Le vénérable professeur Kuing Yamang l’avait bien dit :

    «La France n’est plus que l’ombre d’elle même. Une majorité de français seraient atteint par une pathologie nouvelle qui s’appelle le syndrome du larbin.»

    http://www.wikistrike.com/2014/08/edifiant-la-france-vue-par-les-chinois.html

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    • Bardamu // 11.08.2014 à 14h27

      Cette “adaptation” avait beaucoup amusé le Professeur Melen Chon à l’époque…

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  • madeleine // 11.08.2014 à 18h29

    video de Chomsky sur les différents éléments de propogande dans les médias https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=vmoXze-Higc

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