Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 04-12-2017

JUPITER ET LA FIN DE LA POLITIQUE AFRICAINE DE LA FRANCE ? Guillaume Berlat. Alors que l’Union européenne lui inflige un camouflet sur le glyphosate (grâce aux Allemands)1, que le pape François sillonne la Birmanie et le Bangladesh (pour s’informer sur le sort des Rohingyas2) et que la Corée du nord effectue un nouveau tir de missile intercontinental (elle déclare être puissance nucléaire)3, l’infatigable Emmanuel Macron arrive en Afrique (il avait rendu visite aux forces françaises au Mali au tout début de son mandat). Adresse à la jeunesse à Ouagadougou, « renouvellement du partenariat Europe-Afrique » au sommet d’Abidjan (écologie et sécurité) et incursion en Afrique anglophone pour faire bonne mesure à Accra sont au menu de la première tournée africaine du chef de l’Etat. Avant son arrivée au Burkina Faso, les forces françaises sont visées par une grenade. Ses communicants précisent, qu’une fois n’est pas coutume, le président adoptera une posture « d’humilité » dans son adresse à l’Afrique par laquelle il entend redorer l’image d’une France écornée4 et dont l’influence est partout en recul sur le continent5. Il est accompagné de trois ministres (Affaires étrangères, Éducation et Sports) ainsi que de sa représentante personnelle pour la Francophonie, Leïla Slimani6. Revenons sur les trois étapes de cette visite officielle !

LE DISCOURS DE OUAGADOUGOU : LA FIN DU NÉO-COLONIALISME ?

Le contexte général : une ambiance chaude. Arrivé à Ouagadougou le 27 novembre 2017, le président français s’entretient avec son homologue Roch Marc Christian Kaboré au palais de Kosyam. Il séjourne deux nuits dans ce pays qui n’est pas à l’abri du terrorisme islamiste7. Après son intervention à Ouagadougou, le président français inaugure à Zagtouli la plus grande centrale solaire d’Afrique de l’Ouest. Ce chantier a été financé par l’Union européenne (UE) et l’Agence française de développement (AFD). Il visite ensuite une start-up avant d’aller à la rencontre de la communauté française du Burkina Faso. Le président français a souhaité d’adresser à la jeunesse. Une demande qui a donné des sueurs froides aux autorités du pays. Le président burkinabè s’est rendu à plusieurs reprises sur le campus pour s’enquérir de l’organisation et de la sécurité en raison de l’agitation ambiante récurrente de la jeunesse. Tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes au Burkina-Faso. Comme dans bien d’autres pays africains.

Rappelons que lors de sa tournée, le chef de l’Etat a fait une série d’annonces, dont certaines étaient attendues de longue date par ses partenaires africains. Il s’est notamment engagé à déclassifier l’intégralité des documents français relatifs à l’assassinat de l’ancien président burkinabé Thomas Sankara. Il a également fait savoir qu’il ferait « tout pour faciliter » l’extradition au Burkina Faso de François Compaoré, le frère du président déchu burkinabé Blaise Compaoré, arrêté en octobre dernier en France dans l’enquête sur l’assassinat d’un journaliste en 1998. Autre mesure à forte portée symbolique, il a annoncé la restitution « temporaire » ou « définitive » dans les cinq ans d’œuvres d’art africaines, soulignant qu’il ne pouvait « accepter » qu’elles demeurent en France ou ailleurs en Europe.

Le long discours à l’université Joseph Ki-Zerbo : un image rajeunie de la France. Rien d’étonnant à ce qu’Emmanuel Macron ait insisté pour s’adresser à la jeunesse africaine dans l’enceinte même de l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou dans un discours présenté comme « fondateur » de sa politique africaine devant un millier d’étudiants triés sur le volet8. Discours interminable (deux heures trente avec étudiants assoupis), décomplexé par rapport à la décolonisation (critiquée mais assumée), appel à la responsabilisation (natalité, démocratie, immigration, sécurité…), impair avec son homologue (il encourage les élèves à se plaindre au président burkinabe du fonctionnement défectueux de la climatisation et frôle l’incident diplomatique)… La prestation est particulièrement réussie9. Elle s’organise autour des quelques axes suivants en guise des défis à relever par l’Afrique : lutte contre les routes de la nécessité (migrations) ; contre le terrorisme ; les conflits internes ; l’obscurantisme ; les changements climatiques ; contrôle de la démographie. Au titre des remèdes qu’il soumet à l’Afrique, figurent la culture, le sport et la langue française. Il en restera au moins une phrase : « je ne vous parlerai pas de la politique africaine de la France parce qu’il n’y a pas de politique africaine de la France »10. Emmanuel Macron se situe plus dans une logique de partenariat avec un continent que dans une logique de domination qu’il résume par la formule : « ni ingérence, ni indifférence ». Avec lui, la forme fait le fonds et l’on évolue entre idéal et réel.

L’UNION EUROPÉENNE À ABIDJAN : AU SECOURS DE L’AFRIQUE

A Abidjan, dès le lendemain, une intervention est prévue au sommet Union européenne (UE)-Afrique autour d’un partenariat « revisité ». Pour ce cinquième sommet (le premier s’est tenu au Caire en 2000) réunissant 83 chefs d’État et de gouvernement sont réunis pour traiter de plusieurs sujets : question migratoire ; sécurité, processus de paix ; gouvernance et jeunesse11. Mais, c’est surtout la question migratoire qui va principalement occuper les débats après les révélations de CNN qui étaient, faut bien le reconnaître, un secret de polichinelle tant la situation en Libye est chaotique. Il est évident que l’on ne peut traiter sérieusement de ce genre de sujets dans des formats aussi larges. L’important est la photo de famille qui sera prise à l’issue de la réunion. Elle fera un bon souvenir pour les participants lorsqu’ils écriront leurs Mémoires.

Mais, omniprésent, Emmanuel Macron annonce la décision de mener des « opérations d’évacuation d’urgence » des migrants victimes des trafiquants d’êtres humains ainsi que la création d’une « task force » avec partage « d’intelligence » (en français dans le texte, il aurait pu parler de partage de renseignement) pour lutter contre les passeurs avec l’aide de la Libye (de quoi parle-t-il avec des « évacuations d’urgence » ?12), à l’issue d’une réunion d’urgence en marge du sommet Union européenne-Union africaine à Abidjan13. Il fait un pas en avant et un pas en arrière14. Soulignons en passant que la problématique du traitement des personnes déplacées sur le territoire africain (de l’Afrique de l’ouest et de l’est vers la Libye) est avant tout un problème africain qui devrait en priorité être traité par les Africains dans le cadre de l’Union africaine. L’Union européenne devrait limiter son rôle à mieux calibrer son aide au développement pour fixer les populations sur leur territoire d’origine15. Elle n’a pas à prendre parti sur ces questions qui relèvent de la souveraineté des pays africains, souvent prompts à dénoncer le néo-colonialisme occidental. Elle ferait mieux d’adopter une approche globale et intégrée de la question de ses relations avec l’Afrique. Elle ferait mieux de se concentrer sur l’adoption d’une politique migratoire commune16. Ce qui constituerait déjà un excellent début ! Mais, l’Europe préfère l’approche procédurale à l’approche fonctionnelle, plus exigeante mais plus efficace sur le long terme.

LA CONCLUSION DE LA VISITE À ACCRA : UN PIED DE NEZ AUX ANGLOPHONES

Puis le Ghana le 30 novembre 2010, avant un retour en France. Outre célébrer le soixantième anniversaire de l’Alliance francophone, cette escale vise à sortir du pré-carré francophone et à saluer l’enracinement démocratique de ce pays17. Économie encore, pays incontournable en Afrique de l’Ouest, mais peu « familier » pour les Français. Emmanuel Macron l’a bien compris, pour reconquérir des parts de marché sur le continent africain, il faut avoir une approche continentale (toutes les études le disent, comme la dernière menée par l’AFD) et ne plus forcément dissocier anglophones et francophones, il faudrait même trouver des passerelles pour mieux profiter de ces immenses opportunités. Le président français est d’autant plus à l’aise au Ghana pour parler affaires que c’est un pays qui a démontré son ancrage démocratique en organisant la dixième élection présidentielle de son histoire ! Il parle de start-up et de sports.

Cette première tournée africaine de Jupiter, cette première épreuve du terrain18, peut sans conteste être qualifiée de succès surtout en termes de communication19. Il a parfaitement réussi à effacer de la mémoire de bien des Africains l’échappée du discours de « l’homme africain pas assez entré dans l’Histoire », de Nicolas Sarkozy en 2007. Le président de la République est un excellent acteur qui sait parfaitement se mettre en scène, excellant dans l’improvisation. Au fil des mois, Emmanuel Macron apparaît de plus en plus comme une sorte de « père spirituel de la diplomatie mondiale ». Il n’a pas les prudences verbales reprochées au pape lors de son voyage en Birmanie. Le 2 décembre 2017, le chef de l’État déjeunera avec Barack Obama à Paris20. Dès le 7 décembre 2017, la diplomatie économique retrouvera ses droits. Jupiter arrivera au Qatar (qui vient d’acheter 12 Rafale pour plus de 6 milliards d’euros), État accusé de financer le terrorisme par l’Arabie saoudite. Délicate visite dans le climat de tension actuel entre Riyad21 et Doha au moment où la France se qualifie de médiateur dans le différend entre Chiites et Sunnites et organisera en avril 2018 à Paris une conférence sur le financement du terrorisme !22 Vaste programme… Pour ce qui est du continent africain, Jupiter annonce implicitement la fin de la Françafrique ou de la politique africaine de la France. Reste désormais à passer des bonnes et fortes paroles aux actes ! Mais, cela, c’est une autre histoire.

1 Glyphosate : un scandale européen, Le Monde, 28 novembre 2017, pp. 1-6-7.
2 En Birmanie et au Bangladesh, le pape François veut promouvoir le dialogue, La Croix, 27 novembre 2017, p. 4.
3 Philippe Mesmer/Gilles Paris, La Corée du nord défie de nouveau Washington, Le Monde, 30 novembre 2017, p. 5.
4 Ava Djamshidi, La tournée initiatique de Macron, Le Parisien, 27 novembre 2017, p. 4.
5 Rachdia El Azzouzi, Achille Mbembe : « L’influence française est partout en recul », www.mediapart.fr , 28 novembre 2017.
6 Notons que la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF qui a son siège à Paris), la canadienne Michaëlle Jean est régulièrement soupçonnée d’effectuer des dépenses somptuaires.
7 Antoine d’Abbundo, Au Burkina, Ouahigouya sous la menace islamiste, La Croix, 30 novembre 2017, pp. 28-29.
8 Discours du président de la République, Emmanuel Macron à l’université Ouga I, professseur Joseph Ki-Zerbo, Ouagadougou, www.elysee.fr , 28 novembre 2017.
9 Laurent Larcher, Emmanuel Macron en Afrique, un style et des propositions, La Croix, 1er décembre 2017, p. 11.
10 François Bonnet, À Ouagadougou, Macron veut une rupture, mais les difficultés sont toujours là, www.mediapart.fr , 28 novembre 2017.
11 Amélie Poinsot, Sommet Afrique-UE : il manque « une cohérence d’ensemble », www.mediapart.fr , 28 novembre 2017.
12 Jean-Baptiste François/Marie Verdier, « Vers des « évacuations d’urgence en Libye », La Croix, 1er décembre 2017, p. 11.
13 Cyril Bensimon/Jean-Pierre Stroobants, L’UE et l’UA veulent agir sur l’esclavage en Libye, Le Monde, 1er décembre 2017, p. 3.
14 Carine Fouteau, Migrants : Macron prône une action militaire en Libye, puis recule, www.mediapart.fr , 1er décembre 2017.
15 Martine Baumard, Dans un Tchad ruiné, le mirage européen, Le Monde, 29 novembre 2017, p. 2.
16 Jean-Pierre Stroobants, Entre l’Europe et l’Afrique, la sécurité conditionne le développement, Le Monde, 29 novembre 2017, p. 2.
17 Diplomatie. Afrique. Tournée d’Emmanuel Macron : La Lettre du Continent, n° 765, 22 novembre 2017, p. 2.
18 Viviane Forson, Tournée africaine d’Emmanuel Macron : l’épreuve du terrain, www.LePoint.fr , 27 novembre 2017.
19 Éditorial, Macron et l’Afrique : les promesses d’un discours, Le Monde, 30 novembre 2017, p. 27.
20 Richard casse la Barack, Le Canard enchaîné, 29 novembre 2017, p. 1.
21 Ludovic Lamant, Les eurodéputés pour un embargo des ventes d’armes à l’Arabie saoudite, www.mediapart.fr , 1er décembre 2017.
22 Claude Angeli, Macron bien vu au Qatar et mal vu au Burkina, Le Canard enchaîné, 29 novembre 2017, p. 3

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 04-12-2017

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24 réponses à Jupiter et la fin de la politique africaine de la France ? Par Guillaume Berlat

Commentaires recommandés

Julie Péréa Le 22 décembre 2017 à 09h57

Qualifiée de “succès” cette tournée de Macron relève du foutage de gueule.
Le débat brulant aujourd’hui en Afrique francophone est celui du Franc CFA. Sujet abordé par Macron uniquement suite à une question d’étudiant. Sa réponse : “c’est un non-sujet pour la France”.
C’est d’autant plus scandaleux que dans la foulée Kako Nubukpo a été virée de son poste à l’Organisation internationale de la Francophonie qualifiant les propos de Macron de “déshonorants pour les dirigeants africains”.
Je soutiens sa réintégration => http://jacquescheminade.fr/Franc-CFA-appel-a-la-reintegration-de-M-Kako-Nubukpo

Tant que la France (et l’UE) contrôlera la monnaie de pays indépendants politiquement, Macron ne sera pas sorti de la Françafrique.
http://jacquescheminade.fr/Apres-le-voyage-de-Macron-Jacques-Cheminade-rappelle-qu-il-faut?var_mode=calcul

  1. Ge Dupin Le 22 décembre 2017 à 06h17
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    Il a bien changé son fusil d’épaule en s’affichant avec bongo et casson au oneplanetsummit. Retournement de veste pour le moins bizarre ..


  2. lecrabe Le 22 décembre 2017 à 08h37
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    “Pour ce qui est du continent africain, Jupiter annonce implicitement la fin de la Françafrique ou de la politique africaine de la France.”
    La fin de la Françafrique… dans le cadre du Franc CFA dont ni Jupiter ni l’auteur n’auront ici ou là-bas prononcer même le nom.


    • Jamal Le 22 décembre 2017 à 10h06
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      je m’attendais vraiment à ce qu’il encourage les jeunes dans leur lutte pour l’indépendance monétaire.
      Il m’a déçu sur ce plan car en Afrique on est “pauvre” financièrement et tout l’argent disparait pour soit disant stabiliser (momifier) l’économie. Alors qu’il faut plutot que ça avance !
      l’Afrique est une opportunité pour la France car on parle tous français, ça aide! Avec des taux de croissance de 6-8%, il y a de vrai opportunités d’affaires!


  3. Albert Charles Le 22 décembre 2017 à 08h38
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    Décomplexé par rapport à la décolonisation. La formule de Berlat n’est pas claire. Veut-il parler de la Colonisation ? La décolonisation, certes, ne fut pas brillante, et de tous les côtés: les Africains le savent.Ce qui est clair, par contre, c’est que les mots colonisation-décolonisation servent souvent aux élites africaines, anciennement colonisées, pour justifier leurs politiques économiques et sociales actuelles désastreuses (ce que ne font pas, d’ailleurs, les élites des anciennes colonies asiatiques…). C’est une évidence pour ceux qui (comme moi) sont nés et ont grandi en Afrique. Ceux qui pensent que la solution aux maux de l’Afrique, c’est que la France actuelle (et ses moyens) disparaisse du Continent africain, ceux-là trompent les Africains (comme ces réactionnaires racistes français qui scandaient: la Corrèze plutôt que le Zambèze !). Les Anglo-saxons et les Chinois, eux, n’ont pas tous ces scrupules pour s’implanter en Afrique.
    .


    • lecrabe Le 22 décembre 2017 à 08h56
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      “s’implanter” c’est plus joli qu’exploiter, parfois on peut aussi utiliser “investir”, c’est pas mal non plus.
      Ce qui est évident pour d’autres, c’est que les élites d’ici ou d’ailleurs s’entendent comme larrons en foire quand il s’agit de s’asseoir sur les droits humains pour maximiser les profits.


  4. christian gedeon Le 22 décembre 2017 à 09h38
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    Quoi? Qu’est ce qu’il y a ? On n’ a pas le droit de dire que l’exploitation éhontée du mot colonisation sous toutes ses variantes est contre productive? C’est pas PC ? Il faudra un jour arrêter d’en parler ou alors mettre toutes les colonisations sur le même plan,n’est ce pas? Y compris la colonisation arabo musulmane par le fer et le feu.C’est fou comment on sélectionne? L’empire ottoman,c’était quoi,à part une colonisation sanglante,y compris au coeur de l’Europe? savez vous seulement que le dernier siège de Vienne par les ottomans a eu lieu au XVIII ème siécle,et qu’au XIX ème on massacrait encore gaiment les grecs? Alors,si on veut parler de colonisation,on parle de toutes les colonisations!


  5. Bordron Georges Le 22 décembre 2017 à 09h42
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    La politique d’abandon des gouvernements français successifs est la politique extérieure la plus facile à justifier. Elle a d’abord été imposée de l’extérieur quand la France représentait encore une puissance réelle.
    Elle est maintenant, une politique choisie par les derniers présidents qui constatent la déconfiture économique du pays et son appauvrissement qui l’empêchent d’avoir la moindre ambition; ne serait-ce que de maintenir des relations privilégiées non seulement avec les pays africains mais aussi n’importe quel autre pays d’Asie, d’Europe ou d’ailleurs.
    Ce n’est évidemment pas sa soumission à l’Empire (sous prétexte de transfert à l’UE), qui va arrêter ce processus.


    • Julie Péréa Le 22 décembre 2017 à 10h45
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      Ne serait-ce pas à chacun de nous de changer d’abord pour que la politique de Françafrique cesse ?
      Nous n’avons pas cette culture de demander des comptes à nos députés et sénateurs. Faut aller les voir et leur dire que nous ne sommes pas d’accord.
      Cessons de nous contenter de mettre un bulletin dans l’urne.
      Les élus sont contents quand on va les voir avec des sujets de fonds. Cà leur rappelle pourquoi ils sont élus réellement.


  6. Julie Péréa Le 22 décembre 2017 à 09h57
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    Qualifiée de “succès” cette tournée de Macron relève du foutage de gueule.
    Le débat brulant aujourd’hui en Afrique francophone est celui du Franc CFA. Sujet abordé par Macron uniquement suite à une question d’étudiant. Sa réponse : “c’est un non-sujet pour la France”.
    C’est d’autant plus scandaleux que dans la foulée Kako Nubukpo a été virée de son poste à l’Organisation internationale de la Francophonie qualifiant les propos de Macron de “déshonorants pour les dirigeants africains”.
    Je soutiens sa réintégration => http://jacquescheminade.fr/Franc-CFA-appel-a-la-reintegration-de-M-Kako-Nubukpo

    Tant que la France (et l’UE) contrôlera la monnaie de pays indépendants politiquement, Macron ne sera pas sorti de la Françafrique.
    http://jacquescheminade.fr/Apres-le-voyage-de-Macron-Jacques-Cheminade-rappelle-qu-il-faut?var_mode=calcul


    • Jamal Le 22 décembre 2017 à 10h10
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      Le cas de Kako Nubukpo , viré pour avoir osé critiquer relève d’une autre époque. C’est l’époque de la France -Afrique qui revient… Alors que Macron disait que c’était fini…


    • Julie Péréa Le 22 décembre 2017 à 10h34
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      Voler au secours de l’Afrique
      *C’est remonter aux causes premières du terrorisme. La France doit revoir sa politique étrangère. L’Arabie saoudite avoue avoir financé le terrorisme
      http://www.algerie-focus.com/2017/10/conflit-syrien-grand-deballage-de-lex-premier-ministre-qatari/

      *Financer de grands projets d’infrastructures capables de créer des emplois sur le long terme. Une centrale solaire aussi hight-tech soit-elle ne produit jamais l’énergie nécessaire à l’industrialisation de l’Afrique. L’UE l’a refusé, la Chine le fait : revitalisation du Lac Tchad.

      Tout l’intérêt du discours du président du Ghana réside dans la nécessité du respect de la souveraineté. La Chine respecte la souveraineté des états contrairement aux propos tenus par Macron sur le FCFA.

      http://www.institutschiller.org/La-revitalisation-du-lac-Tchad-bientot-realite.html?var_mode=calcul


    • Daniel MENUET Le 22 décembre 2017 à 11h25
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      tout à fait d’accord,
      et j’irai même un peu plus loin :
      le discours du président du Ghana (https://blogs.mediapart.fr/edition/memoires-du-colonialisme/article/051217/la-reponse-magistrale-du-president-ghaneen-emmanuel-macron)
      est exemplaire de la soumission des pays africains au franc cfa et de la “liberté de parole” du Ghana qui n’en est pas l’esclave.
      Il se pose la GROSSE QUESTION : pourquoi depuis 60 ans, l’Afrique ne s’est pas développé ?
      La Chine avec les Nouvelles Routes de la Soie semble en train de répondre à cela en proposant du développement des infrastructures (voir l’Ethiopie http://www.epochtimes.fr/relations-chineethiopie-partenariat-de-plus-plus-etroit-59722.html)


    • christian gedeon Le 22 décembre 2017 à 18h24
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      Hola,moussaillons! On se calme un peu sur cette histoire de Franc CFA. Et on arrête peut-être un peu les idées reçues. Quand il y a eu les indépendances,çà a été la volonté des chefs d’état africains qu’i en soit ainsi. Pour des raisons qui paraissent évidentes,non? la gestion (sic!) du franc cfa est un poids pour la France et pas un atout. Cette même gestion a assuré une stabilité relative à des pays dont la jeune histoire moderne a été,comment dire,mouvementée. Et rien,absolument rien ne fait obstacle à ce que les chefs d’états concernés trouvent un accord entre eux pour en sortir. le problème étant “de trouver un accord”,ce qui ne concerne pas la France. Une fois de plus,je constate que certains “anticolonialistes ” ont en fait des réflexes coloniaux ou neo qui perdurent,en demandant à la France de régler les questions africaines,qui n’appartiennent qu’aux Africains. Aux mêmes je conseille de réserver leur énergie à l’obtention de meilleurs prix pour la banane,le cacao ou les matières premières (comme le bois,tiens je me demande à qui je pense là dis donc!).Et que dire des roses d’Ethiopie,quand les ethiopiens crèvent régulièrement de faim…ces roses que nous achetons par brassées entières!(sans trop nous poser de questions,n’est ce pas?)


      • tepavac Le 22 décembre 2017 à 22h25
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        “Quand il y a eu les indépendances,çà a été la volonté des chefs d’état africains ”

        En êtes-vous certains Gedeon ?

        Il y a quelques années de cela, j’ai regardé des reportages filmés de l’époque “décoloniale”
        qui montraient des foules et des parlementaires Africains opposés à l’abandon de la France.

        Peut-être serait-il bon d’avoir plus d’information sur le sujet!


        • Christian Gedeon Le 23 décembre 2017 à 14h24
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          Vous allez là où je n’ai pas voulu aller. Parce qu’en effet,la bonne question à se poser est celle que vous posez.mais ou lala,la on risque de se faire écharper. Mais c’est un sujet inabordable aujourd’hui.


      • Julie Péréa Le 23 décembre 2017 à 08h36
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        “Le Franc CFA … un poids pour la France et pas un atout” ?
        Sur quoi vous fondez-vous pour affirmer pareil chose ?

        Quant à l’Ethiopie, je vous invite à découvrir dans cette vidéo l’histoire récente de l’Ethiopie qui semble vous échapper …
        http://www.institutschiller.org/L-industrialisation-de-l-Afrique-en-marche-Ethiopie-Kenya-Tchad.html?var_mode=calcul


        • Christian Gedeon Le 23 décembre 2017 à 20h10
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          Institutschiller donc…vous avez de ces références.a allez donc voir qui ils sont. Des néoconservateurs déguisés en doux bergers


          • Julie Péréa Le 24 décembre 2017 à 09h53
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            Vous ne répondez pas à la première question sur le FCFA ?

            Vous allez sans doute me dire que je déraisonne voire que je suis complotiste mais les néoconservateurs ne sont-ils pas ceux qui défendent une vision géopolitique à prédominance d’une oligarchie financière via Wall Street et la City ? Ne sont-ils pas ceux qui poussent à la guerre contre la Russie et la Chine ?
            Justement cette Russie et cette Chine qui oeuvrent aujourd’hui à une coopération entre pays souverains pour un développement mutuel en assurant une paix durable. Même des pays d’Europe de l’Est et Centrale se tournent, comme 70 autres pays (soit la moitié de la population mondiale), vers les Nouvelles Routes de la soie dont l’Institut Schiller défend l’idée depuis 20 ans !
            C’est drôle, mais pour avoir assisté à plusieurs conférence de l’Institut Schiller, j’ai eu davantage l’impression de personnes portées par un fort enthousiasme pour de grands projets communs à l’humanité que de personnes défendant leur pré-carré.


  7. Je dis ça, je dis rien Le 22 décembre 2017 à 10h23
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    Tout changer pour que rien ne change.

    Et venir faire la leçon à l’Afrique, en quoi est-ce une politique différente? Traiter un président africain comme un larbin, en quoi est-ce une attitude différente? Que l’Afrique continue à produire pour la France et à utiliser le Franc CFA, en quoi est-ce une domination économique différente? N’est pas M. Bolloré? N’est-ce pas Areva?


  8. moshedayan Le 22 décembre 2017 à 11h04
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    Guillaume Berlat prend ses désirs pour des réalités !
    Décidément en France on a du mal à se faire à cette idée: la France n’est plus qu’une puissance de second rang (régionale) et ses velléités de retrouver son rang sont coûteuses.
    Sans un profond renouvellement industriel, rien ne sera possible dans l’ambition française.
    Du reste, l’ambition française est ressentie par d’autres pays peu cités comme l’Inde, le Brésil, l’Argentine, l’Indonésie… comme dangereuse au regard de sa gestion de la question syrienne.


  9. hédouin Le 22 décembre 2017 à 12h25
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    La France est toujours puissante par son histoire ,sa culture ,son peuple ,sa gastronomie,et son génie industriel.De toute façon en attendant la Chine ,il n’y a plus d’Hyperpuissance.L’enlisement dans la Syrie date d’Obama qui a dit Niet à Hollande,et je dis niet ,parce que c’était dans le cadre de sa détente US/Russie.


    • moshedayan Le 23 décembre 2017 à 21h32
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      Bel exemple de “l’arrogance” de certains Français, merci d’en apporter une preuve.
      Chaque pays a des qualités et des défauts – c’est être modeste et opiniâtre au travail qui fait la grandeur de chaque peuple (pas les coups de gueule…) Quant au génie industriel : oui ! mais pas que le prestige ! Quand on comparait un moteur de skoda 120 L à celui d’une clio : pas photo Skoda l’emportait nettement dans les années 80 (sauf que peu de Français le savaient) et idem dès les années 30 entre les chars Skoda et les chars Renault ( Donc tout doux, avec le génie industriel français – savoir faire simple, efficace, performant et sans prétention – c’est aussi du génie mais ça s’entend moins… qu’un cocorico !)


      • fanfan Le 24 décembre 2017 à 19h56
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        “Eugène Schneider, chef de Skoda et maître de la Tchécoslovaquie depuis sa fondation sous l’égide de la France victorieuse, puis guide de son abandon consacré par les accords de Munich du 29 septembre 1938…


  10. Paul Le 23 décembre 2017 à 18h11
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    Une question stupide.
    Serait-il,enfin possible de savoir exactement ce à quoi sert ces jours -ci le grand magnifique
    bousier acronymé ; F M I.
    Ce pourrait-il que ce machin soit tout simplement un discret service entremetteur pour de ludiques pervers siégeant aux conseils décisionnels du système bancaire … à la recherche de coups faciles… ?

    À la vue du montant de la contribution Française ( ‘’ officiellement ‘’ hors taxe évasion ) à cette
    usine à enfumer le péquin , certains mauvais esprits pensent… , les bougres , que cette possibilité soit sujette à sérieuses analyses . Bon c’est connu, le pèze même bien planqué, ne dort pas .
    Analyses , bien sûr sans prendre en considération , un junkie d’un luxe en bourg ,ou une dinde
    tapisseuse (ne pas interchanger 2 s par 1 n ) qui en cette fin d’année sera farcie aux states.
    Tous commentateurs recevront en cadeau une boite de délice Breezite .

    ‘’ Breezite ‘’ le seul suppo du beau mac à l’haleine toujours fraîche.

    Bonnes fêtes de fin d’année.


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