Source : La Presse.ca, 18-11-2016

De gauche à droite: Mike Pompeo, Michael Flynn et Jeff Sessions. PHOTO AFP

De gauche à droite: Mike Pompeo, Michael Flynn et Jeff Sessions.
PHOTO AFP

Le président désigné Donald Trump a nommé vendredi trois tenants d’une ligne dure, en choisissant Jeff Sessions, sénateur ultraconservateur pour la Justice, le général à la retraite Michael Flynn comme conseiller à la sécurité nationale et Mike Pompeo comme directeur de la CIA.

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M. Sessions, 69 ans, est très remonté contre l’immigration illégale, l’un des principaux thèmes de campagne de M. Trump qui a promis d’expulser les 11 millions de clandestins qui se trouveraient aux États-Unis.

La personnalité de ce sénateur de l’Alabama reste très controversée pour des propos racistes tenus il y a plusieurs décennies.

Il apportera à Donald Trump – qui n’a jamais eu de mandat électif – sa fine connaissance des mécanismes du pouvoir à Washington.

À 69 ans, ce natif du sud des États-Unis représente l’Alabama au Sénat depuis 1997 et s’y est illustré durant les présidences du républicain George W. Bush et démocrate Barack Obama en s’opposant à plusieurs projets de régularisation de sans-papiers.

Il s’est aussi montré favorable à des réductions des dépenses et à une approche ferme pour lutter contre la criminalité.

Mais des propos ouvertement racistes tenus dans les années 1980 le poursuivent encore aujourd’hui : en 1986 notamment, alors procureur fédéral dans l’Alabama, il avait reproché à un avocat blanc de faire « honte à sa race » pour avoir défendu un client noir.

Sa candidature à un poste de juge fédéral avait, fait rare, été rejetée après une audition au Sénat à cause de ce genre de déclarations.

Sa nomination doit être approuvée par le Sénat.

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Michael Flynn

L’homme choisi par Donald Trump pour diriger son conseil de sécurité nationale (NSC) est un ancien militaire à la brillante carrière, connu pour être un pourfendeur de l’extrémisme islamique.

Âgé de 57 ans, Michael Flynn, ancien directeur du renseignement militaire américain, était l’une des rares figures de l’establishment de la défense américaine à avoir soutenu Donald Trump pendant sa campagne électorale.

Michael Flynn a défendu une ligne très agressive face à l’extrémisme islamique, accusant l’administration Obama de se montrer trop peu énergique face à cette menace. Il croit également que l’entente sur le nucléaire iranien doit être renégociée.

M. Trump a adopté des positions similaires pendant sa campagne.

Il a en revanche défendu le rapprochement avec Moscou et Pékin, s’affichant lors d’un dîner à Moscou avec Vladimir Poutine en décembre 2015.

« Nous avons un problème avec l’islamisme radical et je pense que nous pouvons travailler ensemble » avec les Russes « contre cet ennemi », avait-il expliqué au Washington Post cet été.

Fils d’un banquier du Rhode Island, Michael Flynn a eu une carrière militaire très tournée vers le renseignement, qui l’a conduit à servir en Irak et en Afghanistan.

En 2012, le président Obama le nomme patron du renseignement militaire américain (DIA, Defense intelligence agency), qui compte environ 16 500 personnes.

Mais il est contraint de quitter ses fonctions moins de deux ans plus tard, sur fond de remous internes et de conflits avec l’administration américaine.

Sa nomination n’a pas besoin d’être approuvée par le Sénat.

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Mike Pompeo

Ce parlementaire républicain de 52 ans, est un « faucon », farouche adversaire du régime iranien et de l’accord international sur le nucléaire signé par les grandes puissances pour empêcher Téhéran de se doter de la bombe.

Il est membre de la commission du renseignement de la Chambre des représentants et il a aussi été l’un des membres en vue de la controversée commission d’enquête sur l’attaque du consulat américain à Benghazi en Libye en 2012.

Après deux ans d’enquête, cette commission avait finalement accusé Hillary Clinton, la secrétaire d’État de l’époque, d’avoir minimisé la menace djihadiste en Libye.

Sorti major de sa promotion en 1986 de West Point, la prestigieuse école de formation des officiers américains de l’armée de terre, Mike Pompeo a quitté l’armée en 1991 pour étudier le droit à Harvard, puis se lancer dans les affaires en fondant Thayer Aerospace, une entreprise aéronautique qu’il a ensuite revendue.

En 2010, il conquiert un siège de représentant pour le Kansas, soutenu par les frères Koch, les influents milliardaires conservateurs.

Sa nomination doit être approuvée par le Sénat.

M. Trump rencontrera en fin de semaine l’ancien candidat présidentiel Mitt Romney, qui serait en lice pour le poste de secrétaire d’État.

Source : La Presse.ca, 18-11-2016, d’après AFP

A lire aussi l’article de LCI : Élections américaines – Tump a trouvé le patron de la CIA, son ministre de la justice et son conseiller à la sécurité nationale

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12 réponses à Justice et sécurité nationale: Trump nomme trois « durs »

Commentaires recommandés

Fritz Le 23 novembre 2016 à 01h44

“durs”, pourfendeur, conservateur, ultraconservateur, raciste, controversé…
Fais-moi peur…
Les drones d’Obama, c’était tellement plus cool, et le bataillon Azov, j’te dis pas !
Et puis, ce général qui ne veut pas faire la guerre aux Russes et aux Chinois, quelle horreur !

Je suppose que la bonne nouvelle eût été ainsi rédigée :
Justice et sécurité nationale : Trump nomme trois “mous”.
Les journalistes devraient varier leur expression, et ne pas abuser des guillemets.

  1. Fritz Le 23 novembre 2016 à 01h44
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    “durs”, pourfendeur, conservateur, ultraconservateur, raciste, controversé…
    Fais-moi peur…
    Les drones d’Obama, c’était tellement plus cool, et le bataillon Azov, j’te dis pas !
    Et puis, ce général qui ne veut pas faire la guerre aux Russes et aux Chinois, quelle horreur !

    Je suppose que la bonne nouvelle eût été ainsi rédigée :
    Justice et sécurité nationale : Trump nomme trois “mous”.
    Les journalistes devraient varier leur expression, et ne pas abuser des guillemets.


    • marc Le 23 novembre 2016 à 21h38
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      le problème de pompeo c’est de dire que l’iran est l’état qui sponsorise le plus le terrorisme… c’est faux et ça ne fais que conforter les désirs d’israel pour faire la guerre à l’iran, netanyahu avait dit que l’iran est 1000 fois pire que l’état islamique..

      il a aussi dit que snowden méritait la peine de mort…


  2. Boulouis Le 23 novembre 2016 à 01h45
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    Ce sont les médias qui rendent les campagnes électorales violentes à force de poser aux candidats des questions tout aussi violentes à croire qu’ils n’aiment que la castagne


  3. Mr K. Le 23 novembre 2016 à 05h22
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    Mike Pompeo et Jeff Sessions sont deux poulains des milliardaires ultra conservateurs “Koch brothers”.

    Ce qu’il est intéressant de noter c’est que la politique étrangère de Trump ressemble beaucoup à celle des “Koch brothers” :

    http://www.newsmax.com/Headline/koch-brothers-foreign-policy-insanity/2015/11/03/id/700305/

    Charles Koch : “Pour moi la politique étrangère [actuelle] est une forme de folie, et je pense cela dans le sens où la folie c’est faire la même chose encore et encore et s’attendre à un résultat différent”.

    L’institut Charles Koch a organisé une conférence avec 14 experts de politique étrangère le 18 Mai 2016.

    Il y avait comme intervenants notamment :

    Stephen M. Walt, de la” Harvard Kennedy School of Government” critique féroce du fonctionnement en circuit fermé de l’establishment de la politique étrangère aux USA devenue immuable.

    John J. Mearsheimer de l’université de Chicago, un des rares géopoliticiens “réalistes” aux USA. Pour lui, par exemple, la crise ukrainienne a été provoquée par les États-Unis, la réponse de la Russie étant tout à fait rationnelle et normale :

    https://www.youtube.com/watch?v=JrMiSQAGOS4

    Une politique étrangère en opposition frontale avec les néo-conservateurs va peut-être être mise en œuvre. Pour le reste, le peuple américain va sans doute continuer à déguster.


  4. L'aieuil Le 23 novembre 2016 à 07h37
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    Le Général (3S) Flynn est surtout connu pour avoir été mis à la retraite pour avoir osé dire que vouloir renversé Assad était une stupidité monumentale vu que “l’opposition” sont tous des jihadistes et pour avoir ouvertement accusé la Turquie de regarder de l’autre coté qu’en il s’agissait de combattre l’État Islamique.

    C’est sur que quand le chef du renseignement militaire qui dit la vérité dans l’administration Obama/Clinton ça ne se fait pas.


    • JMD Le 23 novembre 2016 à 17h17
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      Le général Flynn, ancien directeur du Renseignement militaire du Pentagone (DIA), lors d’une interview à Al-Jazeera en 2015, a déclaré qu’en 2012 l’administration Obama avait délibérément choisi de soutenir clandestinement des réseaux jihadistes en Syrie, alors que son agence alertait la Maison Blanche de la possible émergence d’un «État Islamique» entre l’Irak et la Syrie.
      https://www.youtube.com/watch?v=LOTiuszCl0c


      • Fritz Le 23 novembre 2016 à 17h26
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        Voilà ce que l’AFP, relayée par la Presse.ca, appelle “une ligne très agressive face à l’extrémisme islamique”. Disons que l’administration Obama suivait “une ligne très compréhensive” face au même phénomène.


  5. bluetonga Le 23 novembre 2016 à 08h14
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    De toute façon, il ne faut pas se leurrer. Nos médias n’ont changé ni de patron ni d’orientation depuis l’élection. Il vont continuer à distiller leur venin jusqu’à ce que le vent tourne, que Donald monte et tienne en selle et qu’on leur fasse comprendre en haut lieu qu’il faut être gentil avec le président Trump. Là, magiquement, tout va rentrer dans l’ordre et la maison blanche redeviendra fréquentable. Et les trois personnes désignées seront alors appréciées pour leur “fermeté”.

    Il n’y a rien à attendre des médias. Ils ont enchaînés et reçoivent leur canigou à heures fixes, aboient quand ils doivent aboyer et remuent la queue le reste du temps.

    Enfin, c’est la vocation des crises de le rappeler…


    • Lievin Le 23 novembre 2016 à 08h29
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      Oui, comme le dit le commentaire ci-dessus, les médias qui devraient représenter “la liberté d’expression” et s’élever au dessus des clivages et idéologies… se retournent contre cette même “prétendue” liberté” en crachant leur venin, ordures vomis de la gueule de la même bête…Le suffrage universel est de plus en plus contesté par les mêmes qui réclament justice liberté égalité etc. Paradoxe entretenu par cette bête médiatique. Il y a longtemps que je n’achète plus un seul de ces journaux ni lecture de leurs sites…se sont des camisoles de force…Oui, ces actions, mesures, semblent aller dans le bon sens pour le peuple (s) logiques, évident, ce sont les situations précédentes qui sont en fait paradoxales, curieuses, contraires aux intérêts des peuples, mais le formatage médiatique est bien passé par là, idem en France ! au fait suis-je hors sujet ? tant pis…tout est lié en fait.


  6. David D Le 23 novembre 2016 à 13h38
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    S’il est question de va-t’en-guerre autour de Trump, c’est de toute façon surtout le wahabisme qui a du souci à se faire. En tout cas, si j’essaie de lire la “dureté” annoncée dans ce qui est écrit, c’est ce que je comprends. Que ces gens aient tenu des propos sulfureux en disant long sur ce qu’ils pensent au fond d’eux-mêmes ne doit pas empêcher de se poser des questions sur ce qui va arriver concrètement. L’autre chose intéressante, c’est qu’il va y avoir un grand affrontement entre américains au pouvoir dans les quatre ans à venir, ce qui amènera son lot de révélations intéressantes j’ose croire. Après, au JT, je remarque en France que Fillon ne dit jamais clairement que Assad n’est pas l’assassin qu’on dit, ni que Poutine a raison sur les conflits. Il reste sur le prudent “par realpolitik, réglons le problème avec eux”. Même lors du dernier débat, il parle du soutien à Assad des alaouites, chrétiens, chiites et oh stupeur il oublie la part des sunnites eux-mêmes, car toute l’erreur des Etats-Unis vient de ce qu’ils ont cru que les sunnites majoritaires seraient tous prêts à renverser Assad. On voit que tout est sous contrôle, malgré les élections en France ou aux Etats-Unis. En France, on est priés de ne l’ouvrir qu’à moitié si on brigue la présidence.


  7. Zasttava Le 23 novembre 2016 à 14h43
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    Je me souviens d’une photo montrant Flynn à la table de Vladimir Poutine lors de la soirée des 10 ans de RT.
    Etonnant qu’un Le Monde ou LIbé n’ait pas encore exhumé cette image…


  8. Jack Le 23 novembre 2016 à 19h34
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    Flynn? Il n’y a pas si longtemps il n’avait pas de mots assez durs pour fustiger le régime des frères musulmans d’Ankara. Depuis, il a changé de discours. Curieusement, juste après avoir passé un juteux contrat avec une société néerlandaise affiliée au gang mafieux islamo-fasciste Erdogan…


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