Cet article croate a été salué par plusieurs médias. Cette traduction a été réalisée pour le blog www.les-crises.fr par Valérie Courteau – que je remercie.

Italie: la vieille Europe, la nouvelle Europe, changer l’Europe

Venise contre Lampedusa : en voyageant à travers l’Italie, Slavenka Drakulic observe un type d’Europe en train d’être remplacé par un autre. Au lieu d’essayer de préserver le passé culturel, nous devrions accepter que la migration adapte une grande partie de que nous considérons comme «européen» à sa propre image.

Pour ses habitants, Venise est probablement la plus belle vue de loin, comme dans l’un des vedute de Canaletto au XVIIIe siècle. En un après-midi d’automne, lorsque ses magnifiques palais se reflètent dans l’eau miroitante, Venise, dans toute sa beauté irréelle, ressemble vraiment à un décor de cinéma.

En effet, aujourd’hui, Venise n’est pas beaucoup plus qu’une mise en scène.

Quand ma voisine du premier étage du palais où j’avais loué un appartement enfin descendit, je tirais la lourde porte d’entrée. Une octogénaire, Signora Immacolata marchait avec une canne. Nous nous sommes dirigées vers le bas de Calle dei Fabbri pour qu’elle puisse me montrer le supermarché le plus proche. Nos progrès ont été lents, non seulement à cause d’elle, mais parce que, à neuf heures du matin la rue qui mène du pont de Rialto à la Place Saint-Marc était déjà remplie de touristes. Minuscule et voûtée, vêtue de noir, la Signora Immacolata parvint à peine à faire son chemin à travers la foule, faisant glisser son caddie derrière elle. Lorsque nous sommes arrivées au premier petit pont, elle s’arrêta. En s’agrippant à la rampe, elle a à peine réussi à se hisser sur celui-ci. Il existe deux ponts qui traversent le canal sur le chemin du supermarché et tous les deux sont en gradins. Même si le supermarché Co-op près du Campo Santa Maria Formosa est seulement à cinq ou six minutes de marche de sa maison, il faut à Signora Immacolata au moins vingt minutes pour y arriver. Et quand nous arrivons, nous trouvons une longue file à la caisse, parce que tous les touristes soucieux de leur budget semblent toujours s’y retrouver. Dans l’ensemble, il faut à la vieille dame au moins une heure pour faire ses courses. “Et c’est comme ça tous les jours …” soupire-t-elle. Ses jambes sont encore alertes mais elle ne peut pas porter ses paquets dans les escaliers. Heureusement, sa badante, son aide-soignante, la femme croate qui s’occupe d’elle, doit bientôt revenir.

Il y avait une boulangerie à proximité de son appartement de Corte Gragolina, et de petits magasins généraux, et un boucher et un épicier bio, et un kiosque à journaux, et un cordonnier – en bref, tout ce qu’il faut pour la vie quotidienne était à portée de main. Maintenant, ils ont tous été transformés en boutiques de souvenirs. Sa rue est une succession ininterrompue de petits magasins qui vendent de faux Murano en verre, des pizzerias faisant payer huit euros la part de pizza, des restaurants touristiques, des bars et des pâtisseries. Cette zone autour de la place Saint-Marc ne comporte que deux supermarchés, un plus petit que l’autre, et, je crois, un unique bureau de poste que j’ai eu du mal à trouver.

“Venise n’est pas une ville dans laquelle vous pouvez vivre normalement», dit mon voisin, un employé de banque qui vit dans l’immeuble en face du nôtre. “Vous ne pouvez pas vous rendre au travail ou à un rendez-vous à l’heure le matin parce qu’elle est tellement bondée que quelqu’un de mon âge ne peut tout simplement pas passer son chemin sur le vaporetto. La totalité de l’infrastructure est axée sur les touristes, des prix dans les magasins et les restaurants aux représentations théâtrales en anglais et aux concerts de musique dans les églises, où les musiciens portent des costumes de style baroque. Le foncier et les supermarchés sont absurdement chers, et il y a de moins en moins d’écoles, d’écoles maternelles, de cliniques, d’hôpitaux. ”

Mon voisin a raison, bien sûr. Ces dernières cinquante années Venise a perdu 65 pour cent de sa population et seuls 23 pour cent, principalement les gens les plus âgés, vivent dans le centre historique de la ville. Il y a seulement quelques décennies, 150.000 personnes vivaient dans la partie ancienne de la ville, mais aujourd’hui, ce nombre est à peine de 40.000, et il est en baisse constante: en partie parce que Venise est trop chère pour y vivre et les gens se déplacent vers les zones périphériques, à Mestre par exemple, et en partie parce qu’il n’y a pas de travail pour les jeunes et les gens cultivés. Venise a une excellente université, beaucoup de jeunes viennent ici pour étudier, mais ils ne restent pas. “Si vous ne voulez pas être serveur ou femme de chambre ou aider les personnes âgées, vous n’avez pas beaucoup de choix. Et même ces emplois sont occupés par des étrangers, par des immigrants», dit mon voisin avec résignation.

Pourtant, il n’est pas nécessaire de verser une larme pour les Vénitiens. Certains gagnent une somme rondelette de la location d’appartements, d’autres ont vendu leur propriété et sont maintenant à « grignoter » leur capital. Le fait demeure, cependant, que pour ceux qui vivent ici – et c’est une population vieillissante – la vie est de plus en plus dure. Il faut survivre à l’assaut des millions de touristes chaque année, cette masse de gens affluant à travers les rues de cette magnifique ville de canaux et de petites ruelles qui ont rarement plus de trois ou quatre mètres de large. Les Vénitiens ne savent que trop bien qu’ils ne vivent pas dans une ville, mais dans un musée. Et que Venise est de moins en moins une véritable cité à vivre, et de plus en plus un musée d’histoire de l’Europe, incarnant toute la gloire, les temps de richesse, de puissance, de beauté et de l’art passés depuis longtemps. C’est précisément pourquoi des millions de touristes viennent le voir. L’industrie du tourisme de masse a été la première à réaliser qu’il y avait de l’argent à se faire non seulement de la splendeur de Venise, mais aussi son importance comme musée en plein air.

Dans le même temps, la Venise d’aujourd’hui est une métaphore parfaite pour l’Europe de jadis, l’Europe dont les Européens sont fiers de la culture et des valeurs qu’ils souhaitent préserver.

Bari, dans l’extrême sud de l’Italie, offre une image très différente de Venise. Il fait encore chaud. C’est la fin de Septembre, mais les vacanciers sont partis. Un dimanche soir sur la Piazza del Ferrarese dans la partie ancienne de la ville, le touriste accidentel trouvera les habitants perchés sur un muret ou assis buvant de la bière dans de petits cafés ou bien se promenant autour de la place. Plusieurs milliers de personnes se sont réunies sur cette place comme si elles se connaissaient toutes, les enfants jouent à chat à neuf heures du soir, les adolescents eux-mêmes se rafraîchissent avec une glace et leurs parents bien habillés, et même les grands-parents, sont debout en train de parler haut et fort, gesticulant, comme dans un film des années 1960 de Vittorio De Sica, en noir et blanc.

C’est une ville animée. Si Venise est l’endroit où la vieille Europe est en train de mourir, Bari est l’endroit où la nouvelle Europe se dessine. C’est l’un des points d’entrée pour les immigrants vers l’Europe.

Il y a vingt ans, à l’été 1991, un cargo albanais appelé le Vlora entra dans le port de Bari transportant plus de vingt mille réfugiés. Les lecteurs plus âgés se souviendront probablement de l’exode albanais à travers la mer Adriatique, avant leur «révolution de velours”, si les Albanais en ont jamais eu une. Une image du cargo, immense, noir de monde a fait le tour du monde à l’époque. Parfois, une seule photo peut symboliser un moment donné ou un événement historique. Le fait est que qu’elle symbolisait ce moment ; tout comme la photographie de Jeff Widener, d’un homme seul face à une colonne de chars sur la place Tiananmen. Ou celle de Nick Ut, la fille nue du Vietnam et de ses frères brûlés par le napalm ; avec la photographie d’Eddie Adams montrant un chef de la police de Saigon abattant un Vietcong avec son pistolet, et avec la photo récente de prisonniers torturés à Abou Ghraib. Et donc la photographie de Luca Turi, la Vlora, est une photo célèbre. Son exposition, Flight of the Eagles, marquant le vingtième anniversaire de l’événement, venait d’ouvrir dans le hall du Petruzzelli Teatro. Comme les voiles de Vlora, les gens se pressent sur les ponts et les rampes, les grappes d’êtres humains suspendus à la haute cheminée, aux cordes, aux mâts. Dans l’image suivante, ils sont à la portée de la rive et sautent dans l’eau, nageant, comme s’ils avaient peur que la terre glisse de leurs mains. Et puis il y a l’image superbe, mais terrifiante, d’une grande masse de gens, photographiée de dessus, qui ont débarqué et se tiennent sur ​​le front de mer, debout sous le soleil brûlant. Cette scène de 20.000 personnes figées jusqu’ au moment où ils sont finalement arrivés sur ​​la terre ferme, semble réellement biblique.

Ces années ont vu une vague de quelques 100.000 Albanais entrer en Italie – aujourd’hui leur nombre s’élève à environ un demi-million. Étant donné que la Roumanie a adhéré à l’Union européenne, il y a également eu une vague d’arrivées de près d’un million de Roumains. Environ dix pour cent des Roumains seraient des Roms, les derniers des boucs émissaires de la politique anti-immigration de l’Europe. Ils sont expulsés de l’Ouest où leur permis de séjour a été retiré (Italie, France) – et à l’Est, ils sont enfermés dans des ghettos, battus et assassinés (Slovaquie, République tchèque, Hongrie).

Et pourtant, quelques cinq ou six ans à peine auparavant, les étrangers en Italie, et même en Europe, ne posaient pas de problèmes, comme ils le font aujourd’hui. La lutte contre l’immigration, et en particulier l’hystérie antimusulmane, se sont intensifiées après la publication des caricatures controversées du prophète Mahomet en 2005, et prend des proportions graves avec le début de la récession en 2008. Les habitants de Bari étaient favorables à l’immigration et secourables, car à la fin de du XIXe siècle, des millions de pauvres d’Italie émigrèrent de la ville et de la province des Pouilles vers l’Amérique, la terre promise, où, en l’espace de deux ou trois générations ils se sont complètement assimilés. Quelques cent ans plus tard, l’Italie est devenue la terre promise d’autres immigrants.

Ces derniers temps, Bari a servi de ville de transit pour les immigrés, plus pour les réfugiés que pour les immigrants économiques. Logés près de l’aéroport, ils font partie de la dernière vague de quelques quarante mille réfugiés qui ont atteint l’île de Lampedusa depuis la Tunisie et la Libye, à la suite des bouleversements politiques ayant eu lieu là-bas. Les autorités logent les nouveaux immigrants dans l’un des Centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CARA), et ensuite une commission statue sur leur sort. L’Italie possède huit de ces centres CARA, treize centres d’identification et d’expulsion (CIE) et sept centres de premier asile et d’identification (AFPC), avec seulement quelques commissions pour décider de l’avenir de ces personnes. L’été dernier, Bari a de nouveau été mise sous les projecteurs en raison des réfugiés, et plus précisément des demandeurs d’asile originaires de la CIE. Au début du mois d’Août, des centaines d’entre eux sont descendus dans les rues à la périphérie de la ville, arrêtant les trains et affrontant la police. En résulte 80 blessés et 29 arrestations.

Je pose des questions à mes nouveaux amis au sujet de cet incident. Chaque jour, à l’heure du déjeuner, ils se rassemblent dans un bar, le Borghese Il, à l’angle de la Via de Rossi et le Corso Vittorio Emanuele: les avocats Dario Belluccio et Maria Pia Vigilante de «Girafe», une organisation qui donne des conseils juridiques aux immigrants; Maddalena Tulanti, la rédactrice en chef du journal local Corriere del Mezzogiorno; l’assistante sociale, Silvana Serini, et Erminia Rizzi du Bureau local des conseils des immigrants. C’est un problème particulièrement difficile, dit Dario, un militant des droits de l’Homme et l’une des rares personnes à avoir accès à la CIE, qui est hors juridiction pour les avocats et les journalistes. Lorsque les Libyens sont arrivés, ils sont venus avec un plus petit nombre de personnes en provenance du Ghana, du Nigeria, du Mali, du Burkina Faso et d’autres pays africains et qui travaillaient et vivaient en Libye depuis des années. Conformément à la loi, ils n’ont pas droit au statut de réfugié de guerre, comme les Libyens, mais sont traités en fonction de leur pays d’origine, indépendamment de la durée de leur vie et de leur travail en Libye. Ils n’ont donc aucune chance d’obtenir un permis de séjour temporaire pour raisons humanitaires. Non seulement leurs cas prennent énormément de temps pour être réglés, mais en attendant, les autorités les traitent comme des criminels de droit commun. Privés de contact avec l’extérieur, leurs conditions de vie sont pires que la prison, dit Dario. En descendant dans la rue, ils ont essayé d’attirer l’attention sur leur situation impossible. Parmi les réfugiés à Lampedusa il y a un grand nombre d’enfants. Silvana s’occupe des mineurs non accompagnés, en d’autres termes des enfants réfugiés sans famille. Elle me parle de deux frères, des réfugiés de la guerre d’Afghanistan, qui sont arrivés à l’adolescence. Ils étaient analphabètes, mais aujourd’hui terminent leurs études et travaillent, dit-elle fièrement. Puis elle prend le dernier numéro de l’hebdomadaire l’Expresso ; dedans il y a un rapport de Fabrizio Gatti intitulé «La Prison A des enfants», où environ 225 enfants et adolescents sont emprisonnés pendant des mois, logés avec les adultes dans le camp de l’AFPC à Lampedusa. Ils vivent dans des conditions sordides, sans soins, même élémentaires, bien que ce soient des enfants traumatisés, dont certains n’ont pas seulement été témoins de la mort violente de leurs parents, mais qui ont aussi souffert de la faim et de la soif pendant des jours. En six mois, entre mars et la fin de du mois d’août 2011, 707 enfants ont débarqué sur cette île, certains sont de jeunes enfants ou des nourrissons, tandis que d’autres sont nés à Lampedusa même. Leur situation est encore pire et encore plus incertaine.

Don Angelo, un prêtre de l’église de San Sabino (juste à côté de plage de la ville de Pane e Pomadoro), a la meilleure adresse en ville pour les réfugiés qui ont besoin d’obtenir de l’aide, me dit-on. Il était tout juste diplômé du séminaire quand les Albanais débarquèrent, il les a vus sur le front de mer et dans le stade, où 10.000 personnes ont été détenues. Les autorités les ont libéré seulement après l’intervention de Don Tonino (le pacifiste bien connu et évêque Antonio Bello). Don Angelo a aussi participé à des missions humanitaires au cours des guerres en Bosnie et au Kosovo.

Cet homme de grande taille avec des cheveux roux et un sourire désarmant parle de “racisme institutionnel”, des motifs de la frustration des émeutiers, qui se sentent totalement discriminés par rapport aux Libyens et Tunisiens, même en termes de couleur de peau. Il confirme l’appréciation de Dario, à savoir qu’ils vivent dans des conditions impossibles, dans une incertitude complète quant à la durée et l’issue de la procédure judiciaire à laquelle ils sont soumis. “Leur colère est contagieuse, elle se propage à d’autres centres. Ce n’est plus une situation où les immigrants acceptent avec reconnaissance une croûte de pain, puis gardent le silence et attendent. Ils veulent une réponse.” En effet, avant même Bari, aigris par la façon dont les autorités les ont traités, les immigrants ont protesté à Mineo, puis à Crotone, mais aussi dans le nord de l’Italie. «Il s’agit de désespoir, pas d’une révolte orchestrée de l’extérieur. C’est incroyable que les autorités ne voient pas cela,” me dit Don Angelo.

Le fossé entre les réfugiés et les autorités est un côté de la pièce. Mais un gouffre a également vu le jour entre les habitants et les réfugiés. Les habitants de Lampedusa, qui est plus proche de la Tunisie que de la Sicile et a une population d’un peu plus de 5000 personnes, ont initialement sauvé les gens de la noyade dans ​​la mer, sauvant des centaines de vies, et aidant les réfugiés à survivre. Mais en septembre dernier, date à laquelle pas moins de 40 000 des réfugiés étaient arrivés sur l’île, les choses ont mal tourné. Les habitants se sont retournés contre des réfugiés lorsque ces derniers ont mis le feu à l’AFPC, le Centre de premier asile, où environ 1000 des réfugiés étaient hébergés (beaucoup plus que la capacité réelle du Centre). Ils espéraient forcer les autorités à accélérer la résolution de leur situation; une vingtaine de personnes ont été blessées dans des affrontements avec la police.

Le fait est que le gouvernement est trop lent à tenir sa promesse: soit de les transférer sur le continent ou bien de les expulser. Ainsi, après les émeutes, le maire a déclaré qu’il ne voulait pas d’un seul réfugié de plus sur l’île. En conséquence, cette île isolée, négligée est devenue une sorte de victime elle-même, otage des “machinations” des autorités. Parce que quelque chose a dû aller très mal pour les gens du pays, pour qu’ils passent de la solidarité au dégoût en l’espace de quelques mois. Quelque chose a dû avoir beaucoup changé pour les mêmes Lampedusans, qui avait été les premiers à tendre la main et secourir des centaines de réfugiés se noyant, et qui, maintenant, en sont à lancer des pierres sur eux, en criant: «jetez les à la mer, ce sont tous des criminels!” De toute évidence cette petite communauté insulaire, qui vit dans des conditions difficiles elle-même, ne peut pas porter un tel fardeau sans l’aide de l’Etat.

Le film Terraferma (Dry Land) d’Emanuele Crialese, et qui a remporté un prix spécial au Festival du Film de Venise 2011, parle justement de cet affrontement entre les principes humanitaires et le droit, après qu’un groupe de réfugiés arrive sur une telle petite île sans nom. Je l’ai vu à Bari un jour après la première. Il y avait seulement dix personnes dans le public à la projection de 18h30. Peut-être qu’il était trop tôt pour le cinéma, peut-être qu’il faisait trop chaud. Ou peut-être que le public était si peu nombreux parce que le film traite d’une question complexe.

L’île est habitée par des pêcheurs. Mais comme ils ne peuvent pas gagner leur vie en pêchant seulement, pendant l’été, ils vivent du tourisme. Quand la mer a dégorgé les premiers réfugiés d’Afrique du Nord sur leur île, cela a compliqué leur vie, corrodé les relations familiales et soulevé des dilemmes moraux. Les réfugiés ne sont pas seulement une «mauvaise publicité» pour ce petit paradis touristique, ils apportent le genre de problèmes auxquels les habitants ne sont pas habitués et qu’ils ne peuvent comprendre. Un pêcheur l’exprime ainsi : «Est-il possible que l’Etat nous interdise de sauver des personnes de la mer? Toute notre vie nous avons fait exactement le contraire, et si c’est ainsi que cela se passe maintenant, alors nos façons de faire sont au-dessus de cette loi. ”

“Un beau film, un film très humain,” me disait un vieux monsieur de façon inattendue alors que nous allions quitter la salle de cinéma. Il y avait plusieurs films sur le sujet au salon cette année, des films comme « Je suis » d’Andréa SEGRA, ou « Les choses de ce monde » de Francesco Patierno et « Le conseil du village » du grand réalisateur italien Ermanno Olmi. Aussi beaucoup ont écrit sur les problèmes des immigrés et des réfugiés, non seulement les commentateurs les plus connus, mais également des sociologues, des politologues et des écrivains comme Gabriel Del Grande et Luca Rastello, pour n’en nommer que deux. Mais les réfugiés eux-mêmes, ceux qui sont restés en Italie, ont également écrit. Des gens comme Elvira Mujcic, originaire de Bosnie, ou Igiaba Scego, dont les parents sont originaires de Somalie. En Italie, il semble y avoir une démarche citoyenne et artistique plus importante de la part des réfugiés et des immigrants que celle de la politique officielle, qui est favorable à une fermeture des frontières efficace.

Beaucoup de gens en Italie se souviennent encore de l’exode qui a vidé des pans entiers du pays, surtout au début du XXe siècle. Les Italiens savent que rares sont ceux qui ont quitté le pays, la culture et la langue au nom de l’aventurisme pur. Ils ont émigré par nécessité brutale, généralement pour fuir la guerre ou la pauvreté économique, prêts à risquer leur propre vie en partant vers l’inconnu, un peu comme les nouveaux arrivants d’Afrique du Nord d’aujourd’hui. Au cours des 150 dernières années, 18 millions de personnes ont émigré d’Italie, chiffre équivalent à la population d’un pays européen de taille moyenne. La plupart du temps, ils sont allés en Amérique, pour plus de cinq millions d’entre eux, dépassant, par exemple, le nombre des émigrants irlandais.

Visitant le Musée de l’Émigration italienne à Rome, je compris pourquoi documenter l’émigration (et l’immigration) est important pour l’histoire d’une nation et pour la compréhension de ses causes sous-jacentes. Situé sur le côté du monument Vittoriano sur la Piazza Ara Coeli, l’entrée du musée est discrète, et certainement pas un endroit où vous pourrez voir des essaims de touristes. Non, c’est surtout les Italiens que vous voyez ici, se promener, regarder les archives vidéo, aller à la bibliothèque, les salles exposent des valises effilochées et des graphiques maritimes jaunis, avec les listes de passagers et les cartes d’identité et des passeports, des photographies fanées de la maison et les premières photographies de leur arrivée dans de nouveaux pays lointains et sur de nouveaux continents. Peut-être ces visiteurs se souviennent-ils de leurs ancêtres, peut-être qu’ils cherchent leurs noms sur les listes. Lettres, journaux intimes, clubs sportifs, groupes folkloriques – ils racontent tous des histoires individuelles de désespoir et les espoirs de ces paysans pauvres, qui ont quitté le sud pour un monde inconnu, de leur propre chef, certains a à peine quatorze ans. Tout comme le désespoir d’aujourd’hui. C’était tout simplement il y a quelques générations, il existe encore des gens qui parlent en face de la caméra de ce drame du départ ou des parents debout sur le quai, agitant la main jusqu’à ce qu’ils deviennent de simples points à l’horizon.

Comme je faisais le tour du musée, j’ai pensé à la Haus am Checkpoint Charlie à Berlin. Là vous pouvez voir les différentes manières dont les Allemands de l’Est tentaient de s’échapper à Berlin-Ouest, entourée par 140 km du mur. Certains d’entre eux ont fait des tentatives absolument incroyables, comme voler avec un ballon, creuser un tunnel sous le mur, faire passer des clandestins dans le coffre d’une voiture ou traverser à la nage le détroit de la Baltique.

Au début du film Terraferma, de frêles bateaux sombrent, surpeuplés, et les seules choses qui flottent sur l’eau sont des lettres, des photographies, des documents, des brosses à dents … Ces objets ne devraient-ils pas être recueillis tels des symboles de l’identité et ne devrait-on pas les exposer dans un musée similaire, dédié aux réfugiés d’Afrique du Nord? Ne devrait-on pas recueillir des témoignages sur les épreuves de ceux qui ont suffoqué sur le pont, qui ont de bu leur urine pour survivre, qui ont jeté des personnes vivantes sur les grilles ? Cela, bien sûr, serait un musée dédié à la souffrance. Mais c’est quelque chose que les réfugiés méritent, d’où qu’ils viennent.

J’étais donc heureux quand, même pas une semaine plus tard, j’ai repéré un article dans un journal italien: ” des morceaux de bois, des photos de famille, des pages du Coran, des chaussures, des boîtes alimentaires, des cassettes de musique … récupérés dans les mers ou sur les bateaux abandonnés qui transportaient des milliers d’immigrants à travers la Méditerranée chaque année, tout cela se trouvant dans une petite pièce, une dizaine de mètres carrés au cœur du musée de l’immigration à Lampedusa, mis en place par des bénévoles de l’association Askavusa . “Il a été fondé par un artiste local, James Sferlazzo, dans l’espoir que d’autres se joindront à cette initiative.

Vous pouvez aussi trouver les chiffres de l’immigration au Musée de l’Émigration italienne. L’Italie compte 3,891,295 immigrants, ce qui représente 6,5 pour cent de la population. Caritas Migrantes donne des chiffres différents: environ cinq millions d’immigrants, soit 7 pour cent de la population. Il est intéressant de noter – et cela a été confirmé par la plupart des gens que j’ai rencontrés – que l’islamophobie n’est pas répandue ici et la peur des musulmans n’est pas utilisée comme une propagande comme elle l’est dans le nord du continent. Toutefois, des militants comme Don Angelo et certains journalistes nous avertissent qu’un genre différent de généralisation est à l’œuvre – Tant la loi que les médias criminalisent les réfugiés en tant que groupe. En gros, les autorités les traitent comme de vulgaires criminels, même s’ils n’ont rien fait pour mériter cela. C’est l’une des raisons pour lesquelles ils protestent. Et c’est même un problème, car l’Europe n’est pas encore prête pour les réfugiés qui protestent. Les Européens attendent seulement de la reconnaissance.

La télévision publique joue un rôle particulièrement intéressant dans la politique de la peur. Citant des recherches menées par Demos & Pi, La Repubblica écrit que, dans les quatre premiers mois de 2011, les émissions sur les immigrés représentaient en Italie 13,9 pour cent des programmes d’information sur la TG1. Par souci de comparaison, ce chiffre est en France à 1,6 pour cent sur ​​France 2 et en Allemagne à 0,6 pour cent sur ​​ARD. Il est intéressant de noter, cependant, que l’Italie connaissait une soi-disant «invasion» des immigrés à l’époque. Cette importante couverture des informations n’a pas eu un impact décisif sur le public. Selon la même source, seulement six pour cent des Italiens ont cité les immigrés comme leur principale préoccupation, comparativement à 55 pour cent qui ont cité le coût de la vie. “Cela va montrer comment le sentiment d’insécurité est une «construction» politique et médiatique, qui introduit et attise la «peur de l’autre » et augmente le sentiment d’insécurité déjà présent qui existe pour des raisons économiques et d’emploi (ou de chômage) », écrit l’auteur Ilvo Diamanti.

Il existe de nombreuses organisations humanitaires et civiques, telles que Fortress Europe, qui défendent les droits des immigrés et leur offrent une aide très concrète. Ces organisations estiment que les immigrés continueront à venir indépendamment d’une législation de plus en plus restrictive, voire immorale; quelles que soient les murs érigés et les autres obstacles qui les attendent. Parce que d’où ils arrivent, les choses sont encore pires. La politique d’immigration devrait, par conséquent, être rationnelle plutôt que fondée sur la peur, parce que les seuls à tirer profit de cette dernière sont les politiciens et les partis qui promettent l’impossible. La peur des immigrés est le terreau sur lequel elles grandissent.

A Rome, les réfugiés vivent derrière la gare Termini, dans une partie de la ville connue sous le nom Esquilino. J’ai réalisé combien Esquilino est différent des autres quartiers quand je me suis promené à pied sur la Via Carlo Alberto vers le Piazza Vittorio Emanuele. Là, j’ai vu quelque chose que je n’avais pas revu depuis plus de cinquante ans, en Yougoslavie: un rémouleur de rue. Cet homme, jeune, à la peau foncée penché sur une grande pierre à aiguiser, affûtant un couteau pour une femme appuyée contre une porte, et fumant, attendant qu’il ait fini. Ils parlaient en roumain.

C’est là qu’habite mon amie Alessandra. Certes, vous ne pouvez pas voir la foule sur la Piazza Vittorio Emanuele du haut du grand balcon de son appartement, au cinquième étage. La place est entourée de magasins vendant des marchandises en tous genres, non pas qu’il semble y avoir beaucoup d’acheteurs. Les magasins sont principalement détenus par les Chinois. Mais dès qu’elle sort de son immeuble, Alessandra se retrouve entourée par des gens de différents continents, de couleur différente, parlant des langues différentes. Elle a hébergé un petit garçon du Cameroun, mais après quelques années de sa mère est venue le rechercher. Recherchant la photographie de David sur son bureau, je pense à la différence entre l’Europe et les États-Unis: s’il était né en Amérique, au lieu de l’Italie, ce même petit garçon serait devenu américain. En Italie, ni lui, ni même sa descendance, ne sera jamais italienne, ou citoyens de l’Italie. Mais ses pairs blancs, dont les parents viennent d’Albanie ou de Bosnie, vont devenir italiens de même que leurs descendants.

Alessandra est psychologue et travaille comme bénévole sur des projets pour aider les immigrants à s’adapter et à s’intégrer dans leur nouvel environnement, par l’apprentissage de la langue, en allant à l’école et pour trouver un emploi. Le Fonds pour l’inclusion sociale des immigrants appuie toute une gamme de ces programmes et activités. Alessandra me montre un livre et un DVD intitulés « La méta di me » (La moitié de moi), produit d’un projet axé sur la deuxième génération, les enfants d’immigrés. Il existe beaucoup de ces initiatives. L’expérience lui apprend que la plupart de cette génération restera en Italie et qu’ils ont besoin que leur soit donnée une chance de devenir des citoyens égaux le plus tôt possible. Elle pense que la politique d’immigration est franchement moche. La loi autorisant les immigrés à être accompagnés de leurs familles a été abolie, de sorte que la plupart des immigrants économiques et des réfugiés de guerre sont des hommes jeunes, qui se retrouvent face à un tas de problèmes, de la dépression à l’alcoolisme, de la toxicomanie à la criminalité. Ils n’ont pas de motivation et aucun but. La survie brute n’est pas une incitation suffisante. Alessandra fait allusion à quelque chose dont j’avais entendu parler avant – l’expérience des Italiens aux Etats-Unis. Lorsque vous donnez aux gens l’occasion de s’établir dans une société, ils vont généralement la saisir. Il est vrai que le melting-pot américain propose un modèle différent d’intégration, mais aussi, dit Alessandra, la politique d’immigration devrait être fondée à la fois sur le principe de solidarité et d’humanité, ainsi que sur le principe du bénéfice mutuel.

Un exemple de bénéfice mutuel est Elvira Mujcic, une jeune femme qui n’avait même pas treize ans, quand elle est arrivée en Italie en tant que réfugiée de Srebrenica. Lycéenne puis diplômée de l’université, aujourd’hui, c’est un jeune écrivain italien à succès – car c’est en italien qu’elle écrit. Comme nous mangions du melanzane alla parmiggianna dans un petit restaurant dans la Via del Boschetto, on a parlé d’identité. Elle ne voit aucune contradiction entre ses origines bosniaques et le fait qu’elle écrive en italien, en effet, elle le parle mieux que sa langue maternelle, ce dont elle s’excuse périodiquement au cours de notre conversation. L’identité n’est pas un quelconque moule rigide dans lequel vous tombez ou non. Au contraire, nous parlons de la façon dont l’un, disons bosniaque, n’exclut pas l’autre, l’italien. Elle aime la nourriture de Bosnie, mais elle aime la langue italienne. Elle ne veut plus vivre dans sa ville natale, et ce n’est pas seulement parce qu’il n’y a pas de travail en Bosnie. Elle sent qu’elle fait partie de l’Italie: c’est là qu’elle allait à l’école, où elle vit et travaille, où elle aime.

Pourtant, il était plus facile pour elle d’être assimilée en tant que réfugiée parce qu’elle est européenne. C’est plus difficile pour les personnes de la Piazza Vittorio Emanuele, surtout si elles viennent d’autres cultures et d’autres continents. Mais même ici, il y a des réussites. Prenez l’histoire intéressante de l’Orchestra di Piazza Vittorio. Aujourd’hui, il est assez bien connu, avec trois albums à son actif, quelques trois cents concerts à travers le monde et un film documentaire. Il réunit des musiciens de la Tunisie, du Brésil, de Cuba, d’Amérique, de Hongrie, de l’Équateur, de l’Argentine, du Sénégal, d’Inde et, bien sûr, d’Italie – mais sa composition change régulièrement. L’orchestre a été créé en 2002 par le chef Mario Tronco dans le cadre d’un projet pour aider à sauver le cinéma Apollo.

Encore plus intéressant que l’histoire de la formation de l’orchestre est le genre de musique qu’il joue. A Rome, un soir, j’ai réussi à obtenir un billet pour la première de La Flûte enchantée à l’Olimpia Teatro. La Rome de gauche, l’élite progressiste était présente ce soir-là – j’ai reconnu un certain nombre de personnalités bien connues du public – car c’était tout simplement un événement à ne pas manquer. Un visiteur occasionnel à l’auditorium, qui ne savait rien au sujet soit de l’orchestre soit de l’opéra, l’aurait considéré comme moitié concert, moitié opéra. Ils ont joué un mélange de classique et d’ethno-musique, jazz, pop, rap, reggae et mamba. Tout aussi souvent, entre le chanteur tunisien et les sections solo sur le luth arabe et instruments africains telles que la kora, djembé, dumduma et sabara, vous pouviez entendre des extraits de La Flûte enchantée, ou un de ces airs populaires comme la Reine de la Nuit, Papageno, Sarastro, Pamino. Cet «opéra» est réalisé en six langues: arabe, portugais, espagnol, allemand, anglais et wolof. L’histoire ne suit pas le livret et la fin arrive comme une surprise complète … Certes, ce n’est pas une représentation d’Opéra. Même l’affiche nous avertit que c’est une interprétation: «La Flûte enchantée selon l’Orchestra di Piazza Vittorio”. Mario Tronco dit lui-même à son propos qu’il ne s’agit pas d’exécuter fidèlement les morceaux de Mozart: “Nous avons pris de grandes libertés avec la partition, nous avons choisi seulement ce qui convient à notre orchestre. Notre performance fourmille de références à d’autres cultures Nos musiciens viennent de loin, et je veux dire pas seulement géographiquement. Chacun d’eux apporte à cet opéra sa culture propre, sa propre langue … ” indique Tronco qui estime que si l’opéra de Mozart est «comme il était par le passé”, la performance de l’Orchestre concerne “la façon dont il sera un jour”.

Et en effet, cette soirée d’inauguration a été pour moi comme si l’orchestre avait entrouvert la porte à l’avenir de l’Europe. La musique de Mozart est au cœur même de ce que nous considérons en tant que patrimoine culturel de l’Europe. La plupart des Européens aimeraient probablement entendre une interprétation imparfaite de l’original, parce que ce serait une preuve d’intégration. Cette interprétation / adaptation / improvisation sur le thème de Mozart, mais bien réalisée et intéressante, semble blasphématoire à leurs oreilles. Mais il est plus probable que les immigrés non européens sauront également apporter quelque chose de leur identité à l’Europe, et que nous serons de plus en plus confrontés à un mélange de cultures, que ce soit avec Mozart ou avec tout autre saint des saints européens.

Cette interprétation a montré que les nouveaux arrivants issus d’autres cultures ne pourront pas nécessairement complètement s’adapter à notre culture dominante, qui est ce qu’ils sont censés faire, mais ils vont essayer de s’adapter à la culture qu’ils rencontrent, dans toutes ses composantes, dans leur for intérieur. Et ils le feront dans les arts et dans la vie. Les statistiques seront ici le facteur décisif: avec le nombre croissant d’immigrants en provenance d’Afrique et d’Asie, cela ne pourra pas n’être que la nourriture, la musique, la mode et les coutumes qui seront soumis à changement – la loi européenne devra le faire aussi. Pourtant, très peu de gens en Europe se disent ouvertement aujourd’hui: Oui, c’est vrai, et alors?

Il semble que parler de l’intégration et de l’assimilation des immigrants (les deux seuls modèles jamais discuté) n’a de sens que jusqu’à un certain point – on parle d’assimilation que quand il s’agit de nouveaux arrivants en provenance d’Europe, par exemple d’Europe orientale, tels que les Albanais ou Bosniaques, mais pas quand il qui concerne les Roms, qui viennent de la même partie du monde, mais ne partagent pas la même culture ou d’histoire. Mais quid des immigrés non-européens en provenance du sud, via Lampedusa, en Sicile, la côte espagnole, et celle de l’Est, en provenance d’Afghanistan via la frontière turco-gréco-bulgare, d’où le plus grand nombre provient? Les Européens, qu’ils soient pro ou contre l’immigration, s’accordent sur la ligne de fond civilisationnelle, que les nouveaux arrivants, en particulier de différentes cultures, ne doivent pas franchir – l’émancipation des femmes, le respect des droits de l’homme, la démocratie. Mais qu’en est-il de l’art, qui, par définition, s’affranchit de toutes les frontières?

Peut-être il vaut mieux être conscient de la façon dont les grands comme Mozart, Bach et Beethoven pourraient retentir à l’avenir. Mais aussi de la façon dont beaucoup d’autres traditions qui nous sont chères changeront, si ce n’est déjà fait. Prenez la production de verre de Murano. La petite île de Murano, célèbre pour son verre depuis la fin du XIIIe siècle, présente une piètre image aujourd’hui. La plupart de ses usines ont fermé leurs portes. Les bijoux, figurines, bols, lampes, supports pour papier, et les bouchons qui sont vendus massivement dans des centaines de magasins de souvenirs de Venise sont fabriqués en Chine. Oui, vous obtenez un certificat disant que le collier que vous avez acheté est en verre de Murano, mais il est plus probable qu’improbable, qu’il soit en verre de Murano Made in China. Les touristes ordinaires ne remarqueront pas la différence ou ni même se demanderont comment la petite île qu’ils ont visité la veille, où le verre n’est pas produit en masse, peut produire rapidement une telle quantité de souvenirs. Ou comment tel anneau de verre merveilleux ou tel bracelet peut coûter quelques euros. Et surtout, comment la grande majorité de ces articles peut être identique, c’est parce que c’est une production de masse. Parce que, sur la petite île de Murano, il n’y a pas deux articles faits à la main qui peuvent être identiques. C’est la seule distinction ; leur bel ouvrage, c’est celui qui est différent.

J’ai eu la chance de voir cela par moi-même dans un magasin derrière mon appartement, à l’angle de la Calle Fiubero. Andrea, qui y travaille, m’a emmené à l’atelier et m’a montré toutes sortes de créations, du presse-papier à la belle joaillerie. Ils disent qu’il est difficile de distinguer le Murano original de leurs copies chinoises. Sur Internet, vous pouvez trouver des avertissements et des informations sur la façon de faire la différence, mais vous pouvez également trouver des annonces pour le verre de Murano fabriqué en Chine. Bien sûr, cela est absurde, puisque Murano est le nom non seulement d’une certaine technique de fabrication du verre, mais aussi des objets faits en verre de Murano. Andrea a ramassé deux bracelets. L’un était fait avec précision, de fabrication irréprochable, sur l’autre, je pouvais voir avec un peu d’effort, qu’il était un produit brut, une imitation chinoise approximative. Le tourisme de masse a conduit à une demande à laquelle Murano ne peut pas répondre, même lorsque l’on travaille à pleine capacité. Et, comme le dit Andrea, les Chinois n’ont ni la même compréhension de l’original, ni de dilemmes moraux au sujet de la production des imitations. Mais ce qui me dérange c’est quand elle a comparé le millefiori, un collier de perles de Murano, avec celui fait en Chine. Parce que je me suis tristement rendu compte que le collier que j’avais acheté dans un autre magasin la veille, était un faux commun !

Le “danger d’une invasion”, que les politiciens européens ont l’habitude d’exagérer, ne réside pas seulement dans le nombre d’immigrants (après tout, il y a seulement environ 200.000 Chinois en Italie, et à peu près 2.000 à Venise), mais aussi dans le placement de l’argent et l’achat des propriétés. L’argent est beaucoup plus rapide à amener le changement que les immigrants. D’abord les Chinois à Venise ont acheté des petites boutiques et les transforme en boutique de souvenirs de verre “Murano” ou en boutiques de vêtements en cuir. Puis ils ont acheté des bars et des restaurants; maintenant, ils poursuivent avec les palais, les transformant en hôtels.

Un soir, comme je prenais le vaporetto n°2 à partir de dell’Academia Ponte à l’arrêt San Marco sur le Schiavoni de Riva Delgi, j’ai remarqué que des sections entières sur cette partie du Grand Canal étaient sans lumière. Des palais énormes étaient baignés dans l’obscurité, comme si personne ne vivait là. Ce sont les résidences d’été des riches. Mais parmi eux, il y a également des palais qui appartiennent à la ville et que la ville brade, a expliqué un de mes amis qui vit ici. Parce que le changement vient à bien des égards, non seulement avec les pauvres hères qui parviennent en une seule pièce à Lampedusa ou quelque autre parcelle de sol italien, non seulement par la nourriture, la mode, la coutume et de la musique, mais aussi via les banques, les investissements, le blanchiment d’argent, la corruption de l’administration locale. Et alors que les Européens s’interrogent sur les changements à venir et pour savoir s’il convient de mettre en place un mur autour de l’Europe (si seulement ils savaient déjà où sont ses frontières), alors qu’ils envisagent des mesures pour contenir des immigrants à cette même frontière imaginaire et que la culture de l’Europe et les valeurs qui doivent être préservés (bien que la mondialisation, l’américanisation dans d’autres termes, les a déjà complètement changés), les Chinois sont libres d’investir, d’acheter les palais de Venise, afin de les transformer en hôtels, faisant ainsi encore plus d’argent sur les trésors culturels de l’Europe. Du point de vue de Venise, par rapport aux investissements de la Chine – Nota Bene, certaines personnes ici l’appellent le blanchiment d’argent – la peur des immigrés musulmans en France et en Allemagne et plus au nord semble presque pathétique.

Mon voisin dit que Venise se transforme de plus en plus, non pas en un musée, romantique comme je l’ai pensé, mais en un parc d’attractions Disneylandish détenue par les Chinois, qui, seuls, en tirent profit. Il a probablement raison. Que ce soit à un rythme lent ou rapide, légalement ou illégalement, avec ou sans argent, en tant que réfugiés ou non – des immigrants arrivent. Comme je partais de Venise avec mon collier de faux Murano, écoutant l’Orchestra di Piazza Vittorio, j’essayais d’imaginer ce que les opéras de Mozart donneraient s’ils étaient adaptés par un orchestre chinois au Fenice Teatro dans un avenir pas si lointain.

Cet article fait partie des projets internationaux “Miroirs de l’Europe”, une série de reportages littéraires écrits par des auteurs de nombreux pays européens coordonnés par l’association Project Forum à Bratislava, en coopération avec Eurozine.

D’abord publié par Eurozine 15.03.2012 – Original en croate

Traduction anglaise par Christina Pribicevic Zoric

Traduction française par Valérie Courteau

© Slavenka Drakulic / Mirrors of Europe / Project Forum
© Eurozine

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

113 réponses à [Article exclusif] “La mélodie du futur” ou Venise contre Lampedusa, par Slavenka Drakulic

  1. yoananda Le 27 juillet 2013 à 03h37
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    Le meilleur moyen pour changer l’Europe c’est d’en sortir ou de la dissoudre.
    Pour le reste, Asselineau a montré que le discours “changer l’Europe” existe depuis le début de sa construction et sert surtout à endormir les consciences.


  2. Patrick Luder Le 27 juillet 2013 à 05h15
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    La peur de l’étranger, la peur de l’immigration, c’est de perdre ses traditions, la peur de devoir s’adapter à l’autre … et c’est justement cette peur de l’inconnu, qui empêche son intégration.

    Des immigrés de masse, bien intégrés, se fondent dans la population locale, alors que des immigrés non intégrés, se séparent de la population locale, se retrouvent, s’agglomèrent entre eux, pour devenir une communauté séparée. En finalité, c’est la peur de l’étranger qui conduit à ce que cet étranger reste étranger.

    Il est des régions du monde, ou le brassage de population est immense, ou les immigrés sont la règle et non l’exception. Mais il est des régions du monde ou toute cette diversité constitue la population locale, indistinctement, alors qu’il est d’autres régions du monde ou le brassage n’a pas eu lieu, ou la peur à repoussé les uns et les autres à s’agglomérer entre eux, constituant de dangereux groupuscules à problèmes.

    L’avenir est appelé à avoir encore plus de migration, entre les réfugiés climatiques, les réfugiés économiques et les guerres des ressources. La réussite de ce nouveau grand brassage des populations, la décision incisive d’une nouvelle population globale ou de groupuscules ethniques, dépendra justement de cette peur de l’étranger et de son intégration … ou non …

    Terre d’accueil restera accueillante, mais terre de discorde le restera => à vous de choisir !!!


    • yoananda Le 27 juillet 2013 à 08h49
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      meuh non c’est pas forcément la peur … ça peut aussi être un choix, par goût …
      quand l’immigration est imposée d’en haut par exemple, le peuple n’a pas forcément peur, il peut aussi ne pas avoir envie.

      l’argument de la peur existe peut-être, mais d’en faire la seule explication, parce qu’on nous inculque que si on contre un truc c’est qu’on en a peur … lol, c’est juste pour nous culpabiliser et pour nous imposer un choix venu d’ailleurs.

      faut surtout pas tomber dans ce piège.

      aujourd’hui la peur, c’est plutôt l’inverse … en France on a peur de stopper ce qui ne fonctionne pas, de lâcher prise et de faire confiance dans le bon sens. On a aussi peur de se faire montrer plus autoritaire pour se faire respecter… etc….

      faut pas inverser les choses ainsi.


      • yoananda Le 27 juillet 2013 à 11h20
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        Avec cette logique d’argument de la peur, je suis grossier mais c’est exactement la même chose que dire (a un homme) “si tu suces pas un type, c’est que t’es homophobe” … on ne peut pas nier ainsi les préférences personnelles, et culturelles dans ce cas précis sans tomber dans la confusion mentale la plus totale.


        • Amsterdammer Le 27 juillet 2013 à 12h41
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          En général, l’argument du “si tu suces pas un type, c’est que t’es homophobe” est un fantasme, un délire prêté par des gens pas très gay-friendly à leurs opposants, et n’existe que dans leur caboche.

          Je n’ai personnellement jamais entendu cette insanité dans la bouche des héraut de la lutte contre l’homophobie. Eût-ce été le cas, que je n’aurai jamais hésité à m’élever contre cette forme de terrorisme intellectuel. Mais jusqu’à présent, cela n’a pas été nécessaire.


          • yoananda Le 27 juillet 2013 à 13h37
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            Ce n’est pas ce que j’ai dit. Réponse hors sujet.


      • Patrick Luder Le 27 juillet 2013 à 20h09
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        La peur n’est que l’extériorisation de l’inconnu … mais ce que je voulais surtout dire, c’est qu’une immigration réussie passe par la pleine intégration des migrants. Intégration sociale, culturelle (invitation et participations aux activités de la région) et intégration par le travail. Sinon, oui, effectivement, les réfugiés et les clandestins non intégrés posent problème.

        J’ai bénéficié, il y a quelques décennies, d’un passeport d’immigré permanenet pour l’Australie, pays exemplaire dans ce domaine, les migrants reçoivent des invitations pour des cours de langue, gratuit et dans chaque ville, accompagné d’informations de toutes sortes.


        • olivier m Le 28 juillet 2013 à 01h03
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          L’intégration… et pourquoi pas tout simplement accepter les gens tels qu’ils sont? Et en passant s’accepter tels qu’on est, avec nos fondations et nos dérives. Cela n’empêche pas d’essayer de combattre ses propres travers. Et de combattre en soi les démons des autres, qui sont aussi potentiellement en nous.

          Qui peut prétendre que sa philosophie de vie est LA philosophie de vie?
          Qui peut prétendre que son mode de vie est LE mode de vie?

          Il y a tout de même des limites à la tolérance, je n’aime pas communiquer avec des gens qui se cachent derrière un voile, qu’il soit physique ou idéologique.

          @Patrick: je rebondis sur ce que tu écris, mes remarques ne te sont pas spécialement destinées.

          Notre monde bien-pensant nous a amenés à coloniser par la force des peuples dans le but de les “civiliser” ou de leur apporter notre vision du progrès: cela ne ressemble t-il pas à notre idée contemporaine de l’intégration?

          Mélangeons-nous et acceptons nos différences, c’est le seul moyen d’avancer, à condition de communiquer. Pour moi l’intégration, c’est accepter les autres tels qu’ils sont, à condition qu’ils en fassent de même.

          PS: la plupart de mes remarques ne s’appliquent pas aux suisses car leur pays n’a pas choisi la colonisation physique, et a préféré être neutre et soumis au monde de la finance. Heureusement, ça change.


  3. dafdesade Le 27 juillet 2013 à 09h41
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    Un article remarquable. Satisfaisant à tous les canons de la bien-pensance. A plusieurs reprises l’auteur feint de croire que son discours est minoritaire, c’est tout à fait étonnant comme posture, puisque ce discours nous le connaissons bien, c’est justement celui des dominants, non pas des élites, mais de ceux qui dominent la scène sociale, des prescripteurs d’opinions, journalistes, intellectuels médiatiques, hommes politiques des partis de gouvernement. C’est toujours une position agréable de tenir le discours dominant en affectant de croire que l’on fait entendre un point de vue minoritaire, on jouit du confort du pouvoir en plus des frissons de la rébellion.
    L’article montre un glissement intéressant, il commence par promouvoir le thème de l’assimilation pour finir par affirmer que ce sont les européens qui seront assimilés, et que de cela on ne peut que se résigner, il y aurait là une fatalité.

    L’auteur montre tout le long une ignorance stupéfiante des différences culturelles, et de leurs liens étroits avec le politique. Ce que cet auteur ne voit pas c’est que la politique va reprendre ses droits et que l’action politique n’est pas définitivement encadrée par le droit, qu’elle la déborde bien souvent. Bref l’action politique n’a pas pour cadre définitif les droits de l’Homme. Comme le disait Marcel Gauchet il y a déjà plus de 30 ans, les droits de l’Homme ne sont pas une politique.

    Ce qui étonne c’est qu’il y ait si peu de volonté de vie dans ces paroles, une vie déterminée, comprise selon des modalités précises, dans un horizon de mœurs, de manières de faire, de croyances déterminées.

    Ce qui manque dans ces paroles curieusement c’est la volonté d’être soi. Il me souvient de quelques anecdotes à cet égard, un indien Dakota, qui déclarait comme un triomphe, d’être encore là aujourd’hui, de pouvoir se dire, d’être encore en nombre ou une petite africaine qui déclarait sa fierté d’être membre de son petit groupe culturel. L’homme des droits de l’Homme trouve toujours dérisoire ces affirmations d’une appartenance particulière même s’il préfère n’en rien dire, par délicatesse, pourvues que ces affirmations viennent de populations qu’il peut assimiler à la figure de l’Autre.

    Ce que l’homme des droits de l’Homme ne veut pas comprendre c’est que le seul partage d’une condition commune ne suffit pas à faire l’unité de l’humanité et encore moins à produire une communauté politique. L’évocation nostalgique des Etat-Unis par l’auteur fait sourire, surtout dans un pamphlet de Gauche, mais ni l’Italie ni la France ne sont les Etat-Unis et cela porte des conséquences qui vont loin, très loin. A moins de déculturer complètement ces populations, séries américaines, liquidation de toutes les traditions, effacement de la mémoire collective etc..vous allez être confrontés à des modalités du lien social et du politique qui ne sont pas ceux des Etat-Unis. La culture ce n’est pas le patrimoine, ce n’est pas ce qui est derrière nous, c’est ce qui est devant, attention au retour de la mémoire.

    Autre remarque, il y a chez les immigrationistes, une invitation à embrasser le mouvement tel qu’il se fait et quelles que soient les conditions qu’ils semblent nous promettre. Cette volonté me semble être la négation à la fois de la volonté morale et de la volonté politique.


    • dafdesade Le 27 juillet 2013 à 09h55
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      On peut réellement se demander ce que ce désir, sincère sans doute, signifie. J’y vois l’expression d’un phantasme avec tout le danger que cela comporte lorsqu’on s’emploie à réaliser une telle construction du désir. Quel phantasme ? Celui de l’Un. Les nostalgiques de l’Un, qui ont perdu la foi en un Dieu, ne s’en console pas et le projette dans une humanité enfin réconciliée avec elle-même et ayant laissé derrière elle les marques de sa division (entendre cultures, nations, langues). Enfin, c’est une hypothèse…


      • yoananda Le 27 juillet 2013 à 11h15
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        +1 pour les 2 réponses.

        Je me suis fait la même remarque, fantasme de l’unité qui se transmute en cauchemar de l’uniformité.

        Un peu comme l’empereur dans Star Wars qui dit qu’après avoir génocidé les chevalier Jedi il y aurait enfin la paix dans (feu) la république …


      • guyomette Le 27 juillet 2013 à 15h20
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        Il est intéressant d’avoir face au texte “Venise/Lampedusa” la vision de dafdesade, que je crois issue en partie de la psychanalyse.

        Que les peuples européens se retrouvent un jour “assimilés” me semblent un fait plausible et probable.
        Est-ce un bien ou un mal ? Sans opinion, en ce qui me concerne.
        En revanche j’ai une opinion, non sur le fait sans doute à venir, mais sur l’injonction qui nous est faite, de s’en réjouir a priori, sur l’exigence constante de n’en éprouver ni inquiétude, ni questionnement, sur la demande de n’éprouver par rapport à notre culture amenée à se fondre, aucun regret, ni même aucune espèce d’attachement, fut-il bêtement romantique. Quelle violence symbolique dans cette demande, violence qui est non l’équivalent, mais le pendant à l’effective violence que l’on connait lorsque l’on vit le déracinement de l’immigration.
        Pourquoi ce que l’on accorde à ceux-là, et à mon sens bien légitimement et humainement n’est pas accordé aux populations de souche. La réponse est pour moi évidente, in fine : $ !


        • dafdesade Le 27 juillet 2013 à 16h40
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          Je plussoie.

          Sans compter qu’il est à ce qu’il semble même interdit de faire référence à cette violence symbolique. Avez-vous jamais vu un reportage où l’on verrait interroger des français de souche revenant sur les lieux de leur enfance, à Nogent-sur-Marne par exemple, et s’y découvrant étranger. Pour avoir eu l’occasion de recueillir plusieurs témoignages (mais encore faut-il les solliciter) autour de moi, j’ai une idée de ce que cela signifie. Ces témoignages me venaient parfois de personnes très cultivées, je me souviens d’une psychanalyste de ma connaissance me parlant de ce qu’était devenu un des quartiers de Tarascon, ville où elle avait des racines très anciennes, suite à l’immigration maghrébine.

          Mais que dis-je des racines ? Encore une grossièreté ? Pourtant j’ai l’impression que les immigrants ne demandent qu’à s’enraciner, seulement le problème que posent certains c’est qu’ils ne veulent pas que ce soit dans le même sol (le même monde symbolique autrement dit).

          La nostalgie est un sentiment politique et nos élites ne s’y sont pas trompés. La moindre expression de nostalgie est jugée sévèrement. Ils ont raison mais je crois qu’ils sont impuissants à l’empêcher malgré les moyens considérables qu’ils déploient, que l’on pense au contrôle de la parole publique qu’ils exercent à travers les grands médias de masse.

          Un peuple peut mourir, il peut même se laisser mourir, mais il faut parfois peu de choses pour le convaincre que son existence n’est pas sans valeur. Une amie iranienne me racontait qu’il s’en était fallu de peu que l’Iran disparaisse avec toute sa mémoire, sa culture, sa langue, à la suite de son islamisation, le schisme Chiite et la résurrection par certaines élites culturelle de l’héritage antique à travers notamment le récit du passé de l’Iran dans le Shâh Nâmeh par Ferdowsi, aux alentours de l’an 1000 avaient changé la donne de justesse. C’est en partie grâce à l’oeuvre de ce poète que la langue persane fut sauvée et que l’Iran ne fut pas arabisé.

          Si un poète a pu changer le cours de l’Histoire culturelle de l’Iran, tous les espoirs sont encore permis.


          • guyomette Le 28 juillet 2013 à 18h37
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            “Indécrottable” adepte du juste milieu et de la Raison – quoi qu’elle ait pu produire, j’en conviens – je suis moitié-moitié d’accord avec vos propos :
            D’accord sur le thème de l’effort incommensurable produit pour gommer toute nostalgie… Mais comme nous l’enseigne la psychanalyse, toute violence symbolique ne commence-t-elle pas par son déni, sa volonté de la cacher.
            En revanche, pas tout à fait d’accord avec votre passage sur “le monde symbolique”. D’abord, on ne peut guère empêcher que le monde fut-il symbolique évolue. La question n’est ama, donc pas qu’il évolue mais au nom de quoi, il évolue. En termes clairs, si c’est juste pour honorer l’Argent, en effet, ça me déplaît. Or, je crains que cela ne soit in fine la raison majeure.
            Autre désaccord : je ne généraliserais pas les intentions (conscientes ou non d’ailleurs) des populations immigrés. Pour vivre dans le 93, je sais aussi combien nombre de ces populations ont aussi fait d’effort pour s’intégrer. L’effective blessure qui est infligée aux populations de souche ne doit pas pousser à nier les efforts “des autres” quand elles existent. Or, elles existent aussi. D’autre part, le monde symbolique, s’appuie sur des piliers que l’on retrouve aussi chez l’Autre. L’Autre est aussi le Même quand il fait preuve d’humanité et d’empathie. Des musulmans ont accueilli avec joie mes vœux de Noël, et j’ai accueilli en retour avec joie leurs gâteaux de Ramadan… Il ne s’agit pas du même moule symbolique, mais derrière il y en a un qui est le même : le monde symbolique de l’échange, de l’association, du don/contre-don. Que ceci puisse s’unifier pour faire “société” et non mosaïque de communautés, l’avenir le dira et je suis d’accord avec vous pour dire, que cela risque d’être difficile. Mais ce n’est pas impossible, le pire n’est pas sûr non plus. Comment ? Parce que le pays accueillant influe aussi sur les populations immigrées et leurs dites “coutumes”. Et le pays accueillant continuera d’influer, si en revanche l’on revendique ce que nos cultures “de souche” ont produit de meilleur, sans se laisser intimider.
            Le hic, c’est que plus on niera le fait qu’accueillir des nouveaux venus ne va de soi, que les accueillants peuvent aussi tenir à leur culture, moins les choses iront dans le bon sens. Au lieu, de mettre de l’huile dans les rouages, cela ne fera qu’excéder les populations de souche.
            Comment se sentir “suffisamment bien” pour reprendre l’expression de M.Klein, si les populations de souche sont accusées de mensonge quand elles dénoncent tel ou tel fait ? Ou quand elles disent ne plus se sentir à l’aise quand dans leur quartier, leur culture ne survit plus qu’à l’état de traces ?
            C’est dommage et contre-productif.
            Les élites ne semblent pas mesurer qu’il faut tout de même fournir un effort pour vivre avec l’autre. Ni la Tolérance, ni la Violence (a contrario) ne sont des réactions naturelles, tout dépend du contexte, et surtout de l’équilibre que l’on peut et veut établir. Aux élites de nous aider à maintenir cet équilibre.
            Or, j’ai idée que s’ils ne le font pas, ce n’est pas uniquement par négligence, mais pour instaurer une société américanisée et dédiée again au…$ !


            • GRRR Le 28 juillet 2013 à 18h54
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              Les élites ne semblent pas mesurer qu’il faut tout de même fournir un effort pour vivre avec l’autre. Ni la Tolérance, ni la Violence (a contrario) ne sont des réactions naturelles, tout dépend du contexte, et surtout de l’équilibre que l’on peut et veut établir. Aux élites de nous aider à maintenir cet équilibre.
              Or, j’ai idée que s’ils ne le font pas, ce n’est pas uniquement par négligence, mais pour instaurer une société américanisée et dédiée again au…$ !

              +1


          • dafdesade Le 29 juillet 2013 à 08h03
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            Les mondes symboliques évoluent mais justement de quelles évolutions s’agit-il ? S’agit-il d’embrasser toutes les évolutions ? Le terme d’évolution implique l’idée de continuité or il y a des ruptures. Le Maghreb n’a pas grand chose à voir avec l’Afrique du Nord romaine, le Mexique pré-colombien avec celui d’aujourd’hui et Istanbul avec Byzance. A chaque fois des ruptures symboliques fortes ont interrompus la continuité de civilisations qui avaient elles-mêmes évolué mais selon des logiques qui leur étaient propres, qui avaient un sens au sein de leur propre culture.


  4. jacqueline Le 27 juillet 2013 à 11h00
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    Excellente réponse dafdesade

    “L’article montre un glissement intéressant, il commence par promouvoir le thème de l’assimilation pour finir par affirmer que ce sont les européens qui seront assimilés, et que de cela on ne peut que se résigner, il y aurait là une fatalité.”

    Etonnant que cet article soit écrit par un croate, un peuple qui a réclamé son indépendance après avoir été contraint à vivre avec d’autres cultures dans l’ex Yougoslavie et s’est empressé d’attaquer ses voisins et voudrait nous imposer le multiculturalisme.

    L ‘article mélange plusieurs choses.

    – Les dégâts du tourisme de masse et du commerce dans les sites historiques. ( on a mieux préservé nos châteaux de la Loire )

    – La mondialisation : on retrouve les mêmes enseignes et chaines de magasins dans presque toutes les capitales du monde.

    – L’immigration


    • Wilmotte Karim Le 27 juillet 2013 à 12h47
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      “pour finir par affirmer que ce sont les européens qui seront assimilés”

      Non.

      Mais ce genre de réponse montre que certains parviennent à lire leurs préjugés dans un article de tel façon à déplacer sensiblement le propos.

      L’article ne dit pas que leur Européens vont être assimilé : il explique que les cultures changent, que les cultures européennes se sont déjà largement transformés (on a des européens américanisés qui ont peur de ne plus être pleinement des européens…) et que si le fond de la culture sera européenne, des changements se produiront inéluctablement. (entre autres choses).

      Libre à vous de montrer les parties de l’article qui expliquent que les européens/italiens vont se faire assimiler par 6 à 7 % d’étranger!


      • jacqueline Le 27 juillet 2013 à 13h10
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        Quel angélisme !


        • jacqueline Le 27 juillet 2013 à 14h00
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          Restons en Italie.

          Il n’ y a pas besoin de chercher à retrouver mes préjugés dans un texte , les faits suffisent.

          La ministre noire italienne a reçu un jet de bananes, mais voilà concrètement dans ce commentaire recopié, ce qu ‘il en est !.

          Ce n’est pas la première fois, avant ça m’avait choquée,

          C’est une bombe (d’origine indéterminée ) qui est venue faire exploser la société italienne, or ce n’est pas précisément ce qu’on attend des gens à qui on a offert l’asile, on s’attend plutôt à ce qu’ils s’assimilent, mais sans pour autant renier leurs origines.. ( pour moi ce n’est pas incompatible, un black sera jamais un gaulois même s’il le répète cent fois par jour, mais c’est bien comme ça et ça ne veut pas dire qu’il vaut moins qu’un gaulois )

          http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/07/27/97001-20130727FILWWW00236-italie-acte-raciste-contre-une-ministre.php

          Trop facile d’accuser les gens de racisme quand on vient les provoquer chez eux et tenter de déstabiliser leurs fondations alors qu’on a eu la chance d’ être ministre.

          C ‘est une guerre insidieuse de civilisations, faut pas s’étonner que ça prenne des tournures assez violentes.

          ” CPF-SS

          Pour rappel ou information, madame Kyenge :
          – est arrivée illégalement en Italie,
          – veut “supprimer la notion d’immigration clandestine”,
          – ambitionne de “changer concrètement l’Italie”,
          – entend réformer le droit du sol et faciliter l’accès à la nationalité italienne,
          – fait la promotion de la polygamie (elle est issue d’une famille de 38 enfants),
          – décrète que “l’Italie. C’est un pays métis”.
          .
          Alors certes, les actions de ses opposants ne sont pas des plus raffinées ni des plus constructives, mais sauf à être béhachélisés jusqu’à la mort cérébrale, vous comprendrez que les peuples encore vaguement épargnés par la dolce vita multiculturelle n’aient pas envie de ressembler à la France.
          Le 27/07/2013 à 13:12″

          Après quand à importer chez nous leurs traditions de barbares comme l’excision, la polygamie, le niqab, les mariages forcés, c’est une autre histoire.


          • Wilmotte Karim Le 27 juillet 2013 à 14h21
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            “pour finir par affirmer que ce sont les européens qui seront assimilés”

            Cqfd, il n’y a pas d’élément dans le texte qui “affirme[ent] que ce sont les européens qui seront assimilés”.

            Vous avez donc réussi à lire dans un texte vos peurs et non ce que le texte exprimait. Punt!

            “Après quand à importer chez nous leurs traditions de barbares comme l’excision, la polygamie, le niqab, les mariages forcés, c’est une autre histoire.”

            Et ce n’est pas non plus ce que dit le texte (un passage va même dans le … sens contraire). Ceci étant, ces demandes (marginales, ne vous en déplaise) permettent aussi en négatif de redéfinir “nos” valeurs.

            Et dieu sait si en matière d’égalité de la femme (par exemple) il y a un solide travail a effectuer (quand les femmes et les hommes participeront autant aux tâches ménagères, seront dirigés sur les divers métiers en fonction de leurs envies et compétences et non plus de leur sexe, que le plafond de verre aura explosé, qu’a travail égale le salaire suivra, que les femmes et les hommes s’occuperont autant des enfants, que la violence conjugale sera sous contrôle, qu’on divisera pas 10 le nombre de femmes victimes de violence sexuelles (1 femmes sur 10 il y a +- 10 ans affirmait avoir été victime de tel violence allant du viol aux attouchements) et que les femmes pourront avoir deux enfants sans que leur carrière ne soit nécessairement mise entre parenthèse…

            Maintenant, si 300 burka ou 2 000 pignoufs qui revendiquent des inepties vous posent plus de problèmes que l’inégalité réelle entre les hommes et les femmes en France ou en Italie.

            Et j’ai juste pris un des problèmes, pas nécessairement le plus important, qui se pose aujourd’hui (désindustrialisation, fraude fiscale, écrasement des classes moyennes, désintégration -non pas des “immigrés” mais de pans entiers des sociétés occidentales-, etc).

            ps : Si un ministre ne veut pas “changer concrètement” la situation… faut en changer.


            • jacqueline Le 27 juillet 2013 à 14h36
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              “Vous avez donc réussi à lire dans un texte vos peurs et non ce que le texte exprimait. Punt!”

              Désolée mais je ne suis pas une dinde qui confondrait ses peurs fantasmées et les menaces réelles de choc des civilisations qu’on nous impose et que vous essayez de minimiser..


          • sylko Le 27 juillet 2013 à 14h28
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            C’est son programme à elle ou celle de son gouvernement?
            Est-elle premier ministre?

            Bref sous couvert de respect et d’ouverture d’esprit vous balancez de fausses information en simplifiant les choses.
            A vous lire cette ministre noire est toute puissante elle fait ce qu’elle veut.
            Vos procédés doivent marcher avec les faibles d’esprit.
            Pas de chance sur ce site les faibles d’esprits demeurent minoritaires (malgré votre offensive avec celles de vos complices)


            • jacqueline Le 27 juillet 2013 à 14h43
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              Je n’ai pas dit qu’elle était premier ministre ou majoritaire dans son gouvernement, mais si elle est minoritaire elle essaye tout de même d’enfoncer le coin dans la société italienne.

              Ce n’est pas ce que les italiens souhaitent, point barre !


          • Wilmotte Karim Le 27 juillet 2013 à 14h47
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            To@Jacqueline:

            “Désolée mais je ne suis pas une dinde qui confondrait ses peurs fantasmées et les menaces réelles de choc des civilisations qu’on nous impose et que vous essayez de minimiser..”

            Vous êtes surtout une personne qui a raconté une contre-vérité monumentale et tente de noyer le poisson. Enfin, c’est ce qu’il semble puisse que vous ne pouvez pas apporter d’élément concret à l’appui de votre thèse… alors, que si cette thèse était valide, il suffirait de citer les phrases précises qui se trouvent dans le texte au dessus.

            Or donc, OU DANS LE TEXTE (quel(s) phrases?) est-il indiqué que leur Européens vont être assimilé?

            C’est pas comme si on vous demande un long travail de recherche, il suffit de dire quel(s) phrase(s) soutient que “ce sont les européens qui seront assimilés” (et effectivement, vous aurez beau chercher, ce n’est pas dans le texte…)


            • jacqueline Le 27 juillet 2013 à 14h58
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              Bien sûr le texte ne “soutient” pas , il “sous entend” cette idée.

              Dans votre aveuglement , ce genre de notions vous échappe.


          • Wilmotte Karim Le 27 juillet 2013 à 19h30
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            “il “sous entend” cette idée”

            C’est absolument faux.

            Mais je vous laisse citer les phrases qui soutiennent votre propos.
            (et encore et toujours, vous répondez sans citer… puisqu’il n’y a rien à citer).


          • olivier m Le 28 juillet 2013 à 02h34
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            Le gaulois… PTDR

            Etonnant comment on peut croire être moderne et encore faire référence au gaulois.

            Le fascisme n’est pas loin!


    • sylko Le 27 juillet 2013 à 13h01
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      Je pensais à vous quand je parlais de biais de certains européens.
      Vous citez: “l’immigration”. Pourquoi ne voir que l’immigration?
      Elle est le pendant de l’émigration. Il y a nombre d’européens qui ont émigrés et qui émigrent toujours.Et lorsque les français émigrent ils influencent leur pays d’accueil.
      C’est dommage de ne voir les choses que sous un angle réduit.


      • jacqueline Le 27 juillet 2013 à 13h13
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        Vous n’avez pas du émigrer souvent !


        • sylko Le 27 juillet 2013 à 13h59
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          Si une fois à long terme et une fois à moyen terme.
          Et je ne parle pas de mes parents.
          Et vous?


          • jacqueline Le 27 juillet 2013 à 14h07
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            Plusieurs fois et je suis adepte de : A Rome tu fais comme les romains.

            A part le beaujolais nouveau , une occasion de faire la fête sur nos traditions bien franchouillardes , mais bien partagées dans le monde, je n’ai pas essayé d’en imposer d’autres.


      • sylko Le 27 juillet 2013 à 14h55
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        @ Jacqueline:
        “Je n’ai pas dit qu’elle était premier ministre ou majoritaire dans son gouvernement, mais si elle est minoritaire elle essaye tout de même d’enfoncer le coin dans la société italienne.

        Ce n’est pas ce que les italiens souhaitent, point barre !”

        ==> Etes-vous italienne? Est-ce que vous savez ce que pensent tous les italiens?
        Bref vous balancez des phantasmes et arrangez la réalité.
        Pourquoi vous focalisez-vous sur cette ministre noire et pas sur le chef du gouvernement?
        Son chef à elle?
        ==> Chacun aura sa réponse moi j’ai la mienne…


        • sylko Le 27 juillet 2013 à 14h57
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          @ Jacqueline
          “Plusieurs fois et je suis adepte de : A Rome tu fais comme les romains.

          A part le beaujolais nouveau , une occasion de faire la fête sur nos traditions bien franchouillardes , mais bien partagées dans le monde, je n’ai pas essayé d’en imposer d’autres.”

          ==> Donc pour vous la France se résume au Beaujolais?
          Comme disait l’autre: “ce pays est foutu…”


          • jacqueline Le 27 juillet 2013 à 15h11
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            On nous reproche si souvent d’avoir un complexe de supériorité.

            Mais à l’international le beaujolais nouveau ( moins minable à l’export ) c’est un bon plan marketing et autres si affinités.

            Puis ça me permet entre autres de parler de la gastronomie lyonnaise et de faire découvrir ( sur internet ) la fête des Lumières dans la capitale des Gaules.


          • jacqueline Le 27 juillet 2013 à 19h36
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            Vous ^tes bien curieux.

            Je n’ai pas l’habitude de déballer ma vie privée sur le net .

            Aussi vous devrez vous contenter de cette réponse.


          • Wilmotte Karim Le 27 juillet 2013 à 19h58
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            “Vous ^tes bien curieux.”

            Je ne suis pas spécialement curieux quand à votre vie.

            Il se trouve juste que si c’est 4 * 6 mois ou 2 * 2 ans dans l’un ou l’autre pays sans aucune volonté/perspective de s’y installer, vous ne pouvez pas comparer cela à d’autres types d’immigration.


  5. Lisztfr Le 27 juillet 2013 à 11h34
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    Le rapport entre Venise et l’immigration est caduque…

    “Nous devrions accepter…” est un vocabulaire que j’ai rayé de mon dictionnaire depuis belle lurette, un vocabulaire de renégats et de défroqués.

    Pour reprendre Epictète. ce qui dépend de nous, en l’occurrence le monde culturel et l’immigration, on peut le formater en fonction de décisions politiques.


  6. Fabrice Le 27 juillet 2013 à 11h50
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    Vous savez on parle de Venise mais le mont Saint-Michel et ses communes limitrophes qui ne sont plus accessibles librement auraient pu aussi servir de référence à cet article.

    Effectivement les valeurs humaines sont sacrifiées aux atouts économiques d’un site comme quoi on a pas besoin de volcan pour créer des Pompéis (villes merveilleuses mais vidées de ce qui fait leur éclat, la vie apportée par ses habitants).

    Les humains étant invités à admirer, dépenser mais surtout à ne pas rester pour ne pas défigurer la carte postale, que pourraient provoquer leur présence.


  7. sylko Le 27 juillet 2013 à 11h54
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    Article très intéressant, car c’est une personne qui a connu la problématique de vivre dans une fédération unifiée: l’ex youglosavie.
    Beaucoup de personnes de l’ex Yougoslavie pourraient nous apprendre pas mal de choses quant à l’expérience de l’Etat pluriethnique et multiconfessionnel.
    Et c’est pas mal de remettre en perspective l’histoire de l’Italie, grand pays d’émigration (18 millions d’émigrants !!) qui est devenu pays d’immigration.
    L’une des phrases les plus importantes du texte: “l’Europe n’est pas encore prête pour les réfugiés qui protestent. Les Européens attendent seulement de la reconnaissance.”
    Cela résume l’état d’esprit de nombre d’Européens qui ont une vision biaisée du monde.


    • dafdesade Le 27 juillet 2013 à 14h04
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      Il me semble que vous avez raison, l’ex-yougoslavie a beaucoup à nous apprendre. La fédération yougoslave, multiethnique et multiconfessionnelle, n’était pas fondée sur des institutions démocratiques. A l’exemple des grands ensembles politiques de même nature, multiethnique et multiconfessionnelle, les différents empires dont l’Histoire porte le témoignage, ses peuples étaient unis par la force. Lorsque la force est venue à manquer, cette construction politique s’est effondrée, entraînant les drames que nous avons vus. Il y a un lien étonnant entre la forme nationale et la démocratie, tout le XIX en porte témoignage cependant.
      La dénonciation des nationalismes, aussi compréhensible qu’elle soit, en raison des horreurs et les drames qui ont parfois, pas toujours, accompagné des revendications politiques portées par une référence culturelle, a sans doute obscurci chez nous, le sens politique. Et beaucoup, en particulier chez les intellectuels, se flattent de croire que le politique est ce que l’on veut qu’il soit, ce que la volonté veut, il est fort probable qu’il n’y ait là qu’une illusion. Heureusement, ou plutôt malheureusement je le crains, le XXI siècle va se charger de trancher ces questions, qui ne sont pas seulement théoriques.


      • sylko Le 27 juillet 2013 à 14h37
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        Bref comme la France qui n’a pas toujours été une démocratie. (loin de là)
        Vous ramenez l’ex-yougoslavie à un empire mais rappelez-vous que qu’elle ne comptait qu’environ 25 millions d’habitants…
        Je partage votre opinion exposée dans ce post sauf la fin:
        “le XXI siècle va se charger de trancher ces questions, qui ne sont pas seulement théoriques.” ==> je ne sais pas si cela va être tranché. J’en ai aucune idée en fait.


      • guyomette Le 27 juillet 2013 à 15h45
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        D’après vous, ce seront les “coutumes” qu’elles soient et en l’espèce celles issues de l’immigration qui finirait par orienter le politique de telle façon que ce politique conçu sur le modèle de la DDHC viendrait à faillir ?
        C’est aller un peu loin. Les coutumes venues de l’immigration sont multiples, que dire par exemple du fait que la religion orthodoxe s’importe aussi beaucoup…
        D’autre part, le pays accueillant influe aussi sur les populations immigrées et leurs dites “coutumes”. Et le pays accueillant continuera d’influer, si en revanche l’on revendique ce que nos cultures “de souche” ont produit de meilleur, sans se laisser intimider.


        • guyomette Le 27 juillet 2013 à 15h51
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          Je voulais dire en début de post d’après dafdesade (au lieu de : d’après vous).


  8. Britt Le 27 juillet 2013 à 12h01
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    Sous l’angle arithmétique pure, combien d’individus peut on accueillir tout en maintenant la richesse par individu telle que actuelle ? si on projette à l’infini, on doit pouvoir ajouter 500, 600, millions de migrants en plus. dans ces conditions garderons nous un niveau de vie tel qu’aujourd’hui (ou ressemblant) avec en perspective le peak all.
    Pour être clair le gâteau est encore appetissant mais combien de temps le restera t il ?
    La démographie sera t elle un atout dans un monde de rareté ?
    Tout simplement en 39, la France c’était 40 million d’habs et les mauvaises années on importait du grain. Quid avec 65,70, 80 million d’habs ?
    Sous l’angle de la culture, on fait référence au passé et à l’intégration réussie des migrants précédents. Pour la France les italiens, polonais, espagnols essentiellement. c’est oublier que pour ces gens là les contraintes sociales d’intégration étaient incommensurables en regard de celles d’aujourd’hui. en 39 on n’a pas hésité à virer les italiens au motif que l’Italie était un pays ennemi.
    les polonais sont venus en France en sachant qu’ils ne pourraient pas retourner au pays. D’ailleurs les parents (migrants directs) polonais interdisaient à leurs enfants de parler la langue d’origine à la maison. C’était de l’intégration à marche forcée. Et les Espagnols républicains pareil. En matière d’intégration souvenons nous de comment les républicains réfugiés en France ont été traités par les autorités.
    et tout cela sans aide, sans alloc, sans rien. Même plus à une époque pour avoir la nationalité il fallait donner naissance à un enfant mâle. Je vous laisse imaginer la tragédie quand il n’y avait que des filles.
    Evidemment au final ça motive et on a transformé tout ça en intégration “spontanée”, “naturelle”. .
    j’oubliais, toutes ces populations étaient très proches de notre culture (greco-latine et judéo-chrétien) et il y a eu des frictions.
    le miracle de cette intégration c’est surtout des contraintes formidables imposées par l’etat, le corps social et l’individu lui même.
    Donc aujourd’hui laissons faire et ça devrait marcher… dormez tranquilles bonnes gens.


    • yoananda Le 27 juillet 2013 à 12h14
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      +1
      Nous sommes face à une triple problématique :
      * le pic pétrolier (pic all en réalité) et les pénuries qui s’annoncent, et qui ont déjà un impact géopolitique (printemps arabe, guerre du pétrole, etc…)
      * état laxiste, qui favorise l’assistanat, sous couvert de repentance néo-colonialiste
      * replis communautaire face à la décadence prononcée de la société d’accueil

      Pour faire simple, nous sommes déjà à saturation, et la situation ne va pas s’améliorer.
      Et je ne parle pas de l’effet ciseau démographique : forte natalité d’un coté, forte mortalité (fin du papyboom oblige) de l’autre.


      • sylko Le 27 juillet 2013 à 12h22
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        La “guerre du pétrole” est loin d’être nouvelle idem pour la guerre du Gaz (souvenez-vous des iraniens avec l’opération Ajax) Et cette guerre du pétrole mon cher Yoananda vous comme moi en France nous en avons très largement bénéficié.Donc rien de neuf de ce côté.

        “Etat laxiste” il est aussi laxiste pour les sommets du pouvoir, sous De Gaulle un type comme Cahuzac ou DSK auraient démissioné d’eux-même.

        Selon vous l’Etat “favorise l’assistanat, sous couvert de repentance néo-colonialiste”?
        Pour qu’il y ait repentance il faudrait que la faute soit passée, qu’est-ce qui vous dit que c’est le cas? ==> biais européo-centré.

        C’est bien de s’intéresser à la géopolitique effort louable, mais vous êtes myope et ne sortez pas de votre vision biaisée.


        • yoananda Le 27 juillet 2013 à 13h35
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          Je parle du pic pétrolier. Renseignez vous un peu avant venir donner des leçons de géo-économie. lol

          Pour le reste, je comprends vos contres-arguments, j’y souscris, mais faites l’effort de comprendre.


          • sylko Le 27 juillet 2013 à 14h05
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            Je ne fais pas de géo-économie, je parle de géopolitique. Lisez mes posts svp.
            Et je vous ai posé une question : vous n’y répondez pas.
            “Selon vous l’Etat “favorise l’assistanat, sous couvert de repentance néo-colonialiste”?
            Pour qu’il y ait repentance il faudrait que la faute soit passée, qu’est-ce qui vous dit que c’est le cas? ==> biais européo-centré.”
            ==> vous ne voulez pas y répondre, ou vous direz que vous ne comprenez pas la question?

            “j’y souscris, mais faites l’effort de comprendre.” Vous me demandez quelque chose avant de répondre à mes questions. Procédé amusant… Mais faible intellectuellement.


          • yoananda Le 27 juillet 2013 à 15h06
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            Je répondrais quand j’aurais un interlocuteur qui ne comprends pas ce que je dis de travers (par deux fois).


      • toutouadi Le 27 juillet 2013 à 15h46
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        “* état laxiste, qui favorise l’assistanat, sous couvert de repentance néo-colonialiste”

        C’est à dire ?

        Gratt grattt <— (Grattement de tète suite à une intense perplexité !!)

        http://www.francetvinfo.fr/politique/c-politique/video-les-vrais-chiffres-de-la-criminalite-en-france_333172.html


        • yoananda Le 27 juillet 2013 à 17h51
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          http://auxinfosdunain.blogspot.fr/2013/07/la-france-croule-sous-lassistanat.html

          La France est toujours le pays qui consacre le plus de moyens à ses dépenses sociales, qui devraient atteindre 33% de son produit intérieur brut cette année.

          sans compter le trop plein de dépenses pour les fonctionnaires, les cac40, et probablement les retraites.

          ça c’est pour la culture de l’assistanat en général. Le lien avec le néo-colonialisme c’est via l’assistanat des immigrés :
          “par rapport aux individus nés en France, “environ 1,6 fois plus nombreux à recevoir des allocations chômage, 3,8 fois plus représentés parmi les bénéficiaires du RMI, et en moyenne 2,5 fois plus dépendants des aides au logement”.

          http://yoananda.wordpress.com/2012/12/15/la-politique-immigratoire-de-la-france/

          Attention, le principe des aides sociales n’est pas en cause. Simplement leur “hauteur”, et le fait qu’avec notre grand fossé fiscal (cf Picketty) il vaut mieux être aidé que travailler.

          Je sais que quand on ne veut pas voir l’évidence (suffit d’aller dans un bureau de la CAF en principe, même pas besoin de stats) on peut rétorquer tout un tas de choses … mais bon … les faits sont têtus parait-il !


          • sylko Le 27 juillet 2013 à 18h10
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            Sauf qu’aller voir juste un bureau de la CAF n’est pas représentatif statistiquement.
            Bref vos observations sont du niveau café du commerce.
            Et qu’est-ce qui vous dit que tous les immigrés en question proviennent des anciennes colonies françaises?
            La Roumanie est une ancienne colonie française?

            Je suis déçu: je m’attendais à des démonstrations pleine de faits, de chiffres avec des sources.
            Bref vous venez polluer le site d’Olivier Berruyer en balançant des inepties de faible niveau, tout ça pour rameuter des gens à aller visiter votre skyblog.

            “Les infos du nain” c’est pas le blog qui publie régulièrement des hoax? Comme le fait que le mari de Trappes était antillais?
            Magnifique vos sources…


          • toutouadi Le 27 juillet 2013 à 20h09
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            “Je sais que quand on ne veut pas voir l’évidence (suffit d’aller dans un bureau de la CAF en principe, même pas besoin de stats) on peut rétorquer tout un tas de choses … mais bon … les faits sont têtus parait-il !”

            Ha bin oui !! pas besoin de stats

            Suffit d’aller en prison pour y voir des délinquants !!
            Suffit d’aller dans les hôpitaux pour y voir des malades !!
            Suffit d’aller au Fouquet’s pour y voir des riches !!
            Suffit d’aller au cimetière pour y voir des morts !!
            Suffit d’aller dans ma poche pour y trouver des pièces jaunes !!

            Rassure moi !! C’était de l’humour ?


        • yoananda Le 27 juillet 2013 à 18h47
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          et j’ai oublié le plus important, le laxisme judiciaire qui laisse le sentiment d’impunité dans les cités se répandre : ni les peines, ni le dimensionnement des prisons ne sont plus dissuasif.


          • Wilmotte Karim Le 27 juillet 2013 à 19h41
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            “La France est toujours le pays qui consacre le plus de moyens à ses dépenses sociales, qui devraient atteindre 33% de son produit intérieur brut cette année.”

            Car évidement, le gros problème est que les entreprises du CAC 40 ne font pas encore assez de bénéfice.

            Et sortir le pourcentage de dépense sociale pour justifier des propos sur l’assistanat est très faible : il faut au moins démontrer le liens sérieux entre les deux. Par exemple, des chiffres d’assistés, en fonction de leur “qualité” d’assisté (malades, retraités…).

            Tien, si les retraités sont des assistés, est-ce que les retraités dont les fonds de pensions sont investit dans le CAC 40 sont des… assistés?

            “ni les peines, ni le dimensionnement des prisons ne sont plus dissuasif”
            => reste plus qu’a démontrer cela (faites tout de même attention, il existe des connaissances scientifiques solide en la matière. Et il se pourrait que la connaissance scientifique en la matière ne vous contredise un peu, beaucoup, passionnément… à la folie!)


          • yoananda Le 27 juillet 2013 à 20h05
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            c’est démontré Karim, le plus scientifiquement qu’on puisse le faire, mais c’est gentil de t’inquietter pour moi.


          • Patrick Luder Le 27 juillet 2013 à 20h25
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            L’emprisonnement c’est d’abord la privation de liberté,
            ans le but de pouvoir se repositionner
            et repartir sur de nouvelles bases (pas toujours possible).

            L’effet dissuasif de prisons genre “oubliettes” ne compte absolument pas !!!


          • toutouadi Le 27 juillet 2013 à 20h47
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            “c’est démontré Karim, le plus scientifiquement qu’on puisse le faire…”

            Qui quoi comment ???

            Hoooo !! Yoan !!! Tu n’es pas raisonnable, tu as encore regardé TF1 …
            Tu sais bien que cela ne te réussit pas.


          • toutouadi Le 27 juillet 2013 à 21h15
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            Il n’y a pas de monté de l’insécurité.. Les crimes de sang ont été divisé par 2 en 15 ans alors que dans le même laps de temps la population augmentait.

            Le sentiment d’insécurité auquel tu a l’air particulièrement sensible, n’a qu’une seule fonction… Faire élire des crétins par des demeurés

            (Allez …j’ose … )

            C’est STATISTIQUEMENT prouvé.


          • toutouadi Le 27 juillet 2013 à 22h03
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            La peur en tant que moyen de communication fait appel à l’émotion et permet ainsi d’occulter la raison.
            Stratégie très intéressante quand on veut défendre des intérêts partisans ou une idéologie nauséeuse impossible à plaider face à un minimum d’intelligence et d’esprit critique.

            Principales peurs instrumentalisées : La délinquance, l’immigration et le pompon étant bien sûr la délinquance issue de l’immigration.
            Le jeune aussi, ça marche bien il a avantageusement remplacé le péril jaune des années 70 mais en ce moment le roms revient très en force.
            Le must étant l’ineffable jeune délinquant issu de l’immigration tsigane !!


          • toutouadi Le 27 juillet 2013 à 22h49
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            Bin !! yoyo tu dors ?

            Peur du chômage pour pratiquer du dumping salarial et social.(cause principale de la crise)
            Peur des guerres pour faire accepter une Europe libérale et irresponsable
            Peur du terrorisme pour brider nos libertés.
            Peur de la crise pour faire payer aux peuples les turpitudes de la propriété privée.
            Peur de la délocalisation pour museler les syndicats.
            Etc…

            Bref … La peur est mauvaise conseillère.


      • Patrick Luder Le 27 juillet 2013 à 20h20
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        @yoananda
        Mais non, nous ne sommes pas encore à saturation,
        nous sommes juste hermétique …


    • sylko Le 27 juillet 2013 à 12h15
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      “Même plus à une époque pour avoir la nationalité il fallait donner naissance à un enfant mâle. Je vous laisse imaginer la tragédie quand il n’y avait que des filles.” ==> avez-vous des références? Je n’en ai jamais entendu parlé.

      “D’ailleurs les parents (migrants directs) polonais interdisaient à leurs enfants de parler la langue d’origine à la maison” ==> Mes grands parents français qui parlaient le patois auvergnat à la maison se voyaient interdits de le pratiquer à l’école.Donc même les français de souche on subi l’intégration, la “construction” de la France.

      “toutes ces populations étaient très proches de notre culture (greco-latine et judéo-chrétien) et il y a eu des frictions.” ==> vous raisonnez à l’envers, on veut nous faire croire qu’il n’y a que maintenant que l’immigration pose problème en fait elle a toujours posé problème musulman ou non. Rien n’a changé au final.
      En outre cela me fait sourire quand on parle de “judéo-chrétien” il n’y a pas si longtemps les deux étaient clairement incompatibles, je vous rappelle qu’à la nuit de la Saint Barthélémy ce sont des chrétiens qui se sont massacrés entre eux.
      Le présent n’est pas glorieux c’est vrai mais n’essayez pas d’enjoliver le passé.


      • Wilmotte Karim Le 27 juillet 2013 à 12h54
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        Les italiens étaient des criminels (violeurs, mafiosi, jouaient du couteau, voleurs, etc), les polonais … aussi. TOUTES les vagues d’immigrations ont été taxé de la même manière (avec des différences légères : on ne dit pas du polonais qu’il est mafiosi. La belle affaire.).

        TOUT ces préjugés se sont TOUJOURS révélés faux.

        Ainsi, les migrations venant de nos pays ont été stigmatisé de la même manière : je ne sais quel était la crise du pétrole qui a justifié les émeutes anti-belges en France ou le caractère prétendument violeur des Belges en 40 en Angleterre ou encore leur façon de profiter de la France lorsque 700 000 Belges ont fui l’invasion Allemande en 14-18.


        • dafdesade Le 27 juillet 2013 à 13h34
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          Il faudrait écrire un dictionnaire contemporain des idées reçues, à la manière de Flaubert. A l’entrée “préjuger” ou “stigmatiser”, que pourrait-on écrire ?
          “Préjuger”, se rencontre surtout sous la forme d’un participe passé substantivé. Terme qui par une cruelle ironie de l’histoire a pris un sens tout à fait opposé à celui qu’il avait à son origine et en particulier à son domaine d’emprunt, la philosophie. Jugement fondé en raison qui se voit dénier toute légitimité du seul fait qu’il attribue à son sujet des caractères qui choquent les préjugés ( cette fois-ci à prendre dans son sens d’origine) d’époque. Un “préjugé” aujourd’hui c’est un jugement qui a le tort d’avoir raison en somme. Curieux retournement de sens, mais il le faut bien, si l’on veut prendre ses désirs pour la réalité et les vessies pour des lanternes.


          • sylko Le 27 juillet 2013 à 14h12
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            Vous aimez la masturbation intellectuelle, manifestement…
            Tout ça pour déguiser votre pensée “Un “préjugé” aujourd’hui c’est un jugement qui a le tort d’avoir raison en somme”

            Exposez directement votre opinion on ira plus vite…


          • guyomette Le 29 juillet 2013 à 19h06
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            Réponse que je n’arrive pas à caser + haut, à votre : “Les mondes symboliques évoluent mais justement de quelles évolutions s’agit-il ? S’agit-il d’embrasser toutes les évolutions ?… A chaque fois des ruptures symboliques fortes …un sens au sein de leur propre culture.

            Dans ce cas, oui je suis d’accord. Je parle bien d’évolution au sens exact où vous l’entendez, et je refuse toute “fausse-évolution” qui mettrait en péril les Lois fondées sur la DDHC. Et qui recoupent certaines des valeurs issues du christianisme (même si les sociétés de culture chrétienne les ont parfois honteusement foulées, pas une raison pour faire pire et les supprimer tout bonnement).
            Or, à ce titre en effet, je vois certaines ruptures s’effectuer, je m’en inquiète et n’entends pas la boucler.
            En revanche, je ne cesserai de dire aussi que la plupart des gens musulmans que je rencontre sont plutôt “cool”… Bref, il y a une “limite” psychique, politique, culturelle à trouver en deçà de laquelle il faut penser et agir avec tolérance et souplesse, et au delà de laquelle il faut dire non, sans état d’âme et sans faillir.


      • Britt Le 27 juillet 2013 à 14h23
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        Je connais pas mal de descendants (et leurs ascendants) de migrants polonais.
        je tire cela de ce que m’ont expliqué de vieux mineurs à Douai.
        Sinon il y a toujours eu des problèmes avec les migrants quels qu’ils soient, la peur de l’autre pourquoi pas mais essentiellement parce qu’ils représentaient une menace (perçu comme tel) pour le gagne pain.
        Cependant, dès la deuxième génération les différences perçues avaient disparues. Ils étaient rentrés dans le moule socio économique.
        Concernant la langue, ou le patois pour l’exemple auvergnat, la nuance est énorme. les auvergnats étaient contraints les polonais l’ont choisi. c’est ce qui fait qu’en trois générations plus un seul de leur descendants ne parle le polonais.
        De plus, concernant les patois, le français était la langue de la réussite et bien des familles françaises l’ont adopté dans ce sens. Mais c’est vrai qu’à raisonner de faits d’une autre époque avec un regard d’aujourd’hui on commet un anachronisme avec le risque de raisonner faux.
        Enfin, concernant la réforme, ce n’est pas la remise en cause d’une culture judeo chrétienne qui était en jeu. toutes les monothéistes ont leurs guerres internes, rien qu’actuellement on a une belle bagarre entre sunnites à tendance wahhabites et alaouites en Syrie.


      • sylko Le 27 juillet 2013 à 15h27
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        @ Yoananda:
        “Je répondrais quand j’aurais un interlocuteur qui ne comprends pas ce que je dis de travers (par deux fois).”
        ==> j’avais écris “==> vous ne voulez pas y répondre, ou vous direz que vous ne comprenez pas la question?”

        Je ne m’étais pas trompé: vous fuyez l’échange en jetant la faute sur moi. Faible, très faible intellectuellement… Et tellement sarkozien.

        C’est dur d’échanger avec des gens qui ont un peu de culture hein, Yoananda?


        • yoananda Le 27 juillet 2013 à 17h54
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          Non, j’ai expliqué, tu comprends de travers, et la, idem, ca fait 3X sur 3 réponses.
          Je ne suis pas un coton tige. mdr


          • Wilmotte Karim Le 27 juillet 2013 à 19h42
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            Dire “j’ai raison” est tout sauf une explication.
            Répéter un avis sans y apporter des arguments ET faire le lien entre eux n’est pas plus une explication.


          • yoananda Le 27 juillet 2013 à 20h05
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            Ha tiens, c’est journée promo sur les coton tiges on dirait …


          • Patrick Luder Le 27 juillet 2013 à 20h29
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            Mais c’est pas bientôt fini ces chamailleries? Allez, zou, allez jouer ailleurs !


  9. yann Le 27 juillet 2013 à 12h52
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    Bonjour,
    Ayant visité Venise et Murano il y a peu une remarque m’est venue à l’esprit.
    Du temps de sa splendeur qui a durée quelques siècles Venise menait une politique de protection de son industrie verrière, c’est d’ailleurs pour cette raison que les verriers furent réunis à Murano afin de mieux les contrôler. Les “traîtres” livreurs de secrets de fabrication étaient punis.

    Étonnant contraste avec notre époque ou nos politiques, financiers et industriels font la queue en Chine ou ailleurs pour certes vendre les produits de nos fleurons industriels mais aussi ce qui est nouveau leurs secrets de fabrication.


  10. LeMarquis Le 27 juillet 2013 à 13h46
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    “TOUT ces préjugés se sont TOUJOURS révélés faux.”

    Normal, tous les migrants se valent puisque tous les hommes se valent, et toutes les civilisations également.


    • sylko Le 27 juillet 2013 à 14h10
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      ““TOUT ces préjugés se sont TOUJOURS révélés faux.””
      J’ai toujours du mal avec ce genre de grandes envolées lyriques (la faute de français mise à part)
      Après je vois ou voulez en venir et je ne goûte pas votre ironie.
      Je préfère à la limite ce genre de grande phrase (même s’il faut garder son esprit critique) à une époque où on pouvait massacrer des peuples entiers parce qu’ils s’habillaient pas comme nous…

      Vous semblez déployer toute la rhétorique néo-conservatrice américaine.


    • dafdesade Le 27 juillet 2013 à 14h12
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      Oui, LeMarquis, c’est bien le fond de cette “pensée”, expression d’un anti-racisme dogmatique achevé. C’est aussi une expression assez drôle de la bêtise contemporaine.


      • Wilmotte Karim Le 27 juillet 2013 à 14h35
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        Si notre civilisation est supérieure, cela ne nous octroie-t-il pas des droits spécifiques?

        Nos sociétés répondent aux problèmes qui se posent à elles d’une façon qui leurs sont propres et nous appartiennent.

        La question que me semble poser l’article (et qui est quelque peu différente d’un anti-racisme dogmatique), c’est la participation des personnes d’origine étrangère à la direction de la Cité et à la vie dans celle-ci : cette participation étant le chemin de leur intégration dans nos sociétés.


        • LeMarquis Le 27 juillet 2013 à 15h21
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          Avec le peak everything, l’actualité c’est plutôt la désintégration de nos sociétés…


  11. Lisztfr Le 27 juillet 2013 à 14h36
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    Pour Rousseau l’homme était bon à l’origine, avant qu’intervienne la corruption par société et l’amour de soi, mais cette vision est sans doute idéaliste … – on n’a pas encore trouvé Rousseau dans notre ADN bien compliqué (un peu d’altruisme). Je pense que toutes ces hostilités entre populations sont des comportement de nature éthologique, que l’on retrouve d’ailleurs chez les primates et mêmes au delà On ne pourra pas les modifier…

    Logiquement, je ne comprends pas comment l’immigration peut être perçue comme un bienfait puisqu’il s’agit à l’origine, d’un déracinement. C’est une déportation pour motifs économiques… ou autres que j’ignore. Si c’est cela la solution au problèmes économiques, je trouve ça lamentable.


    • sylko Le 27 juillet 2013 à 14h40
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      “Logiquement, je ne comprends pas comment l’immigration peut être perçue comme un bienfait puisqu’il s’agit à l’origine, d’un déracinement.”
      ==> On pourrait vous répondre l’opposé. Un enfant ne passe pas toute sa vie dans la maison de ses parents. Un jour il quitte le nid et va à son tour un foyer une maison.

      En outre pourquoi vous limitez-vous à l’immigration?? A mon avis vous devriez inclure d’émigration…


    • raloul Le 29 juillet 2013 à 00h34
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      Bonjour!

      L’adn a bon dos… Quel défaitisme! Bien sûr que nous sommes capables d’être maîtres de nos comportements, et ça peut aller très loin! Ce n’est à mon avis que de la lâcheté mal déguisée que d’accuser une prétendue “nature ethologique” appliquée à l’homme.

      C’est un problème de culture, d’éducation, d’intelligence collective et un débat complexe; le moins que l’on puisse dire est que nous ne sommes pas assez évolués spirituellement pour parvenir à une solution pacifiée aux dilemnes posés par l’immigration. Ce qui ne signifie nullement qu’une telle solution n’est pas à la portée de l’espèce humaine. Le problème est vaste, et rien ne peut être définitif dans ce domaine. Il y aura toujours des formes de migrations. Mais ici comme dans beaucoup d’autres domaines, il me semble que peu de gens cherchent à lutter contre les bases des problèmes, et nombreux sont ceux qui s’attaquent aux seuls symptômes, et les plus visibles d’abord.

      Ceci dit, je désapprouve fortement certains aspects de l’article, qui présente l’acculturation – lessivant les identités nationales – de l’Europe comme inévitable, alors qu’il ne s’agit que d’un fantasme mal placé de l’auteur, à mon avis. Tout est fonction de choix; et bien que je les déplore en partie, je comprends tout à fait les réflexes identitaires en Europe, et je trouve très malsain de les dénigrer par principe. Il faut chercher à comprendre d’où ça vient et respecter les choix démocratiques de gens, dans certains pays, qui veulent restreindre fermement l’immigration. Si l’on n’a pas ce respect de base pour l’opinion de certaines populations européennes, il est tout à fait gratuit et sans profondeur de gloser sur le respect qu’il faudrait montrer à l’égard des migrants; c’est un “deux poids deux mesures” bien stupide. Oui, il y a des “valeurs” typiquement européennes qui valent la peine d’être préservées, et je trouve un peu léger de la part de l’auteur de considérer comme pathétiques des réactions de peur en Allemagne, en France ou ailleurs qui ont pourtant des fondements tout à fait concrets. Il serait plus intelligent de chercher à comprendre d’où viennent ces peurs, ou alors par exemple quelle dérive politique gravissime a conduit à ce que le patrimoine culturel italien soit bradé à des intérêts étrangers… dommage! L’auteur mélange de surcroît un peu tout, et utilise des symboles (comme le verre de Murano) pour présenter certaines réalités comme inéluctables, alors qu’elles résultent toujours de choix individuels et collectifs.


  12. BA Le 27 juillet 2013 à 15h12
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    “Que ce soit à un rythme lent ou rapide, légalement ou illégalement, avec ou sans argent, en tant que réfugiés ou non – des immigrants arrivent.”

    Oui, des immigrants arrivent dans les pays européens.

    Et quel est le résultat ?

    Est-ce que ces immigrants sont bien accueillis ?

    Est-ce que ces immigrants sont bien logés ?

    Est-ce que ces immigrants trouvent un emploi ?

    Ou alors est-ce que ces immigrants ne font qu’ACCOMPAGNER le naufrage du Titanic ?

    Est-ce que ces immigrants ne font qu’accompagner le naufrage des pays européens qui, jadis, étaient prospères, et qui, aujourd’hui, sont en train de faire naufrage ?

    A propos des défauts de paiement des pays européens, Romaric Godin écrit :

    L’automne sera placé sous le signe de la restructuration des dettes publiques dans les pays périphériques de la zone euro. Même si officiellement, il ne saurait en être question, l’idée fait en effet son chemin. Rajouter de la dette du MES (Mécanisme européen de stabilité) à de la dette pour « sauver temporairement » ces pays comme cela a été le cas depuis 2011 ne saurait être une solution durable. Mais comment restructurer une dette ? L’histoire donne un certain nombre de pistes. Et permet également d’évaluer les conséquences de ces défauts.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20130725trib000777526/restructuration-de-la-dette-europeenne-mode-d-emploi.html

    Pronostic :

    Les pays européens qui vont faire défaut sont les suivants :

    Grèce, Italie, Portugal, Irlande, Belgique, France, Espagne, Royaume-Uni, Chypre, et plus si affinités.

    1- Médaille d’or : Grèce. Dette publique de 305,291 milliards d’euros, soit 160,5 % du PIB.

    2- Médaille d’argent : Italie. Dette publique de 2034,763 milliards d’euros, soit 130,3 % du PIB.

    3- Médaille de bronze : Portugal. Dette publique de 208,284 milliards d’euros, soit 127,2 % du PIB.

    4- Irlande : dette publique de 204,054 milliards d’euros, soit 125,1 % du PIB.

    5- Belgique : dette publique de 394,220 milliards d’euros, soit 104,5 % du PIB.

    6- France : dette publique de 1870,294 milliards d’euros, soit 91,9 % du PIB.

    7- Espagne : dette publique de 922,828 milliards d’euros, soit 88,2 % du PIB.

    8- Royaume-Uni : dette publique de 1385,701 milliards de livres sterling, soit 88,2 % du PIB.

    9- Chypre : dette publique de 15,342 milliards d’euros, soit 86,9 % du PIB.


    • sylko Le 27 juillet 2013 à 15h36
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      “Oui, des immigrants arrivent dans les pays européens.”
      Et les européens qui émigrent?


      • GRRR Le 27 juillet 2013 à 15h43
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        de jeunes français en masse en Irlande et Grande Bretagne jusqu’à récemment, de plus en plus espagnols vers l’Allemagne, etc. Les multinationales se délectent: en déracinant les gens elle font disparaitre les nations. Elles vont, par exemple, commencer par mettre en place des tribunaux sans aucune légitimité afin de pouvoir les attaquer ( http://www.arte.tv/sites/fr/robin/20…cano-europeen/)


        • yoananda Le 27 juillet 2013 à 17h58
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          Ton lien ne fonctionne pas… dommage parce que j’ignorais cette histoire de tribunaux qui a l’air très intéressante et symptomatique !


          • sylko Le 27 juillet 2013 à 18h03
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            Vous ne répondez pas à ma question???
            Yoananda. Etalez votre intelligence. Répondez à ma question, svp.

            “Selon vous l’Etat “favorise l’assistanat, sous couvert de repentance néo-colonialiste”?
            Pour qu’il y ait repentance il faudrait que la faute soit passée, qu’est-ce qui vous dit que c’est le cas? ==> biais européo-centré.”


      • Patrick Luder Le 27 juillet 2013 à 20h41
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        … et les Suisses qui viennent habiter ne France, vous y comprenez quelque chose ???


  13. GRRR Le 27 juillet 2013 à 15h32
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    “… le sentiment d’insécurité est une «construction» politique et médiatique, qui introduit et attise la «peur de l’autre » et augmente le sentiment d’insécurité déjà présent qui existe pour des raisons économiques et d’emploi (ou de chômage) », écrit l’auteur Ilvo Diamanti.
    ….les mêmes raisons qui génèrent l’émigration de masse!
    Quand “aux minima sociaux trop élevés pour inciter leurs bénéficiaires à travailler” (cf. “l’état laxiste, qui favorise l’assistanat”), il ne faudrait pas oublier que tous les jours des milliers d’emplois disparaissent et ne sont pas remplacés. Et surtout, que parmi ces emplois il y en a de nombreux qui, sans l’avidité insatiable de bénéficiaires de dividendes, auraient pu être maintenus…
    Un peu de respect pour ceux qui (sur)vivent avec moins de 800€ (seuil de pauvreté si je ne m’abuse) par mois. (Oui, je sais, avec un tel revenu, il font partie des 20% les plus riches de la planète! Mais ne vivent pas forcément décemment là où ils vivent. Et n’ont pas envie de partir s’installer dans des pays pauvres. Ce qui d’ailleurs contribue à modifier les équilibres économiques et sociaux des ces pays)


    • yoananda Le 27 juillet 2013 à 18h01
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      Oui c’est vrai, bien sûr, c’est plus complexe … ce n’est pas toujours un choix d’être assisté, mais il y a aussi une culture de l’assistanat qui se développe par facilité. L’un n’empêche pas l’autre.


      • GRRR Le 28 juillet 2013 à 00h42
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        Ce n’est jamais un choix. Et avec tous les problèmes de harcèlements et mauvais traitement dans les entreprises, nous allons nous en rendre bien compte…


        • euska Le 29 juillet 2013 à 10h15
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          Et bien si parfois, (souvent ?) c’est un choix, et j’en connais beaucoup dans mon entourage direct qui font tout pour ne pas travailler et son très content de se satisfaire des aides !!!

          Il y en a même une qui a réussi à torpiller un entretien d’embauche chez McDo alors que le manager était prêt à faire preuve de souplesse sur les horaires et le temps de travail !!!

          Il faut savoir être réaliste pourquoi se fatiguer au travail tous les jours pour toucher 1100 Euros par mois au SMIC alors qu’en cumulant nombre d’aides il est relativement aisé d’atteindre ce montant ?

          Je ne parle même pas des petits boulots au noir en parallèle qui permettent à certains de mieux vivre que des ingénieurs.


  14. Balthazar Le 27 juillet 2013 à 15h40
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    Je n’aime pas cet article, il ne correspond pas à ma vision des choses. Comme dit plus haut, ça fait longtemps que la population européenne (les 99%) se fait bananer par l’élite. Occupons nous d’abord de nos problèmes, et laissons les étrangers régler les leurs, chez eux.
    Je suis pour la liberté de passage, contre l’immigration illégale.


    • Wilmotte Karim Le 27 juillet 2013 à 19h48
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      Et vous allez faire comment pour réellement empêcher l’immigration?
      (à part construire des miradors à tout les poins d’entrées possible… et sous réserve que cela soit efficace, ce qui n’est pas certain).


      • yoananda Le 27 juillet 2013 à 20h03
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        Ne pas délivrer de visas, changer les lois, punir les sans papier et leurs employeurs. Très simple, question de volonté.


        • sylko Le 27 juillet 2013 à 21h44
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          “Très simple, question de volonté.” ==> Merci pour ce bon moment de rigolade.
          Quand je ferai un dîner de c*** , je vous enverrai une invitation: vous ferez fureur.


        • Wilmotte Karim Le 27 juillet 2013 à 23h47
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          C’est du Français pourtant :
          “Et vous allez faire comment pour réellement empêcher l’immigration?”

          Comment, CONCRÈTEMENT, allez vous empêcher l’entrée et la résidence sur le territoire?

          Et n’hésitez pas à breveter, il y a des dizaines de régimes gestapistes qui aimeraient avoir l’efficacité que vous affirmer (certes, en restant toujours dans le vague et en répondant à côté).


          • bernard botul henry Le 29 juillet 2013 à 01h03
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            Ca ne me parait pas bien difficile , on prévient par voix d’affiche, que tous les mois on exécutera un illégal en place publique : dés lors ils leur reste un mois pour se mettre en conformité avec nos lois et nous lacher la grappe !
            Celui qui reste se suicide , ca le regarde !!
            Il s’agit de sauver notre civilisation , qui veut la fin doit admettre les moyens , nous ne pouvons plus accepter tous ces gens de civilisations désuètes qui se reproduisent 3 fois plus que nous , c ‘est de la légitime défense !
            Je préfère me faire traiter de gestapiste par le suicidaire Willems que de voir ma civilisation mourir dans la violence de ceux qui veulent prendre notre place et y mettre leurs coutumes biscornues a la place !


        • olivier m Le 28 juillet 2013 à 03h08
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          Faudrait mettre en 1er “punir les employeurs”. Mon proprio fait travailler au black des portugais, puis des roumains dans le bâtiment. Les portugais vivaient entassés, mais en famille; depuis 2 ans, seuls des mâles roumains s’entassent à 4 à 6 dans 2 pièces. Je ne parle pas dans le vide, je parle de mes voisins directs.


    • GRRR Le 28 juillet 2013 à 00h35
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      Occupons nous d’abord de l’élite!!!


  15. Patrick Luder Le 27 juillet 2013 à 20h36
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    Il faut reconnaître que les chinois sont de très forts commerçants, et que les asiatiques “frais” sont généralement beaucoup plus conviviaux et colorés que nos fades restaurateurs et serveurs. J’allais souvent dans certains restaurants, rien que pour discuter avec la patron et les serveurs (serveuses), mais après quelques années à côtoyer des clients-morts-vivants, la plupart d’entre-eux ne résistent pas et tombent à leurs tour dans la torpeur journalière. Félicitations et longue vie à ceux qui ont résisté et qui n’ont pas perdu leurs sens de l’humour et de l’accueil …


  16. Casquette Le 28 juillet 2013 à 01h25
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    A propos des commerçants chinois qui achètent massivement les commerces de proximité en France et ailleurs , ou trouvent -ils les fonds ?
    Auprès des banques chinoises ou européennes ?Parce que comme vous le savez tous , c’est la croix et la bannière pour obtenir un crédit dans une banque française…

    Et puis histoire de réorienter la polémique ,j’ai lu il y’a pas longtemps l’appel d’un syndicat d’artisans qui se plaignait du manque de main d’oeuvre française (les bouchers ont besoin de 4000 nouvelles recrues pour assurer la relève) … le manque de motivation et de formation des jeunes français explique en grande partie pourquoi l’appel à la main d’oeuvre étrangère est devenu quasi industrielle…
    Combien de jeunes italiens souhaitent reprendre les boutiques à touristes ?
    Même remarque pour les français au passage (cf le boulevard Rivoli)


    • UnKnown Le 28 juillet 2013 à 16h42
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      Simple: on nous a dit: “bachelier tu seras ou sans travail tu demeureras.”
      Résultat le bac ne vaut plus rien en substance, les filières professionnelles ont été délaissées, le collège unique et ses profs n’y connaissant rien en orientation (et de toutes façon ils ne sont pas responsable de cet état de fait, les rectorats se démerdent très bien pour paumer et embourber nos enseignants dans des lubies pédago-crétino-tru machin administatifo-normées)


      • GRRR Le 29 juillet 2013 à 12h13
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        Normal: On ne va tout de même pas développer le sens de l’analyse, de la critique et de la synthèse quand le but est de ne faire des gens que de bons exécutant, et surtout con sommateurs! Et ce genre d’orientation, ce ne sont pas les recteurs qui les prennent…


    • GRRR Le 28 juillet 2013 à 20h33
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      ça me fait toujours marrer de lire ou entendre que de zentils nemployeurs se plaignent de ne pas trouver de personnel. Serait temps qu’ils se posent la question quant à la façon dont ils les traitent (je ne parle même pas de salaire)! Ce sont toujours les mêmes qui cherchent, bizarre non?
      Et puis j’ai toujours entendu dire : “à mauvais patron, mauvais ouvriers”
      Du boulot il n’y en a plus, du fric il y en a! Accumulé dans certaines poches grâce au travail…des employés! Alors? Me semble que c’est surtout d’argent dont on a besoin pour vivre…


  17. Toutatis Le 28 juillet 2013 à 11h02
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    “Ne pas délivrer de visas, changer les lois, punir les sans papier et leurs employeurs. Très simple, question de volonté.”

    Tout à fait.
    Cela se fait d’ailleurs tous les jours depuis des dizaines d’années dans certains pays asiatiques, comme le Japon, la Corée du Sud ou Singapour.

    Essayez un peu d’être immigré illégal à Singapour, vous vous en souviendrez….


    • raloul Le 29 juillet 2013 à 00h52
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      Bonjour!

      Très juste, merci de donner cet éclairage. La bien-pensance empêche souvent la réflexion sérieuse.

      Ceci dit, la preuve par le “il y a plus sévère ailleurs” ne suffit pas. Mais au moins, ça donne un point de comparaison qui relativise les accusations de soi-disant “fascisme larvé” dès que l’on parle de reprendre la maîtrise de la politique migratoire, et que l’on envisage des mesures réellement restrictives et efficaces.


      • GRRR Le 29 juillet 2013 à 12h19
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        Si l’immigration ne rapportait pas à certains, cela ferait longtemps qu’elle aurait été stoppée.


      • Wilmotte Karim Le 29 juillet 2013 à 19h58
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        Et donc, il faudra se demander pourquoi il y a des … illégaux au Japon.

        Après la stupide course à la baisse compétitive du coût du travail, la course inepte à l’épouvantail anti-immigré?


  18. bernard botul henry Le 29 juillet 2013 à 00h55
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    Notre but en tant que citoyens jamais écoutés n’est pas de changer l’Europe mais de la quitter : c’est promit l’année prochaine on vous vire TOUS !!!


  19. Opps' Le 29 juillet 2013 à 00h57
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    L’immigration est un fait .
    Pour de multiples raisons il ne peut être , et il n’est pas souhaitable qu’on cherche à l’éradiquer.
    Par contre si on ne cherche plus à le contrôler , on expose une partie de sa population à un choc culturel.
    Si , de plus on renonce à des pans entiers de sa propre Culture qui fondent en un endroit et une histoire donnée , une façon de vivre (peut-être pas la meilleure , mais une parmi d’autres et qui en vaut bien d’autres) , on s’expose , non pas à un enrichissement , mais une espèce de vague soumission à ce qui n’est même pas une Culture , mais une façon de vivre venant d’un autre territoire, et d’une autre histoire .

    Le fond du problème est donc d’abord une espèce de haine ou la culpabilisation , souvent liées à une ignorance assez crasse, des éléments de sa propre Culture, (ou par stéréotypes idéologiques prémâchés).
    La non-instruction est devenu la préalable de le grande globalisation culturelle (sans majuscule) et Marchande , et nombreux sont les “idiots utiles” qui œuvrent dans ce sens, avec des petits drapeaux frappés aux bons sentiments.


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