Source : Robert Parry, Consortium News, 26-10-2017

Au moment où le nouveau maccarthysme s’empare de l’Amérique, le journal néoconservateur, le Washington Post, rend la Russie responsable de presque tous les problèmes et traite les dissidents états-uniens de « compagnons de route », écrit Robert Parry.

Ne vous y trompez pas : les États-Unis sont entrés dans une nouvelle ère de maccarthysme qui impute à la Russie la responsabilité de pratiquement tous les problèmes politiques et qui a commencé à cibler les citoyens américains qui ne souscrivent pas à la propagande de cette nouvelle guerre froide.

Le sénateur Joe McCarthy, représentant du Wisconsin, qui a dirigé les audiences de la Red Scare (Panique rouge).

Cependant, ce qui différencie ce nouveau maccarthysme de celui des années 1950, c’est qu’il a le soutien des Démocrates, des progressistes et même de personnes vraiment très à gauche, tous aveuglés par leur dégoût pour le président Trump alors que c’étaient les Républicains et la droite qui étaient les chefs de file du maccarthysme des années 50. Les acolytes du sénateur Joe McCarthy dénigraient alors la majeure partie de la gauche, victime principale de ce mouvement et qualifiaient ses membres d’antiaméricains et de « compagnons de route » des Communistes.

Les vrais vainqueurs de ce nouveau maccarthysme semblent être les néoconservateurs qui ont utilisé la haine anti-Trump des Démocrates et des progressistes pour inciter la majorité des gens de gauche à partager l’hystérie politique qui voit la prétendue « ingérence » politique des Russes comme une occasion « d’avoir Trump ».

Les néoconservateurs et leurs alliés ont déjà exploité la frénésie anti-russe pour soutirer des dizaines de millions de dollars de plus aux contribuables afin de financer des programmes destinés à « combattre la propagande russe », c’est-à-dire des ONG et des « chercheurs » qui ciblent les Américains dissidents qui osent protester contre les justifications de cette nouvelle guerre froide.

Le Washington Post qui, depuis des années, est le porte-drapeau de la propagande néoconservatrice, élabore, de nouveau, la nouvelle orientation que doit suivre l’Amérique, comme il l’avait fait en ralliant le peuple américain à l’invasion de l’Irak en 2003 et en provoquant la sympathie pour les « changements de régime » avortés en Syrie et en Iran. Ce quotidien a commencé à rendre responsable la Russie de quasiment chaque événement mondial particulièrement fâcheux, la Russie, la Russie, la Russie !

Par exemple, mardi, un éditorial du Post a cherché les raisons de la poussive victoire de la chancelière allemande et de l’importance surprenante du score du mouvement d’extrême droite, une Alternative pour l’Allemagne, l’AfD, non dans les mesures d’austérité d’Angela Merkel, qui ont rendu plus difficile la vie de la plus grande partie de la classe ouvrière ni dans sa politique de porte ouverte aux réfugiés, qui a déstabilisé certains quartiers ouvriers, mais il en attribue la responsabilité à, bravo ! vous avez deviné, la Russie !

Les preuves, comme d’habitude, sont vagues et partiales, mais elles vont certainement être gobées par beaucoup de Démocrates et de progressistes, qui détestent les Russes auxquels ils imputent l’élection de Trump et par beaucoup de Républicains et de conservateurs chez lesquels subsiste une vieille haine pour la Russie qui vient de la première guerre froide.

Le Washington Post a cité le laboratoire de recherche numérique du Conseil de l’Atlantique, qui est à l’origine de beaucoup de l’hystérie sur Internet au sujet des prétendues activités russes sur Internet. Le Conseil atlantique est essentiellement un groupe de pensée de l’OTAN et il est financé par de l’argent émanant du gouvernement des États-Unis, les États pétroliers du Golfe, les sous-traitants militaires, les institutions financières mondiales et beaucoup d’autres sources qui vont profiter directement ou indirectement de la croissance du budget militaire des États-Unis et des interventions de l’OTAN.

Blâmer la Russie.

Dans cette nouvelle guerre froide, on reproche aux Russes non seulement de mettre à mal certains des plans de « changement de régime » des néoconservateurs, comme la guerre par alliés interposés en Syrie, mais aussi d’avoir joué un rôle dans certains événements politiques de l’Occident, comme l’élection de Donald Trump et la montée de l’extrême droite en Allemagne.

Le président russe Vladimir Poutine s’adresse à l’Assemblée générale des Nations Unies, le 28 septembre 2015.

Le laboratoire numérique du Conseil atlantique soutient, selon l’éditorial du Washington Post, que « dans les dernières heures de la campagne [allemande ], des militants en ligne du parti d’extrême droite, l’ AfD, ont commencé à mettre en garde leur base contre une possible fraude électorale et ce sont des comptes de trolls anonymes qui ont déclenché ces alertes et des bot-nets (robots réseaux) en russe qui leur ont donné leur élan. »

Bien sûr, le Washington Post ne fournit rien qui relie ces alertes au gouvernement russe ou au président Vladimir Poutine. C’est dans la nature même du maccarthysme que ne soit exigée aucune preuve : une ambiance lourde et de sombres soupçons suffisent amplement. Pour ceux d’entre nous qui ont des sites web, les « trolls », certains bénévoles et d’autres professionnels, sont devenus une nuisance courante et ils reflètent de nombreuses opinions politiques, pas seulement celle du gouvernement russe.

En outre, il est courant, ces temps-ci, que les campagnes adressent des alertes de dernière minute à leurs sympathisants au sujet d’une possible fraude électorale pour susciter des doutes sur les résultats, si le score se révélait décevant.

Le gouvernement des États-Unis s’est précisément lui-même engagé dans cette stratégie tout autour du monde, en amenant les partis en faveur des États-Unis à non seulement se plaindre d’une fraude électorale mais aussi à descendre dans la rue pour contester la légitimité des résultats sortis des urnes. Cette stratégie états-unienne a été mise en œuvre dans des endroits comme l’Ukraine lors la révolution orange en 2004, l’Iran lors de la révolution verte en 2009 et la Russie, lors de la révolution des neiges en 2011, et bien d’autres encore.

Les alertes pré-électorales sont aussi devenues une caractéristique des élections états-uniennes et, en 2016, Donald Trump et Hillary Clinton ont même, tous les deux, pour des raisons différentes certes, soulevé des questions à propos la légitimité du vote.

Pourtant au lieu de considérer la manœuvre de l’AfD comme un stratagème typique utilisé par un parti de moindre importance et le résultat de l’élection allemande comme le reflet compréhensible du mécontentement des électeurs et de la lassitude engendrée par les trois mandats de Merkel comme chancelière, le Conseil atlantique et le Washington Post voient les Russes, et particulièrement Poutine, en embuscade, à l’origine de tous ces événements.

Adorer détester Poutine

Dans le monde de la propagande néoconservatrice, Poutine est devenu la bête noire par excellence, car il a fait échouer de nombreux projets des néoconservateurs. Il a aidé à éviter une importante attaque militaire américaine contre la Syrie en 2013 ; il a aidé le président Obama à parvenir à l’accord nucléaire avec l’Iran en 2014-2015. Il s’est opposé et a, dans une certaine mesure, contrarié le coup d’État soutenu par les néoconservateurs en Ukraine en 2014; et il a finalement fourni la puissance aérienne qui a vaincu les forces « rebelles » soutenues par les néoconservateurs en Syrie en 2015-17.

Le président Barack Obama rencontre le président russe Vladimir Poutine en marge du sommet du G20 au Regnum Carya Resort à Antalya, en Turquie, le dimanche 15 novembre 2015. Susan E. Rice, conseillère à la sécurité nationale, à gauche. (Photo officielle de la Maison Blanche de Pete Souza)

Le Post et les néoconservateurs veulent que Poutine s’en aille – et ils ont utilisé des allégations inconsistantes sur les « ingérences russes » aux États-Unis et d’autres élections comme nouveau thème de propagande pour justifier la déstabilisation de la Russie par des sanctions économiques et si possible, élaborer un autre projet de « changement de régime » à Moscou.

Rien de tout cela n’est même secret. Le président néo-conservateur du National Endowment for Democracy, financé par le gouvernement américain, Carl Gershman, a proclamé publiquement l’objectif de renverser Poutine dans un éditorial du Washington Post en écrivant : « Les États-Unis ont le pouvoir de maîtriser et de vaincre ce danger . La question est de savoir si nous pouvons trouver la volonté de le faire. »

Mais la façon de fonctionner de la propagande néoconservatrice est que les États-Unis et leurs alliés sont toujours les victimes d’un ennemi néfaste qui doit être contrecarré pour protéger tout ce qui est bon dans le monde. En d’autres termes, alors que la NED et d’autres opérations financées par les États-Unis visent Poutine et la Russie, ce sont la Russie et Poutine qui doivent être transformés en agresseurs.

« M. Poutine ne veut rien tant que de susciter des doutes, embrumer les esprits, provoquer des fêlures et créer de l’incertitude autour du pilier allemand de l’Europe » a déclaré l’éditorial du Post. « Il se délecte du chaos qui s’infiltre et des troubles qui s’installent dans les sociétés ouvertes. Dans ce cas, soutenir l’AfD à l’extrême-droite est extraordinairement cynique, étant donné les millions de Russes sont morts pour vaincre les fascistes il y a soixante-dix ans. »

Sans vouloir insister sur ce point, il n’y a aucune preuve crédible que Poutine ait fait cela. Le Conseil Atlantique, très virulent et anti-russe, prétend que certains « comptes trolls anonymes » ont fait la promotion d’une plainte de l’AfD concernant une possible fraude électorale et qu’elle a été reprise par « un réseau de bots en langue russe ». Même si cela est vrai – et le Conseil Atlantique est loin d’être une source objective – où est le lien avec Poutine ?

Ce n’est pas Poutine qui gère tout ce qui se passe en Russie, une nation de 144 millions de personnes. Mais le Post voudrait que vous le croyiez. C’est la pièce maîtresse de cette théorie du complot néoconservateur.

Faire taire les dissidents

De même, tout Américain qui remet en question cette propagande est immédiatement rejeté comme un « larbin du Kremlin » ou un « propagandiste russe », une autre campagne hideuse menée par le Post et les néoconservateurs. Encore une fois, aucune preuve n’est requise, juste une analyse que ce que vous dites est en quelque sorte parallèle à quelque chose que Poutine a dit.

Le bâtiment du Washington Post au centre-ville de Washington, DC (Crédit photo : Washington Post)

Mardi, dans ce qui équivalait à un article associé à l’ l’éditorial, le Post a de nouveau avancé des soupçons sans preuves sur les « agents russes » achetant 100 000 dollars de publicités sur Facebook de 2015 à 2017 pour prétendument influencer la politique américaine. Encore une fois, aucune preuve requise.

Dans l’article, le Post rappelle aussi à ses lecteurs que Moscou porte depuis longtemps son attention sur les inégalités sociales aux États-Unis, ce qui nous ramène aux comparaisons entre l’ancien maccarthysme et le nouveau.

Oui, il est vrai que l’Union Soviétique dénonçait la ségrégation raciale en Amérique et invoquait cet aspect peu ragoûtant de la société américaine en exprimant sa solidarité avec les mouvements américains pour les droits civiques et le combat de libération nationale en Afrique . C’est aussi vrai que les communistes américains ont collaboré avec les mouvements des droits civiques nationaux pour promouvoir l’intégration raciale.

C’était la raison principale pour laquelle le FBI de J. Edgar Hoover avait ciblé Martin Luther King Jr et d’autres leaders afro-Américains- parce qu’ils s’associaient avec des communistes réels ou suspectés. De même, l’administration Reagan refusa son soutien à Nelson Mandela parce que son parti, l’African National Congress, avait accepté le soutien des communistes dans son combat contre l’Apartheid en Afrique du Sud et contre le régime de domination des Blancs.

C’est intéressant de voir que l’un des arguments des démocrates progressistes nationaux dans l’opposition à la ségrégation dans les années 60 était que la répression des Noirs américains sapait les efforts diplomatiques pour rechercher des alliés en Afrique. Autrement dit, la critique des communistes et des soviétiques de la ségrégation américaine a, en fait, contribué à entraîner le fin de ce système choquant.

Encore que, l’association de King avec de soi-disant communistes est resté un point de discussion pour les ségrégationnistes irréductibles même après son assassinat quand ils se sont opposés à la création d’un jour de congé national en son honneur dans les années 80.

Ces parallèles entre le vieux maccarthysme et le nouveau sont implicitement admis dans l’article de news du Post de mardi, qui cite les critiques de Poutine sur les policiers qui tuent des Noirs américains désarmés, comme preuve de son ingérence dans la politique américaine.

« Depuis qu’il est en fonction, Poutine a cherché à l’occasion, à mettre en évidence les tensions raciales aux États-Unis comme moyen de façonner la perception de la société américaine », déclare l’article. « Poutine s’est lui-même immiscé dans le débat de 2014 sur les races, après que des manifestations avaient éclaté à Ferguson, Missouri, parce qu”un policier blanc avait mortellement blessé par balles Michael Brown, un Afro-américain. »

« Croyez-vous que tout est parfait à présent sur le plan de la démocratie en Amérique ? » a dit Poutine dans l’émission 60 minutes de CBS. « Si tout était parfait, il n’y aurait pas eu le problème de Ferguson. Il n’y aurait pas d’exactions de la part de la police. mais notre tâche est de voir tous ces problèmes et d’y répondre comme il faut. »

La question spéculative du Post semble être que la réponse de Poutine comprend « des agents russes » achetant des pubs sur Facebook pour exploiter ces tensions raciales, mais il n’y a aucunes preuves pour soutenir cette théorie de conspiration.

Cependant, alors que l’hystérie anti-russe se propage, nous verrons peut-être bientôt des Américains qui protestent également contre le meurtre par la police d’hommes noirs désarmés dénoncés comme « compagnons de route de Poutine, ce qui est fort semblable à la calomnie contre King et les leaders des droits civiques accusés d’être des ‘gogos communistes’ ».

Ignorant la réalité

Ainsi, les Démocrates et la chancelière Merkel, au lieu de regarder dans le miroir et de voir les vraies raisons pour lesquelles de nombreux électeurs blancs se tournent vers des alternatives « populistes » et « extrémistes », peuvent-ils se contenter de blâmer Poutine et continuer la répression contre les dissidents sur Internet en tant que travail « des agents russes ».

La chancelière allemande Angela Merkel avec les mains dans la position caractéristique du losange Merkel. (Photo de Wikipedia)

Déjà, sous le masque de la lutte contre la propagande russe, et contre les « fake news », Google, Facebook et d’autres géants de la technologie ont commencé à introduire des algorithmes pour traquer et marginaliser les infos qui défient les thèses officielles du gouvernement américain sur des questions brûlantes comme l’Ukraine et la Syrie . Encore une fois, aucune preuve n’est requise, juste le fait que Poutine ait pu dire quelque chose de similaire.

Alors que les démocrates, les progressistes et même certaines personnes très à gauche se joignent à cette hystérie du Russie – Gate poussés par la haine contre Donald Trump et ses tendances prétendument « fascistes », ils voudront peut-être se demander avec qui ils se compromettent et ce que ces néoconservateurs ont à l’esprit pour l’avenir.

On peut dire que si le fascisme ou le totalitarisme arrive aux États-Unis, il est plus susceptible d’arriver sous couvert de « protection de la démocratie » de la Russie ou d’un autre adversaire étranger que d’un clown télé-réalité comme Donald Trump.

Le nouveau maccarthysme avec ses algorithmes orwelliens peut sembler une façon intelligente de neutraliser Trump, (et même peut-être de le renverser) mais – bien après le départ de Trump – une structure permettant aux néo-conservateurs et aux médias mainstream de monopoliser le débat politique américain pourrait être une menace beaucoup plus grande pour la démocratie et la paix.

Le journaliste d’investigation Robert Parry a révélé de nombreuses histoires d’Iran-Contra pour The Associated Press et Newsweek dans les années 1980.

Source : Robert Parry, Consortium News, 26-10-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

26 réponses à La montée du nouveau maccarthysme, par Robert Parry

Commentaires recommandés

Fritz Le 10 novembre 2017 à 08h08

La chasse aux dissidents : qui veut noyer son chien l’accuse d’être russe.

Plus sérieusement, l’hystérie antirusse est bien la menace principale pour nos libertés, dans nos pays de l’Ouest, comme pour la paix du monde.

  1. Fritz Le 10 novembre 2017 à 08h08
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    La chasse aux dissidents : qui veut noyer son chien l’accuse d’être russe.

    Plus sérieusement, l’hystérie antirusse est bien la menace principale pour nos libertés, dans nos pays de l’Ouest, comme pour la paix du monde.


    • L’Éco-fascisme est un Humanisme Le 10 novembre 2017 à 13h02
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      L’inversion liquide. Comment en sommes-nous arrivés là ?

      Quelques pistes concernant l’émergence, la sédimentation, puis la colonisation des esprits à fin d’instaurer l’ère de l’inversion des sens et des valeurs. Une rétrospective sur 30 ans. Opus le plus récent de l’excellent documentariste britannique Adam Curtis, HyperNormalisation (2016), via :

      https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2017/11/09/hypernormalisation-pourquoi-il-ne-se-passe-rien/

      Il faut réapprendre le sens du combat ! Celui-là commence toujours par la maîtrise des maux/mots.


      • L’Éco-fascisme est un Humanisme Le 10 novembre 2017 à 15h47
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        En complément. Un autre questionnement d’une actualité trop brûlante et qui hélas ne suscite pas encore (suffisamment) le débat qui devrait pourtant s’imposer le plus tôt possible.

        La déperdition de l’Homme va de paire avec la destruction concertée de la Nature. À savourer aussi la mise en évidence du double langage des Transhumanistes. Le grand intérêt réside notamment dans la très bonne articulation établie entre la technologie et nos réalités sociale, environnementale, politique, médicale.

        Manifeste des Chimpanzés du Futur :
        https://m.youtube.com/watch?v=YVLeBTkeo0g

        En complément du complément
        Quelques documentaires sur les catastrophes écologiques occultées :
        https://partage-le.com/2017/11/8230/


  2. DUGUESCLIN Le 10 novembre 2017 à 08h20
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    “Adorer détester les russes”. La haine ne réglera rien.
    Par contraste on peut remarquer qu’il n’y a jamais de discours haineux du côté russe. La Russie parle de ses ennemis en disant “partenaires”.
    Le camp de la haine est au service de qui de quoi? De nous, du peuple?
    Attiser la haine ça a déjà été fait avec les catastrophes que l’on a connues..


    • Haricophile Le 10 novembre 2017 à 09h34
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      « Ayez peur et je m’occupe du reste », la maxime de tout bon dictateur. Cette haine ne sert pas a rien. Par contre elle est révélatrice de l’état mental des psychopathes pervers qui régissent les USA en background, ce qui n’exonère de rien Trump et Clinton bien entendu.

      Au fait, d’après le wsws, 3 personnes détiennent autant de richesses que les 50% les moins riches des USA. http://www.wsws.org/en/articles/2017/11/10/pers-n10.html

      La convoitise infinie explique bien des choses.


      • Kiwixar Le 10 novembre 2017 à 09h45
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        Mais qu’est-ce qui explique la convoitise infinie??
        Qu’on puisse souhaiter 20 millions d’euros pour avoir une superbe maison, ne plus avoir à trépaner/travailler, ne plus avoir peur d’avoir faim, de plus craindre l’avenir, avoir une automobile rouge avec sièges chauffants, une Playstation4 avec manettes gainées cuir, ok, pourquoi pas. Mais quelle différence cela fait d’avoir 1 milliard ou 2 ou 20 ou 50?

        Quelle est cette maladie mentale humaine? A-t-on jamais vu une hyène oeuvrer pour s’accaparer toutes les carcasses de la savane?


        • Anne Le 10 novembre 2017 à 10h45
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          Il me semble que votre raisonnement est un tout petit peu réducteur…. 😉 et je ne vous pense pas aussi naïf que votre commentaire…….

          C’est tout simplement la volonté de puissance qui donne de l’intérêt à ces accumulations de fortunes.

          Un type comme Soros a par exemple utilisé sa fortune pour des révolutions colorées, des changements de gouvernement, des prises de contrôle de monnaies ou de matières stratêgiques, la passion pour des intérêts qui vont modeler le monde ou les opinions dans le sens qu’il désire.

          Et plein d’autres choses encore comme payer des manifestants pour déstabiliser un pays et payer des mercenaires ou des milices privées ( c’était par exemple très abordable en Ukraine).

          Certaines fortunes sont aussi co construites avec des intérêts opaques comme des services secrets et des mafias et sont utilisées de façon tout aussi opaque.
          Et les détenteurs de très grosses fortune sont sans doute souvent soumis à certains intérêts opaques dont ils sont les bailleurs de fond.
          Regardez aussi comment sont financés les élections et la politique….


          • DUGUESCLIN Le 10 novembre 2017 à 18h00
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            C’est la “volonté de puissance” qui appelle toujours plus d’argent. Cette auto-déification s’oppose à l’amour dont ils sont les ennemis, car ils n’œuvrent que pour asseoir leur volonté de puissance auto-déifiante en réduisant l’humain à l’état de sous-homme du haut de leur Olympe prétentieuse.


        • Anne Le 10 novembre 2017 à 10h48
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          Il me semble que votre raisonnement est un tout petit peu réducteur…. 😉 et je ne vous pense pas aussi naïf que votre commentaire…….

          C’est tout simplement la volonté de puissance qui donne de l’intérêt à ces accumulations de fortunes.

          Un type comme Soros a par exemple utilisé sa fortune pour des révolutions colorées, des changements de gouvernement, des prises de contrôle de monnaies ou de matières stratêgiques, la passion pour des intérêts qui vont modeler le monde ou les opinions dans le sens qu’il désire.

          Et plein d’autres choses encore comme payer des manifestants pour déstabiliser un pays et payer des mercenaires ou des milices privées ( c’était par exemple très abordable en Ukraine).

          Certaines fortunes sont aussi co construites avec des intérêts opaques comme des services secrets et des mafias et sont utilisées de façon tout aussi opaque.
          Et les détenteurs de très grosses fortune sont sans doute souvent soumis à certains intérêts opaques dont ils sont les bailleurs de fond. Egalité
          Regardez aussi comment sont financés les élections et la politique….


        • Alfred Le 10 novembre 2017 à 11h23
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          Le pouvoir et l’impunité. Voilà la différence entre 20 millions et 800 millions.
          Avec 20 millions vous respectez la loi. Avec 800 c’est la loi qui vous respecte.


        • Xavier Le 10 novembre 2017 à 11h33
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          Ce n’est pas une maladie mentale, c’est l’Argent et son système aliénant.
          Et ce qui différencie le citoyen de base, avec son petit boulot et ses allocs, du milliardaire vorace, c’est simplement son niveau d’aliénation…


  3. Sébastien Le 10 novembre 2017 à 08h55
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    Si quelqu’un peut me démontrer qu’il existe ou a existé dans l’histoire de l’humanité un pays aussi psychiatriquement atteint, qu’il ne se gène pas pour m’instruire.


  4. Haricophile Le 10 novembre 2017 à 09h38
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    L’espagne et la France en pleine inquisition ?


  5. DocteurGroDois Le 10 novembre 2017 à 10h41
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    Pour ceux que le sujet intéresse lisez ou relisez le best seller US de 1980 “The Spike” (La Sape en francais) d’Arnaud de Borchgrave.

    C’est un roman qui raconte l’histoire d’un journaliste qui découvre un énorme complot soviétique pour dominer le monde par la désinformation.

    C’est un grand classique qui a bercé les années Reagan et inspiré les plus paranoïaques parmi la droite US, et qui est repris aujourd’hui par… les démocrates progressistes US (c’est à dire les militants Clinton déçus).
    Ironiquement, le magazine de gauche Mother Jones est aujourd’hui le plus acharné et le plus parano alors qu’il était souvent accusé d’être un pion du Kremlin à l’époque..


  6. yack2 Le 10 novembre 2017 à 11h20
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    La paille ….La poutre….
    Quand bien même les russes feraient de la propagande….ne serait-ce pas une réponse du berger à la bergère ,il faut un degré de paranoïa ahurissant pour y voir la cause de tous leurs échecs.
    Si Trump a été élu ,ne serait-ce pas simplement l’échec des démocrates et de la sociale démocratie en générale.
    Ces sociaux démocrates qui partout dans le monde se sont compromis avec cette oligarchie d’extrême droite mortifère…Et de s’étonner du ras le bol de leur électorat.
    Ils sont devenus fous!


  7. Ben Le 10 novembre 2017 à 11h30
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    Je crois me souvenir qu’Emmanuel Todd disait il y a quelques années que la russophobie était la manière présentable pour les classes supérieures éduquées de se défouler en matière de xénophobie, puisque le racisme ordinaire est, c’est bien connu, réservé aux pauvres et aux beaufs.


    • Raphaël Le 11 novembre 2017 à 22h33
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      Ils haïssent déjà assez leur propre patrie et leurs sales pauvres de voisins pollueurs, pas besoin d’exutoire supplémentaire. Cet argument est de l’enfumage. Ils haïssent la Russie par automatisme et paresse mentale, lobotomisés par les infos. De plus tout ce qui pourrait remettre en cause leurs domination est combattu, la Russie en fait partie.


      • Ben Le 12 novembre 2017 à 00h30
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        Il ne faut pas sous estimer en effet la paresse mentale crasse de nos pseudo élites, égale à leur cupidité sans limites, mais pour le cas de la Russie, il s’agirait plutôt d’un mélange de phobie et de haine idéologique (ou civilisationelle). Bref, de la xénophobie, je suis d’accord avec Todd. C’est plutôt leur argumentaire politico-mediatique qui ressort de l’enfumage.


  8. basile Le 10 novembre 2017 à 14h51
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    comme toujours, et c’est ma conviction, les Américains, tout puissants qu’ils sont, ne peuvent agir de la sorte que parce que l’Europe ferme les yeux, et se couche devant leurs injonctions de sanctions.

    il suffirait que les Européens disent stop, et les américains seraient isolés.

    mais cela ne viendra pas avant longtemps. Le temps pour l’UE de tirer les marrons du feu d’une Russie affaiblie sans trop se mouiller. C’est pas nous, c’est les américains les méchants.

    Solution, que la Russie considère l’UE complice et coupe tous les ponts jusqu’à nouvel ordre. Parce que des « partenaires » comme ça, on s’en passe volontiers. Mais elle n’en a pas les moyens, je crains.


    • Alfred Le 10 novembre 2017 à 15h30
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      Vous avez entièrement raison cet c’est bien pour cela que les américains “investissent” autant dans nos “zélites” (young leaders et une foultitude de déclinaisons): Il leur faut se garantir contre toute volonté d’autonomie qui même involontairement les laisserait nus. Surtout éviter un Sankara ou un De gaule.


  9. Catherine Le 10 novembre 2017 à 15h11
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    Basile, C’est pas demain que les européens diront stop. Il n’y a qu’à voir le revirement de Micron sur l’Iran et les moyens que comptent mettre les américains dans leur loi pour assujettir toute aide à un vote identique au leur, dans l’enceinte de l’ONU.

    Je crois que l’obsession des décideurs aux US, de leur toute puissance et de leur volonté absolue de dominer le monde n’avait jamais, été perçue à sa juste dimension névrotique .
    Aujourd’hui cela devient criant pout tout honnête observateur.

    Cette remise en cause de leur toute puissance les rend furieux. Il ne faut pas leur résister. Ils sont les meilleurs, ils sont les chefs, les tyrans.

    Ils sont comme un chien qui protège son os et je pense que ce n’est pas exagéré de le dire ainsi. Croisons les doigts pour que cela ne dégénère pas, car nous ne savons pas trop qui tire les ficelles dans ce pays.

    Et il faut bien reconnaître que Poutine a eu l’intelligence de mesurer cette situation et de décider de se donner les moyens pour ne pas avoir à céder.


    • vinel Le 12 novembre 2017 à 00h10
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      Aux USA,le vrai pouvoir,c’est l’empire militaro industriel et financier.
      Eisenhower ,à la fin de son deuxième mandat(1958 environ) disait tout haut que cet ensemble qu’il a subi constituait une grande menace.
      Ce pouvoir occulte c’est conforté en établissant sa puissance sur presque toute la surface de la terre.
      Le fer de lance est le système militaire sur lequel s’appuient tout le reste.
      Les USA ont 4800 bases militaires dont 800 environ hors du pays.
      Le budget militaire -défense est de l’ordre de 700 milliards, c’est à dire plus de 10 fois le budget militaire de la Russie.
      Ainsi on peut évaluer la menace réelle que constitue cette dernière pour les USA!
      Le peuple américain est manipulé en permanence par une presse presque totalement entre les mains de ce pouvoir occulte.la situation actuelle s’explique,ils croit être encore en démocratie!!


  10. Fritz Le 10 novembre 2017 à 16h14
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    L’OTAN accuse la Russie d’interférer dans les élections des autres pays pour les déstabiliser, en Catalogne y compris :
    https://www.ouest-france.fr/europe/russie/selon-l-otan-moscou-interfere-en-catalogne-et-en-europe-5367419
    Et ce journal “complètement à l’ouest” de relayer fidèlement la propagande antirusse, voyez ses autres articles sur la Russie…


  11. Louis St O Le 10 novembre 2017 à 16h51
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    «De même, tout Américain qui remet en question cette propagande est immédiatement rejeté comme un « larbin du Kremlin » ou un « propagandiste russe » »

    Alors qu’en France tout Français qui remet en question la Politique actuelle veut appliquer celle du Venezuela ou de la Corée du Nord et est Poutiniste.

    Nous n’avons pas besoin de maccarthysme pour rejeter tout autre politique.


  12. Campo Le 11 novembre 2017 à 20h45
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    L’article source de : https://consortiumnews.com/2017/09/26/the-rise-of-the-new-mccarthyism/
    ne date pas du 26/10 mais du 26/09. Bon, ce n’est peut-être pas très important mais je le signale quand même 🙂


  13. Raphaël Le 11 novembre 2017 à 22h47
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    Les américains sont isolés sur leur continent et ont une phobie maladive de l’invasion (extra-terrestre, zombies, péril jaune, rouges, à turban, etc.), doublé d’une immaturité émotionnelle remarquable (primauté du verbe sur l’action, fourberies de cours de récréation, absence totale d’empathie). J’ai du mal à comprendre, d’un point de vue historique ou darwinien, comment un peuple peut en arriver là.

    Concernant le remède, le mépris me paraît adapté.


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