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7.mars.20187.3.2018 // Les Crises

Le régime mortel des oligarques, par Chris Hedges

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Source : Truthdig, Chris Hedges, 11-02-2018

Mr. Fish / Truthdig

Le régime oligarchique, comme le décrivait Aristote, est une forme de gouvernement déviante. Les oligarques ne tiennent aucun compte de la compétence, de l’intelligence, de l’honnêteté, de la rationalité, de l’abnégation ou du bien commun. Ils pervertissent, déforment et démantèlent les organes de pouvoir pour servir leurs intérêts immédiats, hypothéquant le futur pour faire des gains personnels à court terme. « En conséquence, les véritables formes de gouvernements sont celles où un seul, quelques uns, ou un grand nombre gouvernent en vue de l’intérêt commun ; mais les gouvernements qui travaillent pour les intérêts privés que ce soit d’un seul, de quelques uns, ou d’un plus grand nombre, ne sont que perversions », écrivait Aristote. Le connaisseur Peter L.P. Simpson appelle ces perversions « sophismes d’oligarques », signifiant que dès lors que les oligarques s’emparent du pouvoir, tout réponse rationnelle, prudente ou réfléchie aux problèmes sociaux, économiques et politiques sont abandonnées au profit d’une avarice insatiable. Chaque civilisation voit sa fin caractérisée par le sophisme des oligarques, qui dévastent la carcasse de l’état en décomposition.

Ces formes déviantes de gouvernement se définissent par des caractéristiques qu’on leur trouve à chaque fois. Aristote avait compris la plupart d’entre elles. Les oligarques usent de leur pouvoir et des structures de gouvernement à leurs propres bénéfices uniquement.

Les oligarques contredisent leur discours de façade de déconstruction de la machine administrative en augmentant en réalité les déficits, la taille et le pouvoir des forces de maintien de l’ordre et de l’appareil militaire, afin de protéger leurs intérêts mondialisés et se garantir le contrôle social à l’échelle nationale. Les instances de l’État qui garantissent le bien commun dépérissent au nom de la dérégulation et de l’austérité. Les autres instances, qui garantissent le pouvoir des oligarques, poursuivent leur expansion sous couvert de sécurité nationale, de croissance économique et de maintien de la loi et de l’ordre.

À titre d’exemple, les oligarques font instruire leurs enfants dans des écoles privées, et leur achètent des admissions dans les meilleures universités (c’est ainsi qu’un étudiant aussi médiocre que Jared Kushner [NdT : gendre de Donald Trump et actuellement conseiller en chef de la présidence des USA] a pu faire Harvard et que Donald Trump est passé sur les bancs de l’université de Pennsylvanie), si bien qu’ils ne voient pas l’intérêt de financer un bon système d’éducation publique pour le reste de la population. Les oligarques ont également les moyens de payer des équipes d’avocats au prix fort pour se sortir, eux et leurs familles, des ennuis judiciaires. Il n’est pas utile à leurs yeux de financer une représentation juridique pour les pauvres. Quand les oligarques ne se déplacent pas en jet privé, ils empruntent les vols en première classe, donc ils permettent aux compagnies aériennes de tondre et de plumer les passagers en classe « économie ». Ils n’empruntent ni le métro, ni le bus, ni le train, et ils coupent les budgets de maintenance et d’amélioration de ces services. Les oligarques disposent de cliniques et de médecins privés, donc ils ne veulent pas payer pour la santé publique ni pour Medicare. Les oligarques détestent la presse, car quand elle fonctionne elle fait la lumière sur leur corruption et leurs mensonges, si bien qu’ils achètent et contrôlent les systèmes d’information et satellisent ceux qui les critiquent aux marges de la société, chose qu’ils vont encore accélérer avec l’abolition de la neutralité d’internet. [NdT : cet article est écrit par un auteur américain, mais il est frappant de constater comme on retrouve les mêmes effets en France par exemple].

Les oligarques ne prennent pas leurs vacances sur des plages ou dans des parcs publics. Il détiennent leurs propres terrains et propriétés, où nous ne sommes pas invités. Ils ne voient aucune raison à maintenir ou financer des parcs publics, ou à protéger les zones publiques. Ils cèdent ces zones à d’autres oligarques, afin qu’ils les exploitent à leurs profits. De manière cynique, les oligarques comprennent la loi comme un moyen de légaliser leurs fraudes et leurs pillages. Ils emploient des lobbyistes dans la branche législative du gouvernement, afin de faire croître et de protéger leur fortune, par le biais d’exemptions de taxes et d’autres mécanismes. Les oligarques ne permettent pas l’occurrence d’élections libres et équitables. Ils utilisent des manipulations et des contributions aux comptes de campagnes, pour s’assurer que d’autres oligarques sont élus encore et encore. Nombre d’entre eux ne rencontrent même pas d’opposition.

Les oligarques voient les régulations de protection de l’environnement ou de protection des travailleurs comme autant d’obstacles à leur profit, et les abolissent. Les oligarques déplacent les industries vers le Mexique ou la Chine, pour augmenter encore leur fortune tout en appauvrissant les travailleurs américains, laissant les villes américaines en ruines. Les oligarques sont des philistins. Ils sont muets, aveugles et sourds et chefs d’œuvre artistiques ; ils se divertissent de spectacles clinquants, de kitsch patriotique et de loisirs stupides. Ils méprisent les artistes et intellectuels qui appellent aux mérites et à l’auto-critique, valeurs en conflit avec la soif de pouvoir, la célébrité et la fortune. Les oligarques n’ont de cesse de mener des guerres contre la culture, l’attaquant comme élitiste, hors sujet et immorale, et ils coupent ses financements. Tous les programmes et institutions sociaux, tels que programmes de logement, parcs publics, repas pour personnes âgées, projets d’infrastructure, aides sociales et Sécurité Sociale, sont vus comme des gaspillages d’argent par eux. Ces services se font vider de leur substance encore et encore, ou sont cédés à d’autres oligarques, qui les exploitent à leur profit jusqu’à leur destruction.

Les oligarques, qui ne s’engagent pas dans l’armée, et dont les enfants ne s’engagent pas dans l’armée, se font passer pour de grands patriotes. Ils attaquent ceux qui s’opposent à eux, les taxant d’être anti-américains, traîtres ou agents d’une puissance étrangère. Ils emploient le langage du patriotisme pour attiser la haine contre ceux qui les critiquent et pour justifier leurs crimes. Ils voient le monde en noir et blanc – ceux qui leur sont loyaux et leurs ennemis. Ils étendent ces croyances réductrices aux affaires étrangères. La diplomatie est abandonnée au profit de l’emploi de menaces brutales, et de l’usage indiscriminé de la force, qui constituent les moyens de communication favoris de tous les despotes.

Il y a peu de controverse sur le fait que nous vivons dans un État oligarchique. Le 1 % le plus fortuné des familles américaines contrôle 40 % de la richesse de la nation, une statistique similaire à ce qu’on trouve au niveau mondial : les 1 % les plus riches de la population mondiale possèdent plus de la moitié de la richesse du monde. Cette richesse se traduit en pouvoir politique. Les politologues Martin Gilens de Princeton et Benjamin Page de Northwestern, après étude des opinions publiques dans une grande variété de groupes de personnes regroupés par richesse, ont conclu « aux États-Unis, nos études montrent que la majorité ne gouverne pas – du moins pas dans le sens causal de choisir les politiques mises en œuvre. Quand la majorité des citoyens est en désaccord avec les élites économiques et/ou des intérêts organisés, cette majorité finit le plus souvent par perdre. De plus… même quand des majorités significatives d’américains se montrent favorables à un changement de politique, ce changement n’a en général pas lieu. »

Les oligarques accélèrent l’effondrement social, politique, culturel et économique. Le pillage effréné amène à des défaillances des systèmes. Le refus de protéger les ressources naturelles ou les moteurs économiques qui maintiennent l’État fait que la pauvreté devient la norme et que le milieu naturel se transforme en décharge toxique. Les institutions de base ne fonctionnent plus. Les infrastructures ne sont plus fiables. L’eau, l’air et les sols sont empoisonnés. On laisse la population sans éducation, sans apprentissage, appauvrie, oppressée par les organes de sécurité interne et rongée de désespoir. L’État finit par faire banqueroute. Les oligarques répondent à cette détérioration continue, par l’exigence de travailler plus pour gagner moins, et en lançant des guerres auto-destructrices, dans une vaine tentative de restaurer un âge d’or perdu. Ils persistent également, quelle que soit la noirceur de la situation, à maintenir leur propre style de vie opulent et hédoniste. Ils augmentent les prélèvements sur l’État, l’écosystème et la population, par des exigences suicidaires. Ils fuient le chaos émergent et se réfugient dans leurs complexes bien fermés, versions modernes de Versailles ou de la Cité Interdite. Ils perdent le lien avec la réalité. À la fin, ou bien ils sont renversés, ou bien ils détruisent l’État lui-même. Aucune institution en Amérique ne peut plus être qualifiée de démocratique, et par voie de conséquence, aucun mécanisme interne ne peut plus prévenir une descente vers la barbarie.

« Le rôle politique des grandes entreprises, la corruption des processus politiques et représentatifs par l’industrie du lobbying, l’expansion du pouvoir exécutif au détriment des limites constitutionnelles, et la dégradation du dialogue politique promus par les médias sont les bases du système, pas des excroissances », écrivait le philosophe politique Sheldon Wolin dans Democracy Incorporated : Managed Democracy and the Specter of Inverted Totalitarism [NdT : démocratie des corporations : la démocratie domptée et le spectre du totalitarisme inversé]. « Le système resterait en place même si le Parti démocrate atteignait une majorité; et si cela devait se produire, le système mettrait des limites strictes aux changements malvenus, comme le laisse présager la timidité des propositions de réforme démocrates qui sont émises en ce moment. D’après ma dernière analyse, la stabilité tant adulée et le conservatisme du système américain n’ont aucune dette envers les idéaux élevés, et doivent tout au fait irréfutable qu’ils sont portés par la corruption et les contributions financières en provenance principale des plus riches et des grandes entreprises. Quand le minimum pour candidater à une élection au Parlement ou au poste de Juge est un million de dollars, et quand le patriotisme signifie glorification des non-engagés et conscription pour les citoyens ordinaires, par ces temps-là, cela devient réellement un acte de mauvaise foi que de croire que la politique-telle-que-nous-la-connaissons pourra miraculeusement se soigner des maux qui sont essentiels à sa propre existence ».

Plus nous laisserons les oligarques gouverner, plus notre impasse deviendra mortelle, particulièrement à cause du refus des oligarques de s’occuper du changement de climat, la plus grande crise existentielle de l’humanité. Les oligarques ont de nombreux mécanismes, parmi lesquelles la surveillance de masse, pour nous garder sous contrôle. Rien ne les arrêtera dans leur tâche de maintenir le sophisme de leur régime. L’histoire ne se répète sans doute pas, mais elle bégaye. Et si nous ne comprenons pas ces bégaiements et ne nous révoltons pas, nous serons amenés aux abattoirs que les tyrannies mettent en place à la fin de leur existence.

Source : Truthdig, Chris Hedges, 11-02-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Merlin // 07.03.2018 à 07h28

Faut-il écarter des situations moins mauvaises que la nôtre au prétexte qu’elle ne sont pas parfaites?
Je ne crois pas.
Je pense qu’il faut savoir prendre les bonnes idées où elles sont, savoir prendre exemple et s’en servir pour améliorer notre situation.

28 réactions et commentaires

  • numaroumestan // 07.03.2018 à 06h19

    Il a été développé par Claude Polin, dans les années 1980, la thématique du totalitarisme fondé sur l’économie.
    Il n’est jamais trop tard pour en prendre conscience mais, vraiment, M.Hedges a eu besoin de beaucoup de temps pour comprendre que l’inhumanité règne en occident.
    Que faire ? Comme dans toutes les tyrannies : ne pas collaborer, ne pas obéir, voire même désobéir et bastonner les puants collabos des crapules en possession d’Etat.

      +22

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  • Tchernine // 07.03.2018 à 06h31

    L’impasse? Pourquoi ce billet strident de vérité est bon? Puisque écrit (et traduit) d’une plume légère et simple qui n’a rien à voir avec “une masturbette pseudo-intellectuelle” qui me donne des urticaires. Faire quoi que se soit pour échapper ” aux abattoirs “? Je ne pense pas que c’est possible, en tout cas pas de mon vivant. Un des oligarques de “top 3” Warren Buffet avait malheureusement raison quand il a dit “La lutte des classes existe et c’est nous…” cette citation vous connaissez par coeur. Bon mercredi quand même.

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  • gracques // 07.03.2018 à 07h00

    Si l’hinumanite règne en Occident , l’humanité ne règne pas pour autant ailleurs……
    La Russie et la’Chine ne sont pas des havres de liberté et partage des richesses …

      +6

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    • Merlin // 07.03.2018 à 07h28

      Faut-il écarter des situations moins mauvaises que la nôtre au prétexte qu’elle ne sont pas parfaites?
      Je ne crois pas.
      Je pense qu’il faut savoir prendre les bonnes idées où elles sont, savoir prendre exemple et s’en servir pour améliorer notre situation.

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    • Garcin Alain // 07.03.2018 à 10h02

      Et alors, ça vous console où ça vous rassure ? On peut toujours trouver pire que soi, faut-il pour autant renoncer à changer les choses ici et maintenant ?

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      • basile // 07.03.2018 à 11h23

        d’autant plus que ce discours, genre « c’est pas mieux ailleurs », je l’ai entendu maintes fois de la part de ceux qui, petite bourgeoisie ou petits patrons, n’avaient justement pas intérêt à ce que le peuple aille voir ailleurs. Pas intérêt à ce que leur petit confort soit remis en cause

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    • Louis Robert // 07.03.2018 à 12h30

      Voilà un « argument » qui ne m’a jamais ni réconforté, ni consolé, devant le long spectacle écœurant de notre barbarie, de nos crimes inavouables et de notre inhumanité révoltante. Comment nous avons traité et traitons encore Russes et Chinois en est.

      Par ailleurs, très tôt, j’ai été profondément remué notamment par l’humanité de Camus, nous invitant plutôt à « ne pas ajouter à la souffrance du monde ». Ses « Lettres à un ami allemand », combien de fois relues, me bouleversent encore aujourd’hui.

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  • Nerouiev // 07.03.2018 à 07h44

    Pas de doute, où qu’on soit en Occident on s’y reconnaît. Le texte est donc bien construit mais à mon goût il manque un paragraphe sur la fin tragique de certains oligarques.

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    • Chris // 07.03.2018 à 15h40

      sur la fin tragique de certains oligarques.
      Vous voulez dire, des oligarques qui se bouffent entre eux ou ceux qui meurent comme monsieur tout le monde ?

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      • anomail // 07.03.2018 à 17h44

        Heureusement qu’ils se chicanent entre eux, ça nous donne une fenêtre de tir de temps en temps.

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  • Anonymous-Civil-Sergent // 07.03.2018 à 07h44

    Sans nier le fait que tout n’est pas rose en russie ou en chine, ce texte nous pousse aussi à réfléchir en France et dans le reste de l’union européenne sur la manière de reprendre la main sur les forces oligarchiques.

    Les états-unis sont bien partits pour que ca se finissent comme dans deus ex ou les citoyens eux même doivent se regrouper sous la national secessionist force pour survivre.

      +9

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  • un citoyen // 07.03.2018 à 08h04

    C’est la réalité mais je crains un autre problème : Dans la Grèce antique, il y a eu un épisode qui s’est passé dans la plupart des cités, celui du renversement des oligarques par des personnes soutenues par le peuple mais lesquelles sont devenues tyrans une fois qu’elles ont accédé au pouvoir. En gros, la tyrannie venant des riches avait fait place à une tyrannie issue des pauvres, apparue à la suite d’une réaction légitime.
    (Ce qui ne veut pas dire que tous les renversements conduisent nécessairement à une tyrannie mais … attention)

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    • Sandrine // 07.03.2018 à 08h40

      À quel événement en particulier pensez-vous? Le propre des oligarques dans l’Antiquité était justement de manipuler le peuple pour arriver à leurs fins politiques au détriment des « vrais » aristocrates (Car si Aristote conspue l’oligarchie, c’est pour mieux valoriser le principe aristocratique – la démocratie pour lui se trouvant dans le camp des mauvaises formes de gouvernement).

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      • un citoyen // 07.03.2018 à 14h14

        Au VIème siècle av JC suite à une chute de l’aristocratie, d’après des écrits rapportés par Solon et Théognis. Des exemples de tyrans : Périande, Thrasibule, Pisistrate, Clisthène, Théagène,…
        J’ai écrit que ces tyrans renversaient les systèmes oligarchiques mais ils renversaient aussi les aristocraties en place. Je n’en dis pas plus… de peur de faire l’erreur de penser d’avoir compris, bien que cela me donne envie d’en savoir plus.

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        • RGT // 07.03.2018 à 19h13

          Depuis la Grèce antique rien n’a vraiment changé…

          Qu’ils soient oligarques de droit Divin ou Financier, ces sinistres individus ont de tous temps gouverné les “gueux” à leur avantage.

          Toutes les “révolutions” ont été payées avec le sang du peuple mais le peuple n’en a jamais bénéficié. Juste des révolutions de palais.

          Les dirigeants changent mais le système reste le même.

          La SEULE solution serait une véritable Anarchie (au sens noble du terme) dans laquelle chaque individu peut proposer ses idées et peut bloquer les arnaques des oligarques.

          Malheureusement, chaque fois qu’une véritable Anarchie a tenté d’apparaître elle s’est faite “exploser” tant par les “réactionnaires de droite” que par les “progressistes de gauche” qui d’un coup s’alliaient pour combattre les seuls ennemis réels de la ploutocratie.

          Et les pires “fake news” ont toujours été colportées pour décrédibiliser les anarchistes afin que le “bon peuple” suive les “hommes sensés”…

          La dernière expérience anarchiste a eu lieu en Espagne en 1936, très bien décrite par Orwell.

          Il suffit de voir comment les communistes et les franquistes se sont alliés pour détruire cet ennemi commun pour connaître la réalité des “idéaux politiques” centralisés.

          Tout système politique basé sur des “représentants”, des “fonctionnaires” ou des “élites” qui n’ont aucun compte à rendre au peuple est par nature une escroquerie.

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          • Brian64 // 08.03.2018 à 05h38

            L’anthropologue Christopher Boehm donne quelques perspectives : les êtres humains sont naturellement poussés à vouloir dominer ou à accepter une dominance. Il faut le prendre en compte si on veut créer une anarchie, la morale doit être placée au-dessus de tous et ceci dans un seul but : ne pas laisser la place au dominant qui cherche à se mettre au-dessus de tous.

            D’autres part il est extrêmement peu probable qu’une société sans spécialisation des tâches puisse résister à une société où les tâches sont organisées. Cela pose presque immanquablement le problème de la hiérarchie.

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            Alerter
  • Emmanuel // 07.03.2018 à 08h11

    Chers amis américains, réveillez-vous, que diable ! En tant que puissance mondiale, et particulièrement pour l’Europe, ce qui se passe dans le pays a pour effet de tirer les autres dans la même direction. Il y va aussi d’une responsabilité collective. Merci à Chris Hedge pour son effort louable, mais, que diable, que les citoyens américains cessent leur pudibonderie vis à vis de toute allusion à des idées socialistes (je veux parler de l’authentique, pas du parti du même nom), et qu’ils puissent comprendre qu’il n’existe pas que des intérêts individuels qui seraient miraculeusement vertueux par l’effet magique d’une main invisible !

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    • vlois // 07.03.2018 à 08h44

      Est-ce que quelque part dans l’inconscient collectif comme ils ont privatisés les terres et exterminés les amérindiens par voie directe ou indirecte, ils n’ont pas étendus cette vision au Monde ?
      Destinée Manifeste ?

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    • RV // 08.03.2018 à 18h31

      @ Emmanuel Le 07 mars 2018 à 08h11

      Avez vous lu “Une histoire populaire des Etats Unis ” ?
      Avez vous connaissance du Maccarthisme ?
      Savez vous où se trouvent la plupart des membres des Black Panthers ?

      La “gauche” a été laminée outre Atlantique, c’est une donnée “historique” . . .

        +3

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  • jean-Francois // 07.03.2018 à 09h21

    Bonjour à tous, j’ose espérer que les lecteurs ne tombent pas des nues en lisant cet articled e Chris Hedges ; tous ces aspects ont été évoqués et qui plus est pour ceux qui doutent de l’authenticité des ses affirmations documentés par Noam Chomsky et notamment, même si les interviews datent un peu dans “Comprendre le pouvoir”

      +9

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  • Christian Gedeon // 07.03.2018 à 09h34

    Les ” libertés de transfert des capitaux,de circulation des marchandises et autres fadaises du même type comme la liberte de circulation des personnes,autour des qu’elles tout le monde a fait la feeeeeeeete ne pouvaient aboutir à un autre résultat. S’en étonner aujourd’hui me fait rire….

      +9

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  • Christian Gedeon // 07.03.2018 à 12h28

    Et ce qui m’énerve vraiment c’est de voir ” les gens de gauche” qui abondent sur les Crises ne pas comprendre ou plutôt ne pas vouloir admettre que la gauchisation societale de nos pays,la déstructuration de la pensée ou de ce qui en a tenu lieu ces quarante dernières années,la foucaultisation des esprits(ou de ce qui en tenait lieu),le dévoiement syndical au seul profit du “public”,le mépris de l’état et de ses attributs régaliens,topiques de la gauche depuis 1968, nous ont condamnés. Quels alliés indéfectibles ont été trouvés dans la gauche et les soi disant progressistes par ce qu’il est convenu d’appeler le ” grand capital”! Je suis sur qu’ils n’en demandaient pas tant. vive la Nation souveraine et historique sans distinction de couleur,ou de religion. La Nation nous a fait,elle seule péut nous sauver. Tout le reste est du baratin. L’internationalisme,quelle que soit la couleur politique qu’on lui donne est l’antichambre de la déchéance et de la domination des surpuissants.

      +19

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    • Narm // 07.03.2018 à 15h13

      ce qui est chiant aussi c’est de mettre tout ce monde dans le même panier et de cataloguer une “gauche” et ça sertjustement nos “dictateurs” invisibles

      c’est bien pratique , style, bolchévique … (communistes aux US)
      et maintenant l’autre étiquette “populiste” (voir l’Italie)

      vous verrez qu’au prochaine élections, si nous ne sommes pas sur la “ligne de vote”, nous serons “gauche” ou “populiste”
      le nouvel axe du mal stigmatisé

        +4

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    • RV // 08.03.2018 à 18h38

      @ Christian Gedeon Le 07 mars 2018 à 12h28

      ” …/… L’internationalisme,quelle que soit la couleur politique qu’on lui donne est l’antichambre de la déchéance et de la domination des surpuissants. …/… ”

      Bien d’accord avec votre commentaire mais pas avec cette dernière idée.

      Vous rangez dans la même case Internationalisme et Mondialisation il me semble.
      Alors que dans Internationalisme il y a précisément des Nations, celles que vous appelez de vos vœux.

        +2

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  • Christian Gedeon // 07.03.2018 à 13h55

    Et en quoi,s’il vous plaît ? Hitler était fou,Staline malade, Pol Pot azimute,Mao obsede sexuel et amoureux du sang etc….les explications médico psychiques vous dédouanent bien facilement,non?

      +1

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  • rolland // 07.03.2018 à 14h33

    “Le 1 % le plus fortuné des familles américaines contrôle 40 % de la richesse de la nation, une statistique similaire à ce qu’on trouve au niveau mondial : les 1 % les plus riches de la population mondiale possèdent plus de la moitié de la richesse du monde.”

    Le dernier rassemblement de Davos nous à pourtant semble-t-il informé, que cette détention de richesses des 1 %, n’appartient désormais qu’à un ensemble de huit familles, non ???

    Ou alors c’est moi qui ai mal compris ?

      +4

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  • Doghouse Reilly // 07.03.2018 à 14h33

    Une convaincante démonstration de ce que la démocratie n’est qu’un cache sexe du droit de propriété . En bref : choisi toi un maître et ferme la . La solution NKVD pour les bourgeois et la version laogaï pour leurs sycophantes .

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  • Brigitte Pascall // 08.03.2018 à 15h23

    Chris Hedges écrit : “Les oligarques ne tiennent aucun compte de la compétence, de l’intelligence, de l’honnêteté, de la rationalité, de l’abnégation ou du bien commun. Ils pervertissent tous les pouvoirs pour servir leurs intérêts immédiats”(sic) (extrait de l’article : “Le régime mortel des oligarques du 7 mars 2018, posté sur le site “Les crise”s). C’est une phrase magnifique et d’une rare lucidité, qui pointe l’essence même de ceux qui nous gouvernent.
    On rappelle que Chris Hedges est un ancien journaliste du New York Times : son propos vise donc l’oligarchie américaine. Mais il vaut évidemment pour l’oligarchie française. En France, on est aussi dans un système, règne absolu des néo-cons, des menteurs, des plus cupides en matière d’argent et de pouvoir. Avec un Pouvoir confisqué par des médiocres d’une rare inintelligence : 50 mots de vocabulaire !
    Guillaume Meurice, humoriste sur France inter écrit très justement : “Pour Macron, la question (agit-il par cynisme ou par connerie ?) ne se pose même pas. Niveau foutage de gueule, on est sur les bases d’un prix Nobel. Il a poussé la vacuité au niveau de l’art contemporain”(sic). On n’a pas oublié ses “éléments de langage” pondus par son service de com, ses salles de meeting aux 3/4 vides, ni les personnes venues l’écouter s’enfuyant coudes au corps, de la fin du premier quart d’heure.
    .

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