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3.février.20143.2.2014 // Les Crises

[Reprise] Les leçons de Gerhard Schröder à François Hollande

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Je vous propose une petite réflexion sur l’Allemagne, parue dans l’Opinion en novembre 2013. Dans cette interview de novembre 2013, Gerhard Schröder nous montre la vision des socialistes allemands. Ils sont encore (un peu) plus libéraux que les socialistes français, mais drôlement plus honnêtes intellectuellement – ils affichent la couleur, eux…

Je rappelle que Hollande a vanté son bilan en 2013… “Le progrès, c’est aussi de faire dans les moments difficiles des choix courageux pour préserver l’emploi, pour anticiper les mutations industrielles et c’est ce qu’a fait Gerhard Schröder ici en Allemagne et qui permet à votre pays d’être en avance sur d’autres”, a fait valoir François Hollande. “Ces décisions ne sont pas faciles à prendre, elles peuvent faire surgir des controverses, mais rien ne se construit, rien de solide ne se bâtit en ignorant le réel”, a-t-il ajouté dans un discours applaudi debout par la salle.

Lire ici ce superbe bilan de “partage non régulé du temps de travail”. Ou ici.

La compétitivité est la clef de tout” : recette d’un monde qui meurt… Cela illustre à mon avis un problème de la culture allemande, qui en fait les rois de la tactique (ils gagnent vite plein de bataille), mais ils oublient juste ce qu’on appelle la stratégie (ils perdent donc les guerres). Cela sera la même chose pour la guerre économique – ils vont faire exploser le système…

Gerhard Schröder

Gerhard Schröder

«Les élus doivent avoir le courage de mettre en œuvre les réformes… Il y a des impératifs bien réels devant lesquels tout pouvoir doit s’incliner : la compétitivité est la clef de tout»

Les faits – Deux mois après les élections fédérales en Allemagne, la chancelière Angela Merkel devait retrouver mardi soir le président du parti social-démocrate (SPD), Sigmar Gabriel, pour une ultime séance de négociations en vue de la formation d’une grande coalition. La CDU et le SPD espéraient pouvoir présenter mercredi une plateforme de gouvernement incluant la mise en place d’un salaire minimum, réclamé par le SPD, des mesures pour la transition énergétique hors du nucléaire, l’instauration d’une double nationalité pour les enfants d’immigrés nés en Allemagne et une réforme du système de retraites. L’ancien chancelier SPD Gerhard Schröder (1998 – 2005) a donné à cette occasion une grande interview à l’Opinion pour exposer sa vision de l’évolution de l’Allemagne, mais aussi de la France.

Les négociations entre Angela Merkel et le SPD pour l’établissement d’une grande coalition sont en train d’aboutir. Est-ce que vous êtes favorable à ce gouvernement pour l’Allemagne ?

Oui, dans le contexte général, vous pouvez difficilement dire aux gens « vous avez mal voté, vous devez retourner aux urnes ». Il faut donc, dans le contexte actuel, prendre note du résultat des élections et essayer de trouver un gouvernement stable. Et la seule façon d’y parvenir, c’est la grande coalition. Donc, oui, j’y suis favorable et je conseillerai à mon parti de passer un accord de gouvernement. Mais il y a à mon avis 2 conditions absolument indispensables pour obtenir un vote favorable des militants du SPD : un accord sur un salaire minimum de 8,50€ l’heure et la résolution du problème de la double nationalité pour permettre à des gens qui ne sont pas d’origine allemande (et en particulier les Turcs) d’appartenir à notre pays sans pour autant renier leurs racines ethniques.

Ces deux conditions suffisent-elles ? Le SPD demandait davantage pour entrer dans la coalition.

Il y a d’autres sujets sur lesquels il faudra un compromis : retraites, fiscalité, marché de l’emploi dont il faut corriger quelques dysfonctionnements, mais ce sont des dossiers sur lesquels on peut se mettre d’accord facilement.

L’Allemagne est en forme économiquement, et beaucoup au sein de l’Europe disent que votre pays va trop bien et doit maîtriser ses excédents. Comment réagissez-vous à cela ?

Oui, l’Allemagne va bien. Et la vraie question est : pourquoi va-t-elle si bien ? Il y a trois raisons. D’abord, contrairement à la plupart des pays d’Europe, nous avons ici des PME particulièrement performantes, qui sont innovantes et qui agissent à l’international. Notre secteur industriel représente 23% du PIB, contre 11% en France et au Royaume-Uni. Ensuite, les conditions de travail sont négociées entre des syndicats forts et des patrons qui sont bien organisés et défendent bien leurs points de vue. Enfin, troisième explication, c’est « l’Agenda 2010 », que nous avons mis en route en 2003. Cela fait donc 10 ans que nous avons lancé les réformes qu’il fallait, que nous avons consenti à faire des réformes qui ont été douloureuses, qui ont été un vaste chambardement. J’estime donc que ce n’est pas fair-play de reprocher à l’Allemagne d’être d’une santé insolente. Notre pays a fait il y a un certain nombre d’années ce que doivent faire aujourd’hui la France, l’Italie et d’autres pays du Sud de l’Europe. Et puis, aucun dirigeant politique ne peut demander aux PME de faire moins bien, d’être moins performant !

Alors, c’est vrai, on peut modifier certaines choses : il faut se mettre d’accord sur un salaire minimum, et on peut aussi investir dans nos infrastructures. Tout cela augmentera la consommation dans notre propre pays.

Beaucoup de gens, beaucoup de mouvements populistes ou nationalistes disent : « l’Europe, c’est l’austérité ». L’Allemagne ne participe-t-elle pas à l’installation de cette idée que l’Europe, c’est l’austérité ?

Effectivement, l’austérité à elle seule ne résoudra pas tout, et c’est peut-être le problème qu’a eu le gouvernement précédent de miser exclusivement sur l’austérité pour sortir de la crise. Il faut en particulier œuvrer pour la croissance, surtout en ce qui concerne le Sud de l’Europe, favoriser le développement des infrastructures au niveau européen, lutter contre le chômage des jeunes. Il faut mobilier les fonds structurels et le fonds de cohésion de façon ciblée vers le Sud, et que la BEI participe mieux à ces efforts.

Mettez-vous la France parmi les pays du Sud de l’Europe ?

Oui et non. La France est un pays tellement important que, ne pas procéder aux réformes nécessaires complique la situation de toute l’Europe. Cela pèse plus sur toute l’Europe que lorsqu’il s’agit de la Grèce, l’Espagne ou l’Italie. L’intérêt bien compris de la France est donc de procéder aux réformes, pour elle-même mais aussi pour le reste de l’Europe. Cette responsabilité incombe au gouvernement français.

Je dois vous dire qu’une chose m’étonne : c’est que la France ait aussi peu confiance en soi lorsqu’elle se présente sur la scène internationale. Prenez l’exemple de la gouvernance économique de l’Europe : c’est la France qui a lancé cette idée, et le gouvernement allemand qui y était opposé a fini par s’y rallier. Même chose pour la politique de la BCE. Je pense donc que la France n’a pas de raison de donner l’impression de douter d’elle, étant entendu que ce pays a une obligation incontournable : devenir compétitif.

Lorsque vous étiez au pouvoir, vous aviez réfléchi à une alliance très forte entre la France et l’Allemagne, avec une Europe à plusieurs vitesses. Compte tenu du décalage actuel entre les économies française et allemande, cette idée est-elle encore pertinente ?

Oui, je pense que cette idée garde toute sa valeur. La monnaie unique, le processus d’intégration ne peuvent se faire que grâce à une étroite entente entre la France et l’Allemagne. Mais je le répète, la France a maintenant un impératif, une obligation de résultat. Elle doit absolument gagner en compétitivité, sinon c’est toute l’Europe qui va en pâtir.

Compte tenu de votre expérience de « l’Agenda 2010 », quels sont les ingrédients indispensables pour mettre en place ces réformes ?

La façon de procéder est rigoureusement la même partout. La première chose à faire – et croyez-moi, je connais bien le problème ! – c’est d’agir tout de suite.

D’abord, un constat : les pays européens sont riches. Je sais qu’il y a des disparités, mais l’Europe est un continent riche. Si vous faites des réformes de fond, vous allez évidemment heurter les intérêts d’un certain nombre de populations. Or les premiers effets positifs se manifestent au bout de 3 à 5 ans. Il y a donc un vide, un trou de popularité à cause de ce décalage entre la mise en place des réformes et leurs résultats.

Bien entendu, il est légitime que toute personne élue veuille être réélue, ce qui peut inciter à ne pas mettre en place de réforme impopulaire. Mais c’est une démarche doublement fausse, et l’exemple de la France est parlant : ne pas avoir mis en place les réformes n’a pas, à ma connaissance, entraîné l’adhésion de la population ni la réélection du président sortant ! En revanche, cela a entraîné une très nette détérioration de la situation du pays. Je vous le redis, on ne peut pas demander à un élu de remettre sciemment en cause son élection. En revanche, je pense qu’on peut lui demander d’avoir le courage de mettre en œuvre les réformes.

Un gouvernement devenu historiquement impopulaire, comme c’est le cas en France, peut-il entamer une telle séquence de réforme sur 3 à 5 ans ?

Mais c’est sa seule chance ! On peut faire une réforme et ne pas être réélu. Mais ne pas faire de réforme fait peser le même risque.

La France est arrivée à un niveau de tension tel que le gouvernement est aujourd’hui quasiment inaudible. Comment sort-on de cette situation ?

Je ne donne pas de conseil… Mais mon expérience, c’est que si vous opérez des réformes, peut-être que vous ne serez pas réélu (et d’ailleurs, avec le recul, les gens se diront : « Ah, ces réformes étaient nécessaires, elles avaient du bon » et vous gagnerez en prestige et en popularité). En revanche, ne pas engager de réformes et ne pas être réélu : le constat n’est-il pas plus terrible ? Il faut mener les réformes dans l’intérêt du pays, pas dans un intérêt partisan. Je l’ai dit lors du dernier congrès du SPD : « D’abord le pays, ensuite le parti ». Ca reste ma conviction. J’ajoute qu’un président de la République française est doté de beaucoup plus de pouvoir qu’un chancelier allemand : cela renforce mon raisonnement.

François Hollande avait fait deux promesses phares avant d’être élu : la taxe à 75%, et la lutte contre le chômage des jeunes en développant les emplois aidés, les emplois subventionnés. Est-ce une bonne méthode pour développer l’emploi des jeunes ?

Si c’est l’Etat ou l’administration qui emploie les jeunes, ça ne peut pas fonctionner. Ca aboutit à gonfler les effectifs de l’administration de gens qui n’ont pas spécialement de travail, et ça ne peut pas donner de résultat positif. Mais si ce sont des emplois qui permettent à des entreprises de bénéficier d’avantages fiscaux par exemple, c’est tout à fait possible, et ça se fait aussi chez nous. Ces jeunes veulent travailler, être productifs ; ils ne veulent pas être seulement nourris par l’Etat. C’est contraire à leur dignité ! Les jeunes doivent trouver un emploi et un débouché sur le vrai marché du travail.

Et la taxe à 75% : une telle proposition vous paraîtrait-elle possible en Allemagne ?

Non !

Je reviens sur votre « Agenda 2010 » : vous n’avez pas de regrets ?

Non, aucun. J’aurais probablement pu faire certaines choses autrement, par exemple les distorsions qu’on observe sur le marché du travail, la situation des intérimaires, le salaire minimum (j’aurais bien aimé le faire, à l’époque, mais ce n’était pas possible à cause de la majorité hostile du Bundesrat). Mais en ce qui concerne « l’Agenda 2010 », non, je ne regrette rien. D’ailleurs, je suis convaincu que si mon parti s’était vraiment approprié cette réforme et l’avait défendue, je pense que le SPD ne serait pas dans l’état où il se trouve. C’est le problème de tous les partis sociaux-démocrates : ils veulent toujours plus que ce qu’ils ont réussi à obtenir. Ils mettent la barre très haut (et c’est aussi pourquoi je reste membre de ce parti !).

L’Allemagne a-t-elle encore de grandes réformes à mener, au risque de l’impopularité ?

Oui, il y a encore de grandes réformes à lancer. Par exemple développer les infrastructures, au risque de relever la fiscalité (mais je pense qu’une hausse est acceptable lorsque les gens savent dans quel but c’est décidé). Il faut aussi garantir que l’économie allemande ait suffisamment de main d’œuvre, ce qui exige de faire un effort d’intégration et de formation pour les jeunes immigrés de deuxième génération. Il faut accentuer nos efforts d ‘équipement de structures d’accueil pour les enfants, de manière à ce que les femmes puissent plus facilement travailler (et la France fait beaucoup mieux que nous en la matière).

Le mariage homosexuel a créé en France un débat et une fracture profonde au sein de la société. Est-ce que ce genre de débat, de risque de fracture dans la société, existe aussi en Allemagne ?

Ce n’est pas une question qui divise en Allemagne, peut-être parce que beaucoup de politiques ont dévoilé leur homosexualité. Un autre sujet a divisé l’Allemagne : la question de savoir si nous sommes oui ou non un pays d’immigration ? Mais je constate aujourd’hui que les conservateurs de la CDU ont eux-mêmes beaucoup évolué sur ce point, en raison en particulier des besoins de main-d’œuvre. Je ne vois donc aucun sujet de division profonde.

Le sujet de l’adoption par les couples homosexuels ne divise-t-il pas les Allemands ?

Ecoutez, je ne sais pas comment ce sujet sera réglé, mais je ne crois pas qu’il divise le peuple. Ce qui passionne les Allemands en ce moment, c’est la question du quota de femmes dans les conseils d’administration des entreprises cotées en bourse. Que ce soit le seul sujet de grand débat, c’est vraiment le signe que le pays va très bien ! En tout cas, je pense que ce qu’a dit Mao Zedong doit se réaliser : « la moitié du Ciel mais aussi la moitié de la Terre doit appartenir aux femmes » ! J’ai d’ailleurs dû en faire l’apprentissage, moi aussi, avec ma femme !

Quels sont vos rapports avec François Hollande ?

Je ne l’ai jamais rencontré lorsque j’étais chancelier et lui premier secrétaire du parti socialiste. La première fois que je l’ai vu, c’était il y a six mois, lors du 150ème anniversaire du SPD, à Leipzig.

A cette occasion, et ça avait beaucoup frappé en France, François Hollande avait loué la sociale-démocratie allemande. A votre avis, la France applique-t-elle un programme social-démocrate ?

Pas en ce qui concerne la fiscalité ! En ce qui concerne le retour partiel à la retraite à 60 ans, ce n’est pas le bon signal qu’on envoie, en tant que parti social-démocrate. Mais je sais qu’il est beaucoup plus difficile de mettre en œuvre une politique de réforme en France : les Français ont une relation un peu épidermique avec la politique, comme on le voit en Bretagne actuellement … Pourtant il y a des impératifs bien réels devant lesquels tout pouvoir doit s’incliner : la compétitivité est la clef de tout. C’est le diktat de la mondialisation. Et je pense que seule une Europe plus intégrée et plus compétitive, incluant la Turquie et avec un accord de coopération avec la Russie, pourra s’affirmer vis-à-vis des Etats-Unis et de l’Asie, la Chine en particulier.

Ce diktat est refusé par une partie des Français…

(En riant) : quand j’ai présenté en 2003 mon programme de réformes, j’ai dit dans mon discours : « soit, en tant que responsable politique, vous façonnez la réforme, soit vous serez le jouet de la réforme ». Je ne plaide pas pour que ce soit les marchés qui fassent la politique, bien au contraire. Si, comme moi, vous voulez le primat du politique sur l’économique, il faut prendre les choses en main : vous ne pouvez pas attendre que le fossé se creuse entre un monde qui change profondément et une classe politique inerte.

Martin Schultz est-il un bon candidat pour remplacer José Manuel Barroso à la tête de la Commission Européenne ?

C’est le meilleur que puissent souhaiter les Européens : il est un européen convaincu, allemand mais très proche de la France et défenseur du couple franco-allemand. Et puis la façon dont il a présidé le Parlement est admirable.

En France, le monde politique bruisse d’un retour de Nicolas Sarkozy. Vous-mêmes, l’idée d’un retour en politique vous a-t-elle effleuré ?

J’aurai 70 ans en avril !

Mais à l’époque de votre défaite en 2005 ?

J’ai été chancelier de l’Allemagne pendant 7 ans, vous ne pouvez rien viser d’autre. Quand vous avez perdu une élection, à plus de 60 ans, je crois qu’on doit dire : « ok, place aux jeunes, à eux de prendre les décisions ». C’est pourquoi je ne m’exprime pratiquement jamais sur la politique allemande.

Est-ce seulement une question d’âge ?

Non. Mais j’ai d’autres intérêts dans la vie. J’ai des enfants en bas âge et participer à leur éducation est une grande satisfaction. Ma femme est en politique : elle est député ici à Hanovre, à la diète régionale. Pour moi, la politique, c’est fini.

Source : lopinion.fr


Allez, en bonus, l’interview de Peter Hartz dans le Point en janvier 2014, l’inspirateur de Schröder, que Hollande a pris la peine de recevoir 1 heure

Le Point : Il y a dix ans, le chancelier allemand Gerhard Schröder lançait sa grande réforme du marché du travail. L’Allemagne d’aujourd’hui ressemble-t-elle à celle que vous imaginiez alors ?

Peter Hartz : Souvenez-vous comment on qualifiait l’Allemagne à l’époque : on parlait de “l’homme malade de l’Europe“. À raison, sans doute, car le chômage y était extrêmement élevé, près de 10 % de la population active était touchée, soit 4 millions de personnes. Depuis, les réformes engagées ont non seulement permis à beaucoup de jeunes de trouver un emploi, mais elles ont aussi permis à des personnes plus âgées de revenir sur le marché du travail. Trouver un emploi est indiscutablement devenu bien plus facile. Bien sûr, ces réformes ne sont pas les seules raisons du retour de l’Allemagne à meilleure fortune, mais les chiffres sont là : le taux de chômage est tombé à 5,5 % de la population active, tandis que les régimes d’assurance-chômage, de retraite et d’assurance-maladie sont désormais excédentaires.

La France aussi s’attaque au sujet. Avec des résultats moins concluants…

Pour atteindre ces résultats, nous avons dû rassembler toutes les énergies. La commission que j’ai présidée comptait quinze personnalités très diverses : représentants d’entreprises, de salariés, intellectuels… Nous avons tous compris, après avoir analysé ce qui fonctionnait à l’étranger, qu’il fallait trouver le bon équilibre entre, d’une part, la garantie des prestations sociales pour ceux qui perdaient leur emploi et, d’autre part, des exigences de contreparties pour les bénéficiaires de prestations. Nous avons voulu créer les conditions pour que, à tout moment, il soit plus intéressant de travailler que d’être au chômage. Nos propositions étaient simples et efficaces, il appartenait aux responsables politiques de les mettre en oeuvre. Ce qu’ils ont fait très rapidement.

Réduction de la durée des indemnités chômage, recours facilité aux mini-jobs, “jobs à 1 euro”… Vous y êtes allé fort !

Bien sûr, nos réformes ont bousculé les habitudes et demandé de gros efforts à chacun. Mais elles ont aussi offert de nouvelles perspectives à tous, à commencer par les chômeurs eux-mêmes. Imaginez un instant la situation d’un salarié licencié. S’il rentre chez lui le soir après avoir perdu son emploi, on peut facilement imaginer son désarroi, et même son angoisse, s’il sait que sa situation va perdurer. En revanche, s’il se trouve en chômage technique, partiel ou dans un emploi de transition, ce même salarié a désormais bien plus de perspectives. Même si cela nécessite de sa part des sacrifices, sa situation peut fondamentalement évoluer, car il conserve une vie sociale grâce à son activité professionnelle, bien que celle-ci soit insatisfaisante pendant un certain temps. Il sait qu’il retrouvera un emploi s’il s’en donne les moyens, car tout est fait pour qu’il y parvienne. En fait, l’idée centrale est que les chômeurs ne doivent plus seulement recevoir des aides sociales, mais qu’ils doivent être concrètement incités à retrouver un emploi.

Difficile, quand même, de se satisfaire d’un mini-job à temps partiel…

[…]

Source : Le Point

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49 réactions et commentaires

  • BA // 03.02.2014 à 06h54

    La première interview a été coupée à la fin !

    Il manque la dernière partie de l’interview !

    Je complète donc l’interview :

    “Monsieur Schröder, quel message donnez-vous aux jeunes Allemands qui nous lisent en ce moment même ?

    – Voici ce que j’ai à dire aux jeunes Allemands : prenez exemple sur moi, prenez exemple sur Tony Blair, prenez exemple sur Dominique Strauss-Kahn, etc, etc. Travailler pour l’intérêt national, c’est ringard. Travailler pour sa patrie, c’est archaïque. Travailler pour le bien public, c’est dépassé. Non, ce qu’il faut faire quand on est “de gauche” aujourd’hui, c’est faire un peu de politique pour nouer des contacts (par exemple avec Gazprom), ET ENSUITE il faut partir dans le privé pour utiliser ces contacts et pour gagner beaucoup de pognon (par exemple, il faut devenir salarié de Gazprom). Voilà ce que j’avais à dire aux jeunes Allemands. Vive l’argent ! Vive Gazprom ! Vive le pognon !

    – Monsieur Schröder, je vous remercie.”

    Fin de l’interview.

    En tant que chancelier, Gerhard Schröder comme son homologue russe Vladimir Poutine apportent un soutien sans faille au projet de gazoduc Nord Stream en mer Baltique. Celui-ci vise à assurer à l’Allemagne un approvisionnement direct en gaz russe et ainsi échapper aux récurrents conflits gaziers russo-ukrainiens. Le projet final de construction est signé deux semaines avant l’élection parlementaire allemande de septembre 2005, qui entraînera la démission de Gerard Schröder.

    Peu de temps après son retrait de la vie politique, l’ex-chancelier est nommé à la tête du consortium chargé de la construction, dont le premier partenaire est la société russe Gazprom.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Gerhard_Schr%C3%B6der

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    • Prague // 03.02.2014 à 12h36

      Eh oui, c est bien connu, les socialistes ont des idees a gauche, mais le portemonnaie a droite…

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  • BA // 03.02.2014 à 06h59

    Un article très important sur le site du journal LE POINT :

    Schröder et Fischer, rois du pétrole.

    Allemagne. L’ex-chancelier et son ministre se sont lancés dans de juteuses affaires.

    Gerhard Schröder (revenu annuel estimé) :

    Gazprom : 250 000 Euros

    TNK-BP : 200 000 Euros

    Ringier : 150 000 Euros

    Conférences : 100 000 Euros chacune.

    http://www.lepoint.fr/monde/schroder-et-fischer-rois-du-petrole-15-12-2011-1407793_24.php

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    • France41 // 03.02.2014 à 07h59

      OUI et alors.Vous voulez prouvez quoi?.

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      • Jean // 03.02.2014 à 15h29

        Peut-être tout simplement que c’est très éloigné du “ein euro jobs”…

        “Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais”
        “2 poids 2 mesures”

        Faudrait qu’il travaille 700.000 heures par an, alors qu’il n’y a que 8.760 heures dans une année sans dormir…

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    • Caroline Porteu // 03.02.2014 à 10h51

      Et pour illustrer votre fin d’entretien BA ..
      Cette réflexion de Gunther Anders , d’une étrange modernité dans le contexte actuel .
      Gunther Anders a été l’époux de Hannah Arendt .. il est mort en 92 .

      « Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hi.tler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.
      L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, quel’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.
      Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux.
      En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.
      L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir ».
      Extrait de l’obsolescence de l’homme, de Gunther Anders

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      • Bernard Grapperon // 04.02.2014 à 00h50

        Bonjour,

        C’est exactement le raisonnement que tenait un empereur Romain il y a de cela bien longtemps, presque 2000 ans, “…du pain et des jeux…”.
        Il y en a dont la pensée n’a pas évolué !

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        • Jacques Coeur // 04.02.2014 à 08h20

          Petit rectificatif, “…du pain et des jeux…” n’est pas le fait d’un empereur mais de Juvénal qui était un homme de lettres et qui a vécu vers le Ier siècle.
           

          La traduction donne ceci :

          “Du pain et des jeux
          et le peuple sera content,
          il suivra aveuglément
          les lois des seigneurs dieux.”

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  • Patrick Luder // 03.02.2014 à 07h57

    Effroyable, cette vision Allemande, ils ne sont que dans des rapports de force brute, ils n’ont aucune conscience des autres ni du monde qui les entourent, fermés sur eux-mêmes, n’utilisant les autres que pour leur propre compte … Ils n’ont toujours pas compris quand dans les échanges commerciaux il y a le mot *échange”, ils n’ont toujours pas compris, lorsqu’ils font du commerce extérieur, qu’il en irait aussi de leur propre intérêt à long terme, de donner aussi des contre-parties valables aux autres, que la santé de leurs “partenaires” commerciaux pourrait leur assurer leur propre avenir commercial, enfin je ne sais pas s’ils sont conscients des problèmes de ressources que notre monde doit affronter, en tous cas ils n’en donnent aucun indice …

    En résumé, je suis tout à fait d’accord avec le fait que les Allemands gagnent peut-être rapidement beaucoup de batailles mais qu’ils vont finir par perdre lamentablement la guerre, j’ajouterais => dans un monde ou les gagnant auront également un amère goût de défaite.

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    • jducac // 03.02.2014 à 11h43

      @ Patrick Luder Le 03 février 2014 à 07h57

      Effroyable, cette vision Allemande, ils ne sont que dans des rapports de force brute, ils n’ont aucune conscience des autres ni du monde qui les entourent, fermés sur eux-mêmes, n’utilisant les autres que pour leur propre compte …

      C’est la vision de gens bien plus réalistes et pragmatiques, qu’idéalistes. Ils prennent le monde tel qu’il est, sans se faire d’illusion sur son destin ultime le plus probable, à savoir, l’extinction progressive des espèces vivant sur terre.
      Pour entretenir le vivant, et lui permettre de se perpétuer, il faut disposer de l’énergie pour l’alimenter à partir d’une captation qu’il faut s’être préalablement donné la peine de mettre en place à partir des acquis du passé, avant de pouvoir en récolter les fruits. C’est la mise en application de l’inévitable processus capitaliste qui enchaîne et reconduit, l’accumulation, l’investissement et l’exploitation du capital pour alimenter la vie.

      L’avantage de Schröder et Merkel c’est de s’être coltinés avec la physique (l’un en tant qu’ancien ouvrier de bâtiment, l’autre en tant que physicienne) avant d’œuvrer dans le domaine politique, domaine dans lequel on se laisse porter par les délices, mais aussi les immenses possibilités d’illusions et de tromperies offertes par les sciences moles que sont les sciences humaines, politiques et sociales propices aux utopies.

      Les Allemands ne sont pas fermés sur eux-mêmes. La preuve : ils arrivent à vendre pratiquement de tout partout, y compris de petites voitures en France. Ils en sont même arrivés à vendre en Normandie des choux fleurs, une production agricole qui a fait prospérer la Bretagne toute proche à l’époque où elle était capable d’exporter ce type de production. S’ils y parviennent, c’est parce qu’ils savent produire et distribuer à meilleur coût, c’est-à-dire à moindre dépense d’énergie que les Bretons. Il est vrai, que comme tous les autres producteurs en France, ils doivent aussi faire vivre une pléthore de personnes employées dans de nombreuses administrations locales, départementales, régionales, nationales, totalement inconscientes de ce que sont les bases de l’économie, donc de la vie et de la survie.

      Quant à « utiliser les autres pour leur propre compte », c’est le cas de tous ceux qui opèrent des échanges à l’intérieur d’une communauté, qu’elle soit familiale, nationale ou mondiale. Aucun de nous n’échappe à la nécessité d’échanger. Quand les conditions de l’échange ne présentent plus d’intérêt pour l’une des parties, alors elle va chercher ailleurs ou change de milieu d’échange, en laissant à leur triste sort ceux qui sont inaptes à le faire.

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      • step // 03.02.2014 à 12h34

        “Les Allemands ne sont pas fermés sur eux-mêmes. La preuve : ils arrivent à vendre pratiquement de tout partout, y compris de petites voitures en France…des choux en Bretagne”.

        L’ouverture des esprit, une vision de civilisation, une culture, des choix de société…. tout cela jugé à l’aune d’une capacité à échanger et concevoir des biens matériels. Quelle misère !

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        • jducac // 03.02.2014 à 13h51

          @ step Le 03 février 2014 à 12h34

          L’ouverture des esprits, une vision de civilisation, une culture, des choix de société…. tout cela jugé à l’aune d’une capacité à échanger et concevoir des biens matériels. Quelle misère !

          Balivernes que ce type de discours qui méprise le matériel. Comme si les individus vivants n’étaient pas constitués d’éléments matériels reliés entre eux par des échanges internes et externes qui ne se maintiennent qu’à la condition d’ingérer de l’énergie ?
          L’énergie permet engendrer des mouvements malgré les forces qui s’y opposent (champs de gravitation, de température, de pression et autres) mais que les plus habiles et les plus ingénieux des humains savent mieux exploiter que les autres.

          Quelle misère ! Il faut être totalement inconscient de ce qui fait vivre, pour mépriser l’essentiel. Mépriser le matériel, c’est s’exposer aux forces de l’immatériel si bien misent en action par ceux qui s’en servent pour vivre au détriment de ceux qui les croient.

          http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/le_corbeau_et_le_renard.html

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          • step // 03.02.2014 à 14h23

            Une somme de cellules qui aspire à plus, ainsi est l’homme. Ne pas le comprendre est aussi préjudiciable qu’oublier d’où il vient. Se réfugier dans le matérialisme s’est se cacher à soit même que les vents de l’immatériel souffle, manipulé ou non, et qu’ils peuvent déterminer l’activité de trilliards de cellules.

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          • jmeransaigne // 03.02.2014 à 14h27

            Bonjour
            Jducac,
            L’essentiel est le matériel pour vous, on l’a compris.En bon Darwinien, je constate hélas, que vous n’êtes ouvert à rien d’autre que cela.
            En terme d’ingéniosité, on a fait mieux.
            Pour moi, l’essentiel est d’avoir ce qui est utile, c’est la seule part que je prélève à ce matériel que vous pensez essentiel.
            De toute manière, votre matérialisme va décroissant, sur une planète aux ressources limitées, le matériel, sauf ce qui est utile, est nuisible et nous conduit à un dépôt d’ordure de taille planétaire.

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          • Alain34 // 03.02.2014 à 15h23

            Surprenant.
            Qu’elle drôle de logique. vous parlez d’éléments matériel, d’énergie, de ce qui fait vivre, etc…
            Mais semblez prôner la loi du plus fort et l’exploitation des ressources jusqu’à épuisement : ” Ils prennent le monde tel qu’il est, sans se faire d’illusion sur son destin ultime le plus probable, à savoir, l’extinction progressive des espèces vivant sur terre.”
            “les plus habiles et les plus ingénieux des humains savent mieux exploiter que les autres”

            Foutu pour foutu, autant en profiter a fond quitte a écraser les autres, ce sera toujours ca de pris ? c’est ça votre vision de l’Humanité ?
            Vous avez des enfants ?

            C’est vous qui semblez mépriser l’essentiel : le matériel justement, notre planète et les bonnes relations entre les hommes, leur intelligence, ce qui est censé les différencier des animaux…

            Bon, ok, ça peut sembler naïf, mais bon… si on part du principe que c’est chacun pour sa gueule et que c’est la loi du plus fort qui a raison, je fais prendre ma kalach’ et aller faire un tour dans la rue dégommer tout ce qui ne me plait pas…….. et les Allemand n’ont qu’a bien se tenir, on va pointer quelques missiles nucléaires sur Berlin et leur demander les clés de leurs usines…. misère de misère.

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          • Gibbus // 03.02.2014 à 15h46

            Mon cher JC, vous êtes une incarnation du concept Ellulien de la pensée technicienne. Cf: http://technologos.fr/textes/jacques_ellul.php
            Pour vous tout n’est qu’histoire de rendement, d’optimisation, d’efficacité, de maîtrise des systèmes!!

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          • jducac // 04.02.2014 à 07h41

            @ step Le 03 février 2014 à 14h23

            Se réfugier dans le matérialisme s’est se cacher à soit même que les vents de l’immatériel souffle, manipulé ou non, et qu’ils peuvent déterminer l’activité de trilliards de cellules.

            Soit. Mais rien n’empêche de chercher à analyser pour comprendre la marche du monde vivant. C’est une façon de prendre conscience, au lieu d’attendre que tout nous arrive tout cuit du ciel. C’est simplement vivre.

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          • jducac // 04.02.2014 à 07h45

            @ Gibbus Le 03 février 2014 à 15h46

            Merci pour le lien renvoyant à J.Ellul.

            Pour vous tout n’est qu’histoire de rendement, d’optimisation, d’efficacité, de maîtrise des systèmes!!

            C’est essentiel pour pouvoir échanger de la valeur, laquelle rapporte la qualité de vie obtenue à l’énergie dépensée pour l’obtenir.

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      • jmeransaigne // 03.02.2014 à 13h32

        Bonjour,
        Au sujet de L”allemagne:http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20131126trib000797866/l-ecart-se-creuse-entre-retraites-francais-et-allemands.html
        Pour ma part, je ne voudrai pas ériger l’Allemagne comme exemple, des salaires à un euro…..juste pour dire qu’on travaille!?!
        en revanche, je pense que nos sociétés ont maintenant l’âge et l’expérience pour prendre ce qui est bon et pas ce qui ne l’est pas.Je pense que les Français ont les moyens de faire leur politique propre(oups).Il s’agit en effet de ne plus faire les erreurs du passé mais aussi, de se servir d’autres manières de faire(pas forcément Allemande).Pour cela, il est nécessaire d’innover, de sortir des points de vue habituellement admis et d’avoir un peu de courage et d’audace.il me semble également, qu’une personne bien rémunérée aura sans doute plus à coeur de faire son job correctement qu’une autre qui irait travailler pour le franc symbolique.De plus, j’ai entendu à la radio que les jeunes trouvaient leur premier cdi vers l’âge de 30 ans, ce qui implique qu’ils n’auront droit à la retraite qu’après 74 ans!!soyons sérieux!!!vous parlez de compétitivité et je vois mal cette compétition se passer entre septuagénaires, on va où là?
        Il y a un truc qui me chiffonne, les caisses de retraite font-elles de la spéculation?quel est le cadre légal pour qu’elles le fassent?je ne vois pas pourquoi elles ont le droit de le faire si c’est le cas.

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        • jmeransaigne // 03.02.2014 à 14h35

          jducac
          en termes humains, où voyez-vous que les allemands ont été meilleurs que nous?
          Dans quel état se trouve l’Allemagne après les « réformes Hartz » ? Pauvreté record, précarité pour tous et méga-profits, le titre de l’articjle dont Olivier donne le lien plus haut.

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        • jducac // 03.02.2014 à 19h20

          @ jmeransaigne Le 03 février 2014 à 13h32

          Bonjour,

          Pour ma part, je ne voudrai pas ériger l’Allemagne comme exemple, des salaires à un euro…..juste pour dire qu’on travaille!?!

          Le travail, c’est ce qui différencie l’homme de l’animal. Travailler à un euro/h, témoigne du fait qu’on a conscience de devoir travailler pour gagner sa vie et que l’on se sent appartenir à la communauté des hommes. Dès lors qu’on est né et que l’on a grandi à la charge des autres humains, on est redevable à cette communauté. Elle doit éduquer ses enfants, en ce sens, dès le plus jeune âge, en leur montrant le sens de l’effort pour dépasser sa condition animale vers laquelle il est facile de retomber.

          http://lewebpedagogique.com/philosophie-bac/le-travail-obligation-morale-texte-de-kant/

          Bien avant qu’on fasse étudier Kant à 80% des jeunes Français, l’école primaire s’employait beaucoup à sensibiliser les enfants à « la valeur travail » par le biais de fables qui étaient apprises par cœur et largement commentées.

          http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/le_laboureur_et_ses_enfants.html

          vous parlez de compétitivité et je vois mal cette compétition se passer entre septuagénaires, on va où là?

          La compétitivité se mesure sur toute la durée d’une vie. Un pays qui passe son temps à ne pas former ses jeunes pour qu’ils soient productifs le plus tôt possible, consomme inutilement ses ressources (son énergie) ce qui est le cas de la France, comparativement à l’Allemagne. Ce pays en favorisant l’apprentissage, met les éléments de sa jeunesse en situation de pouvoir travailler et produire plus tôt qu’en France.

          La France forme des Bac++++++ souvent pour rien, lorsqu’en final on est contraint de leur offrir des postes de caissières de supermarché. En Allemagne, ceux qui sont réellement aptes à faire des études longues le font après s’être exercés à produire, à l’exemple de ce qu’a fait Schröder.

          Le gaspillage de capacité à travailler, opéré dans la jeunesse, conduit à devoir reporter l’effort de production en fin de parcours professionnel. Le travail que l’on n’a pas fait le matin, il faut le reporter au soir ….d’une vie, quand de plus, on n’est plus très performant physiquement et intellectuellement.

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          • jmeransaigne // 03.02.2014 à 23h26

            Jducac,
            Moi, j’voudrais bien travailler pour un euro de l’heure, en revanche, mon salaire à un euro ne me permets pas de payer l’essence pour aller travailler…….Ni la nourriture dont j’ai besoin pour avoir la force pour travailler…….remarquez, je sais ce que je vais faire, je vais emprunter pour payer l’essence et la nourriture, merci, Jducac, je n’y avais même pas pensé, c’est ça les gens sans ingéniosité et sans talent…………………………….qui se permettent de faire partie de la communauté humaine.

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          • jducac // 04.02.2014 à 07h49

            @ jmeransaigne Le 03 février 2014 à 23h26

            Essayez donc le baba-coolisme qui permet de vivre avec rien ou presque. C’est très proche du productivisme qui vise à faire beaucoup avec le moins possible.

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          • amemar // 05.02.2014 à 12h57

            La morale est AUSSI ce qui différentie l’homme de l’animal, et la morale ce n’est pas la loi du plus fort !

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      • lechanu // 03.02.2014 à 15h10

        C’est courageux de votre part , d’assumer le rôle de poil à gratter du blog .
        Mais là , votre démonstration me laisse sans voix .

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        • Macarel // 04.02.2014 à 22h38

          jducac serait-il un cyborg ???

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      • JCC // 05.02.2014 à 22h54

        Vous avez raison. Les Allemands sont pragmatiques. Ils ont gagné la compétition instaurée entre tous par l’UE. Le seul probléme c’est que comme dans toutes les compétitions à la con, il n’y a qu’un gagnant et une foule de perdants. Alors construire un sentiment d’unité en Europe dans ce contexte devient de plus en plus difficile…

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        • step // 06.02.2014 à 13h55

          surtout à un jeu ou qui gagne perd !

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  • Galuel // 03.02.2014 à 07h58

    Un peu de réflexion sur la nature de la logique… Citons donc Mr Schröder :

    A1 : “L’impopularité des mesures portant mon nom en Allemagne est parfois pesante”

    &

    A2 : “Oui, l’Allemagne va bien”

    l’Allemagne serait donc une entité schizophrène. Or la Schizophrénie est considérée comme une maladie, pas un signe de bonne santé. Il semble donc que l’assertion A1 est valide et conforme à la réalité d’une Allemagne malade dans sa tête, tandis que c’est l’assertion A2 qui est de la nature de la schizophrénie.

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  • gonetoufar // 03.02.2014 à 08h45

    Dommage que l’ ” interviewer ” ne lui ait pas posé la seule question qui vaille…. :” Quid de la compétitivité de l’Allemangne si tous les autres pays avaient pris les même meusures qu’elle en 2003 ?”

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    • perceval78 // 03.02.2014 à 13h52

      quid de Mai 40 si on avait prolongé la ligne maginot jusqu’a la mer du nord
      quid de la coupe du monde 2010 si materazzi n’avait pas chambré Zidane

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      • ploi // 03.02.2014 à 15h02

        @perceval78

        Vous ridiculisez à tort la question de gonetoufar. Car elle amène à raisonner sur la situation actuelle puisque l’Allemagne est entrain d’imposer son modèle à la zone euro dans son ensemble.

        Or, dans le contexte récessif actuel, si des pays qui ont une inflation structurelle supérieure à l’Allemagne et du retard sur elle en termes de compétitivité prix imitent sa politique économique en l’accentuant, la piste la plus probable est de nous emmener en dépression.

        On aimerait donc entendre ce que ce brave Gerhard a à dire sur la belle route qu’il nous a tracée…

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  • Lianna // 03.02.2014 à 09h08

    L’Allemagne va bien…

    Laissez moi rire. L’Allemagne est déclinante, sur la production et les échanges mondiaux. Ceci ne va pas aller en s’améliorant.

    Encore un type payé pour dire des bêtises…

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  • ril // 03.02.2014 à 12h14

    L’Allemagne va juste un peu moins mal que les autres de l’UE et va un peu moins vite que les autres vers les problèmes. Mais avec des infrastructures à rénover, un déclin démo important, un contexte global déflationniste de l’économie réelle, une épargne menacée…

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    • Le Kaiser // 03.02.2014 à 12h50

      Comme vous, je pense que l’Allemagne va bien (mieux que les autres en tout cas).
      La situation économique mondiale est catastrophique, oui, et donc ils devraient être plus impactés par la récession que nous. Ce n’est pas le cas.
      Le jour où cela ira mieux (s’il arrive), ils en profiteront bien plus vite que d’autres.
      Les problèmes de démographie : bizarrement, les pays ont toujours réussi à les surmonter, après guerre.
      L’épargne menacée : ils sont les moins bien lotis du continent européen d’après les chiffres, donc ils ont moins à perdre. Réfléchissez : vaut-il mieux 100 000 euros qui ne valent plus que 1000 nouveaux marks et des machines outils qui valent leur production annuelle ou bien 150 000 euros transformés en 1500 francs et rien à côté niveau entreprises ??

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  • step // 03.02.2014 à 12h29

    “Ces jeunes veulent travailler, être productifs ; ils ne veulent pas être seulement nourris par l’Etat. C’est contraire à leur dignité ! ”

    Il y a je pense entre cet individu et moi, une différence de conception de la productivité et de la dignité.
    Les emplois “aidés” peuvent (et devraient, je ne dis pas que c’est idéal, comme tout emploi public) utiliser leurs savoirs,leur compétence et leurs talents aussi bien dans un périmètre d’action public, dans l’ameilloration de ce service que dans n’importe quelle entreprise de droit privé. Si ce n’est que ce monsieur présuppose que le service public est improductif. Dans ce cas là, je peux lui indiquer quelques pays qui du fait de la nullité (dépassant la notre) de leur classe politique n’ont jamais mené d’action publique. Ce sont des mouroirs à sidaïques où les paliatifs sont distribués par des ONG.

    Après ces jeunes peuvent se retrouver à socialiser des pans économiques ou des structures privées étaient à l’oeuvre du fait des opérations que l’on pourrait leur demander de mener. Ce n’est ni plus ni moins “productif” que du privé, ce n’est juste pas dans des indicateurs comme PIB marchant, et dans leur lecture débile, comme quoi leur croissance est forcément une meilleure qualité de vie pour tous. Par contre cette activité n’est pas productive de rendement en capital, vu la nature de leur emploi. C’est effectivement génant, je n’en doute pas, pour un homme politique qui a voué sa vie au confort de cette richesse là.

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  • perceval78 // 03.02.2014 à 14h07

    l’hymne national Allemand c’est : Deutschland Uber alles , pourquoi diable voulez vous qu’ils nous fassent du Deutschland Mit Alles , l’hymne europeen de facon assez bizarre n’a pas de paroles officielles , ce qui n’est pas défini n’existant pas , l’europe n’a pas de politique …il est peut être la le problème …

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  • step // 03.02.2014 à 14h39

    “taux de pauvreté en Allemagne est supérieur à celui de la France (16 % de la population contre 14 %).
    D’abord, les réformes que nous avons engagées ont quand même permis à un grand nombre de personnes de retrouver un emploi. C’est déjà un grand progrès…

    Non. Le progrès c’est un emploi suffisament rémunérateur pour une vie simple et honnête. Sinon l’esclavagisme est un progrès. De la méfiance que l’on doit avoir des politiques qui veulent “faire baisser les chiffre du chômage”.

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  • bertrand // 03.02.2014 à 15h00

    Mettez vous dans la peau et dans la tête d’un élu politique à quelque niveau qu’il soit , il n’a pas besoin d’assurer sa subsistance , c’est l’électeur qui le nourrit , sa priorité est de se faire réélire , il ne maintiens son pouvoir que des bonnes paroles qu’il prodigue , c’est déjà une corruption de mentalité , ensuite il ne peut que penser à prendre un maximum de commissions de tous bords puisqu’il est à l’origine de nombreuses dépenses.
    La démocratie représentative est un outil de corruption.
    La dictature avisée d’un vrai homme d’état âgé est seule à même de faire bien vivre son pays avec une vision d’avenir .
    5 années de règne du précédent et 600 milliards de dettes en plus , vous acceptez çà les français ?

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  • jmeransaigne // 03.02.2014 à 15h30

    Bonjour
    à Bertrand:La dictature avisée d’un vrai homme d’état âgé est seule à même de faire bien vivre son pays avec une vision d’avenir .
    vous faites de l’humour, j’espère…..

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    • perceval78 // 03.02.2014 à 17h40

      @jmeransaigne : je me fais le porte parole de @Bertrand , logiquement il aurait du parler d’un homme …ou… d’une femme agée , mais il est indelicat (voir goujat) de parler d’une femme agée , donc entre le politiquement correct et la galanterie francaise , il a opté pour la seconde solution .

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      • jmeransaigne // 03.02.2014 à 17h48

        Merci Perceval, ah, je me prends parfois à rêver que nos gouvernants soient juste des êtres humains……..parce que l’être humain est un être social, sans environnement humain, il s’étiole et meurt d’hospitalisme.

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  • kasusbelli // 04.02.2014 à 00h34

    Compétitif ? mais à quel prix ? et par rapport à quoi ?
    Comment les Allemands et les Français peuvent être compétitifs face à la Chine, l’Inde, le Bangladesh, le Vietnam, ect…..(la liste est trop longue) ?
    Dans ces pays, peu, voir, aucune protection sociale, aucune règle environnementale…On ne joue simplement pas avec les memes règles.
    La mauvaise monnaie chassant la bonne, la partie est déjà perdue !
    Dans la continuité de ce système, il faudrait que nous devenions TOUS des petits génies imaginatifs (et dont le talent n’est pas reproductible)….et encore, je doute que cela suffise.

    Personne pour dire que le probleme le plus important a résoudre, c’est la Répartition de la richesse ! Un regard sur les valeurs boursieres en Allemagne et en France pour s’apercevoir que ce n’est pas la crise pour tout le monde…
    Un autre regard sur qui posséde quoi et selon quelle répartition…et cela devrait eveiller les consciences ! Mais non…

    Quant a nos poli tocards, plus soucieux de conserver leurs postes que d’être la représentation d’une volonté politique, nous savons depuis un bail ce qu’ils font de l’expression de la volonté du peuple…(l’illusion démocratique !)
    Le seul vote utile est celui de chaque euro que vous dépensez. (1 Euro = 1 bulletin de vote), mais la encore, cela serait insuffisant et rapidement « dévoyer » par quelques décisionnaires, le petit doigt sur la couture du libéralisme.

    Olivier, pourquoi nous infliger les propos d’un Schroder et d’un Hartz, (sosie idéologique d’un Madelin et de Moscovici – la langue de bois en moins) ?
    Faire fi des millions d’Allemands qui cumulent plusieurs emplois pour des queux de cerises est, à mon sens, une insulte à l’humanité. Qu’ils se taisent à jamais, la honte devrait les saisir dans un silence absolue.

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    • Abd Salam // 04.02.2014 à 03h35

      @ Kasusbelli,
      N’oublions pas de préciser que les pays d’Asie sont proctectionnistes en plus des coûts largement plus bas que les prix en Europe (on parle constamment du salaire, comme si le coût de la vie induit par le salaire n’avait aucun impact justement sur les prix des terrains ou du foncier professionnel entre autres choses).

      Le Japon, la Chine et la Corée du Sud contrôlent totalement leurs importations, les produits importés ne doivent pas mettre en péril leurs industries nationales (je ne parle pas du Vietnam, Bengladesh, pas assez solide économiquement, et donc souvent contraints de céder face aux pressions ultra-libérales étrangères car ils sont dépendants d’aides étrangères).

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  • fabrice // 04.02.2014 à 20h06

    Intéressant à lire le billet de Philippe Béchade sur les lois hartz et sur le créateur de celles-ci :

    http://la-chronique-agora.com/emploi-allemagne-merkel-hartz/#anc

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  • Patrick Luder // 05.02.2014 à 08h09

    Travailler, travailler, travailler pour exporter à bas prix … tout le monde ne peut pas avoir une balance commerciale positive, la meilleur santé économique, c’est quand les balances commerciales sont équilibrées. Quand il y a de fortes disparités, doublés de taux de change artificiel entre les monnaies, cela s’appelle de la guerre économique, et ce genre de guerre économique ne peut perdurer que grâce à l’importation massif de minéraux et d’énergie fossile, rarement profitable pour les pays expèortateurs … NON, le modèle allemand ne peut pas être appliqué à large échelle pour les questions d’import-export.
    Quand à la question du travail pour tous, même à bas prix, même pour un salaire symbolique, j’apparente plutôt cela à de l’esclavagisme. Est-ce que la population allemande est satisfait de ce modèle ? Peut-être faudrait t’il leur demander avant de poser une critique …

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