Source : Jonathan Marshall, Consortium News , 14/10/2017

Une combinaison d’ignorance et d’imprudence rend le Président Trump particulièrement dangereux comme leader alors qu’il se précipite vers une possible guerre préventive en Corée du Nord, écrit Jonathan Marshall.

Le président Trump aurait raconté en moyenne près de cinq mensonges par jour. Il est également réputé pour ce que le ponte républicain Michael Gerson appelle « son ignorance presque totale de la politique et de l’histoire ».

Carte montrant la proximité de la Corée du Nord avec le Japon, la Corée du Sud et la Chine

Donc, il serait tentant – mais erroné – d’ignorer une autre déclaration de cinglé que Trump a faite sur Fox News il y a quelques jours. Faux, parce que, si Trump croit vraiment ce qu’il dit, cela peut indiquer sa volonté sérieuse de commencer un bain de sang avec la Corée du Nord qui pourrait supprimer des millions de vies. Cela donne une nouvelle crédibilité à l’avertissement récent du sénateur Bob Corker selon lequel Trump pourrait mettre les États-Unis sur le chemin de la Troisième Guerre mondiale.

Dans un entretien avec Sean Hannity le 11 octobre, Trump se vantait que les intercepteurs de missiles balistiques américains, présentaient, du moins pour le moment, une défense fiable contre une attaque de missiles nucléaires nord coréens de petite échelle.

« Nous avons des missiles qui peuvent frapper un missile en vol à 97% de réussite, et si vous en envoyez deux, ils vont le frapper à coup sûr », assura Trump.

En accordant à l’affirmation de Trump le taux de mensonge du maximum de « quatre Pinocchio », le vérificateur de faits du Washington Post Glenn Kessler a qualifié le Président Trump de « totalement déconnecté » mais il concède que cette assertion de Trump n’est pas entièrement un tissu de mensonges.

Il y a quelques années, le directeur du programme du Pentagone pour le gaspillage de 40 milliards de dollars connu sous le nom de GMD (Ground-Based Midcourse Defence), a assuré au Congrès que « la probabilité qu’un missile du système GMD aujourd’hui intercepte bien un missile est dans le haut des 90% ». Dans le même esprit, le chef de l’Agence de défense antimissile du Pentagone s’est vanté ce mois de mai que ses missiles antimissiles pourraient « abattre toute menace » que la Corée du Nord « nous lancerait… jusqu’en 2020 ».

Le GMD consiste actuellement en 36 missiles d’ interception basés à Fort Greely, Alaska, et à Vandenberg Air Force Base en Californie. Avec plus de projets en cours, ils représentent une énorme vache à lait pour les entreprises en contrat avec l’armée, comme Boeing et Raytheon, mais il n’a jamais été démontré qu’ils fonctionnent de façon fiable.

Une confiance exagérée

L’ancien représentant du Massachusetts, John Tierney, qui dirigeait le sous-comité chargé de superviser le programme GMD, se plaignait récemment : « Pendant les audiences, les fonctionnaires du Pentagone ont à plusieurs reprises montré une confiance exagérée dans le programme, minimisé les limites techniques et rejeté les inquiétudes des physiciens et autres experts. Ce faux sentiment de sécurité persiste aujourd’hui. »

Le leader nord-coréen Kim Jong Un.

Selon Kingston Reif, un expert de l’Arms Control Association, « le rapport du test en vol du système est de 10 sur 18, et ces tests ont été effectués dans des conditions préétablies et contrôlées – ce qui signifie que le réalisme des tests est limité. »

« Le système n’a été testé qu’une fois contre une cible de classe ICBM », a ajouté Reif. « Vingt des 32 intercepteurs déployés en Alaska sont armés d’un vieux véhicule mort qui n’a pas été testé avec succès depuis 2008. Le système n’a jamais été testé contre des ’’contre-mesures complexes’’ que la Corée du Nord pourrait développer pour leurrer les défenses des États-Unis. »

Un autre expert en armement, Joseph Cirincione, ironise, « Nous avons autant de chances d’intercepter un missile nord-coréen que le président a de chances de faire ’’un trou en un’’. » [ terme de golf ndT.]

L’évaluateur d’armement en chef du Pentagone a récemment averti que la GMD avait au mieux « une capacité limitée à défendre la patrie américaine » et le Bureau de Responsabilité du Gouvernement l’année dernière a rapporté que les allégations optimistes de performance de l’Agence de défense antimissile « n’ont pas été démontrées ».

Dans un rapport de suivi cette année, le GAO a catégoriquement déclaré que le système du Pentagone « ne fournira probablement pas de défense robuste comme prévu ».

Les dangers d’une confiance exagérée

Quelles sont les conséquences du fait que le président Trump croit que les affirmations du Pentagone soient infondées en ce qui concerne les capacités de défense antimissile des États-Unis? Il pourrait bien être tenté de lancer une attaque préventive contre la Corée du Nord – « option militaire » très discutée – convaincu que la patrie américaine serait protégée contre une frappe de représailles.

Lancement de missiles nord-coréens le 6 mars 2017.

Il pourrait aussi être tenté de lancer une telle attaque le plus tôt possible, avant que la Corée du Nord ne puisse construire sa flotte de missiles nucléaires pour supplanter les capacités supposées des GMD.

Comme je l’ai déjà mentionné, des conseillers influents de Trump comme le sénateur Lindsey Graham ont pressé le président depuis des mois de déclencher une attaque massive avant que la Corée du Nord puisse développer ses capacités nucléaires.

Comme Graham l’a dit, les conséquences « seraient terribles, mais la guerre serait terminée (là-bas), mais ne serait pas ici. Ce serait mauvais pour la péninsule coréenne. Ce serait mauvais pour la Chine. Ce serait mauvais pour le Japon, mauvais pour la Corée du Sud. Ce serait la fin de la Corée du Nord. Mais ce qu’elle ne pourrait pas faire, c’est frapper l’Amérique et la seule façon dont elle pourrait jamais atteindre l’Amérique c’est avec un missile. »

Beaucoup d’autres conseillers proches de Trump semblent être d’accord avec les principes de Graham, plutôt que de reconnaître que le vaste arsenal nucléaire américain est plus que suffisant pour décourager une attaque nord-coréenne.

Le conseiller à la sécurité nationale H. R. McMaster a déclaré cet été que « nous ne pouvons plus nous permettre de remettre à plus tard » alors que la Corée du Nord développe ses forces nucléaires, soutenant que la « théorie classique de dissuasion » ne fonctionnera pas avec un gouvernement aussi brutal.

Le chef de cabinet de la Maison-Blanche, John Kelly, a déclaré jeudi : « Je pense que je parle au nom de l’administration, que [la Corée du Nord] n’a tout simplement pas la possibilité d’atteindre la patrie [des États-Unis]. »

Trump lui-même a déclaré dans son discours aux Nations Unies en Septembre, « Il est temps pour la Corée du Nord de réaliser que la dénucléarisation est son seul avenir acceptable ». Il a tweeté plus tard que le secrétaire d’État Rex Tillerson « perdait son temps à négocier avec Petit Rocketman. »

Comme l’observait l’analyste conservateur de politique étrangère Daniel Larson, « Le danger ici, est que Trump ait défini tout sauf la dénucléarisation nord-coréenne comme inacceptable, ce qui implique que les États-Unis ne toléreront pas que la Corée du Nord continue à posséder des armes nucléaires. Cela suggère que Trump pourrait envisager de lancer une guerre préventive illégale, et qu’une telle guerre pourrait dégénérer en un échange nucléaire qui causerait la mort d’au moins des millions de personnes. C’est le piège que la théorie irresponsable de Trump crée pour les États-Unis. »

La confiance mal placée de Trump dans son système de missiles de défense ne fait qu’accentuer encore le risque. Comme l’observait l’expert en armement Tom Collina en septembre : « si le président Trump croit qu’il peut arrêter une attaque de missiles, il va probablement aggraver le conflit. C’est comme cela que les nations se trouvent précipitées dans des guerres non voulues. On peut juste imaginer la conversation où le Secrétaire de la Défense Jim Mattis essayerait d’expliquer au Président Trump pourquoi il ne peut pas se fier à son système anti-missiles à 40 milliards de dollars : ‘Si je le possède, pourquoi ne pas l’utiliser ?’ »

Mattis a le devoir d’expliquer à Trump que les affirmations du Pentagone sur ce système sont du battage médiatique destiné à obtenir plus de crédits de la part du Congrès, mais ne sont pas des faits. Il a également le devoir de rappeler au Président que les conséquences d’une guerre avec la Corée du Nord serait, comme il l’a dit déjà, « une tragédie d’une ampleur inimaginable ».

Les chances de la dissuasion.

Mattis pourrait aussi pointer du doigt qu’une guerre préventive pourrait être aussi superflue que destructive. Durant une réunion des chefs chevronnés, Kim Jong Un de la Corée du Nord a récemment décrit son arsenal nucléaire, petit mais en voie d’augmentation, non pas comme une force offensive, mais une « dissuasion puissante protégeant fermement la paix et la sécurité dans la péninsule coréenne et le Nord-Est de l’Asie », contre « les menaces nucléaires de longue date de Washington ».

Le Secrétaire à la Défense, Jim Mattis, rencontre des troupes stationnées à la base aérienne d’Al Udeid, au Qatar, le 21 avril 2017. (photo du Département de la sûreté aérienne, Brigitte N. Brantley)

Dans un autre contexte, Kim a ajouté : « Notre objectif final est d’établir un équilibre des forces réelles avec les États-Unis et de faire en sorte que les dirigeants des États-Unis n’osent pas discuter d’option militaire. »

Les experts du renseignement américain croient que Kim planifie vraiment ce qu’il dit sur l’acquisition d’armes nucléaires pour la dissuasion, pas pour la guerre. « Se réveiller un matin et décider qu’il veut atomiser Los Angeles », n’est pas quelque chose que Kim Jong Un prévoit de faire. Le meilleur analyste de CIA sur la Corée a récemment dit dans des commentaires publics : « Il veut régner longtemps et mourir paisiblement dans son lit ».

Donc, même si Trump marche dans le baratin des camelots du pentagone sur les capacités des missiles défensifs, il n’a aucune raison de lancer une guerre catastrophique pour arrêter le programme nucléaire en Corée du Nord. Mais, dans l’intérêt de tous, quelqu’un doit urgemment dire à Trump qu’il ne peut pas compter sur le fait que la patrie américaine restera indemne s’il choisit en fait de déclencher une guerre avec un adversaire possédant l’arme nucléaire.

Jonathan Marshall est auteur et coauteur de cinq livres sur les relations internationales et l’histoire.

Source : Jonathan Marshall, Consortium News , 14/10/2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

24 réponses à Les délires de Trump sur la Corée du Nord, par Jonathan Marshall

Commentaires recommandés

Fritz Le 14 novembre 2017 à 08h12

Enfin, cet auteur laisse parler les Nord-Coréens : “Notre objectif final est d’établir un équilibre effectif (of real force) avec les États-Unis et de faire en sorte que les dirigeants des États-Unis n’osent pas discuter de l’option militaire” (Kim Jong-un).

En français, cela s’appelle : la dissuasion nucléaire, ou la stratégie du faible au fort.
Aucun délire dans cette vision, mais une stratégie prudente et rationnelle.
C’était aussi la vision des généraux de Gaulle, Poirier, Gallois…

  1. DUGUESCLIN Le 14 novembre 2017 à 06h35
    Afficher/Masquer

    En supposant qu’une attaque “surprise” de la Corée du Nord soit déclenchée et qu’une riposte Nord-Coréenne atteigne une ville des Etats-Unis, la contre riposte serait sans aucun doute une pluie de bombes qui rendrait invivable toutes les régions périphériques touchant la Corée du Sud, le Japon, la Chine et la Russie.
    Il ne fait donc aucun doute que la Corée du Nord n’aura pas d’autres choix que se défendre, et les américains celui d’aller jusqu’au bout.
    Mieux vaut arrêter tout de suite.
    C’est la culture du “bluff” chez les américains, mais ça ne marche pas toujours. Les coréens n’ont pas cette culture.
    Le président Trump le sait et ses délires sont calculés. C’est pourquoi il demande l’aide de la Russie et de la Chine sur la question Nord-Coréenne pour l’aider à ne pas perdre la face. Ce qui est aussi, au passage, une forme de chantage non-dit sur les chinois et les russes qui feront tout pour calmer le jeu.


  2. DUGUESCLIN Le 14 novembre 2017 à 06h44
    Afficher/Masquer

    Le consensus ne sera possible que si les Nord-Coréens obtiennent des garanties sérieuses de la part de la Chine et de la Russie concernant leur survie et leur souveraineté.
    En retour Trump apparaîtra comme celui qui a obtenu gain de cause mais dans la pratique une défaite de l’hégémonisme américain.
    L’important pour les américains est de faire croire que leurs manœuvres militaires dans le Pacifique ont fait céder la Corée du Nord. Pour les Coréens d’affirmer leur souveraineté, pour les russes et les chinois d’avoir fait triompher la diplomatie contre les velléités guerrières des américains.
    Je pense qu’il ne faut pas entrer dans cette culture entretenue de la peur et de rester pragmatique.
    Feindre la folie fait parti du “bluff”


  3. J Le 14 novembre 2017 à 06h53
    Afficher/Masquer

    Rien que la polarisation sur les missiles, comme si c’était le seul et unique moyen d’utiliser une bombe atomique, quelque chose cloche. Il n’est pas difficile de monter en sous-main une société commerciale dans un pays a priori insoupçonnable, à partir de là d’installer une succursale dans une ville du pays cible, et d’y installer l’engin (par exemple).


    • Alfred Le 14 novembre 2017 à 08h53
      Afficher/Masquer

      C’est très bien vu. Peut être pas si simple en pratique mais compte tenu des volumes échangés c’est possible une fois passé s certains goulots d’étranglement.


  4. Adéchoix Le 14 novembre 2017 à 08h00
    Afficher/Masquer

    Au milieu de l’été 1914, les belligérants s’accordent à penser qu’elle ne durera que quelques semaines. Aujourd’hui avec le nucléaire, l’inconvénient c’est qu’il n’y aura plus personne pour savoir combien la 3eme à durée 😎.


    • Caton l'Ancien Le 14 novembre 2017 à 21h19
      Afficher/Masquer

      Dans la même veine, Einstein disait que la 4è guerre mondiale se ferait à coup de gourdins.


  5. Fritz Le 14 novembre 2017 à 08h12
    Afficher/Masquer

    Enfin, cet auteur laisse parler les Nord-Coréens : “Notre objectif final est d’établir un équilibre effectif (of real force) avec les États-Unis et de faire en sorte que les dirigeants des États-Unis n’osent pas discuter de l’option militaire” (Kim Jong-un).

    En français, cela s’appelle : la dissuasion nucléaire, ou la stratégie du faible au fort.
    Aucun délire dans cette vision, mais une stratégie prudente et rationnelle.
    C’était aussi la vision des généraux de Gaulle, Poirier, Gallois…


  6. Toff de Aix Le 14 novembre 2017 à 08h22
    Afficher/Masquer

    Il n’y a que les idiots et les gens malintentionnés pour croire que le programme nucléaire Nord coréen est à visée belliciste. Que pourraient faire la petite quinzaine de missiles de Kim contre les 7700 alignés par les States ? Sans parler du reste… Il s’agit juste d’éviter de finir comme Saddam, Khadafi, Assad…pour n’en citer que quelques uns.

    Le vrai problème des usa ça n’est pas la Corée du Nord, non, c’est juste qu’ils sont en manque de Grand Méchant, depuis la chute de l’Urss ils se sentent bien seuls et ils ont de plus en plus de mal à justifier l’utilisation abusive de tous leurs jouets.

    Au final je les plains : ça doit être très difficile, il n’y a qu’à voir le nombre de films hollywoodiens qui ressassent ce thème perdu de la Grande Méchante URSS communiste, face au Gendarme du Monde libre…


    • Fritz Le 14 novembre 2017 à 08h33
      Afficher/Masquer

      Le pire, c’est que nous avons repris inconsciemment cette vision hollywoodienne, en appelant “guerre froide” l’ensemble de la période 1947-1991. Je rappelle que ce n’était absolument pas notre vision en France : dans les années 1970 et même 1980, pour nous, la guerre froide, c’était le passé (la guerre de Corée notamment). On ne parlait jamais de “guerre froide” pour la période qui avait suivi la crise de Cuba en 1962.

      Cet alignement historiographique date du milieu des années 90. Il est concomitant du réalignement militaire de la France (rentrée dans l’OTAN, annoncée en décembre 1995).


      • Le minotaure Le 14 novembre 2017 à 23h31
        Afficher/Masquer

        Marshall braque sa critique sur le “fou” à la tête de 7000 têtes nucléaires et de la principale puissance économique et militaire mondiale, plutôt que le “fou” qui dirige un demi-pays ruiné et sous embargo depuis 20 ans.

        Hitler était à la tête d’une puissance impérialiste majeure, soutenu par les grands intérêts industriels et militaires de son pays dans ses visées expansionnistes. Comment peut on comparer sérieusement sa situation à celle du dictateur nord-coréen.

        Personne ne prétend que les Coréens adorent Kim Jong Un, de même que beaucoup d’Irakiens n’appreciaient pas Saddam Hussein. Pour autant la perspective de la mise à feu et à sang de l Corée du Nord par toute la puissance militaire américaine est elle vraiment plus enthousiasmante ?


  7. Albert Le 14 novembre 2017 à 09h00
    Afficher/Masquer

    Un article théorique sur la folie d’un politicien, c’est facile: sur Trump, c’est du miel. Avec des élites comme Marshall, le monde peut être inquiet. En effet, décrire le danger d’une situation de guerre en pointant la faiblesse d’un arsenal défensif, et en braquant sa critique et son ironie sur les seuls détenteurs de cette défense illusoire, relève d’une rhétorique hallucinante. Où sont les autres agresseurs potentiels dans cet argumentaire ? Ils ont disparu. LE fou, c’est Trump. Certes, mais…l’Autre, le Zigoto qui fissure les montagnes, qui irradie le Pacifique, et qui terrorise sa population, il n’est pas dangereux ? Avec de tels écrits, on se croirait revenu aux discours pacifistes des années 30, face à Hitler, et qui nous on conduit…à la guerre ! Et puis, stoppons cette naïveté qui fait confondre les dictateurs avec les peuples qu’ils soumettent (on a déjà donné, avec Mao). Les Nord-Coréens sont-ils vraiment aimés, et défendus, par leur Trump asiatique et ses missiles ?


    • Fritz Le 14 novembre 2017 à 18h31
      Afficher/Masquer

      Milovan Djilas notait : “dans l’esprit d’un autocrate, le pouvoir et le peuple ne font qu’un”.

      Naïf et munichois, je m’extasie devant Kim et Mao, et je chante (sur l’air d’Offenbach, la Grande-duchesse de Gerolstein) : “Ah, que j’aime les dictateurs, j’aime les dictateurs, leur uniforme mao, leur moustache et leurs missiles…” https://www.youtube.com/watch?v=U1lQJ4Oc_VY


    • sissa Le 15 novembre 2017 à 21h59
      Afficher/Masquer

      La comparaison avec Hitler est absurde. Kim est juste un héritier qui veut se maintenir au pouvoir, il n’a ni la volonté ni les moyens de conquérir le monde.
      La bonne leçon de l’avant seconde guerre mondiale, c’est qu’il ne faut pas calquer son attitude sur celles qu’on aurait dû avoir dans le passé( en l’occurrence, en 1938, les gens ont fait l’erreur de négocier comme il aurait fallu le faire en 1913)


  8. Kiwixar Le 14 novembre 2017 à 09h28
    Afficher/Masquer

    « Ce serait mauvais pour la Chine. Ce serait mauvais pour le Japon, mauvais pour la Corée du Sud. »

    Une bonne baisse de consommation de pétrole en Asie, en laissant plus et pas cher et pour longtemps pour l’Otanie. Et mauvais pour la Chine = retour du made in USA, made in EU.


  9. christian gedeon Le 14 novembre 2017 à 11h41
    Afficher/Masquer

    Donc Trump est fou et nous mène à la troisième guerre mondiale…Kim lui a toute sa raison et on le compare même au général de Gaulle.ben voyons! et pourquoi pas à Mère Teresa tant qu’on y est?!Parce que Obama lui était un saint,n’est ce pas? Boko haram,la Lybie,la Syrie,l’EI et on reste juste à la surface,çà,c’était de la balle,hein? La guerre de Syrie,c’est Obama…la guerre de Lybie,c’est Obama,la naissance et croissance de Boko Haram,c’est Obama,la guerre au Soudan du Sud,c’est encore Obama,les mains libres à Erdogan,c’est toujours Obama,la guerre au Yémen,c’est encore Obama…des deux,le plus fou n’est pas celui qu’on croit,n’est ce pas? En fait,c’est juste la trouille d ‘une guerre globale et nucléaire qui fait que les occidentaux bien pensants traitent Tump de fou…les autres guerres ne les touchaient pas,ou vraiment à la marge…mais l’idée qu’ils puissent être touchés les rend hystériques…occidentalo centrisme,une fois de plus.


  10. koba Le 14 novembre 2017 à 13h26
    Afficher/Masquer

    J’avoue ne pas comprendre l’article.
    Si le programme de défense anti-missile fonctionne : à quoi sert de faire une guerre préventive ?
    Mais inversement – et à supposer que la Corée du Nord souhaite attaquer les EU – si le système de défense antimissile est défectueux comme le dit cet article, Trump n’a-t-il pas raison de vouloir une guerre préventive avant qu’il ne soit trop tard ?
    Attention je ne dis pas qu’une guerre préventive est une bonne chose, mais expliquer qu’il ne faut pas la faire du fait de la faiblesse de nos défenses me parait un argument très faible …
    Par ailleurs, la possession de l’arme atomique par un Etat comme la Corée du Nord a sans doute pour but, comme le rappel de nombreux commentateurs, d’éviter un scénario à la libyenne ou à la syrienne. Mais cela aura aussi pour conséquence une quasi immunité pour ce pays pour toutes sortes d’action, car on osera plus l’attaquer. Je ne sais pas quelles peuvent en être les conséquences, car si je n’ai pas beaucoup de confiance dans les EU, je n’en ai absolument aucune sur les buts de la Corée du Nord.


  11. max Le 14 novembre 2017 à 13h57
    Afficher/Masquer

    Je pense que la Pyongyang est un régime détestable.
    Cela dit : La réunification est dans les constitutions des deux états.
    A l’issu du conflit les forces chinoises ont quitté le Nord, les USA se sont incrustés au Sud en en prenant le control en particulier sur le plan militaire.
    Les USA savent que pour que la réunification se fasse, ils doivent quitter la péninsule, ce que bien évidement ils ne veulent pas et utiliseront toutes les ficelles pour rester.
    De plus Seoul mais aussi le Japon sont devenus les ateliers de réparations des navires et avions de l’US Army, y compris réacteurs nucléaires.
    La politique de la tension est donc voulut et les USA feront le maximum pour que la tension reste forte.
    Kim Jong et Trump sont en phase, la tension ne doit pas baisser, tant pis pour les Coréens du Sud comme du Nord.


  12. Olivier MONTULET Le 14 novembre 2017 à 14h18
    Afficher/Masquer

    Si ce délire (comme celui anti Poutine) n’était que celui de Trump, ce ne serait pas bien grave; Malheureusement, il est de quasi toute la classe politique occidentale , des journalistes de la presse mainstream et d’une grande partie de la population.


  13. Jeanpaulmichel Le 14 novembre 2017 à 14h26
    Afficher/Masquer

    Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais Kim Jong Un et ses ministres sont bigrement silencieux depuis quelques temps alors que Trump poursuit ses invectives provocantes. Plus aucun tir de missile non plus.
    Volonté Coréenne de ne pas aller dans la surenchère pouvant conduire au désastre ? Connaissance de plans précis déclenchés part les EU s’il y a un nouveau tir ?
    Intervention de la Chine et/ou Russie en recommandant le silence face au cowboy prêt à dégainer et n’attendant que le faux pas ?
    Le silence coréen paraît révélateur que nous sommes sur le fil du rasoir.


  14. Seraphim Le 14 novembre 2017 à 15h07
    Afficher/Masquer

    Faut-il, tout écrivain expert en relations internationales soit-on, et bien méconnaitre l’histoire des Etats-Unis et bien ignorer la psychologie pour commettre une pareille analyse 1er degré des déclarations du président Trump! En 1961-1962, le président Kennedy s’oppose, quasi seul, à tout l’establishment militaire qui veut lancer la guerre au Vietnam avec même l’arme nucléaire (general Lemnitzer). Kennedy fait deux choses: il fait patrouiller des bateaux de guerre, pour le show, et aide à faire publier dans le New York Times de l’époque un article disant que “les généraux sont réticents à envoyer des combattants en Asie du Sud” alors qu’il font le siège de son bureau pour en envoyer d’abord 8000, puis jusqu’à 205 000. Il fait croire que son refus vient de leur refus. Ceux-ci vont enrager, mais, temporairement, Kennedy l’emporte. Trump connait son histoire, lui.


  15. Duracuir Le 14 novembre 2017 à 18h53
    Afficher/Masquer

    Ok, avec Trump on risque la 3e GM….
    Mais avec Hillary il est certain qu’on l’aurait déjà. Et pas contre un nain comme la Corée du Nord.


  16. atanguy Le 14 novembre 2017 à 19h19
    Afficher/Masquer

    Enfin je suis d’accord avec cet article et la plupart de ses commentaires sur Trump: C’etait folie de laisser un tel clown arriver a la tete de la plus puissante economie militaire du monde. La solution,si il en reste une,est le desarmement de tous les pays possedant l’arme nucleaire: USA,Russie,UK,France,Chine,Inde,Pakistan,Coree et sans doute Israel


  17. Fritz Le 14 novembre 2017 à 21h39
    Afficher/Masquer

    Dernières nouvelles du front : la Corée du Nord dénonce à l’ONU le déploiement de trois porte-avions états-uniens dans le cadre de manœuvres conjointes avec la Corée du Sud.
    http://www.lapresse.ca/international/asie-oceanie/201711/13/01-5143416-la-coree-du-nord-denonce-le-deploiement-de-trois-porte-avions-americains.php
    La presse canadienne en parle, mais pas notre glorieuse presse hexagonale.

    Imaginez des manœuvres sino-nord-coréennes au large de la Californie : nous serions alertés en fanfare…


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Charte de modérations des commentaires