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10.novembre.202110.11.2021 // Les Crises

Les Pandora Papers montrent le vrai visage de la Grande-Bretagne mondialisée

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Grâce à son réseau de paradis fiscaux, le Royaume-Uni est le pivot d’un système qui profite aux riches et aux puissants, écrit Adam Ramsay.

Source : Consortium News, Adam Ramsay
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Cherie et Tony Blair en 2003. L’ancien Premier ministre britannique et son épouse font partie des personnes mentionnées dans les Pandora Papers. (Kremlin.ru, CC BY 4.0, Wikimedia Commons)

Peut-être plus que tout autre chose, les Pandora Papers – le lot de documents publiés dimanche soir, qui révèle la richesse secrète des riches et des puissants du monde – racontent une histoire sur la Grande-Bretagne.

Il y a, par exemple, le rôle joué par les îles Vierges britanniques, un territoire d’outre-mer du Royaume-Uni qui fait office de paradis fiscal. Le Premier ministre multimillionnaire de la République tchèque a utilisé ce territoire pour dissimuler sa propriété d’un château en France. D’autres, dont la famille du président kényan Uhuru Kenyatta et le chargé des relations publiques de Vladimir Poutine, ont fait un usage similaire des îles pour dissimuler leur richesse – tandis que Tony et Cherie Blair auraient économisé 312 000 livres de droits de timbre lorsqu’ils ont acheté une propriété londonienne à une société enregistrée dans les îles Vierges britanniques en 2017.

Et puis il y a Londres elle-même. Les documents divulgués montrent comment le roi de Jordanie a caché son argent personnel sur le marché immobilier de la capitale, tout comme des alliés clés d’Imran Khan, le président du Pakistan.

D’autres détails apparaîtront dans les jours à venir. Mais une chose est déjà claire. Il ne s’agit pas d’une histoire concernant des pays situés à la périphérie de l’économie mondiale. C’est une histoire sur la façon dont l’État britannique dirige un système mondial dans lequel les plus riches extraient la richesse du reste.

Britannique de part en part

Bâtiment administratif du gouvernement des îles Caïmans. (Kmanian345, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons)

Les îles Vierges britanniques ont été prises par l’Angleterre aux Hollandais en 1672. À cette époque, la population indigène avait déjà disparu, soit massacrée lors d’un génocide non répertorié, soit fuie par crainte d’un tel génocide. Depuis lors, les îles ont été un refuge pour les pirates de toutes sortes.

Mais ce n’est qu’une partie du réseau offshore de la Grande-Bretagne. Il y a environ 18 législatures à travers le monde dont Westminster est responsable en dernier ressort. Parmi eux figurent certains des pires contrevenants au monde en matière de blanchiment d’argent, d’évasion fiscale et de secret financier. Les îles Caïmans sont britanniques. Gibraltar aussi. Anguilla et les Bermudes également.

Ces endroits ne sont pas seulement britanniques dans un sens abstrait. En vertu de la loi de 2002 sur les territoires britanniques d’outre-mer, leurs citoyens sont des citoyens britanniques. Ils opèrent sous la protection du service diplomatique britannique. Et, en cas de besoin, ils peuvent compter sur les forces armées de Sa Majesté : au cours des 40 dernières années, la Grande-Bretagne est entrée en guerre à deux reprises pour défendre les territoires d’outre-mer. La première fois, c’était lorsque l’Argentine a essayé de réclamer les Malouines (Falklands). L’autre fois, c’était lors de l’invasion de l’Irak, lorsque le gouvernement britannique a affirmé que le programme d’armement de Saddam Hussein menaçait ses bases militaires d’Akrotiri et de Dhekelia sur l’île de Chypre.

Au total, les experts estiment que la Grande-Bretagne et ses territoires d’outre-mer sont responsables de la facilitation d’environ un tiers du total des impôts éludés dans le monde. Et ce, avant de prendre en compte l’argent volé par des dirigeants corrompus ou les produits du crime. Sans parler de la façon dont la richesse cachée des milliardaires leur permet d’influencer nos systèmes politiques en secret.

Le palais de Westminster, alias les Chambres du Parlement, et Big Ben, la nuit. (Maurice via Flickr)

Cette complexité n’est pas un hasard. Le Royaume-Uni, contrairement à presque tous les autres pays du monde, n’a pas de constitution écrite. Les règles concernant la manière dont les règles sont établies sont fixées par « convention », un artifice sans fin qui revient en fin de compte à ce que nos gouvernants les inventent au fur et à mesure.

Nous le voyons très clairement dans la manière dont les territoires nationaux de l’État britannique sont gouvernés : l’Écosse, le Pays de Galles, l’Irlande du Nord, le Grand Londres et la Ville de Londres ont chacun leurs propres arrangements, tous absurdes à leur manière. Chacun de ces désordres laisse un enchevêtrement différent dans lequel les escrocs du monde entier peuvent cacher leur argent.

Du point de vue du capital international, ce sont toutefois les territoires d’outre-mer, ainsi que les dépendances de la Couronne de Jersey, Guernesey et Man, qui constituent la partie la plus importante de ce complexe. Ils utilisent la malléabilité de la constitution britannique pour former un réseau de coffres-forts dans lesquels les riches peuvent cacher leur argent.

Une nouvelle ère

Bien que personne ne sache avec certitude combien d’argent est caché dans les paradis fiscaux, dont les territoires britanniques constituent une part importante, les chiffres en jeu sont si importants que des universitaires du Transnational Institute, aux Pays-Bas, les ont décrits comme « l’épine dorsale du capitalisme mondial. »

De ce point de vue, la flexibilité constitutionnelle de l’État britannique n’est pas seulement un vestige post-médiéval. Il s’agit d’un outil hypermoderne à l’ère du capitalisme de surveillance mondial, où les riches peuvent se déplacer à l’étranger tandis que les autres sont éternellement piégés par les frontières.

Grâce à son empire, l’État britannique a joué un rôle clé dans l’invention du capitalisme moderne. Aujourd’hui, le Royaume-Uni contribue à réinventer le capitalisme une fois de plus, en étendant la protection d’une constitution conçue par les puissants, pour les puissants, aux milliardaires, oligarques et criminels du monde entier.

Adam Ramsay est le rédacteur principal du site openDemocracy. Vous pouvez le suivre à @adamramsay. Adam est membre du Scottish Green Party, siège au conseil d’administration de Voices for Scotland et aux comités consultatifs de l’Economic Change Unit et du journal Soundings.

Source : Consortium News, Adam Ramsay, 05-10-2021
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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LibEgaFra // 10.11.2021 à 09h44

« Et la France ? Je ne sais pas, mais mon fonds de pension étasunien réalise énormément de bénéfices de leurs investissements dans les entreprises du CAC40. »

Trop drôle! Les entreprises, et les travailleurs français donc, financent les retraites des yankees quand en même temps on va tailler à la hache dans les retraites des Français et repousser l’âge de leur retraite. Faut croire que certains aiment être cocus pour élire celui qui veut le faire.

26 réactions et commentaires

  • Myrkur34 // 10.11.2021 à 07h37

    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/11/10/boris-johnson-deborde-par-le-scandale-du-lobbying_6101570_3210.html

    A noter le rabâchage permanent sur la fameuse démocratie parlementaire anglaise et le scandale de Jersey et Guernesey, énorme paradis fiscal à 20 kms des côtes françaises.
    ( Extrait wiki Jersey) .Elle est considérée comme un paradis fiscal avec une trentaine de banques sur l’île et 231 fonds d’investissement avec un actif attractif de 394 milliards d’euros. Les revenus des sociétés étrangères sont taxés à 0 %
    Pour la petite anecdote, je me souviens d’habitants de l’île se plaignant du pouvoir discrétionnaire des élus locaux et la prolifération des boîtes aux lettres.
    ( Pour y siéger une filiale et ainsi autoriser les transferts des bénéfices de la maison-mère par exemple).

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    • Bats0 // 10.11.2021 à 10h25

      En parlant de paradis fiscal proches des côtes françaises, il y a une île à quelques milles marins (à peine 14) d’une autre île, St Martin, elle, dépendante du département de la Guadeloupe, qui, aussi, est un territoire britannique d’Outre-Mer, mais que la presse ne mentionne que très rarement dans ses colonnes (et pour cause); Anguilla aussi, permet, grâce à ses « services offshore », aux sociétés, fondations, et autres trusts, de ne pas payer d’impôts (0% d’impôts, par contre wiki mentionne que les frais de créations sont importants, ce qui pourrait sous-entendre qu’ils ne sont pas à la portée de toutes les bourses (de 950 à 1550 $ de frais de création)).
      Et ensuite nous avons les élites qui nous parlent d’optimisation fiscale, juste pour brouiller un peu plus les cartes, laissant croire que niveau fiscal, tout le monde est à la même enseigne, et que les déclarations de ressources sont là pour le prouver. De qui se moque-t-on ?

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      • iMike // 10.11.2021 à 15h19

        Quand l’on a les moyens de planquer ses thunes dans des paradis fiscaux (un « trust » par exemple, est à portée à partir de 5 millions d’Euro), je ne crois pas que $1500 soient des frais rébarbatifs.

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  • Urko // 10.11.2021 à 07h49

    « la population indigène avait déjà disparu, soit massacrée lors d’un génocide non répertorié… » : les historiens débattent toujours du réel niveau de la population en Amérique lors de l’arrivée des Européens mais ils s’accordent à peu près quant au fait que les germes apportés d’Europe et contre lesquels les Amérindiens n’avaient aucune défense immunitaire, se trouvent à l’origine de l’essentiel – certains évoquent 90% au moins – de l’effondrement des effectifs de ces populations locales, par ailleurs éprouvées par les guerres et les conditions de travail que les colons leur imposèrent. Je sais qu’il redevient à la mode de réécrire l’histoire à charge des Européens, méchants universels de notre époque, mais non, pas de « génocide » « répertorié » ou pas, via des massacres visant à l’éradication planifiée de la population des îles Vierges. Cela ne risquait pas de se voir répertorié, en effet. Certains historiens se demandent néanmoins si certains conquistadors n’ont pas usé de l’arme bactériologique en toute connaissance de cause, quand leur sous nombre pendant la conquête leur paraissait justifier les pires expédients : les Caraïbes n’ont pas subi de telles stratégies a priori. Le reste du papier est très instructif.

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    • Fabrice // 10.11.2021 à 08h44

      Il faut ajouter pour les conquistador que c’est un mythe leur petit nombre, qui voulait faire oublier que les peuples dominés par les incas en profiterent pour se révolter contre ceux-ci et aider les conquistadors, malheureusement il passèrent sous la domination d’un pire maître qui une fois la conquête acquise leur révéla son vrai visage avec effectivement la maladie et un asservissement tout aussi, voir plus terrible que celui de leurs prédécesseurs.

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      • LibEgaFra // 10.11.2021 à 09h35

        « les peuples dominés par les incas »

        Encore un mythe si j’en crois le documentaire d’hier soir sur les Bâtisseurs de l’Ancien Monde!

        Mais qui a regardé cette émission?

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        • Fabrice // 10.11.2021 à 10h40

          Je vous invite à lire plutôt que de regarder des vidéos mais c’est bien une guerre civile qui permit la conquête espagnole un petit résumé https://www.greelane.com/fr/sciences-humaines/histoire-et-culture/huascar-and-atahualpa-inca-civil-war-2136539/

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          • LibEgaFra // 10.11.2021 à 11h59

            Encore une fois vision européenne des vainqueurs qui cherche à minimiser les crimes des envahisseurs qui disposaient d’armements supérieurs et procédaient par traitrises. Et à rendre responsables les colonisés de leur colonisation. Idem au Mexique.

            En outre vous passez sous silence la guerre entre Espagnols. La « guerre civile » était une lutte au sommet qui ne dit rien sur la façon dont était organisé l’empire.

            Qu’est ce qui vous permet de commenter négativement un documentaire que vous n’avez pas vu?

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    • LibEgaFra // 10.11.2021 à 09h33

       » les historiens débattent toujours du réel niveau de la population en Amérique lors de l’arrivée des Européens mais ils s’accordent à peu près quant au fait que les germes apportés d’Europe et contre lesquels les Amérindiens n’avaient aucune défense immunitaire, se trouvent à l’origine de l’essentiel »

      Les historiens?! Oui, les historiens blancs européens ou d’origine européenne. C’est tellement facile de réécrire l’histoire et de nier un génocide quand celui-là n’est pas en mesure de demander réparation. Réparation fut-elle demandée, qu’on rirait aux nez des demandeurs. C’est le même racisme qui a sévit contre les Amérindiens et contre les Noirs et contre tous les colonisés. Les massacres ont été continuels, à tel point qu’il n’est resté AUCUN survivant en Haïti (comme en Tasmanie). Les traités jamais respectés, les Amérindiens chassés de leurs terres (la « piste des larmes »), parqués dans des « réserves » (le goulag est une invention des yankees et il s’appelle Oklahoma), la destruction systématique des bisons pour affamer les Amérindiens. Lire Las Casas pour comprendre l’ampleur des massacres commis par les européens.

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      • Ellilou // 10.11.2021 à 13h49

        Merci LibEgaFra de remettre les pendules à l’heure face à beaucoup de mauvaise foi chez certains contributeurs ici même….incroyable de devoir encore en 2021 rappeler ces évidences ignobles et les massacres, vols, pillages, etc…causés par les colonisateurs européens 🙂

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    • Orhan // 10.11.2021 à 10h52

      Lisez quelqu’un comme Galleano, un classique « les veines ouvertes de l’amérique latine ». Alors non, ce n’est pas un livre fait par les vainqueurs donc le point de vue peut heurter notre conscience.
      Quand vous parlez de « réécrire l’histoire à la charge des européens », il faudrait plutôt dire « réécrire l’histoire telle que les européens n’ont pas voulu qu’elle soit écrite ».
      Peu ou prou l’histoire de ces 5 derniers siècles à aujourd’hui peut se résumer en : massacre et pillage. On peut faire de la sémantique, « non ce n’est pas un génocide », la belle affaire tiens.

      Massacre et pillage de l’Amérique du sud (l’accumulation inouïe des richesses ayant permis le démarrage du capitalisme en Europe)
      Massacre et pillage (en lien avec le point suivant) de l’Amérique du nord avec ce qui va devenir la 1ère puissance mondiale (qui sont en fait des européens de base, il faut le rappeler)
      Vient ensuite un peu plus de rationalisme si je puis dire : déportation des africains vers les colonies là aussi source d’un enrichissement grandiose.
      De nos jours tout cela perdure mais de façon plus « civilisée ». On parle de « terroristes » lorsque la France veut intervenir au Sahel ou de dictateur lorsque l’on veut sécuriser l’approvisionnement en pétrole ou matières premières. Il faudrait mentionner aussi, destruction de la Chine qui mettra plus d’un siècle à s’en remettre.

      Alors certes dans l’histoire des hommes, les européens n’ont pas le monopole des massacres et des pillages mais vu le degré de puissance et d’hégémonie que cela leur a procuré, ils occupent une part importante dans l’histoire.

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      • Marie Colin // 12.11.2021 à 02h02

        Merci pour l’évocation de Galeano !
        c’est un vrai contributeur à l’histoire de l’Amérique latine (bien qu’il soit d’origine européenne…)
        Il faut lire aussi sa recension des mythologies locales, passionnante.

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  • James Whitney // 10.11.2021 à 09h05

    Selon Forbes Magazine (https://www.forbes.com) peu d’Américains figurent dans les Pandora Papers parce que le code fiscal étasunien est très favorable aux riches. Pas besoin de cacher leurs richesses ailleurs : les USA sont aussi un paradis fiscal.

    Et la France ? Je ne sais pas, mais mon fonds de pension étasunien réalise énormément de bénéfices de leurs investissements dans les entreprises du CAC40.

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    • LibEgaFra // 10.11.2021 à 09h52

       » Pas besoin de cacher leurs richesses ailleurs  »

      C’est parce que de nombreux yankees avaient caché leur fortune en Suisse qu’aujourd’hui la Suisse est sous tutelle yankee en matière bancaire.

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    • JnnT // 10.11.2021 à 21h34

      « énormément de bénéfices de leurs investissements dans les entreprises du CAC 40 »…
      Il doit s’agir de dette d’entreprises cotées au CAC 40. Pas de bénéfices liés à l’évolution du cours de bourse ou aux dividendes versés.

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  • LibEgaFra // 10.11.2021 à 09h44

    « Et la France ? Je ne sais pas, mais mon fonds de pension étasunien réalise énormément de bénéfices de leurs investissements dans les entreprises du CAC40. »

    Trop drôle! Les entreprises, et les travailleurs français donc, financent les retraites des yankees quand en même temps on va tailler à la hache dans les retraites des Français et repousser l’âge de leur retraite. Faut croire que certains aiment être cocus pour élire celui qui veut le faire.

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    • Véro // 10.11.2021 à 11h19

      Oui, les fonds de pension financent des retraites donc les entreprises françaises contribuent à payer la pension de travailleurs retraités non français.
      Mais ça ne veut pas dire que les travailleurs français se font avoir. Les entreprises françaises du cac 40 font du chiffre d’affaires ailleurs qu’en France. Par ailleurs elles n’emploient pas que des français.
      En revanche il y aurait à dire sur le système des fonds de pension lui-même, et son efficacité, par rapport au système français de la branche vieillesse de la sécurité sociale.

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    • Grd-mère Michelle // 14.11.2021 à 19h23

      Les entreprises et les travailleurs-euses français-e-s (et autres) doivent comprendre que la principale lutte à mener est celle qui leur garantirait LA LIBERTÉ DE CHOISIR QUAND, OÙ et À QUOI « travailler », au lieu de se plier aux « contingences » du Marché et de la Finance.
      La « sécurité sociale », qui réduit les populations en exécutant-e-s apeuré-e-s et soumis-e-s des basses œuvres des impérialismes hyper-productivistes, doit devenir une « sécurité pour chacun-e » qui permettra aux nouvelles générations de s’épanouir dans des milliers d’activités, « productives » ou pas, qu’il va falloir inventer pour établir un équilibre environnemental et social indispensable au bien-être de tou-te-s(qui n’est pas seulement d’avoir des « biens », en veux-tu en voilà, mais surtout d’être en bonne santé, physique et mentale, et en capacité de connaitre et d’exercer ses propres dons et talents).
      En ce sens, l’école élémentaire a une énorme responsabilité (d’instruction égalitaire) qu’elle est empêchée d’assumer pour le moment.
      Car, à part dans la fable du paradis perdu et de la damnation d’Adam et d’Ève, où est-il écrit et décrété (par qui?) que tout le monde DOIT être productif (en « biens » et en progéniture) pour avoir le droit de, simplement, vivre?

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  • dudul // 10.11.2021 à 09h50

    Les paradis fiscaux, c’est l’endroit où est stocké la majorité des créances issue des dettes publiques. Les dettes sont logées dans les pays et montrent à quel point l’Etat est mauvais gestionnaire. Ces dettes sont garanties par l’Etat et remboursées sur la base dela taxation des citoyens. Les créances sont logées dans des comptes off shore en franchise d’impot, cherchez l’erreur.
    Ce système est bien pensé et bien huilé. Comment extraire l’argent d’un pays avec la complicité de l’Etat tout en culpabilisant les citoyens advitam eternam.
    De mémoire, la propriété de la dette française est confidentielle, devinez pourquoi ?
    Dans un système normal, tout flux monétaire off shore devrait avoir une autorisation de sortie / entrée du territoire. C’est ce que pratique la Chine ou l’Algérie. Les flux bancaires vers ce type de paradis fiscaux devraient être interdits par la BRI. On peu toujours rêver.

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  • Christian Gedeon // 10.11.2021 à 10h22

    J’ai fini de lire cet article avec les larmes aux yeux, de rire. L’auteur a gagné le concours Lépine de la découverte journalistique. Ah les méchants! Ah les cachottiers! A part que personne n’ignorait l’existence de ces réseaux britanniques, mais aussi hollandais, mais aussi usiens, ou suisses ou luxembourgeois ou san marinois ou monténégrins ou dubaiesques ou africains et plus plus spécialement nigérians ou sud africains…il y a vraiment de quoi se marrer !

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    • antoniob // 10.11.2021 à 15h24

      oui, c’est tout le principe des différents « Machin papers » qui se succèdent depuis quatre/cinq ans qui me fait marrer. C’est trop beau.
      Après le travail de Wikileaks, groupe autonome non contrôlé par les états, il y a eu d’une part la chasse à mort contre eux, et d’autre part après un certain temps, des soit-disant enquête opérées par des coalition de grands journaux, le gotha des Pravda: Le Monde, The guardian, etc.

      ce que j’avais tout de suite ressenti c’est que pour donner le change après l’étranglement de Wikileaks, et pour donner l’impression au bon public que eux les quotidiens « de référence », « sérieux », mènent des enquêtes « révélant » des vilenies. ils se sont mis à publier ce genre de « papers » qui sont essentiellement des enfonçages de portes ouvertes. Or le Guardian, Le Monde, etc, sont dans les mains des types qui justement siègent dans les gouvernements et dans les grands groupes…

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    • Grd-mère Michelle // 14.11.2021 à 17h57

      « … à part que personne n’ignorait l’existence de ces réseaux britanniques… »
      ERREUR! Croyez-vous donc que tout le monde sait CE que VOUS savez(et vice-versa)?
      Que faites-vous de la curiosité de la génération qui est en train de s’ouvrir aux tristes réalités de ce monde dominé sans honte et sans remords par des humains qui se croient supérieurs à tous les autres êtres vivants confrontés pourtant avec les mêmes problèmes récurrents, basiques: se nourrir, s’abreuver, maintenir des conditions propices à se reproduire et donc à perpétuer le phénomène de la diversité de la vie sur terre.
      Il n’est jamais inutile de taper sur le clou des injustices et monstruosités générées par la « peur de manquer » de ceux/celles (groupes ou individus) qui ont déjà trop.
      Reconnaissance et honneur aux journalistes qui le font sans relâche.
      Même si, de la part des éditeurs, ce n’est qu’un moyen de « laver plus propre »…

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  • Savonarole // 10.11.2021 à 13h56

    Ils sont plus dans l’EU les gibis , qu’est ce qui nous empêche de mettre en place un contrôle des capitaux ?
    Sérieux, c’est si compliqué d’imposer aux banques et aux « cabinets » de signaler tout avoir en provenance de chez nous sinon amende en plein de % du CA, interdiction d’exercer sur le territoire et/ou avec des nationaux, saisie confiscatoire des sommes engagées (confiscatoire ça veut dire qu’on prend tout : 100%), grosse amende et comparution immédiate au pénal (Ça veut dire 10 ans de zonzon minimum) ? Ah et des délais de prescription de plus que 18 mois ça serait pas du luxe non plus.
    Ces gens ils volent pas un pain pour nourrir leur gosses, ils volent la nation : il n’y a rien de plus condamnable que les crimes de masse. Enfin tant qu’on ne pourra pas voter pour autre chose que l’un d’eux , la justice ça restera une utopie.

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    • koui // 10.11.2021 à 18h57

      Mieux, des sanctions. Il suffit de taxer les capitaux allant vers les paradis fiscaux, d’interdire aux avions de s’y poser, à leurs dirigeants de voyager chez nous. On commence par saisir les biens des hommes politiques anglais en France. Puis ceux des gens qui font des affaires avec eux. Par contre, il faut éviter les batailles en mer…

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  • john // 10.11.2021 à 20h36

    Il est difficile d’affirmer ce que furent les comportements (exactions) des européens par le passé en Afrique, en Asie et aux Amériques. Bien sûr il y a des témoignages…..mais selon moi il suffit d’observer ce que font les occidentaux (USA, GB, France pour l’essentiel) ces dernières années à travers le monde pour ne pas douter un instant qu’ils furent aussi créatif et généreux dans l’abomination envers les natifs des pays qui furent leurs cibles par le passé. Quant aux paradis fiscaux, ils sont la condition de l’extraction de la plus value productive dégagée par les masses qui n’échappent pas à l’impôt et qui votent pour que ce système perdure.

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  • Daniel // 11.11.2021 à 19h06

    La Magna Carta EST le texte de référence qui est à la base de cette forme d’impérialisme financier actuel.
    « Voici une loi qui est au-dessus du Roi et que même le Roi ne doit pas violer (souligné par nous). Cette réaffirmation d’une loi suprême et son expression dans une charte générale est la grande valeur de La Grande Charte « Magna Carta ». Ce qui en soi-même justifie le respect qui lui est accordé par le peuple. » (Winston Churchill)
    Il faut entendre : « Voici une loi qui est au dessus des Etats et que même les chefs d’Etat ne doivent pas violer », les chefs d’Etat doivent donc rendre des comptes à leurs pairs et non pas au peuple. Comme le montre le fils du président Franklin Roosevelt dans la biographie qu’il a écrite sur son père, As he saw it (disponible ici : http://www.larecherchedubonheur.com/article-13692239.html), relatant une violente dispute entre ce dernier et le Premier ministre britannique, Winston Churchill était un féodal attaché avant tout aux intérêts de l’Empire britannique. Cette notion d’empire est diamétralement opposée à l’idée de République, « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. » Dans cette notion républicaine, les chefs d’Etat doivent rendre des comptes au peuple et non pas à leurs pairs.
    Alors on se bat pour la République ou on laisse « l’Empire » nous détruire ?

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