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16.janvier.202016.1.2020 // Les Crises

Les républicains et les démocrates sont d’accord : Ils ne peuvent pas se mettre d’accord sur les questions de fond. Par John Laloggia

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Ce désaccord sur des faits basiques signe hélas notre époque…

Source : Pew Research Center, John Laloggia, 23-08-2018

Près de huit Américains sur dix affirment que lorsqu’il s’agit de questions importantes auxquelles le pays est confronté, la plupart des électeurs républicains et démocrates non seulement ne sont pas d’accord sur les projets et les politiques, mais ne peuvent pas non plus s’entendre sur les faits de base.

Une large majorité des deux partis affirme que les électeurs ne peuvent pas s’entendre sur les questions de fond

Comble de l’ironie, les républicains et les démocrates conviennent que les désaccords partisans s’étendent aux racines de fond des problèmes, selon un nouveau sondage du Pew Research Center, réalisé du 30 juillet au 12 août auprès de 4 581 adultes.

Environ huit républicains et indépendants à tendance républicaine sur dix (81 %) affirment que les électeurs républicains et démocrates sont en désaccord sur les racines fondamentales des problèmes. Une proportion similaire – quoique légèrement plus faible – de Démocrates et d’indépendants à tendance démocrate (76 %) disent la même chose. Seulement 18 % des Républicains et 23 % des Démocrates disent que les électeurs des deux partis peuvent s’entendre sur les questions de fond même s’ils ne sont pas d’accord sur les politiques et les programmes.

Ces opinions sont presque identiques à celles de ceux qui disaient avant l’élection de 2016 que les partisans de Trump et de Clinton ne pouvaient pas s’entendre sur les questions de fond.

Les différences idéologiques au sein des groupes sympathisants sont plus prononcées que les différences entre les partis sur ce sujet. Alors qu’environ sept Républicains modérés et libéraux sur dix et leurs sympathisants (72 %) affirment que les électeurs républicains et démocrates ne peuvent pas s’entendre sur les questions de fond, une proportion encore plus élevée de Républicains conservateurs (86 %) le disent. Parmi les démocrates et les partisans de la tendance démocrate, les libéraux sont un peu plus susceptibles que les conservateurs et les modérés de penser que les deux partis ne sont pas d’accord sur les questions de fond (81 % contre 73 %).

Les Blancs et les Américains plus âgés sont les plus susceptibles de dire que les partis sont en désaccord sur les questions de fond.

L’opinion sur la question de savoir si les électeurs républicains et démocrates peuvent ou non s’entendre sur des questions de fond diffère selon la race et l’appartenance ethnique. Les Blancs (82 %) sont beaucoup plus susceptibles que les Noirs (70 %) ou les Hispaniques (64 %) de dire que les électeurs ne peuvent pas s’entendre sur des faits fondamentaux. Et si environ un tiers (34 %) des Hispaniques et 26 % des Noirs disent que les électeurs des deux grands partis peuvent s’entendre sur les questions fondamentales, les Blancs sont moins nombreux (17 %) à dire la même chose.

Ces différences raciales et ethniques expliquent la modeste différence entre les Républicains et les Démocrates dans ces opinions : Chez les blancs, des proportions presque identiques de Républicains (82%) et de Démocrates (83%) disent que les partisans ne peuvent même pas s’entendre sur les faits fondamentaux concernant les questions importantes.

Les jeunes Américains sont moins susceptibles que les Américains plus âgés de dire que les deux partis ne peuvent pas s’entendre sur les questions de fond. Environ sept sur dix (69 %) des personnes âgées de 18 à 29 ans disent que les électeurs républicains et démocrates ne peuvent pas s’entendre sur les questions de fond. En revanche, les 30 à 49 ans (78 %), les 50 à 64 ans (80 %) et les 65 ans et plus (83 %) ont beaucoup plus tendance à dire la même chose. Et si près d’un tiers des 18 à 29 ans (29 %) disent que les militants sont d’accord sur les questions de fond, seulement 16 % des 65 ans et plus disent la même chose.

John LaLoggia est un ancien assistant de recherche qui s’est concentré sur la politique américaine au Pew Research Center.

Source : Pew Research Center, John Laloggia, 23-08-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Lama // 16.01.2020 à 07h04

Au sein de l’appareil d’Etat c’est une grosse blague, il y a une forte cohésion.
Des « socialiste » démocrates aux « isolationnistes » républicais, tout le monde vote pour les crédits de guerre et la non imposition du capital. Aussi les divergences entre la CIA et le pentagone sont très exagérés. L’Etat américain est très puissant et certainement pas en déliquescence (l’impressionnante puissance de la guerre électronique avec le plus récemment l’avion ukrainien en Iran).
Spectaculairement les sujets societaux sont source de débats spectaculaires.
Ce qui est normal dans une société communautariste et la mondanité bourgeoise adore se palucher sur ce genre de débats.
Par conrre oui les etatsuniens sont divisés mais PAR CLASSE et cela n’a rien à voir avec les démocrates et les républicais.

15 réactions et commentaires

  • Fabrice // 16.01.2020 à 06h56

    Nous sommes dans la société de clivage « vous êtes avec nous ou contre nous » parfaitement initié et résumé par Bush fils.

    Il n’existe que trop rarement des nuances c’est tout ou rien c’est étonnant que des guerres civiles ne se déclenchent pas plus souvent.

    Chez nous cela a été aussi souligné chez nous par notre préfet aux ordres qui répondant à une gilet jaune « nous ne sommes pas du même camp » oubliant son devoir le plus élémentaire de réserve et de neutralité.

      +11

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    • Pol ux // 16.01.2020 à 07h13

      Ce n’est pas ce qu’explique l’article !
      L’enquête montre qu’il y a un clivage entre le peuple et leurs représentants alors qu’il y a un large consensus dans le peuple. Les politiques des 2 camps ne remontent pas la volonté du peuple.
      oui, il faudrait une guerre civile entre le peuple et ses représentants 🙂

        +7

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      • Fabrice // 16.01.2020 à 07h33

        Si je m’étonne qu’il n’y ait pas plus de guerre civile c’est que justement il reste (pour le moment malgré la « propagande médiatique » qui repend cette bipolarisation du monde) ) au niveau des citoyens ce qu’Orwell appelait la décence commune qui manque désormais à nos gouvernants (au sens large du terme) et à une frange partisane.

          +9

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      • Laurent // 16.01.2020 à 09h08

        Non Pol ux, l’article ne parle pas du clivage peuple – représentant. Vous êtes d’ailleurs le seul a utiliser les mots « peuple » et « représentant » et a aucun moment il est question de comparaison en fonction des moyens financiers ou du niveau d’étude.
        Dans l’article, seuls 3 critères sont étudiés : l’orientation politique, l’âge et la race et l’appartenance ethnique.

          +3

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      • emmanueL // 16.01.2020 à 09h24

        On n’a pas dû lire le même article. On parle bien des electeurs ici, jamais de leurs representants, sauf à supposer que ces derniers se montreraient trop souvent d’accord entre eux sur le dos de la population.
        Par ailleurs, comme rien n’indique quelles sont ces « questions de fond », l’analyse tourne largement à vide.

          +7

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  • Lama // 16.01.2020 à 07h04

    Au sein de l’appareil d’Etat c’est une grosse blague, il y a une forte cohésion.
    Des « socialiste » démocrates aux « isolationnistes » républicais, tout le monde vote pour les crédits de guerre et la non imposition du capital. Aussi les divergences entre la CIA et le pentagone sont très exagérés. L’Etat américain est très puissant et certainement pas en déliquescence (l’impressionnante puissance de la guerre électronique avec le plus récemment l’avion ukrainien en Iran).
    Spectaculairement les sujets societaux sont source de débats spectaculaires.
    Ce qui est normal dans une société communautariste et la mondanité bourgeoise adore se palucher sur ce genre de débats.
    Par conrre oui les etatsuniens sont divisés mais PAR CLASSE et cela n’a rien à voir avec les démocrates et les républicais.

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    • Laurent // 16.01.2020 à 09h46

      « Une forte cohésion » ? Tous derrière le président Trump ? C’est une plaisanterie ?

      « L’Etat américain est […] certainement pas en déliquescence »
      Sachant que durant cette décennie, les USA :
      – ont été cocufié par la Turquie (achat AS 400)
      – ont été snobé par la Corée du Nord
      – se sont enlisés en Afghanistan et en Irak
      – se sont fait doubler par les russes en Ukraine
      – ont jeté l’éponge en Syrie
      – se sont dégonflés devant le Venezuela et l’Iran
      – ont vu leur système de défense anti-aérien ridiculisé en Arabie Saoudite
      – ont vu les russes développer des missiles hypersoniques et autres armes d’un niveau technologique largement supérieur à celui des USA
      – ont perdu l’assurance de la maîtrise de l’espace aérien, clé de voûte de leur stratégie militaire
      – ont triomphalement réussi à faire tomber le régime Bolivien mais uniquement parce qu’ils avaient l’aide de l’armée Bolivienne.
      Alors déliquescence ? Peut être pas encore. Mais pas absence d’efficacité, ça ne fait plus aucun doute.

      « Spectaculairement les sujets societaux sont source de débats spectaculaires »
      Oui, vu de France, la puissance d’Hollywood fonctionne toujours et le spectacle continu et ils auraient tort de s’en priver : c’est un excellent cache misère.

        +6

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      • guzy // 16.01.2020 à 17h53

        « se sont fait doubler par les russes en Ukraine » J’aimerais vous croire, avez-vous des éléments plus concrets. ma perception est qu’on est dans le statu quo, ce qui est beaucoup, la victoire russe étant qu’elle a figé le basculement de l’Ukr vers l’ Ouest.

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        • Gilles // 16.01.2020 à 22h22

          Il me semble que l’Ukraine étant en conflit (intérieur), elle ne peut pas rejoindre l’OTAN. L’enlisement du conflit permet donc à la Russie d’éviter le basculement de l’Ukraine dans le camp opposé.

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        • Laurent // 17.01.2020 à 13h52

          Bonjour Guzy,
          A la base, l’opération américaine visait à affaiblir la Russie, voir commencer sa destruction. Ce fut un échec et voici 3 éléments plus concrets :
          – la Russie a réussi à rattacher la Crimée ce qui lui offre des ouvertures pour sa marine militaire (les fameux ports en eaux chaudes) et des opportunités pour le transport de gaz et de pétrole. Ainsi que des ressources sous-marines
          Cf : https://www.cairn.info/revue-outre-terre2-2014-4-page-316.htm
          – la côte de popularité de Poutine a explosé et le peuple russe s’est senti de nouveau fier de son pays.
          – face au danger, la Russie et la Chine ont resserré les liens et constitué une vraie alliance pour contrer les agressions des USA.

          D’un autre côté, la situation n’a plus beaucoup bougé depuis, à part une aggravation des conditions de vie pour la population ukrainienne.

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  • Berrio // 16.01.2020 à 07h18

    Ce qui est intéressant, entre autres, dans l’enquête de l’Ukrainegate c’est de voir comment par delà la communication de propagande de chacun des partis, les politic(iens)cards démocrates ou républicains sont d’accord sur l’essentiel pur préserver les intérêts « de l’Amérique » et la caste dirigeante

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    • Jean // 16.01.2020 à 12h43

      Un peu comme chez nous… ou nos représentants ne sont de moins en moins représentatifs.

        +3

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  • koui // 16.01.2020 à 07h29

    Les hispaniques ont connu la guerre entre communistes et fascistes. C’est pour cela qu’il sont moins convaincu du désaccord profond aux USA. Ce désaccord existe a propos de faits qui n’existent pas : la terre créé il y a 6000 ans, Trump marionnette de Poutine. Les américains ont bascule dans des mondes fantasmagoriques et pourraient bien s’entretuer chacun dans son illusion.

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  • Miss Marple // 16.01.2020 à 09h21

    Moi , je mets les pieds dans le plat en disant carrément que le clivage est ETHNIQUE …
    Si on ose être lucide et réaliste, on le voit à l’ échelle mondiale dans quasiment tous les pays

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  • Louis de Constance // 17.01.2020 à 07h59

    Hi from DC ❤ ✌ 💙. Thx a lot. Very interesting. Basically, the US citizens are suffering from the permanent major problems since a …long long time. The traumatic catastrophic events in its short history were barely profitable: the civil war, ww1,ww2, the Vietnam war, the September 11th. ..The reason is that US citizens (mainly the whites) are still too confident and pretty arrogant. If you’re keeping thinking that you are the very Best and you must keep being the First, you’re on the verge of the Fall.

      +0

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