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1.octobre.20201.10.2020 // Les Crises

Matinales radio : à la recherche du pluralisme – par Acrimed

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Source : ACRIMED, Lucile Girard, Pauline Perrenot

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Les matinales radio sont des lieux stratégiques de l’espace médiatique. En témoignent leurs audiences : selon les chiffres publiés par Médiamétrie concernant la période janvier-mars 2020, les plus écoutées cumuleraient 5 719 000 auditeurs [1]. Les interviews matinales jouent en particulier un rôle prescripteur : produit d’appel à même de doper l’audience d’un programme, elles sont mises en avant et parfois commentées tout au long de la journée [2]. Compte tenu de leur importance dans l’espace médiatique, nous avons étudié en détail les invitations passées pour les interviews matinales des principales radios nationales pendant la période de mars-avril 2020 – caractérisée par une crise à la fois sanitaire, économique, sociale et politique. Le panorama ainsi dressé révèle d’écrasantes inégalités de genre, et donne à voir la misère du pluralisme politique, économique et social à l’antenne.

Avant de revenir sur les principaux résultats de notre étude, nous proposons de rendre compte de notre méthodologie et des données recueillies. Notre étude repose sur une recension allant du 17 mars au 30 avril. Elle concerne un ou plusieurs entretiens des cinq principales matinales radios nationales (France Inter, RTL, RMC, France Info et Europe 1) [3].

Une remarque préliminaire : au total, notre base de données compile 287 invitations. Le choix des émissions répertoriées, diffusées quotidiennement (hors week-end) entre 7h30 et 8h45, comporte toutefois un biais : Europe 1 totalise un nombre bien plus important d’invités (112), devant France Inter (73). Les chiffres des trois autres radios sont plus homogènes (33 invités pour France Info et RMC ; 36 pour RTL). Compte tenu de cette disproportion, nous limiterons les remarques transversales à quelques traits saillants pour davantage privilégier une analyse par chaîne et/ou catégorie.

Les différents invités ont été répartis en dix familles [4].

Premier constat : les représentants politiques sont les plus présents (35%), avec les professionnels de la santé (22%), auxquels nous consacrerons une analyse à part entière dans un second article [5]. Les chefs d’entreprises (« Business ») représentent quant à eux 16% des interviewés. Ces trois catégories écrasent les autres invités, représentés de manière résiduelle : entre 4% et 6% pour les universitaires, les syndicalistes (tous confondus), les représentants d’établissements publics ou parapublics. Les catégories restantes représentent moins de 3% des invités : « Culture », « ONG », « Institutions européennes », « Autres ».

Afin de rentrer plus avant dans l’analyse des choix des « grandes » matinales radiophoniques, nous proposons de revenir sur plusieurs aspects : la question du genre, celle du pluralisme politique, la représentation du patronat en comparaison de celle des travailleurs, ainsi que la place réservée aux milieux universitaire et culturel.

De flagrantes inégalités de genre

Un des résultats les plus flagrants de l’analyse des invités des interviews matinales est sans doute l’inégalité entre les hommes et les femmes : sur l’ensemble des radios, les premiers constituent en effet 81% des invités, soit plus de quatre invités sur cinq. Une tendance qui se vérifie chaîne par chaîne : les hommes cumulent 73% des fauteuils sur France Inter, 76% sur France Info, 84% sur Europe 1 (94 hommes et 18 femmes !), et même 88% et 89% sur RMC et RTL.

Ce fossé s’accentue dans certaines catégories : ainsi, sur 45 invitations passées au secteur « Business », 44 l’ont été à des hommes. Idem chez les universitaires, où les hommes ont occupé 12 des 14 fauteuils. La catégorie « Culture », rassemblant des écrivains, artistes, etc. ne compte quant à elle strictement aucune femme ! Un secteur pourtant loin d’en être dépourvu… Quant aux 101 fauteuils accordés aux politiciens sur les différentes chaînes, 67 furent occupés par des hommes, et 34 par des femmes – soit presque moitié moins.

Dans un rapport daté de mars 2020 concernant l’année 2019, le CSA note que « pour la première fois, la part des femmes présentes à l’antenne – télévision et radio confondues – dépasse la barre des 40% (41% contre 59% d’hommes). » Force est de constater qu’avec une part ridiculement basse (19%), les interviews matinales de mars-avril 2020 sont bien en deçà d’une telle moyenne, et explosent même les inégalités de genre dans le choix des invités que leurs rédactions choisissent de mettre en valeur.

Le trou noir du pluralisme politique

Autre résultat important de notre analyse : la grande pauvreté du pluralisme politique dans les matinales radio. La République en marche cumule plus de la moitié des fauteuils (55 sur 101, dont 4 fois un député… et 51 fois un membre du gouvernement !) S’y ajoutent 3 invitations de représentants politiques étiquetés UDI ou Modem, alliés à la majorité. Les Républicains (membres actuels ou ex) cumulent quant à eux 24 passages, soit un quart des invitations, et le Rassemblement national, 5 invitations. Au total, les libéraux et l’extrême droite auront donc, un mois et demi durant, capté 86% des invitations politiques des cinq principales interviews matinales de ce pays !

Reste, évidemment, fort peu de place… Le Parti socialiste et Europe Écologie les Verts totalisent respectivement 2 et 1 invitations. La France insoumise, quant à elle, sera représentée à seulement trois reprises (Jean-Luc Mélenchon est invité une fois sur Europe 1, une autre sur France Info et Alexis Corbière est intervenu dans la matinale de France Inter). Le Parti communiste est inexistant, de même que le Nouveau parti anticapitaliste et Lutte ouvrière. Un oubli, sans doute. Un tel palmarès confirme la petite musique (de droite) qui, chaque semaine, s’impose aux auditeurs. De fait, il fut impossible de trouver deux jours consécutifs sans un représentant du gouvernement ou de la majorité à la radio [6]. La norme fut plutôt une, et même deux voix gouvernementales par jour [7].

Et, en prime, quelques doux réveils ! Le 14 avril par exemple, la diversité radiophonique nous laissait le choix entre Christophe Castaner sur France Inter, Bruno Le Maire sur RMC, Gérald Darmanin sur France Info, Olivier Véran sur RTL ou Marion Maréchal Le Pen sur Europe 1. De quoi écraser l’oreiller ! Le lendemain, Le Maire et Darmanin étaient de nouveau présents (respectivement sur RTL et Europe 1), mais on pouvait aussi choisir l’extrême droite grâce à France Info, qui conversait cette fois-ci avec Louis Aliot. Quelques jours plus tôt, le 9 avril, Cédric O était sur France Inter, Muriel Pénicaud sur RMC, Sibeth Ndiaye sur France Info ; ne restait qu’Europe 1 pour trouver l’introuvable, puisque micro fut tendu à… Manuel Valls ! Mais le 29 avril reste le jour du quinté-plus pour le gouvernement : Gérald Darmanin (RTL), Jean-Baptiste Djebarri (Europe 1), Olivier Véran (France Info), Jean-Michel Blanquer (RMC) et Muriel Pénicaud (Inter) saturent l’espace.

Les matinales ont bien sûr leurs habitués : Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Olivier Véran et Christophe Castaner cumulent ainsi à eux seuls 22 passages sur la période [8], soit un tiers des invitations masculines… Chez les femmes, Muriel Pénicaud, Valérie Pécresse, Sibeth Ndiaye, et Marine Le Pen raflent respectivement 5, 4, 3 et 3 invitations : 15 passages au total donc, sur les 34 invitations passées à des femmes politiques…

À noter, également, l’ouverture quasi nulle des matinales à l’international : hormis une ministre allemande et une seconde, espagnole, les radios ont très peu tendu le micro à des personnalités étrangères pendant la période étudiée, alors que le contexte de pandémie mondiale le justifiait d’un point de vue journalistique. Quand des points de vue extra-hexagonaux ont été représentés, ce furent exclusivement ceux des hauts responsables libéraux des institutions européennes : Charles Michel, président du Conseil européen est intervenu sur France Inter (17/03), de même que la présidente de la Banque centrale et le Commissaire européen pour le marché intérieur, Christine Lagarde (9/04) et Thierry Breton (2/04), ce dernier ayant également fait un passage sur RMC (21/04). Ursula von der Leyen, la Présidente de la Commission européenne, a quant à elle été reçue sur Europe 1 (3/04).

Bref, le constat est sans appel : les voix de gauche ont littéralement été écrasées pendant la période étudiée. Offrant ainsi une démonstration de l’anémie du pluralisme politique dans les lieux clés de l’espace médiatique que sont les matinales radiophoniques.

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Source : ACRIMED, Lucile Girard, Pauline Perrenot, 04-09-2020

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medmed // 01.10.2020 à 08h28

Larem a gauche . Franchement faut rien comprendre a la politique pour oser affirmer ça.
Idem concernant le PS. Il ne suffit pas de se dire de gauche pour etre de gauche. Ce sont les actes et non les discours qui définissent un parti.

39 réactions et commentaires

  • Urko // 01.10.2020 à 07h46

    Comme souvent, les représentants de larem sont, en fonction des affinités des auteurs, classés avec la droite alors que nombreux se trouvent ceux qui y voient un PS 2.0. Personnellement, la position de larem sur bien des sujets sociétaux, d’interventionnisme public ou liés au projet européen etc me paraît les classer dans la ligne du PS. Je n’ose pas écrire « la droite ligne ». Après, le PS, depuis 1983, pouvait il conserver le label « de gauche » ? Il s’agit d’une question intéressante ; la surenchère dans le sociétal, à l’époque l’anti racisme, servant à masquer la trahison des classes populaires et moyennes. Chevènement dit que Mitterrand « parlait la gauche » -sous entendu, il n’en faisait pas vraiment partie – et j’ai l’impression que Manu parle la droite, mais qu’il a tout du haut fonctionnaire de la gauche bourgeoise

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    • Morne Butor // 01.10.2020 à 08h18

      C’est là qu’on se rend compte que bien des gens ne savent plus distinguer la Gauche de la Droite. En tout cas, il n’y a pas de risque de prendre LREM pour des écolos.

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      • Urko // 01.10.2020 à 08h51

        Si Jaurès ou Clémenceau voire Mendes France ressuscitaient aujourd’hui, je ne suis pas sûr qu’ils reconnaîtraient la gauche. Après, il s’agit de mon opinion que de croire que la gauche se définit justement par sa capacité à sans arrêt changer de discours pourvu qu’elle croit y voir de la modernité, ce fameux « sens de l’histoire » après laquelle elle court comme un canard sans tête, en ayant la prétention de savoir l’identifier. Ce dernier n’existant pas, cela explique assez bien les revirements fréquents de la gauche qui s’enthousiasme aujourd’hui pour ce qu’elle pourfendait hier sur la nation, le colonialisme, l’autorité, l’Europe, la libre circulation des travailleurs (leur mise en concurrence frontale partout) et donc les migrations, la famille, la laïcité, le communautarisme hier honni aujourd’hui encouragé, la sexualité, l’individualisme, l’écologie face à l’industrialisation, l’ingérence… Elle retourne sa veste sans même s’en rendre compte. Ça m’a toujours épaté, cette farandole de contradictions absurdes mais dépourvues du moindre doute. J’aime bien la distinction conservateurs progressistes : elle me paraît plus claire mais ne recouvre pas toutes les nuances. Et larem ne me semble pas conservateur, ou alors, plus rien n’a de sens.

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        • frafra // 01.10.2020 à 09h03

          Il y avait une autre grille de lecture que je vous soumet :
          ceux qui pensent que l’homme a nécessairement des racines, des limites et qu’elles sont bonne
          ceux qui pensent que l’homme doit s’affranchir de toutes les limites pour s’accomplir (libéralisme au sens 1789)

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          • Rémi // 01.10.2020 à 12h47

            Je vous en propose une autre: Ceux qui veulent préserver un ordre social pyramidal basé sur la fortune et quelques caractéres annexes. Et ceux qui se préoccuppent du niveau de vie du peuple.
            le PS1.0 ou 2.0Me semble clairement dans le premier groupe et il ne me semble pas que l’on puisse qualifier ce premier groupe de gauche historique.

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        • frafra // 01.10.2020 à 09h04

          Doublon

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        • marées // 01.10.2020 à 11h31

          Bonjour. Histoire de…
          1) Concernant les revirements, gauche et droite se valent. Ex : le rapport à la Nation s’inversent plusieurs fois (ce qui n’exclue pas des morceaux de chaque camp qui ne bougent pas) ; inversion vers 1889 (période du boulangisme), re-inversion vers 1935 (le meeting au stade Buffalo est le tournant).
          2) Sur la plan concret, la gauche et la droite se réfèrent à un cadre géographique et institutionnel, pour ce qui nous occupe, la Nation, la République. Lorsque le pays est occupé le clivage est de facto effacé derrière celui du oui ou non à l’occupation. C’est le cas actuel, ce fut le cas de 40 à 44. Résistants et collabos viennent de la totalité du champs politique. LaREM est alors non républicain et parti de l’étranger (comme la sphère autour).
          3) Sur le plan des idées, l’extrême droite a de multiples chapelles comme l’extrême gauche (les autres aussi d’ailleurs). On peut la caractériser sur 3 lignes dans son histoire : exaltation de la violence, de l’inégalité et essentialisme. Ces 3 lignes sont présentes chez LaREM et la sphère autour (incluant le gros des appareil PS et LR). Ils ont le chic d’y ajouter l’absence totale de limites tous azimuts (géographique, technique etc.) dont ce qui concerne la prédation sur l’écosystème. On pourrait définir LaREM comme à droite de l’extrême droite classique.
          Pour sortir du flou, et refaire un clivage temporaire, il vaut mieux intégrer les dynamiques (glissements, croisements, inversions : individuels et collectifs) et la question de l’indépendance, capacité réelle à choisir.

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        • BOURDEAUX // 02.10.2020 à 08h26

          L’appellation même de droite et gauche est un piège, un embrigadement qui accouche d’une pensée de caserne. Je souscris plutôt à ce que dit Rémi sur l’ordre social pyramidal. Et en haut de la pyramide il y a l’état. Je crois plutôt que la fracture passe entre ceux qui veulent s’affranchir des autorités tutélaires (religieuses et politiques) et ceux qui veulent les voir grandir pour les protéger. La dispute a commencé en Grèce antique, a été reprise à la renaissance, puis au XVIII°, au XIX° par les mouvements libéraux , et dure encore à notre époque.

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        • Frederic // 05.10.2020 à 06h35

          …Larem n’est effectivement pas « conservateur ». Le terme « réactionnaire » parait plus indiqué. Est progressiste celui qui croit aux avancées humanistes, un mieux pour tous dans les lois qu’il vote ou fait voter. Larem a ce discours car celui qui dirait « mes lois ne sont bonnes que pour quelques-uns » ne serait même pas interrogé. Larem ne représente que de vieilles valeurs paternalistes, porteuses de domination et d’asservissement comme au 19eme siècle…Il suffit de lire certaines de leurs lois (indemnisation du chômage, lois travail, retraite…): en quoi ces lois sont-elles un progrès pour l’humanité?

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      • Obermeyer // 01.10.2020 à 10h52

        Ni des écolos , ni des gauchistes ! Les socialistes étant passés à droite ( notamment économiquement , avec la politique de l’offre ) , on peut classer tout le parti présidentiel à droite , et même à la droite dure au vu des réformes et de la répression que même un Sarkozy n’aurait pas osé entreprendre .

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        • cedivan // 01.10.2020 à 14h44

          la loi bioéthique n’aurait jamais été votée par la droite, surtout « dure »….

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        • Patrick // 01.10.2020 à 21h21

          La politique de l’offre n’est pas de droite, c’est une vision réaliste de la façon de s’en sortir. La demande n’a aucun intérêt si elle consiste à importer, dans ce cas elle est même néfaste.
          Sur ce point on peut constater que gauche et droite sont en général pour une politique de la demande, on file du fric aux gens pour qu’ils consomment .. et votent pour celui qui leur donne le pognon, quitte à endetter le pays.

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          • Gilles // 02.10.2020 à 08h04

            Ce qu’il y a de bien avec vos commentaires, c’est qu’on est jamais déçu. Il faudrait arrêter de répéter les âneries colportées par les experts des « plateaux télé »
            « La politique de l’offre n’est pas de droite, c’est une vision réaliste de la façon de s’en sortir »
            politique suivie depuis au moins 20 ans avec les résultats qu’on sait!! Bien sur ça arrange bien les grands groupes mais aucun artisan commerçant ou patron de PME TPE dignes de ce nom ne soutiendrait cette politique. Parce que, jusqu’à preuve du contraire, leurs intérêts c’est encore leurs carnets de commandes

            « on file du fric aux gens pour qu’ils consomment » autrement dit un pognon de dingue. Et le fric qu’on « file » au Medef et consorts, il sert à quoi? (ex:le CICE: 120 mds€ en 6 ans pour, dit-on, la création de 100000 emplois soit 1 200 000 € par emploi)

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            • Patrick // 02.10.2020 à 08h13

              A quel moment avons-nous eu une politique de l’offre ? je ne l’ai jamais vue.est l
              L’intérêt c’est le carnet de commande !! oui , tout à fait et pour cela il faut que les offres tiennent la route et ne soient pas minées par des surcoûts induits par les taxes et la réglementation stupide.

              Politique de la demande : on file du fric à tout le monde donc on augmente les coûts puisqu’il faut bien prendre le fric quelque part , donc on détruit l’offre locale et on favorise l’importation.

              Le CICE : négligeable , en regardant les années précédentes , l’état m’a filé environ 4000 euros par an pour plus de 100.000 euros d’impôts, taxes et cotisations annuelles .. quel cadeau !!
              A noter que les plus gros chèques ont été versés à La Poste et la SNCF , EDF n’est pas loin derrière .. que des capitalistes.

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            • Gilles // 02.10.2020 à 08h31

              ah, je ne savais pas que le carnet de commande ne se remplissait que grâce aux offres. Bien sûr, il en faut. Mais si vous n’avez pas de demandes en face, que faites-vous? du stock!!?

              « On file du fric à tout le monde ». Mais dans quel monde vivez-vous? certainement pas dans celui non négligeable(10-15%) qui vit sous le seuil de pauvreté.

              CICE: on vous a filé 4000€/an alors que vous payez 100.000 € d’impôts: j’imagine, un résultat net en rapport avec ce montant. Et vous trouvez ce montant négligeable?
              1- Mais justement, à quoi ont servi ces 4000 €?
              2- je constate que vous n’hésitez pas à demander, vous, le chantre du libéralisme, à bénéficier des largesses de l’état quand ça vous arrange.

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            • Patrick // 02.10.2020 à 09h09

              quelles largesses ? au vu de ce qui est ponctionné j’aimerais bien les voir les largesses
              je souhaiterais juste que l’état nous foute un peu la paix.

              à propos des 100.000 € , c’est l’ensemble de ce que l’entreprise a versé , donc y compris l’URSSAF , c’est donc autant de surcoûts en production ( handicap pour l’offre ) et de prélèvements sur les salaires ( handicap pour la demande ).
              En tant que chef d’entreprise , j’en tiens compte pour les prix de vente et les salaires nets sont amputés ce qui me désole.
              Je ne suis pas trop soumis à la concurrence internationale , heureusement.
              Les autres mettent la clef sous la porte.

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            • Gilles // 02.10.2020 à 09h53

              ah! après les impôts, maintenant c’est l’URSSAF!! tout y passe. L’URSSAF, c’est quoi? les A.F., la santé, la vieillesse de base. Bref c’est ce qu’on appelle du salaire différé.
              c’est ce qui sert à tous pour bénéficier d’une certaine sécurité et par-là même à être en mesure d’acheter et donc de vendre les produits que vous fabriquez ou que vous négociez.

              Peut-être préféreriez-vous des gens vivant dans la précarité mais malgré tout en pâmoison devant vos « offres »? Eh bien non, ça ne marche pas comme ça. La période que l’on vit est la pour le rappeler. Quand il n’y a plus de confiance, quand l’incertitude de l’avenir prend le dessus, les gens arrêtent de consommer (100 mds non dépensés depuis le début de la crise du covid) et c’est pas fini!! surtout avec vos raisonnements de « néo-libéral » pour parler « novlangue », qui n’utilise ce mot de libéral que pour donner un air sympa. Ces fameux néo-libéraux qui ne se font pas priés pour réclamer des « sousous » à l’Etat que par ailleurs ils critiquent à longueur d’antenne ou d’éditos.

              Handicap pour l’offre, handicap pour la demande?: Avez-vous pensé à ce que serait ce système sans sécurités? à ce que deviendrait votre entreprise sans infrastructures, sans éducation, sans santé, etc etc …? Chef d’entreprise, dites-vous. J’en ai connu quelques-uns, très peu heureusement, qui tenaient ce genre de discours. Dans la grande majorité de ceux que j’ai côtoyé (entrepreneur moi-même pendant 40 ans), aucun ne tenait ce genre de raisonnement. Ils râlaient un peu (pour le « fun »), certes, mais jamais il n’auraient remis en cause ce système de protection.

              par exemple, une boutique de fringues avec la plus belle des « offres », comme vous dites, -variété des couleurs, des tailles, des tissus …. s’il n’y a pas de clients: qu’est-ce qu’elle devient ?

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            • Patrick // 02.10.2020 à 22h57

              Je liste juste les coûts inhérents à notre modèle social.
              Ce modèle ne survit que par la dette parce qu’il dépense plus qu’il ne produit, donc il est condamné à s’effondrer.
              En attendant, les coûts plombent l’industrie et tous les secteurs ouverts à la concurrence internationale, donc le pays s’appauvrit doucement en détruisant des emplois.
              C’est simple et c’est inéluctable.

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            • Gilles // 03.10.2020 à 09h03

              Votre explication est un peu courte et à mon avis complètement fausse
              le système social américain coûte 16,4 % du PIB (contre 10,9 % pour nous) avec une couverture sociale quasi inexistante pour les plus modestes et très insuffisante jusqu’aux salaires moyens supérieurs.
              https://fr.statista.com/infographie/8662/depenses-de-sante-par-habitant-dans-le-monde/
              https://fr.statista.com/statistiques/562458/depenses-de-sante-par-habitant-part-du-pib-ocde/
              Là où je vous rejoins, c’est l’utilisation des budgets alloués à notre modèle qui pourraient être nettement améliorés. Notre modèle n’est en rien responsable de la dette. Ceci est dit et répété partout pour que les Français acceptent sans difficultés des baisses de prestation (réforme des retraites). Vous êtes entrepreneur, alors svp, comparez les salaires nets et les salaires différés d’un salarié en 1990, 2000 et 2020 et vous comprendrez que tout cela est « organisé ».(le fameux néo-libéralisme ).

              « En attendant, les coûts plombent l’industrie et tous les secteurs ouverts à la concurrence internationale, donc le pays s’appauvrit doucement en détruisant des emplois. »
              Faux ou alors expliquez-nous les résultats d’autres pays comme l’Allemagne, les Pays-bas, la suède, la Suisse qui ont des dépenses de santé plus élevés que nous ?
              Vous devriez franchement vous pencher sur ces données plutôt qu’ânonner ces sornettes dont on nous bassine à longueur d’antenne.
              . Notre modèle social non seulement est à préserver, mais doit être encore développé (Si la solidarité, le bien-être, la sécurité et la santé pour tous est l’objectif). Vous préférez peut-être, l’inégalité, la précarité et le chacun pour soi. Il existe encore malheureusement des pays qui correspondraient à ces critères (coûts fiscaux et sociaux très bas, voire inexistants)où vous pourriez installer votre entreprise.

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        • Frederic // 05.10.2020 à 06h44

          « La seconde gauche » n’était en fait que « la première droite »…

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      • Patrick // 01.10.2020 à 14h59

        La distinction gauche-droite n’a plus grand intérêt. Il y a ceux qui veulent de l’état , encore de l’état ( LR , LREM .. ) et toujours plus d’état ( LFI, RN .. ) et ceux qui veulent moins d’état , plus de libertés et moins de gaspillage du pognon du contribuable ( personne à l’antenne ).
        Tout ce petit monde qui se bouscule à l’antenne ne souhaitant pas renoncer à l’UE , trop contents d’avoir une couche supra-étatique au-dessus de tout le fatras étatique déjà existant.

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    • vert-de-taire // 01.10.2020 à 08h43

      Le ni droite ni gauche est de fait un ni gauche ni gauche – on savait.

      Il faut bien admettre une chose qui a mis du temps à être perçue par une grande majorité de la population, le PS est de droite (vu de loin car à l’intérieur, il y eu qqs irréductibles de gauche crédules) à l’image de Mitterrand. D’ailleurs sa propre femme n’a cessé de le lui reprocher cf ses livres de qualité.

      Remercions l’ACRIMED et les crises qui nous font voir cette réalité a-démocratique : les médias de masse sont tous de droite, je dirais capitalistes donc anti-démocrates. La propagande qui nous est servie sert exclusivement l’économie c’est à dire d’abord les actionnaires c’est à dire le pouvoir en place.
      Cette dérive financière est dévastatrice à tous points de vue, c’est maintenant acté.

      Pour autant ILS CONTINUENT dans cette voie !
      Ce comportement est au mieux absurde, au pire criminel.

      Que se passe-t-il donc ?
      – Un agenda caché de nos dirigeants = un complot ?
      – La volonté d’attendre une révolution à réprimer dans le sang – les GJ ont été l’exercice d’entrainement – afin de calmer les gueux pour longtemps ou
      – Attendre une catastrophe pour mettre en place un régime d’exception (en partie déjà établi) et acter la ploutocratie sévère qui se pare des plumes usurpées.

      Les options pour expliquer cette apathie sont limitées.

        +30

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    • pseudo // 01.10.2020 à 11h08

      non mais c’est plus le sujet, j’ai envie de le crier. Le sujet c’est l’incompétence et le saccage qu’ils vont laisser derrière eux…

        +6

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    • act // 01.10.2020 à 13h15

      L’étude est intéressante mais débouche sur des conclusions inopérantes . En effet ici encore le concept médiatique devenu flou de classification droite gauche doit être rejeté. Autant utiliser une grille souverainiste-progressiste qui déboucherait sur une distorsion encore plus évidente.

        +4

      Alerter
  • medmed // 01.10.2020 à 08h28

    Larem a gauche . Franchement faut rien comprendre a la politique pour oser affirmer ça.
    Idem concernant le PS. Il ne suffit pas de se dire de gauche pour etre de gauche. Ce sont les actes et non les discours qui définissent un parti.

      +38

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    • Rémi // 01.10.2020 à 12h51

      Ah bon????????
      Mince alors en écoutant les médias francais j’aurais pourtant cru.
      Méfiez vous réfléchir est dangereux en France

        +3

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    • jch // 01.10.2020 à 22h14

      J’ai eu beau relire l’article, je ne vois pas où il est dit que Larem est à gauche… Par contre, je vois ce paragraphe :

      « La République en marche cumule plus de la moitié des fauteuils (55 sur 101, dont 4 fois un député… et 51 fois un membre du gouvernement !) S’y ajoutent 3 invitations de représentants politiques étiquetés UDI ou Modem, alliés à la majorité. Les Républicains (membres actuels ou ex) cumulent quant à eux 24 passages, soit un quart des invitations, et le Rassemblement national, 5 invitations. Au total, les libéraux et l’extrême droite auront donc, un mois et demi durant, capté 86% des invitations politiques des cinq principales interviews matinales de ce pays ! »

      Vous avez une citation ?

        +2

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  • Rond // 01.10.2020 à 09h20

    Occuper les temps de cerveaux disponibles … désormais ça ne s’adresse plus seulement aux ménagères de moins de cinquante ans. Si c’est gratuit, c’est toi le produit !
    Matinales radio … A rapprocher du billet d’à coté « Pourquoi tic et toc ? ». D’où la question : pourquoi seulement tic toc ? Le raz de marée d’informations qui se déverse sur tous les médias nous a déjà noyés. Comment filtrer ce qui mérite vraiment notre attention ? Comment digérer ce qui n’a pas été conçu pour l’être ni l’être ? En ne l’avalant pas !
    Et la 5G, pourquoi ? Et ma yaourtière connectée ? Tant de technologies pour ça ?

    Je vais récolter mes courges parce qu’il va pleuvoir demain. Pendant ce temps, je suis libre. Tenez bon !

      +6

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    • AntiBoomer // 01.10.2020 à 12h15

      Je sais pas où vous avez vu que la tv est gratuite…

        +2

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      • tikehau // 01.10.2020 à 16h41

        @AntiBoomer

        « Occuper les temps de cerveaux disponibles … » a été formulée en 2004 par Patrick Le Lay, alors président-directeur général du groupe TF1.
        Et TF1 n’est pas financée par la redevance télévisuelle. C’est donc bien une télé « gratuite » donc « Si c’est gratuit, c’est toi le produit ! »

          +5

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  • gotoul // 01.10.2020 à 10h56

    2 numéros de Médiacritiques, la revue d’Acrimed, en téléchargement pdf gratuit sur leur site. Bonne journée

      +1

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  • AntiBoomer // 01.10.2020 à 12h14

    De toute façon si c’était « l’extreme gauche » qui était majoritaire dans les médias et que l’on atteignait le 50% des quotas de genre acrimed s’en foutrais et ne ferais pas d’article.

    Marre aussi de ces articles qui parle d’extreme gauche, extreme droite, alors que ce sont des mots valises qui a mon sens ne veulent rien dire le 3/4 du temps à part stigmatiser, réduire les idée des uns, ou camoufler la réel idéologie du partie.

    De toute façon les gens ont les médias qu’ils méritent, si la droite prend de l’importance c’est parce qu’il y’a une demande et bolloré l’a bien compris.

    Sur internet, certaine radio (sud radio par exemple), on trouve moulte article, blog, podcast etc… qui sont sans doute bien plus dissident et intéressant qu’a l’époque de l’ORTF mais les gens s’en battent les c****, pourquoi parce que reflechir ça fais mal, je sais de quoi je parle j’ai fais une partie de ma scolarité à science po, c’est à peine si les étudiants connaissaient le monde diplomatique, puis de toute façons c’est trop long à lire, autant aller sur Vice ou Konbini bouffer de la bien pensance pour acquérir du crédit social.

      +9

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    • Patrick // 01.10.2020 à 15h05

      J’aime bien SudRadio , mais on ne les capte pas partout en France, ou alors il faut aller sur internet , ils mettent pas mal de choses en ligne.
      Clairement , ils manquent de visibilité , c’est dommage.

        +7

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      • AntiBoomer // 01.10.2020 à 16h51

        Totalement d’accord, à vrai dire je l’écoute principalement sur YouTube en mode les rediff de bercoff (d’ailleurs voila un animateur pour le moins sympas, lui et taddei c’est vraiment un plaisir). Apres j’ai l’impresion que plus le temps passe et plus cette radio commence à avoir sa place dans le paysage. Puis c’est la seule radio où en une heure vous aurez les classique du rap des année 90, de la new wave et du rockabilly dans le même mix ahahah

          +4

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  • christian gedeon // 01.10.2020 à 17h09

    Ce genre de stats commencent à me les briser menu menu. Alors je réclame 50 % d’hommes dans l’enseignement primaire et secondaire(on en est très très loin),50 % de femmes chez les éboueurs,50% de femmes dans les unités combattantes,cinquante pour cent de femmes sur les chantiers immobiliers et de routes et d’autoroutes,50% de femmes chez les dockers,les metallurgistes etc…. çà devient carrément ridicule. Et cinquante pour cent de blancs dans un films sur les tribus zoulous,et cinquante pour cent de noirs dans un film sur les indiens,et cinquante pour cent d’indiens dans un films sur les écossais! M’enfin!!!

      +23

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    • koui // 01.10.2020 à 22h29

      Les noirs et les blancs sont une construction sociale. Comment décider de la couleur d’un métis? L’apartheid avait le test du peigne, si les cheveux sont lisses, le peigne glisse. Faut il faire une norme AFNOR a ce sujet? Je ne crois pas.

        +0

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    • Dune // 02.10.2020 à 08h14

      En effet, mais vous oubliez 50% de femmes dans les prisons où les hommes sont à ce jour 27,5 fois plus nombreux que les femmes (excusez du peu)…forcément par construction sociale et par sexisme si j’en crois le raisonnement des faux-ministes ?

        +3

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  • koui // 01.10.2020 à 22h25

    Les idées favorables au intérêts des riches sont hégémoniques dans le champ médiatique. La gauche se contente généralement de demander des allocations étatique pour les pauvres, ce qui signifie plus d’impôt et plus de dette. Nous ne sommes plus capables de disputer le pouvoir aux riches autrement. C’est un cul de sac pour la gauche a l’heure de la mondialisation des profits et de l’optimisation fiscale. Même la TVA est menacée quand on achète sur des sites chinois qui ne payent pas la TVA. Les ressources de l’État sont menacées et notre seule réponse est de lui demander plus pour les pauvres. Mais plus avec quelles ressources? Que ferait Mélenchon face a cette impasse? Comment allons nous faire? La plupart des économistes sont pour les riches: qui va nous aider à trouver des solutions ?

      +2

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  • Domo // 02.10.2020 à 02h41

    Vous devriez prendre le mal à la racine et faire cette enquête sur le pluralisme au niveau des journalistes. Et tout le système s’effondra…

      +3

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