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17.octobre.201817.10.2018 // Les Crises

Michéa : L’autonomie socialiste contre le libéralisme. Par Kévin Boucaud-Victoire

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Source : Le Média, Kévin Boucaud-Victoire, 24-09-2018

Le philosophe intensifie sa critique du droit libéral, en prenant notamment appui sur Marx et Proudhon, afin de mieux prôner une société libre.

Jean-Claude Michéa fait partie de ces intellectuels dont la parole est rare et précieuse. Depuis quelques années, chaque ouvrage du philosophe constitue un petit événement pour ses lecteurs, qui sont de plus en plus nombreux. Ce 19 septembre, Flammarion nous offre deux textes de l’ex-Montpelliérain : Le loup dans la bergerie(1) et la préface d’une réédition de La religion du Capital de Paul Lafargue(2), célèbre gendre de Karl Marx. Le philosophe y poursuit sa critique radicale du capitalisme et sa promotion d’une société « libre, égale et décente » (Orwell).

CONTRE L’ILLUSION JURIDIQUE

Disciple d’Orwell, Lasch, Debord, Castoriadis, Pasolini, mais aussi de Marx et Proudhon, Michéa se définit dans La Double pensée (2008) comme un socialiste « fidèle au principe d’une société sans classe, fondée sur les valeurs traditionnelles de l’esprit du don et de l’entraide », ainsi que comme un « démocrate radical ». Depuis un peu plus de deux décennies, sa pensée politique s’articule autour d’une critique de la « société libérale » qui repose sur les rejets simultanées du libéralisme économique et politique, les deux faces d’une même pièce. Si le libéralisme économique dépend de l’extension illimitée du marché, le second s’appuie sur celle du droit. Une double logique où « seule la liberté peut limiter la liberté. Elle n’a d’autre limite qu’elle-même. » Bien que la critique de l’économie politique soit aussi présente, Le loup dans la bergerie s’attaque principalement à ce que Marx appelait « l’illusion juridique ». Pour le penseur allemand, comme le rappelle Michéa, le mode de production capitaliste s’organise autour d’un indispensable rapport juridique entre le bourgeois et le prolétaire. « Ils passent contrat ensemble en qualité de personnes libres et possédant les mêmes droits. Le contrat est le libre produit dans lequel leurs volontés se donnent une expression juridique commune », affirme Marx dans Le Capital. Voilà pourquoi, selon lui, la devise de la société bourgeoise est « Liberté, Égalité, Propriété et Bentham(3) ». Le Capital est donc un rapport social qui se pare des manteaux de l’égalité et de la liberté, pour mettre en place une exploitation féroce.

Lire aussi : Pasolini, ce communiste poétique et solitaire

C’est là qu’intervient le « pompeux catalogue des “inaliénables droits de l’homme” », pour reprendre les mots de Marx. Ce dernier y voit « les droits du membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire de l’homme égoïste, de l’homme séparé de l’homme et de la communauté. » Le discours juridique a pour fonction de masquer l’organisation en classe de la société libérale. Pour Michéa, l’idéologie des droits de l’homme permet à la fois de réduire la politique en simples méthodes procédurales – la substitution du « gouvernement des hommes » par « l’administration des choses » étant au cœur du libéralisme – et d’atomiser les individus, les rendant vulnérables aux structures impersonnelles que sont le marché et l’État. La loi Le Chapelier votée le 14 juin 1791, qui proscrivait les organisations ouvrières, en est le parfait exemple. Procédant d’un « individualisme possessif radical », selon Michéa, elle place « la liberté absolue d’entreprendre au cœur même du nouvel ordre social révolutionnaire » et condamne toute action populaire. Le droit organise ainsi ce que Debord nommait la « séparation généralisée ». Or, pour les libéraux, comme Friedman, le marché devient « la seule institution qui permette de réunir des millions d’hommes sans qu’ils aient besoin de s’aimer, ni même de se parler. » D’où la terrible sentence de Michéa : « Qui commence par Kouchner finit toujours par Macron. » Le libéralisme politique, défendu à partir des années 1970 par Foucault ou les « nouveaux philosophes », est un piège pour la gauche, qui l’empêche de critiquer de manière cohérente le capitalisme.

SOCIALISME D’EN BAS

Il n’est néanmoins pas question, pour l’ancien professeur de philosophie, « de dénoncer comme purement “formelles”, “illusoires” ou “mensongères”, ces libertés fondamentales dont l’idéologie des “droits de l’homme” prétend monopoliser aujourd’hui la défense. » Le disciple d’Orwell connaît l’importance des libertés, même juridiques, et sait que « parler sans plus de précaution de la “fable des droits de l’homme” » pourrait « réintroduire les fables stalinienne, fasciste ou islamiste ». Le philosophe compte, au contraire, substituer la « liberté négative » du libéralisme par une liberté positive d’inspiration libertaire. Car, comme Proudhon, il pense que dans une société socialiste, « la liberté de chacun rencontrera dans la liberté d’autrui non plus une limite, comme dans La Déclaration des droits de l’homme de 1791, mais un auxiliaire. » Défenseur d’un « socialisme d’en bas », notamment représenté par le mouvement anarchiste, le philosophe propose une projet qui « exalte l’individualité et la liberté », tout en reposant, à la différence du libéralisme, « sur une morale de solidarité et le présupposé d’une nature sociale de l’être humain (4). »

Pour Michéa, il est important de se souvenir que « les combats populaires en faveur des libertés individuelles, collectives et communautaires ont connu bien d’autres formes et bien d’autres “chartes” (…), que le “pompeux catalogue des droits de l’homme” ». C’était d’ailleurs le cas dans le « républicanisme civique » qui a inspiré Jean-Jacques Rousseau au XVIIIe siècle et les socialistes du XIXe siècle. De même, des « formes d’autonomie et de liberté » existaient déjà dans « les communautés traditionnelles avant que le rouleau compresseur libéral (…) n’entre en action », comme a pu le démontrer l’historien marxiste Edward P. Thompson dans Les usages de la coutume. Traditions et résistances populaires en Angleterre, XVIIe-XIXe siècle (Gallimard, 2015). C’est pour cela que, comme Marx avant lui, Michéa plaide pour l’adoption d’une simple Magna Carta(5), en lieu et place des Droits de l’homme. L’objectif de l’ex-Montpelliérain n’est néanmoins pas de défendre simplement des sociétés fondamentales – pas plus que ce n’était celui de l’Allemand – mais de promouvoir ce que Castoriadis appelait l’ « autonomie ».

Lire aussi : Karl Marx, un penseur encore d’actualité ?

Elle correspond à une société où les structures sociales, politiques ou idéologiques ne dépendraient que des choix collectifs. Pour y arriver, Michéa estime qu’il faut « articuler de façon “dialectique” (…) le sens des appartenances communautaires, autrement des “identités”, et celui de l’épanouissement individuel ». Cela n’est possible qu’en dépassant l’idée monstrueuse d’un socialisme d’État et en la remplaçant par l’idéal de Proudhon d’une société organisée « de bas en haut et de la circonférence au centre », autour de la commune.

C’est pour cela qu’il prône « sans relâche le principe d’un mouvement socialiste ouvrier autonome et séparé » de la gauche républicaine, seul capable de répondre aux urgences sociales et écologiques provoquées par l’extension planétaire du capitalisme. Il explique : « Si aucun mouvement populaire autonome, capable d’agir collectivement à l’échelle mondiale, ne se dessine rapidement à l’horizon (j’entends ici par “autonome” un mouvement qui ne serait plus soumis à l’hégémonie idéologique et électorale de ces mouvements “progressistes” qui ne défendent plus que les seuls intérêts culturels des nouvelles classes moyennes des grandes métropoles du globe, autrement dit, ceux d’un peu moins de 15 % de l’humanité), alors le jour n’est malheureusement plus très éloigné où il ne restera presque rien à protéger des griffes du loup dans la vieille bergerie humaine. »

Notes :

(1) Jean-Claude Michéa, Le loup dans la bergerie, Flammarion, coll. « Climats », 2018, 164 pages, 17€
(2) Paul Lafargue, La religion du Capital, Flammarion, coll. « Climats », 2018, 117 pages, 14€
(3) Philosophe anglais du XVIIIe siècle, père de l’utilitarisme et précurseur du libéralisme.
(4) Ces mots sont empruntés par Michéa à Irène Pereira . Voir « L’anarchisme contre la société libérale »
(5) Charte anglaise adoptée au XIIIe siècle en Angleterre, pour défendre les libertés individuelles fondamentales.

Source : Le Média, Kévin Boucaud-Victoire, 24-09-2018

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Fritz // 17.10.2018 à 06h49

Tiens ? Je me sentais un peu seul, à parler de la loi Le Chapelier en classe de 4e (rayée des programmes, tout comme la crise de 1929 en 3e). Quant à la commune, qui permet la restauration d’une société décente et démocratique, elle est vidée de son contenu par les intercommunalités plus opaques les unes que les autres, et par les fusions de communes imposées sans consultation des habitants.

Michéa écrivait en 1999 : « une lutte anticapitaliste qui est incapable d’intégrer clairement sa dimension conservatrice n’a strictement aucune chance de se développer de façon cohérente, et, par conséquent, de porter des coups efficaces à son ennemi désigné » (L’enseignement de l’ignorance, Climats, p. 131).

36 réactions et commentaires

  • Fritz // 17.10.2018 à 06h49

    Tiens ? Je me sentais un peu seul, à parler de la loi Le Chapelier en classe de 4e (rayée des programmes, tout comme la crise de 1929 en 3e). Quant à la commune, qui permet la restauration d’une société décente et démocratique, elle est vidée de son contenu par les intercommunalités plus opaques les unes que les autres, et par les fusions de communes imposées sans consultation des habitants.

    Michéa écrivait en 1999 : « une lutte anticapitaliste qui est incapable d’intégrer clairement sa dimension conservatrice n’a strictement aucune chance de se développer de façon cohérente, et, par conséquent, de porter des coups efficaces à son ennemi désigné » (L’enseignement de l’ignorance, Climats, p. 131).

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    • Marie // 17.10.2018 à 08h43

      Avec l’abolition -et l’interdiction- des corporations, en ces temps là, doublée du délit de coalition, l’espoir était permis….pour une grande majorité d’illettrés, à ne pas oublier…La révolution industrielle qui a suivi a malheureusement créé une classe ouvrière privée de tout recours collectif, et la révolution tout cours a remplacé la noblesse par la bourgeoisie en tant que décideur C’est l’origine de la démocratie à la française, avec une parenthèse qui ne devrait pas en être une : le Front populaire.Non historienne, je me permets.

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  • Pierre D // 17.10.2018 à 07h41

    Les “déclarations des droits de l’homme”, c’est le “droit à la propriété” plus que leurs définitions de “la liberté” qui en font la justification du libéralisme.

    Autant celle de 1789 (ou le United States Bill of Rights), sont un bouleversement dans son principe, dans la mesure ou ce n’est plus un monarque qui octroie des droits aux hommes, mais le citoyen (le peuple souverain), autant celle de 1948, en ce début de Guerre Froide, n’a d’autre objectif que d’exclure les États communistes (ou collectivistes) du “concert des nations”, perdant ainsi son statut de “charte” pour devenir une “lettre au Père Noël”… et un élément de propagande.

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  • Guadet // 17.10.2018 à 09h00

    Michéa n’oublie qu’une chose, dans sa critique du droit de l’hommisme, c’est que Simone Weil (la philosophe) l’a précédé il y a déjà longtemps, dans “L’Enracinement”. Mais il faut lire “Le Loup dans la bergerie” pour voir toutes les implications juridiques, politiques et sociales de cette idéologie aujourd’hui : c’est passionnant et terrifiant.

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  • Albert Charles // 17.10.2018 à 10h11

    Juste une illustration de ce “principe d’un mouvement socialiste ouvrier autonome et séparé de la gauche républicaine, seul capable de répondre aux urgences sociales et écologiques…”, souhaitable, en effet !
    Le moment des 35h obligatoires, en France. Si la Gauche autoproclamée socialiste avait demandé aux salariés ce qu’ils souhaitaient, ils n’auraient pas voté pour cette mesure généralisée à tout le territoire. Déjà échaudés par les 39h de Fabius (vaste mascarade où tout ce qui avait été imposé en réduction du temps de travail, une ou deux heures, a vite été récupéré par le patronat sur tous les avantages locaux acquis précédemment), ils auraient voté pour de meilleurs salaires et pour des conditions de travail améliorées. Avec les 35h (prétendue libération des travailleurs imposée par des libérateurs autoproclamés comme tels), on a assisté aux mêmes résultats que ceux obtenus avec les 39h: pression accrue sur les travailleurs et suppressions des avantages acquis historiques (j’ai perdu, pour ma part, 8 jours ouvrables de congés annuels par an, concession acquise par nos ainés syndicalistes pour ceux qui partaient en vacances hors de l’été. Sans parler de la pression au boulot, car les 35h françaises n’ont pas aboli la demande internationale de produits ou services…). Voilà donc une illustration du mal que peuvent faire ceux qui prétendent apporter le Bien sans demander AVANT aux bénéficiaires ciblés ce qu’ils préfèrent. Et les exemples ne manquent pas: évidemment on pense à la belle réalisation prétendue communiste des Bolchéviques russes. Et, plus légèrement mais tout aussi pitoyable, à la belle réussite progressiste du socialiste autoproclamé Peillon qui a voulu, AUTORITAIREMENT, soulager les enfants de leur travail scolaire en …les faisant travailler plus ! Le mercredi matin, mais aussi tous les après-midi de la semaine, dans des activités devenues quasi obligatoires (du fait de l’absence des parents et du fait de l’importance pédagogique donnée à ces activités). Bref: de la nécessité, en effet, d’une démocratie plus réelle, partant du bas, soucieuse des opinions pratiques des populations ciblées par telle ou telle réforme envisagée, fût-elle celle d’un autoproclamé socialiste, communiste, progressiste, de Gauche, Insoumis, Gentil, Bon, Généreux, etc…

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    • Owen // 17.10.2018 à 11h46

      Pourtant, les 35 heures ont créé 350 000 emplois, selon un rapport (secret hein…) de l’IGAS qui a fuité en 2016.
      Résumé: https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/les-35-heures-ont-cree-350-000-emplois-affirme-un-rapport-censure-de-l-igas_1813373.html
      Le rapport: http://www.financespubliques.cgt.fr/sites/default/files/rapport_igas.pdf.part_.pdf#overlay-context=

      Après, on peut constater des résultats contrastés selon les secteurs: cela s’est bien passé pour le tertiaire (j’ai été à la négociation pour plusieurs entreprises), mais c’était difficile pour les PMI de 20 à 50 salariés, où le travail posté ou en atelier n’a pas les mêmes marges flexibles que dans le tertiaire. Les négociations ont été catastrophiques dans le secteur hospitalier: on sait que les directions des hôpitaux, technocratiques, n’étaient pas familiarisés avec les négociations sociales en entreprise, qui étaient nécessaires pour trouver l’accord qui convenait aux parties.

      Non seulement le succès a été caché, mais le geste politique, déjà en 1998, devait s’opposer au TINA libéral: le président du CNPF (MEDEF), Jean Gandois, a même spectaculairement démissionné.

      Sans le programme du CNR, décidé dans un pays en ruine, il n’y aurait pas de sécurité sociale.

      Sans les manifestations en 1936, il n’y aurait pas les congés payés.

      Je remercie les manifestants de 36, les résistants de la guerre et Lionel Jospin d’avoir fait avancer les droits du travail.

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      • Le Minotaure // 17.10.2018 à 22h50

        350 000 emplois, c’est à dire dit 10% du chômage officiel et 5% du chomage réel, et 1,3% de la population active. Autant dire pas grand chose pour une réforme qui a surtout permis la déreglementation du temps de travail.

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        • Patrick // 18.10.2018 à 07h33

          On ne sait pas combien d’emplois ont été supprimés ou n’ont pas été créés. Combien d’entreprises ont préféré délocaliser ou sous-traiter plutôt que d’embaucher ?
          Pour une petite boite ( moins de 50 personnes ) , il est impossible d’embaucher un comptable pour 4heures parce que le comptable est passé de 39 à 35 heures ( idem pour tous les autres postes ) , sans compter toutes celles qui risquaient de passer le seuil des 50 salariés.
          il y a toujours ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas.

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          • Sandrine // 18.10.2018 à 10h51

            Votre argument du comptable ne tient pas. Tout est une affaire d’organisation. Il y a des tas de choses que le comptable fait ou faisait dans la boite et qui pourrait être réparti autrement ou optimisé.
            Le véritable problème réside dans la volonté de changer et d’organiser autrement. Les chefs entreprise ne voient souvent que le petit bout de leur nez et n’ont pas conscience d’avoir une responsabilité sociale dans le pays de leur activité. Ils pensent essentiellement en terme de rapport de force et ils voient les salariés comme une charge. C’est la raison principale pour laquelle ils ont vu les 35 heures comme une défaite et pensent maintenant en termes de revanche. Mais ce n’est pas totalement de leur faute c’est le système qui les pousse à agir et à penser comme ça.

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            • Patrick // 18.10.2018 à 16h29

              Ne vous inquiétez pas , nous nous sommes organisés.
              Pour ma part j’ai supprimé quelques postes en profitant de départs volontaires , et je sous-traite auprès de mes associés Anglais.
              Tout ça , sans faire de bruit , sans se plaindre.
              Vous pouvez faire toutes les erreurs que vous voulez … nous nous adapterons pour survivre.

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          • Owen // 18.10.2018 à 13h15

            A vous trois.

            La plus forte période de création d’emplois que la France a connue depuis 1975 est celle du gouvernement Jospin (juin 1997 – mai 2002, cohabitation avec J Chirac président). http://img.over-blog-kiwi.com/1/20/75/16/20170109/ob_c5a526_chomage.gif
            C’est plus de deux millions d’emplois marchands qui ont été créés durant ce gouvernement et une baisse du chômage de 12,5 % à 9 %. Aucun pays d’Europe n’a fait mieux, hormis l’Espagne.
            La part des emplois précaires a augmenté les deux années consécutives à la loi des 35 heures, puis a chuté jusqu’à 2003. https://www.cairn.info/loadimg.php?FILE=GDSH/GDSH_0044/GDSH_0044_0022/GDSH_286_0044_0022_0001.jpg

            On pourra toujours discuter si la baisse est consécutive à la période européenne de croissance ou à la politique du gouvernement Jospin, mais c’était en tout cas le bon cheval. Comparé à 5 autres pays de l’UE, sur les trois périodes de décrue du chômage (1886/1991, 1997/2002 et 2005/2008) on voit avec le tableau d’OB que c’est la période Jospin qui a marqué la plus forte différence avec les autre pays. https://www.les-crises.fr/images/0750-chomage/0780-chomage-europe/27-taux-chomage-europe-long-3.jpg

            Après 2002, les gouvernements de droite sont revenus, avec le ressentiment contre la loi des 35 heures qui a été détricotée. Comme dit Sandrine, l’expérience particulière de cette période n’a donc pas pu être prolongée, affinée avec le temps pour mesurer les effets à long terme de la loi. Hormis, bien sûr, accabler Jospin que les Français n’ont pas voté, n’est-ce pas…

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  • Sandrine // 17.10.2018 à 10h24

    Michéa pointe du doigt que dans le libéralisme « seule la liberté peut limiter la liberté. Elle n’a d’autre limite qu’elle-même. » . Il souhaite substituer à ce modèle un autre modèle où « la liberté de chacun rencontrera dans la liberté d’autrui non plus une limite, comme dans La Déclaration des droits de l’homme de 1791, mais un auxiliaire. », un projet qui « exalte l’individualité et la liberté », tout en reposant, à la différence du libéralisme, « sur une morale de solidarité et le présupposé d’une nature sociale de l’être humain”.
    Donc si je comprends bien, il s’agit de réhabiliter la morale et la notion de nature humaine. C’est à dire le projet de l’église catholique. A cette différence près que pour l’église, le “contenu” de cette “nature humaine” est déterminée par l’idée que l’Église se fait de Dieu (même chose pour la morale).
    Chez Michéa, on ne voit pas bien sur quoi repose sa conception de la “nature” humaine.
    Intéressant de rapprocher cela avec le texte sur Pasolini – car la pensée de Pasolini, butte aussi à mon avis sur cette aporie.

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    • Emmanuel Lazinier // 17.10.2018 à 17h26

      Il n’y a heureusement pas que l’Église catholique qui nous propose une notion de nature humaine : la science contemporaine en élabore petit à petit une autre, nettement plus satisfaisante ! Ainsi d’ailleurs qu’une morale fondée sur la nature sociale de l’homme et sur l’altruisme biologique. (Tout ceci ressemblant fort à ce qu’un certain Auguste Comte avait imaginé dès 1850 à partir de sa théorie du cerveau !)
      Voir, parmi beaucoup d’autres (Damasio, de Waal, Changeux…), les livres de Steven Pinker — et en particulier “Comprendre la nature humaine” (le titre anglais est plus explicite : “The blank slate. The Modern Denial of Human nature”)
      Et sur mon blog Rendre Comte “Ces cathos qui se réclament d’une anthropologie… tombée du Ciel ! ” (http://rendrecomte.blogspot.com/2014/02/ces-cathos-qui-se-reclament-dune.html)

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      • Sandrine // 17.10.2018 à 21h21

        Si vous pensez que vous pouvez définir la nature humaine en vous fondant sur une argumentation exclusivement de type rationnel et logique (sans faire appel à des arguments métaphysiques ou religieux), je vous souhaite bon courage.
        http://mapage.noos.fr/philosophie/philo/philo/cours/nature/nature_humaine/nature_humaine_cours.htm

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        • Emmanuel Lazinier // 18.10.2018 à 00h00

          Les sciences du vivant ne se construisent pas “sur une argumentation exclusivement de type rationnel et logique”, vous le savez bien ! L’expérimentation y joue un rôle majeur. Les neurosciences n’auraient pas autant avancé si elles n’avaient pas disposé d’outils d’exploration du cerveau de plus en plus puissants, etc.
          A titre d’illustration, outre les auteurs déjà cités, j’ai envie de vous renvoyer aux remarquables cours de psychologie cognitive de Stanislas Dehaene au Collège de France, que je suis avec passion (vidéos en ligne http://www.college-de-france.fr/site/stanislas-dehaene/_course.htm)

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          • Sandrine // 18.10.2018 à 11h04

            Si pour vous la méthode scientifique ne se fonde pas sur une argumentation de type rationnel et logique, alors là je ne vous suis plus 🙂
            Le développement des neurosciences ne change rien au problème. C’est un biologisme comme un autre qui ne permet pas de donner une place à l’homme au sein de la nature autrement qu’en tant qu’animal.
            Or c’est justement ce que prétend éviter Michéa. Il considère probablement que la “nature” de l’homme c’est d’être “culturel”, la culture n’étant d’une certaine façon qu’une prolongation de la nature. Mais, cette approche est selon moi très problématique car elle ne permet pas une définition universelle de ce qui relèverait de la “nature de l’homme”. Pierre Manant a essayé de théoriser la question récemment. Mais à mon avis, il n’est pas convaincant non plus – sur ce point justement.

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            • Emmanuel Lazinier // 19.10.2018 à 16h22

              Je me suis mal fait comprendre ! Ce que je contestais dans votre propos sur l’impossibilité de construire une vision de la nature humaine sur une “argumentation exclusivement de type rationnel et logique (sans faire appel à des arguments métaphysiques ou religieux)”, c’était l’adverbe “exclusivement”. Je suis convaincu qu’on peut construire une telle vision sur des bases scientifiques qui, comme telles, et comme chacun sait, supposent ET des argumentations de type rationnel et logique ET des bases expérimentales.
              Quant à la “place [à donner à l’homme] au sein de la nature autrement qu’en tant qu’animal”, je sous ferai remarquer que : (1) l’homme EST un animal et que le langage, la culture, la morale, etc. dont il s’est doté ne permettent pas de lui retirer cette étiquette, et que (2) selon Comte, la biologie (et particulièrement celle du cerveau) est un préambule indispensable à la construction des deux sciences qu’il envisage et qu’il place plus haut dans sa classification, à savoir la sociologie et l’éthique scientifique.

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            • Sandrine // 19.10.2018 à 20h11

              L’homme est un animal, c’est entendu, mais il n’est pas que ça.
              Je ne vois pas non plus comment vous pouvez séparer l’experience (au sens scientifique) d’un discours de type rationnel. L’experience sans son interprétation à travers le filtre de la raison n’existe pas.

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            • Emmanuel Lazinier // 19.10.2018 à 20h27

              Non je ne veux (ni ne peux) “séparer l’expérience (au sens scientifique) d’un discours de type rationnel” ! Où avez-vous vu que je les séparais ?
              Et comment se fait-il que vous me fassiez systématiquement dire ce que je n’ai pas dit ?

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            • Sandrine // 20.10.2018 à 10h26

              Je ne vous fais absolument pas dire ce que vous n’avez pas dit. Relisez-vous. Vous avez écrit « des argumentation de type rationnel ET des bases expérimentales ». J’insiste sur le fait que n’est pas moi qui ai mis le « et » en lettres capitales, mais vous. En général quand on écrit « et » en lettres capitales, c’est pour montrer qu’il existe une distinction irréductible entre les deux termes que l’on juxtapose, sans que, par ailleurs, on veuille les séparer.

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    • Patrick // 18.10.2018 à 07h38

      preuve que Michéa n’a rien compris aux principes du libéralisme et de la liberté .. ou alors il ment pour arriver aux conclusions qui lui conviennent.
      Ma liberté est limité par celle des autres ( je ne peux en aucun cas limiter la liberté des autres ou atteindre à leurs biens , et inversement ), mais rien n’interdit de s’associer et de combiner nos libertés pour faire ce que nous voulons. Le problème que se pose à Michéa , c’est que ce n’est pas obligatoire et que ce n’est pas sous le contrôle de la collectivité ( nouvelle dictature )

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  • Michel LEMOINE // 17.10.2018 à 11h34

    On répéte indéfiniment toujours la même erreur au sujet de la critique marxiste des droits de l’homme. Marx les critique leur inachévement et non en eux-mêmes car ils étaient en son temps sans effet. Il a fallu attendre la seconde moitié du XXe siècle pour les voir constitutionalisés et la déclaration de 1948 pour les voir étendus (Ceci sous l’impulsion des pays socialistes et non contre eux.)
    Pour ceux qui ont le temps voir sur mon blog lemoine001 l’article intitulé “Marx et les droits de l’homme”.

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  • christian gedeon // 17.10.2018 à 11h48

    Quand on lit,on est transporté…une société sans classes,merveilles ,il a dit merveilles. A part que,çà a déjà été essayé n’est ce pas? Et que çà a donné des catastrophes…je n’arraive pas à comprendre qu’on ne soit pas dans le réel. Combattre l’ultralibéralisme est un devoir. le combattre à travers des théories angèlqiues et passablement fumeuses est une erreur au sens talleyrandien du terme.

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    • Geof’ // 17.10.2018 à 18h13

      arrête, gédé !!!

      Sapir a écrit sur l’Urss : 35% des échanges se faisaient sur des marchés privés !!!! La planification n’a jamais été réalisée pour de vrai…

      l’urss n’a pas fonctionné parce que c’était un système mafieux, vicié dès le début.

      le communisme a fait des millions de morts ? et le christianisme ? et le capitalisme (colonialiste, impérialiste..) ?

      Bien sûr, quand on a la peau blanche, la colonisation ou l’esclavage, ça reste très théorique…de la stat’ (je ne te jette pas la pierre mais comprend qu’un esclave noir au temps des plantations, le goulag, ça l’aurait fait rire…du pipi de chat !!!).

      Geof’, neo-communiste belge – we will be back…we must !

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    • bhhell // 17.10.2018 à 18h41

      Michéa, ou la fusion des contraires. Oui pour une société émancipée, hyper critique, éduquée, qui laisse respirer l’individu. Mais le tout enserré dans les contraintes du groupe et de la morale traditionnelle. Une sorte de bigoterie émancipée. Donc Michéa attend une révolution intérieure, un peu comme les chrétiens attendent la parousie. Les délais risquent d’être comparables

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      • Tardieu // 18.10.2018 à 11h10

        “Jean-Claude Michéa fait partie de ces intellectuels dont la parole est rare et précieuse. Depuis quelques années, chaque ouvrage du philosophe constitue un petit événement pour ses lecteurs, qui sont de plus en plus nombreux.”

        Hélas, c’est révélateur !

        En guise de sérieux.

        Jean-Claude Michéa, c’est pas lui qui il n’y a pas si longtemps faisait la promotion de la démocratie sortie d’une pochette surprise ou la désignation des représentants du peuple par tirage au sort ?

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    • jdautz // 18.10.2018 à 00h17

      Ça a été très rarement essayé, parce que systématiquement torpillé, et quand ça a commencé a prendre forme dans des communautés un peu importantes, ça toujours été réprimé dans des bains de sang.

      Ce n’est pas certainement pas de la faute de ceux qui ont essayé, mais bien de ceux qui ne veulent a aucun prix que ça réussisse, avec des massacres de grande ampleur si nécessaire. Nos société humaines favorisent l’accession au pouvoir des pires psychopathes.

      Je ne sais pas pour les autres espèces humaines disparues, mais on est clairement du côté chimpanzé du Congo et pas du côté bonobo. Nos sociétés sont généralement agressives et belliqueuses, dirigées par des cons qui s’approprient le pouvoir en essuyant leur crampons sur les autres, et ça va de l’échelle mondiale aux simples réunions de copropriétés, et même a l’intérieur des familles ce qui explose au moments des héritages.

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      • Sandrine // 18.10.2018 à 11h25

        Les argumentaires du type “notre espèce est mauvaise” (chez vous cela prend la forme de “notre espece est plus proche du chimpanzé que du bonobo”), donc “on n’ arrivera jamais à améliorer notre société, mieux vaudrait tout foutre en l’air” me rappellent les débats qui avaient lieu dans les premiers siècles de notre ère au sein du christianisme primitif entre les partisans d’un christianisme gnostique dualiste ( qui voyait la création du monde comme essentiellement mauvaise, fait d’un démiurge mauvais ou ignorant) et les chrétiens partisans d’une continuité avec la tradition juive (qui voyaient le monde et l’homme comme “bons à l’origine” mais pervertis par les péchés des hommes du fait de la possibilité qui est la leur de choisir entre le bien et le mal).

        Certains ont vu Marx comme un auteur “gnostique” qui voulait, par son enseignement, changer le monde (jusque là, selon lui, une vallée de larmes intrinsèquement mauvaise) en réveillant en l’homme une sorte d’ étincelle divine (cette part en l’homme, selon les gnostiques, relevant du Bon Dieu, et non pas du mauvais démiurge) afin de créer un “homme nouveau” et un “monde nouveau” (comparable à l’autre monde annoncé par Jesus dans les Evangiles)

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        • Emmanuel Lazinier // 19.10.2018 à 16h39

          Pour une vision plus moderne (réaliste mais plus optimiste que celle des gnostiques et des chrétiens), voir la somme de Robert M. Sapolsky,” Behave: The Biology of Humans at Our Best and Worst” (pas encore traduit en français, semble-t-il)

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          • Sandrine // 19.10.2018 à 20h16

            Pourriez-vous résumer le propos de ce livre et expliquer en quoi la pensée gnostique antique est forcément disqualifiée par la modernité ?

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            • Emmanuel Lazinier // 19.10.2018 à 21h23

              Le mieux est peut-être de laisser l’auteur nous présenter son livre (dans une vidéo sous-titrée en français) : https://www.ted.com/talks/robert_sapolsky_the_biology_of_our_best_and_worst_selves?language=fr
              En ce qui concerne la pensée gnostique antique, je n’emploierai pas le mot “disqualifiée”, je dirai plutôt “historiquement datée”…
              Il n’était guère possible dans l’antiquité, et même jusqu’à une époque toute récente, de comprendre “notre meilleur et notre pire” autrement qu’en les rapportant à des volontés divines. C’est ce que Comte baptise l’état “théologique”. Plus récemment, on a remplacé Dieu par les explications purement idéologiques de la psychanalyse : état “métaphysique” aurait diagnostiqué Comte. Aujourd’hui nous entrons tout juste sur ces questions dans l’ère “positive”, guidée par la science. Belle confirmation de la “loi des trois états”, non ?

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            • Sandrine // 20.10.2018 à 10h45

              Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui « on » remplace Dieu par autre chose que « on » a plus raison aujourd’hui qu’hier🙂.
              Ce qui compte, ce n’est pas le concept de Dieu, c’est l’attirude face à la vie et au monde (La vision du monde). Le contenu de cette vision du monde peut varier à 2000 ans d’intervalle sans que sa structure profonde soit différente.
              Chez ceux qui voient l’espèce humaine comme une espèce essentiellement violente, plus proche des chimpanzés que des bonobos(ce qui était dit dans le message de départ), il y a une vision déterministe qui considère qu’il y a une nature humaine originelle intrinsequement violente et prédatrice (mauvaise donc, pour les gens qui voient les choses comme cela) qui ne changera jamais, à moins de créer un autre monde où l’homme sera radicalement « autre » et rompra avec sa prétendue mauvaise nature dominatrice de départ.
              C’était exactement la manière de penser des gnostiques (qui pensaient la matière existante – et donc l’homme de chair tel qu’il existe- comme essentiellement mauvaise)

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            • Emmanuel Lazinier // 21.10.2018 à 21h20

              Justement, il ne faut pas remplacer Dieu par autre chose ! Il faut changer d’attitude face à l’homme et au monde, renoncer aux idéologies. Arrêter de dire que l’homme est intrinsèquement violent ou pacifique et regarder les choses de plus près, comme le fait Sapolsky…

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  • sauvingnin // 17.10.2018 à 17h16

    Merci pour cet article, une précision, Michel Foucault s’est effectivement intéressé au libéralisme et plus particulièrement à l’ordo libéralisme allemand, toutefois écrire qu’il a “défendu le libéralisme politique” me paraît un contresens complet sur sa pensée.

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  • Milsabord // 21.10.2018 à 09h47

    @ Emmanuel Lazinier
    L’anthropologie psychanalytique considère l’homme comme un animal animé de pulsions et de l’instinct de reproduction mais pourvu du langage. Ce langage lui procure la connaissance de ce qu’il fait mais aussi, invalide l’instinct comme moteur de ses actes. Cette conscience l’inscrit ainsi dans l’ordre de la responsabilité dont l’ontologie réside dans les deux tabous de l’interdit de l’inceste et de l’interdit du meurtre. Cette loi exogamique le contraint à vivre en société et l’engendre. La société est donc fille de la famille, l’organisation du groupe social reproduisant l’organisation de la famille et non l’inverse. Selon cette anthropologie la morale et la vérité procèdent des tabous fondamentaux. Rien d’idéologique là-dedans.

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    • Emmanuel Lazinier // 21.10.2018 à 20h47

      Cette anthropologie-là n’a pas grand chose à voir avec l’anthropologie scientifique que la science élabore sous nos yeux et que décrivent les auteurs que j’ai cités.
      Je ne vois pas en quoi le langage “invalide l’instinct”. Voir le remarquable cours de Stanislas Dehaene de l’année dernière “Origine du langage et singularités de l’espèce humaine” (vidéos en ligne http://www.college-de-france.fr/site/stanislas-dehaene/course-2017-2018.htm). Et quant à ce qui contraint l’homme à vivre en société… c’est simplement son cerveau social !
      Pour ce qui est de la psychanalyse, je considère qu’elle constitue une confirmation remarquable de la loi des trois états de Comte : entre la morale théologique en déclin depuis le XIXe siècle et la morale scientifique qui s’élabore seulement aujourd’hui, il fallait une étape intermédiaire : la psychanalyse a été cette étape.
      Mon interprétation de l’état métaphysique est que c’est un état où le langage est encore “hors sol”, où l’on a abandonné les explications surnaturelles, mais ou l’on continue à fabriquer des concepts sans se soucier de les relier au tangible. Voir à ce sujet mon billet “La loi des trois états (bientôt) scientifiquement démontrable ?” http://rendrecomte.blogspot.com/2017/07/la-loi-des-trois-etats-bientot.html. Et voir, quand il sera en ligne le colloque de la semaine dernière sur “Langue et science, langage et pensée” au Collège de France, et tout particulièrement la communication de François Recanati (http://www.college-de-france.fr/site/colloque-2018/symposium-2018-2019-day2.htm)

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