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17.octobre.201817.10.2018 // Les Crises

Moralisation de la vie publique : Une justice couchée… Par Jean Daspry

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Source : Proche & Moyen-Orient, Jean Daspry, 08-10-2018

« La Justice est la sanction des injustices établies » nous rappelle Anatole France dans L’affaire Crainquebille. La France est malade de sa Justice depuis toujours, pourrait-on dire. Sous la Ve République, les choses n’ont pas été en s’améliorant. Au mieux, les relations entre le pouvoir exécutif et l’autorité judiciaire (sa dénomination exacte dans la Constitution du 4 octobre 1958, Titre VIII, De l’autorité judiciaire)1 sont complexes, pour employer une litote. Au pire, elles sont incestueuses, pou remployer un langage « cash ». Le sujet revient de manière récurrente sur le devant de la scène révélé par quelques graves incongruités sur le plan juridique. C’est le cas aujourd’hui avec la question de la nomination du procureur de Paris qui agite le Landerneau politico-juridico-médiatique. Or, à y regarder de plus près, le problème est plus grave qu’il n’y parait en apparence. Nous devons l’examiner sous sa dimension structurelle et sous dimension conjoncturelle. Comme une excellente nouvelle n’arrive jamais seule, nous porterons à la connaissance de nos fidèles lecteurs quelques récentes informations qui confinent à la démoralisation de la vie publique dans notre pays. Là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir nous rappelle fort à propos le fameux dicton ! Nous conclurons par quelques remarques iconoclastes.

DIMENSION STRUCTURELLE : LA JUSTICE DÉPENDANTE ET PARTIALE

Quelques rappels s’imposent pour mesurer la situation de l’autorité judiciaire dans notre pays. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’est pas brillante.

Justice administrative : l’État est son propre juge

En France, il existe une asymétrie entre l’État – concept pris au sens large – et le citoyen. L’État bénéficie d’un double privilège : de droit (on lui applique un droit inégalitaire qui porte le nom de droit administratif) et de juridiction (il est jugé par les juridictions administratives : tribunal administratif, cour administrative d’appel et Conseil d’État en cassation des secondes et en première et dernière instance des affaires sensibles). Les textes les régissant parlent des « membres du Conseil d’État » et non des magistrats. En un mot, l’État est jugé par ses propres fonctionnaires qui ne sont ni indépendants, ni impartiaux. De plus, le Conseil d’État cumule, de manière ubuesque, les fonctions de conseil et de juge de l’État. En matière de confusion des genres et de séparation des pouvoirs, on ne saurait faire mieux. À titre d’exemple, le Conseil d’État va devoir se prononcer sur la légalité d’un texte (décret du ministre des Affaires étrangères ouvrant 22 postes de consuls généraux à des non diplomates) sur lequel il a donné un avis positif grâce à la voix prépondérante de son éminent vice-président, Bruno Lasserre (Cf. affaire Philippe Besson nommé consul général à Los Angeles et dont la nomination est contestée par le syndicat CFDT du MAE). Si l’État (pour être plus précis, le pouvoir politique en place) voulait se protéger contre les actions intempestives des citoyens et de ses fonctionnaires, il ne s’y prendrait pas autrement. Ne parlons pas des tous ces brillants et intègres conseillers d’État qui évoluent en permanence entre le Palais Royal et quelques postes de hauts fonctionnaires dans les différents ministères (cabinets ministériels ou directeurs d’administration) ou dans les entreprises publiques (Cf. le cas emblématique de Guillaume Pépy, l’inoxydable PDG de la SNCF, ex-conjoint de feu le directeur de Sciences Po, Richard Descoings, lui-même conseiller d’État, remplacé à ce poste par un autre conseiller d’État, Frédéric Mion2). Nous sommes au cœur de ce que le journaliste de mediapart, Laurent Mauduit (responsable durant 30 ans de la rubrique économique au quotidien Le Monde) qualifie à très juste titre de « Caste »3, pour ne pas dire de mafia. Emmanuel en est le pur produit (corps de l’inspection des Finances). On manque de d’étouffer en apprenant que son vice-président, Bruno Lasserre organise, le 1er octobre 2018 au Palais-Royal, un débat sur le thème de la citoyenneté. Le programme tel qu’il nous est présenté laisse rêveur :

« Début des échanges à 9 h 30, avec l’intervention du vice-président du Conseil d’État, Bruno Lasserre. À 10 heures, les intervenants débattront de la manière d’associer les citoyens aux décisions alors que la culture de la verticalité dans l’administration reste prégnante. Puis les experts s’intéresseront aux services publics à l’heure de la coconstruction. Ces rencontres seront aussi l’occasion de s’interroger sur l’évaluation mais également sur le rôle de l’éducation nationale en matière de formation à la citoyenneté. Autant d’enjeux mis en perspective et en prospective toute la journée »4.

De quoi se mêle le Conseil d’État ? C’est là que l’on s’aperçoit que le Conseil d’État est un État dans l’État… Qui de plus méconnaît un principe cardinal du droit, celui de l’impartialité qui va lui valoir des poursuites devant la Cour européenne des droits de l’homme à l’initiative de Greenpeace5. Pas moins !

Justice judiciaire : le parquet est aux ordres du pouvoir

On nous vante les immenses mérites de la justice judiciaire française que l’on présente en modèle à toute la planète. Tout va très bien madame la marquise mais à part cela un tout petit rien. Si tant est que les magistrats du siège soient entièrement indépendants – ce dont nous doutons fortement hormis quelques exemples de magistrats intègres bien connus dont la carrière a été freinée -, ceux du parquet ne le sont certainement pas. En effet, ils sont dans une relation de dépendance telle vis-à-vis du pouvoir exécutif qu’ils ne remplissent pas les deux critères d’indépendance et d’impartialité posés par l’article 6 (« Droit à un procès équitable ») de la convention européenne des droits de l’homme du Conseil de l’Europe de 1950 que la France n’a ratifiée qu’en 1974 en raison de l’obstruction du Conseil d’État qui se lit ainsi :

« Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle…. »6.

Or, la cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a été conduite à sanctionner la France à deux reprises en 2010 en raison de la non-conformité du statut du parquet aux dispositions de l’article 6. Il s’agit de l’arrêt Moulin et de l’arrêt Medvedyev.

« Le procureur, en France, n’est pas une autorité judiciaire indépendante, a estimé, le 23 novembre 2010, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). La France a ainsi été condamnée dans l’affaire France Moulin, une avocate poursuivie dans une affaire de stupéfiants, mais la décision de la cour a une portée historique. C’est l’architecture du système pénal français qui est remise en cause »7.

Toutes choses que se plaisent à rappeler deux sénateurs PS, Patrick Kanner et Jean-Pierre Sueur en appelant le président de la République à réformer la Constitution pour changer le statut du parquet :

« En un mot, ces immixtions introduisent le poison de la suspicion. Ajoutons que nos procédures à cet égard ont, à maintes reprises, conduit la Cour européenne des droits de l’homme à condamner la France au motif que son parquet ne présente pas les garanties d’indépendance requises… Et en appliquant scrupuleusement la séparation des pouvoirs, nous deviendrons enfin le pays de Montesquieu »8.

A la lueur des récentes décisions strasbourgeoises concernant la France, on ne peut qu’être tenté de rappeler les mots du commissaire du gouvernement Guyomar qui, dans un autre contexte, appelait sagement à ne pas « accepter de fermer les yeux en attendant qu’on les ouvre pour vous à Strasbourg ». Or, depuis cette date, ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande pas plus qu’Emmanuel Macron n’ont procédé à l’incontournable réforme constitutionnelle permettant de modifier les règles concernant le statut du parquet à la française comme si nos présidents de la République n’avaient cure des décisions de la CEDH. La France est donc en délicatesse avec la Cour de Strasbourg depuis huit ans. On comprend aisément qu’il est tellement commode de disposer de personnes qualifiées pompeusement de magistrats mais qui ne sont que de vulgaires fonctionnaires dépendants pour freiner, stopper ou accélérer des procédures selon le bon vouloir du Prince. Or, c’est cette fâcheuse tendance qu’Emmanuel Macron est en train de conforter par ses récentes et inacceptables ingérences dans la procédure de nomination du procureur de Paris9.

DIMENSION CONJONCTURELLE : LES OUKASES DE JUPITER

La pratique générale jupitérienne de la verticalité du pouvoir explique largement sa pratique justicière qui consiste à rayer les parquets à tous les sens du terme.

Pratique générale jupitérienne : la verticalité du pouvoir

C’est que Jupiter ne plaisante pas lorsqu’il s’agit de sa pratique verticale du pouvoir. Tout le monde doit se mettre au garde à vous : les militaires (inutile de revenir sur ses propos rappelant qu’il était le chef des armées après la sortie du CEMA Pierre de Villiers), les diplomates (Jean-Yves Le Drian et Nathalie Loiseau font de la figuration au Quai d’Orsay, se bornant à ahaner les éléments de langage du château), les magistrats (il passe au-dessus de la tête de la garde des Sceaux, Nicole Belloubet pour les nominations importantes) doivent mettre le petit doigt sur la couture de leur robe, surtout ceux du parquet qui sont déjà aux ordres. La question est soulevée par le remplacement de l’actuel titulaire du poste de procureur de Paris, François Molins10. Pas question que le ministère de la Justice ait son mot à dire et s’avise de proposer plusieurs noms. Jupiter les raye en raison de son omnipotence et de son omniscience. Il est vrai que l’on n’est jamais si bien servi que par soi-même. C’es tellement plus commode de choisir ce que l’on va désigner pour porter l’action publique – ou celle du pouvoir en place – et de leur rappeler à l’occasion qui les a fait rois. Une petite décoration (bleue ou rouge), une petite promotion, une belle affectation, cela peut mettre de l’huile dans les rouages. Le jour où l’on a un ministre qui risque des ennuis judiciaires, un petit rappel à l’intrépide et tout rentre dans l’ordre. L’affaire est classée par le parquet. À l’inverse, si quelqu’un vient à vous chercher querelle, le parquet peut décider de poursuivre de manière discrétionnaire. Les indices graves et concordants sont une fable, un concept à géométrie variable qui ne trompe que les gogos comme nos folliculaires à la science infuse.

Pratique justicière jupitérienne : rayer les parquets

Le rôle important du procureur de Paris. Retour aux années Sarkozy. Alors que plusieurs proches du pouvoir (François Bayrou, Muriel Pénicaud, Richard Ferrand, Alexis Kohler, Françoise Nyssen, Alexandre Benalla) sont visés par des enquêtes judiciaires, l’Élysée se met à sélectionner les procureurs amenés à occuper les postes les plus sensibles. C’est le remplacement de François Molins, actuel procureur de Paris et théoriquement promu procureur général près la Cour de cassation, qui donne lieu ces jours-ci à un incroyable psychodrame. Paris est le plus stratégique de tous les postes de procureur : il cumule notamment les affaires de terrorisme, de crimes contre l’humanité ou de santé publique, mais aussi les dossiers politiques, économiques et sociaux – même si la création du procureur national financier et celle du futur procureur national antiterroriste ont quelque peu réduit son champ d’action. C’est au futur procureur de Paris qu’il reviendra, entre autres choses, de prendre des réquisitions dans les affaires MoDem (Bayrou), Pénicaud, Nyssen et Benalla…

Le déroulement du processus de sélection actuel Alors que le ministère de la justice, au terme d’un long processus de sélection des candidats, avait porté son choix sur Marc Cimamonti, actuel procureur de Lyon (et président de la Conférence nationale des procureurs de la République), le processus de décision a été gelé et les réseaux sont entrés en action, cela sur fond d’affaire Benalla. Première incongruité, les trois derniers favoris pour le poste parisien ont été reçus courant juillet par Édouard Philippe à Matignon pour une forme inédite de grand oral, comme l’a signalé Le Monde (les nouveaux directeurs d’administration centrale de la place Vendôme avaient, eux, été reçus par Emmanuel Macron en personne avant de prendre leurs fonctions)11. Et puis plus rien. De longues semaines passent, pendant lesquelles le monde judiciaire se perd en spéculations. Le poste de procureur général près la cassation reste vacant. François Molins, qui a reçu un avis favorable du CSM le 12 juillet 2018, ne peut pas quitter son poste de procureur de Paris, faute de remplaçant. Ubuesque. Soudain, lundi 24 septembre 2018 au matin, le ministère de la justice envoie dans les tribunaux une « transparence » (pour gérer l’opacité), c’est-à-dire un projet de nomination : il s’agit en l’occurrence d’annoncer la proposition de promouvoir Marc Cimamonti au poste de procureur général près la cour d’appel de Versailles. Ce magistrat serait-il trop indépendant pour être nommé à Paris ? Il a notamment ouvert une enquête préliminaire sur le financement de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron à Lyon. L’après-midi même, seconde surprise, la Chancellerie envoie un nouvel appel à candidatures pour pourvoir cinq postes de procureur général et sept postes de procureur… dont celui de Paris. Les nouveaux candidats ont jusqu’au 1er octobre 2018 pour se faire connaître.

Un jeu de bonneteau qui ne trompe personne. La manœuvre ne trompe personne. « La direction des services judiciaires tente de déguiser le choix du prince en une prétendue transparence, qui intervient bien trop tardivement pour être réelle. L’appel à candidatures n’est autre qu’un appel du pied d’un pouvoir qui a certainement déjà présélectionné son ou sa candidate. C’est du moins la suspicion que fait évidemment naître cette diffusion », tonne le Syndicat de la magistrature (SM), dans un communiqué du 25 septembre. Le Canard enchaîné pointe directement le rôle d’Emmanuel Macron dans ce retournement de situation sans précédent12. Résultat des courses, la ministre de la justice Nicole Belloubet est humiliée, et le monde judiciaire ramené à une conception du parquet dépendant fortement de l’exécutif. Une vision qu’Emmanuel Macron le jupitérien avait déjà exprimée en janvier devant la Cour de cassation. Quant au prochain procureur de Paris, le soupçon de soumission à l’exécutif risque évidemment de peser sur sa nomination.

« Que faudra-t-il pour qu’enfin la classe politique admette l’impérieuse nécessité de couper le lien entre l’exécutif et les parquets, en confiant le pouvoir de proposition au CSM ? Pas seulement en lui conférant un pouvoir d’avis conforme comme le faisait feu-le-projet-de-réforme-constitutionnelle, mais bien en retirant à la direction des services judiciaires – et derrière elle au pouvoir exécutif – la possibilité de choisir son ou sa candidate, réagit le Syndicat de la magistrature. L’indépendance de la justice est à ce prix. » À l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), c’est l’affliction. « Cette affaire confirme ce que nous dénonçons depuis des mois sur le manque d’indépendance du parquet, regrette Céline Parisot, la secrétaire générale de l’USM. En outre, cela jettera une suspicion permanente sur toutes les décisions qui seront prises par le parquet de Paris. C’est désespérant. » 13.

La très servile garde des sceaux, courtisane en chef de Jupiter. Tout ceci se passe bien évidemment de commentaire !14 Surtout, lorsque la ministre de la Justice ose prétendre ce qu’elle déclare aux médias En effet, Nicole Belloubet a fermement rejeté vendredi les accusations d’« intervention » d’Emmanuel Macron dans la désignation du successeur du procureur de Paris François Molins. La ministre de la Justice a toutefois rappelé que le titulaire de ce poste est nommé par le chef de l’État, et qu’il n’est « pas anormal qu’il y ait un dialogue » avec lui15. Manifestement, cette grande dame par la taille l’est un peu moins par le talent.

Le choix d’un magistrat à l’échine souple. Finalement, le choix de Jupiter pour remplacer François Molins s’oriente vers Rémy Heitz16, signifiant une reprise en mains politique du ministère public que confirme le parcours professionnel du nouvel élu :

« Après le pataquès qu’il a provoqué, le gouvernement a choisi un candidat qui le rassure. Rémy Heitz avait en effet déjà fait consensus au plus haut sommet de l’Etat lorsqu’il avait été choisi pour diriger la stratégique DACG, lieu où remontent des informations sur les affaires pénales délicates et où est impulsée la politique pénale à l’attention de tous les procureurs de France. ‘C’est un magistrat hyper classique, bon professionnel et compétent mais aussi prudent que mesuré’, dit de lui un chef de parquet. On lui prête un langage de diplomate, pour ne pas dire ‘langue de bois’, qui devrait trancher avec l’expression assez directe de François Molins, devenu un habitué des caméras et des micros.

En 1994, il est chef de cabinet de Pascal Clément, ministre délégué aux Relations avec l’Assemblée nationale du gouvernement d’Edouard Balladur. Pendant cette période, il est aussi adjoint pour les questions de sécurité de Michel Péricard, maire RPR (l’ancêtre lointain des Républicains) de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). En 2002, Heitz est détaché au cabinet du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Enfin, alors que Gilles de Robien est ministre de l’Equipement, des Transports, du Logement, du Tourisme et de la Mer, le magistrat est nommé délégué interministériel à la sécurité routière, fonction qu’il conservera pendant trois années et demi »17.

La morgue de Jupiter. Emmanuel Macron, accusé de s’immiscer dans le processus de nomination du prochain procureur de Paris, s’en est pris jeudi aux ‘esprits chagrins’ et a dénoncé une ‘mauvaise lecture’ de la Constitution en matière d’indépendance de la justice. ‘L’indépendance n’interdit pas, et je dirais même qu’elle commande, une parfaite articulation de l’autorité judiciaire et des autres pouvoirs publics”, a déclaré le chef de l’Etat lors d’un discours au Conseil constitutionnel. ‘La justice doit être indépendante mais elle ne saurait être hors de tout, sauf à risquer de n’être légitime de nulle part’. ‘C’est particulièrement vrai pour le parquet, qui participe tout à la fois de l’activité judiciaire et de l’action publique, à ce titre, n’en déplaise à des esprits chagrins, mauvais lecteurs de notre Constitution actuelle – comme je l’espère de celle à venir – son lien avec le pouvoir exécutif, même assorti de robustes garanties ne saurait être totalement rompu’. ‘La politique pénale, comme l’ensemble des politiques publiques, est en effet déterminée par le gouvernement qui en est responsable devant le Parlement’, a-t-il souligné. ‘Quant au président de la République, il nomme les magistrats du parquet après avis du Conseil supérieur de la magistrature. Je veux que cet avis soit conforme pour qu’aucun retour en arrière ne soit plus possible, mais si les parquetiers sont des magistrats à part entière, gardiens des libertés, avocats de la société, ils sont aussi en charge d’appliquer cette politique pénale’. ‘A cet égard, il est clair que l’exécutif garde toute légitimité pour proposer le candidat qui lui semble le plus pertinent’ »18.

On croit rêver devant une telle malhonnêteté intellectuelle. Nous ne sommes pas dans une démocrature (une démocratie « illibérale ») européenne à la hongroise ou à la polonaise mais dans la patrie autoproclamée des droits de l’homme… et des farces et attrapes, la République en marchandises chère à notre « Président du quotidien ».

QUELQUES RÉCENTES INFORMATIONS AMUSANTES : LA DÉMORALISATION DE LA VIE PUBLIQUE

Le moins que l’on puisse dire est qu’en France, tout est permis dans le « monde nouveau » que nous avait promis le plus jeune président de la Ve République, la main sur le cœur à la mode américaine. Nul n’est épargné. De Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron en passant par François Hollande.

Un fidèle de Nicolas Sarkozy : Patrick Balkany

Resté silencieux au cours des derniers mois, le facétieux maire de Levallois-Perret et très proche de notre ex-président bling-bling, Nicolas Sarkozy fait à nouveau parler de lui19. Interdiction du cumul oblige, Patrick Balkany avait été contraint en juin 2017 de ne pas se représenter aux législatives, au profit de son écharpe de maire de Levallois-Perret. Une perte de mandat qui s’est accompagnée d’une perte d’indemnité (5600 euros mensuels pour un député), et qu’a souhaité compenser l’intéressé. Ainsi, le conseil municipal de Levallois-Perret a voté mercredi soir une augmentation de l’indemnité du maire, portée à 4257 euros mensuels, rapporte Le Parisien . Le maximum autorisé par la loi pour une ville de cette taille (64.000 habitants). Si jusqu’à maintenant le maire était indemnisé à un niveau inférieur, c’est que le cumul des rémunérations d’un élu est plafonné par la loi à 8272 euros. Lorsqu’il était député, il avait donc réduit l’indemnité venant de sa ville, à 3075 euros. Maintenant qu’il n’occupe qu’un mandat de maire, il est donc libre de porter son indemnité au maximum20. Il est vrai que la France a un mal qui a pour nom inflation législative. Mais, si nous avons la quantité, nous n’avons pas la qualité. Ce qui conduit à de telles incongruités.

Une fidèle de François Hollande : Julie Gayet

Soupçonnant une « immense escroquerie », l’opposition indienne réclame une enquête sur l’achat de 36 chasseurs de combat à la France, sous la présidence de François Hollande, et sur le rôle de Reliance, le partenaire indien de Dassault. Mais Reliance, c’est aussi un mystérieux financement accordé à un film coproduit par Julie Gayet21. En effet, nous apprenons que le parquet national financier « étudie » le dossier indien. En débat une question simple : Julie Gayet, alors compagne officielle de François Hollande, a-t-elle bénéficié d’un financement de film « trop généreux » en marge de la vente d’avions Rafale à l’Inde ? « Trop généreux » au point de cacher une opération de corruption ?22 Le vilain mot est lâché. Comment est-ce possible lorsque l’on sait que François Hollande est un ancien magistrat de la Cour des comptes, sise rue Cambon ?

Deux fidèles d’Emmanuel Macron : Jean-Jacques Brideley et Charline Avenel

Le député Jean-Jacques Bridey, soutien de la première heure d’Emmanuel Macron et président de la commission de la défense à l’Assemblée, est visé par une enquête préliminaire pour concussion. L’élu est soupçonné d’avoir cumulé les indemnités de ses différents mandats au-delà des plafonds autorisés par la loi. Il aurait indûment touché 100 000 euros. L’élu de La République en marche (LREM), qui préside la commission de la défense nationale à l’Assemblée, est soupçonné par la justice de ne pas avoir respecté les règles relatives à l’écrêtement et d’avoir ainsi cumulé les indemnités tirées de ses différents mandats (député, maire et président d’agglomération) au-delà du plafond autorisé par la loi23. Affaire à suivre ! Une fois encore, la République marche au rythme des espèces sonnantes et trébuchantes.

La possible nomination de Charline Avenel (camarade de promotion « Senghor » de l’ENA d’Emmanuel Macron) au poste de rectrice de l’académie de Versailles poserait problème à l’instar de celle de Philippe Besson au poste de consul général de France à Los Angeles24. En effet, un décret de circonstance signé par Emmanuel Macron publié le 4 octobre 2018 modifie les modalités de nomination des recteurs25. Encore un nouveau fait du Prince Jupiter. Plusieurs syndicats d’enseignants s’étaient opposés à ce texte lors de sa présentation au Conseil supérieur de l’éducation le 20 septembre 2018, dénonçant « une évolution qui vise toujours plus à promouvoir une haute fonction publique du copinage et des réseaux ».

Ne parlons pas du premier ministre, Édouard Philippe – brillant conseiller d’État – qui veut mettre la France à la diète et dont nous apprenons que sa gestion de la ville du Havre dont il a été maire entre 2012 et 2017 est plus que problématique à en croire un rapport de la chambre régionale des comptes !26 C’est le fameux faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais de notre élite arrogante et incompétente, surtout lorsqu’elle est issue de l’ENA mais aussi des fameux grands corps de l’État (Conseil d’État, Cour des comptes et inspection générale des Finances). Il est vrai que notre sympathique premier ministre a fait un passage par Areva qui n’a pas été remarquable.

Pour la petite histoire, le conseiller communication du président, critiqué pour sa gestion défaillante de l’affaire Benalla, Bruno Roger-Petit est nommé « conseiller mémoire » de Jupiter.

Décidément, le « nouveau monde » promis comme la terre du même nom a toutes les saveurs, les parfums de l’ancien monde. Ancien monde si décrié par Jupiter qui avait promis de le réformer et d’y mettre bon ordre du haut de sa stature jupitérienne et monarchique. L’actualité est riche de tous ses reniements. Elle prend, petit à petit, le tour de L’étrange défaite chère à Marc Bloch, témoignage écrit en 194027. Écrit à chaud en 1940 juste après la défaite française, ce texte ne fut publié qu’en 1946. L’historien, qui avait été mobilisé à sa demande, y analysait sans concessions les raisons du désastre que les Français venaient de subir. Il mettait en avant, bien sûr, « l’incapacité du commandement », mais soulignait aussi les facteurs qui, au sein de la société française, avaient contribué au désastre. Marc Bloch (1886-1944) était médiéviste, l’un des fondateurs des Annales, auteur d’un grand classique, Les Rois thaumaturges, qui fondait l’anthropologie historique28.

DE QUELQUES REMARQUES ICONOCLASTES !

Après la trahison des élites, vient le temps de la repentance, du mea-culpa, du mea maxima culpa de Jupiter sur le thème je vous ai compris et je vais changer.

La trahison des clercs29 : l’élite suffisante et insuffisante

L’on comprend mieux dans ces conditions la défiance croissante qui se consolide entre le peuple et ses représentants. Nous risquons d’en avoir un échantillon lors des prochaines élections au Parlement européen du 26 mai 2019 à l’occasion desquelles La République en marche arrière et en godillot a réuni ses militants parisiens le 26 septembre 2018. Objectif : mobiliser les troupes contre les « populistes » autour d’une refondation de l’Europe qui demeure floue30. Et c’est le moins que l’on soit autorisé à dire. Il est vrai que l’ambiance au château est détestable depuis l’annonce du départ du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb suivie d’un vrai départ pour Lyon et les rebondissements de l’affaire Benalla (pressions inadmissibles du président de la République sur le président du Sénat et de son (sa) ministre de la Justice sur le président de la commission d’enquête du même Sénat dans un prétendu État de droit et une authentique démocratie)31. Sans parler de toutes les compromissions de tous ces hauts fonctionnaires qui se couchent à longueur d’année pour bénéficier des faveurs du Prince et de sa Cour. Jupiter inaugure une nouvelle catégorie de hauts fonctionnaires, celle des fonctionnaires aplaventristes, dignes de leurs augustes prédécesseurs qui ont brillé sous le régime de Vichy.

Le mea-culpa de Jupiter : la repentance tous azimuts

Mais, dieu soit loué, les choses pourraient changer. En effet, nous apprenons par Le Monde que « Face aux difficultés, le président de la République, Emmanuel Macron change de méthode ». En perte de vitesse dans l’opinion (la césure remonte au début de l’affaire Benalla), le chef de l’État semble décider à changer d’attitude et à privilégier une image moins provocante, moins jupitérienne. « Il y a des crispations sur le style présidentiel » reconnait-on à l’Élysée au moment où les sondages indiquent que les Français souhaitent plus d’écoute32. Un problème surgit, on change de com’ et de communicant ! Que faire après le selfie aux Antilles et les cafouillages dans l’affaire Collomb33 ? S’enfoncer plus encore dans une crise grave au sommet de l’État. Quelle magistrale claque pour notre ex-premier de cordée ! Notre Grand Homme essaie de se hisser à la hauteur d’un authentique Grand homme, le général de Gaulle en allant se recueillir, le 4 octobre 2018, sur sa tombe à Colombey-les-Deux Églises et en allant faire la roue du paon devant le Conseil constitutionnel ce même jour à l’occasion du soixantième anniversaire de la constitution de la Ve République. La com’, toujours la com’ lorsque l’on n’a aucune stratégie34 si ce n’est la politique de la godille comme la diplomatie éponyme.

LA MACRONIE RÉDUITE AUX ACQUÊTS35 ET AUX ABOIS

La morale de cette fable est évidente. Avant d’administrer des leçons de droit et de vertu à la terre entière, de stigmatiser les errements des Hongrois et des Polonais36 en termes de violation des standards de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe, nous ferions mieux de balayer devant notre porte. Et de balayer très sérieusement. Les immondices juridiques qui s’y entassent commencent à se voir et à poser problème à tous les citoyens en quête de la recherche d’un authentique état de droit et d’une véritable démocratie dans la « Grande Nation ». À quand la réforme constitutionnelle censée mettre aux standards européens le statut du parquet ?

Cela ne semble pas encore être pour demain à en croire les récentes déclarations du président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius37. Finissons-en avec notre arrogance qui nous aveugle et nous interdit de voir le principal ! La meilleure garantie que puisse offrir l’autorité judicaire à tout citoyen est avant tout qu’elle soit indépendante et impartiale au sens de l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme. Ni plus, ni moins. Or, en France, nous en sommes encore loin en dépit des rodomontades de Jupiter. Pour combien de temps encore, notre Douce France, qui avance mais sans savoir où elle va et qui s’enorgueillit à New-York de pénaliser le harcèlement de rue, tolèrera-t-elle de posséder une Justice aussi couchée ?

Jean Daspry
8 octobre 2018

1 www.legifrance.gouv.fr
2 Ancien élève du lycée Henri-IV et de l’ENS Paris (classé 12e du concours B/L 1988), Frédéric Mion est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris (IEP) en 1992 (section Service Public). Après avoir fréquenté l’Université de Princeton, il intègre l’École nationale d’administration (ENA) et sort major de la promotion Victor-Schœlcher (1996). Frédéric Mion enseigne comme maître de conférences à Sciences Po et y a dirigé la section « service public » ainsi que la prép’ENA. Sa carrière de haut fonctionnaire le fait entrer au Conseil d’État, d’abord comme auditeur de 1996 à 1999, puis comme maître des requêtes de 1999 à 2000, et il intègre le cabinet de Jack Lang comme conseiller technique puis conseiller lorsque celui-ci est ministre de l’Éducation nationale. Il est ensuite adjoint au directeur général de l’administration et de la fonction publique de 2001 à 2003 puis avocat de 2003 à 2007 au sein du cabinet Allen & Overy LLP. En 2007, il rejoint le groupe Canal + en tant que secrétaire général, fonction qu’il occupe jusqu’en 2013. À la suite d’un vote le 1er mars 2013, il est élu à la tête de Sciences Po, succédant ainsi à Richard Descoings, cette élection ayant été validée par le ministère de l’Enseignement supérieur et par le président de la République le 29 mars 2013,
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Mion

3 Laurent Mauduit, La caste. Enquête sur cette noblesse d’État qui a choisi le camp de l’aristocratie d’argent, La Découverte, septembre 2018.
4 Journée des rencontres des acteurs publics. Une journée coorganisée avec et au Conseil d’État, www.acteurspublics.com , 1er octobre 2018.
5 C.L., Des liens radioactifs au Conseil d’État, Le Canard enchaîné, 3 octobre 2018, p. 4.
6 https://www.coe.int/en/web/conventions/full-list/-/conventions/rms/0900001680063776
7 Franck Johannès, L’arrêt France Moulin : vers une indispensable réforme du parquet, www.lemonde.fr , 23 novembre 2010.
8 Patrick Kanner/Jean-Pierre Sueur, Une réforme constitutionnelle, vite !, Le Monde, 5 octobre 2018, p. 19.
9 Dominique Simonnot, Macron fait passer l’indépendance du parquet du vœu pieux… à la farce. L’Élysée à la recherche du nouveau procureur de Paris. Les candidats se bousculent. Soumission appréciée, Le Canard enchaîné, 3 octobre 2018, p. 3.
10 Rappelons pour mémoire que François Molins a été nommé avocat général près la Cour de cassation pour exercer les fonctions de procureur de la République près le tribunal de grande instance de Paris en novembre 2011 après avoir été directeur de cabinet du ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie et Michel Mercier (2009-2011), démontrant ainsi que les bons serviteurs de l’État sont toujours bien récompensés pour avoir servi le maître. Ceci aurait été impensable dans une authentique démocratie !
11 Jean-Baptiste Jacquin, Justice : l’Élysée prend la main sur les parquets, Le Monde, 27 septembre 2018, pp. 1 et 9.
12 L’Oukase de Macron, Le Canard enchaîné, 26 septembre 2018, p. 2.
13 Michel Deléan, Macron veut choisir lui-même ses procureurs, www.mediapart.fr , 26 septembre 2018.
14 Christian Creseveur, Macron veut reprendre la main sur la justice et le reste avec, Blog : dessins de presse, www.mediapart.fr , 28 septembre 2018.
15 Succession Molins : « pas d’intervention » de Macron selon Belloubet, L’Express avec AFP, www.lexpress.fr , 28 septembre 2018.
16 Service Société, Rémy Heitz, futur procureur de Paris, Le Monde, 5 octobre 2018, p. 13.
17 François Koch, Rémy Heitz, le nouveau visage de l’antiterrorisme, www.lexpress.fr , 3 octobre 2018.
18 Agence Reuters, Macron tance « les esprits chagrins » sur la nomination des procureurs, www.mediapart.fr , 4 octobre 2018.
19 Balkany (que) ses adjoints, Le Canard enchaîné, 3 octobre 2018, p. 1.
20 Patrick Balkany augmente de 56% son indemnité de maire, http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2018/09/28/25001-20180928ARTFIG00052-patrick-balkany-augmente-de-56-son-indemnite-de-maire.php
21 Karl Laske/Antton Rouget, En Inde, François Hollande s’invite dans l’affaire des avions Rafale, www.mediapart.fr , 21 septembre 2018.
22 Laurent Valdiguié, Julie Gayet dans la tourmente du Rafale, Marianne, 28 septembre-4 octobre 2018, pp. 30-31.
23 Antton Rouget/Ellen Salvi, La justice enquête sur les indemnités d’un proche d’Emmanuel Macron, www.mediapart.fr , 27 septembre 2018.
24 Mattea Battaglia et C. ST., Le gouvernement change les règles de nomination des recteurs, Le Monde, 5 octobre 2018, p. 13.
25 Décret n° 2018-838 du 3 octobre 2018 portant modification des modalités de nomination des recteurs, JORF n° 0229 du 4 octobre 2018, texte n° 22.
26 Sarah Ugolini, La chambre régionale des comptes épingle la gestion du Havre, sous Édouard Philippe, www.capital.fr , 3 octobre 2018.
27 Marc Bloch, L’étrange défaite, (paru en 1940), Folio/Histoire, 1990.
28 https://blogthucydide.wordpress.com/2012/04/25/letrange-defaite-de-marc-bloch/
29 Julien Benda, La trahison des clercs, (paru en 1927 et réédité en 1946 avec une longue préface de l’auteur, Les cahiers rouges, Grasset
30 Manuel Jardinaud, LREM lance sa campagne avec des slogans creux, www.mediapart.fr , 27 septembre 2018.
31 Ellen Salvi, Un an et demi à l’Élysée et déjà une ambiance fin de règne, www.mediapart.fr , 27 septembre 2018.
32 Virginie Malingre, Face aux difficultés, Macron change de méthode. Emmanuel Macron fait son mea-culpa , Le Monde, 30 septembre 2018-1er octobre 2018, pp. 1 et 7.
33 Erik Emptaz, Il a su retrouver les mots pour retenir son ministre de l’intérieur. Macron : « Casse-toi pas, pauv’ Collomb ! », Le Canard enchaîné, 3 octobre 2018, p. 1
34 Thierry Pech, « Le macronisme ne s’est pas donné de véritable consistance doctrinale », Le Monde, 4 octobre 2018, p. 23.
35 Françoise Fressoz, Crise d’autorité au sommet de l’État, Le Monde, 4 octobre 2018, p. 9.
36 Jean-Louis Tremblais, Mateusz Morawiecki. La nouvelle bête noire de Bruxelles, Le Figaro Magazine, 28 septembre 2018, p. 23.
37 Laurent Fabius (propos recueillis par Jean-Baptiste Jacquin), « Si les révisions constitutionnelles sont bloquées, la Constitution peut s’affaiblir », Le Monde, 27 septembre 2018, p. 12.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Jean Daspry, 08-10-2018

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Commentaire recommandé

Nade // 17.10.2018 à 07h47

Si, Fritz, c’est ça qu’est sympa : comparer la perquisition chez Benalla “on reviendra demain quand vous aurez vidé le coffre et servi le café” aux armes et aux casques chez Mélenchon.
Le Pen en psychiatrie et Mélenchon sur la sellette, ça libère la voie avant les élections, de la même manière qu’on a dégagé Fillon… C’est juste que nous, pauvres rampants, on n’avait pas perçu TOUTES les dimensions de la justice.
Restent mes petites questions : Macron est d’abord un théâtreux, coachée par sa prof’… qui ne devait pas être là hier soir.Alors qui tire les ficelles de la marionnette ? Et puisqu’il semble y avoir de l’eau dans le gaz, j’attends la suite.
J’ai bien aimé bien le “parler vrai” : ?!!? Avec toutes les horreurs qu’il a dites, j’aurais pas osé. Quelqu’un a une pelle ?

41 réactions et commentaires

  • yack2 // 17.10.2018 à 07h15

    Bon….On peut dire que ce texte est d’une actualité frappante.

     13

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    • Fritz // 17.10.2018 à 07h25

      Les perquisitions chez la France insoumise ? La preuve que la “Justice” est bien vérolée, comme le notait @Duracuir pour un autre rival malheureux de Son Éminence immaculée Emmanuel Macron.

       21

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      • basile // 17.10.2018 à 08h00

        j’ai trouvé Mélenchon (qui n’est pas de mon bord) très calme, dominant ses nerfs, ce qui a dû être très difficile.
        Je me demande si le pouvoir n’a pas cherché la provoc pour déclencher une rébellion, et le taxer d’anti-républicain.

        8 type-e-s qui fouinent partout, pendant qu’un autre vous occupe dans la cuisine, ça me rappelle les méthodes des arnaques aux faux policiers.

        j’ai confiance dans la police, mais j’aurais de gros doutes si ces type-e-s sortent de chez moi sans lister, sans me montrer, ce qu’ils prennent. On peut vite tomber sur une brebis galeuse, qui va piquer quelque chose d’important (pas de bijoux, je m’en fout) mais quelque chose auquel on tient et pour lequel on ne saura jamais ce que c’est devenu, quand on le cherchera 10 ans après.

         35

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      • Subotai // 17.10.2018 à 22h41

        Dois vous avouer que là, je prends peur?
        Nous sommes typiquement dans le fil conducteur de la mise en œuvre de l’arbitraire.
        Nous sommes clairement dans la tentative d’intimidation et sans effet de manche, directe et sauvage.
        De plus c’est double-attaque parce que ou l’intimidation fonctionne et nous avons un écrasement de l’insoumission, ou elle provoque la rébellion et les mesures sont déjà prise et les Lois en marche pour les embastillements préventifs (et définitifs) des trublions…Ça craint.
        Un truc comme ça dans les “Bougnoulistan” serait tout de suite catalogué.
        Franchement, bien que ça dénonce une certaine panique du Pouvoir, ça fout la trouille parce que ça pave la route à des rébellions sauvages. Bref ça chie!
        Pour revenir au sujet, la majorité des juges intègres et conscients (parce que je leur fais confiance malgré tout) vont ils prendre en compte la situation et ont ils les moyens (couilles) de tenter quelque chose. Parce que c’est aussi leur statut “social” qui se joue: la révolte ne fera pas de distinction…

         7

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    • Barbe // 17.10.2018 à 07h35

      C’est suffisamment grave pour provoquer en moi la conscience que commenter, pour oublier, pour liquider, ne sert à rien.
      Quand est-ce qu’on arrête de déconner ? Et qu on redevient un grand pays, un peu content de soi?

       16

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      • thecis // 17.10.2018 à 11h10

        Pour reprendre mon prof de fiscalité : “Quand vous comprendrez que ce pays est fait de carton-pâte…”

        La France, un grand pays ? C’est une hallucination collective. Tout ça au nom de quoi ?

        La révolution française, avec son changement de classe dominante, pas de paradigme ou si peu…
        Les droits de l’homme, on est bon pour les vanter mais pas les appliquer. On est très fort les français pour conseiller ce qu’on dit, pas ce qu’on fait.
        La grandeur de la France quand elle dominait l’europe sous Napoléon en asservissant les vaincus ?
        Plus récemment, la résistance ? Là, on est dans le trip Star Wars complet : une faction devant un empire. Sauf qu’on s’est bien fait aider après s’être couché au premier tour. Après on s’étonne que les américains nous considère comme des pleutres…

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        • bhhell // 20.10.2018 à 11h12

          Ce que vous décrivez est malheureusement aussi ancien que les civilisations. Vous n’espérez quand même pas que l’oppression avance à visage découvert! Non, la civilisation, encadrée par les Etats, c’est la justification et la reproduction des hiérarchies. Avec des outils aussi puissants que la justice, la police, et l’éducation. La justice et la police pour contrôler la foule, toujours imprévisible, sous couvert d’assurer la sécurité de tous. L’éducation pour justifier aux yeux de chacun l’impartialité et la légitimité des hiérarchies, sous couvert d’émancipation. Ne bouc émissairisons pas la France qui serait différente des autres. Après tout, ce n’est pas nous qui avons inventé la notion “l’axe du mal”

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      • tepavac // 17.10.2018 à 14h34

        Il est vrais que face à cette situation dramatique pour la nation, le plaidoyer est palot, quand à la retombée que l’on pouvait attendre, après la dénonciation d’une telle corruption de nos Institutions, elle brille par son absence, rien, un total manque de panache et de prise de position bien franche.
        C’est honteux!

        Il manque aujourd’hui la voix tonitruante d’un Dupond-Moretti ou d’un Jaurès, mais le premier refuse ce genre de combat, et le second n’est plus….

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    • Kesse // 17.10.2018 à 09h27

      Texte lourd et mal-cousu, sans aucun débat sur le fond: juste un bouillon d’énervement … Si cela ne vous a pas frappé, revenez une fois encore sur les dernières sections à propos de la démoralisation de la vie publique et des remarques iconoclastes … ça n’a rien à faire là. Ça souligne juste le manque d’argumentation dans la première partie du texte qui se résume trop souvent à un “l’as dit, l’as fait, …, vous rendez compte comme c’est mal”. 8ème au concours BL, ben il faut qu’il arrête de sous-traité ses articles, alors.

       2

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    • rezo // 17.10.2018 à 15h27

      Cela permet de bien comprendre “l’utilité” des flics et de la justice.

      Peu importe qu’il s’agisse de Mélenchon, de Le Pen, de Fillon, ou d’autre personne ou parti ;
      Police, armée et justice sont aux ordres du pouvoir en place ; pas du peuple…

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  • Nade // 17.10.2018 à 07h47

    Si, Fritz, c’est ça qu’est sympa : comparer la perquisition chez Benalla “on reviendra demain quand vous aurez vidé le coffre et servi le café” aux armes et aux casques chez Mélenchon.
    Le Pen en psychiatrie et Mélenchon sur la sellette, ça libère la voie avant les élections, de la même manière qu’on a dégagé Fillon… C’est juste que nous, pauvres rampants, on n’avait pas perçu TOUTES les dimensions de la justice.
    Restent mes petites questions : Macron est d’abord un théâtreux, coachée par sa prof’… qui ne devait pas être là hier soir.Alors qui tire les ficelles de la marionnette ? Et puisqu’il semble y avoir de l’eau dans le gaz, j’attends la suite.
    J’ai bien aimé bien le “parler vrai” : ?!!? Avec toutes les horreurs qu’il a dites, j’aurais pas osé. Quelqu’un a une pelle ?

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    • Ben // 17.10.2018 à 10h26

      Après avoir dégommé Fillon, puis psychiatrisé (et attaqué financièrement) la Le Pen puis perquisitionné chez Mélenchon et au siège de la FI (visiblement sans fournir de PV donc illégalement), on apprend ce matin que le nouveau secrétaire général de FO a été obligé de démissionner. Pavageau était sur une ligne d’opposition intransigeante face au démantèlement des protections sociales du pouvoir macronien, contrairement à son prédécesseur Mailly.
      C’est fort opportunément qu’une feuille de choux prétendument irrévérencieuse (canard enchaîné) a “découvert” un fichage dont tout le monde sait que c’est une pratique très courante et ancienne, aussi bien dans les syndicats que dans les partis, du secrétaire fédéral au ministre en passant par les maires de grandes villes. Personne n’ira s’en vanter. Il faut donc que ce soit dénoncé pour que cela apparaisse au grand jour. Le Canard enchaîné peut se charger de cette besogne très sélective. Ce genre de Scud est imparable, que la cible soit directement coupable ou non.
      Pavageau avait été préféré à un autre candidat potentiel nommé Lardy qui avait longtemps attendu dans l’ombre de Mailly, mais qui avait dû se rabattre sur un autre job: il est aujourd’hui le numéro 2 du ministère du travail auprès de Penicaud.
      Le pouvoir macronien a repris l’avantage. Les méthodes employées, aussi bien pour Fillon que pour Le Pen, ou Mélenchon et maintenant Pavageau ont fait leur entrée sur la scène médiatique et ne sont pas près de s’arrêter. Il va falloir s’y habituer.

       41

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    • Marie // 17.10.2018 à 13h00

      m’ouais…question ” parler vrai ” j’aurais bien aimé que Mélenchon ouvre sa grande bouche et bombe le torse de la même façon à Marseille devant Macron au lieu de s’en prendre à ses sous-fifres,
      ou comment tenter de faire oublier par sa piteuse génuflexion.
      Macron a vraiment l’opposition qu’il mérite.

       7

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      • Roland011 // 17.10.2018 à 13h45

        Post déjà mit ailleurs, mais certains, certaines dans ce cas m’exaspères grave, Salut …….. C’est pénible cette obsession du dénigrement permanent sur la désinformation des média, et les toujours (sic) bien-pensants “plus a gauche – goche – que moi du peut pas. Jamais de précipitation dans les prises d’opinion, attendre les explications directement de l’intéressé, ça évite de propager des âneries. Toujours se rendre sur site de l’intéressé avant de ’baver’ Amitiés MACRON – MÉLENCHON : DÉCRYPTAGE D’UNE RENCONTRE CRITIQUÉE https://youtu.be/IEqlYhC4ZKo https://youtu.be/HwlcxEqsNgQ – 21’47 et suite [modéré]

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      • Sam // 17.10.2018 à 14h01

        Il y a une énorme différence entre Macron qui ment tout le temps et Mélenchon qui n’a pas agressé Macron à Marseille, au moins verbalement.

        Les oppositions se font accuser en permanence de tout par les corrompus : populisme, extrémisme, …, et d’être corrompus !
        Elles se justifient devant les journalistes qui malgré l’énorme corruption des macronistes n’ont rien d’autre à dire que répéter les calomnies macroniennes.
        Si ces oppositions devaient prendre le pouvoir, elles resteraient dans les limites étroites du légalisme, terrorisées d’être accusées de tout et de n’importe quoi, encore pour se justifier…

        Alors oui, Mélenchon, arrête d’avoir peur, arrête de te justifier, et passe à l’offensive. On s’en fout de tes justifications, nous ne sommes pas dupes des manœuvres macroniennes.
        Et tant qu’à être légaliste, n’hésitez pas : tout ce que font les macronistes est puni par la loi, à commencer par la concentration des médias aux mains de l’oligarchie qui est une atteinte directe et flagrante à la liberté de la presse.
        Il faut reprendre l’initiative…

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      • Marie // 17.10.2018 à 19h13

        Bien d’accord avec vous Roland011,
        si d’autres l’ont écrit ailleurs c’est intolérable!
        Il faut que Justice se fasse et pour ma peine j’ai regardé votre lien (ô cruelle sentence), vidéo oû JLM se félicite de ne pas avoir donné une “image déshonorante” lors de cette rencontre marseillaise…là mes zygomatiques en ont pris pour perpét’!
        mais revenons à l’article et à l’un de ses sujets, pardon, à sa Royale Anomalie:
        Je reconnais la “grande” qualité de ce président, depuis son élection, celle de faire tomber les masques. Chaque pouvoir est sommé de répondre à l’appel.
        D’abord celui politique, exécutif, législatif, médiatique puis judiciaire.
        C’est brutal (bah c’est pas un enfant de choeur mais celui des marchés, normal) et comme l’on entend dire souvent “ça clarifie les choses”.
        (à cette vitesse le décapage risque de profiter à tout le monde)
        C’est pourquoi les oppositions (vous avez raison Sam, hélas plurielles) sont délibérément poussées à se positionner, s’identifier tant sous les feux médiatiques que ceux des représentants de ce nouvel ordre.
        Ceux qui tentent de rester dans l’entre-deux ou le semblant n’en seront que plus humiliés et délégitimés.
        En cela nous revenons à la dialectique ami/ennemi du politique.
        Un mal pour un bien?

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    • TZYACK // 20.10.2018 à 21h14

      Vous avez tout à fait raison quant aux agissements machiavéliques des tireurs de ficelle de la marionnette : https://blogs.mediapart.fr/alberteins/blog/161018/francois-ruffin-perquisitions-la-fi-un-profond-sentiment-d-injustice
      Après la République des Instituteurs, puis celle des Médecins et celle des Avocats, on a maintenant celle des Succubes !!!!

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  • Rond // 17.10.2018 à 08h33

    Preuves en main et sur de mon droit, je me voyais déjà gagnant sur le fond et la forme devant le tribunal administratif. Je me demande maintenant si je ne vais pas y perdre mon énergie, mon temps, et mon argent, tout simplement.
    Nous savions le ver dans le fruit, mais à ce point … Monsieur Daspry, vous exagérez un peu non ? Allez, rassurez-moi, rassurez-nous, pour que nous puissions nous rendormir paisiblement. C’est important le sommeil, et si douillet, si plaisant …

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  • RGT // 17.10.2018 à 08h42

    Zupiter XIV ne fait que suivre la voie tracée par ses prédécesseurs et rien de plus.

    De toutes façons, au moins depuis l’invasion de la Gaulle par Jules César cette terre n’a été qu’un havre de paix… pour les dirigeants et les oligarques.

    Relisez “Les animaux malades de la peste” de Jean De La Fontaine… Ce texte n’a pas pris une seule ride.

    La seule différence de notre système judiciaire est purement syntaxique : À l’époque on le nommait “Droit Divin” et désormais il est devenu le “Droit Républicain”.

    Comme si une république se préoccupant du sort des faibles…

    La “Res Publica” a de tous temps été la “chose publique”… Mais pour les plus puissants bien sûr.

    Les “gueux” n’ont qu’une chose à faire : Fermer leur gueule et suivre les volontés du Prince, même si ça leur impose de devoir supporter des hémorroïdes lancinantes.

    Et quand j’entends Mélenchon nous vanter les mérites de notre “Grande République” j’ai soudain de fortes poussées d’urticaire.

    Dans son esprit, la “VI ème” république ne serait que la continuation des systèmes politiques précédents sans que rien ne puisse entraver la “marche du Progrès”.

    Tous les politiciens “éligibles” sont TOUS issus du sérail et il est totalement stupide de penser que la solution pourrait venir d’un de ces opportunistes qui ne roulent que pour leur carrière et leur propre intérêt.
    Et surtout qui souhaitent que rien ne change, sauf dans les discours qui bien sûr n’engagent que ceux qui les croient.

    Continuez à voter mes petits agneaux…
    Et élisez celui qui vous mettra à mort dans l’abattoir en ne risquant jamais de devoir répondre de toutes ses trahisons.

    C’est bien le vice initial du “système représentatif”.

    Le ver est dans le fruit à tous les niveaux (particulièrement aux plus élevés) quand les “décideurs” ne sont JAMAIS responsables de leurs actes et n’ont de comptes à rendre à personne.
    Si ce n’est à leurs pairs qui ne vont surtout pas mettre en danger cette belle mécanique qui leur garantit une vie confortable en toute impunité.

    Il faudrait procéder au “Répexit” : Que le peuple décide de sortir de cette république pourrie et cesse de subventionner cette usine à gaz en enfermant les “Divins Élus” et les énarques dans leurs ministères sans aucune possibilité d’échange avec l’extérieur.
    Sans la ponction intolérable qu’ils font subir à la population ils ne tarderaient pas à tous s’éteindre et le peuple ne s’en porterait que mieux.

    Et surtout le peuple pourrait enfin prendre en main son propre destin sans être obligé d’appliquer toutes ces lois qui ne sont là que pour sanctifier la domination de la caste dirigeante.

     32

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  • sud // 17.10.2018 à 09h06

    Peut-on réfléchir au fait que seul le Peuple est souverain ?
    Ainsi, le Peuple :
    – élit son Parlement qui dispose du pouvoir législatif
    – élit son Président (qui, malencontreusement, s’imagine disposer du pouvoir exécutif),

    Mais le Peuple n’élit aucun magistrat. C’est pourquoi nous ne parlons pas de POUVOIR judiciaire, mais d’Autorité judiciaire.

    Et il est détestable que cette Autorité judiciaire soit « dirigée » par un ministre (pouvoir exécutif). Par suite, il ne devrait pas y avoir de ministre de la Justice.

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  • Nade // 17.10.2018 à 13h58

    13 octobre 1307… Sur ordre de Philippe Le Bel, tous les templiers sont arrêtés simultanément…
    Super la synchro. A trois jours près, ils déboulent simultanément chez les insoumis. Ils l’ont fait exprès ? Un p’tit cadeau pour le frère Mélenchon ? Respect.

    Blague à part, il y a quand même un truc qui me tracasse : pourquoi le même jour que le remaniement ? De quoi voulaient-ils détourner l’attention ?

     14

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    • tepavac // 17.10.2018 à 15h14

      ” pourquoi le même jour que le remaniement ? De quoi voulaient-ils détourner l’attention ?”

      En regardant le déroulement de la situation depuis quinze jours, il semble qu’il y avait peu de prétendant pour endosser la prise d’un pouvoir sans partage qui se développe sous nos yeux.

      Et à y regarder de plus près, cette provocation politique ressemble fortement aux provocations en tout genres lors des élections Américaine et qui ont conduit à la crise qui secoue leurs Institutions.

      La seule différence, c’est que les Msm hexagonaux ne sont plus aussi partisans qu’ils ne l’étaient au début.

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  • BA // 17.10.2018 à 13h59

    Le nouveau gouvernement est encore pire que le précédent.

    Quand la secrétaire d’État à l’écologie défendait l’huile de palme.

    Emmanuelle Wargon, nommée secrétaire d’État à l’Écologie mardi 16 octobre, défendait cet été, tandis qu’elle était encore directrice des affaires publiques chez Danone, l’huile de palme.

    Le nouveau gouvernement se retrouve pour la première fois ce mercredi 17 octobre, au matin, autour de la table du conseil des ministres, avec notamment un fidèle à l’Intérieur – Christophe Castaner -, un ancien LR à la Culture – Franck Riester -, un ancien sénateur socialiste à l’agriculture – Didier Guillaume -, et une nouvelle venue en politique, Emmanuelle Wargon. Et c’est bien cette dernière qui risque de faire parler d’elle aujourd’hui.

    « L’huile de palme, c’est bon pour les bébés », disait en substance, cet été encore, cette ancienne responsable de Danone. Seulement Emmanuelle Wargon a été nommée, lors du remaniement du mardi 16 octobre, secrétaire d’État à l’Ecologie.

    « L’huile de palme est le meilleur ingrédient pour les laits infantiles, et donc on en a besoin et on est tout à fait capables d’expliquer pourquoi », affirme-t-elle dans une vidéo qui réapparaît sur les réseaux sociaux.

    La séquence a notamment été partagée par Benoît Hamon sur Twitter. L’ex-directrice des affaires publiques chez Danone devra peut-être désormais mettre cette conviction en sourdine.

    https://www.rtl.fr/actu/meteo/les-actualites-de-6h30-quand-la-secretaire-d-etat-a-l-ecologie-defendait-l-huile-de-palme-7795217784

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  • calal // 17.10.2018 à 14h04

    Tout doucement on commence quand meme a rentrer dans le “dur”.
    Apres fillion,marine le pen et maintenant melenchon , ca ressemble de plus en plus au franchissement d’une “ligne rouge”.Faut quand meme que certains se rendent compte que lorsque les mots “contrat social, principes democratiques,separation des pouvoirs” sont trop souvent invoques,ca commence a sentir le roussi.
    Je parlais dans un recent article sur ce site de “procureurs qui poursuivent pour n’importe quels motifs debiles” et que les fonctionnaires de la justice ne doivent pas s’etonner de n’avoir que peu de soutien dans la population quand il s’agit de reagir a des baisses de budget.Il semble que d’autres s’enervent egalement…

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    • Ben // 17.10.2018 à 15h09

      Une fois la ligne rouge franchie, l’objectif de ces bandits est de faire en sorte que les entorses au pacte républicain et à la légalité passent pour normales, voire indispensables au bon fonctionnement de l’État. La prochaine étape sera de faire en sorte que la population s’habitue à ces anomalies ou qu’elles y adhèrent. Le populisme d’extrême centre est en marche.

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    • Leterrible // 17.10.2018 à 16h41

      Pour bien comprendre comment l’araignée tisse sa toile , rien ne vaut un décodage à la Schneiderman(ASI) :
      ” ” ”
      PERQUISITION MELENCHON…UN SOUVENIR D’IL Y A (à peine) TROIS SEMAINES…
      [modéré]
      https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/perquisition-melenchon-un-souvenir-dil-y-a-trois-semaines

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      • calal // 17.10.2018 à 19h13

        d’apres l’article d’asi,macron aurait recale plusieurs candidats a des postes de procureur jusqu’a ce qu’il trouve “le bon”, celui qui est pret a obeir a toutes les consignes,sans sourciller…
        -verre a moitie plein: des procureurs ont ete refuse parce qu’ils n’etaient pas assez “malleables” ou qu’ils avaient un certain sens du devoir
        -verre a moitie vide: il s’en est trouve un pour accepter…

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        • Leterrible // 17.10.2018 à 22h25

          Des précisions utiles chez Médiapart(par F Bonet, payant!) dont je reprends ici les principales lignes de force:
          ” ” “…(…)… Nommé par décret en conseil des ministres après un simple avis consultatif du Conseil supérieur de la magistrature, le procureur est institutionnellement sous la tutelle du pouvoir exécutif. « La justice est indépendante », ont répété mardi le premier ministre Édouard Philippe et la ministre de la justice Nicole Belloubet…. Non..!.. quand elle est administrée par un procureur.!.. De plus, ce dernier dispose dans le cadre de l’enquête préliminaire de pouvoirs discrétionnaires et exorbitants.

          Un procureur n’a de compte à rendre à personne sur la conduite d’une enquête préliminaire où les droits de la défense sont réduits à néant. Entendues comme témoins, les personnes ne peuvent pas être assistées d’un avocat. Ces mêmes avocats n’ont pas accès aux dossiers. Ils ne peuvent demander d’acte supplémentaire et pas plus formuler de recours. Enfin, le droit à l’information est anéanti et le pouvoir exécutif peut même se livrer à toutes les manipulations possibles en faisant fuiter quelques éléments choisis (ce fut le cas sous la présidence Sarkozy lors de l’affaire Bettencourt).
          …(…)…
          Ce pouvoir a montré jusqu’à la caricature son souci de maîtriser de bout en bout la nomination des procureurs. Ce fut le cas en septembre pour le remplacement de François Molins, actuel procureur de Paris promu au poste de procureur général de la Cour de cassation. Le choix de son successeur à ce poste stratégique a rappelé les belles heures de la présidence Sarkozy quand on apprit que l’Élysée avait recalé le candidat choisi par la ministre de la justice…
          Pire et jamais vu, le premier ministre Édouard Philippe avait organisé courant juillet à Matignon des « examens de passage » avec certains candidats….
          Et pour achever cette reprise en mains, un nouvel appel à candidatures fut lancé permettant finalement de nommer Rémy Heitz, actuel directeur des affaires criminelles et des grâces au ministère de la justice, un poste éminemment politique.
          ( Le CSM a, ce mardi, rendu un avis favorable à cette nomination voulue par l’Élysée, au prix de la marginalisation de sa ministre de la justice… L’interventionnisme de l’Élysée dans cette affaire avait alors été dénoncé par les deux principaux syndicats de magistrats (SM et USM).) … ” ” “

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          • Leterrible // 18.10.2018 à 22h46

            Correction oblige…F.ARFI (Médiapart, toujours hélas payant..) contredit son collègue de la veille..!!
            Les extraits principaux (sous réserve qu’on en ait terminé dans les “détails” d’organisation judiciaire…) :
            ” ” ” Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis sont visés dans le cadre d’une enquête préliminaire, c’est-à-dire d’investigations placées sous l’autorité directe du procureur de la République, contrairement à une information judiciaire, dirigée, elle, par un juge d’instruction, statutairement indépendant.

            Dans une enquête préliminaire, une perquisition – c’est la règle générique – ne peut avoir lieu qu’avec l’assentiment du perquisitionné. Mais il y a une exception, sinon ce serait trop facile : si l’enquête le nécessite – le besoin de surprise et de simultanéité des actes, par exemple –, la perquisition peut avoir lieu sans l’accord des principaux concernés à la seule condition qu’elle ait été validée par… un juge indépendant. En l’occurrence, un juge des libertés et de la détention (JLD) qui, comme un juge d’instruction, n’est pas soumis à une hiérarchie placée sous l’autorité du pouvoir exécutif.

            L’argument du procureur tout-puissant et seul responsable des mésaventures judiciaires de Jean-Luc Mélenchon perd de facto en consistance. Et c’est aussi oublier un peu vite le rôle des policiers dans de telles opérations qui ne sont pas que les factotums d’un procureur, lui-même à la botte de l’Élysée.

            Une autre contrevérité semble être savamment entretenue depuis plusieurs jours par Jean-Luc Mélenchon et ses amis. Celui-ci consiste à mettre en cause le nouveau procureur de Paris, Rémy Heitz, choisi par le pouvoir exécutif après une affligeante reprise en main voulue par l’Élysée, qui aurait ordonné la vague de perquisitions pour le bon vouloir d’Emmanuel Macron. Problème : Rémy Heitz n’avait pas encore pris ses fonctions ce jour-là… Et c’est son futur prédécesseur, François Molins, qui a fait la démonstration de son indépendance ces dernières années en ouvrant des enquêtes aussi bien sur Jérôme Cahuzac que sur Nicolas Sarkozy, qui était encore en poste… ” ” ”
            Dont acte.

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            • Gilles // 19.10.2018 à 00h56

              Peu importe le nom du procureur. Pensez-vous vraiment, qu’un procureur puisse mettre “en branle” une telle opération impliquant des dizaines de policiers, d’OPJ, de fonctionnaires de justice etc …? sans en demander un “blanc-seing” à sa hiérarchie ? et le tout avec une telle discrétion que ni la ministre de la justice, ni le ministre de l’intérieur (encore 1° ministre) ne soient au courant? Il aurait décidé ça, tout seul, comme un grand ?

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    • Jérôme // 18.10.2018 à 12h53

      C’est pourquoi l’enjeu n’est pas du tout l’indépendance de la Justice qui n’est qu’un sujet de diversion. Ce qui est essentiel c’est la neutralité, l’impartialité de la
      Justice.

      Des juges fonctionnaires indépendants mais partisans et à qui on n’a même pas besoin de donner des instructions parce que de toutes façons ils savent très bien ce qu’ils ont à faire au service de leurs intérêts partisans, c’est ce qu’on a, et c’est une dictature « soft ».

      Comme au début du second empire où il y avait, aux élections, les candidats officiels et les autres, la Justice étant implacable avec les seconds et accommodante avec les premiers.

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  • Sam // 17.10.2018 à 15h36

    Tant qu’à parler de corruption, ce serait bien que les-crises nous concoctent une liste des innombrables affaires qui entourent la macronie, avec mise à jour régulièrement.
    Que l’on puisse constater à quel point “la justice est indépendante”, et le légalisme un moyen d’action pour propager la corruption, écarter des opposants, et calomnier tout ceux qui ne sont pas complétement désespérés, indifférents ou enthousiastes au saccage actuel.
    Le nouveau monde ressemble à s’y méprendre au pétainisme.

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    • Larousse // 20.10.2018 à 14h59

      Sam vous avez raison mais ça ne sert à rien d’employer des mots comme “pétainisme” sans preuve concrète.
      Mélenchon n’a pas su gérer cette affaire – ça l’apprendra “à jouer les mielleux” avec le vénéré Président ( et je crains qu’il recommence !). La procureur de la République de Paris a trouvé les mots justes sur Europe1.fr pour qualifier la perquisition et “en même temps” faire un mensonge par omission – cette magistrate dans son carcan juridico-intellectuel a affirmé “l’indépendance” en prenant les Français pour des imbéciles, puisque personne ne peut croire un seul instant qu’un magistrat puisse ordonner de mobiliser plus de 50 policiers à une date précise secréte, sans que cela remonte avant aux Commissaires eux-mêmes tenus par précaution d’en aviser le Ministre de l’Intérieur. Ou alors je me trompe : un magistrat a-t-il autorité supérieure pour ordonner une mobilisation de policiers et leur ordonner de ne pas en tenir informé leur hiérarchie, jusqu’à la réalisation de l’opération ??? – ce qui serait un sérieux trouble à l’organisation de leur travail ? et le journaliste Patrick Cohen n’a même pas voulu relever ce détail (bonjour son professionnalisme !) ces deux personnes ont naturellement convenu “d’éléments de language” ! (par politesse “red carpet”!)
      Mais j’arrête d’en dire plus, la France Ins. a été mauvaise dans cet événement, plus que mauvaise et elle persiste en ne réclamant pas une enquête sur les financeurs du président Macron.
      Conclusion, je n’irai sûrement pas voter pour les élections de l’UE, parce que je dénie le droit à cette structure de dicter la loi sur mon pays, comme je rêve de revoir le Franc comme monnaie nationale et vu que la France ins. est à sa manière “européiste de gauche mouais …” pas plus d’intérêt à un “référendum” contre Macron
      . Seule la rue, le peuple résistant obstiné par la grève, le boycott doit retrouver souveraineté.

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      • Sam // 21.10.2018 à 10h34

        Investi des pleins pouvoirs par l’Assemblée Nationale, culte du chef, détruit les institutions républicaines et les libertés fondamentales, attaque les syndicats et les partis d’oppositions, et collabore avec les atlantistes apatrides (intelligence avec l’ennemi et haute trahison), soutenu par l’oligarchie, législation anti pauvres, …
        En Marche !
        Du pétainisme moderne. Des versaillais si vous préférez.
        « Illégitime, nul et non avenu » (De Gaulle).

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  • rolland // 17.10.2018 à 16h53

    « Il y a des crispations sur le style présidentiel » reconnait-on à l’Élysée…..
    ….à les entendre c’est donc d’avantage la forme qui poserait problème plutôt que le fond !
    Seulement la forme pourrait tout à fait être la même et le fond à l’exact opposé, je suis sûr que le peuple citoyen ( autrement dit le plus grand nombre ) serait tout à fait ravi d’une telle politique menée par un jupiparterre ou autres sbires, manifestement tous acquis à la cause de la finance et des banques…….pour ne pas dire également des entreprises internationales apatrides !

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  • Sam // 17.10.2018 à 19h47

    Too big to fail ?
    https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/benalla-nous-a-menti-mais-il-n-est-pas-le-seul-estime-francois-grosdidier

    Punir les menteurs de l’affaire Benalla comme l’exige la loi provoquerait une crise de régime.
    Pour éviter une catastrophe, on laisse en place ceux qui provoquent les catastrophes pour rester en place…

    (Rationalisme, pragmatisme, progrès, légalisme, licornes…)

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  • s // 17.10.2018 à 22h35

    Et 100; oui 100, policiers occupés à ces perquisitions !

    https://lafranceinsoumise.fr/2018/10/16/video-est-ce-encore-letat-de-droit/

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  • Nanie // 17.10.2018 à 22h38

    La perquisition subite du domicile de Melanchon ressemble à une histoire cousue de fil blanc…si il y avait doute, pourquoi ne pas exercer un contrôle plus approfondi lors de la vérification des comptes? Le désir d’elimination des partis de l’opposition est flagrante….

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    • rolland // 18.10.2018 à 03h55

      En même temps c’est étonnant mais la brigade anticorps suspectait tous les partis politiques français sauf un : le seul qui n’a pas fait donc contracté de prêt aux banques…

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  • keg // 21.10.2018 à 10h24

    Il parait que le patron locataire va cirer le parquet de près…. Il faut bien lui encaustiquer la planche (à défaut d’autre chose), c’est son zob qui est enjeu de la haute mage –y –strate-hure…. Et qui strate hure dit obéissance aveugle. Les SS juraient, aussi, fidélité à leur cabot-kapo aboyeur appelé alors « voix de son mètre… Mai à l’échéance qui suivra le prince en exil. Les transfuges rentreront en leurs bercails d’origine…. Ne serait-ce que pour durer en sinécure.

    https://wp.me/p4Im0Q-2Au

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