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31.octobre.201831.10.2018 // Les Crises

Nouvelles révélations sur les massacres de Sabra et Chatila, par Seth Anziska

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Source : Orient XXI, Sylvain Cypel, Seth Anziska, 26-10-2018

Dans un livre sur la diplomatie américaine au Proche-Orient, le chercheur Seth Anziska revient sur les massacres de Sabra et Chatila (1982). Il apporte des éléments nouveaux sur l’implication du gouvernement israélien. Analyse de l’ouvrage et entretien avec l’auteur par Sylvain Cypel.

À l’automne 2012, à l’occasion des trente ans des massacres de Sabra et Chatila, le chercheur américain Seth Anziska publiait un article dans le New York Times sur la manière dont les dirigeants israéliens avaient, comme le déclarera le sous-secrétaire d’État Lawrence Eagleburger, « délibérément trompé » leurs interlocuteurs américains sur les massacres en cours dans les camps palestiniens dont ils avaient connaissance. L’article montrait aussi l’attitude peu courageuse que leur avait opposée l’administration Reagan, son ambassadeur itinérant au Proche-Orient Morris Draper au premier chef.

Pour ce faire, Anziska s’appuyait beaucoup sur des sources diplomatiques américaines. Aujourd’hui, il revient à la charge, et plus en profondeur. Dans un ouvrage intitulé Preventing Palestine : A Political History From Camp David to Oslo, une étude sur la diplomatie américaine au Proche-Orient sur la période qui va du premier accord de Camp David (1977) aux accords d’Oslo (1993)1, il consacre une vingtaine de pages aux massacres de Sabra et Chatila. Il a, cette fois, eu accès à de nouvelles sources, dont des documents classifiés des travaux de la célèbre commission Kahane qui, en Israël, avait évalué les responsabilités des dirigeants dans ces crimes2.

COUP DE FORCE ISRAÉLIEN

Anziska rappelle que peu avant ces massacres, Israël avait remporté de facto une semi-victoire, avec l’expulsion (négociée) des combattants palestiniens de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), du Liban vers la Tunisie et d’autres pays arabes. Mais une fois ces forces évacuées, le président américain Ronald Reagan avait prononcé, le 1er septembre 1982, le seul discours d’importance de ses deux mandats consacré au conflit israélo-palestinien. Il y exposait son « plan » pour l’avenir. Sans envisager un État palestinien, il soutenait une évacuation israélienne des territoires qu’elle occupait en Cisjordanie et à Gaza. Son objectif consistait à « réconcilier les enjeux sécuritaires légitimes d’Israël avec les droits légitimes des Palestiniens ». Il proposait donc l’ouverture de négociations, sur une période de transition durant laquelle les États-Unis exigeaient d’Israël « un gel immédiat de toute colonisation ». Enfin, le président américain spécifiait que « les Palestiniens doivent jouer un rôle dirigeant dans la détermination de leur propre avenir ».

Le premier ministre israélien, Menahem Begin, réagit avec fureur. Dans une adresse à Reagan, après avoir évoqué les droits bibliques des juifs sur les territoires palestiniens, il proclama que la voie ouverte par le président américain menait inéluctablement à l’instauration d’un État palestinien. C’était inadmissible pour Israël : « En un instant, vous aurez alors une base soviétique au cœur du Proche-Orient. » La relation américano-israélienne va dès lors connaitre une phase de tension.

« IL EST TEMPS DE SIGNER UN ACCORD DE PAIX »

Quant à Begin, lors d’une rencontre avec Béchir Gemayel, le chef des Phalanges chrétiennes qui venait tout juste de se faire élire président du Liban par un Parlement réuni sous férule israélienne, il lui assène sans aménité que « dès lors qu’Israël lui a fait remporter la présidence et a débarrassé son pays des combattants de l’OLP, il était temps de signer un accord de paix » avec lui. Gemayel est interloqué par la « brusquerie » et le mépris affichés par son interlocuteur, mais il n’aura pas le temps de beaucoup réfléchir à sa proposition. Le 14 septembre, il est assassiné par une bombe placée dans son QG.

Le lendemain matin, contrevenant au cessez-le-feu et à l’exigence américaine, l’armée israélienne investit Beyrouth. Une « mesure de précaution », explique Begin aux Américains. Le 16, les phalangistes chrétiens entrent dans les deux camps palestiniens. Les Israéliens les ont laissé traverser leurs lignes. Pis : ils leur offrent un soutien logistique (en particulier ils éclairent les camps la nuit).

De l’article écrit il y a six ans, il ressortait que les Israéliens, avec détermination, avaient imposé leur point de vue à des Américains incapables de les forcer à faire cesser les massacres en cours. Le 17, Draper et l’ambassadeur américain à Tel-Aviv Sam Lewis rencontrent le ministre de la défense Ariel Sharon, le chef d’état-major Rafael Eitan et le chef du renseignement militaire, Yehoshua Saguy. Draper exige d’Israël que les Phalanges se retirent des camps. Saguy refuse. Quand Draper insiste, le général israélien lui rétorque, narquois : « Et qui va les empêcher de rester ? »3.

Puis les Israéliens font la liste des camps qu’il est nécessaire de « nettoyer des terroristes », affirmant fallacieusement que les combattants palestiniens y sont toujours présents. Draper, inquiet : « Des gens hostiles diront que Tsahal reste à Beyrouth pour permettre aux Libanais de tuer des Palestiniens dans les camps ». Sharon : « Alors on va les tuer, nous. Il n’en restera aucun. […] Si vous ne voulez pas que les Libanais les tuent, nous les tuerons, nous. » Manière de dire : et qu’oserez-vous faire contre nous ? Les Israéliens obtiennent des Américains le maintien des phalangistes dans les camps pour encore 48 heures. On connait le bilan : entre 800 et 2 000 personnes assassinées ou disparues. Des femmes violées, des enfants et des vieillards abattus, des hommes emmenés vers des destinations sans retour.

« UN PLAN POUR S’OCCUPER DES PALESTINIENS »

Dans son présent ouvrage, Anziska s’intéresse plus aux origines profondes du massacre perpétré par les Phalanges chrétiennes, affidées de l’armée israélienne. « De nouvelles preuves trouvées dans le rapport de la commission Kahane, tirées des annexes non publiées jusqu’ici écrit-il, décrivent une image plus incriminante de Sharon et un grand empressement des officiels israéliens à voir entrer les miliciens phalangistes »4 dans les camps. « Cela ressort des discussions menées depuis longtemps entre Israël et les dirigeants maronites pour “nettoyer la ville des terroristes” comme élément clé d’un ordre du jour politique concernant tout le Liban. Le plus important est que ces plans n’étaient pas limités à l’expulsion des seuls combattants de l’OLP. Il ressort clairement de divers documents que ce plan concernait les réfugiés palestiniens en général ». Telle est bien la seule conclusion possible à laquelle mène la lecture des documents cités par Anziska : ce qui unissait Israéliens et phalangistes dans cette invasion israélienne, ce n’était pas uniquement affaiblir l’OLP, mais aussi promouvoir « un plan pour s’occuper des Palestiniens » en général, comme le dit le général Saguy dans une conversation avec Béchir Gemayel tenue dans le ranch privé d’Ariel Sharon, le 31 juillet.

Comment « s’occuper des Palestiniens » ? Les documents cités par le chercheur montrent que les Israéliens étaient parfaitement informés des intentions des phalangistes d’expulser par la terreur des Palestiniens du Liban. Pour mener ce « plan » à bien, Gemayel indique au directeur du Mossad, Nahum Admoni, le 14 juin 1982, une semaine après le début de l’invasion israélienne, qu’« il est possible que, selon le contexte, nous ayons besoin de plusieurs Deir Yassine »5. Cette phrase est énoncée trois mois avant les massacres. Béchir, précise Admoni, était obnubilé par « l’enjeu démographique. […] Et quand il parlait de changement démographique, c’était toujours en termes de tueries et d’éliminations ».

Le sujet est à nouveau évoqué sans ambiguïté dès le début juillet. Lors d’une rencontre au QG des miliciens maronites à Beyrouth, Gemayel demande aux Israéliens « s’ils s’y opposeraient au cas où il [lui, Gemayel] ferait entrer des bulldozers dans les camps palestiniens du sud, pour les en faire partir ». Sharon, qui est présent, répond : « tout ça n’est pas notre affaire. » « Des discussions ouvertes pour chasser les Palestiniens par la violence et l’expulsion continuèrent juste avant le massacre », note Anizka. Deux jours avant son assassinat, Gemayel dit à Sharon que « les conditions doivent être créées pour mener les Palestiniens à quitter le Liban ».

INCITER LA POPULATION À FUIR

Selon le témoignage devant la commission Kahane du colonel israélien Elkana Harnof, haut responsable du renseignement, les phalangistes lui avaient déclaré que […]

Suite à lire sur : Orient XXI, Sylvain Cypel, Seth Anziska, 26-10-2018

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Commentaire recommandé

RGT // 31.10.2018 à 08h06

Ariel sharon…
Cet homme aurait bien mérité de passer devant la CPI mais pour des “raisons inconnues” il est toujours arrivé à passer entre les mailles du filet.

Pendant ce temps, Slobodan Milosevic est mort dans les geôles en attendant son procès et Laurent Gbagbo a pris la relève.

Je ne prends parti pour aucune de ces personnalités, je me contente juste d’observer les faits.

27 réactions et commentaires

  • RGT // 31.10.2018 à 08h06

    Ariel sharon…
    Cet homme aurait bien mérité de passer devant la CPI mais pour des “raisons inconnues” il est toujours arrivé à passer entre les mailles du filet.

    Pendant ce temps, Slobodan Milosevic est mort dans les geôles en attendant son procès et Laurent Gbagbo a pris la relève.

    Je ne prends parti pour aucune de ces personnalités, je me contente juste d’observer les faits.

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    • Renard // 31.10.2018 à 12h51

      On critique et on sur-critique la CPI mais il vaut mieux qu’elle existe plutôt que non, vous ne trouvez pas ?

      Cette institution sera utile et même grande lorsqu’il y aura un équilibre géopolitique mondial plutôt qu’une unique superpuissance.. et c’est ce qui est train d’advenir avec la montée en puissance inéluctable de l’OCS.

      Bref, soyons patient..

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      • Traroth // 31.10.2018 à 16h53

        Il vaut mieux qu’elle existe plutôt que non, effectivement… si personne ne meurt dans ses geôles dans des conditions mystérieuses, si les citoyens des différents pays du monde sont jugés dans les mêmes conditions, si…

        Si elle est juste un instrument d’injustice supplémentaire, non, je ne partage pas votre point de vue.

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  • Koui // 31.10.2018 à 08h14

    Gemayel et Begin étaient des criminels de guerre dans la lignée de Ben Gourion. Pourtant, le Liban a condamné l’assassin de Gemayel au lieu de lui ériger une statue, et Begin reste le prix Nobel de la paix aux yeux des journalistes. L’horrible Sharon passe pour un modéré. C’est la fake histoire qui a gagné.

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    • christian gedeon // 31.10.2018 à 11h00

      Que connaissez vous de Béchir Gemayel? Pour porter une jugement aussi bête? sans lui,les chrétiens du Liban auraient disparu ,corps et biens. Il a mené,against all odds,un combat qui paraissait perdu d’avance,tant la disproportion des forces était énorme,au début de ce qu’on a appelle “la guerre civile libanaise ” sans rire. je vous rappelle que les palestiniens étaient des invités au Liban. Que diriez vous si vos invités essayaient tout simplement de prendre votre maison et de tuer vos enfants? Il ya quand même un moment où il faut arrêter de raconter des conneries.sans compter que vous “oubliez ” de citer nombre de dirigeants “arabes ” dans la liste des criminels dits ” de guerre”. Assassin de Gemayel,Chartouni,connaîtra un jour,ce qu’il mérite. Mais c’est un autre sujet,qui montre bien votre ignorance crasse de l’histoire politique libanaise. parce que l’assassin était PPS…proche de Damas, Damas qui prendra le relais d’Israël dans l’expulsion des palestiniens du Liban… Dieu que çà m’énerve de lire des gens qui ne connaissent absolument rien à la complexité libanaise s’exprimer avec une assurance des plus ridicules. Voilà,c’est dit…faut sortir des chromos,hein?

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      • Booster // 31.10.2018 à 22h12

        Les personnes évoluées sont Charly et allument des bougies et surtout ne font pas d‘amalgames quand on leur prend leur terre et viole et tue leurs enfants, leur femme.

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  • calal // 31.10.2018 à 08h24

    L’histoire,c’est aussi de l’experience transmise aux generations futures avec cet avertissement ” cela peut vous arriver aussi”.
    “des hommes emmenés vers des destinations sans retour.”…
    Nos enfants de l’an 2000 doivent bien se rendre compte que leur “veganisme” et leur antispecisme est un pur produit de leur vie doree. Il reste encore des “vieux” qui ont connu la seconde guerre mondiale et leur psychologie est marquee au fer rouge par la connaissance intime de ce qu’un etre humain est capable d’infliger a un autre etre humain.
    Combien en reste il de ces temoins qui nous previennent des horreurs des guerres?
    Ceux qui ont fait mai68 ont il connu le service militaire en algerie?

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    • jp // 31.10.2018 à 13h51

      “leur “veganisme” et leur antispecisme est un pur produit de leur vie doree” c’est quoi ce préjugé à 2 balles ?
      1) suis pas jeune et ma vie n’a jamais été dorée
      2) sous très au-dessous du seuil de pauvreté
      3) et végé !

      Les vieilles que je connais et qui ont vécu la guerre ne sont pas du tout bavardes sur le sujet, y compris elles qui se sont “bien conduites” en cachant des réfractaires au STO et des Juifs. Si elles ne témoignent pas en public,c’est à cause de leur éducation les ayant “dressées” à se taire.

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      • Nico // 31.10.2018 à 19h51

        Il veut dire que le véganisme, quoiqu’on en pense est un luxe de la civilisation. Que quand on créve la dalle on mange ce qu’on trouve.

        Tu peux être trés au dessous du seuil de pauvreté… en France. Tu restes quand mm largement au dessus de 99% de yémenites, syriens etc… d’un nombre énorme d’humains qui ne béneficietont jamais de tout le “luxe” offert implicitement par le fait de vivre en France éducation, soin, sécurité (dans le sens.. c’est pas la guerre, il n’a pas de seigneurs de guerre, de clans féodaux, de paramilitaires mafieux etc.)

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      • R.C. // 01.11.2018 à 14h44

        Oui, qu’on m’explique comment l’humanité aurait franchi les siècles, les millénaires -et même les dizaines de millénaires – en étant “végan”.
        A l’époque il n’y avait pas le pétrole pour fabriquer les innombrables objets synthétiques qui remplacent le cuir, la laine et autres matières nobles que les animaux ont la bonté de nous fournir (grâces leur en soient rendues).

        Et puis, pas de vaches pour tirer la charrue, pas de légumes dzns le champ et dans le tombereau ; ou alors des esclaves humain pour remplacer les bêtes de somme !…
        Belle vision de la civilisation que celle préconisée par les végan-antispécistes, enfants gâtés et favorisés d’un modernisme confortable qui fait fi des réalités et des rudesses de l’intransigeante nature.

        Dans les camps de Sabra et Chatila, les réfugiés avaient d’autres préoccupations plus urgentes et contraignantes que le véganisme…

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      • Marie (Pan Pan) // 01.11.2018 à 17h11

        JP,
        Il est des éducations qui “dressent” à parler ou à utiliser un clavier pour un résultat des plus abscons ou encore plus léger que l’air.
        Comme quoi le “dressage” de nos aïeux leur apprenait avant tout à s’exprimer mieux à propos et pas avec n’importe qui.
        Mais surtout à ne pas se faire une fierté victimaire de leurs actes et de leurs vécus.
        Ce qui aujourd’hui semble inaudible et cause de réinterprétations multiples.

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  • fox 23 // 31.10.2018 à 09h07

    Dans l’énumération des assassins au pouvoir en Israël, il manque Shamir et quelques autres, bref, il est plus rapide de nommer ceux qui ne sont pas compromis dans des crimes massifs contre des civils palestiniens principalement depuis la création de cet Etat !
    Un vrai pendant régional au tueur mondial que constitue les Etats-Unis, pas étonnant que leur ligne politique soit si proche !

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  • christian gedeon // 31.10.2018 à 10h43

    Eh ben! En voilà un article bien partisan, avec les “méchants phalangistes ” d’un côté,les “pauvres palestiniens ” de l’autre,et bien entendu le monstre assoiffé de sang,Béchir Gemayel. Pour ce qui concerne Israël,Sharon ou pas Sharon,le but était d’en finir avec la structure “militaire palestinienne ” au Liban,et à en expulser l’OLP,ce qui fût fait. Pour ce qui est du Liban et des libanais, l’officier israélien avait bien entendu tout intérêt à dédouaner autant que faire se peut Tsahal de ce qui s’est passé dans ces deux “camps”. Le massacre a bien eu lieu et il a été atroce. mais l’histoire que raconte l’officier israélien,en parlant “des phalangistes ” est plus que tronquée et d’une mauvaise foi ahurissante. Parce que ce massacre n’est ,in fine, qu’un massacre parmi d’autres massacres. La soif de vengeance qui a animé les assassins de Sabra et de Chatila fait écho aux massacres commis par les “gentils palestiniens ” à Damour,à Kaa et dans tant d’autres endroits au Liban,et aussi à l’assassinat du président élu Bachir Gemayel,icône et idole de la résistance chrétienne libanaise. résistance à la tentative,qui a bien failli réussir,de conquête du Liban par les palestiniens. Et les hommes qui sont rentrés à Sabra et Chatila comptaient,outre les hommes de Hobeika, des survivants et des membres des familles massacrées ailleurs. C’est dégueulasse,certes. Horrible,que oui. Mais cet article est d’une mauvaise foi perturbante. Ainsi ,les seuls massacres qui méritent qu’on en parle seraient ceux commis contre les palestiniens? pas contre les libanais chrétiens et aussi,faut il le rappeler pour la millième fois,chiites dans le sud du Liban? Par les palestiniens? je me permets quand même de rappeler au bon souvenir des moralistes que les palestiniens sont palestiniens,pas libanais. Et qu’ils n’étaient pas chez eux,au Liban. Ce qui ne les pas empêché de mettre le pays à feu et à sang. Avec notamment la complicité et la participation des druzes de Kamal Joumblat,les milices sunnites n’étant à citer que pour mémoire,compte tenu de leur remarquable inefficacité. prendre pour argent comptant les affirmations d’un officier de Tsahal,comme toute référence,c’est juste inacceptable.

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    • Renard // 31.10.2018 à 14h58

      Mr gedeon je ne connais pas grand chose de la politique du Proche-Orient mais j’apprécie toujours lorsque quelqu’un apporte de la nuance et de la complexité dans les affaires politiques.

      Je trouve en effet que les-crises ne propose que des articles pro-palestiniens et conduit ainsi à la construction d’un manichéisme gentils palestiniens/méchants israéliens, or je pense connaître assez la politique et la chose humaine pour pouvoir affirmer que ce genre de manichéisme est toujours faux.

      C’est assez logique étant donné que le blog a pour référence principal Chomsky qui dit grosso modo la même chose sur ce conflit. Mais Chomsky n’a pas toujours raison.

      Dans cette vidéo, Michel Onfray (qui n’a pas toujours raison non plus) propose une critique très intéressante de Chomsky et de ses biais d’analyse : https://michelonfray.com/questions-reponses/questions/question-que-pensez-vous-de-noam-chomsky–3 Malheureusement uniquement disponible pour les abonnés.

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      • calal // 31.10.2018 à 19h47

        les crises proposent en priorite le point de vue de l'”under dog” car le point de vue du dominant est assez assene par les medias mainstream. Le site fait egalement confiance dans l’intelligence des lecteurs et fait le pari qu’il n’est pas leur seul source d’information.

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        • Renard // 01.11.2018 à 05h07

          En l’occurrence le point de vue de Onfray n’est exprimé ni dans les informations under dog ni dans les médias mainstream, un point de vue assez similaire au celui de Camus, son maître, pendant la guerre d’Algérie.

          Ce n’est pas en opposant propagande contre propagande qu’on fait jaillir la vérité, c’est en la cherchant.

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    • Sam // 31.10.2018 à 17h17

      Pour ce que j’en ai compris, les phalangistes furent dupés par les israéliens, Gemayel en premier (Par la ruse tu feras la guerre).
      Avec leurs prétentions bibliques, les dirigeants israéliens de l’époque n’avaient aucune intention de laisser les palestiniens rentrer chez eux, ni même ailleurs…
      Je comprends bien que la période (la guerre du Liban, mais on pourrait dire tout le quaternaire…) compte tellement de massacres que celui là n’est qu’un « massacre parmi d’autres » comme vous dites, avec tellement de parties différentes engagées qu’il est difficile de savoir qui a commencé, ou même qui a fait quoi.
      Il n’empêche que les palestiniens sont les dindons de cette farce morbide, baladés d’un camp de réfugiés à l’autre, dépossédés, humiliés, et lentement massacrés jusqu’à aujourd’hui.

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    • clauzip12 // 01.11.2018 à 16h46

      S’agissant du chaos qui a régné au Liban pendant de trop nombreuses années,tous les attentas et crimes ont été attribués aux Palestiniens.
      Or,il faut se poser la question;quel est ou serait le bénéficiaire?
      La théorie du chaos ,de l’état de choc est le fait d’une puissance établie qui lui permet de mener ces actions méthodiquement et dans la durée afin de déstabiliser pour imposer.
      En l’occurrence deux États étaient armés avec une armée suffisante: la Syrie et Israël.
      Compte tenu du fait que le perdant était à coup sur la Syrie pour le bénéficiaire je pèse fortement sur Israël.Des écrits récents (dont je ne peux plus donner la référence) m’ont conforté dans cette attribution.

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  • christian gedeon // 31.10.2018 à 12h55

    Tiens,et pour enfoncer le clou… et pour rire un peu face à tout ce dogmatisme fatigant…Netahyahou était en voyage officiel à Oman..dont je respecte particulièrement le prince,rompu depuis la nuit des temps aux négociations internationales. L’hymne israélien a été joué et chanté aux championnats de judo d’Abou Dhabi…un ministre druze israélien s’est expliqué à Dubaï devant un aréopage de dignitaires. Vous commencez à comprendre ou pas? Ajoutez que Jordanie et Egypte ont fait la paix et entretiennent des relations diplomatiques…vous comprenez mieux,ou pas? Non? Toujours pas? Ah oui,c’est vrai,vous préféreriez,bien tranquillement installés en Europe, (sic!) voir juifs (sic!) et arabes (resic) s’exterminer réciproquement…bad news,çà ne va pas arriver,en fait. faites vous une raison…vous savez pourquoi? parce qu’ils en ont plein les bottes,pour ne pas dire autre chose…[modéré]

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  • Louis Robert // 31.10.2018 à 14h43

    Sabra et Chatila…

    « Ultimi barbarorum » — Les ultimes barbares. (Spinoza)

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  • max // 31.10.2018 à 20h41

    Les palestiniens (ceux) fuyant les avancées militaires israéliennes et qui ont été contraints de poser leurs valises au Liban et en Jordanie dans les 1eres années se sont comportés, a leur tour, comme une force d’occupation dans les pays d’accueils en questions.
    Sabra et Chatila a été un horrible massacre mais également comme cela a été dit plus haut il y a eu le massacre de Damour https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Damour.
    Je ne mets que cette référence les autres étant insoutenables dans la cruauté que les habitants chrétiens de Damour subirent de la part des forces palestiniennes.
    Les palestiniens prenant leur temps et cela dura des jours.
    Toutes ces victimes, aussi bien de Sabra et Chatila mais aussi de Damour, devant la mort méritent notre compassion.
    J’espère qu’un jour les palestiniens auront un état mais je plein ceux qui y vivront.

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  • Sam // 31.10.2018 à 21h02

    C’est Menahem Begin qui invoque les droits bibliques des juifs sur les territoires palestiniens.
    De même que Netanyahu veut “libérer” la Judée Samarie, le nom biblique de la Cisjordanie, Meyer Habib : la bible est une preuve historique, Etc.

    Dans « les droits bibliques », il n’y a pas seulement le territoire (la Genèse), mais aussi d’en tuer tous les habitants et de réclamer le butin (livres des Nombres, Deutéronome, Josué).
    Toute ressemblance avec la situation actuelle est elle fortuite ?
    “quand il parlait de changement démographique, c’était toujours en termes de tueries et d’éliminations”.

    Je pense que la laïcité, en maintenant la foi dans la sphère privée, commet l’erreur d’évacuer la religion comme l’un des moteurs de l’Histoire et minimise son rôle autant que possible.
    Pourtant, toute cette histoire est principalement motivée par les religions, avec Jérusalem au coeur des trois religions du livre.

    https://www.youtube.com/watch?v=fw7Jnh-GpWE

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    • christian gedeon // 01.11.2018 à 10h13

      Il n’ y a pas de “religions du livre…il faut en finir avec cette expression reprise ad nauseam. cette expression vient directement du Coran (ahl el kitab) et a surtout servi de base à la mise en place du statut de dhimmitude et de soumission des chrétiens vivant sous domination islamique! remise au goût du jour au XIXiéme siècle et au début du XXième par des penseurs comme Comte et son école prêts a faire feu de tout bois contre le christianisme supposé intolérant face à la “tolérance ” de l’Islam,religion du livre oblige. Un pur fantasme…

       1

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    • Marie (Pan Pan) // 02.11.2018 à 18h21

      Sam,
      Je relève avec intérêt votre humour
      léger, inconséquent, par regardant pour un sou sur les aspérités de l’Histoire.
      M’interpelle donc vos références aux “droits bibliques”,
      c’est pourquoi dans un souci de pluralisme et de non discrimination, me voilà regardante sur la jurisprudence islamique classique que ne renie pas l’islam radical sunnite, et qui,pour rappel,
      se fonde sur le mythe impérialiste du Califat.
      Vous parlez des “droits bibliques” territoriaux des juifs.
      Que penser de la revendication d’un renversement de l’ordre non-islamique et de celle d’espaces et de droits supérieurs au droit commun?
      Je précise, l’un des buts de la doctrine salafiste-djihadiste est de rétablir la Charia et le Califat dans le dar al-islam ( territoire ou demeure de l’Islam), par la reconquête des territoires ” perdus” (naaan! pas ceux de la République..) du Califat, d’Israël à l’Espagne, des Balkans, de l’Inde à la Sicile. Ceci légitimé par le corpus islamique toujours enseigné.
      “toute ressemblance avec…..”
      Vous parlez du sort des habitants et du butin que-c’est-écrit-dedans-la-Bible?!
      Autre point du même corpus est l’exhortation à harceler en permanence ( comme durant les pirateries et razzias ottomanes et arabo-berbères),
      puis à occuper les pays des infidèles ( dar al-harb )
      et à tuer ceux qui ne suivent pas l’une des religions du Livre ( le-Coran-qui-le-dit et que dit Christian ): bref les païens, les athées (terme délicat), vous? mais bon on leur ” permet” de se convertir si jamais ils ont le fâcheux goût de vivre,
      ou bien avec quelques variantes pour nous les femmes ((parce qu’on le vaut bien) “promises” à l’esclavage sexuel ( yézidies de Syrie et d’Irak…..”tout ressemblance avec…”).
      Quant au butin (Fay’),
      le droit islamique (comme dans la Bible) légitime la confiscation des biens des infidèles et le prélèvement des butins de guerre ( ” toute ressemblance avec …” ).
      Toujours dans ” l’effort sur le sentier de Dieu ” ( Djihad fi sabill ‘ Allah ) en dar al- harb ( territoire de la guerre, de la mécréance ) ce butin que sont les biens des juifs ou des chrétiens ( jizya ) ou vaincus en général ( ghanima ) appartiennent de facto à l’Islam et sont répartis en vertu des versets du Coran 59,7-10; 49,19; 48,20; 8, 69…
      ” toute ressemblance avec…..”

      J’apprécie beaucoup plus les batailles de polochons à celles, comme ici, de ” besse-tophe ” de religions. C’est une éternelle perte de temps. Mais comme vous m’avez émue je n’ai pas; à mon tour, résisté à sortir ma petite sciençounette.
      D’ailleurs d’autres que nous, beaucoup plus inspirés et savants, y ont perdu leurs plumes et leurs peaux… donc restons à nos niveaux.

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    • Sam // 05.11.2018 à 22h06

      Il y a trois religions antagonistes qui se réclament toutes d’un même livre. C’est incroyable Gédéon, mais c’est comme ça.
      La loi de Dieu. Ou la Sharia si vous préférez Marie. Tirée du pentateuque : le livre en question.
      Et ce livre est précisément ce fond patriarcal et patrimonial à visée millénariste, bizarrement.
      Je n’ai pas pratiqué le polochon depuis longtemps, mais tenez moi au courant.

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  • letaciturne // 31.10.2018 à 22h56

    ” Un massacre parmi tant d’autre ” ou comment justifier un massacre.
    Habile manière de noyer le poisson.
    Et surtout comment passer sous silence que ce massacre a été facilité par un pays qui a l’armée ” la plus morale du monde” dixit BHL.
    Parce que c’est bien là que le bat blesse, n’est ce pas ? L’armée d’un pays dont on nous vante a longueur de journaux le caractere ” démocratique” la ” supériorité morale”, l’attachement aux ” valeurs occidentales ” etc etc et qui finalement se conduit d’une manière abjecte.
    Inutile de rappeler le pedigree de Bachir Gemayel, assassin de Tony Frangié et collabos des israéliens qui rêvait d’un Liban sous la domination exclusive des Chrétiens.
    Je passe sur la justification a posteriori de destruction de l’appareil militaire palestinien puisque cette guerre a commencé d’une manière très différente :
    ” Cependant, les Libanais admettent généralement que la guerre civile a commencé le dimanche 13 avril 1975. Ce jour-là, des fedayins palestiniens organisent un défilé en armes au camp de Sabra pour commémorer l’attaque d’un kibboutz israélien un an plus tôt ; le même jour à Aïn el-Remmané dans la banlieue est de Beyrouth, Pierre Gemayel préside à l’inauguration d’une église ; une automobile passant dans la rue ouvre le feu sur le groupe et tue le garde du corps de Pierre Gemayel. Dans l’après-midi, les miliciens des phalanges libanaises (Kataëb) attaquent un autobus de Palestiniens revenant du camp de Sabra par la même rue et tuent 27 d’entre eux ; dans la journée, les affrontements se généralisent, Palestiniens et phalangistes dressent des barricades et s’affrontent au fusil et à la roquette. Selon certaines sources, l’attentat devant l’église aurait été organisé par le Parti social nationaliste syrien (PSNS) pour venger la mort et la torture dans les prisons infligées par les partisans de Gemayel aux prisonniers du PSNS.”
    Rien a voir donc avec les palestiniens.

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    • christian gedeon // 01.11.2018 à 10h15

      Ah,modéré j’ai été…je le dis donc différemment,creusez un peu vos sources. Votre affirmation ferait rigoler même le palestinien de plus mauvaise foi.

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