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22.octobre.201822.10.2018 // Les Crises

Quand les États-Unis envahissaient la Russie

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Source : Consortium News, 18-07-2018

Dans un contexte de tensions accrues entre les États-Unis et la Russie, et même de rumeurs de guerre, on oublie depuis longtemps l’époque où les États-Unis ont effectivement envahi le pays, explique Jeff Klein.

Au milieu de la frénésie bi-partisane suscitée par le sommet Trump-Poutine à Helsinki, le discours anti-russe enflammé aux États-Unis rend concevable ce qui semblait jusqu’à récemment inconcevable : que des tensions dangereuses entre la Russie et les États-Unis puissent mener à un conflit militaire. C’est déjà arrivé.

En septembre 1959, lors d’un bref dégel pendant la Guerre froide, Nikita Khrouchtchev effectua sa célèbre visite aux États-Unis. À Los Angeles, le dirigeant soviétique fut invité à un déjeuner aux studios de la 20th Century-Fox à Hollywood et au cours d’un long échange décousu, il eut ceci à dire :

« Votre intervention armée en Russie a été la chose la plus désagréable qui ait jamais eu lieu dans les relations entre nos deux pays, car nous n’avions jamais fait la guerre contre l’Amérique jusque-là ; nos troupes n’ont jamais mis le pied sur le sol américain, tandis que vos troupes ont mis le pied sur le sol soviétique. »

Ces remarques de Khrouchtchev ne furent guère reprises dans la presse américaine de l’époque, surtout si on les compare à sa plainte, largement rapportée, selon laquelle il n’avait pas été autorisé à visiter Disneyland. Mais même si les Américains avaient lu les commentaires de Khrouchtchev, il est probable que peu d’entre eux auraient eu la moindre idée de ce dont parlait le premier ministre soviétique.

Mais la mémoire soviétique – et maintenant russe – est beaucoup plus persistante. Les blessures des invasions étrangères, de Napoléon aux nazis, étaient encore fraîches dans la conscience publique russe en 1959 – comme en Russie aujourd’hui – d’une manière que la plupart des Américains ne pouvaient imaginer. C’est entre autres la raison pour laquelle les Russes ont réagi avec tant d’indignation à l’expansion de l’OTAN à ses frontières dans les années 1990, malgré les promesses des États-Unis de ne pas le faire pendant les négociations pour l’unification de l’Allemagne.

L’invasion américaine à laquelle Khrouchtchev faisait référence a eu lieu il y a un siècle, après la Révolution d’Octobre et pendant la guerre civile qui a suivi entre les forces bolcheviques et anti-bolcheviques ; l’Armée rouge contre les Russes blancs. Pendant que les Allemands et les Autrichiens occupaient des parties de l’Ouest et du Sud de la Russie, les Alliés ont lancé leurs propres interventions armées dans le nord de la Russie et en Extrême-Orient en 1918.

Les pays alliés, dont la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, le Japon et les États-Unis, ont invoqué diverses justifications pour envoyer leurs troupes en Russie : « sauver » la Légion tchèque qui avait été recrutée pour lutter contre les puissances centrales ; protéger les stocks militaires alliés et les tenir hors de portée des Allemands ; préserver les communications via le Transsibérien ; et peut-être rouvrir un front oriental durant la guerre. Mais le véritable objectif – rarement admis publiquement au début – était d’inverser les événements d’octobre et d’installer un gouvernement russe plus « acceptable ». Comme Winston Churchill l’a dit plus tard, l’objectif était « d’étrangler l’enfant bolchevique dans son berceau ».

En plus de la Sibérie, les États-Unis se sont joints aux troupes britanniques et françaises pour envahir Arkhangelsk, dans le Nord de la Russie, le 4 septembre 1918.

En juillet 1918, le président américain Woodrow Wilson avait personnellement dactylographié un « Aide-mémoire » sur l’action militaire américaine en Russie, que le secrétaire à la Guerre avait remis au début du mois d’août au général William Graves, le commandant désigné des troupes américaines en route pour la Sibérie. Le document de Wilson était curieusement ambivalent et contradictoire. Il commençait par affirmer que l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures de la Russie était « inadmissible » et concluait finalement que l’envoi de troupes américaines en Sibérie ne devait pas être considéré comme une « intervention militaire ».

L’intervention de non intervention

Mais l’intervention américaine a commencé lorsque les soldats américains ont débarqué à Vladivostok le 16 août 1918. Il s’agissait des 27e et 31e régiments d’infanterie, unités de l’armée régulière qui avaient participé à la pacification des Philippines occupées par les États-Unis. Finalement, il devait y avoir environ 8 000 soldats américains en Sibérie.

À en juger par ses mémoires, le général Graves était étonné de voir à quel point la situation sur le terrain en Sibérie était différente de ce que ses vagues instructions semblaient suggérer. D’une part, les Tchèques n’avaient guère besoin d’être secourus. À l’été 1918, ils avaient facilement pris le contrôle de Vladivostok et de 1 600 kilomètres du Transsibérien.

Pendant un an et demi, le général Graves, qui semble être un soldat professionnel honnête et apolitique, a lutté pour comprendre et mener à bien son mandat en Sibérie. Il semble avoir déconcerté le département d’État américain et ses collègues commandants alliés en s’accrochant obstinément à une interprétation littérale de l’Aide-mémoire de Wilson comme imposant une non-intervention stricte dans les affaires russes. Le général semblait incapable de remarquer le large “clin d’œil” avec lequel tout le monde comprenait ces instructions.

Graves s’est efforcé de maintenir la « neutralité » entre les différentes factions russes luttant pour le contrôle de la Sibérie et de se concentrer sur sa mission de protéger le chemin de fer et le matériel militaire allié. Mais il était aussi assez imprudent pour dénoncer les atrocités « blanches » et « rouges » ; exprimer son dégoût pour les différents seigneurs de guerre soutenus par les Japonais en Sibérie orientale et, plus tard, pour faire une évaluation sceptique (et justifiée) à propos du faible appui populaire, de l’incompétence et des perspectives peu enthousiasmantes des forces anti-bolcheviques.

On a laissé entendre, de façon absurde et à ses dépens, que le général était peut-être un sympathisant bolchevique. Accusation qui a motivé en partie la publication de ses mémoires.

Face aux pressions exercées par les responsables du département d’État et d’autres commandants alliés pour qu’il soutienne plus activement les « bonnes » personnes en Russie, M. Graves demanda à plusieurs reprises à ses supérieurs à Washington si ses instructions initiales de non-intervention politique devaient être modifiées. Personne, bien sûr, n’était disposé à mettre par écrit une politique différente et le général du lutter pour maintenir sa « neutralité ».

Au printemps et à l’été 1919, cependant, les États-Unis s’étaient joints aux autres Alliés pour fournir un soutien militaire manifeste au « Guide suprême », du régime blanc, l’amiral Alexandre Koltchak , basé dans la ville de Sibérie occidentale d’Omsk. Au début, cela s’est fait discrètement, par l’intermédiaire de la Croix-Rouge, mais plus tard, cela a pris la forme d’envois directs de fournitures militaires, y compris des wagons de fusils dont on a demandé à Graves de surveiller la livraison en toute sécurité.

Intervention nationale

Mais les perspectives d’une victoire de Kolchak s’estompèrent rapidement et les Blancs de Sibérie se révélèrent être une cause perdue. La décision de retirer les troupes américaines fut prise à la fin de 1919 et le général Graves, avec le reste de son personnel, quitta Vladivostok le 1er avril 1920.

Au total, 174 soldats américains ont été tués lors de l’invasion de la Russie. (L’Union soviétique a été formée le 28 décembre 1922.)

Il est intéressant de noter que les pressions en faveur du retrait des troupes américaines de Sibérie ont été exercées par des soldats en colère et par l’opinion qui s’opposait à la poursuite du déploiement d’unités militaires à l’étranger longtemps après la conclusion de la guerre en Europe. Il est à noter qu’au cours d’un débat du Congrès sur l’intervention russe, un sénateur a lu des extraits de lettres de soldats américains pour appuyer les arguments en faveur de leur rapatriement.

Lettre à sa famille d’un soldat américain lors de l’invasion de la Russie

De plus, comme lors d’interventions étrangères ultérieures des États-Unis, les soldats avaient une piètre opinion des gens qu’ils étaient censés libérer. L’un d’eux écrivit chez lui le 28 juillet 1919 depuis sa base de Verkhne-Udinsk, maintenant Ulan Ude, sur la rive sud du lac Baïkal :

« La vie en Sibérie peut sembler excitante, mais elle ne l’est pas. Ça va pour quelques mois, mais je suis prêt à rentrer chez moi… Tu veux savoir si j’apprécie les gens ? Je vais te dire, on ne peut pas dire que ce sont des gens, mais c’est des sortes d’animaux. Ce sont les gens les plus ignorants que j’aie jamais vus. Oh, je peux comprendre un mot de leur jargon s’ils ne sont pas fâchés quand ils parlent. Ils jacassent vraiment à toute vitesse dans leur jargon quand ils s’énervent. Ces gens n’ont qu’une seule ambition : boire plus de vodka que tous les autres. »

En dehors du département d’État et de certaines élites, l’intervention américaine n’avait jamais été très populaire. Comme l’a fait remarquer un historien, il était maintenant largement admis qu’il y avait peut-être « plusieurs raisons pour lesquelles les bidasses sont allés en Russie, mais il n’y avait qu’une seule raison pour laquelle ils y sont restés : intervenir dans une guerre civile pour voir qui allait gouverner le pays ».

Après 1920, le souvenir de « l’Aventure sibérienne de l’Amérique », comme l’appelait le général Graves, s’évanouit rapidement dans l’obscurité. Le public américain est connu pour son amnésie historique, même si des aventures militaires similaires se sont répétées encore et encore au fil des ans depuis lors.

Il semble qu’il faudra peut-être nous rappeler pratiquement à chaque génération les dangers de l’intervention militaire à l’étranger et la simple vérité énoncée par le général Graves :

« […] il n’y a pas une nation sur terre qui ne s’opposerait pas à ce que des étrangers envoient des troupes dans leur pays, dans le but de mettre au pouvoir telle ou telle faction. Le résultat n’est pas seulement une atteinte au prestige de l’étranger qui intervient, c’est aussi un grand handicap pour la faction que l’étranger essaie d’aider. »

Le général Graves écrivait sur la Sibérie en 1918, mais cela aurait aussi bien pu être le Vietnam dans les années 1960 ou l’Afghanistan et la Syrie maintenant. Ou un avertissement aujourd’hui sur les 30 000 soldats de l’OTAN aux frontières de la Russie.

Jeff Klein est un président de syndicat local à la retraite qui écrit fréquemment sur les affaires internationales et en particulier sur le Moyen-Orient. La carte postale et la lettre du soldat font partie de sa collection personnelle.

Source : Jeff Klein, Consortium News, 18-07-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

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Commentaire recommandé

douarn // 22.10.2018 à 08h02

Bonjour
Peut être peut on aussi évoquer une autre raison : le pétrole de Bakou, l’une des activités les plus stratégiques au développement galopant de l’industrie occidentale des roaring twenties.

Ces champs pétrolifères étaient exploités par les Nobel, Rotschild et Rockfeller dans des conditions plus qu’effroyables (explosions, pollutions, incendies, conditions de travail inhumaines). Les bolcheviks ont nationnalisé ces compagnies privées en juin 1918. L’invasion occidentale commence vers la fin de l’été 1918.
http://branobelhistory.com/themes/society/the-bolsheviks-march-into-baku-and-socialise-branobel/

A signaler quà cette époque, Staline était un jeune ouvrier travaillant à Bakou, connu pour organiser des émeutes et grèves.

78 réactions et commentaires

  • douarn // 22.10.2018 à 08h02

    Bonjour
    Peut être peut on aussi évoquer une autre raison : le pétrole de Bakou, l’une des activités les plus stratégiques au développement galopant de l’industrie occidentale des roaring twenties.

    Ces champs pétrolifères étaient exploités par les Nobel, Rotschild et Rockfeller dans des conditions plus qu’effroyables (explosions, pollutions, incendies, conditions de travail inhumaines). Les bolcheviks ont nationnalisé ces compagnies privées en juin 1918. L’invasion occidentale commence vers la fin de l’été 1918.
    http://branobelhistory.com/themes/society/the-bolsheviks-march-into-baku-and-socialise-branobel/

    A signaler quà cette époque, Staline était un jeune ouvrier travaillant à Bakou, connu pour organiser des émeutes et grèves.

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    • yann // 22.10.2018 à 08h35

      merci pour cette information dont évidement j’étais totalement ignorant

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    • Jérôme // 22.10.2018 à 13h57

      Euh, Staline n’a séjourné que quelques mois à Bakou, et la très grande majorité de son séjour s’est déroulée derrière les barreaux d’une prison. Il n’y a pas exercé le métier d’ouvrier dans l’industrie pétrolière.

      Je vous invite à lire une bonne biographie de Staline. Celle, très récente, écrite par Oleg Khlevniuk est excellente.

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      • douarn // 22.10.2018 à 17h51

        Bonjour Jérôme

        Ce fait est rapporté dans le livre de Mathieu Auzanneau “Or noir, la grande histoire du pétrole”.

        Comme la méta-information est toujours aussi intéressante que l’information, j’ai essayé de trouver de la documentation sur Oleg Khlevniuk pour tenter de savoir comment il se situait. Il semblerait que Oleg Khlevniuk soit membre de la royal historical society of London peut encline à tresser des lauriers aux communistes pour autant que j’ai pu en juger. Avez vous d’autres informations à ce sujet?
        Merci

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        • Jérôme // 22.10.2018 à 20h24

          Oleg Khlevniuk est un des historiens de référence sur Staline. Lui a fait un travail scientifique soumis à l’examen minutieux de ses pairs historiens. La question de savoir « où il se situe » n’est pas le sujet : un critique de Staline peut être honnête. Les bons historiens ont tendance à dire que pour faire une bonne biographie historique, il vaut mieux ne pas trop aimer son personnage.

          Et il y a tout lieu de penser qu’un historien spécialiste de Staline a fait un travail mieux sourcé et plus fiable qu’un journaliste éclectique et engagé glissant un entrefilet sur Staline dans un ouvrage consacré au pétrole.

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      • Amourdesamours // 23.10.2018 à 08h44

        Tout à fait d’accord. L’ ouvrage – Staline – d’Oleg Jhlevniuk, le plus éminent spécialiste russe du stalinisme est devenu mon livre référent. Maitre Régis De Castelnau recommandait cet auteur dans un de ses articles, récemment. En effet, passionnant.

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        • degorde // 23.10.2018 à 11h03

          Il y a encore mieux et peut être plus objectif : “Staline” de Domenico Losurdo. Ca rétablit pas mal de vérité et notamment démonte le rapport Kroutchev. Cordialement

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    • matavar // 23.10.2018 à 17h25

      A noter qu’en 1940 encore, les élites françaises parlaient d’attaquer les sites pétrolifères de Bakou, soi-disant pour affaiblir le régime…nazi, “allié” des Soviétiques à l’époque, alors que Bakou servait uniquement aux Soviétiques puisque le régime nazi se servait allègrement en Roumanie.

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  • RGT // 22.10.2018 à 08h14

    Tiens, le soutien à cette “pré-révolution de couleur” ne m’a jamais été transmise…

    Même par les communistes français qui devaient eux aussi ignorer cet “acte de bravoure” des USA.

    Pour résumer, j’aimerais qu’on me signale UN SEUL pays occidental qui n’ait pas essayé d’intervenir militairement (directement ou par proxy interposé) pour aller foutre le bordel chez les autres.

    Et depuis le commencement de l’histoire de l’humanité “civilisée” ces actions sont communes et permanentes.

    Les humains auraient mieux fait de rester “sauvages”, les conséquences en auraient été largement moins néfastes.

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    • yann // 22.10.2018 à 08h41

      Je ne me sens pas coresponsable des délires des petites minorités qui atteignent les manettes du pouvoir politico-économique que ce soit hier,maintenant ou demain.
      ceci est bien évidement une réaction à l’emploi du terme l’humanité.

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      • jdautz // 22.10.2018 à 11h46

        Non, mais de toute évidence tu fais partie d’une société de chimpanzés, pardon, bipèdes au fonctionnement social hiérarchique préhistorique qui n’a guère évolué en comparaison des sociétés tribales agressives des primates sus-cités et qui conduit de manière systémique les pires sociopathes au pouvoir.

        Tu n’est pas responsable des actions de ces sociopathes totalement dépourvu d’empathie, mais tu as ta responsabilité partagée, et dont je me sens moi même infiniment coupable, de ne pas avoir trouvé un système pour ne pas leur donner le pouvoir.

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        • Fabrice // 22.10.2018 à 12h38

          Restons poli comme devrait l’être tout dialogue humain un tant soit peu réfléchi jdautz, posez des arguments, des explications mais votre intervention n’honore pas ce site qui se veut de dialogue, merci.

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        • yann // 22.10.2018 à 13h21

          J’avais pris la précaution de critiquer le terme humanité. J’aurais pu aussi m’attaquer au mythe du bon sauvage… Rassurez vous, vous n’êtes pas coupable d’individu qui ont une “influence social minoritaire” qui va influencer une partie ou toute la société, par contre cette responsabilité est le fait de sa diffusion par des corps intermédiaires, dont c’est notre devoir de faire vivre en fonction de nos moyens et disponibilités…

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      • Chris // 22.10.2018 à 12h45

        “Je ne me sens pas coresponsable des délires des petites minorités qui atteignent les manettes du pouvoir politico-économique que ce soit hier, maintenant ou demain”
        Moi itou !
        Mais il faut reconnaitre que les peuples occidentaux, dont mes ascendants et moi-même, ont profité du “ruissellement” de ces opérations militaires prédatrices. Nos édifices publiques et industriels (une grandeur passée dont nous nous désolons…) sont là pour en témoigner.
        Les serfs autochtones furent simplement remplacés par les serfs exogènes… DDH et démocratie post 1789 obligent.

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        • Bibendum // 22.10.2018 à 14h29

          “Nos édifices publiQUEs…” moi ça me pique l’œil en plus de me désoler de la grandeur passée de l’orthographe et de la grammaire… UN édifice publiC ! A la rigueur avec un “s” si ce sont les nôtres 😉

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          • Chris // 22.10.2018 à 14h42

            Faute d’inattention : j’ai remplacé le mot “constructions” par “édifices” plus approprié.
            Réaction très franco-française, pays républicainement monolingue, plus centré sur la forme que le fond… laquelle m’étonnera toujours.

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            • Kiwixar // 23.10.2018 à 01h34

              “pays républicainement monolingue, plus centré sur la forme que le fond”

              Il faut 3 neurones pour réflechir à la forme (orthographe, apparence vestimentaire, etc) et peu de courage pour se moquer d’un travers de forme d’autrui. Il faut tout le cortex pour réflechir sur le fond et il faut du courage pour argumenter.

              Fainéantise & lâcheté, deux traits largement raipendus.

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    • antoniob // 22.10.2018 à 16h22

      > le soutien à cette “pré-révolution de couleur” ne m’a jamais été transmise

      je ne sais pas ce qu’il en est de l’enseignement de l’Histoire aujourd’hui en France et autres pays francophones, mais la mention des interventions euro-américaines en Russie Soviétique lors de la guerre civile faisaient parti des programmes de lycée qui couvraient la 1ère GM et la Révolution russe, celle-ci étant la conséquence de celle-là.
      Une ironie de la chose est que les Allemands soutenaient les léninistes avec l’idée qu’une révolution ait comme effet le retrait russe de la guerre, permettant de réorienter les ressources du front Est sur le front Ouest. La révolution pour changement de régime a fonctionné mieux que prévu, mais l’effet n’a pas été celui escompté.

      Les interventions euro-américaines sur le sol russe ont été aussi l’une des causes exacerbant la Terreur Rouge, et renforçant le thème de la “patrie en danger”, de l’ennemi extérieur et fournissant le motif passe-partout d’agents et influences des capitalistes, comme excuse ajoutée à d’autres pour des arrestations arbitraires afin d’alimenter les nouvelles mines et industries en esclaves du goulag se mettant en place, les pionniers et volontaires ne suffisant pas du tout à fournir les vastes main d’oeuvres nécessaires.

      Ces interventions ont renforcé les Robespierre bolchéviques, tout le règne de Staline étant une sorte de continuation des thèmes de la Terreur Rouge.

      Les élites allemandes occidentistes (dans le sens de Zinoviev) et américanistes n’ont visiblement pas la compréhension de l’Histoire: l’Allemagne a été détruite et la deuxième fois particulièrement, en raison de ses plans foireux de vouloir déstabiliser la Russie, puis l’URSS, et qui à chaque fois ont induit des niveaux de chaos et des dynamiques se retournant contre leurs instigateurs.

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  • Brigitte // 22.10.2018 à 08h45

    et la France toujours dans la bande des prédateurs, en tant que puissance militaire et coloniale, ne voulant pas laisser les anglo-saxons rafler la mise et s’alliant avec eux pour se partager le gâteau. ça continue encore aujourd’hui, sauf que les anciennes puissances coloniales et la France en particulier sont juste des pions.

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  • anyone // 22.10.2018 à 08h47

    À ce propos, les mémoires du général commandant le corps expéditionnaire américain en Sibérie : http://editionsdelga.fr/portfolio/les-aventures-siberiennes-des-etats-unis/

    Intéressant à lire, et les mémoires ont l’air honnêtes (faut se méfier, même avec sa propre mémoire ;)).

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  • Villegagnons // 22.10.2018 à 09h10

    Plus intéressant serait de comprendre comment la France a noué ses premiers contacts avec la Russie. Ce n’est pas notre rôle de réécrire l’histoire russe ou américaine. En revanche, il convient de positionner la France dans cette dialectique. Revenons plutôt à l’histoire franco-russe à partir de l’extension commerciale des marchands protestants de Dieppe, preuve historique manifeste que la thèse de Max Weber est fausse car le capitalisme précédait le protestantisme :
    https://www.lecourrierderussie.com/culture/2018/10/traces-francaises-jean-sauvage/?fbclid=IwAR2j3NLWraZzBcxiGttV3NyQUbX98dMjmhHDbq66n8hFU-bcgiF8fG-U2YQ

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    • jdautz // 22.10.2018 à 12h53

      Je répondrait mieux si certains ne fournissaient pas des liens débouchant sur rien, ou plutôt des choses inaccessibles sans un abonnement payant.
      En tout cas il me semble qu’il y a souvent une grosse confusion sur la notion de “capitalisme”. La notion de “propriété privée” et la la monétisation des transactions existent aussi dans d’autres système que le “capitalisme” qui désigne quand même un système assez précis et identifiable autant que le système féodal par exemple (généralement aussi bien décrit que le Venezuela ou la Corée dans les pages du “Monde”).

      D’ailleurs actuellement chez nous on est totalement sorti du système capitaliste, il faut appeler les choses par leur nom : Dans le système capitaliste ce qui est important c’est le capital ! C’est ce qu’on m’a appris quand j’étais petit : Il faut sauver le mobilier, et au grand jamais le vendre a la découpe comme le font Macron-le-liquidateur et ses prédécesseurs !!!

      L’argent est un outil au service de ce capital matériel et concret dans la réalité physique.

      Or, nous avons renversé le paradigme ! L’outil est devenu l’objectif : on “se fout” du capital, le capital n’est plus que le faible rattachement a la réalité physique nécessaire a établir une “base de confiance” au flux financiers qui sont devenus virtuels et très peu connectés a la réalité physique. La réalité physique n’est plus qu’un enjeu de pari du grand casino virtuel “des marchés”, et quand on voit sur quoi les Anglais parient on comprend certaines choses dans le fonctionnement de notre “””économie””” : “l’Économie”, le “Libéralisme”, “personne morale”, tout ce système est entièrement composé de mots mensongers qui veulent dire la chose et son contraire ou tout autre chose, et qui rendent la défense intellectuelle terriblement difficile, si ça vous rappelle un livre… et nous nous sommes tellement habitué a ce mensonge permanent qu’on ne le voit plus. Bref…

      Une des grosses différences entre les deux systèmes est la manière de considérer les gens. Le capitalisme exploitait une “force de travail”, les gens (la plèbe…) étaient instrumentalisés (au sens propre) mais on avait besoin d’eux. Aujourd’hui les gens sont des flux chiffrés, il y a une déconnexion de plus en plus grande entre la réalité physique et le monde virtuel de ces flux chiffrés dont la valeur ne repose que sur la confiance qu’on leur donne… et une terrible corruption. Les gens (la plèbe) ne sont plus que des variables d’ajustement. la guerre, la répression, la misère de variables d’ajustement ne créent pas d’empathie.

      Cette société actuelle est sociopathe de manière systémique ! Elle ne peut conduire que les pires sociopathes au commandes. Il y a un terrible parallèle qui existe entre la perversion narcissique et notre société; L’apparition de Macron, Trump, Clinton etc. aux poste clé, ou inversement des nazillons en puissance, n’est qu’infiniment logique dans le système des “marchés dérégulés du système ultra-libéral” (appelez ça comme vous voulez, on peut par exemple appeler ça aussi “du grand casino virtuel de notre système pervers et Mafieux”).

      il ne faut attendre de ce système que perversion, guerre, répression et destruction. Il faut se fourrer le doigt dans l’œil jusqu’aux orteils pour penser qu’il va volontairement faire quelque chose pour la paix, le climat, la santé, la sécurité, “le pays”, ou quoique ce soit sans y être contraint ou avant de s’être effondré (ce qui ne saurait tarder beaucoup, mais a un prix qui risque d’être colossal et qui peut engager la survie de l’espèce…).

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      • Bibendum // 22.10.2018 à 15h49

        Propos forts intéressants, mais oublier le “capitalisme” car le “financiarisme” l’a tueR 😉

        Naissance de la première banque centrale “nationale” au Royaume-uni au 17ème siècle, puis en France, puis USA, puis, puis, puis…

        Le but n’est plus de détenir les outils de production et diriger les hommes et les femmes qui s’accouplent s’accomplissent à les faire fonctionner, mais de détenir l’ensemble des moyens de production, l’ensemble des ressources à transformer, que ce soit en énergie ou en produit, mais aussi et surtout, détenir l’ensemble des leviers de pouvoir, dans le sens de “pouvoir faire”.

        Comme:
        -Pouvoir faire rire,
        -Pouvoir faire chanter,
        -Pouvoir faire collaborer,
        -Pouvoir faire taire,
        -Pouvoir faire…

        Depuis, donc, le 17ème siècle au moins, des individus inscrits en dynastie ont compris que l’argent, ou tout ce qui peut symboliser une valeur, serait un instrument de “Pouvoir faire… faire”. C’est ainsi que ces dynasties ont financé toutes les guerres impériales en apportant des fonds à chaque belligérant, se faisant rembourser, d’une part par le vainqueur, d’autre part en dépouillant la bête; le perdant: Constitution entre autre de la BRI à partir de la défaite de l’Allemagne et les compensions de guerre qu’elle devait payer.

        Le système financiarisé ne s’embarrasse plus du vieux paradigme capitaliste trop archaïque et basé sur “l’humain” qui lui est trop empirique. Le système financier veut un contrôle absolu sur toute la réalité connue et imaginable. Imaginable comme les OGM, l’IA, la Robotique, le Quantique et toutes ces choses “merveilleuses” auxquelles la plèbes n’a pas vraiment le loisir de consacrer beaucoup de neurones; comprenez vous bien, il y a soit foot, soit piscine…

        Quant à l’effondrement. Hum… Disons qu’ils, les dynasties au centre de ce post, ont une longueur d’avance sur les peuples et les nations. Chaque crise financière peut leur être imputé tout comme chaque guerre. Ils gonflent les bulles “virtuelles” sur n’importe quel domaine ayant trait avec la vie réelle et qui est dans leur collimateur. Et lorsque la plèbe a fait le job dans ce secteur elles, les dynasties, pique la bulle qui fait plouf et nous avec. Ils ne leur reste qu’a récupérer le domaine à vil prix selon les règles du marché promptement renfloué.

        Le cas de la bulle de l’informatique est édifiant. Artificiellement gonflée, tous les véritables petits génies du code sont tombés dans le piège et se sont fait dépouiller tout en rêvant start-up !!!

        Idem pour les subprimes, qui n’était qu’un autre moyen de gonfler une bulle sur l’immobilier. Puis pic la bulle et plouf le marché de l’immo, aux states, mais aussi chez les espinguoins et probablement en Italie bientôt. Bien sur, des boites comme blackstone tirent leur épingle du jeu et rachète la pierre à pas cher tandis-que la plèbe, collectivement, renfloue les naufragés (pas les sdf, hein, mais le banques faillies).

        En Grèce, avec tout un tas de chiffres bidonnés, un dumping du crédit au particulier, l’exacerbation de vieux griefs avec leurs voisins, rebelote, grosse bulle d’emprunt, puis pic, puis plouf. Les banques Franco et Allemando, en sus de la BCE, raflent le pompon. Quelques 5 milliards de Roros de bénef pour cette dernière.

        Cela fait bien longtemps que la finance ne joue plus le capital. La finance joue le pouvoir en mode highlander. Le capital productif, après chaque bulle, est concentré entre les mains de petits milliardaires, très vulnérables, qui orbitent autour de trust, de sociétés multinationales anonymes, les dynasties citées plus haut. C’est auprès d’elles qu’elles prennent les ordres et les exécutent sans sourcilier avec prime et bonus à la clé.

        Suffit de voir comment les GAFA s’exécutent pour censurer la toile, se souvenir de la fameuse bulle de l’informatique des années 2000, pour comprendre comment les peuples se font spolier à chaque crise.

        Oui, il y aura une crise financière prochainement et un nouveau paradigme. Dans le collimateur ? Les états-unis d’Amérique, le dollar, le conservatisme, les états nations, le sédentarisme, la solidarité, et bien sur, tous les populismes.

        La prochaine crise vise un nouvel ordre mondial avec un seul centre de pouvoir, sous l’égide d’un seul centre financier, avec DTS (Bancor de Keynes) comme monnaie mondiale et probablement un système électronique de type blockchain pour la faire circuler sous contrôle total.

        Bien sur, pour que cela advienne il faut une relative collaboration des masses, fort trop nombreuses au demeurant et pour beaucoup trop rebelles. Quelques guerres civiles devraient mettre du plomb dans la tête de tout un chacun. Sens propre et figuré pour le plomb dans la tête.

        In fine, nous pourrions voir bientôt ce jour où les masses, du moins ce qui en restera, supplieront la fin de la guerre à tout prix et ce pris sera celui du nouvel ordre mondial, ordo-libéralo-démocratico-socialistico-panurgien, connu depuis le siècle dernier sous le nom du “MEILLEUR DES MONDES”.

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        • Paco Tyson // 23.10.2018 à 01h37

          “Idem pour les subprimes, qui n’étaiENt qu’un autre moyen” 😉

          (et oui, ça arrive à tout le monde…)

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    • R.C. // 22.10.2018 à 14h26

      @ Villegagnons – Ça remonte à mai 1051, date du mariage de la princesse Anne de Kiev avec Henri Ier, roi des Francs…

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      • Villegagnons // 22.10.2018 à 14h57

        Oui mais, à ce petit jeu des origines, on peut remonter encore plus loin car les rus étaient des celtes déjà implantés aussi en France :
        https://www.persee.fr/doc/slave_0080-2557_1922_num_2_1_1022
        Ce que je veux dire c’est que la Russie a connu également un moyen-age, comme.nous, et que ce ne sont que les échanges commerciaux qui l’ont tiré de cet état. Par ailleurs, l’histoire de Jean Sauvage n’a été redécouverte que récemment suite à la guerre de Crimée de 1830. Deux manuscrits ont alors été récupérés dont l’analyse montre bien que s’ils avaient été bien exploités à l’époque, la période nihiliste russe aurait pu être évitée…

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        • Marie // 24.10.2018 à 14h15

          Un peu court Villegagnons,
          permettez-moi d’en remettre une couche:
          La Russie semble devoir son nom aux varègues appelés Rùs
          (roux, rouquin couleur qui frappa les “grecs” de l’époque c’est-à-dire les byzantins, les slaves et les arabes).
          Les varègues ( voeringr) sont les scandinaves qui choisirent la Russie et l’Asie pour leurs activités de commerçants comme à Odessa ( Holmgarôr en vieux Norois) et Kiev ( Koenugarôr ) oû la population locale les convièrent (oui oui ) ou par la force ailleurs.
          On les englobe sous le terme viking (vikingr) mais propement dit les vikingr opéraient en Occident. Voeringr et vikingr appelés communément vikings étaient à la fois des guerriers et des commerçants fort avisés (la balance à peser l’argent haché dans une main et l’épée à double tranchant dans l’autre) et n’ont donc pas seulement colonisé une partie de l’Europe occidentale.
          En Russie comme en France on trouvait certes des Celtes mais aussi des scandinaves…

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  • Pym // 22.10.2018 à 09h47

    Les mémoires du général Graves viennent d’être publiées pour la première fois en français par les éditions Delga:

    William S Graves
    Les aventures sibériennes des Etats-Unis 1918-1920
    Delga (2018) 20€

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  • Serge WASTERLAIN // 22.10.2018 à 09h51

    Dans le même ordre d’idée, on peut rappeler que les opérations militaires d’envergure étudiées par l’état-major français pendant la drôle de guerre de septembre 1939 à mai 1940 était un débarquement à Mourmansk ou Arkhangelsk et en Krimée… …l’offensive du 7 au 21 septembre de la Sarre étant une plaisanterie pour sauver les apparences vis-à-vis de la Pologne avec qui la France s’était engagée d’ouvrir un front à l’ouest dans les quinze jours en cas d’invasion allemande !

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    • Fritz // 22.10.2018 à 10h02

      Une plaisanterie, en effet, mais qui a fait des morts (quelques centaines ?), notamment à cause des mines allemandes. Quant aux projets de l’état-major pour attaquer l’URSS, sans les justifier, je rappelle néanmoins que l’URSS avait elle aussi attaqué la Pologne (17 septembre 1939), dans le cadre du pacte germano-soviétique, avant d’attaquer la Finlande (le 30 novembre 1939).

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      • Serge WASTERLAIN // 22.10.2018 à 10h52

        Effectivement, mais rappelons aussi que les territoires polonais envahis par l’URSS étaient ceux que la Pologne qui refusait la ligne Curzon avait conquis militairement lors de la guerre russo-polonaise de février 1919 à mars 1920, tout comme elle avait conquis une partie de la Galicie Ukrainiene en faisant la guerre à l’Ukraine (1918/1919) ainsi qu’une partie de la Lituanie dont Vilnuis en lui faisant une guerre éclaire en 1920.
        Se payer trois guerres en renaissant après 135 ans de mise en veilleuse, faut l’oser !
        PS : Je n’ai pas utilisé le mot plaisanterie par mépris pour les morts qu’ils soient français ou allemands, mais par rapport au traité franco-polonais qui engageait la France à ouvrir un front à l’ouest endéans quinze jours à compter du commencement du conflit

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        • Fritz // 22.10.2018 à 10h56

          Exactement, rien n’est simple. Et c’est l’URSS qui a rendu Vilnius à la Lituanie, laquelle avait dû se contenter de Kaunas comme capitale entre les deux guerres mondiales.

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      • Tonton Poupou // 22.10.2018 à 11h07

        L’URSS en 1939, a récupéré – au mètre carré près – les territoires que les polonais avaient pris aux russes en 1920 en les attaquant. En 1939 les russes ne faisaient que reprendre ce qui leur appartenait. Cette agression polonaise de 1920 eût aussi pour conséquence la mort tragique de plusieurs milliers de soldats russes – sous le commandement du jeune Staline – fait prisonniers par les polonais dans des conditions de captivité effroyables. D’aucuns avancent aujourd’hui que Katyn fût la vengeance de Staline 20 ans plus tard.

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        • antoniob // 22.10.2018 à 16h03

          Katyn comme la vengeance des Bolchéviques contemporains du massacre des troupes russes en Pologne est une explication habituelle dans l’historiographie russe post-1991.
          Au sujet de ces soldats russes: la Russie voulait installer un petit monument mémorial en Pologne, refus du gouvernement polonais. Des russes profs de français que je connais dans la région Oural, discutant de ces périodes, sont toujours choqués du fait que ces évènements sont généralement passés sous silence dans l’enseignement de l’Histoire en Europe de l’Ouest, dans un dispositif manichéen où la Russie et l’URSS ne peuvent être que les Méchants dans chaque cas de figure. Et bien sûr le refus polonais au petit mémorial a été très mal perçu au sein des milieux cultivés russes.

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      • Jérôme // 22.10.2018 à 14h05

        L’URSS n’avait pas seulement annexé une moitié de la Pologne. Jusqu’au 21 juin 1941 inclus, elle fournissait l’Allemagne nazie en pétrole et en une foultitude d’autres matières premières. Allemagne nazie et URSS ont été alliées de facto pendant presque 2 ans, même si Staline l’a fait pour détourner vers l’ouest l’orage nazi que les britanniques voulaient lancer contre l’URSS (d’où les accords germano-britanniques de 1935 favorisant le réarmement allemand au grand dam de la France, toujours cocue).

        C’est pour cela que les alliés envisageaient de bombarder les champs pétroliers de Bakou.

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        • Sandrine // 22.10.2018 à 14h53

          Donc, celine votre thèse, les États-Unis étaient aussi alliés « de facto » de l’Allemagne nazie avant que celle-ci ne leur déclare la guerre puisqu’ils avaient des intérêts économiques en Allemagne.

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          • BOURDEAUX // 22.10.2018 à 18h06

            Vous ne faites donc pas de différence entre une entreprise et un état ? Ni entre un pacte signé par deux gouvernements et de vagues intérêts d’une entreprise multinationale ?

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            • Sandrine // 22.10.2018 à 21h07

              Aux Usa, les entreprises font partie de l’Etat profond – ce sont elles qui financent la politique. Si vous n’avez pas compris ça, vous n’avez rien compris à l’histoire du siècle dernier.
              Et comme il est expliqué dans le lien que j’ai mis dans mon message ci-dessous (que vous n’avez visiblement pas pris la peine de lire), ce sont les intérêts économiques des usa, c’est à dire ceux de sa classe de grands capitalistes, qui ont conditionné son engagement dans la seconde guerre mondiale. Et certainement pas le soit disant idéalisme anti-fasciste dont ils se sont targué fort opportunément après-guerre.
              Au début début de la guerre, l’intérêt de la majorité des grands capitalistes américains était que l’Allemagne gagne (et notamment qu’elle gagne contre les puissances impérialistes européennes françaises et anglaises)

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            • BOURDEAUX // 23.10.2018 à 12h36

              @sandrine : c’est vraiment du grand n’importe quoi. Ca me sidère de voir le nombre de lecteurs de ce blog qui s’obstinent à accuser les US d’être un fasciste déguisé. Pour rappel, les US sont le seul pays occidental à n’avoir jamais cessé d’être une démocratie depuis plus de 2 siècles. Les US méritent des critiques, comme tout pays, à condition que ce soient les bonnes….

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            • Sandrine // 23.10.2018 à 14h45

              @Bourdeau.
              Pour rappel (je reprends votre expression…) les US sont le dernier pays occidental à avoir aboli l’esclavage ( en 1865 – même la Russie a aboli le servage plus tôt, en 1861). Il sont aussi le seul pays occidental a avoir instauré un régime de ségrégation qui a perduré après la seconde guerre monde et la déclaration universelle des droits de l’homme. Donc si vous appeler cette situation ” une démocratie qui n’a jamais cessé depuis deux siècles”, il va falloir que vous m’expliquiez en quoi l’esclavage et la ségrégation raciale sont compatibles avec le principe de la démocratie.

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        • Sandrine // 22.10.2018 à 15h48

          Afin d’appuyer mon propos ci-dessus, que, je pressens, vous pourriez avoir envie de contester :
          https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/les-usa-et-la-guerre-1939-1945-une-13787

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        • degorde // 23.10.2018 à 11h15

          Le Pacte Germano Soviétique n’a jamais été un traité d’alliance. Comme d’autres ici le rappellent il a été signé en désespoir de cause après que toutes les tentatives russes de renouveler l’alliance de revers aient été repoussées par Paris et Londres. On se souvient moins, car rarement cités, d’autres pactes signés avec l’Allemagne nazie plus ambitieux; notamment le pacte naval du 18 juin 1935 entre l’Allemagne et la Grande Bretagne, qui livrait à la première la contrôle de la Baltique pour bloquer la flotte russe. Ni le pacte signé dès juillet 1934 avec la Pologne, qui avait pour ambition secrète un partage de l’Ukraine.
          Le pacte signé en 1939 n’était même pas une surprise, malgré les comédies jouées à Londres et Paris. La rumeur en courait depuis 1934 que si Staline n’obtenait pas une réponse favorable il se rabattrait sur l’Allemagne pour garantir sa sécurité.
          Ce pacte n’était pas un pacte d’amitié donc d’autant moins qu’après sa signature Staline a doublé les effectifs à sa frontière occidentale où les effectifs sont passé de 1 500 000 hommes à 3 millions. En septembre 1939 il a refusé de livrer la Galicie et son pétrole aux allemands. Enfin l’invasion des pays baltes s’explique par la chute rapide de la France qui a déjoué les prévisions de Staline sur la durée du conflit. Il s’agissait d’une sécurité pour protéger Léningrad. Enfin l’attaque contre la Finlande n’est venue que plus tard après que ce pays ait refusé des rectifications de frontière que la Russie considérait comme essentielle. Sur ces points on lira avec profit l’ouvrage de Geoffrey Robert “Les guerres de Staline”, traduit en français ce qui est étonnant.

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      • Micha // 22.10.2018 à 16h06

        Le pacte germano-soviétique a été signé me semble-t-il – après que la France et la Grande Bretagne ont refusé à plusieurs reprises la main tendue de l’ URSS pour contrer l’ Allemagne nazie. Plutôt Hitler que le front Populaire !
        Qu’ on me corrige si je suis dans l’ erreur.

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        • Fritz // 22.10.2018 à 16h54

          Vous avez raison de dire que les Occidentaux ont refusé la main tendue par les Soviétiques (en particulier Litvinov), préférant abandonner la Tchécoslovaquie à Hitler en 1938. Ce qui a certainement facilité le pacte germano-soviétique en 1939.

          Vous avez tort de ressortir la phrase “Plutôt Hitler que le Front populaire”, variante de la phrase imputée par Emmanuel Mounier à une fraction de la bourgeoisie, au lendemain de la conférence de Munich : « On ne comprend rien au comportement de cette bourgeoisie, si on ne l’entend murmurer : ‘Plutôt Hitler que Blum’ ».

          C’est une citation imputée. A ma connaissance, personne ne l’a dite au premier degré.

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          • Serge WASTERLAIN // 22.10.2018 à 20h22

            Il y a aussi eu la mauvaise volonté de la Pologne qui n’a pas voulu garantir à l’URSS dans un traité qu’elle se considérerait agressée par tout pays qui la traverserait pour mener des opérations militaires au-delà de ses frontières. Même si aucun pays n’était cité, tout le monde a compris que ce pays qui aurait pu traverser les frontières de la Pologne était l’Allemagne et que le pays au-delà de ses frontières était l’URSS… …La position de la Pologne étant : »je suis seule à décider si je suis agressée ou non ! ».
            Il y a bien eu un traité d’assistance signé entre l’URSS et la France (l’UK restant au balcon me semble-t-il) en 1935, mais le volet technique des modalités pratiques de l’intervention des armées n’ont jamais été sérieusement discutées entre les deux pays, la France y mettant une mauvaise volonté manifeste. Je parle de mémoire, merci de me corriger si je me trompe !

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            • Fritz // 22.10.2018 à 20h56

              Exact, un traité franco-soviétique fut signé en 1935, par Pierre Laval du côté français. Quant à la Grande-Bretagne, le 18 juin 1935, elle a violé délibérément le Traité de Versailles, en signant avec le IIIe Reich un accord naval qui permettait à l’Allemagne de reconstruire une marine de guerre, y compris des sous-marins.

              Je n’appelle pas ce geste “rester au balcon”, et je reste stupéfié par l’attitude des zélites françaises qui n’ont pas cessé de suivre la Grande-Bretagne, d’abord pour céder à Hitler (1935-1938), puis pour lui résister dans les plus mauvaises conditions (1939).

              Cette anglophilie était particulièrement développée au Quai d’Orsay. Le dernier ministre français des Affaires étrangères ayant mené une politique indépendante fut Louis Barthou, tué en 1934 à Marseille.

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  • villegagnons // 22.10.2018 à 11h46

    Ca me fait penser que toute stratégie est géo-stratégique c’est-à-dire qu’elle s’applique à une Terre comprise géographiquement comme globe avec 2 pôles. La Russie est traversée par une polarisation Sud qui tendait historiquement vers l’Orient (descente du pourvoir vers Kiev) et une polarisation vers le Nord, vers l’Occident avec remontée du pouvoir à Moscou grâce à l’ouverture de la route maritime Nord.
    Ces deux pôles sont “incarnés”, par l’Eucharistie, dans ses deux mers que sont la Mer noire au Sud et la Mer baltique au du Nord. La division Est/Ouest n’est donc pas géo-stratégique, elle est historique, elle ne fait que temporaliser la tension Nord/Sud. Donc logiquement si une force est exercée sur cet axe, sur un des deux côtés, les pôles doivent se rapprocher en se courbant. Plus donc les USA appuient sur cet axe, plus ils poussent d’abord la Russie à sortir de l’Occident (Europe) et plus ils poussent la Russie à sortir de l’Orient. Donc logiquement l’Orientalisation de la Russie, au détriment du pôle européen, est une erreur géo-stratégique grave.

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    • Sandrine // 22.10.2018 à 11h58

      Pourriez-vous nous expliquer ce que vient faire l’Eucharistie dans un propos d’ordre géo-politique ?

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      • Villegagnons // 22.10.2018 à 12h07

        C’est la thèse de Dante Alighieri. Il y aurait une tension liquide-solide dans l’Eucharistie. Liquide = mer , solide = terre.(thèse non traduite en français encore).

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    • Marie // 24.10.2018 à 14h53

      Et bien moi ça me fait penser au fameux affrontement de la puissance terrestre de l’Europe continentale et de celle de la puissance maritime de l’Amérique.
      Ce couple opposé et complémentaire Terre-Mer (Solide-Liquide) avec d’un côté la frontière, le politique, la société ordonnée, le durable, l’histoire et de l’autre le flux et le reflux, le commerce, la libre circulation des biens, des hommes, des capitaux, la “société ouverte”
      bref l’éphémère et le présent illimité.
      Quoique l’immobilité se trouve à présent du côté de l’Ouest ( chaos, modèles obsolètes) et l’Est qui bouillonne entre incertitudes et possibles.

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  • moshedayan // 22.10.2018 à 11h47

    Dans le même ordre d’études des années 1918-1920, il faut effectivement rappeler les interventions alliées et allemandes dans le Nord de la Russie, la Baltique… Les actions des “corps francs”, de von der Göltz, les guerres civiles qui eurent lieu en Lituanie; Lettonie, Estonie et Finlande – tous ces pays débarassés du bolchévisme ont soigneusement ignoré ces pages de l’histoire de la Révolution d’Octobre, d’où le fait que ces pays n’ont jamais même osé trop parler de leurs compatriotes “rouges” exilés et qui formèrent troupes et cadres dans l’URSS (pour s’arrêter à l’interprétation “judéo-bolchévique” dans les pays baltes surtout)

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    • Marie // 24.10.2018 à 18h03

      Euh…petites précisions:
      par exemple pour l’Estonie qui appartenait à l’Empire russe depuis 1721 jusqu’à la Révolution de 1917. Elle se bat contre l’Allemagne durant la Première Guerre aux côtés des bolcheviks.
      Devenue indépendante au terme du conflit l’Estonie n’en signe pas moins un pacte avec Moscou en 1939 puis ” réintègre” la Russie cette fois soviètique.
      Et puis patatras l’armée allemande “libère” l’Estonie de l’occupant soviètique parce que c’est ainsi qu’aujourd’hui l’Estonie qualifie cette pèriode ( à peu prés 70 000 estoniens ont combattu cette fois au prés des nazis “libérateurs”) et qu’elle demande plusieurs milliards de roubles de compensation à la Russie actuelle pour l’avoir…occupée!
      Pour sûr l’Estonie aujourd’hui n’ignore pas cette fabuleuse page de son histoire, comme vous dîtes c’est l’un des pays qui n’ose pas trop parler de ses compatriotes rouges mais préfèrent rendre hommage ( à travers cette demande de compensation) à ceux engagés dans la SS!

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  • Erwan // 22.10.2018 à 12h20

    Je crois que le peuple à besoin et doit s’approprier son histoire vraie. Car de nombreuses pages d’histoire sont biaisé au profit et pour l’intérêt d’une caste politique aux intérêts divergents. Les mémoires de ce général en sont un exemple.
    Même moi fan d’histoire je n’avais jamais eu connaissance de ces propos de Nikita Kroutchev
    Et en me référant à ce passé presque présent, je peux comprendre avec aisance l’attitude de la Russie d’aujourd’hui face à l’expansion de l’OTAN auprès de ses frontières.

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  • zigomar // 22.10.2018 à 12h22

    “Au début, cela s’est fait discrètement, par l’intermédiaire de la Croix-Rouge, mais plus tard, cela a pris la forme d’envois directs de fournitures militaires, y compris des wagons de fusils dont on a demandé à Graves de surveiller la livraison en toute sécurité.” > LIBYE ? SYRIE ? AMNESTY ? HUMAN RIGHTS WATCH ?

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  • boris // 22.10.2018 à 15h15

    L’histoire est écrite pas les vainqueurs. A la base, cette intervention avait pour but de soutenir les armées blanches, seules légitimes auprès des alliés. Si les blancs avaient gagné, les alliés auraient été considérés comme les Américains en Europe en 1944 ou les Français lors de la guerre d’indépendance américaine, non comme des envahisseurs mais comme des libérateurs.

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  • BELLEMAIN SERGE // 22.10.2018 à 15h18

    Que les armées occidentales liguées se soient projetées contre le bolchévisme, leur seul véritable ennemi, pour l’étouffer dans l’oeuf est connu par ceux qui veulent connaître le passé pour mieux comprendre le présent….mais si les étatsuniens y étaient, nous y étions aussi, dont le Capitaine Charles de Gaulle!

    https://lepetitjournal.com/varsovie/actualites/de-gaulle-en-pologne-lorsque-le-general-netait-que-capitaine-58684

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    • Gilbert Gracile // 22.10.2018 à 21h56

      De Gaulle ? Le type formé à Londres, et qui a préféré remettre en place des anciens vichystes que des résistants ? Celui qui s’appuyait sur Foccard ancien agent de stay-behind ? Celui qui s’est donné des airs souverainistes mais qui n’a jamais remis en question le plan marshall et les accords Blum-Byrns, qui a laissé faire Jean Monnet, qui a laissé faire Pompidou-Rothshild ? Et qui a massacré plein d’Africains, Cameroun, Biafra ? Celui qui a déstabilisé la Guinée avec de la fausse monnaie parce-qu’elle était sortie du Franc CFA (opération Persil) ? De Gaulle, c’est un Mitterrand de droite, il me semble… allez… Vive le Quebec libre !

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  • Angio // 22.10.2018 à 15h48

    70 PAYS envahis dont 50 depuis 1945 d après Zoltan Grossman chercheur américain intitulé
    de Wounded Knee à la Libye.

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  • un citoyen // 22.10.2018 à 20h49

    Du même avis que Boris. Je trouve que l’accusation de N.Khrouchtchev est quelque-peu alambiquée et qu’il faut comprendre le contexte de cette intervention.
    N.Khrouchtchev appelle cela une intervention militaire contre son pays alors qu’il y avait deux Russies : la Russie bolchevique centrée sur Moscou et une coalition anti-bolchevique basée vers la Sibérie. La coalition extérieure à la Russie, américains inclus, a aidé le second camp, la Russie n’était dominée que partiellement par les bolcheviques (*).

    Pour le contexte, c’est un peu comme les prussiens qui avaient attaqué la France après la révolution française, les pouvoirs étrangers et européens ayant pris peur que la révolution s’étende au-delà du pays (et donc vers eux). Mais l’Histoire ne se répète pas de la même façon car avec seulement 8000 soldats états-uniens on ne peut pas vraiment parler de guerre ouverte. Pour la Russie, qui était en train de devenir bolchevique, ce fût sous la forme d’un soutien aux opposants.
    Sinon, les alliés avaient fixé la limite à 12 000, seuls les japonais avaient dépassé ce quota avec 72 000 soldats (https://www.archives.gov/publications/prologue/2002/winter/us-army-in-russia-1.html -article intéressant bien que, en anglais, ce soit difficile pour nous-).

    (*) Note : je ne prends la défense d’aucun des deux camps, au vu des atrocités commises de par et d’autres. Cette guerre civile a été très meurtrière.

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    • fanfan // 22.10.2018 à 22h48

      Dès le tout premier jour de son existence, la jeune Union soviétique (le nom que se donne le pays après la révolution) est confrontée à l’interventionnisme, au blocus économique, à l’encerclement politique et militaire. Les anciennes forces tsaristes, soutenues par les puissances occidentales, tentent de la renverser. En 1918, les armées britannique, française, japonaise, italienne et américaine débarquent et soutiennent les troupes tsaristes qui opèrent sur l’ensemble du territoire. De 1918 à 1921, cette guerre civile va faire des millions de morts, essentiellement victimes de la famine due aux interventions militaires étrangères et au blocus organisé par les puissances occidentales.

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      • fanfan // 22.10.2018 à 23h10
      • un citoyen // 23.10.2018 à 09h52

        Pas que les forces tsaristes (russes blancs), n’oubliez pas les socialistes révolutionnaires dirigés par A.Kerenski (+ les cosaques, la légion tchèque, …). Ce dernier s’occupa du gouvernement provisoire après la chute du Tsar puis avait été renversé par les bolcheviques. C’est surtout ce second renversement qui a catalysé cette guerre civile car c’est à partir de là que la Russie n’était plus stable.
        L’amiral A. Koltchak qui avait été choisi par les alliés pour diriger les forces anti-bolcheviques n’était ni tsariste et ni bolchevique.
        Mais la série noire n’était qu’à ses débuts, à cause des discordes au sein des forces anti-bolcheviques (lors du coup d’Etat à Omsk) les socialistes avaient changé de camp par la suite en rejoignant l’armée rouge (janvier 1919).

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      • jdautz // 23.10.2018 à 11h06

        «…est confrontée à l’interventionnisme, au blocus économique, à l’encerclement politique et militaire. Les anciennes forces tsaristes, soutenues par les puissances occidentales, tentent de la renverser…»

        Tiens, tiens, ça me rappelle une situation semblable… ah oui : La révolution Française. Même causes, mêmes effets finalement. Ça m’étonnerais que ce soit les deux seuls cas similaires… d’ailleurs quelque part en Amérique Latine, Corée du Nord, Cuba… tous ces trucs ou certains ne veulent surtout pas que ça fasse des petits…

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    • fanfan // 22.10.2018 à 23h02

      Dans son « rapport secret » de février 1956, Nikita Khrouchtchev a accusé Joseph Staline de crimes immenses. Le rapport a porté un coup terrible au mouvement communiste international, il a changé le cours de l’histoire. Grover Furr a passé une décennie à étudier le flot de documents provenant des anciennes archives soviétiques et publiés depuis la fin de l’URSS. Dans cette étude approfondie du rapport Khrouchtchev, il révèle les résultats étonnants de son enquête : pas une seule des « révélations » de Khrouchtchev n’est exacte ! Le discours le plus influent du axe siècle – sinon de tous les temps – s’avère une escroquerie…
      http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/09/19/en-tous-les-cas-je-vais-le-lire-khrouchtchev-aurait-menti/

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      • un citoyen // 22.10.2018 à 23h34

        Assez paradoxal lorsque l’on apprend (cf wiki) qu’il était un fidèle conseiller de Staline et qu’il aurait défendu les grandes purges de ce dernier ainsi que les milliers d’arrestations.
        Ceci dit, comme il a contribué à une phase de ‘dé-stalinisation’ après la mort de Staline (et ce qui lui vaudra en partie son éviction en 1964), dont ce discours secret prononcé lors des élections en 1956, on comprend une sorte de changement d’opinion entre l’avant-Staline et l’après.
        Sinon, il était actif lors de la guerre civile de l’après 1917 en tant que commissaire politique. Son accusation sur l’intervention américaine sur le sol russe peut se comprendre donc par le fait qu’il a vécu cette période et qu’il était dans le camp soviétique.

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    • un citoyen // 23.10.2018 à 12h10

      Hmm… le parallèle avec les prussiens à Valmy ne va pas aussi à cause d’une autre raison non négligeable : la Russie était dans la première guerre mondiale et les bolcheviques avaient alors trahi les alliés en retirant les forces russes (l’une des raisons qui fera décider A. Koltchak à rejoindre la coalition alliée).
      Si les alliés sont intervenus en Russie pour tuer le bolchevisme dans l’oeuf, cela peut aussi être pour cette raison (après, qu’il y ait aussi d’autres motivations en lisant d’autres commentaires, c’est possible… mais comment en être sûr ?).

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    • Serge WASTERLAIN // 23.10.2018 à 12h40

      un citoyen
      Merci pour le lien vers cet article très intéressant. Il me semble cependant utile de préciser que l’intervention étrangère contre les bolchéviques a rassemblé, au plus fort de cette intervention, 14 nations et près de 250.000 hommes !

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      • un citoyen // 23.10.2018 à 14h32

        Merci pour cette info, oui ce n’est pas rien en effet.
        Et pour plus de précisions sur ce point : https://fr.wikipedia.org/wiki/Intervention_alli%C3%A9e_pendant_la_guerre_civile_russe

        Ce serait aussi intéressant de connaître les effectifs des forces russes en présence dans les différents camps (mais après avoir parcouru plusieurs sites, j’obtiens des chiffres complètement contradictoires allant de quelques milliers à 1 million voire 5 millions pour les rouges … :-/ Cela semble aussi dépendre de l’année en cours lors de cette période)

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  • Veloute // 22.10.2018 à 21h03

    ” Mais la mémoire soviétique – et maintenant russe – est beaucoup plus persistante. Les blessures des invasions étrangères, de Napoléon aux nazis, étaient encore fraîches dans la conscience publique russe en 1959 – comme en Russie aujourd’hui…”

    Erratum : “TENTATIVES d’invasions” napoléoniènnes et nazies. Elles sont en effet encore très fraiches dans la mémoire collective russe, non pas comme des meurtrisures mais des victoires flattant la fibre nationaliste des enfants de la mère patrie.

    Si blessure il y a, c’est celle du considérable nombre de morts dans les conflits contre les troupes allemandes, et cela n’entâche en rien la fierté nationale d’avoir remporté la guerre. Au contraire, peut-être.

    Ça part mal. Je le termine cet article ou pas ?

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  • fanfan // 22.10.2018 à 22h20

    M.Sayers et A.Kahn, La grande conspiration contre la Russie, Paris, Éditions Hier et Aujourd’hui, 1947. (Michel Sayers et Albert E. Kahn, The great conspiracy against Russia, New York, Boni & Gaer, 1946.)
    http://www.communisme-bolchevisme.net/download/autres/La_grande_conspiration_contre_la_Russie.pdf
    Arno Mayer, professeur à Princeton, a confirmé ces analyses de Sayers et Kahn, futures victimes du maccarthysme (http://www.independent.co.uk/news/obituaries/michael-sayers-writer-whose-career-never-recovered-from-being-blacklisted-in-the-united-states-2032080.html; https://en.wikipedia.org/wiki/Albert_E._Kahn).

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    • Degorde // 23.10.2018 à 19h52

      Bonne référence, bravo. D’Arno Meyer il faut lire “Les Furies” qui explique pourquoi la violence a fait irruption dans la révolution bolchevique. Du reste ça recoupe ce qu’expose Fleming dans son ouvrage sur les origines de la guerre froide.

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  • fanfan // 22.10.2018 à 22h37

    Zakhar Prilepine et la Révolution d’Octobre: des mythes à nos jours
    “Les bolchéviques n’ont pas renversé le Tsar. Les bolchéviques ont renversé le très libéral et pro-occidental Gouvernement temporaire…
    La question est celle-là: la situation aurait-elle été meilleure si les généraux de Février avaient gagné la Guerre Civile? Non, tous étaient au courant de l’Accord franco-britannique du 23 décembre 1917 sur la division de la Russie en zones d’influence: la Grande Bretagne récupérait le Caucase du Nord; la France l’Ukraine, la Crimée et la Bessarabie; les Etats Unis et le Japon se partageaient la Sibérie et l’Extrême Orient…
    Un: il n’y a plus d’Empereur. Deux: il y a des généraux blancs qui étaient prêts à la division du pays… et au pillage du pays. Et il y a les bolchéviques qui ont empêché cette division et ce pillage…
    http://russiepolitics.blogspot.com/2017/11/zakhar-prilepine-et-la-revolution.html

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    • Serge WASTERLAIN // 23.10.2018 à 12h49

      Merci fanfan !
      Décidément, il va me falloir deux vies pour étudier tous ces sujets !

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  • clauzip12 // 23.10.2018 à 00h26

    1917 est la date officialisée pour la création de l’État soviétique.
    Mais,l’apogée de cette démarche a été précédée de nombreux combats s’apparentant à guerre civile entre blancs et rouges ,entre bolchevik et menchevik.Les USA n’y sont pas restés indifférents et y ont vu un pays déstabilise qu’il convenait de maintenir dans le chaos pour mieux le dévorer.
    Ainsi,le développement du climat de guerre civile fut le choix qu’ils adoptèrent en ce début du 20° siècle.
    Deux clans ou partis se profilaient ,les trotskistes et les léninistes(bien que Staline émergeât)
    Ainsi une aide en or fut destinée à Trotsky via le Canada.Ce fait est documenté parce qu’une interception d’un navire américain au large du canada livra cette information.Qqs arrangements avec le puissant voisin permirent la livraison “normalement”.
    Par ailleurs,un exilé pour étude en Suisse, rentra en Russie précipitamment si l’ont peu dire.Un train spécial ,blindé me semble t il traversa La Suisse,l’Allemagne,la Pologne et enfin arriva à Moscou.Cet exilé s’appelait Lénine.il devint jusqu’a son décès en 1923(doute)le leader du camp révolutionnaire communiste.
    Or,ces deux hommes Trosky et Lénine n’étaient pas,loin s’en faut ,sur la même ligne politique bien qu’étant tous deux communistes.
    Ainsi ,le duel entre ces deux hommes était entretenu financièrement et matériellement.
    Cette opposition fut exacerbée après le décès de Lénine qui avait bien dit à son entourage”surtout pas Staline” pour lui succéder.
    Trosky s’exila au Mexique où il fut assassiné plus tard.
    Staline quant a lui devint le chef du soviet ,de l’empire soviétique jusqu’en 1952 où il décéda ,seul et crains de tous.,apres avoir vaincu les nazis et occupé les pays européens de l’est de l’Europe.

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    • Marie // 24.10.2018 à 17h18

      Lénine mort le 21 janvier 1924
      Staline mort le 5 mars 1953
      et je m’arrête là par politesse.

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  • degorde // 23.10.2018 à 09h40

    La toile de fond de cette intervention doit être exposée pour remettre cette intervention en perspective. Le premier conflit mondial en faisant appel à des moyens mécaniques de plus en plus nombreux avait mis en lumière l’importance des ressources pétrolières. Leur contrôle devenait un enjeu crucial d’abord dans la poursuite du conflit, puis à plus long terme pour repenser les stratégies impérialistes.
    En 1916, les accords secrets Pikes-Picot partageaient l’Empire Ottoman, source essentielle de pétrole entre la France et la Grande Bretagne. La France y obtenait le contrôle de la Syrie et du Liban et la Grande Bretagne tout le reste, notamment l’Irak à l’exception de Mossoul attribué aux français. En exécution de ces accords, les britanniques retirèrent 1 500 000 hommes du front occidental pour les transporter au Moyen Orient, l’effondrement de l’empire Ottoman ne faisant plus guère de doute. Le plus lourd de l’effet militaire à l’ouest reposa donc sur la seule armée française.

    La Révolution bolchevique de 1918 bouleversa ces prévisions. Dès décembre 1918, les français et les anglais conclurent de nouveaux accords secrets pour se partager l’empire russe car la décision était prise fermement d’écraser le régime nouveau en Russie. Singulièrement le contenu de ces accords sur la Russie reprenaient en bonne partie les buts de la guerre de l’Allemagne impériale, tout entiers articulés autour de la question Ukrainienne (cf : lire Fritz Fisher « les buts de guerre de l’Allemagne impériale »). A cet égard, dans l’administration américaine un homme joua un rôle déterminant dans l’attitude hostile envers le nouveau régime russe dont les avances furent repoussées. Il s’agit du secrétaire d’Etat Robert Lansing très proche des milieux d’affaires qui détenaient d’importants intérêts en Russie (Lansing était l’oncle de deux autres figures majeures de la guerre froide à venir : les frères Dulles, Allen et John Forster). Les Etats-Unis furent entreprirent donc immédiatement leur soutien à Kolshak (sur ce point, ouvrage de Williams cité plus bas)
    Dans un premier temps la poursuite du conflit avec les empires centraux fournit un prétexte à l’intervention qui début 3 mois après la signature des accords de Brest Litovsk. Le débarquement allié en Sibérie était justifié par la nécessité de rétablir un second front et de protéger le matériel militaire livré au régime tsariste défunt. En mars 1919, l’occupation s’étend au sud de la Russie et à des ports stratégiques. Mais quelle était la vraie raison de l’intervention après la capitulation allemande qui privait du prétexte purement militaire ?
    Le professeur Fleming (référence citée plus bas) en avance deux. D’abord les ambitions impérialistes de la France et de la Grande Bretagne pour conserver le contrôle économique et financier de la Russie dont l’économie avant 1914 était devenue entièrement dépendante des capitaux extérieurs à cause de la faiblesse de son système bancaire. La seconde, plus immédiate, était la nécessité de tuer dans l’œuf la révolution bolchévique de peur d’une contagion dans leur propre pays (dans un accès de franchise Churchill parla d’étouffer dans son berceau l’enfant bolchevique).
    Cependant l’intervention ne fut jamais aussi massive qu’il l’aurait fallu. Elle ne fut pas à la hauteur des ambitions. Comme le souligne l’article les troupes américaines se contentèrent de garder les infrastructures sans participer, à la différence du Japon et des troupes de Weygand, au conflit. L’opinion publique ne soutint jamais cet effort.

    Cet échec fut compensé par la création du « cordon sanitaire », constitué d’états hostiles proches de la frontière russe qui pourraient le moment venu servir de tremplin pour une nouvelle attaque contre la Russie bolchévique.

    Sur ces questions voir les deux ouvrages essentiels jamais traduits en français D. Fleming « The Cold War and its Origins » et William Appleman Williams « The Tragedy of American Diplomacy », le second plus spécialement consacré à la période 1917-1920.

    On ne peut qu’être d’accord avec ses deux auteurs que la date de naissance de la guerre froide n’est pas 1947 comme on l’avance toujours pour des raisons purement conjoncturelles mais bien 1917.

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    • un citoyen // 23.10.2018 à 12h40

      Nul doute que 1917 fût un prémisse à la future guerre froide et au maccarthysme. La victoire des bolcheviques a jeté un froid et de nombreuses résistances. Par exemple, la romancière Ayn Rand qui avait fui les bolcheviques et qui s’était installée aux USA, puis qui se tourna vers le néolibéralisme, n’est qu’une conséquence dans le sens inverse.

      Par contre, je suis ignorant sur ce point : “Dès décembre 1918, les français et les anglais conclurent de nouveaux accords secrets pour se partager l’empire russe car la décision était prise fermement d’écraser le régime nouveau en Russie.” Je n’ai pas lu les livres mais je suis intéressé par les preuves éventuelles de tels accords.

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  • Spartel // 23.10.2018 à 11h42

    Kessel écrit La steppe rouge en 1922, un excellent texte sur la situation de la Sibérie et un reportage sur sa vie de pilote.

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