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19.janvier.202319.1.2023 // Les Crises

Pourquoi Stanford, Harvard et la NASA continuent-ils de faire honneur à un passé nazi ?

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Cette année, Harvard a publié un rapport sur les bénéfices que l’université a tirés de l’esclavage. « Je crois que nous avons la responsabilité morale de faire ce que nous pouvons pour remédier aux effets corrosifs persistants de ces pratiques historiques sur les individus, sur Harvard et sur notre société », a écrit Lawrence Bacow, le président de l’université, dans une lettre ouverte à la communauté. Cette étude a été saluée comme une remise en question, attendue depuis longtemps, d’une institution d’élite au passé sombre.

Mais s’attaquer au rôle de l’université dans la traite négrière américaine ne concerne qu’un aspect du passé de l’école. Harvard s’enorgueillit toujours d’une bourse et d’un poste de professeur portant le nom d’Alfried Krupp, un criminel de guerre nazi dont l’empire industriel a utilisé environ 100 000 travailleurs déportés.

Source : The New York Times, Lev Golinkin
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Alfried Krupp, à gauche, en 1957, dirigeait ses usines grâce à des détenus des camps de concentration comme travailleurs esclaves.
Crédit Bettmann/Getty Images

Harvard n’est pas seule : de la NASA à Stanford en passant par l’armée américaine, les institutions américaines continuent de reconnaître – et parfois même de glorifier – d’anciens Nazis de premier plan.

Les personnes mises à l’honneur ne sont pas d’obscurs gardes servant dans le cadre de l’Holocauste qui auraient réussi à se faufiler entre les mailles du filet des services de l’immigration – certains d’entre eux sont des personnages historiques dont la relation avec l’Amérique a été largement décrite, notamment dans les ouvrages bien documentés d’Eric Lichtblau et Annie Jacobsen.

Les institutions qui blanchissent le passé nazi d’hommes dont les noms ornent les programmes de Harvard et de Stanford, une partie du Kennedy Space Center de la NASA et de nombreux sites à Huntsville, en Alabama, le font généralement par tromperie, par omission, c’est-à-dire en effaçant l’histoire, en omettant ou en mettant de côté les faits gênants.

Comment les États-Unis sont-ils passés de la lutte contre le nazisme à l’éloge des ex-nazis ? Cela a commencé avec la fin de la lune de miel de temps de guerre entre Moscou et l’Occident. L’Allemagne étant divisée et vaincue, l’Union soviétique de Joseph Staline est rapidement devenue le principal ennemi de l’Amérique. Washington avait besoin de technologie pour rivaliser avec le Kremlin et d’une Allemagne de l’Ouest dissuasive qui pourrait servir de rempart contre la propagation du communisme en Europe. Les ex-nazis proposaient une expertise séduisante. Ainsi, alors qu’une poignée d’éminents représentants du Troisième Reich étaient pendus à Nuremberg, beaucoup d’autres voyaient leur passé délétère être effacé alors qu’ils devenaient des partenaires et des alliés dans la Guerre froide.

Dés les années 1960, alors que la compétition spatiale était bien engagée, l’ancien officier SS Wernher von Braun rencontrait des présidents américains et était présenté par les médias comme un génie des mathématiques qui oeuvrait pour que les ÉtatsUnis aillent sur la Lune. En d’autres termes : nous ne l’avons pas seulement embauché, nous en avons fait un héros.

Un peu moins de 30 ans après la guerre, l’annonce de l’octroi à Harvard de 2 millions de dollars (environ 12 millions de dollars aujourd’hui, corrigés de l’inflation) par la Fondation Alfried Krupp von Bohlen und Halbach n’a suscité qu’une très légère surprise. C’était en 1974, et les fonds ont été utilisés pour créer la chaire d’études européennes de la Fondation Krupp ainsi que la bourse de recherche en thèse de la fondation Krupp.

Alfried Krupp, baron de l’industrie, a été condamné pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Nuremberg. Son entreprise possédait une usine construite par des esclaves à Auschwitz et faisait travailler environ 100 000 travailleurs forcés, dont des prisonniers de guerre, des détenus de camps de concentration et des enfants. Lorsque Harvard a accepté l’argent de Krupp, The Harvard Crimson a publié une lettre affirmant que « dans les annales du meurtre de masse et du génocide, peu de noms sont plus glorifiés que celui de Krupp. » (En 1951, la peine de Krupp a été commuée et il a été libéré de prison).

Les pages web de la bourse Krupp de Harvard et de la chaire Krupp ne disent rien du fait que leur patronyme est celui d’un criminel de guerre condamné.

La Fondation Krupp parraine également le programme de stages Krupp pour les étudiants de Stanford en Allemagne, présenté comme un « programme unique et prestigieux ». Le fait que Krupp ait été un criminel de guerre n’est mentionné qu’une seule fois sur la page web du programme.

Mais la réhabilitation de Krupp fait pâle figure en comparaison du blanchiment manifeste par l’Amérique de von Braun et de Kurt Debus, deux des scientifiques du Troisième Reich chargés de fournir à Hitler le missile balistique meurtrier V-2. Le V-2 a été construit par des déportés de camps de concentration travaillant dans des conditions abominables dans le tristement célèbre complexe souterrain allemand près de Dora-Mittelbau. Au moins 10 000 personnes réduites en esclavage ont été tuées pour fabriquer ces missiles. Les troupes américaines qui ont libéré le camp de concentration ont été atterrées lorsqu’elles ont découvert un effroyable terrain jonché de cadavres décharnés.

Et l’appartenance de von Braun et de Debus au parti nazi ne les a pas empêchés de se voir proposer des emplois par le biais du tristement célèbre programme Operation Paperclip de Washington qui recrutait d’anciens scientifiques nazis pour travailler en Amérique.

Von Braun a fini par s’installer à Huntsville, qui est devenu un centre pour l’industrie spatiale américaine naissante. Aujourd’hui, la ville et ses environs abritent un certain nombre de monuments à la mémoire de l’ancien Nazi : son nom est gravé au fronton d’un hall de recherche de l’université d’Alabama à Huntsville, d’un centre des arts du spectacle et d’un planétarium.

« Wernher von Braun et son équipe de spécialistes des fusées ont transformé Huntsville, Alabama, connue dans les années 1950 comme la « capitale mondiale du cresson », en un centre technologique qui abrite aujourd’hui le deuxième plus grand pôle de recherche des États-Unis », peut-on lire dans la section « À propos de nous » de l’US Space and Rocket Center, un musée affilié au Smithsonian et siège du célèbre programme Space Camp. (Une porte-parole du centre a déclaré : « Nous sommes en train de redévelopper les pages du Space Camp affiliées au site web du centre de fusées », il a ajouté que le centre a l’intention de préciser le contexte).

En attendant, on ne tarit pas d’éloges sur von Braun : sur le site web du Space Camp, sur la page relatant l’histoire de l’université d’Alabama à Huntsville, dans la description de la bourse d’études Dr. Wernher von Braun, et même dans un discours prononcé en 2019 par Robert Altenkirch, qui était alors le président de l’université – dont aucun ne mentionne les Nazis ou l’esclavage. (L’école a tout de même une page web sur la fusée et le travail des esclaves qui mentionne von Braun).

Quant au centre des arts du spectacle von Braun, un porte-parole de la ville de Huntsville a déclaré qu’il y avait « un effort permanent en cours pour renforcer le contexte historique et améliorer les informations » sur le site web du centre. Mais combien de temps faut-il pour rectifier le registre ?

L’impression qui se dégage de ces récits aseptisés est qu’il s’agissait d’un homme sorti de nulle part, sans passé connu, comme une sorte de Mary Poppins de l’astrophysique venue enseigner aux habitants de Huntsville à fabriquer des fusées.

Il semble moins fréquent de faire état d’un passé nazi que de le passer sous silence. C’est le cas du complexe de visiteurs du Kennedy Space Center de la NASA, en Floride, qui abrite le centre de conférence Dr Kurt H. Debus. La biographie officielle de Debus par la NASA ne comporte qu’un court et vague paragraphe sur sa vie en Allemagne. Le 24 juin, la directrice du Centre spatial Kennedy, Janet Petro, a accepté le prix Dr. Kurt H. Debus décerné par le comité de Floride du National Space Club. La page Web de la NASA consacrée à l’événement fait référence aux réalisations de Debus dans le domaine de l’astronomie, sans rien dire de son appartenance aux SS et de sa participation étroite à la construction des V-2.

L’exemple le plus étonnant de blanchiment nazi vient peut-être de l’arsenal de Redstone, une base de l’armée américaine près de Huntsville, qui possède un complexe de bâtiments portant le nom de von Braun. Dans la section historique de l’arsenal on trouve des dizaines de photos de von Braun, tandis que sa biographie indique qu’il était « employé par le département allemand du matériel militaire » et qu’il était directeur technique du centre où les V-2 étaient développés. Aucune mention quant à la façon dont les V-2 ont été utilisés par le Troisième Reich pour déchaîner l’enfer sur les civils.

Même si notre armée se débarrasse peu à peu de ses nombreux hommages à la Confédération, elle n’a pas encore abordé comme il le faudrait la question de la glorification d’un homme qui a construit des armes pour Hitler. Il est ahurissant de constater que des institutions comme l’armée, la NASA et les grandes universités continuent d’insulter le sacrifice de milliers de soldats américains en mettant ouvertement à l’honneur des fabricants d’armes nazis.

Lev Golinkin est l’auteur du livre de mémoires « A Backpack, a Bear and Eight Crates of Vodka » [Un sac à dos, un ours et huit caisses de vodka, relatant l’immigration de sa famille de l’Ukraine soviétique vers l’Ouest, NdT].

Source : The New York Times, Lev Golinkin, 13-12-2022

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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antoniob // 19.01.2023 à 07h38

Vers la fin: « Aucune mention quant à la façon dont les V-2 ont été utilisés par le Troisième Reich pour déchaîner l’enfer sur les civils » ça m’a fait rigoler, parce que la façon dont l’arme atomique a été utilisée pour déchaîner l’enfer sur les civils ce n’est mentionné nulle part c’est même officiellement une B.A.

28 réactions et commentaires

  • antoniob // 19.01.2023 à 07h38

    Vers la fin: « Aucune mention quant à la façon dont les V-2 ont été utilisés par le Troisième Reich pour déchaîner l’enfer sur les civils » ça m’a fait rigoler, parce que la façon dont l’arme atomique a été utilisée pour déchaîner l’enfer sur les civils ce n’est mentionné nulle part c’est même officiellement une B.A.

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    • Arnold // 19.01.2023 à 09h48

      Peut-être parce que l’usage de l’arme atomique n’a aucun rapport avec un article sur le prestige nazi au sein des institutions ?

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    • gracques // 21.01.2023 à 08h31

      Combien d’esclaves ont construit la bombe atomique ?
      Combiensnde soldats US ont été épargnés par l’absence de combats aux japon ? Et combien de civils ? La orise d’Okinawa n’à jamais existé ?
      L’histoire est compliquée… c’est pour cela qu’il faut sans cesse la reecrire…

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      • Reggio de Calabre // 25.01.2023 à 22h23

        combien de soldats américains épargnés par l’usage des bombes atomiques ? Avec votre raisonnement, Poutine aurait dû raser Kiev d’une bombe atomique, afin d’épargner la vie de ses soldats et de soumettre l’Ukraine ? C’est exactement pareil. Le massacre des civils pour obtenir la réédition militaire est ce qu’on appelle un crime de guerre.

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    • Tumulte organisé // 25.01.2023 à 22h11

      de toutes façons, l’Amérique a lutté contre l’Allemagne mais pas contre le nazisme. Les élites anglo-américaines (Edouard VIII de Windsor, Ford, Rockfeller, Disney, etc.) étaient acquises au nazisme, et au fascisme en général. Le fascisme n’est que la version « dure » de la social-démcratie : un mode d’organisation de la société moderne « industrielle » une fois que les vieilles structures sociales (villages, religions, ordres) ont été dissoutes par le capitalisme. Les USA ont refusé la « paix séparée » (Rudolf Hess dès 1942) non en raison du nazisme, mais par opportunisme géostratégique : soumettre les puissances géopolitiques allemande et japonaise en se servant de la chair-à-canon soviétique (qui ne représentait pas un gros danger géo-économique). C’est toujours la doctrine Brzezinsky (USA dominer via Allemagne et Japon, la Russie marginalisée). Une fois que ce fut chose faite, on empêcha la résurgence des indépendances européennes grâce au chantage « antifasciste », mais en fait on opéra une bascule « de la collaboration allemande à l’alliance américaine » (Annie Lacroix-Riz). Le fascisme et le nazisme ne sont pas des réactions mais des progressismes autoritaires : c’est cela qu’il faut comprendre. Et ça explique les échos parfois troublants entre le nouvel-ordre-mondial et les heures les plus sombres…

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  • Jean // 19.01.2023 à 07h47

    La collaboration entre l’oligarchie américaine et le régime nazi est plus ancienne et elle se poursuit par le refus récent d’en combattre la résurgence contemporaine :

     » Prescott Sheldon Bush est considéré comme le patriarche de la famille Bush : son fils George H. W. Bush et son petit-fils George W. Bush seront tous deux élus présidents des États-Unis, un autre de ses petits-fils Jeb Bush sera élu gouverneur de Floride. L’origine de sa fortune est controversée car acquise en partie en faisant des affaires avec l’Allemagne nazie, avant la Seconde Guerre mondiale et l’entrée en guerre des États-Unis.  »

    Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Prescott_Bush

    Choisi ton camp camarade !

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    • Arnold // 19.01.2023 à 09h49

      Sans oublier l’industriel Ford et ses sympathies..

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      • vert-de-taire // 19.01.2023 à 19h56

        et ses ACTIONS, ses affaires, avec les Nazis ..

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    • Emmanuel // 19.01.2023 à 16h30

      Prescott Bush avait d’ailleurs été emprisonné par Roosevelt au nom du « Trading with the Enemy Act ». Ses avoirs ont été saisis. Le Guardian avait fait un très bon article là-dessus, assez complet : https://www.theguardian.com/world/2004/sep/25/usa.secondworldwar

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    • RGT // 20.01.2023 à 10h29

      Les « élites » et les oligarques US vouaient une admiration sans limites au régime nazi qui avait permis la renaissance de l’esclavage en forçant tous les humains qui déplaisaient aux « élites » à travailler jusqu’à la mort en étant sous-alimentés et qui avait aussi permis en toute « légalité » de se débarrasser de tous les opposants politiques qui n’acceptaient pas ces « actions bienfaisantes » (pour les détenteurs de capital bien sur, les autres ne sont que du bétail sacrifiable sans contrainte).

      C’est d’ailleurs pour cela que Ford, General Motors (Opel) participaient allègrement à l’effort de guerre nazi et ont fourni du matériel à l’armée allemande jusqu’à la capitulation.
      Et que les pilotes de bombardiers avait la stricte interdiction de bombarder à proximité de leurs usines sous peine de sanctions très sévères…

      Et n’oublions pas non plus que Rockfeller et ses « potes » ont continué jusqu’à la reddition de l’Allemagne à fournir des matières premières aux nazis, matières premières qui ont été utilisées par les allemands contre les armées alliées.

      Si çà n’avait été que les russkofs ça aurait été un bienfait, mais de nombreux G.I. sont tombés sous des balles fabriquées avec de l’acier « Made in USA ».

      Après la capitulation les seuls qui aient été traduits devant le tribunal de Nuremberg ne furent que quelques « têtes de gondoles » sacrifiées pour ne pas froisser la susceptibilité des anciennes victimes mais surtout pour éviter la colère des russes qui avaient pris en pleine gueule la « générosité » des nazis.

      Quant aux oligarques allemands ou US ils n’ont jamais été inquiétés et ont bien sur été remboursés rubis sur l’ongle de toutes les factures émises concernant les nazis.

      Pendant que les simples gueux crevaient de faim…

      Elle est belle la « libération » made in USA.

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  • Denis Monod-Broca // 19.01.2023 à 07h57

    « Comment les États-Unis sont-ils passés de la lutte contre le nazisme à l’éloge des ex-nazis ? ». Shakespeare a déjà répondu à la question, dans sa pièce Macbeth.

    Macbeth est un seigneur au service du roi Duncan. Cawdor l’était aussi, mais il a trahi. Désormais il combat Duncan.

    Macbeth et Cawdor s’affronte. Macbeth a le dessus, il tue Cawdor. Alors Macbeth, contaminé par la violence de Cawdor, l’imite et trahit à son tour. Et, réussissant là où Cawdor avait échoué, il tue le roi Duncan et monte sur le trône à sa place.

    Dans le rôle de Cawdor l’Allemagne nazie, dans le rôle de Macbeth les USA

    Les USA ont combattu le nazisme qui voulait créer un empire de mille ans et, l’ayant vaincu, ils ont instauré un empire qu’ils verraient bien éternel…

    Pour être juste, on peut dire la même chose de l’URSS qui est devenue un empire après avoir vaincu le IIIe Reich. Mais empire qui a maintenu disparu.

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    • Emmanuel // 19.01.2023 à 16h31

      Après 1991, Bush père parlait d’un empire qui durerait cent ans. Les Américains ont vraiment des problèmes de concentration, ils ne pourraient pas tenir davantage 😉

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      • yakafokon // 21.01.2023 à 07h40

        Ah, cette obstination des nazis à vouloir fixer une date de péremption à leurs empires !
        1.000 ans pour le 3ème Reich d’Adolf Hitler.
        100 ans pour l’empire de George Bush.
        5 ans pour l’empire d’Emmanuel Macron ? Allez savoir !

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  • Bruno Kord // 19.01.2023 à 08h10

    Les fiches Wikipedia de Krupp et de von Braun sont beaucoup plus complètes que l’article du New York Times.
    La fiche sur Krupp renforce les éléments présentés par Lev Golinkin. Elle detaille les crimes de Krupp qui lui ont valu sa condamnation et précise les circonstances politiques de son amnestie et de sa réhabilitation.
    Celle sur von Braun donne beaucoup plus d’éléments de la polémique sur son activité nazie que l’article du New York Times. Sa lecture ne permet pas de conclure de façon si tranchée que le journal; elle permet de soutenir la thèse opposée.
    Expliquer cette polémique aux lecteurs du New York Times relevait d’une pratique honnête du journalisme. Le cas von Braun est different du cas Krupp et les passés nazis de ces deux personnes ne peuvent pas être mis sur le même plan.
    Mais l’honnêteté n’est pas la caractéristique première du New York Times.
    Ce média défend des positions très partisanes, ce qui est son droit, mais tord souvent les faits, quand il ne les efface pas. Il adore abuser de procédés par assimilation, dont cet article donne un nouvel exemple.

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    • Louis // 20.01.2023 à 10h33

      Quand vous roulerez dans votre belle BMW, petite pensée pour les Quandt cette merveilleuse famille de propriétaire. Pendant la guerre leur descendant produisait des batteries au plomb en faisant travailler dans les mines de la main d’œuvre esclave, l’espérance de vie ne dépassait pas 6 mois. L’épuration fut douce chez les puissants.. Sa fiche Wiki est étrangement succincte et semble épurée.

      https://atlantico.fr/article/pepite/les-heritiers-de-magda-goebbels-sont-milliardaires

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  • mimie // 19.01.2023 à 11h01

    Et s’il n’y avait que ces 2 personnes., avec Paperclip plus de 1 600 scientifiques, ingénieurs et techniciens allemands ont été emmenés aux USA… Von Braun est le génial arbre qui cache la forêt, les Soviétiques ont eu aussi intégré des nazis pour leur propre conquête spatiale et leur aviation, les Argentins, les Egyptiens sous Nasser… Les sciences et ses recherches n’ont pas de morale, seuls les résultats comptent. La femme et les filles de Claude Bernard avaient tellement honte de le voir rentrer chez lui couvert du sang des animaux torturés par ses expériences in vivo qu’elles ont consacré leurs vies à la protection animale… Le mythe du savant fou, sanguinaire qui projette de conquérir le monde (la liste est très longue) a irrigué toute la culture, savante ou populaire ; dans l’inconscient collectif le scientifique avec les pouvoirs developpés dans ses laboratoires est une image moderne du magicien noir, admiré et craint. Gehlen n’était pas scientifique mais son organisation a servi aux américains pour espionner l’URSS. Les personnes de « valeur » sont rarement gaspillées.

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    • vert-de-taire // 19.01.2023 à 20h01

      Paperclip
      et MK Mind Kontrol
      études nazies continuées aux Etats-Unis …
      avec bcp de meurtres et de tortures..
      dont un président (des etats-unis) a du présenter ses excuses … pour ces massacres.

        +2

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    • gracques // 21.01.2023 à 08h38

      Et avec qui croyez vous que le,programme spatial français à débute ????? Nous aussi’nous avons recrutes nos petits allemands à l’époque ….

        +2

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      • Larousse // 22.01.2023 à 10h08

        Les Soviétiques ont fait la même chose et ils l’ont reconnu, puisqu’ils n’ont réussi qu’à recruter des « miettes » les techniciens et de petits ingénieurs qui avaient participé aux essais à Peenemünde -Baltique, des « laissés pour solde de compte » que Von Braun ignora, préférant organiser la fuite des »meilleurs » vers la Bavière. La contribution de ces « est-allemands » fut négociée (en rachat de leurs fautes avec promesse d’être libérés plus rapidement mais uniquement s’ils restaient dans la zone d’occupation soviétique) ce qu’ils firent . Korolev sut en profiter, mais le programme soviétique était déjà assez performant… cet article « bonne conscience » vient opportunément ! Comme par hasard pour faire pression sur l’Allemagne – dans quel but ??? Humilier ??? Obliger l’Allemagne à envoyer des chars en Ukraine pour lutter contre dictateur Poutine ??? Les Américains lancent toujours des manoeuvres à 2 coups au minimum…. Des grands spécialistes pour un seul but – leur hégémonie et « baiser l’Europe »…

          +3

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  • tchoo // 19.01.2023 à 12h00

    Irmgard Füchner 97 ans vient d’être condamnée à deux ans de prison, pour avoir été dactylo dans le camp de concentration de Stutthof (elle avait 18 ans)
    Adolf HEUSINGER est militaire dans l’arméee de Weimar de 1917 à 1933
    puis de 1940 à 1944 membre de l’état major de campagne et participe à la planification des opérations des invasions de la Pologne, du Danemark, de la Norvège, de la France et des Pays-Bas. Il est promu colonel le 1er août 1940 et devient le numéro trois dans la hiérarchie de planification de l’armée, après le chef d’état-major général, le général Franz Halder, et le chef adjoint d’état-major général/chef de l’intendance, le général Friedrich Paulus.
    .Un temps Soupçonné d’être complice dans l’attentat contre Hitler, aucune preuve ne pourra être reconnue contre lui, réhabilité, il collabora à la recherche de complices de cet attentat.

    de 1945 à 1955, bras droit d’Adenauer et espion CIA
    en 1957 Général de l’Armée RFA
    en 1961 Président du Comité Militaire de l’OTAN

    et combien d’autres?
    Quand certains parle de dénazification….

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  • Savonarole // 19.01.2023 à 14h09

    Il n’y a pas que les USA qui ont activement recyclé l’amicale des anciens du Reich. La difference c’est qu’une fois de l’autre côté de l’Atlantique , les prises de guerre y sont réstées ; forcement des bons petits WASP bieng comme il faut … on peut pas les renvoyer quand même ^^. Les Nippons eux ont eut le droit de collaborer en télétravail comme on dit maintenant … étonnant non ?
    En France on a tondu les horizontales et pendu les épiciers , mais les juges et les flics qui bourraient les trains pour Auchwitz sont quasiment tous morts dans l’impunité la plus totale. Papon et Barbie sont des exeptions , pas la norme. Les Russes ont fait comme d’hab , on vide les goulags pour faire la guerre , on les re-remplis après (ou on renvoie les scientifiques dans leurs pays d’origine avec une mission car le KGB a des doutes indissolubles… donc autant qu’ils éspionnent chez les autres.)
    Bref, comme on dit en Allemagne, c’est toujours le grand père du voisin qui était dans la SS. Enfin tant qu’ils nous font pas du paperclip avec les bas de plafond d’Azov , ça devrait aller , de toutes façons on va pas nous demander avant de les faire les conneries …

      +7

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    • calal // 19.01.2023 à 18h55

      « Enfin tant qu’ils nous font pas du paperclip avec les bas de plafond d’Azov »
      forte probabilite de probleme a l’avenir avec certains refugies ukrainiens suivant la maniere dont cette histoire va se finir.Il semble qu’une forte minorite ukrainienne a bien gobe la propagande qui leur a ete servie de 2014 a aujourd’hui et si l’ukraine se fait lacher en rase campagne,certains vont surement ne pas comprendre et mal reagir…on imagine des rescapes de al qaida qui recontrent des survivants d’azov dans un troquet francais:ca promet des conversations interessantes…

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  • La Mola // 19.01.2023 à 16h11

    sur le sujet, l’excellent récit d’Éric Vuillard : l’ordre du jour

    N’oublions pas la Colonia Dignidad (sic) au Chili – exécuteur zélé des basses oeuvres
    de Pinochet et dont les autorités allemandes se sont désintéressées…

    L’ennemi « communiste » des occidentaux a « permis » bien des horreurs : MacCarthysme, installation des colonels grecs avec l’aimable soutien de Churchill, réhabilitation de S. Bandera en Ukraine…

    En échange d’une « science sans conscience » : on vit une époque formidable !

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    • vert-de-taire // 19.01.2023 à 20h05

      ET l’assassinat d’Aldo Moro
      un quasi communiste fou dangereux qu’il fallait éliminer de toute urgence avant qu’il ne soit nommé 1er ministre.

      De braves gens ces dominants de l’Empire

        +4

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      • gracques // 21.01.2023 à 08h45

        La,vache ! Les brigades rouges étaient d’extrême droite , voire nazis ? ….. et on ne m’à rien dit ?
        Oups j’oubliait ‘idiots utiles’ , ben oui quoi … des robots dans cervelles , ni volonté propre.

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  • Benoid Machin // 19.01.2023 à 19h02

    Vénère Von Braun «  n’a fait que son devoir » dixit kennedy qui fit assez pote avec le génial chef du sinistre centre de Dora. De même que les atomistes du projet Manhattan majoritairement européens ne firent « que leur devoir » eux aussi, et « de la belle physique quand même »dixit Oppenheimer emprunt de scrupules relatifs. Même pipeau que pour Hiroshima «  c’était eux ou nous ! » alors qu’ Eisenberg qui ne fit que son devoir mais très en retard n’avait pas une chance d’offrir la bombouse à son führer. Mais ça passe y compris et toujours dans les manuels d’histoire de morale américaine. Pour les accords sur le « nucléaire iranien » ( toujours virtuel ou hypothétique ) un volet notable du deal obligeait les Iraniens à accepter de ne pas évoquer les armes nucléaires israéliennes bien réelles. Comme quoi il suffit d’être poli. Or il est correct de découvrir mais 70 ans plus tard que, ô my god, il y eu des nazis au service de la plus-grande-dé-mocratie du mooonde. Couillus les Assange du New York Times !

      +8

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  • yakafokon // 21.01.2023 à 07h26

    Si j’ai bonne mémoire, ce sont bien les usines Ford et General-Motors qui ont fabriqué ( en totale infraction avec l’interdiction faite à l’Allemagne de posséder une armée, après sa capitulation en 1918 ), les blindés légers de transport de troupes de la waffen SS et de la Gestapo !
    Bien naïf est celui qui croit aux belles paroles des dirigeants américains ! Les Etats-Unis ne respectent rien, ni personne, à part la force !
    Et ils ont le culot d’accuser la Russie de crimes de guerre, eux qui n’ont fait que ça depuis qu’ils existent ( 411 ans, depuis l’arrivée des repris de justice et des prostituées britanniques du May Flower sur le continent américain ).
    Geronimo, ce grand chef apache disait :  » visages pâles à la langue fourchue  » !
    Plus récemment, c’est Henri Kissinger qui a repris le même refrain, en disant :  » être l’ennemi des Etats-Unis peut s’avérer très dangereux, mais s’en faire des amis est mortel ! « .

      +5

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    • gracques // 21.01.2023 à 08h48

      OK OK , et le traité de rappalo ? Dans les années 20 ? L’entraînement des’pilotes allemands en Russie soviétique ? Les gars y a pas un méchant et un gentil sur cette terre , y a des intérêts à défendre , voilou.

        +2

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