Source : Mediapart, Ludivine Bantigny, 30-04-2017

Christine Angot nous traitera de « salauds » – comme elle l’a fait dans Libération. On aimerait pouvoir lui répondre que les salauds ne sont pas de ce côté. Auprès d’elle, c’est sans doute peine perdue. Mais au-delà, il est possible d’expliquer pourquoi, tout en luttant pied à pied contre le FN, sans relâche et sans concession, ce combat ne passe pas par le vote Macron.

FN : de la banalisation à l’imprégnation. Petites importations médiatiques et politiques

Nous n’avons pas attendu cet entre-deux-tours pour lutter contre le Front national et nous affronter à Marine Le Pen. Au passage, nous ne l’appellerons jamais « Marine », cette manière si médiatique et au fond si politique de la rendre familière. C’est une petite chose, un détail d’expression : un signe révélateur de la banalisation. Si le FN s’est imposé dans le paysage avec autant d’aplomb, c’est entre autre par cette façon qu’ont partagée bien des médias de lui faire place.

On a d’ailleurs pu s’étonner qu’avant le premier tour, tant de journaux et chaînes de télé aient été à ce point préoccupés de taper sur Jean-Luc Mélenchon qu’ils en oubliaient le Front national. L’autre menait pendant ce temps-là son petit bonhomme de chemin (dommage que « malhomme » n’existe pas – il faudrait l’inventer). À présent, le changement, c’est maintenant : vite vite, on s’aperçoit que Macron n’aura pas 82 % des voix ; vite vite, il faut faire peur, faire pression, faire passer le vote blanc ou l’abstention pour une trahison.

Pire peut-être, quand Marine Le Pen ou ses acolytes n’étaient pas sur les plateaux ou dans les studios, c’étaient leurs thèmes préférés : tour à tour la sécurité, l’identité, le voile, le burkini, les musulmans, le supposé « problème » des immigrés. La responsabilité est énorme de celles et ceux qui s’emparent de ces idées, parfois par cynisme et pour gagner des voix, parfois par conviction – les deux se mêlant souvent dans une certaine confusion. Que l’on songe à un think tank du PS très mal nommé, « Gauche populaire », dont un fondateur, Laurent Bouvet, fait depuis des années de l’immigration une obsession, un thème majeur et, pour tout dire, « son beurre ».

Bouvet écrit à qui veut l’entendre que l’immigration est un « fardeau » pour les « petits Blancs », lesquels estimeraient qu’il y a « trop d’immigrés en France » : et la « gauche »devrait s’adapter pour prendre en compte cette « opinion »[1]. En réalité, il y a déjà trop de temps que des responsables politiques vont puiser au répertoire du Front national et, par là même, l’alimenter. Elles ou ils brandiront les sondages : regardez, 70 % « des Français » pensent qu’il y a un problème de sécurité. Il ne faut pas être fin(e) sociologue pour observer la mécanique simplificatrice de cette prophétie auto-réalisatrice : semez, semez donc les sujets délétères, vous en récolterez les fruits amers. Et il n’est pas besoin d’être xénophobe pour répandre la xénophobie. C’est ce que Jacques Rancière a si justement dénoncé à travers « sept règles pour aider à la diffusion des idées racistes » et, parmi elles, celle-ci, essentielle : « Répétez en toutes circonstances : il y a un problème des immigrés qu’il faut régler si on veut enrayer le racisme. Les racistes ne vous demandent pas plus : reconnaître que leur problème est bien un problème et “le” problème ».

Une bien vieille « nouveauté » : Macron ou l’ultra-compétition

La responsabilité – énorme, écrasante – est du côté des politiques menées depuis plus de trente années de rigueur, d’austérité, de concurrence acharnée, d’un « marche ou crève » permanent et, plus encore, institutionnalisé. De celles qu’a conduites Macron. Quel triste canular d’ailleurs, cette « nouveauté » qui lui est sans cesse associée. Certain(e)s n’ont pas d’autre mot à la bouche, pas d’autre terme pour le qualifier sinon le grand passe-partout de la « modernité », ce sésame ouvre-toi du grand creux politique, ce circulez-il-n’y-a-rien-à-voir de leur basse besogne – de leur basse politique.

Cette politique fera mal, très mal : aux ouvrières et ouvriers, aux employé(e)s, aux chômeur.euses, aux enseignant(e)s, aux fonctionnaires, aux infirmières, aux personnels hospitaliers… Mais au-delà encore, à tous les salariés, même les cadres supérieurs plutôt bien lotis en termes de revenus, sur qui s’abattra, toujours implacable, toujours impitoyable, la pression inouïe de la compétition. Ce fléau qui passe pour l’évidence : travaillez plus et écrasez le voisin. Les gouvernants ont fait de la lutte contre le terrorisme une cause nationale : une manière de gouverner par la peur, l’état d’urgence, la répression des manifestations et la guerre – qui est une spirale infernale, la pire façon d’alimenter le terrorisme. Mais quand fera-t-on une priorité de la lutte contre les suicides au travail, les burn out, les accidents de travail (500 morts par an) ?

Cette politique nous fera mal. Et elle conduira, inexorablement, à un FN renforcé. Tôt ou tard, il arrivera au pouvoir, peut-être aidé d’une partie de LR, assorti de Dupont-Aignan et consorts. En 2012, une majorité d’élus UMP se disaient prêts aux alliances avec le FN.

« Tôt ou tard », mais donc « pas maintenant », entend-on ici et là. Cette fuite en avant est effarante. Elle est au fond typique de qui n’est plus même choqué(e) par une Le Pen au second tour. Décidément, ces élections semblent nous empêcher de penser. Il est grand temps qu’on en finisse avec ce système monarchico-présidentiel où l’on est supposé(e) croire en l’homme providentiel, comme des enfants au Père Noël. Rien que cette manière de gouverner, depuis l’Élysée ou à coups de 49-3 depuis Matignon, est indigne d’une « démocratie ».

Emmanuel Macron l’a déjà proclamé : il procèdera par ordonnances dès cet été. Manière de dire, sans discrétion, combien à ses yeux comme dans la Cinquième République, ce Sénat et cette Assemblée forment un parlement croupion. Mais les ravages anti-démocratiques ne sévissent pas qu’en politique. Quand on doit s’aligner sur le bon-vouloir patronal, faire allégeance pour un petit boulot mal payé, se résigner à la précarité, où est la décision, où est la démocratie ? En haut lieu et dans les salles de rédaction, s’imagine-t-on qu’on est libre de choisir sa vie à ces conditions ? On peut les mettre au défi, ceux qui brandissent leur fameux adjectif, leur mot totem prononcé sans tabou : « social-libéral ». Mesdames-messieurs les étiqueteurs, où se trouve s’il vous plaît le « social » dans tout ça ? On a beau le chercher, on ne trouve pas. À moins que ce mot-là soit le dernier rempart, le cache-sexe maigrelet avant dévoilement définitif ?

Il faut lire la superbe analyse qu’a récemment proposée Christakis Georgiou sur ce que représente Emmanuel Macron, ce présumé novice, celui qu’Aude Lancelin nomme le « chérubin » – l’enfant de la finance et des marchés qui l’ont longuement dorloté pour le modeler comme il fallait : un « putsch du CAC 40 », a-t-elle pu subtilement titrer[2]. Du texte de Chr. Georgiou, il importe de citer un passage un peu long :

« La liste des soutiens de Macron se lit comme un extrait du Who’s who de la classe dirigeante française. Son principal soutien a été Henry Hermand, grand patron avec des intérêts dans la grande distribution, proche de Mendès-France puis de Rocard et du courant chrétien de gauche fondé par Emmanuel Mounier autour de la revue Esprit. Hermand a financé des think tanks proche de la droite du PS (La République des idées, Terranova). Un autre patron proche du PS, le co-propriétaire du Monde, Pierre Bergé, est aussi un soutien déclaré de Macron. Il y a aussi Alain Minc (lui aussi inspecteur des finances), passé chez Macron après avoir soutenu Juppé à la primaire de la droite, Jacques Attali (polytechnicien et membre du corps des Mines), le banquier Serge Weinberg (président de Sanofi par ailleurs), le banquier de gauche Jean Peyrelevade (conseiller économique du premier ministre Pierre Mauroy en 1981-1983 et qui s’est occupé du programme économique de Bayrou en 2007), le financier Henri Moulard, Pascal Lamy et d’autres. Dans l’organigramme de campagne de Macron, le responsable de la collecte des fonds est Christian Dargnat, ancien dirigeant exécutif de la branche gestion d’actifs de la BNP Paribas, et le chargé des relations avec les entreprises et des questions économiques est l’ancien banquier d’affaires (chez Morgan Stanley à Paris) et ex-directeur général d’Altice Media Group (le groupe de Patrick Drahi), Bernard Mourad. Selon un ‘‘habitué des dîners du pouvoir’’ cité dans une enquête du Monde sur Macron, ‘‘il est celui dont le Siècle a toujours rêvé : homme de gauche faisant une politique de droite’’ ».

On comprend à cette aune pourquoi certains médias s’acharnent à nous présenter le fringant jeune Macron comme ça, justement, et rien que ça : un « jeune » fringant, au sourire éclatant ; le petit nouveau ; le petit dernier. L’essentiel est sans doute dans la manière dont il nous est livré en spectacle et, au fond, vendu : dans cette mise en scène de la fraîcheur et de l’originalité, quand son programme est usé comme la corde avec laquelle on n’ira pas se faire pendre.

Le FN, les riches et le capital

Menacée d’être licenciée, une ouvrière de chez Whirlpool – 800 millions de dollars de bénéfices, 21 milliards de chiffre d’affaires, une usine sur laquelle les deux qualifiés du second tour se sont jetés comme des mouches – a confié aux journalistes venus l’interroger : « Macron, c’est la loi du tout pour le patron » ; « on est de la classe ouvrière, on ne vote pas Macron, nous ». Rien n’est plus clair. Mais l’un de nos travaux communs est de montrer, avec précision, que le FN n’est pas pour autant le parti des ouvriers. Que son programme défend les patrons, comme le fait, autrement, Macron. Et que la xénophobie qu’il charrie vise à nous diviser quand nous pouvons être uni.e.s.

Le FN n’est pas devenu respectable avec Marine Le Pen, Louis Aliot ou Florian Philippot à sa tête. J’ai entendu Brice Couturier me rétorquer que ce parti n’est pas xénophobe. Des détails, sans doute, pour ceux qui en sont protégés : les candidats du FN s’étaient particulièrement lâchés lors des dernières élections. « Si on organisait des battues contre les Arabes, on sauverait peut-être la France», a écrit Elie Quisefit, candidate FN du canton de Narbonne 3. Narbonne 2, canton voisin : le candidat FN Fabien Rouquette publie ces quelques lignes : « Socialistes, communistes, musulmans ! Faites un geste pour la Terre, suicidez-vous »[3]. La xénophobie la plus abjecte, quoi qu’en dise Brice Couturier, pour qui on a trop « diabolisé » le FN. Non, mille fois non : pas assez.

Le Front national a été ultralibéral ; il veut maintenant se faire passer pour le « parti des travailleurs », le parti du social. Et pourtant, c’est un parti du capital. L’un de ses économistes attitrés le reconnaît : Bernard Monot, qui se vante d’élaborer le volet économique du programme frontiste, déclare sans ambages que dans son parti, « à l’intérieur nous sommes libéraux », « nous sommes pour le profit ». Il le formule encore autrement : le FN défend le capital, mais « national ». En bon libéral lui aussi, Robert Ménard, triste sire et maire FN de Béziers, se prononce pour la liberté d’entreprise contre ce qu’il prétend baptiser l’« inertie étatique » – on a pourtant montré depuis longtemps que l’État, au stade néolibéral du capitalisme, est loin de lui être un frein mais fait tout au contraire pour le favoriser.

« Heureux comme un entrepreneur en France » est l’une des devises que Marine Le Pen apprécie et brandit. Le FN ne défend pas les salariés. On ne trouvera rien dans son programme pour l’interdiction des licenciements – une entrave à la liberté des marchés chérie par le FN comme par tous les partis qui entendent, comme le dit Monot, défendre le capital. Les députés FN au Parlement européen se sont opposés à une mesure contre les délocalisations. Les députés FN de l’Assemblée nationale ont déposé des amendements à la loi Travail (« Travaille ! »), qui accentuaient encore son libéralisme et sa flexibilité imposée aux salariés.

Les mêmes ont aussi voté la directive européenne qui protège le secret des affaires : la petite cuisine du CAC 40 et des marchés financiers est avec eux bien gardée. À chaque lutte, à chaque grève comme au printemps dernier, le FN s’en plaint et voudrait que l’État fasse davantage encore régner son ordre. La police le lui accorde volontiers quand elle gaze et matraque les opposant(e)s et manifestant(e)s. D’ailleurs, Thibaut de la Tocnaye, « expert économique », membre du bureau politique et du comité central au Front national, le reconnaît ; il rêve d’un nouveau corporatisme, pour faire taire tout mouvement social, pour cadenasser toute lutte de classe : des syndicats qui regrouperaient des patrons, des cadres et des ouvriers. Le programme du FN regorge aussi de bons plans pour les plus riches en termes de fiscalité ; mais pas l’once d’une augmentation du SMIC[4].

En somme, le Front national ne s’en cache pas : ce qu’il est, c’est le « parti de la France » contre celui « des étrangers ». Un grand enjeu, qui va bien au-delà de cette élection, c’est donc le combat, précis et décidé, pour que pas une voix n’aille à Le Pen et au FN, du côté de celles et ceux qui y voient un espoir parce que, pendant des décennies, on les a écrasé(e)s.

Notre tâche est immense : elle a déjà commencé

Ces jours-ci, l’économiste Thomas Piketty appelle à voter Macron et estime que, s’il a un énorme score, il ne pourra pas appliquer son programme toxique[5]. C’est oublier un peu vite le vote plébiscitaire pour Chirac, qui nous a aussitôt conduits à une violente politique de droite, inaugurée quelques mois après sa triomphale élection par la contre-réforme des retraites concoctée par Fillon. Offrir un vote-plébiscite à Macron, c’est tendre les verges, les bâtons, tout ce que vous voulez : dans tous les cas, se faire battre avec notre bénédiction. Onction du suffrage, dira-t-on.

Bien sûr et malgré tout, vous voterez peut-être Macron. Chacune et chacun « choisira » avec son anxiété, son dégoût ou sa détermination. L’essentiel alors, c’est que nous nous retrouvions très vite, partout, dans les luttes, sur les places, dans toutes nos formes d’expression, pour s’opposer au bulldozer : il ne nous écrasera pas si nous lui résistons. Mais ça ne suffira pas.

Revenons en deux mots à Christine Angot. À propos du vote Macron, elle croit bon de lancer cette vindicte, en des termes choisis qui ne font pas dans la dentelle au cas où on n’aurait pas compris : « Si nous ne faisons pas ce minimum, nous sommes des salauds »[6]. Encore une fois, allons bon : si « salauds » il y a, il faudrait un peu mieux les chercher. Surtout, ce « minimum »-là, ce petit bulletin, n’est rien. Nous en avons entendu des vertes et des pas mûres contre l’abstention, de la part de certains qui ne font rien au quotidien et croient que la chose politique et son histoire se résument à leur isoloir.

Ce qui compte, infiniment plus, c’est ce que nous pourrons imaginer et réaliser pour que cesse cette situation – dont certains s’accommodent à longueur de temps et réagissent seulement une fois tous les cinq ans. Notre tâche est immense mais beaucoup, beaucoup l’ont déjà commencée : celles et ceux qui luttent dans des syndicats et des associations, occupent des places, des zones à défendre, organisent des marches pour la justice et la dignité, combattent la guerre, la violence policière, la xénophobie et l’islamophobie, défendent une réelle émancipation de nos sexualités, bâtissent concrètement des alternatives au capitalisme et à un cortège d’oppressions, inventent du commun.

C’est à ce travail qu’il faut continuer à nous atteler : le faire par-delà toutes les pressions et les donneurs de leçons, y consacrer avec bonheur notre énergie, est l’une des belles façons de leur dire « non ».

 


 

[1] Laurent Bouvet, Le Sens du peuple. La gauche, la démocratie, le populisme, Paris, Le Débat/Gallimard, 2012, p. 270 et 293.

[2] « La candidature Macron et la recomposition politique à l’œuvre », Contretemps, mars 2017 https://www.contretemps.eu/candidature-macron-recomposition-politique/; Aude Lancelin, « Emmanuel Macron, un putsch du CAC 40 », 20 avril 2017, https://audelancelin.com/2017/04/20/emmanuel-macron-un-putsch-du-cac-40/

[3] « Départementales : de nouveaux dérapages racistes de candidats FN », Le Parisien, 25 février 2015.

[4] Cf. Renaud Lambert, « Duplicité économique du Front national », Le Monde diplomatique, mai 2017.

[5] Thomas Piketty, « Plus le score de Macron sera fort, plus il sera clair que ce n’est pas son programme que nous accréditerons », Libération, 29-30 avril 2017.

[6] Christine Angot, « Si nous ne faisons pas ce minimum, nous sommes des salauds », Libération, 29-30 avril 2017.

Source : Mediapart, Ludivine Bantigny, 30-04-2017

Cet article fait partir d’une longue série visant à discuter les opinions diverses en lien avec l’élection du 7 mai.

Elle ne reflète pas forcément l’opinion du site Les-crises – qui n’aura d’ailleurs aucune position officielle pour cette élection.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

43 réponses à [Refuge] La vision de Ludivine Bantigny

Commentaires recommandés

Stella 2b Le 04 mai 2017 à 05h06

Thomas Piketty, « Plus le score de Macron sera fort, plus il sera clair que ce n’est pas son programme que nous accréditerons », Libération, 29-30 avril 2017.

C’est tellement logique….

  1. Stella 2b Le 04 mai 2017 à 05h06
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    Thomas Piketty, « Plus le score de Macron sera fort, plus il sera clair que ce n’est pas son programme que nous accréditerons », Libération, 29-30 avril 2017.

    C’est tellement logique….


    • Fritz Le 04 mai 2017 à 05h23
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      … et comme dirait @wuwei : et plus le score de Marine Le Pen est fort, plus il sera clair que ce n’est pas son programme que nous accréditerons.

      Logique, et symétrique.


    • Alfred Le 04 mai 2017 à 09h22
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      Ce genre de raisonnement “lumineux” laisse penser que c’est vraiment à la portée de n’importe qui de devenir un économiste (re)connu. Il est peut être temps pour les mandarins de tous poils d’arrêter de se mêler de ce qui au fond les dépasse car ils ne contribuent par ricochet qu’à décrédibiliser leur propre chaire.


    • lon Le 04 mai 2017 à 12h40
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      Ces élections , pour la bourgeoisie de gôche, c’est le naufrage complet du bon sens et de l’intelligence, et le triomphe de la rationalisation, de la mauvaise foi et de l’hypocrisie

      Pour la rationalisation , c’est ici :

      “..Une rationalisation est un phénomène psychique par lequel un comportement, une décision, un jugement, est justifié après coup de manière apparemment juste ou rationnelle, en ignorant consciemment ou non la véritable raison (ratio)..”.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Rationalisation


      • RGT Le 05 mai 2017 à 19h44
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        Dans ma jeunesse un dicton disait :

        “Avoir le cœur à gauche et le portefeuille à droite”.

        Je ne sais pas si ce dicton est tombé en désuétude (assurément oui, vu la dérive ultra-libérale du PS).

        Je pense qu’il serait tout à fait d’actualité de le dépoussiérer et d’en abuser à nouveau pour bien qualifier les “Grand Hommes de Gôôôche Bienfaiteurs des Peuples”.

        Ensuite vous connaissez sûrement mon opinion sur les politiciens professionnels… Préserver leurs propres intérêts quitte à trahir sans vergogne les pigeons qui les ont élus.

        Le seul homme pour lequel j’accepterais un jour voter est celui qui, par contrat irrévocable signé devant notaire, s’engagera à accepter que je vienne lui “casser la gueule” et AUSSI à me dédommager sur ses fonds propres des conséquences de ses actes s’il trahit ses engagements.

        C’est étrange, aucun de tous ceux à qui j’ai posé cette question n’a accepté de me répondre.

        Je tiens à préciser que je suis pacifiste et 100% non-violent.

        … Sauf quand on me prend VRAIMENT pour un con [pardon modération].


    • Ribouldingue Le 04 mai 2017 à 14h50
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      Piketty est un homme très intelligent et ses travaux sur l’économie sont passionnants, mais son sens politique est celui d’un membre du PS.
      Comme quoi on ne peut pas être bon partout.


  2. Cipang Le 04 mai 2017 à 07h09
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    En effet, avoir Macron comme president ne nous fait que reporter le probleme aux prochaines elections, sauf que la population sera plus aigrie et donc plus ”extremisee”. La question que je me pose donc est : Lepen maintenant avec une forte contestation ou Lepen demain avec un fort soutien ? Dans les deux cas, il y aura un grand risque de clash…


  3. Toff de Aix Le 04 mai 2017 à 07h47
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    Excellente analyse.
    A lire et à méditer par toutes celles et ceux qui affirment que “JLM et le Pen ont des points communs dans leurs programmes” (lu encore ici il y a quelque jours…)

    Angot, ça n’est pas celle qu’on a vu, avant le premier tour, aboyer sur Fillon lors d’une émission tévé, et lui refuser le droit de répondre, de se défendre et lui a même interdit, façon fasciste, la présomption d’innocence ? Un bon petit soldat qui a fait ça sur le service public, face à un pujadas muet(d’admiration sans doute). Ce soir là j’ai eu honte. Honte pour ce que ce pays est devenu, honte de la classe politique et intellectuelle dans son ensemble.

    Cette hysterisation de la société traduit ce qui va se passer : déviants, préparez vous, les gentils démocrates vont vous rééduquer.


    • thierry dechambre Le 04 mai 2017 à 10h23
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      Effectivement, il n’y a absolument aucun point commun entre les programmes de FI et du FN. Comparer Monsieur Melenchon et Madame Lepen c’est comparer une candidate populiste, démagogique et un candidat intelligent, réaliste. C’est le mieux que je puisse faire.


    • Catus Imperator Rex Luminae Le 04 mai 2017 à 10h38
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      [Modéré] La racaille merdiatique, les financiers psychopathes, les politicards corrompus, les i… utiles ou non. Tous seront servis à la hauteur des services rendus à l’anti-France pendant des décennies.

      Leur croyance irrationnelle en leur bonne étoile les perdra. L’un des traits les plus marquants des c… arrogants tels que notre époque les affectionne tant et partout dans les canaux de diffusion (les canons à merdre de l’ “information”), c’est bien de ne douter de rien.

      Comme le disait le très regretté Audiard. Je ne vais pas vous faire l’offense de répéter sa célèbre phrase. Elle s’applique si bien à tant de monde… Mais avec le temps qui passe (ce qui en soi est faux, mais bon), toute personne un peu logique aura constaté que les c… deviennent dangereux, à mesure que leur joujou hybristique grandi dans leurs mains. Le joujou leur pétera au visage, à tous ces zombies !

      Caviar sur le bol de croquettes :

      https://m.youtube.com/watch?v=AAVQ-mvoS_w

      http://blog.mondediplo.net/2017-05-03-De-la-prise-d-otages

      https://m.youtube.com/watch?v=EFQHvzJ1p38


  4. ErJiEff Le 04 mai 2017 à 08h53
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    A partir du moment où notre candidat n’est pas au second tour, il n’est pas difficile de comprendre qu’il sera nécessairement dans l’opposition, quel que soit le vainqueur.
    Donc il n’est pas difficile de comprendre que le succès futur de l’opposition menée par notre favori sera d’autant plus assuré que le pouvoir en place sera mal assuré.

    Macron s’appuie sur un système déjà en place, qui a infiltré la quasi totalité des appareils d’état, qui contrôle les finances, les mécanismes européens, les entreprises…
    Le Pen se retrouvera face à ce système, qui ne lui laissera rien passer…

    Lequel des deux sera le moins assuré ? Pas besoin de réfléchir longtemps.


  5. thierry dechambre Le 04 mai 2017 à 09h16
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    La vraie charité ce n’est pas d’accueuillir tout le monde mais de faire en sorte que chacun puisse vivre dignement dans son pays. Pas facile, n’est-ce pas ? Et si, tout simplement, on arrêtait d’ attaquer/déstabiliser des pays qui ne nous ont jamais menacé. Et si on arrêtait de vendre des armes à n’importe qui. Ce serait un bon début, non ?


    • RGT Le 05 mai 2017 à 20h11
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      Mais si “on” (pas nous les sans dents) foutait la paix aux autres peuples, comment feraient les ploutocrates pour aller piller les ressources naturelles précieuses que la nature Dieu à donné à des ploucs en guenilles ?

      Et en allant semer la guerre et la misère, ça permet AUSSI d’avoir une meute de “réfugiés de guerre” qu’il faut “aider” avec des emplois “humanitaires” rémunérés par des salaires de misère pour faire baisser le “coût scandaleux” de la main d’œuvre locale composée de “fainéants qui n’arrêtent pas de se plaindre”.

      N’oubliez surtout pas que c’est AUSSI ça les “valeurs” de Macron et de ses “Grands Amis”.

      Ce type n’est qu’une simple marionnette, un pantin.
      Certes il est nécessaire de le combattre mais il est surtout beaucoup plus urgent de “neutraliser” les marionnettistes.

      Comme toujours, en cas de révolte la marionnette verra sa tête fichée en haut d’une pique mais les marionnettistes ne seront pas inquiétés, juste “endormis” et bien planqués en attendant la prochaine opportunité (qu’ils ne manqueront pas de provoquer).


  6. Tuff Le 04 mai 2017 à 09h17
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    J’ai apprécié le rappel historique et ô combien important, en effet le FN a toujours été un parti de l’ultra-libéralisme, il a seulement pris des habits populaires ou plutôt populistes ces dernières années.


  7. JNX75 Le 04 mai 2017 à 09h31
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    “[..] des politiques menées depuis plus de trente années de rigueur, d’austérité, de concurrence acharnée, d’un « marche ou crève » permanent et, plus encore, institutionnalisé. ”

    Comme toujours, un discours original.. : les méchants néolibéraux affament le peuple qui n’a pas d’autre choix que de voter FN.
    * Austérité ? Quelle austérité quand le dernier budget en équilibre date de Giscard ? Quand la BCE fait un QE a 80 Md€/mois ? Que voudriez-vous : emprunter encore plus ? Abandonner toute prétention à la discipline fiscale ? Avec quelle conséquence? Arrêtons un peu.

    * Ultra-concurrence ? Je suis sûr que les beaux parleurs se font autrement plus matérialistes au moment de passer à la caisse. La plougastel coûte trop cher alors leur fraises sont espagnoles ; Air France coûte trop cher leur weekend sera EasyJet ; H&M leur habilleur et j’en passe. Votre électroménager est made in France peut-être ? Le mien oui.

    * Interdiction des licenciements : allez travailler dans une société ou les licenciements sont interdits (SNCF etc.) et faîte vous un avis par vous même sur le climat social.

    Franchement votre opposition convenue rend d’autant plus facile le boulot des élites dirigeantes : “TINA, c’est nous où l’enfant en face.” Si vous voulez lire une belle prose marxiste : La grande dévalorisation, de Trenkle et Lohoff. Attention : ça va mobiliser votre cerveaux 🙂


    • Toff de Aix Le 04 mai 2017 à 11h44
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      Austérité : au hasard, les deremboursements massifs de l’assurance maladie, la privatisation des services publics, la diète imposée a l’hôpital public avec la RNPP (non remplacement de deux départs sur trois) qui fait que les gens sont en train de sombrer dans tous les services,…. Peut être aussi l’explosion du nombre de RSA, ou de celle de mal-logés, voire de sdf ? Et aussi le transfert massif des revenus du travail vers le capital (cest pas moi qui le dit c’est le FMI, encore des vilains gauchistes non ?), via cette merveille qu’est le CICE (pas grave, pas d’augmentations de salaire depuis plus de 7 ans dans la fonction publique, pas d’augmentation du smic, etc. Etc.

      En fait, le tous contre tous que vous défendez, je ne puis que l’applaudir : il amènera encore plus vite la fin d’un système délétère, qui détruit les hommes et leur environnement, nous rend malades en nous faisant bouffer de la m€rde et en exigeant que nous affirmions que ça ait un goût délicieux.


      • Un_passant Le 04 mai 2017 à 12h08
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        Il serait juste de rappeler aussi : l’abandon de toute souveraineté monétaire, la multiplication des échelons administratifs, des comités Théodule, les gaspillages pointés continuellement, par la Cour des Comptes, depuis les années 80, sans aucun impact concret; sur les rumeurs persistantes de copinage, de népotisme et de clientélismes dans les échelons territoriaux, les hausses de charges compensées par des subventions, ce qui coûte plus cher que si on avait rien fait, du simple fait que ce système ajoute un surcoût administratif sans valeur ajoutée etc.
        Libéral? Non, incohérent, en faisant des lois démagogiques coûteuses compensées ensuite par des subventions, des exonérations qui ne conduisent qu’à une chose : engloutir des fortunes en administratif, sans aucune valeur ajoutée pour les citoyens, strictement, aucune.
        C’est même le contraire, en multipliant la paperasse et les normes, on a tellement renchérit les coûts que ça oblige à fermer des services. Doublement contre productif.


        • RGT Le 05 mai 2017 à 20h23
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          “les hausses de charges compensées par des subventions”…

          Chaque fois qu’il y a une “compensation” par des “subventions” (CICE par exemple) le surcoût n’est JAMAIS perdu pour tout le monde…

          Et quand il y a une baisse de “charges” ce ne sont JAMAIS ceux qui sont RÉELLEMENT dans le besoin qui en profitent.

          Ces “compensations” ne sont en fait qu’un retour d’ascenseur pour que les “généreux mécènes” puissent continuer à fournir une bonne soupe bien nutritive à ceux qui les accordent.


      • Alfred Le 04 mai 2017 à 12h26
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        Votre dernier paragraphe m’interpelle.
        Excusez moi mais vous me faites penser à ceux qui marchaient sur les corps pour faire advenir un monde meilleur.
        Comment peut on souhaiter le pire (même pour que ce monde pourri s’effondre)? Etes vous à ce point à l’abri? Manquez vous à ce point d’imagination?
        Je respecte votre volonté de vous abstenir mais je suis triste et inquiet de vos idées de suicide collectif.


        • Dufour Le 04 mai 2017 à 13h20
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          Voici la fin de l’article:
          “Ce qui compte, infiniment plus, c’est ce que nous pourrons imaginer et réaliser pour que cesse cette situation – dont certains s’accommodent à longueur de temps et réagissent seulement une fois tous les cinq ans. Notre tâche est immense mais beaucoup, beaucoup l’ont déjà commencée : celles et ceux qui luttent dans des syndicats et des associations, occupent des places, des zones à défendre, organisent des marches pour la justice et la dignité, combattent la guerre, la violence policière, la xénophobie et l’islamophobie, défendent une réelle émancipation de nos sexualités, bâtissent concrètement des alternatives au capitalisme et à un cortège d’oppressions, inventent du commun.

          C’est à ce travail qu’il faut continuer à nous atteler : le faire par-delà toutes les pressions et les donneurs de leçons, y consacrer avec bonheur notre énergie, est l’une des belles façons de leur dire « non ».”
          C’est non seulement le résumé le plus lucide de la situation, mais le plus porteur d’espoir.


  8. thierry dechambre Le 04 mai 2017 à 10h14
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    Vous savez de quel message on parle, ma réponse a Toff de Aix. Vous connaissez mon adresse mail. J’attends avec impatience vos explications sur la modération de ma réponse car pour l’instant je vous avoue que cela me conforte dans ce que je pense de l’objectivité : personne ne l’est et le prétendre est un mensonge.


  9. Christophe Vieren Le 04 mai 2017 à 11h17
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    En quoi cette tâche immense commencée par beaucoup (celles et ceux qui luttent dans des syndicats et des associations, occupent des places, des zones à défendre, organisent des marches pour la justice et la dignité, combattent la guerre, la violence policière, la xénophobie et l’islamophobie, défendent une réelle émancipation de nos sexualités, bâtissent concrètement des alternatives au capitalisme et à un cortège d’oppressions, inventent du commun) sera-t-elle facilitée par Le Pen présidente de la République ?

    Car élue, pas folle la guêpe, elle va poursuivre son polissage en proposant les mesures de gauche (abrogaton loi El Khomri, retraite à 60 ans, ….) que seront bien gênés de refuser les députés de gauche. Tout en donnant quelques gages de xénophobie (comme le firent Sarko et Valls/Macron) à ses électeurs et du brassage d’air euro et germano critiques.
    Puis, une dissolution de l’A.N (comme le fit Chirac mais sans succès) et hop bye-bye la France Insoumise !


    • Dufour Le 04 mai 2017 à 13h30
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      Vous faites contre-sens sur l’article.
      Ludivine Bantigny ne dit pas que l’élection de Le Pen faciliterait la “tâche immense commencée par beaucoup”.
      Elle appelle simplement tous ceux qui préfèrent le socialisme à la barbarie à se joindre à la tâche. Une façon, c’est de participer à la délégitimation du prochain locataire du capital à l’Elysée, en ne votant pour aucun.
      Mais c’est surtout de faire “front social” en s’imposant par la rue, les grèves, les blocages et toutes les formes qui seront utiles pour paralyser puis se débarrasser de la dictature du capital.
      Une première étape dimanche 14 heures à République: https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/040517/appels-pour-un-front-social


  10. Un_passant Le 04 mai 2017 à 11h32
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    Ultralibéral à 57% du PIB et 42% de prélèvement obligatoire?

    Quant à l’immigration, la question est encore et toujours mal posée.

    Quand on défend le communautarisme,
    quand on nie l’existence de la culture française,
    quand on rejette (mais nous sommes d’accord pour celui-là) l’ethnicisme,
    que reste-t-il?
    La démocratie? La République? Mais elles ne sont pas “transcendantes”. Il suffit de regarder toutes les monarchies parlementaires qui existent au seins de l’UE : Norvège, Suède, Danemark, Pays-Bas, Belgique,pour voir que ce ne sont pas des valeurs mais un mode de fonctionnement.
    La consommation?!
    Une nation ne peut être portée que par un idéal commun.

    S’il n’y a pas la familiarité ethnique (préférable, autrement, c’est facteur de massacres),
    s’il n’y a pas une culture majoritaire,
    s’il n’y a pas de religion majoritaire,
    si plus rien de transcendant ne s’impose à tous, où est la nation?

    Historiquement, ce vide est toujours devenu mortel.


  11. Louis Robert Le 04 mai 2017 à 12h34
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    “Bien sûr et malgré tout, vous voterez peut-être Macron. Chacune et chacun « choisira » avec son anxiété, son dégoût ou sa détermination. L’essentiel alors, c’est que nous nous retrouvions très vite, partout, dans les luttes, sur les places, dans toutes nos formes d’expression, pour s’opposer au bulldozer : il ne nous écrasera pas si nous lui résistons. Mais ça ne suffira pas.”

    Alors donc, je le prédis, c’est la Rue qui bientôt décidera.


  12. lois-economiques Le 04 mai 2017 à 13h10
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    La pression inouïe de la compétition. Ce fléau qui passe pour l’évidence : travaillez plus et écrasez le voisin.

    Cela porte un nom : darwinisme social, ni plus ni moins que la loi du plus fort, autrement dit l’idéologie dominante XX siècles, responsable de deux conflits mondiaux plus d’une quantité de conflits régionaux.
    Bref une idéologie mortifère qui engendrera les conflits et peines de demain.


    • Un_passant Le 04 mai 2017 à 13h20
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      Un peu simpliste.

      Le sport c’est du darwinisme.

      Et la compétition des entreprises, autrement la concurrence,, la seule alternative, ce sont les monopoles.

      Les individus sont tous quelque part entre la pure compétition et la pure coopération. Vous n’arriverez JAMAIS à mettre tous les individus sur la même graduation d’une telle échelle.

      Le drame, après autant d’années à étudier la psychologie et l’anthropologie, les philosophes, les économistes et les politiciens se refusent toujours à intégrer l’une et l’autre dans la conception de leurs projets et leurs réflexions. Trop difficile sans doute et trop destructeur pour les approches manichéennes, si faciles, si simples, si fausses.


      • Toff de Aix Le 04 mai 2017 à 14h11
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        Oui, le sport, la compétition. Justement, ça suffit.
        A quoi bon être les premiers, être les meilleurs si c’est pour le chanter sur des ruines ?
        Que ça soit dans l’entreprise, où chacun est encouragé à piétiner l’autre pour avancer…donc malheur aux perdants, aux faibles et aux incapables.. ou de manière plus globale, avec le système actuel qui n’encourage qu’une consommation effrénée, et de ce fait fout en l’air la planète.
        En fait vous opposez de façon tout à fait simpliste, vous aussi, la compétition et la coopération.

        Alors qu’il existe d’autres alternatives : le partage, l’entraide, la solidarité.

        Que L’URGENCE de la situation ne vous arrive même pas jusqu’aux neurones, en dit long sur la capacité de survie de notre espèce à court /moyen terme.
        Un seul chiffre : d’ici 2020, c’est au moins 6 millions de réfugiés, pour moitié de la guerre, pour autre moitié climatiques, qui se presseront aux portes de l’Europe.
        Allez, un autre : 5 degrés. C’est le réchauffement global qui nous attend, d’ici quelques décennies, si nous poursuivons dans ce système. Je sais que beaucoup s’en fichent car ils croient qu’ils ne le verront pas de leur vivant.
        Rien n’est moins sûr… Et puis, est-ce une façon vraiment responsable d’envisager les problèmes, les reporter sur nos descendants ?

        Une civilisation qui se croit invulnérable finit toujours par disparaître.


        • Un_passant Le 04 mai 2017 à 15h20
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          Que vous lez-vous que je réponde sinon que vous sembler zapper délibérément mon dernier paragraphe?

          Le reformuler? Essayons : toutes les approches, sans exception, à mes yeux, se plantent, du fait qu’elles ignorent TOUTES les ressorts fondamentaux de l’humain. Vous ne réussirez JAMAIS à imposer le partage, l’entraide et la solidarité qui ne fonctionnent qu’entre personnes qui les cherchent ou entre personnes qui estiment appartenir à la même tribu. Ça n’est pas être négatif, c’est de l’anthropologie et de la psychologie.

          Nous ne sommes jamais que des singes savants, savants, mais singes quand même donc… bêtes, ces ressorts fondamentaux nécessitent bien autre chose que des injonctions et des imprécations. Comment garantir à chacun la liberté fondamentale à laquelle il aspire sachant que personne n’a les mêmes aspirations?

          Jusqu’à présent, je n’ai trouvé personne qui ait la réponse, moi même l’ignore encore


          • toff de aix Le 04 mai 2017 à 17h49
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            désolé pour votre dernier paragraphe, j’avoue après relecture que je l’ai mal lu..

            concernant votre question, peut-être un élément de réponse à aller chercher du côté de “penseurs/philosophes” comme Eckhart Tolle?..


          • lois-economiques Le 05 mai 2017 à 09h37
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            Vous ne réussirez JAMAIS à imposer le partage, l’entraide et la solidarité qui ne fonctionnent qu’entre personnes qui les cherchent ou entre personnes qui estiment appartenir à la même tribu. Ça n’est pas être négatif, c’est de l’anthropologie et de la psychologie.

            Ben si, il suffit d’avoir les structures pour.
            Les structures déterminent les comportements si vous souhaitez changer les comportements changez les structures qui les déterminent.


            • Un_passant Le 05 mai 2017 à 16h49
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              Non. Aucune structure n’a survécu à la négation des traits anthropologiques fondamentaux. Le plus essentiel d’entre tous étant l’aspiration à la liberté et personne n’en a la même définition. Sinon les dictatures ne se seraient jamais effondrées. Les empires ne se seraient jamais effondrés.
              Vous me semblez adhérer à l’idée marxiste que les nations et les structures assimilées sont une invention bourgeoise. La première nation a toujours été la famille et le clan. Quoi que l’on fasse, elle reviendra, toujours, sauf à anéantir ce que vous voulez défendre (désoler d’exposer cette contradiction fondamentale) : la nature sociale de l’être humain.
              L’être humain est à la fois égoïste et social, coopératif et compétitif, empathique et opportuniste.


            • RGT Le 05 mai 2017 à 20h41
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              @ Un_passant :
              “L’être humain est à la fois égoïste et social, coopératif et compétitif, empathique et opportuniste.”

              C’est surtout son “éducation” et les “valeurs morales” portées par ses “élites” qui font pencher la balance.

              Dans la société actuelle, quand on voit qu’un sportif (ultra-dopé) ou un “participant” d’une émission de “télé réalité” est adulé au plus haut point par les médias et qu’il est rémunéré de manière scandaleuse pour sa “prestation” comment voulez-vous que les membres de cette “société” soient équilibrés, empathiques et qu’ils aient la moindre considération pour leurs congénères ?

              Je ne sais pas si vous avez vu le film “Idiocracy”, mais nous n’en sommes pas loin.
              Si vous voulez le voir (très mauvaise qualité et en accéléré) : https://www.youtube.com/watch?v=uTzAoML3GKs

              Ce film devrait être OBLIGATOIRE en cours de philo, avec ensuite une bonne réflexion de nos chères “petites têtes blondes” (ou crépues) pour leur faire comprendre qu’ils sont en train de toucher le fond et qu’il faudrait réfléchir un peu.


            • Un_passant Le 06 mai 2017 à 08h33
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              Il y a un malentendu considérable. Celui de la notion de tribu. Les populations depuis toujours se sont organisées en clans autour de systèmes de valeurs. Les gens se regroupent en fonction de ce qui les rassemble. Mêmes les chasseurs cueilleurs fonctionnaient en clans et des découvertes récentes ont laissé les anthropologues surpris car même à cette époque, il semble que les humains se soient combattus (vestiges de massacre).
              La solidarité universelle est utopique. Les gens n’ont pas les mêmes aspirations, quoique l’on fasse, sauf à instaurer une tyrannie, il en sera toujours ainsi.
              N’y a-t-il pour autant aucune solution? J’ose croire qu’il serait possible de canaliser les comportement les plus toxiques, mais ceux à véritablement interdire restent peu nombreux. Mais vouloir mettre tout le monde dans le même moule égalitariste revient à instaurer une tyrannie qui ne peut que sombrer.


            • Un_passant Le 06 mai 2017 à 08h40
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              Un dernier point, la compétition n’est pas instaurée par les systèmes mais trouve naissance dans le besoin de l’humain de son comparer, de “discriminer” (ohhh le vilain mot, pourtant pensez à la question des affinités sentimentales, en voilà un, un domaine où l’on choisit, où l’on discrimine). Bon courage pour supprimer ça, vu que c’est instinctif.


      • lois-economiques Le 05 mai 2017 à 14h07
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        Le sport c’est du darwinisme.

        Non, si demain vos sportifs n’ont aucun retour financier ni médiatique de leur performance vous verrez si il y a du Darwinisme la dedans….
        Ce sont les biens les structures qui déterminent leurs comportements.


        • Un_passant Le 05 mai 2017 à 16h42
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          Il n’y a rien de plus faux. Prenez les MMO, il est tout à fait possible et même préférable de coopérer, pourtant vous trouvez toujours des personnes avec ce comportement toxique qui sont incapable de raisonner autrement qu’en terme de compétition, quitte à nuire au groupe. Contrairement à ce que vous semblez croire, l’esprit de compétition est un de nos traits animaux les plus difficiles à dompter, fermez la porte, il revient par la fenêtre. Et que dire du sport amateur? Il y a des compétitions amateurs. Et chez les amateurs, vous savez quel est le degré minimum d’esprit de compétition? Se battre contre ses propres limites, les repousser, battre ses propres records.


          • RGT Le 05 mai 2017 à 20h59
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            Ce trait pervers de personnalité est en fait totalement aberrant et contraire à la nature humaine “archaïque”.

            L’humain, animal faible, sans défense, peu “gâté” par la nature malgré son intelligence “supérieure” à celle de ses compétiteurs il n’aurait JAMAIS fait le poids sans collaboration.

            Le seul moyen pour cette espèce de survivre a bien été de coopérer ÉQUITABLEMENT pour garantir un groupe solide et harmonieux.
            Si les premiers humains n’avaient pas suivi cette voie l’espèce se serait éteinte depuis bien longtemps, les membres du groupe laissant les autres se faire dévorer par leurs prédateurs ou mourir de faim sans tenter quoi que ce soit pour les aider.

            L’émergence des égoïstes est très récente et est causée par la structuration ARTIFICIELLE d’une société dans laquelle la coopération a été remplacée par la SUBORDINATION TOTALE à un “chef” qui, par le biais de la “loi” pu exploiter les autres pour son unique profit.

            Certaines cultures “primitives” ne se sont pas orientées dans cette voie et, après les avoir été bien dénigrées ont été simplement exterminées pour éviter de faire réfléchir les “moutons” qui auraient pu être tentés par ces “dérives”.


            • Un_passant Le 06 mai 2017 à 08h45
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              Le mythe rousseauiste. Sauf qu’il est petit à petit infirmé par les découvertes anthropologiques et les études portant sur les tribus primitives. En substance, ça n’est pas aussi simple, pas aussi manichéen. Tiens le mythe des indiens d’Amérique “solidaires”. En voilà un, beau mythe, quand leur unité n’est apparue qu’avec “l’invasion” occidentale.Ils ont été incapables de s’unir pour lutter, sinon trop tard, acculés (et sont les premiers à s’en vouloir et à le déplorer, reste que chacun prêche encore maintenant essentiellement, pour sa paroisse).

              Mais certes, ils savaient au moins gérer leurs ressources (reste que ça n’est pas universel vu les civilisations disparues ou réduites du fait d’une mauvaise gestion des ressources).


          • lois-economiques Le 06 mai 2017 à 18h29
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            On va être pragmatique.
            Donnez moi un comportement toxique, je vous donne la structure pour le combattre.
            C’est aussi simple que cela.
            Et pour faire beaucoup de sport et du sport de compétition, mon but n’est absolument pas d’être meilleur que l’autre mais de progresser.
            Et dans ce sens je préfére nettement perdre mais en ayant bien pratiqué mon activité que de gagner en l’ayant mal pratiqué.
            Je pratique le sport de compétition comme un jeu ou le but n’est pas de gagner mais de jouer.
            Lorsque le but n’est que de gagner c’est une déviance ou seul l’ego l’emporte au détriment de la pratique.
            Bref dans votre vision des choses c’est vaincre qui est le but et ce but serait inhérent à l’être humain.
            Rien n’est plus faux !


        • Un_passant Le 05 mai 2017 à 16h55
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          J’ajoute : les amateurs PAYENT pour se mettre en compétition.


  13. Renard Le 04 mai 2017 à 15h17
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    Très bon texte car il faut montrer que le FN défend un capitalisme corporatiste qui écraserait également les travailleurs (moins que le néo-libéralisme actuel je le reconnais).

    Seulement l’auteur fait une erreur “tactique” quand il dit que la politique d’immigration doit être laissé au front national : il n’y a rien de choquant à ce qu’un peuple souverrain décide, s’il le souhaite, de mener une politique de baisse de l’immigration. Cela fait partie des outils économiques dont dispose l’Etat. Le PCF jusqu’au années 78/80 dissociait très bien immigration et racisme : ils étaient pour une politique stricte d’immigration et en même temps défendaient les travailleurs algériens et autres contre le racisme cru dont ceux-ci étaient victimes.

    Bref, je pense qu’en se positionnant pour une baisse de l’immigration tout en gardant son positionnement anti-raciste, JLM ferait carton-plein aux législatives.


  14. Kapimo Le 05 mai 2017 à 01h34
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    Interessant, tous ces echanges sur l’identité du FN, et son approche du capitalisme.
    Mais quand il n’y a plus de travail, d’entreprise, ce débat est-il le plus important?
    La priorité n’est-elle pas de sortir de l’euro pour booster l’industrie, de protéger les entreprises et services publiques, d’aider les PME, bref de commencer par s’occuper de redonner un travail à ceux qui n’ont plus d’avenir et d’espérance? il me semble qu’on en est d’abord là aujourd’hui.


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