Source : Marianne, Renaud Dély, 28/04/2017

Sommes-nous devenus fous ? En rassemblant plus de 7,5 millions des voix, l’extrême droite française a battu le 23 avril son record historique dans les urnes. Marine Le Pen s’est qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle sans coup férir. Le Front national est aux portes du pouvoir. Jamais depuis 1965 et la première élection du président de la République au suffrage universel la démocratie française n’a paru aussi fragile et aussi menacée. Ce péril devrait émouvoir. Il n’en est rien. Cette situation devrait mobiliser. Pas davantage. Pis, la campagne du second tour s’est engagée sous les auspices d’un stupéfiant « Macron bashing ». Les mêmes qui reprochent au candidat d’En marche son arrogance pour avoir arrosé trop tôt son élection… répètent qu’il n’y a aucun risque de victoire de Marine Le Pen et qu’ils pourront donc à loisir se disperser le 7 mai vers l’abstention ou le vote blanc. Suicidaire aveuglement.

Depuis le soir du premier tour, l’ancien ministre de l’Economie est sommé de battre sa coulpe. Il est jugé responsable, et même coupable de tout. Lui qui est entré dans la carrière politique il y a moins de trois ans doit répondre de la progression quasi continue de l’extrême droite depuis plus de trois décennies. La bulle médiatique n’en finit pas de gloser sur son erreur de débutant – au sens propre du terme puisqu’il en est un en matière de campagne électorale – de la soirée qu’il a passée dans une brasserie parisienne. Les mêmes observateurs qui prophétisaient à longueur d’antenne avant le premier tour un introuvable « vote caché » et l’inéluctable « remontada » de l’ancien « collaborateur » de Nicolas Sarkozy assimilent désormais les moindres écarts de communication d’Emmanuel Macron à d’impardonnables fautes politiques. Son programme est passé au crible, ses propositions soupesées au centime près. Tous se gaussent, s’indignent ou s’alarment des fautes du jeune homme sans se préoccuper du vrai danger tapi dans l’ombre.

Suicidaire aveuglement

Le panurgisme médiatique est décidément la plaie de la bulle.

Car, pendant ce temps-là, tout le monde épargne Marine Le Pen. La leader d’extrême droite peut proférer les mensonges les plus grossiers sur le coût de l’immigration ou le fonctionnement de l’Union européenne, agiter les fantasmes les plus improbables sur l’insécurité et le terrorisme, bégayer des approximations économiques et même tenter d’habiller certaines de ses promesses anxiogènes comme la sortie de l’UE et le retour au franc, sans que nul ne s’en offusque. Sa dérobade face aux juges et aux policiers semble passée aux oubliettes, les mises en examen qui pleuvent sur son entourage n’intéressent plus personne. On est ébaubi devant les sourires d’un FN prétendument « normalisé », on salue les coups médiatiques les plus démagogiques de sa patronne. Et voilà qu’un quart d’heure de selfies de Marine Le Pen avec des sympathisants frontistes sur le parking de l’usine Whirlpool passe pour un coup de génie politique… Tout autre responsable politique agissant de même aurait été cloué au pilori médiatique, accusé de récupérer de façon indigne la souffrance ouvrière, pas Marine Le Pen, qui voit se dérouler sous ses pieds depuis des années un véritable tapis rouge médiatique. Dans ce monde de buzz, de tweets et de fake news, où l’image fait office de sens et où l’indécence n’a plus de limites, son incompétence est devenue un atout.

Quinze ans après le 21 avril 2002, le “front républicain” se lézarde, les syndicats se divisent, même l’épiscopat baisse la garde.

François Hollande a eu raison de déplorer l’absence de prise de conscience du pays face à la menace que fait peser l’extrême droite. Le chef de l’Etat a bien fait d’en appeler à cette gravité dont Jacques Chirac avait su faire preuve en 2002 et qui manque tant aujourd’hui. Le reproche s’adressait légitimement à Emmanuel Macron. Il concerne aussi chacune et chacun d’entre nous. Les citoyens ne peuvent reprocher au candidat d’En marche de faire parfois preuve d’une légèreté coupable s’ils ne cultivent pas eux-mêmes l’esprit de responsabilité. Quinze ans après le 21 avril 2002, le « front républicain » se lézarde, les syndicats se divisent, même l’épiscopat baisse la garde.

Les « pudeurs de gazelle » de Jean-Luc Mélenchon pour désigner l’ennemie de la République ne lassent pas de décevoir. Son insoutenable silence participe de la dangereuse banalisation du Front national. Il y a urgence. Il est temps d’ouvrir les yeux sur l’enjeu vital du second tour plutôt que de continuer à s’acharner sur le seul candidat républicain qui reste en lice. Oui, le 7 mai, il faudra bien sûr voter Emmanuel Macron. Par adhésion ou par nécessité, pour tout changer ou pour sauver l’essentiel, peu importe. Il sera bien temps pour ceux qui auront accompli ce geste républicain, minimal mais indispensable, d’entrer dans l’opposition dès les élections législatives.

En 2002, l’adversaire de Jean-Marie Le Pen au second tour présentait bien d’autres handicaps que Macron. Jacques Chirac avait déjà quatre décennies de carrière politique au compteur, un bilan désastreux et une foultitude d’affaires qui lui valaient le surnom de « Supermenteur ». Qu’importe, la République avait su faire corps. Quinze ans après, sommes-nous devenus fous ? Nous le saurons le 7 mai à 20 heures.

Source : Marianne, Renaud Dély, 28/04/2017

Cet article fait partir d’une longue série visant à discuter les opinions diverses en lien avec l’élection du 7 mai.

Elle ne reflète pas forcément l’opinion du site Les-crises – qui n’aura d’ailleurs aucune position officielle pour cette élection.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

34 réponses à [Refuge] La vision de Renaud Dély

Commentaires recommandés

ErJiEff Le 04 mai 2017 à 00h42

et pan sur Le Pen, et vlan sur Mélenchon.
Papier sans surprise, Renaud Dély est un habitué des cercles chics de la Presse, des plateaux d’experts régulièrement consultés sur LCI ,C dans l’air et autres arte…

– Si voter Macron c’est “tout changer” en compagnie d’Attali, Minc, Hollande, Cazeneuve, Valls, Juppé, Hue, Bayrou, Gattaz, Madelin, Parisot…
– Si “sauver l’essentiel” c’est rêver encore durant cinq années d’une alternative démocratique aux décisions de la bande à Juncker…
je conseillerais généreusement à Renaud Dély de suivre une formation de journalisme.
La propagande ça n’est décidément pas son fort, avec lui c’est vraiment du lourd.

  1. Pierre Davoust Le 04 mai 2017 à 00h21
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    Et si c’était le contraire qu’il fallait faire… ? Le Pen présidente, sans majorité législative ne sera-t-elle pas plus facile à abattre que le candidat des oligarques ? Parce qu’on peut aussi se demander si les oligarques soutiendront le pen comme ils soutiennent macron. Le Pen n’est pas leur candidate, seulement le bélier dont ils se servent pour enfoncer les institutions lesquelles soont déjà bien chancelantes.


    • jp Le 04 mai 2017 à 01h07
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      dsl mais non, faire le contraire de quoi ? on est piégé, on ne peut pas voter en son âme et conscience si on est obligé de jouer les devins.
      On est “pris en otage” comme l’écrit F. Lordon
      http://blog.mondediplo.net/2017-05-03-De-la-prise-d-otages


    • Homère d'Allore Le 04 mai 2017 à 08h32
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      Voter MLP pour faire barrage à Macron® ? Puis s’en débarrasser aux législatives…C’est le pari que fait “Trouble Fait”…

      https://youtu.be/AAVQ-mvoS_w

      Mais voter MLP d’un strict point de vue tactique machiavélique, ça ne marche pas.

      En effet, ce type de “vote tactique” ne peut concerner que 2 à 3 % de l’électorat, donc renforcer Le Pen sans empêcher l’élection de Macron®.

      Et ainsi de nous retrouver dans 5 ans avec la même alternative…

      Macron® is a registred trademark of AMBNP (Attali, Minc, Bergé, Niel & Pigasse)


      • Raoul Le 04 mai 2017 à 10h56
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        On se retrouvera de toute façon dans cinq ans avec la même alternative. En dehors des périodes d’élections, le FN est largement promu dans les médias afin de lui assurer une confortable assise. Il est utilisé pour canaliser une partie du vote des mécontents au détriment de partis qui pourraient effectivement faire bouger les choses. Et quand il arrive au second tour, c’est parfait car le concurrent est assuré d’être élu.

        Donc voter ou ne pas voter MLP n’a strictement aucune importance, la position du FN comme premier parti d’opposition populaire étant assurée de toute façon. En revanche, si d’aventure MLP était élue (ce qui est fort improbable), tout changerait car le FN serait grillé après cela.

        Ce qui est extraordinaire, c’est que le piège est connu et qu’il continue à fonctionner. Donc après Macron qui est en fait Hollande II, on aura, soit un Sarkozy II, soit un Hollande III.


    • some Le 04 mai 2017 à 09h06
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      je suis d’accord. laissez la baudruche fn se dégonfler dans l’action. Pour que 2022 puisse faire apparaître un nouvel horizon politique.
      si on pouvait aussi faire le ménage dans les médias se serait bien..
      qu’on ai des gens un peu moins sûr de leurs raisonnements.


    • Chat noir Le 04 mai 2017 à 23h36
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      Mais à quoi cela sert, puisque nous ne sommes pas en démocratie mais dans une ploutocratie représentative. Je m’intéroge encore également sur la sincérité du scrutin, français de l’étranger avec les machines électroniques, radiations sur les listes, disparition du vote blanc dans certaines grandes villes, … Comment est-il possible qu’un oligarque qui vient des banques et du ministère de l’économie haï de tous en un an, puisse arriver comme ça et est élu, la chose me semble plus-que troublant.


  2. gaston Le 04 mai 2017 à 00h31
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    “il est temps d’ouvrir les yeux..”
    il est bien impudent ce M Dély, nous ne l’avons pas attendu pour le faire ;
    comme journaliste politique n’a t il pas contribué à ce que le système nous propose, comme seule alternative a ML une marionnette dont le monde des affaires et de la finance tire les ficelles ?

    J’ajoute que son angoisse viscérale me semble peu fondée, surtout après un débat qui n’aura pas redistribué les cartes.


  3. ErJiEff Le 04 mai 2017 à 00h42
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    et pan sur Le Pen, et vlan sur Mélenchon.
    Papier sans surprise, Renaud Dély est un habitué des cercles chics de la Presse, des plateaux d’experts régulièrement consultés sur LCI ,C dans l’air et autres arte…

    – Si voter Macron c’est “tout changer” en compagnie d’Attali, Minc, Hollande, Cazeneuve, Valls, Juppé, Hue, Bayrou, Gattaz, Madelin, Parisot…
    – Si “sauver l’essentiel” c’est rêver encore durant cinq années d’une alternative démocratique aux décisions de la bande à Juncker…
    je conseillerais généreusement à Renaud Dély de suivre une formation de journalisme.
    La propagande ça n’est décidément pas son fort, avec lui c’est vraiment du lourd.


    • SARTON Bernard Le 04 mai 2017 à 17h31
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      Dély est un pantin idéologique de Libèration et de Marianne et il n’est pas étonnant qu’il appuie Macron et sa bande de faussaires de l’histoire en marche .Le matérialisme historique s’impose dans notre analyse de la situation politique d’aujourd’hui , et personne ne peut freiner les leviers et les logiques historiques à l’oeuvre préparées par 70 ans de 5ème république et des crises économiques du capitalisme en cascade .Les pantins qui se présentent aux élections sont dans cette logique funeste et chaotique . Macron – Le Pen ne servent qu’à cacher ce qui se prépare en coulisses par la grande bourgeoisie aux abois pour sauver son système très malade , si ce n’est en mort clinique avec l’argent de singe distribué par la planche à billets aux Etats-Unis et en Europe . La machine économique qui fait vivre le système tant bien que mal est en panne sèche avec sa logique Fordiste sans contrôle gaspillant les matières premières de la planète et mettant au chômage des dizaines et des dizaines de millions d’êtres humains mettant en jachère ces cerveaux que l’humanité produit par copulation permanente . Alors attendons-nous au chaos historique avec un espoir de survie pour les plus intelligents d’entre nous … La révolution est une utopie et pourtant elle est là dans ce chaos permanent du capitalisme ….


  4. thierry dechambre Le 04 mai 2017 à 00h46
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    C’est tout simple. Quand on ne fait pas le bon choix, on le regrette, longtemps. En 2012, lors du second tour, mon candidat n’était pas présent et j’étais fermement décidé à aller à la pêche comme on dit. Il faisait beau en plus. Mais on m’avait dit : ” tu verras, Hollande c’est quelqu’un de bien”, “imagine que Sarko repasse ” … alors, j’ai voté Hollande et j’y pense encore maintenant. Vous savez quoi, n’écoutez que vous.


    • Stella2b Le 04 mai 2017 à 08h07
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      Même constat, mêmes conséquences mais cette fois je ne me ferai pas piéger, ma conscience m’a taraudée pendant 5 ans, je ne veux pas en prendre encore pour 5 ans.
      De toute façon, soyons sans crainte, l’oligarchie a bien verrouillé la com de sa marionnette


  5. jp Le 04 mai 2017 à 00h49
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    ne connaissant pas ce monsieur suis allée voir sa fiche Wikipédia

    “Renaud Dély a participé en 2008 à la réalisation d’un rapport de Terra Nova, laboratoire d’idées proche du Parti socialiste, […]. Il soutient l’opinion que « la gauche parviendra mieux à retrouver une identité en assumant son ancrage dans une société libérale »

    bon ben voilà, c’est clair et net : Terra nova est le think tank qui a décidé en 2011 que le PS ne devait plus se soucier des classes populaires
    “la classe ouvrière n’est plus le cœur du vote de gauche, elle n’est plus en phase avec l’ensemble de ses valeurs, elle ne peut plus être comme elle l’a été le moteur entraînant la constitution de la majorité électorale de la gauche.”

    c’est là http://tnova.fr/rapports/gauche-quelle-majorite-electorale-pour-2012

    alors zut avec votre morale ! allez au diable, vous qui avez sciemment abandonné les plus pauvres au FN.
    ,


  6. Fritz Le 04 mai 2017 à 00h53
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    Marianne il y a vingt ans, c’était Jean-François Kahn et Philippe Cohen…
    Aujourd’hui, c’est Caroline Fourest et Renaud Dély.
    La pente raide.


    • LBSSO Le 04 mai 2017 à 06h43
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      Qui a écrit à propos de JF Kahn?
      -“Je pense l’homme honnête, mais je trouve le journaliste malhonnête”.
      – “(…) : notons quand même que Kahn accepte toutes les prémisses de la propagande de guerre, même quand il feint de s’opposer aux guerres de l’Occident.
      Kahn ou le faux dissident.”
      -” Sur le plan médiatique, je serai convaincu le jour où Kahn écrira : “Oui, je me suis trompé quand j’ai traité de cons les opposants au Traité de Maastricht… Je me suis trompé en traitant Saddam Hussein de salaud, alors qu’il représente un pays agressé et dévasté, et qu’il est mort courageusement… Je me suis trompé en soutenant la guerre de l’OTAN contre la Libye… J’ai été grossier en excusant mon ami DSK pour “un simple troussage de domestique”, et après le scandale soulevé par ces propos, j’ai menti quand j’ai annoncé que je mettais fin à ma carrière””

      Réponse : vous @Fritz dans les commentaires du 26 01 17.


      • Alfred Le 04 mai 2017 à 07h50
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        C’est pas incompatible. C’était déjà pas bien honnête. C’est maintenant en plus pas bien brillant.


      • Fritz Le 04 mai 2017 à 08h41
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        Oui @LBSSO, je l’avoue : c’est bien moi. Et alors ? Dans le commentaire que vous citez, j’ai souligné quelques tics agaçants de Jean-François Kahn, tout en précisant que je respectais la personne (je l’ai vu en 2003 et 2010).

        Lecteur de Marianne entre 1999 et 2011, j’ai constaté aussi, comme de nombreux lecteurs, une dégradation très nette de cet hebdomadaire qui se voulait original, et qui l’était effectivement puisqu’il avait contesté la guerre de l’OTAN contre la Serbie. Comme d’autres, j’ai trouvé que Marianne avait été coulée par les complaisances de JFK, et surtout par l’action néfaste de Maurice Szafran.


        • LBSSO Le 04 mai 2017 à 12h38
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          Bonjour @Fritz,
          “avouer” ? Je ne vous mettais pas en accusation.Ce n’était pas le sens de mon post.
          Vous vous souvenez que nous avions échangé le 26 01 au sujet du billet mis en ligne par OB.Nous n’étions pas d’accord, vous aviez écrit les lignes que j’ai rapportées et j avais défendu que malgré ses erreurs l’avis de JFK était dans cet article intéressant et ne méritait pas d’être balayé d’un revers de main (cf votre expression “finasser”).
          Le fait que vous insistiez plus à présent sur le rôle de M Szafran montre que vous apportez plus d’attention à JFK que ne le laissaient penser vos com du 26 01.
          Cet échange permet de souligner qu’il est souvent possible de trouver des points d’accords avec ses “opposants” ou des personnes qui ont fait des “erreurs” (je ne suis pas macronien pour autant).

          Merci pour la qualité de votre réponse .Au moins vous avez “la preuve” ( 🙂 ) qu’on vous lit et continuera à vous lire attentivement.


  7. Kasusbelli Le 04 mai 2017 à 01h13
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    Voyons…ah zut le 7 mai , je ne peux pas, j’ai aqua-poney !

    Plus serieusement, on m’a deja fait le coup en 2002…et…rien n’a changé ! On a les memes guignols qui servent les memes intérets, et je dois à nouveau sacrifier mon vote sur l’autel du front républicain ? Et ensuite…on m’oubliera pour les 5 prochaines années. On sera de plus en plus précaire, moins en sécurité, moins protégés mais ouf…les dividendes des actionnaires seront à la hausse.
    Ca suffit !


  8. LMDB Le 04 mai 2017 à 01h14
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    M…. ! J’ai lu le billet de Gaccio avant celui de Dély ! J’aurais dû faire l’inverse. Maintenant, je me sens sali par le billet du second alors que le premier m’aurait lavé.
    Aussi, quelle idée de lire une bouse pareille ! On ne peut quand même pas demander à un commentateur de course de chevaux de pondre une brillante analyse politique.


  9. Caliban Le 04 mai 2017 à 02h21
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    “Quinze ans après le 21 avril 2002, le “front républicain” se lézarde, les syndicats se divisent, même l’épiscopat baisse la garde.”

    Il y a 2 différences notables quand même :
    • en 2002 le borgne a tout fait pour perdre au second tour (il a durci son discours, il s’est fait plaisir car comme il l’a lui-même raconté plus tard il savait qu’il aurait été incapable de prendre le poste)
    • en 2002, personne n’attendait le borgne au second tour. Aujourd’hui c’est juste la confirmation de 2 ou 3 ans de sondages.

    Pourquoi les journalistes / politiques s’émeuvent seulement maintenant de la prophétie auto-réalisatrice qu’ils ont servie à la population tout ce temps à grand coups de sondages ? Leur véhémence à l’égard des gueux / indécis qui ne veulent pas voter Macron tenterait-elle de cacher une sourde culpabilité, de plus en plus évidente pour un nombre croissant de citoyens ?

    Quant à M. Dély en particulier … est-ce que cela vaut vraiment la peine de s’attarder ?


    • Alain C Le 04 mai 2017 à 08h32
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      En effet, cela vaut-il la peine de s’attarder sur Mr Dély ?


    • RGT Le 04 mai 2017 à 19h29
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      “Pourquoi les journalistes / politiques s’émeuvent seulement maintenant”…

      Ils s’émeuvent avec la même conviction que quand ils parlent des SDF ou des chômeurs…

      Et par derrière ils se frottent les mains car ça fera plus de papiers condescendants ou plus de “Grands Discours Sincères” la main sur le cœur.

      Mais dans ce cas particulier ils jouent “l’horreur” pour simplement que rien ne change et qu’ils puissent pantoufler en étant grassement rémunérés.

      Si leur PROFESSION était une telle sinécure ils ne se battraient pas pour pour obtenir ce job.

      Quand aurons-nous droit à une véritable ubérisation de la profession de politicien et de journalope ?

      Si les députés et les “journalistes” étaient payés au SMIC (même 2 fois le SMIC) sans possibilité de cumul de mandats ou de jobs par la CONSTITUTION ils ne se battraient pas et leurs remplaçants se dépêcheraient de faire remonter le salaire minimum pour avoir un niveau de vie décent.

      Il faut arrêter l’hypocrisie, ce panier de crabes de PROFESSIONNELS ne s’occupe QUE de son propre intérêt, comme toutes les personnes qui ont la possibilité de le faire.


  10. Tchoo Le 04 mai 2017 à 06h35
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    Un des pyromanes qui crient au feu. Qui d’autant plus véhément qu’il se sent coupable et croit ainsi masquer cette culpabilité. Tu sais Renaud tu serais resté dans ton coin, tu ne nous aurait pas manqué


    • Ellilou Le 04 mai 2017 à 15h09
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      Non seulement un pyromane qui crie au feu mais qui en plus tabasse et culpabilise les grands brûlés…! pathétiques 🙁


  11. Rawminey Le 04 mai 2017 à 08h30
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    Dingue comme on fait tous de l’aquaponey en ce moment !…
    Ouaip, c’est prévu pour ce dimanche depuis environ 2 semaines…
    ‘Vais pas louper ça !


  12. Tuff Le 04 mai 2017 à 10h17
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    Personnellement les deux me débectent ! quand je suis devant 2 deux fruits pourris, je n’en mange aucun, point !


  13. JLM18 Le 04 mai 2017 à 12h26
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    Ce texte de DELY résume la dérive éditoriale de Marianne vers un conformisme ahurissant. Ce type d’édito n’aurait pas été pensable il y a juste 10 ans ou une analyse de fond du score du FN et non l’empilement de mots valises appelant au vote antifasciste aurait été produite par Marianne…


  14. Gabriel Galice Le 04 mai 2017 à 13h49
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    Comme si EM avait grand-chose de “républicain” justifiant le “front” qui lui servirait de bouclier !
    Comme si un slogan, un mot, valait concept ! Mieux vaut relire Régis Debray sur le sujet, notamment “Que vive la République !” Dans “La République en France”, Claude Nicolet relève que notre République ne dissocie pas le politique du social, ce qui ne ressemble guère au parachèvement du démantèlement du code du travail. Au surplus, il y fort à parier que cela n’enrayera pas le chômage mais renforcera le dumping social, donc les profits. Lire “Pour en finir avec le chômage en Europe”, rapport de la commission Kreisky, 1989.


  15. laertes Le 04 mai 2017 à 14h11
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    Monsieur Dély, c’est à cause de gens comme vous que le front national en est là où il en est : le fameux vote (in)utile. Je me soucie comme d’une guigne de votre opinion. Je suis pour le dégagisme… et ça commence par des gens comme vous ou Hollande.


    • RGT Le 04 mai 2017 à 20h42
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      Si le FN en est là, c’est SURTOUT grâce à François Mitterrand qui a fait la PROMOTION ce parti pour se débarrasser des communistes qui représentaient encore à l’époque une “opposition dangereuse” suite à sa trahison de 1983.

      N’oublions SURTOUT PAS qu’avant 1984 le poujadiste de service ne représentait que lui-même à l’échelon national.

      Et qu’en poussant ce parti il y avait AUSSI comme “dommage collatéral” de plomber le RPR (ce qui n’est pas un mal) en incitant son aile droite à la radicalisation.

      Et ensuite ces chers “socialistes” viennent nous faire la morale ?

      Désormais je m’en fous car je boycotte depuis cette époque TOUTES les élections.

      Je ne suis même pas inscrit sur les listes électorales, ayant déménagé 3 fois depuis.
      C’est dire mon intérêt pour cette “grand-messe nationale”.

      Je pensais “éventuellement” voter contre la gangrène Macron mais je me suis aperçu que je n’avais pas de carte d’électeur, le “problème” est donc définitivement résolu.


  16. Louis Robert Le 04 mai 2017 à 16h17
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    “En 2002, l’adversaire de Jean-Marie Le Pen au second tour présentait bien d’autres handicaps que Macron. Jacques Chirac avait déjà quatre décennies de carrière politique au compteur, un bilan désastreux et une foultitude d’affaires qui lui valaient le surnom de « Supermenteur ». Qu’importe (SIC!) la République avait su faire corps. Quinze ans après, sommes-nous devenus fous ?”

    Manifestement, vous lisant, nous devons admettre que nous l’étions déjà tout à fait, en 2002!

    *

    “Quinze ans après le 21 avril 2002, le « front républicain » se lézarde, les syndicats se divisent, même l’épiscopat baisse la garde”…

    Doit-on s’en étonner? Et si c’était un signe de rétablissement collectif inespéré?


  17. Bamboo Le 04 mai 2017 à 17h06
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    La Rotonde n’est que la partie émergée de l’iceberg. Dessous, il y a, entre autres, les zones d’ombre de son patrimoine. Le chaînon manquant en la matière pourrait bien être un compte aux Bahamas.

    Si on est pas un blaireau de la dernière pluie, on sait comme cela se passe. La HATVC qui est indépendante, bien sûr, avait répondu R.A.S. à l’association ANTICOR qui demandait une enquête… On fut plus curieux en ce qui concerne l’affaire Pénélope…

    Avec les derniers éléments soulevés, une enquête urgente serait plus que nécessaire quitte à repousser l’élection. Car ce que la plainte en diffamation de Macron ne permettra pas de faire (obtenir des éléments probant sur l’existence ou pas d’un compte), des services de renseignements l’obtiendront et sauront s’en servir pour faire du prochain président “un homme sous influence.”


  18. Vladimir K Le 04 mai 2017 à 17h08
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    Il ne faut pas se leurrer, pour les français une élection de Macron ou de MLP donnera la même chose.

    La seule différence, est que Macron donnera les clefs de la “maison France” à l’UE sans condition, alors que MLP les donnera avec un élément de chantage, en nous utilisant comme otages, pour des fins personnelles.


  19. Nade Le 04 mai 2017 à 18h08
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    Il y a un truc qui m’ennuie… Voter pour celui qu’on pourra le plus facilement bloquer aux législatives ? Or on sait que les députés ne servent à rien, n’ont plus aucun pouvoir.
    Et Macron a prévu de gouverner “par ordonnances” non ? sans demander l’avis de personne (quelle différence avec une dictature ?)

    [modéré]


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