C’est une bonne journée pour parler d’un point important : la façon de désigner le Président de la République.

Réflexion intéressante, mais qui pose d’autres problèmes, à nous d’en débattre 🙂

Source : Science étonnante, 21-10-2016

Notre méthode de scrutin présidentiel est pleine de défauts, il est temps d’en changer ! … en s’aidant de la science, bien sûr !

OB : Voir aussi cette vidéo : “Ceux qui choisissent le système électoral déterminent l’heureux gagnant” d’Arte :

Avant toute chose, n’hésitez pas à la partager massivement pour faire connaître ces réflexions, et aider à populariser la méthode du jugement majoritaire. N’hésitez pas aussi à la relayer par exemple sur Twitter en interpelant vos hommes politiques préférés.

En complément de cette vidéo que j’espère relativement simple à comprendre, je voudrai revenir sur les deux aspects un peu plus techniques : le théorème d’impossibilité d’Arrow, et la question des ex-aequo dans le jugement majoritaire.

(Edit du 22/10 : je vais en fait commencer par la question de la robustesse du jugement majoritaire aux manipulations stratégique, question que j’ai traitée trop rapidement et sur laquelle j’ai eu beaucoup de questions/commentaires)

Le vote stratégique dans le jugement majoritaire

Beaucoup de personnes m’ont demandé en quoi la méthode du jugement majoritaire (qui évalue les candidats sur une échelle de 7 mentions) n’est pas sensible au vote stratégique, de la même manière que la méthode des notations entre 0 et 20. Premièrement, elle n’est pas « totalement insensible » (comme je l’ai peut-être improprement suggéré), mais elle est beaucoup plus robuste. Voyons pourquoi :

La réponse courte qui ne satisfera que les matheux, c’est que le jugement majoritaire fonctionne par une médiane, et pas par une moyenne. Et on sait que la médiane est beaucoup plus robuste aux valeurs extrêmes.

La réponse détaillée est celle que je donne dans la vidéo, mais que je vais expliciter. Imaginez un candidat ayant obtenu les mentions suivantes :

  • Excellent : 9%
  • TB : 14%
  • B : 16%
  • AB : 15%
  • Passable : 18%
  • Insuffisant : 15%
  • A rejeter : 13%

Comme je le dis dans la vidéo, sa mention majoritaire sera « Assez Bien à 54% ».

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Imaginez que vous ayez voté « Bien », mais que ce candidat soit votre candidat préféré. Vous êtes donc tenté de faire du vote stratégique et de le mettre à « Très bien » voire « Excellent » pour le favoriser. Si vous faites ceci votre voix passera de Bien à Excellent, mais ça ne changera ABSOLUMENT pas le résultat « Assez Bien 54% ». Pour bien le voir, imaginons que tous les électeurs qui aient voté « Bien » aient voté « Excellent » à la place pour tricher, les mentions seraient alors :

  • Excellent : 25%
  • TB : 14%
  • B : 0%
  • AB : 15%
  • Passable : 18%
  • Insuffisant : 15%
  • A rejeter : 13%

Et le résultat de la mention majoritaire serait toujours « Assez Bien 54% ». Ca marche aussi dans l’autre sens, si tous ceux qui ont pensé et voté « Passable » décident d’exagérer en « A rejeter », on arrive à

  • Excellent : 25%
  • TB : 14%
  • B : 0%
  • AB : 15%
  • Passable : 0%
  • Insuffisant : 15%
  • A rejeter : 31%

Et le résultat est toujours « Assez Bien 54% ».

Évidemment, si TOUS les électeurs choisissent de ne voter que « Excellent » pour un candidat et « A rejeter » pour tous les autres, le système se casse la gueule. Mais vous noterez quand même que le système est insensible à des manipulations stratégiques même quand elles sont réalisées par un pourcentage important de l’opinion. Alors que j’ai montré dans ma vidéo que dans le système à 2 tours, quelques % de vote stratégique (dans mon cas François Nicolas Marine) peuvent décider de l’issue du scrutin.

Le théorème d’Arrow

La première fois que j’ai entendu parler du théorème d’Arrow, j’ai été surpris et choqué. Comment un théorème de mathématique peut-il nous affirmer l’impossibilité de tenir un mode de scrutin équitable ? Il s’agit d’une question organisationnelle, sociale : comment les maths peuvent-ils nous apporter une réponse aussi tranchée (et négative !). Pour bien comprendre, il faut se pencher sur la formulation exacte du théorème d’Arrow.

Le théorème d’Arrow s’intéresse au cas où les préférences des électeurs se manifestent sous la forme d’un classement des candidats (je reviendrai sur cette hypothèse plus tard). C’est-à-dire qu’on part du principe que chacun des électeurs sait classer tous les candidats par ordre de préférence. S’il y a 5 candidats que l’on dénote C1, C2, C3, C4 et C5, les classements des différents électeurs vont donc être un truc du genre

C2 > C3 > C1 > C5 > C4
C2 > C1 > C3 > C5 > C4
C1 > C2 > C3 > C4 > C5
C3 > C1 > C2 > C5 > C4
C2 > C1 > C3 > C4 > C5
C4 > C3 > C1 > C5 > C2
etc.

Il est facile de collecter cette préférence sur un bulletin de vote. La question que l’on se pose maintenant, c’est comment, à partir de ce classement réalisé par chacun des électeurs, peut-on établir un classement collectif, agrégé, qui soit le plus représentatif possible de cet ensemble de classements individuels. Par quel processus peut-on passer d’un ensemble de choix individuels, à un choix collectif « social ».

(Pour les matheux, on peut poser le problème de la manière suivante : si on a N électeurs et K candidats, le classement établi par chacun des électeurs est une permutation de l’ensemble [1;K]. On cherche une fonction qui à N permutations de [1;K] associe une permutation de [1;K]. On appelle cette fonction, une « fonction de choix social ».).

L’idée du théorème d’Arrow est qu’une telle manière d’agréger les classements individuels en un classement social collectif doit satisfaire certaines conditions naturelles. Une condition évidente est que s’il y a unanimité dans la population (tous les électeurs ont exactement le même classement), alors le classement agrégé doit être identique. Une autre condition assez évidente est que la fonction de choix social doit couvrir toutes les situations possibles (on voit par exemple dans la vidéo que la méthode de Condorcet — prendre celui qui gagne tous ses duels — peut ne pas pouvoir fonctionner dans certains cas).

La condition la moins évidente, mais qui est celle que l’on sait facilement violée, c’est ce qu’on appelle « l’indépendance des options non pertinentes ». C’est-à-dire que le classement relatif de deux candidats dans le choix social ne doit pas être modifié par des changements concernant les autres candidats dans les classements individuels. Si Jean est devant Jacques dans le choix social, cette ordre ne doit pas dépendre de où se trouve classé Paul dans les choix individuels. En particulier si l’on retire complètement Paul des classements individuels, ou que tout le monde le met premier, ou dernier, cela ne doit pas influencer l’ordre relatif de Jean et Jacques. Or on a vu qu’avec un scrutin « à tours », cette condition peut être violée, même avec seulement 3 candidats et 2 tours.

Ce que démontre le théorème d’Arrow, c’est qu’il n’existe aucune fonction de choix social qui respecte ces conditions. Ou plutôt si, il n’en existe qu’une seule : celle qui consiste à choisir dès le départ UN des électeurs, et à décider que le classement du choix social sera égal au classement de cet électeur en particulier, indépendamment de ce que décident tous les autres; pour des raisons évidentes on va appeler cet électeur « le dictateur ».

Et donc si on ajoute comme condition supplémentaire que le système de vote ne soit pas « dictatorial », aucune fonction de choix social respectant les conditions n’existe. Voilà le théorème d’impossibilité d’Arrow.

Classement versus jugement

On l’a vu, il est possible d’échapper au théorème d’Arrow en modifiant la manière dont les électeurs expriment leurs préférences. Dans les conditions du théorème d’Arrow, les électeurs classent les candidats. Mais on peut très bien leur demander de les noter ou les juger, plutôt que de les classer. En théorie, une méthode de choix parfaite serait de connaître pour chaque électeur le niveau de satisfaction que lui apporterait chacun des candidats, ce que les économistes appellent « l’utilité » associée à ce choix. On pourrait alors choisir le vainqueur qui maximise l’utilité totale de la société.

Cette méthode souffre de plusieurs problèmes. Comme je le dis dans la vidéo, cette méthode de vote suppose que chaque électeur révèle de manière sincère l’utilité que lui apporterait chacun des candidats; mais en pratique, il est possible de manipuler le résultat en exagérant son vote. Et puis autre problème relevé par Arrow, même si les gens étaient tous sincères, il est extrêmement difficile de correctement quantifier ses propres niveaux d’utilité. Ce qu’argumente Arrow, c’est que la seule chose que les électeurs puissent faire de manière assez fiable et robuste, c’est de comparer des options deux à deux : est-ce que je préfère Jean à Jacques ? Et Jacques à Marie ? etc. Et donc au final d’établir un classement entre les candidats.

En somme, Arrow nous dit que d’un côté, classer les candidats est la seule chose que l’on sache faire de manière fiable, d’un autre il n’existe aucun système raisonnable permettant de passer d’un ensemble de classements individuels à un classement agrégé « social ».

Le cas des ex-aequo pour le jugement majoritaire

On ne va pas se raconter de blagues : à première vue le système de vote du jugement majoritaire peut être déstabilisant, et paraître « compliqué ». Je dois avouer que j’ai eu cette impression la première fois, mais j’espère sincèrement l’avoir expliqué de la manière la plus simple possible dans la vidéo, et qu’il semblera limpide à tous (si ça n’est pas le cas, j’attends vos témoignages.)

Il reste toutefois un cas délicat que j’ai volontairement un peu escamoté sous le tapis dans la vidéo : celui des ex-aequos.

Imaginons que les deux meilleurs candidats aient obtenu exactement la même mention majoritaire, disons « Assez Bien ». Comment les départager ? Une manière simple consiste à simplement déclarer vainqueur celui dont le pourcentage cumulé des mentions supérieures ou égales (AB, B, TB et Excellent) est le plus élevé. C’est simple, mais les auteurs Rida Laraki et Michel Balinski proposent une autre manière de procéder.

On peut en effet nuancer les mentions : prenez un candidat, considérez le pourcentage des gens qui ont attribué une mention strictement meilleure (ici : B, TB et Excellent) et comparez le au pourcentage des gens qui ont attribué une mention strictement inférieure (ici : à rejeter, Insuffisant, Passable). Si le premier est plus élevé, vous nuancez la mention en « + », si le second est plus élevé, vous nuancez la mention en « -« . Et bien évidemment pour une mention identique, le « + » bat le « -« .

En cas de nouvelle égalité, pour une égalité de mention « + » on regarde le % des gens ayant attribué une mention strictement supérieure. Celui avec le plus gros pourcentage gagne. Pour une égalité de mention « -« , on regarde le % des gens ayant attribué une mention strictement inférieure, dans ce cas celui avec le pourcentage le plus faible gagne.

Ce raffinement des mentions permet de traiter les cas d’égalité, et d’après les auteurs, il donne un résultat plus représentatif que de regarder simplement le pourcentage cumulé.

J’ai eu la chance de pouvoir interviewer Rida Laraki et Michel Balinski sur ces questions, qu’ils en soient remerciés ! Et j’avoue que je trouve cette méthode pour départager les ex-aequos un chouilla compliquée, même si on peut argumenter qu’elle est meilleure. Je me demande si le gain de « perfection » de cette méthode justifie de compliquer le système de vote, surtout que l’on parle déjà d’un changement démocratique majeur.

Les débats sont ouverts !

Pour finir, je vous donne ci-dessous quelques références de Michel Balinski et Rida Laraki, qui relatent notamment plusieurs de leurs expériences « de terrain » pour comparer le jugement majoritaire au scrutin traditionnel à 2 tours, notamment sur différentes élections présidentielles. Pour ma part, j’ai fait exprès de ne pas citer ces exemples, car je trouve que prendre un exemple réel pour faire la promotion d’un système de vote pourrait passer pour de la promotion du candidat que ce nouveau système de vote désignerait. Il me semble que la méthode du jugement majoritaire est intrinsèquement la meilleure, et cette opinion ne doit pas dépendre du résultat qu’aurait eu cette méthode sur les élections précédentes.

Pour aller plus loin : une vidéo de Rida Laraki

Source : Science étonnante, 21-10-2016

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58 réponses à [Vidéo] Réformons l’élection présidentielle !

Commentaires recommandés

luciole135 Le 23 avril 2017 à 00h32

Faux débat que cette vidéo. Le problème est la proportionnalité entre le temps médiatique et les pourcentages obtenus par les différents candidats.
Ce classement soi-disant scientifique va simplement permettre de donner un vernis scientifique à une escroquerie électorale, puisque les électeurs classeront ls candidats selon leurs préjugés tous fabriqués par la propagande médiatique

  1. luciole135 Le 23 avril 2017 à 00h32
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    Faux débat que cette vidéo. Le problème est la proportionnalité entre le temps médiatique et les pourcentages obtenus par les différents candidats.
    Ce classement soi-disant scientifique va simplement permettre de donner un vernis scientifique à une escroquerie électorale, puisque les électeurs classeront ls candidats selon leurs préjugés tous fabriqués par la propagande médiatique


    • sg Le 23 avril 2017 à 00h45
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      Non ce n’est pas un faux débat, il est tout à fait légitime, mais effectivement bien plus utile pour les législatives que pour la présidentielle, où l’on ne peut élire qu’un seul président. Lors des législatives, l’application d’un tel mode de scrutin permettrait une représentation bien plus proportionnelle, bien plus objective, et bien plus robuste aux manipulations des différents courants politiques des électeurs.

      Mais bien sûr, ce n’est qu’une partie du problème: les médias, les instituts de sondage, ainsi que le mode de création de questions de référendums font aussi partie intégrante.


      • Fox 23 Le 23 avril 2017 à 13h54
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        Mon cher SG, j’ignore votre âge et donc vos motivations profondes pour soutenir cette proportionnelle semblant parée de tous les atouts.
        J’ai vécu la 4ème République, ses gouvernements de 3 semaines, quand ils faisaient 6 mois on criait au miracle, pour savoir que ce n’est pas la formule magique !
        Si mathématiquement, il est difficile d’accepter un député à St Pierre et Miquelon pour moins de 4000 inscrits et un autre, n’ayant aucune puissance supplémentaire, élu avec 145 000 voix dans le 9.3. la proportionnelle pose d’autres problèmes.
        Revenir au régime des partis avec leurs magouilles internes n’est pas le moindre, l’avenir de la France étant leur moindre souci, seul leur avenir étant jugé important (cf la 4ème).
        Je ne parle même pas de certaines propositions “exotiques” basées sur le tirage au sort, ne précisant absolument pas les modalités de la chose !


        • sg Le 23 avril 2017 à 17h38
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          Je n’ai pas parlé du scrutin proportionnel mais du jugement majoritaire. J’ai en revanche mentionné une représentation proportionnelle, car effectivement je pense qu’on peut convenir que le but premier d’un mode de scrutin est de garantir au maximum une représentation objective des opinions des électeurs.

          Le jugement majoritaire est pour l’instant le mode de scrutin démontré mathématiquement comme le plus robuste, et c’est normal puisqu’il repose sur la médiane (et qu’il outrepasse les limites du théorème d’Arrow par un jugement individuel plutôt qu’un classement de préférences). Et ce n’est pas une simple statistique, c’est vraiment mathématique, la médiane est bien connu comme étant très robuste, c’est utilisé partout en traitement du signal, dans tous les domaines d’ingénierie.

          Point de scrutin proportionnel donc, qui a bien des inconvénients j’en suis bien d’accord, mais un scrutin médian pourrait-on dire, qui assure d’élire un candidat qui a été jugé compétent par au moins 50% de la population.


    • Wiliam Le 23 avril 2017 à 12h29
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      Vous mélangez deux choses: la publicité qui précède le vote, et le système de vote per se.
      La video de Science Étonnante ne s’attache qu’à ce deuxième aspect. Il ne dit rien des temps de parole ni d’équité de traitement des candidats.

      Par ailleurs, ce système est parfaitement adapté à l’élection présidentielle, comme le montre la video (en comparaison des autres types de vote).


      • sg Le 23 avril 2017 à 17h46
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        Je ne mélange pas, j’ai bien indiqué que la médiatisation est un autre problème, tout aussi important à résoudre: le système d’élection actuel dépasse le simple cadre du scrutin, c’est chaque engrenage qu’il faut étudier, débattre et potentiellement changer. Sauf que quasiment personne ne le fait, à part quelques initiatives comme Science Étonnante ou DataGueule (d’ailleurs leur financement pour leur documentaire sur la démocratie a été un succès, le projet est lancé, j’espère une autre pierre au débat).

        Et je maintiens que le jugement majoritaire serait également excellent pour les législatives, où l’on verrait davantage l’impact d’un changement de mode de scrutin, simplement pour une raison: il y a bien plus d’élus, donc bien plus de granularité dans le résultats, donc les changements se voient bien plus facilement. Sans parler du gerrymandering, vote utile et autres biais qui seraient gommés, impactant considérablement les résultats.


        • Wiliam Le 23 avril 2017 à 21h16
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          Sg, le début de mon commentaire s’adressait à luciole135.
          Concernant les législatives, je suis d’accord avec vous. Je tenais juste à rappeler que ce mode de scrutin fonctionne également avec la présidentielle.


    • Mat Le 23 avril 2017 à 16h57
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      Vous pourrez avoir résolu la problématique de la propagande médiatique, si le système électoral est toujours aussi injuste qu’aujourd’hui, une partie importante des électeurs pourront se sentir trompés.

      Ce sont deux problèmes distincts qu’il faut tous les deux résoudre.


    • Barbe Le 23 avril 2017 à 17h31
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      Exact

      Regardez tous maintenant la page d orange !

      Ils parviennent à mettre une photo de l affiche de macron…. Je reste sans voix…
      Tout ça pour dénoncer le fait que dans certains bureaux de vote il n y aurait pas des affiches du fn….
      Une pub gratis pour tous ceux qui devraient encore aller voter pour le candidat choisi pour nous.
      On saisit le csa?


  2. sg Le 23 avril 2017 à 00h47
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    Très bonne initiative Olivier, je trouve que poster ça le jour de l’élection est une façon sobre et apolémique de contribuer au débat, merci!


    • madake Le 27 avril 2017 à 01h48
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      Nous parlons de réformer l’élection présidentielle, que nous voyons comme une forme ultime de la démocratie.
      La démocratie semble, pour nous, si naturellement associée au vote, que vouloir les séparer nous semble impossible.

      Pourtant, rappelons, que le vote n’est pas la démocratie, et qu’il peut même lui nuire.
      C’est simplement un fait historique, qui a perduré durant des siècles.
      Ecoutez et jugez par vous-même

      https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouvelles-vagues/le-hasard-15-la-politique-du-tirage-au-sort


  3. Timothée Le 23 avril 2017 à 03h10
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    Pour ceux qui n’aurait pas vu le lien, une expérience scientifique citoyenne est menée par les deux chercheurs Dr. Balinski et Dr. Laraki, et la primaire.org en utilisant ce système de scrutin à vote majoritaire.
    Plus les gens participeront, et plus l’étude sera intéressante.
    https://www.jugementmajoritaire2017.com/
    Mesdames, messieurs à vos votes et bonne chance pour ce dimanche ensoleillé!!!


    • sg Le 23 avril 2017 à 13h11
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      Site surchargé, les votes sont désactivés pour le moment, j’espère qu’ils vont rétablir ça avant la fin de journée! En tout cas ça a l’air d’avoir plus de succès que prévu 🙂


    • sg Le 23 avril 2017 à 13h18
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      Intéressant, ils testent non seulement le jugement majoritaire mais aussi un système de vote électronique sécurisé par blockchain (le même système que le Bitcoin).

      D’autre part, dans “A propos du vote”, il semble qu’ils aient voulu initialement seulement proposer un vote entre 4 candidats non représenté à l’élection, mais ils ont dû finalement changer d’avis et ils ont rajouté les 11 candidats officiels également.

      Très curieux de connaitre le résultat!


  4. Fritz Le 23 avril 2017 à 05h00
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    La démocratie, ce n’est pas l’art (ou la science) de choisir ses dirigeants. C’est un régime politique où le peuple gouverne directement et sans « représentants ».

    Peut-être est-ce un idéal hors d’atteinte, mais certaines sociétés en étaient assez proches : Athènes au Ve siècle avant J.-C., l’Islande des Xe-XIIe siècles, certains cantons suisses. En 1871, la Commune a essayé d’instaurer une démocratie dans le cadre municipal parisien, en rejetant l’Assemblée nationale, c’est-à-dire les « représentants » élus par les Français le 8 février.

    La notion de « représentants » , rejetée par Jean-Jacques Rousseau, nous vient de l’Ancien Régime où elle avait tout son sens. Il n’y avait pas d’assemblées représentatives à Athènes ni à Rome, les deux cités de référence de notre vocabulaire politique : ces assemblées sont apparues en Europe occidentale à la suite de la féodalité.


    • albert Le 23 avril 2017 à 11h35
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      Il me semble que vous remplacez une notion philosophique par votre idéologie: Où la définition de démocratie implique-t-elle une absence de représentant? On associe à la démocratie plutôt la souveraineté que le pouvoir du peuple.
      Etes vous sur que la démocratie athénienne soit un modèle à suivre? je veux dire une société avec esclave, qui se traduirait à notre époque par une oligarchie ou aristocratie où seule une fraction de la population a le droit de vote?
      Pas d’assemblée de représentant à Rome? je ne comprends pas, pourtant j’ai regardé la série Rome plusieurs fois…


    • lvzor Le 23 avril 2017 à 12h03
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      “Il n’y avait pas d’assemblées représentatives à Athènes ni à Rome”

      Disons qu’il y avait des assemblées non-représentatives alors…
      https://www.assistancescolaire.com/eleve/2nde/histoire/reviser-le-cours/citoyennete-et-democratie-a-athenes-ve-ive-siecle-av-j-c-2_his_03
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Senatus_Populusque_Romanus

      Dans l’Athènes classique, seuls 11% des athéniens ont la citoyenneté et participent à l’ecclesia…


      • sg Le 23 avril 2017 à 17h53
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        Dans les premières républiques, le vote était censitaire et il y avait des esclaves (aussi).

        La démocratie athénienne dans son ensemble n’était pas parfaite, mais cela ne signifie pas que l’idée était mauvaise. D’ailleurs, si elle était si mauvaise que cela, il n’y aurait pas cet amalgame contemporain qui consiste à remplacer l’usage de “république” par “démocratie”.

        La démocratie est étymologiquement et historiquement définie comme étant la souveraineté des décisions du peuple sur des décisions politiques, par sur le choix d’un décidant politique, Rousseau et Sieyes l’avaient très clairement formulés.

        Quand on creuse, le vrai fond du débat, qui était d’ailleurs déjà la question centrale lors de la révolution française, c’est: est-ce que le peuple est vraiment capable de décider de questions politiques difficiles, ou doit-il être guidé par des élus éclairés?

        Répondre à cette question est le plus difficile. La mise en pratique technique est beaucoup plus aisée.


  5. Alain Le 23 avril 2017 à 05h14
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    Trop compliqué pour que l’électeur lambda sache comment voter, le principal problème étant d’éviter le “vote utile” et les primaires, la solution est simple:
    – les candidats ayant des affinités forment un groupe
    – sont vainqueurs pour participer au second tour les candidats les mieux placés des deux groupes arrivés en tête

    Bien plus simple et compréhensible pour l’électeur


    • DUGUESCLIN Le 23 avril 2017 à 07h05
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      Si on suit votre proposition et que l’on classe ( à titre d’exemple ) d’un côté les candidats plutôt favorables au retour à la souveraineté et de l’autre les candidats plutôt favorables au mondialisme, nous aurions probablement une majorité plutôt favorable à la souveraineté qui transcenderait le clivage gauche/droite.
      Il en serait de même sur d’autres choix.
      Dans le système actuel on est dans le tout l’un ou tout l’autre à une voix près, sans tenir compte d’une possible majorité sur des choix importants. Quelle est la différence entre un élu issu de la droite favorable à la gouvernance mondiale et un candidat issu de la gauche favorable à la gouvernance mondiale?


      • Fritz Le 23 avril 2017 à 07h28
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        La différence ? Elle est au niveau des VALEURS :

        Droite = 1) le fric 2) le sexe
        Gauche = 1) le sexe 2) le fric


        • DUGUESCLIN Le 23 avril 2017 à 08h06
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          Excellent !
          Merci de votre humour tellement réaliste.


      • Suzanne Le 23 avril 2017 à 14h22
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        Ce serait l’idéal, je suis d’accord, mais nous sommes des homo sapiens, c’est-à-dire des grands singes. Nous vivons en groupes, dans lesquels nous avons besoin d’un adulte de référence qui endosse, même pour un temps, la responsabilité, qui sanctionne et protège. Exactement comme dans un groupe de gorilles. Nous sommes des êtres sociaux, qui communiquons entre eux, nous avons besoin les uns des autres, et besoin de nous retrouver dans cette figure de référence, qui est censée prendre les coups à notre place, et qui est assez forte pour éloigner les prédateurs. Tout le rituel de l’élection consiste à essayer de convaincre les grands singes que leur groupe commencera par exister, c’est-à-dire que ce groupe aura une identité, puis qu’il sera protégé par tel ou tel candidat, à la fois des agressions extérieures et des déviants à l’intérieur (cf application de la loi). Lire absolument “l’âge de l’empathie” de Frans De Waal.


        • sg Le 23 avril 2017 à 17h58
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          C’est trop de réductionnisme, bien que je sois tout à fait d’accord avec la théorie de l’évolution et le fait, bien démontré à de maintes reprises par les neurosciences, que nos cerveaux ont encore des biais datant de nos ancêtres, là je pense que vous faites preuve de fatalisme.

          Les primates n’ont pas construit de civilisation ni d’outils aussi avancés que les nôtres. Donc bien qu’on peut comparer et trouver des similitudes entre les systèmes d’organisation humaines et ceux des primates, on ne peut pas réduire au point de dire que c’est la même chose avec les mêmes limites.

          On peut et on doit faire mieux. L’intelligence vient avec des devoirs, dont celui de l’utiliser à bon escient, j’espère avec des objectifs altruistes et humanistes.


          • Suzanne Le 23 avril 2017 à 21h31
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            Mais si, les primates ont construit des civilisations et outils avancés, nous en sommes les témoins. Ne me dites pas que les primates humains ne sont pas comme cela : sociaux, aimant à être ensemble, à discuter, à coopérer autant qu’à se bagarrer etc. Ce que je voulais dire surtout est qu’il nous reste cette tendance à nous réunir autour de quelqu’un qui va incarner ce que nous voulons faire. Donc je pense que l’idée de voter uniquement pour un programme est excellente, mais qu’elle ne suffit pas, inconsciemment, nous avons aussi besoin d’un dirigeant ou d’une dirigeante pour être le primate de référence.
            D’autre part, ne sous estimez pas l’altruisme et l'”humanisme” (l’empathie) des animaux comme les grands singes. Je parlais des groupes de gorilles, ils sont particulièrement exemplaires de ce côté-là.


          • sg Le 23 avril 2017 à 22h31
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            Ah je ne sous-estime pas l’altruisme des animaux mais je doute de celui des Hommes 🙂

            C’est vrai que l’Homme fonctionne, comme tous les primates, de façon tributaire, mais cela ne s’applique pas au niveau sociétal, qui est une construction qui dépasse de loin le cadre de la tribu, et donc dont on peut changer la structure à loisir, je ne pense pas qu’on ait une préférence ancestrale à cette échelle d’organisation (mais ce n’est que mon avis).


  6. grumly Le 23 avril 2017 à 05h42
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    Le jugement majoritaire favorise un candidat consensuel moyen par rapport à un candidat clivant. Les candidats seraient incités à promettre tout et son contraire parce que les électeurs ont des biais cognitifs et ils voient en priorité les promesses qu’ils préfèrent même tout est contradictoire dans un programme. En période de croissance, ça ne doit pas poser de problème qu’un candidat consensuel mais incompétent gère le pays, et la Belgique n’avait pas de gouvernement à une époque, mais en période de crise, même si tout le monde est d’accord pour prendre des mesures déplaisantes mais pas sur lesquelles, c’est quand même le candidat du statu quo qui risque d’être élu.

    Une autre critique, c’est qu’avec cette méthode, le dépouillement serait plus long donc ça pourrait inciter à utiliser directement des machines à voter à la place des bulletins en papier. D’ailleurs pour cette élection l’heure de clôture des bureaux de vote à été repoussée à 19h alors que les résultats provisoires seront toujours annoncés à 20h, donc là aussi ça enlève du temps pour annoncer des résultats fiables et ça pousse aussi à l’utilisation des machines à voter.

    Sinon une animation diffusée il y a plusieurs années sur Arte qui explique bien le paradoxe d’Arrow.
    https://www.youtube.com/watch?v=B2JvW8ma9Vc


    • sg Le 23 avril 2017 à 18h02
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      Oui c’est tout à fait vrai, c’est une limite du jugement majoritaire (qui n’apparaît pas avec les autres modes car de toutes façons ils ont bien plus de biais…).

      Le problème c’est que mathématiquement on ne peut pas prouver objectivement que tel candidat a de meilleures stratégies politiques qu’un autre (ou en tout cas ce n’est pas applicable, trop de paramètres), donc les auteurs ont choisi le choix le plus raisonnable: prendre comme critère le consensus le plus grand de personnes qui approuve un candidat lors d’une égalité.

      C’est discutable vous avez tout à fait raison, n’hésitez pas si vous avez une idée d’un critère alternatif 🙂


      • Pegaz Le 23 avril 2017 à 20h29
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        Un seul tour avec deux enjeux !
        L’image la plus fidèle du paysage politique français est représentée par ces 11 candidats, aspirations mouvement et électorat. Une démocratie performante se devrait d’être au plus proche de celle-ci. Malheureusement, présidentielles et législatives forment plutôt une sorte de processus de déconstruction voir nihiliste du pluralisme politique. 2012 en exemple : entre les votes du 1er tour des présidentielles et la composition de l’Assemblée Nationale, quid du pluralisme politique ?
        Un seul tour avec deux enjeux, la présidence et les sièges à l’Assemblée Nationale. Plus de vote utile, de barrage ou de dépit, des votes de convictions, un président élu à taux réel, une Assemblée Nationale en accord avec son nom.


        • sg Le 23 avril 2017 à 22h34
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          Oui je suis d’accord, à partir du moment où on fait plusieurs tours ou plusieurs élections rapprochées, les élections suivantes ne sont plus objectives, car le choix des électeurs est biaisé par les résultats de la 1ère élection.


  7. lesampan Le 23 avril 2017 à 07h39
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    bonjour; je suis un lambda, c’est trop compliqué pour moi; qui sais juste comprendre, qui me reste pas grand chose de ma petite retraite déjà le cinq de chaque mois . Mais de toutes façons que ce soit n’importe lequel de ces candidats ce sera du pareil au méme vu dans la merde ou nous ;nous trouvons. Et quel niveau en math pour le dépouillement?.


  8. jplchrm Le 23 avril 2017 à 07h59
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    Moi, j’ai choisi une autre méthode. Je me donne les 3 thèmes qui pour moi sont les plus importants, pour faire court : souveraineté, lutte contre la finance, géopolitique. C”est clair qu’il y a des corrélations entre les thèmes mais c’est inévitable. Je note de 1 à 5 chaque candidat pour chaque thème. Je fais la somme. Je classe. En pratique, ça revient à bien se pencher sur la position de chaque candidat pour chaque thème. Le candidat idéal aurait une note de 15. On en est loin !


  9. Olivier Jacquemard Le 23 avril 2017 à 08h20
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    L’une des méthodes de vote qui me semble la plus juste est de d’attribuer à chaque électeur un nombre de points égal au nombre de candidats plus un pour le vote blanc, et de laisser chaque électeur répartir les points comme il l’entend lors du vote.


  10. LS Le 23 avril 2017 à 08h38
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    C’est une démarche de réflexion rigoureuse et intéressante, certes. Cela n’en fait pas un mode de calcul plus “scientifique”, si ce n’est qu’il repousse le débat sur la justesse des critères d’évaluation.
    Les critères (de harrow) mis en avant vont faire élire toujours le représentant moyen, avec peu d’alternances, par exemple Bayrou. Cela n’a qu’un caractère peu démocratique. On peut vouloir plutôt mettre en place un système qui favorise les alternances de majorités très différentiées tout en ayant la représentativité de la diversité d’opinion.
    De même, un mode de scrutin à la proportionnel est à la fois plus et moins démocratique. Plus, car il est plus représentatif du peuple. Moins, car le gouvernement n’est pas choisi directement par le peuple mais il est choisi indirectement par le parlement, sachant que dans un système basé sur la désignation de représentants, il est mieux de séparer exécutif et législatif.


  11. Etienne2 Le 23 avril 2017 à 09h21
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    Intéressant… mais avec des “peut-être” et des probabilités on ne s’en tient qu à rechercher le meilleur système de votation pour une démocratie plus parlante mais pas la résolution des problèmes politique, sociaux ou économique: mais au fait, combien de citoyens en âge de voter ont une bonne expérience de la vie, une formation, une bonne éducation, connaître le monde du travail, des fonctionnements administratifs pour… s’exprimer en connaissance de cause.
    L’idée du tirage au sort d’Etienne Chouart est pas mal cependant un minimum de compétences sont indispensables pour représenter le peuple;
    Ce qui est certain,ces derniers temps, on assiste clairement a une perte de souveraineté individuelle ce qui freine le dialogue et la concertation.
    Le temps des “gourous” a encore de beau jours devant lui!


  12. Téji Le 23 avril 2017 à 10h18
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    Quelque soit la méthode de classement, et c’est sûr que l’actuelle est loin d’être parfaite, il n’en ressort pas moins que l’électeur devrait avoir la possibilité de n’opter pour aucun candidat, ce qui revient à valider pleinement le vote blanc.
    Et en plus, d’exiger que le candidat déclaré gagnant ait franchi la barre des 50% des votes, tous bulletins compris (tant pis pour ceux qui ne se déplacent pas, mais respect à ceux qui le font !).


    • sg Le 23 avril 2017 à 18h06
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      Oui dans le jugement majoritaire c’est inclus de base, avec la mention “à rejeter”: si une majorité (ou un certain pourcentage défini à l’avance) des votes de chaque candidat sont “à rejeter”, ces candidats sont éliminés, et s’ils sont tous éliminés, l’élection est considérée nulle.


  13. cording Le 23 avril 2017 à 10h47
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    Plutôt que d’élire un personnage agité ou niais comme les 2 derniers présidents qui ne satisfont personne et donc qu’on est obligé de virer allons jusqu’au bout de la logique monarchique de la Vè et instaurons une monarchie royale où le roi régnera mais ne gouvernera pas en laissant ce soit au premier ministre et à son gouvernement selon l’article 20 de la constitution. Nous aurions alors une monarchie constitutionnelle et parlementaire comme beaucoup d’autres pays européens qui ne s’en portent pas plus mal et chez lesquels on pourrait trouver de l’inspiration. Cela nous ferait pour un résultat identique une énorme économie de temps, d’argent et d’énergie pour décourager la course à la mandature suprême du pays par des gens qui se révèleront des incapables mais avec des pouvoirs plus étendus que nos rois dits absolus.


  14. BEYER Michel Le 23 avril 2017 à 10h52
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    Pour moi, la vraie question est: avons-nous besoin d’un Président de la République élu au suffrage universel? Pour moi la réponse est NON!!! Foin de tous les théorèmes….mais nouvelle Constitution!!!
    C’est à l’Assemblée Nationale élue par le Peuple Souverain, avec des députés qui ne soient pas des représentants mais des mandatés, de désigner le Président et d’en préciser ses attributions afin qu’il ne soit pas un président potiche.
    Evidemment tout induit cela la disparition du Sénat….


    • Jérôme Le 23 avril 2017 à 11h04
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      Je ne comprends pas cette volonté de supprimer l’élection au suffrage universel direct du président de la république.

      Les partisans de cette suppression devraient être logiques et proner aussi la suppression de l’élection des députés au suffrage universel direct.

      Quand on sait très bien ce qu’on veut, on n’a pas besoin de confier à des mandataires un pouvoir qui nous appartient. Il est incohérent de proner un mandat impératif pour les représentants à l’assemblée nationale et de vouloir leur faire élire le président de la république.

      Notre longue Histoire a déjà montré qu’un régime d’assemblée conduisait à la catastrophe et à la paralysie.

      Ceux qui rèvent de supprimer l’élection du président au suffrage universel direct sont ceux qui rèvent de pouvoir refaire leurs petites magouilles et accords d’appareil entre eux, comme sous les 3ème et 4ème républiques, comme dans les assemblées des collectivités locales.

      C’est la meilleure façon de se débarrasser de ce Peuple si gênant et si “inculte”. Le régime d’assemblée à président de la république faible, c’est le rève des élites : un système en pilotage automatique impossible à faire changer de cap.


    • sg Le 23 avril 2017 à 18h08
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      On a tout de même besoin d’un président comme chef des armées (et de la bombe nucléaire), qui ne serait mandaté à faire usage de ses pouvoir qu’en cas d’urgence. Il y a aussi les services secrets à gérer, pour ça aussi il faudrait quelqu’un…

      Après pour les grandes orientations politiques, oui le peuple peut bien voter directement sur pièce (sur chaque loi/orientation) plutôt que de choisir un représentant.


  15. Renaud 2 Le 23 avril 2017 à 11h02
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    Ce qui m’avait frappé en regardant la vidéo de monsieur Laraki, c’est que le but recherché, in fine, est d’empêcher les extrêmes de passer, donc de légitimer encore un peu plus le statut quo.


  16. Ruoma Le 23 avril 2017 à 11h18
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    J’ai lu ce billet avec intérêt, mais je suis dubitatif, pour ne pas dire sceptique.
    Parce que le problème se trouve déplacé au niveau des choix individuels.
    En effet, choisir un homme politique sur la seule question : comment le trouvez-vous me semble très réducteur et, pour le coup, devient un vrai casse-tête si on veut prendre en compte la personnalité, le charisme, l’intégrité, la volonté, l’incorruptibilité, l’empathie, la culture, et mêler ça avec les différentes propositions de son programme.
    Parce que, dans la réalité, les choses sont beaucoup plus nuancées et finalement complexes.
    Je vais tenter un exemple (en espérant qu’il ne sera pas considéré comme une tentative tardive de promotion d’un candidat).
    J’aime beaucoup la personnalité de [modéré] qui me semble avoir quelques-unes des qualités que j’ai énumérées, mais je n’approuve pas son programme.
    J’aime plutôt le programme de [modéré], mais je ne lui trouve pas assez des qualités citées.
    — Attention, je le répète, c’est un exemple… —
    Comment voulez-vous faire entrer ça dans les cases “très bien”, “passable” ?
    Et finalement, pour conclure, m’imposer de faire ce choix, c’est en quelque sorte le dénaturer.


    • sg Le 23 avril 2017 à 18h11
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      La question complète est “Comment jugez-vous la compétence de ce candidat pour occuper le poste de Président de la République”.

      C’est assez spécifique, on demande d’évaluer un candidat pour le poste visé, pas pour ses qualités intrinsèques en tant que personne, qui peuvent être nombreuses même si le programme est défaillant.

      Donc si vous appréciez la personnalité d’un candidat mais trouvez que son programme est absurde, vous mettez une basse mention ou “à rejeter”.


    • Croce Le 28 avril 2017 à 17h53
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      Qu’est-ce que ça peut nous faire, son programme ?
      De toute façon il ne le respectera pas !
      Comme disait Coluche : ” Si les élections servaient à quelque chose, ça fait longtemps que ça aurait été interdit ! “.
      Alors votez Macron ! Il est jeune, il est beau ( je ne sais pas s’il sent le sable chaud ), et il est propre sur lui !
      Vous n’allez tout-de-même pas voter pour Marine le Pen, cette patriote qui veut nous libérer de nos chaînes, virer l’OTAN, nous redonner notre indépendance, et rétablir nos frontières…bref appliquer à la France ce qui se fait dans tous les pays du monde, sauf dans ceux qui sont en esclavage !


  17. Marc Le 23 avril 2017 à 11h39
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    Je me méfie toujours des idées de Terra Nova…
    Tout d’abord, je pense que ce mode de scrutin est quelque peu dangereux sans adapter l’élection législative en y ajoutant une part de proportionnelle.
    Dans un vote au jugement majoritaire, les électeurs ne noteront jamais mal les candidats “main stream” pour la simple et bonne raison que les medias leur auront inculqué que leurs programmes sont “raisonnables”. Donc c’est une façon détournée de garder au pouvoir les mêmes…
    Par ailleurs, le résultat sera toujours le même: l’élection d’UN SEUL président, qui ne pourra jamais représenter la multitude des opinions et des nuances.
    On devrait peut-être aller voir du côté de la Suisse, pays dans lequel l’exécutif repose sur un conseil de plusieurs membres avec des idées politiques différentes. contraints d’arriver à un consensus. Si on ajoute à cela l’usage de référendums réguliers pour demander l’opinion des citoyens, la démocratie devient bien plus efficiente.


    • grumly Le 23 avril 2017 à 13h24
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      D’autant que l’objectif de cette méthode est annoncé clairement, faire passer le candidat du vote utile au prétexte de supprimer les calculs des électeurs. Un gros problème de cette méthode, c’est que personne n’aurait vraiment eu l’impression de voter pour le vainqueur désigné. Actuellement, si vous demandez autour de vous ce que les gens votent vous pouvez vous faire une idée du vainqueur. Avec cette méthode le vainqueur sera probablement quelqu’un que personne n’a mis en 1er choix et donc quelqu’un d’imprévu qui sera passé “sous le radar”. Donc les électeurs risquent de se sentir trompés.

      Cette méthode veut favoriser un candidat du vote utile ou un candidat d’union nationale, on peut imaginer une méthode inverse. Je pourrais en proposer une qui, au lieu de classer les candidats pondèrerait les électeurs (c’est juste un exemple pour le raisonnement). Ceux qui s’intéressent beaucoup aux élections ont un vote plus important que ceux qui ne s’y intéressent que deux jours avant quand ils ont reçu les professions de foi. Ça éviterait les candidats trop démagos ou trop centristes. Évidemment la méthode va contre le principe de la démocratie, mais au moins elle désignerait un candidat un peu plus intéressant. On en revient toujours au paradoxe d’Arrow, c’est la façon de désigner le vainqueur qui choisit le vainqueur.


      • sg Le 23 avril 2017 à 18h16
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        Non justement, cette méthode supprime le vote utile, car on peut voter “Excellent” pour son candidat favori, et une mention inférieure pour le candidat “vote utile”. Le vote utile est justement causé par le fait qu’on ne peut actuellement voter que pour un seul candidat, si on peut voter pour plusieurs, il n’y a plus ce soucis: on peut voter pour tous les candidats que l’on apprécie. À la fin, le candidat considéré comme le plus compétent par une majorité de la population remporte le poste.

        Et là il n’y a pas de paradoxe d’Arrow, c’est outrepassé car il n’y a pas de préférence, que des jugements individuels.


  18. Eric83 Le 23 avril 2017 à 12h52
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    Une fois n’est pas coutume, un article intéressant dans le Monde, dénonçant la démocratie non représentative et des pistes explorées pour en sortir, par une “pointure” du Net, Lawrence Lessig.

    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/04/23/le-principal-probleme-de-la-democratie-actuellement-c-est-qu-elle-n-est-pas-representative_5115774_4408996.html?google_editors_picks=true


    • sg Le 23 avril 2017 à 18h20
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      Ils dénoncent depuis que Trump a été élu, mais ça tournera selon le candidat élu…

      Et avec tout le respect que j’ai pour Lawrence Lessig, figure importante du droit dans l’opensource et le numérique, il s’est fourvoyé depuis l’élection de Trump en s’aventurant maladroitement sur le terrain des fake news et la contestation du vote des électeurs. Si ça avait été Hillary, il ne se serait jamais aventuré là, il fait partie de ces “démocrates” qui pensent savoir mieux que le peuple ce qu’il devrait voter…


  19. Sébastien Le 23 avril 2017 à 14h30
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    Ah la science, qui sait tout, qui résout tout (hum, hum). Et qui va rendre tout le monde intelligent (dans le sens de l’auteur de cette analyse, évidemment).
    Et allez, un totalitarisme scientiste éclairé de plus….


    • sg Le 23 avril 2017 à 18h22
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      Autant accepter tout “argument scientifique” comme vérité est fallacieux, car tout fait/théorie scientifique a une marge d’erreur, autant l’opposé consistant à rejeter toute science est extrême.

      Un juste équilibre, et la critique de fond sont je pense sont je pense la meilleure approche.


      • Jérôme Le 24 avril 2017 à 01h00
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        sg, vous confondez la science avec le bidouillage mathématique d’un système pour obtenir la victoire d’une opinion particulière.

        On peut vous construire un tas de modèles mathématiques différents pour prétendument justifier des choix différents.

        Vous connaissez la phrase d’Oscar Wiilde sur les 3 catégories de mensonges ? Sa 3ème catégorie de mensonges, ce sont les statistiques. Et comme disait Churchill, “je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées.”


        • sg Le 24 avril 2017 à 22h38
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          Oui mais justement ceci n’est pas une statistique: c’est un modèle mathématique de choix par vote en théorie des jeux. C’est bien plus rigoureux, on peut démontrer un certain nombre de propriétés, en d’autres termes on peut très bien définir quel type de résultats donnera un tel modèle mathématique, avec des garanties (et des défauts).

          Mais bien entendu, ça ne reste qu’un modèle, on peut être d’accord ou en désaccord avec le critère choisi (c’est-à-dire le type de candidats qu’on va obtenir, ici on favorise les candidats qui remportent une large adhésion médiane, donc un candidat plus consensuel), mais rejeter en bloc parce que c’est un modèle mathématique, c’est un peu étrange comme raisonnement… Discutons du fond.


  20. R1 Le 23 avril 2017 à 15h31
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    Avant de verbiller dans l’air, vous avez pensé à voter aujourd’hui ? (il reste 3h)
    Changer un mode de scrutin ne se fera jamais tout seul.


  21. Denis Monod-Broca Le 23 avril 2017 à 18h19
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    C’est très intéressant d’avoir conscience de ces paradoxes mais une élection politique, en particulier l’élection présidentielle française, n’est pas un concours. Et le peuple français n’est pas un jury. Il n’y a, évidemment, aucun vraiment bon moyen de désigner des dirigeants politiques. Il faut pourtant les désigner. On pourrait aussi les tirer au sort.

    L’approche mathématique est un jeu intellectuel stimulant mais elle nous écarte du véritable enjeu, qui est anthropologique et qui pourrait s’exprimer par ces questions : comment, en tant que groupe humain, savoir ce que nous voulons, comment savoir quoi dire, comment savoir quoi faire… ?


  22. Joanna Le 24 avril 2017 à 13h55
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    “En France on a la chance de vivre en démocratie”

    sur un tel postulat stupide on ne peut rien construire de sensé
    je me suis donc arrêtée là


  23. Sempre Le 25 avril 2017 à 16h45
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    Pourquoi choisir des candidats ? on se croirait à l’époque préhistorique avec la notions de chef et de l’homme au dessus de la mêlée qui est un expert en tout . Non il faut choisir parmi des programmes précis chiffrés , assurant la complétude des thèmes donc comparables, avec un planning d’application, puis rajouter la proportionnelle. Ainsi nous serions bien mieux représentes dans un parlement et ce serait un débat d’idées, peu importe qui les porterait, il faudrait rajouter un contrôle démocratique afin de vérifier leur application et leur suivi.


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