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29.janvier.201929.1.2019 // Les Crises

Serge Halimi : « Pas de convergence des luttes sans une perspective politique »

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Source :Ballast, Serge Halimi, 15-10-2018

Il dissèque depuis les années 1990 l’« utopie libérale » ; il accuse le journalisme de s’être enfermé « dans une classe et dans une caste » ; il tance l’élitisme hermétique du monde universitaire et instruit l’implacable procès de la social-démocratie — gardienne de l’ordre capitaliste. Il entend aussi proposer, à la tête du Monde diplomatique depuis 2008, une « autre pratique professionnelle » de l’information. Ressuscitant dans ses écrits la gauche autrefois victorieuse et s’engageant auprès de celle qu’il tient pour susceptible de s’emparer du pouvoir, Serge Halimi refuse de frayer avec les plateaux de télévision et les matinales radio ; ses entretiens se font rares. Comment, face à la contestation nationaliste grandissante, œuvrer à la constitution d’un large « bloc social populaire » émancipateur ?

Vous analysiez, dans Quand la gauche essayait, l’étonnante facilité qu’a la gauche à produire des soldats zélés du marché : comment expliquer cet apparent grand écart ?

Il y a plusieurs réponses. Dans le cas des dirigeants politiques, l’une des explications est qu’ils ne croient pas vraiment à leur programme de rupture, quand ils en ont un. En 1981, par exemple, François Mitterrand avait radicalisé son propos pour des raisons largement tactiques : à la fois pour embarrasser son rival plus modéré Michel Rocard au sein du Parti socialiste, et pour couper l’herbe sous le pied d’un Parti communiste que Mitterrand voulait affaiblir. En un sens, sans aller bien sûr jusqu’à parler de « rupture avec le capitalisme » comme le PS en 1981, François Hollande se montrera bon élève de Mitterrand. Son discours du Bourget (« Mon seul adversaire c’est le monde de la finance ») et sa proposition d’imposer à 75 % les revenus supérieurs à 1 million d’euros par an ont en effet été délibérément formulés pour endiguer, en janvier 2012, le tassement de Hollande dans les sondages et la progression concomitante de Jean-Luc Mélenchon. Dans un cas comme dans l’autre la manœuvre a atteint son objectif : Rocard fut étouffé par Mitterrand, Mélenchon, distancé par Hollande. Mais, forcément, l’attachement du président élu à une proposition à laquelle il ne croit pas vraiment (Mitterrand) ou pas du tout (Hollande) n’est jamais très solide. Dans ce dernier cas, Pierre Moscovici, le directeur de campagne puis le ministre de l’économie de Hollande, a admis lui-même avec le cynisme qui caractérise ce personnage : « Nous étions pressés d’enterrer cette ficelle électoraliste (de la tranche d’impôt à 75 %). Autant dire que nous n’avons pas été fâchés que le Conseil constitutionnel la censure. »

« En juin 1936, quand les usines étaient occupées, tous les experts du monde n’auraient rien pu contre les congés payés et la semaine de 40 heures. »

L’autre explication de ce grand écart, et les deux peuvent se cumuler, c’est que les responsables politiques, une fois qu’ils parviennent aux affaires, sont « capturés » par la haute administration, celle des finances en particulier. Depuis une trentaine d’années, « la rue de Rivoli », puis « Bercy »1, sont devenus presque fanatiquement néolibéraux, monétaristes, « européens ». Une fois arrivés au pouvoir, les hommes politiques sont donc éduqués ou rééduqués si nécessaire afin qu’ils comprennent que la promesse de rupture qu’ils ont faite à l’électorat, et qui leur a valu d’être portés au pouvoir, est intenable, encombrante, qu’il faut donc s’en débarrasser. Les médias les encouragent dans cette voie, puisque, à leurs yeux, le reniement des engagements — ceux de gauche — est toujours une preuve de maturité, de retour sur terre. Cette conversion explique l’écart dont vous parlez de manière plus intéressante que la ruse ou le mensonge. Pour cette raison, j’y consacre beaucoup de place dans mon livre, depuis l’analyse du Cartel des gauches de 1924 jusqu’à une période beaucoup plus récente. Mais l’éventuel blocage ou sabotage de la haute administration peut être anticipé. Il l’a beaucoup été. François Mitterrand lui-même avait tenu des propos définitifs à ce sujet : « Quand on est porteur d’une espérance, quand on a gagné sur des engagements et qu’on veut les respecter, on se retrouve, dès qu’on essaie de faire bouger les choses, en face d’une nuée d’experts qui vous fichent sous le nez des tas de courbes en vous disant : C’est impossible ! » Néanmoins, au moment d’arbitrer en faveur du virage de la rigueur, il a lui aussi écouté ces experts, qui disposaient d’appuis politiques importants au sein du PS et du gouvernement (le premier ministre Pierre Mauroy et le ministre de l’économie Jacques Delors) et de relais médiatiques innombrables. À partir de ce virage, en mars 1983, la messe est dite.

C’est-à-dire ?

Tout ce qui allait suivre était écrit ou presque, y compris les félicitations de la presse financière et l’amertume d’un prolétariat que la gauche au pouvoir s’habituerait ensuite à ignorer — et à sacrifier. Est-ce à dire que le combat est perdu d’avance ? Non. D’une part, les « experts » de Bercy, ça se forme et ça se change ; encore faut-il en avoir la volonté. D’autre part, leur nocivité est d’autant plus immense qu’il n’y a rien en face, pas de mobilisation populaire, pas de syndicats puissants. En juin 1936, quand les usines étaient occupées, tous les experts du monde n’auraient rien pu contre les congés payés et la semaine de 40 heures. Même la droite et le patronat, terrorisés, s’y sont ralliés massivement : la Chambre des députés a adopté les congés payés par 563 voix contre 1… Ils ne figuraient pourtant même pas au programme du Front populaire.

Carl Corey (http://carlcorey.com)

Vous avez dénoncé, dès 1996, l’instrumentalisation infamante du « populisme ». Les lignes ont sensiblement bougé, depuis : Iñigo Errejón, de Podemos, l’endosse volontiers et Mélenchon a fait sien le « populisme de gauche ». Cet abandon progressif d’une stricte et traditionnelle lecture de classe, englobée sous la bannière de « la gauche », vous paraît-il cependant salutaire ?

Le terme de populiste est devenu omniprésent — on l’emploie à la fois pour Trump, Podemos, Thatcher et Mélenchon : il ne veut donc plus dire grand-chose. Au fond, à quoi sert-il ? Les « populistes de gauche » expliquent mal sur quels thèmes essentiels leurs idées se distinguent de celles qui traditionnellement furent celles de « la gauche ». Eux écartent ce dernier label en soulignant qu’il a été déshonoré par des gouvernements socialistes ayant gouverné à droite. Les exemples de ce genre sont en effet trop nombreux pour qu’on doive les rappeler. Mais, renonce-t-on au terme de « républicain » parce que Clemenceau fit tirer sur des ouvriers et fusiller les mutins de 1917, ou à celui de « socialiste » parce que Jules Moch a envoyé l’armée contre les mineurs en grève et que François Hollande ose encore l’employer aujourd’hui, ou au terme de « communiste » en raison des purges staliniennes ? À ce régime-là, quel mot politique n’a pas été déconsidéré ? Et le terme de « populisme » ne sortirait pas indemne non plus d’un tel examen. En France, il renvoie à la fois au général Boulanger, à Pierre Poujade et à Bernard Tapie. Plus généralement, « populisme » qualifie une humeur protestataire, une méfiance envers les « élites » qui brasse large, ce qui la dispense de devoir arbitrer entre des intérêts potentiellement antagonistes. Ce qui permet d’agréger sous le vocable de « peuple » des groupes, des classes qui n’ont en commun qu’une immense colère et qui confient la charge de l’interpréter à un tribun charismatique. Cette imprécision, cette fluidité, ce flou, peuvent être tactiquement utiles dans la perspective de la conquête du pouvoir, mais ils deviennent sources de confusion ensuite.

« Renonce-t-on au terme de républicain parce que Clemenceau fit tirer sur des ouvriers et fusiller les mutins de 1917 ? »

Le concept de « populisme de gauche » est souvent associé à l’idée d’une vie politique qui opposerait les 1 % les plus riches (l’oligarchie) aux 99 % qui restent (le peuple). Or l’unité de ce peuple me paraît mythique et même factice. À supposer qu’elle se forme dans un moment révolutionnaire, elle se désagrégera sitôt que des mesures précises devront être prises par le nouveau pouvoir. Une fraction appréciable des classes moyennes préfèrera alors se solidariser avec les classes supérieures contre lesquelles un gouvernement de « gauche de gauche » devra agir s’il veut réaliser quoi que ce soit. La forme actuelle de notre désespoir politique, c’est le refus d’une analyse de classe sérieuse parce que chacun craint qu’elle ne dévoile l’affaiblissement, la fragmentation et l’isolement des groupes sociaux autrefois porteurs de changement. D’où la tentation de mettre en avant des catégories très floues, fluctuantes mêmes (« liquides » diraient certains), rudimentaires mais rassurantes. Je rejoins les populistes de gauche lorsqu’ils estiment qu’il faut recréer une conflictualité politique du type « nous contre eux » afin de combattre les discours émollients du « vivre ensemble », d’autant plus ineptes que les possédants ont déclenché une guerre sociale contre les salariés depuis plus de 30 ans. Mais il me semble que la constitution de coalitions autour d’intérêts et d’objectifs précis joue ce même rôle et permet d’en définir l’objectif.

Dans votre préface à l’essai Pourquoi les pauvres votent à droite2, vous anticipiez le fameux rapport Terra Nova de 2011, actant l’abandon des classes populaires et du monde ouvrier. Il n’est plus un scrutin sans que l’on ne rabâche pas le pouvoir d’attraction du FN auprès de ces derniers : peut-on encore renverser la donne ?

En France, cet abandon des classes populaires fut surtout l’œuvre des intellectuels de la « deuxième gauche » qui, dès les années 1970, davantage encore après le virage de la rigueur de 1983, ont formé les cadres dirigeants du Parti socialiste et de la CFDT. Plus largement, à l’échelle de l’Europe et des États-Unis, les dirigeants sociaux-démocrates et démocrates ont également cherché, pour marquer leur « modernité », à se distinguer de leurs aînés, plus attachés à des politiques redistributrices et plus liés qu’eux au monde du travail. Ils ont concédé beaucoup de choses à la révolution conservatrice de Thatcher et de Reagan en espérant ainsi en réduire la puissance, le priver d’aliments en somme. Sur ce plan, il y a eu une vraie convergence entre, par exemple, Tony Blair, Anthony Giddens, la Fondation Saint-Simon et Bill Clinton, qui ont théorisé ce changement de cap à partir d’une analyse sociologique et politique se prétendant à la fois nouvelle et audacieuse. Rappelons-en les grandes lignes. Strauss-Kahn, dont le parcours est révélateur — plutôt keynésien dans les années 1970-80, puis ministre de l’économie dans le gouvernement Jospin, enfin directeur général du FMI grâce à l’appui de Nicolas Sarkozy — publie en 2002 un livre important, La Flamme et la cendre. L’ouvrage va anticiper la plupart des thèmes de la Fondation Terra Nova dont vous parliez. Il explique que les socialistes, au lieu de défendre le « prolétaire qui n’a que ses chaînes à perdre », devraient s’intéresser aux gens qui ont « hérité une culture, une éducation, parfois un tout petit peu d’argent, un appartement. Bref qui ne sont pas les plus malheureux, mais qui ne sont pas non plus les plus riches ». En somme, le principal vivier électoral de la « gauche de gouvernement » ne devrait plus être ni les 20 % du bas (les prolétaires), ni les 50 % les moins riches (les classes populaires). Ce sera par conséquent « le groupe central », une cible qui fut déjà celle de Valéry Giscard d’Estaing et qui s’est massivement mobilisée en 2017 en faveur d’Emmanuel Macron.

Carl Corey (http://carlcorey.com)

En 2002, Strauss-Kahn n’oubliait pas entièrement les pauvres. Il proposait de « s’en préoccuper, de les aider à vivre, de les former ». Mais « pour essayer de les amener vers les couches centrales ». En somme, il s’agissait de les domestiquer politiquement. Au point que Strauss-Kahn déconseillait de « s’appuyer sur eux, car la plupart du temps ils n’ont pas envie de participer à la vie politique ». Lui et les socialistes s’en méfiaient, comme on redoutait autrefois les « classes dangereuses ». Strauss-Kahn écrivait même : « Du groupe le plus défavorisé, on ne peut malheureusement pas toujours attendre une participation sereine à une démocratie parlementaire. Ses irruptions dans l’histoire se manifestent parfois dans la violence… » Ainsi donc, au tournant du siècle, on observe une rupture essentielle : la social-démocratie européenne s’affiche dorénavant comme le parti de l’ordre social, du capitalisme libéral. Elle s’en satisfait ; mieux, elle le proclame. Elle entérine la domination des classes moyennes, de la bourgeoisie cultivée, mais en ajoutant de la parité et de la couleur dans la vitrine. Cette dimension « diversitaire » va apparaître avec plus de netteté encore au moment du rapport de Terra Nova qui proposera, en 2011, que « la coalition historique de la gauche centrée sur la classe ouvrière, en déclin » soit remplacée par « une nouvelle coalition, la France de demain, plus jeune, plus diverse, plus féminisée. Un électorat progressiste sur le plan culturel ». On privilégie ainsi le « culturel » au détriment du social, c’est-à-dire qu’on isole l’un de l’autre, en essentialisant « jeunes », « femmes » et « populations issues de l’immigration », comme si leurs particularités leur retiraient toute réalité sociale par ailleurs. Comme si l’augmentation des salaires et des garanties sociales, la lutte contre la précarité de l’emploi et les inégalités de revenus ne les concernaient pas au premier chef, en raison précisément du fait qu’ils sont plus défavorisés que les autres. Ainsi, les femmes, les jeunes, les minorités sont, par exemple, plus susceptibles d’être payés au salaire minimum et précaire. L’acceptation du capitalisme, le culturel avant le social, puis l’abandon du social : une fois parvenue à ce stade, il ne s’agit plus pour la social-démocratie d’une bifurcation, d’un accident de parcours, ni même d’une parenthèse — mais de son nouveau projet.

« La social-démocratie entérine la domination des classes moyennes, de la bourgeoisie cultivée, mais en ajoutant de la parité et de la couleur dans la vitrine. »

La social-démocratie oublie cependant que ce « groupe le plus défavorisé », essentiellement les ouvriers et les employées, parfois issus de l’immigration, constituent encore, dans la plupart des pays européens, près de la moitié de la population. Et des gens d’autant plus solidaires entre eux que les ouvriers épousent souvent des employées. Puisque la gauche s’en désintéresse, ils vont aller voir ailleurs, souvent en s’abstenant, mais aussi en votant de temps en temps pour une extrême droite qui leur semble d’autant moins compromise avec le pouvoir qu’elle ne l’a jamais exercé. À mon sens, il n’y a pas de stratégie victorieuse pour la gauche, et pas de perspective émancipatrice tout court, si ce bloc social populaire — avec ses femmes, ses jeunes, ses immigrés — ne figure pas au centre de sa stratégie. Incidemment, le fait qu’on doive aujourd’hui énoncer un tel truisme n’est pas le signe d’une bonne santé intellectuelle. Il conviendrait donc à mon avis de s’intéresser en priorité à ce qui peut « changer la vie » de ce groupe majoritaire (la multiplication des biens publics ; l’extension de la gratuité dans l’éducation, la santé, les transports collectifs ; la lutte contre la précarité et contre un management qui « évalue » sans cesse ses salariés pour les placer en situation de concurrence permanente). Mais le préalable, c’est qu’on se situe dans une perspective anticapitaliste, et surtout pas qu’on se résigne à prolonger l’existence de ce système en le réformant, par exemple en le « verdissant » un peu, en le rajeunissant, en le « diversifiant ». Le succès de l’extrême droite tient aussi à l’aversion qu’elle provoque de tous côtés, et au caractère hétéroclite des coalitions qui se recomposent toujours contre elle, ce qui conforte aussitôt son image de mouton noir, de force antisystème intransigeante et qui parle fort. C’est dire qu’une position de rupture ne constitue pas une lubie d’intellectuel coupé de la réalité. Elle peut certes découler d’un choix théorique né de la réalisation que le capitalisme n’est pas réformable parce qu’il détruit la société et la nature. Mais la radicalité de nos exigences répond avant tout à une situation d’urgence politique, à la course de vitesse engagée avec un adversaire redoutable, et que nous ne pouvons pas perdre.

Une partie significative de la nouvelle génération militante, soucieuse d’horizontalité libertaire et méfiante à l’endroit des structures syndicales ou partidaires, souscrit à la « démultiplication des causes de lutte et des terrains de mobilisation » dont parle François Cusset. Comment appréhendez-vous ces « nouvelles radicalités » que l’on retrouve à Nuit debout, à Tolbiac, sur les ZAD, à Tarnac ou dans les cortèges « autonomes » ?

Ce que je prends là-dedans, c’est d’abord une critique en acte des formes anciennes, parfois usées, de mobilisation politique. Ensuite, je perçois dans ces « nouvelles radicalités » le refus d’une révision à la baisse de nos espérances de transformation. Mais votre question n’appelle pas une réponse générale valable partout et une fois pour toutes. Quand Adama Traoré meurt dans une gendarmerie, personne ne va laisser de côté la réalité des brutalités policières en prétendant, par exemple, que notre cause principale devrait être l’opposition aux accords de libre-échange. Quand les femmes n’ont pas le droit d’avorter et sont victimes de la brutalité de leurs conjoints, compagnons, supérieurs hiérarchiques, ou de cette subordination qu’induit presque par définition pour elles la religion, qui oserait leur prêcher que la priorité dont tout découle, c’est le capitalisme. Et le même raisonnement valait pour les mobilisations d’il y a 30 ans contre le sida, plus récemment en faveur du mariage pour tous, et il vaut pour le combat contre le réchauffement climatique, les ZAD, Notre-Dame des Landes, etc. Le problème, s’il y en a un, c’est qu’on construit souvent à partir de ces évidences — oui, toutes ces luttes sont légitimes, elles ont, elles aussi, un caractère populaire, et il est heureux qu’elles mobilisent du monde — une opposition largement artificielle avec le combat syndical ou avec celui des partis, dont on suggère qu’ils ignoreraient l’égalité hommes-femmes, la défense de l’environnement, le combat contre le racisme, les discriminations, etc. Cette présentation est caricaturale, ou en tout cas largement datée. Nul ne prétend plus que le combat économique s’impose à tous les autres, lesquels devraient par conséquent lui être subordonnés, voire sacrifiés. Les partis et les syndicats progressistes sont aujourd’hui terrorisés à l’idée d’être pris en défaut de vigilance sur toutes les questions liées à l’environnement, aux discriminations, aux violences policières, parce qu’ils ont intériorisé depuis des décennies chacun des reproches qu’on leur a adressés à ce sujet. C’est un peu comme quand vous remerciez les organisateurs au début d’une réunion publique : vous veillez à n’en omettre aucun. Les partis et les syndicats avec qui il m’est arrivé de parler et d’agir savent parfaitement que s’ils oublient de cocher toutes les cases, il se trouvera toujours quelqu’un au fond de la salle qui va protester que cet oubli est une forme de mépris, qu’il témoigne qu’une longue oppression sexiste ou coloniale se poursuit. Il se dira très offensé, ou elle se prétendra terriblement blessée, etc. Et une bonne partie du public les applaudira pour ne pas paraître complice de l’épouvantable négligence qui vient d’être commise…

Carl Corey (http://carlcorey.com)

En revanche, la dénonciation des partis et des syndicats, de leur archaïsme, est à la mode ; elle est même devenue tendance, y compris dans certains mouvements sociaux. Et les médias, de leur côté, encouragent aussi les « dissidents », les francs-tireurs, l’homme ou la femme qui « rue dans les brancards », qui ne rentre pas dans les cases, qui affiche son individualité, son impatience, qui parle de lui ou d’elle, qui « brise les codes », qui n’attend pas son tour, qui n’est jamais en retard d’une polémique ou d’une indignation. Mais rien ne nous interdit de marcher et de mâcher du chewing-gum à la fois : c’est-à-dire de soutenir toutes sortes de combats légitimes et de réfléchir à la perspective politique la plus susceptible de les articuler en vue de leur ouvrir un débouché. C’est-à-dire de construire une coalition victorieuse en réfléchissant à un dénominateur commun. Juxtaposer des causes et des « identités » qui s’entrecroisent ne réclame en revanche aucun travail politique préalable, aucune négociation, aucun calendrier particulier. C’est un peu la politique sur le mode BlaBlaCar : on se rencontre sur Internet et presque aussitôt on se quitte. La « convergence des luttes », en revanche, il ne suffit pas de la proclamer, il faut y travailler politiquement. Elle ne naît pas par génération spontanée ; elle exige persistance, endurance et patience. On sait — et on le répète assez — qu’en France les partis d’extrême gauche, de gauche et les écologistes sont largement déconsidérés. À leur place, on privilégierait donc d’autres formes de mobilisation et d’organisation — souples, horizontales, en réseau comme on dit. Mais, au Royaume-Uni, le Parti travailliste, qui compte 500 000 membres et qui défend une ligne anticapitaliste, sans oublier pour autant l’environnement ou les combats féministes, est le plus puissant d’Europe.

« Juxtaposer des causes et des identités qui s’entrecroisent ne réclame aucun travail politique préalable. C’est un peu la politique sur le mode BlaBlaCar : on se rencontre sur Internet et presque aussitôt on se quitte. »

Et puis, parlons de Nuit debout puisque vous l’avez évoqué. Enthousiasmant au départ, ce mouvement s’est enlisé dans des palabres interminables qui ont lassé même ceux qui y participaient, au point de vider progressivement la place de la République. Nuit debout n’oubliait aucune cause, ni la ZAD, ni Tarnac, ni les antispécistes, ni quoi que ce soit susceptible d’intéresser qui que ce soit. Mais en vue de quel objectif ? Quelle était sa priorité ? La prise de parole permanente ? Et après ? Le mouvement a exprimé à sa manière cette nouvelle radicalité antihiérarchique, antiautoritaire, un peu narcissique, « amoureuse d’elle-même » pour reprendre l’expression que Thomas Frank avait employée quelques années plus tôt à propos de Occupy Wall Street. Ne nous abstenons donc pas de faire aussi le bilan des « nouvelles radicalités », de ces mouvements qu’on proclame — depuis déjà plusieurs décennies … — novateurs, autonomes, horizontaux, en réseau. Qui attirent-ils, quelles sont leurs réalisations ? Se retrouver sur la même place, écouter de la musique, se parler, faire connaissance, s’instruire, passer un moment de liberté ensemble, oublier les contraintes d’une existence ordinaire ou carrément s’y soustraire, rejouer La Vie est à nous, le film de René Clair (en 1931…) dans lequel une usine fonctionne toute seule pendant que les ouvriers pêchent, font la sieste et pique-niquent, c’est précieux, mais c’est rarement davantage qu’un moment dans une lutte. Même si une embellie est toujours bonne à prendre…

Vous avez récemment tancé « le verbiage universitaire gauchiste et postcolonial usiné dans les établissements d’élite américains ». Si, à l’instar de Walter Benn Michaels, vous critiquez l’usage libéral qui peut être fait de la notion de « diversité », comment pallier au manque d’« alliances » dont parlait il y a peu Assa Traoré entre le camp anticapitaliste et les revendications issues des quartiers populaires ou des minorités ethniques et religieuses discriminées ?

Walter Benn Michaels a perçu avant beaucoup d’autres ce qui aujourd’hui saute aux yeux. On peut souhaiter davantage de diversité et de multiculturalisme, mais à condition de comprendre qu’une telle exigence n’a rien de subversif. Le système capitaliste s’en accommode à merveille. L’Assemblée nationale n’a jamais compté autant de femmes, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont une femme à la tête de leur exécutif, les États-Unis ont eu un chef d’État major, une secrétaire d’État et un président noirs. Simultanément, la « diversité » ne cesse de reculer en matière de représentation des catégories populaires au Parlement, dans les grandes écoles, à la tête des entreprises. Il y a 15 ans déjà, présentant à la presse une entreprise dont il avait changé le nom parce que l’ancien, celui de la Générale des Eaux, sentait trop les magouilles et les pots de vin, Jean-Marie Messier promettait qu’avec Vivendi, « ensemble, nous allons créer une entreprise hors du commun, multiculturelle, généreusement ouverte sur le monde et sa diversité. Ainsi, nous serons le groupe mondial de communication le plus en phase avec la société de demain ». Et puis, le manque d’alliances dont souffre le camp anticapitaliste n’est nullement circonscrit aux « quartiers populaires » auxquels vous pensez, ceux où vivent des « minorités ethniques et religieuses ». Ce divorce entre la gauche et le peuple, on le retrouve en France dans le Pas-de-Calais, le Var, la Meuse ; aux États-Unis, en Louisiane, au Kentucky, en Virginie occidentale ; en Grande Bretagne, dans le Yorkshire ; en Italie, dans le Mezzogiorno. Ce ne sont ni le peu de « diversité » ni son refus qui l’expliquent. Plutôt le ressentiment né d’un abandon, d’une trahison.

Carl Corey (http://carlcorey.com)

On a trop tendance — lorsqu’il s’agit des groupes sociaux qu’on n’entend presque jamais parce que, à la différence des classes moyennes urbaines et cultivées, ils ne squattent pas des médias comme France Inter et ne vivent pas dans les grandes métropoles — à ramener ce qui les intéresse à des thèmes particuliers, un peu vermoulus ou inquiétants, forcément moins distingués et moins universels que ceux de la bourgeoisie cultivée… Disons la chasse ou les limitations de vitesse pour les « petits Blancs » qui votent mal, l’islam dans certaines banlieues. Pourtant, s’il y a bien un point commun entre les catégories populaires, c’est qu’elles n’appuient jamais très longtemps ceux qui les regardent de haut, leur font la leçon et systématiquement négligent leurs intérêts. Or leurs intérêts, elles les définissent toutes de la même manière : emploi, pouvoir d’achat, école, santé, avenir. Au moment du Front populaire, on appelait ça le pain et les roses. Alors oui, lorsque le « camp anticapitaliste » est incarné par des universitaires obsédés par les dernières lubies des campus américains (lesquels sont réservés, il faut le rappeler, à la toute petite minorité d’étudiants dont les parents peuvent payer des droits d’inscription exorbitants) ou par des militants d’autant plus radicaux que leurs perspectives de l’emporter sont nulles (et qu’ils en sont parfaitement conscients), ceux pour qui l’action politique n’est ni une habitude, ni une profession, ni un divertissement n’ont aucune raison de rallier leur camp. La meilleure arme contre la dépolitisation, c’est une dynamique de lutte collective et de victoire : on va gagner, on peut gagner !

En apportant votre soutien à François Ruffin, en 2017, vous avez loué sa volonté « unitaire » et sa prise en compte de la question écologique. Le Monde diplomatique titrait en 2016 « Écologie ou barbarie » : cet enjeu pourrait-il constituer la base fédérative des luttes en cours et à venir ?

« Lorsque le camp anticapitaliste est incarné par des universitaires obsédés par les dernières lubies des campus américains, ceux pour qui l’action politique n’est ni une habitude, ni un divertissement n’ont aucune raison de rallier leur camp. »

L’avantage de la cause écologique, c’est son caractère pédagogique. Peu de raisons d’entrer en politique sont aussi évidentes, pressantes, urgentes, que l’idée d’une existence mise en péril à terme relativement proche. Or la contradiction fondamentale entre, d’une part, le productivisme, le marché capitaliste, la mondialisation, le libre-échange et, d’autre part, la protection de la planète saute aux yeux. L’idée d’aller chercher de la main d’œuvre là où elle est moins chère, de produire toujours plus de machines ou de téléphones programmés pour se dérégler, de rechercher au bout du monde les composants d’un produit sans s’employer plutôt à les fabriquer sur place, ce qui éviterait des transports inutiles et des pollutions supplémentaires, l’idée aussi de transformer le Sud en poubelle des déchets du Nord, tout cela a un sens économique dans une logique de marché, de concurrence, de retour rapide sur investissement. Mais un calcul pareil devient destructeur, criminel, sitôt qu’on juge prioritaire le souci de l’environnement — c’est-à-dire celui de la santé, de la vie, de l’avenir.

Toutefois, pour que cette cause, cette conscience fédère les luttes en cours, il faudrait qu’on cesse d’utiliser l’argument de l’écologie pour stigmatiser les populations qui n’ont ni les moyens de travailler près de chez elles et de s’y rendre en vélo dans des grandes villes où le prix du mètre carré est exorbitant, ni ceux d’acheter des produits sains qui souvent coûtent plus cher, ni ceux de boycotter les hypermarchés, leurs parkings gratuits et leurs prix sacrifiés. Et qui ne peuvent pas non plus refuser, s’ils sont Américains et vivent dans les Appalaches, un emploi de mineur vu qu’il n’y a pas pour eux d’autre travail qui paierait autant. On voit alors que la solution ne peut être que collective, c’est-à-dire sociale. Or c’est là tout ce que le capitalisme déteste. Au point que l’un de ses penseurs majeurs, Milton Friedman, qualifiait il y a 15 ans le souci de l’environnement de « largement surestimé ». Il avait quand même son idée sur le sujet : « La meilleure solution serait de laisser les gens — d’un côté, ceux qui s’estiment lésés par la présence de fumées, de l’autre, les industriels qui en sont responsables — négocier entre eux l’arrangement qui les satisfait le mieux. » En somme, sa « solution » c’était une fois de plus un mécanisme de marché ! Mais depuis que Pékin et Bombay sont à leur tour devenus irrespirables, c’est toute l’humanité qui est « lésée par la présence de fumées ».

Carl Corey (http://carlcorey.com)

Un autre chantier divise brutalement les « partageux » : l’internationalisme. Donc les États-nations. Un « souverainisme de gauche » se diffuse depuis quelques années et porte jusque dans la gauche radicale : œuvrer au dépérissement des entités nationales, comme le souhaitaient le marxisme et l’anarchisme historiques, fait-il nécessairement le jeu du libéralisme ?

Vous évoquez le marxisme ou l’anarchisme, mais si vous aviez rattaché l’idée du dépérissement des entités nationales au forum de Davos et aux combattants du califat vous auriez aussitôt rendu ce projet moins attirant… L’abolition des frontières demeure l’utopie finale de la gauche radicale, mais elle comporte un préalable : que le mode de production organisé autour de la propriété privée ait disparu. En attendant, les frontières resteront le cadre dans lequel s’exerce la souveraineté populaire. Les révolutions les plus internationalistes ont éclaté dans des États-nations. La Commune de Paris, tout en étant partiellement dirigée par des militants révolutionnaires étrangers, se montrait extrêmement attachée à la défense nationale et beaucoup plus patriote que les Versaillais qui, au même moment, pactisaient avec l’occupant prussien. Un cas de figure qu’on a retrouvé ensuite. L’effacement des frontières ici et maintenant, dans un marché capitaliste, est surtout le projet des ultralibéraux. Ils souhaitent que les marchandises circulent, que les douaniers disparaissent, que la concurrence « libre et non faussée » joue au détriment des conquêtes sociales du mouvement ouvrier. Et quand l’Union européenne combat les États-nations, ce n’est pas principalement pour les bonnes raisons que vous mettez en avant (la crainte du nationalisme et le souvenir des guerres), mais pour une mauvaise. L’UE refuse que quelque souveraineté nationale que ce soit puisse remettre en cause les règles libérales et monétaristes qu’elle a gravées dans le marbre des traités. Cela a valu pour la Grèce, la France, l’Italie.

Certains travaillistes britanniques, minoritaires, souhaitent le Brexit parce qu’ils veulent renationaliser les chemins de fer, l’eau, l’électricité, ce que les traités européens leur interdiraient. Sont-ils « souverainistes » ? Quand ils s’opposent au dumping salarial que favorise l’emploi chez eux de travailleurs détachés originaires d’autres États européens, sont-ils moins internationalistes que les actionnaires des multinationales dont l’horizon est à la fois la planète et le dividende ? Ces actionnaires sont d’ailleurs également ceux qui pratiquent un apartheid social de fait dans des villes réservées aux riches. Autant dire qu’ils adorent l’ouverture des frontières à condition de pouvoir déployer pour eux-mêmes et pour leur progéniture toutes les stratégies d’évitement résidentiel et scolaire. Mieux vaut par conséquent éviter de transformer cette question de l’internationalisme en nouvelle religion détachée de l’analyse d’un rapport de force social et mondial. Lequel, depuis quelques décennies, s’est infléchi au profit du capital plutôt que du travail, et d’un espace déterritorialisé (économique ou, le cas échéant, religieux) plutôt que des États-nations. Cette dynamique provoque une inquiétude légitime auprès des populations les plus fragiles, les plus dominées. Répondre autrement que par des incantations à leur demande de protection ou de riposte réclame une stratégie de prise du pouvoir. Faute de quoi, elles chercheront aide et assistance auprès de nos adversaires les plus féroces, en nous objectant que nous brassons du vent et qu’elles ne peuvent plus attendre.

Source :Ballast, Serge Halimi, 15-10-2018

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85 réactions et commentaires

  • Actum est de Republica ! // 29.01.2019 à 07h22

    Dans l’état actuel des choses, pas de convergence des luttes sans intervention de l’armée. Un régime tel que le nôtre se renverse et ne se combat pas de manière « démocratique ». Dont acte.

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    • Alfred // 29.01.2019 à 09h25

      Vous êtes inconscient. Vous voudriez gagner sans combattre. Quel combat intelligent et d’envergure avons nous mené à son terme? Encore aucun. À quand remonte la dernière grève générale ?
      Avant d’en appeler à l’armée (ce qui risque fort d’avoir des conséquences que vous regreteriez amèrement) il serait bon d’épuiser toutes les actions possibles. Le pouvoir est faible. Il est à la portée du peuple. Les rêves de grand soir imbéciles et les appels à l’insurrection irréfléchis sont le meilleur moyen de le renforcer pour 50 ans en lui permetant de réaliser le rêve des oligarques : une bonne dictature justifiée par vos fantasmes de renversement. Nous perdrons à ce jeu là.
      Rappelez vous que les révolutions ne bénéficient jamais à ceux qui les font et que ce que nous n’avons pas assez d’énergie et d’intelligence pour obtenir dans la facilité de la paix ne sera jamais obtenu dans le contexte plus complexe et plus difficile de la guerre civile.
      Je ne sais quelle est votre activité actuelle mais je doute fort qu’elle soit à la mesure de ce que la situation newigerait de vous même si vos rêves se réalisaient. Désolé.
      Le système sera peut être abattu par le bas. Mais seulement dans violence. ‘a violence et la réaction le feront tenir et durcir.

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      • Actum est de Republica ! // 29.01.2019 à 09h54

        Arguments plausibles, mais inaboutis, en partie peut-être du fait d’un manque de développement de ma part. A force de voir mes derniers commentaires presque systématiquement expédiés à la poubelle, j’essaie de faire dans le bref en allant directement aux conclusions.

        L’Histoire apporte son lot d’enseignement en même temps qu’elle s’écrit en temps réel. Il n’est pas écrit qu’une armée de patriotes et de patriotes catholiques de surcroît agirait de manière inconsidérée. Une armée de moutons blancs à cinq pattes ? Pas sûr. C’est peut-être aller un peu vite en besogne, certes. Mais le jeu en vaut la chandelle. Il faut sortir de cette défiance d’un régime militaire qui serait forcément autoritaire et hostile au peuple.

        Je suis (un jeune) rentier. Et non, je ne suis pas Foulards rouges – constatons à ce titre les dégâts que peut causer sur la santé mentale de ceux-là leur rapport hasardeux et récent à l’argent. Spectacle affligeant de ces parvenus de fraîche date qui se vautrent sans complexe dans l’océan de leur propre bêtise, comme les porcs qu’ils sont dans leur propre fange -… Bref, mais bien partisant des Gilets jaunes !

        Commandés par une armée patriote donc acquise au peuple et hostile au régime en place, les Gilets jaunes verraient leur victoire assurée, a fortiori si tout est fait pour neutraliser durablement anti-France au pouvoir.

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        • Alfred // 29.01.2019 à 11h44

          Je respecte votre position mais je ne suis pas certain que vous évaluiez correctement le rapport de forces. Qui peut le faire correctement d’ailleurs car les patriotes comme vous dites se font discrets (ce n’est pas la mode du moment depuis bien longtemps). Souvenez de régulièrement quand même deparcourir la liste des youngs leaders. Le jour où j’y a vu figurer un capitaine de vaisseau appelé à commander un SNLE j’ai compris qu’on ne pouvait plus compter sur l’armée. Plus discrètement la liste des gradés vérolés par l’otanisme n’est pas mince (même si elle es elle aussi difficile à evaluer pour le quidam). Bref votre proposition me fait un peu l’effet de ces “jeunes” “révoltés pas trop révéillés” qui ont voté pour le jeune Macron pour “changer un monde politique dépassé et sclérosé”. Pas vraiment bien vu.

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          • Actum est de Republica ! // 29.01.2019 à 12h11

            Sans vouloir en rajouter une couche, je n’ai JAMAIS voté à droite et depuis 2005, j’ai tout simplement arrêté de veauter (sic).

            Ce que vous relevez est également pertinent. La majorité de l’armée française est acquise à l’OTAN qui n’est que la chambre d’enregistrement d’une entité plus sournoise dont il faut visiblement même ici taire le nom. Bref.

            Nous sommes « le petit nombre », mais un petit nombre extrêmement déterminé, ce qui ne signifie pas prompte aux sautes d’humeurs idéologiques, quand bien même existe-t-il aussi parmi nous des divergences certaines.

            L’amour de la France nous unit davantage encore que la haine viscérale de l’anti-France dégénérée actuellement presque partout aux commandes.

            Le peuple de France transcende les divergences politiciennes de la Gauche-Droite qui n’est que la figure de Janus de son déshonneur permanent inscrit dans notre Constitution et aux frontons de nos mairies et jadis encore de nos écoles.

            Le monde qui vient sera impitoyable avec l’engeance mondialiste dégénérée au pouvoir. Croyez-moi !

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            • Geof’ // 29.01.2019 à 17h55

              pas mal, mais non…

              c’est quoi les GJ ? des travailleurs-pauvres + des CM (classe moyenne)

              les 2 groupes n’ont pas les mêmes intérêts, stratégies, moyens ni motivations.

              il faut proposer un projet politique fait de compromis, qqch que tous les GJ (et le reste du peuple) seraient près à accepter, ta conception “droitarde” coupe les ailes du mouvement…

              mais je suis partiellement d’accord : la version “pacifiste” ne donnera rien…

              Geof’-Rey, neo-communiste belge, expert en Révolution

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      • Dominique Gagnot // 29.01.2019 à 11h27

        Les ravages sociaux et écologiques qui se sont amplifiés durant 50 ans de néant politique, sont tels que l’on ne peut plus attendre.

        Et pourtant les 0,1% n’ont pas du tout l’intention de céder.
        La seule réponse qui leur convienne est d’éjecter les 99% du système, car ils sont obsolètes. Les fantastiques progrès des sciences et techniques sont passés par là. De plus ils consomment des ressources, participent au réchauffement climatique et polluent.

        Casser le tissu économique (et bien sur les protections sociales); laisser le moment venu s’effondrer le système financier; sont le moyen le plus simple de parvenir à leur objectif.

        Une grève générale ne fera qu’accélérer les choses. Notre époque n’a rien à voir avec celle de 1936.
        Sauf à ce que, en effet, une armée arrête cette oligarchie criminelle, nos chances sont inexistantes. Du moins je ne vois pas. Lien gratuit à partager :
        https://www.dropbox.com/s/1931rl51zdahgay/Comprendre%20l-Arnaque%20capitaliste%20265.pdf?dl=0

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      • Louis Robert // 29.01.2019 à 15h40

        « … les révolutions ne bénéficient jamais à ceux qui les font… »?

        *

        Alfred, pourquoi vous permettre ici même, en ces temps d’unique turbulence et d’extrême inhumanité en France, ce lieu commun sans fondement et dépourvu d’intérêt? Surtout, à quoi bon?

        Seriez-vous un Français monarchiste nostalgique du « Grand Siècle » et d’un Roi-Soleil ? Partisan de distribution de brioche, peut-être, comme la Victoria Nuland du Maidan de ses biscuits?

        J’ai vérifié sur place: les citoyens de la Chine révolutionnaire ne souhaitent pas, eux, retourner aujourd’hui à l’époque des guerres de l’opium, de « l’homme malade de l’Asie » et de « la p….. de l’Orient ». Je les ai vus, larmes aux yeux, détourner le regard à cette seule pensée et aux terribles souvenirs qu’elle évoquait.

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        • Alfred // 30.01.2019 à 08h08

          Atterrissez Geof et mettez vous dans une posture “pratique”. Cette phrase signifie que la révolution française a bénéficié aux bourgeois qui l’ont initié et non au petit peuple de Paris qui a pris la bastille ou plus tard les Tuileries.
          Les idiots du Maïdan n’ont pas retiré le bénéfice espéré d’avoir brûlé des berkut.
          Les camionneurs et les policiers ont retiré des bénéfices du mouvement des gilets jaunes, d’avantages que ceux qui se sont fait mutiler.. on continud? Ce n’est pas de la théorie. Ce.edr concret et c’est une des raisons pour lesquelles il est difficile d’entraîner des gens dans le mouvement. Nous sommes encore une nation de petits bourgeois avec encore trop à perdre (c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les “quartiers” ne bougent pas…). C’est très politiquement incorrect de le dire mais c’est vrai. De Gaulle disait que la résistance avait eu du mal à recruter car trop de français étaient propriétaires. Ça ne veut pas dire qu’il état contre la propriété mais simplement qu’il reconnaissait ce que beaucoup se refusent à voir.
          Il faut reconnaître tout cela pour arriver à passer outre et mobiliser suffisamment pour que ce gouvernement tombe. Sans des millions dans la rue il restera.
          (Pour ce qui est des révolutionnaires en herbes, au moins faites vous payer par un oligarque parceque sinon vous êtes vraiment ballots).

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    • RV // 29.01.2019 à 21h23

      @ Actum est de Republica ! // 29.01.2019 à 07h22

      Il est allé trop loin, il doit partir
      https://blog.mondediplo.net/il-est-alle-trop-loin-il-doit-partir

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      • weilan // 29.01.2019 à 22h43

        Mille fois merci pour cette grandiose tribune de Lordon ! A faire passer urbi et orbi le plus rapidement possible.
        Le “Diplo” est bien le seul et unique média papier qui vaut largement son prix.

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        • jp dubois // 30.01.2019 à 09h42

          Non, il y a aussi le Canard enchaîné : 1,20 € (le prix d’un croissant), même tarif depuis le paasage à l’€, ils ne se référent à l’AFP, respectent la charte de Munich, n’ont pas de site internet à part pour commander, et pas de pub. C’est ce qu’on appelle la presse indépendante.

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          • jean françois // 30.01.2019 à 17h27

            mais ils ont appelé à voter Macron et ils le ménagent quand même pas mal vs d’autres présidents orécédennts

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          • Jaaz // 30.01.2019 à 17h54

            Un peu trop téléguidé ces derniers temps, le Canard, et notamment pour tuer Fillon au profit de Macron, tout en crachant bien sûr sur Mélenchon. Le patrimoine dissimulé de Macron, ses sponsors, autant de dossiers hautement explosifs que le Canard avait sciemment négligés.

              +6

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  • Fritz // 29.01.2019 à 08h00

    J’ai lu tout cet entretien. Raisonné, argumenté, intéressant, mais peut-être faut-il aller plus loin ? Puisque les dominants exècrent le “populisme”, pourquoi ne pas revendiquer explicitement ce terme ? Un “parti populiste” ou un “mouvement populiste”, ça aurait de l’allure ! Imaginez : “les populistes tiennent leur congrès”, le porte-parole du mouvement populiste déclare”…
    Quant au “souverainisme”, c’est l’autre nom de la démocratie. Pour être internationaliste (et non pas supranational), il faut d’abord reconquérir sa souveraineté.

    Pour compléter l’entretien, un article important de Serge Halimi sur le mouvement des Gilets jaunes :
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/01/HALIMI/59441
    « Quand tout remonte à la surface » : quand le peuple se redresse…

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    • Fabrice // 29.01.2019 à 09h19

      Oh oui Fritz ! J’adote! Mon prochain GJ sera badgé POPULISTE ET FIER DE L’ETRE
      Merci

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    • DocteurGrodois // 29.01.2019 à 10h29

      @Fritz

      “Parti Populiste” n’est peut-être pas le meilleur choix sachant que c’est le nom de la secte d’un ex-fondateur du FN (Timmermans je crois) après qu’il ait quitté le MNR, la secte de Bruno Mégret. En plus il serait capable de vous faire un procès.

      Même si les media, pourtant très attentifs à ce genre de choses, n’ont pas relevé la coïncidence entre le nom du mouvement LaREM avec un slogan vichyste, tout mouvement en dehors des clous ayant “populiste” ou “populaire” dans ses initiales sera immanquablement renvoyé aux heures les plus sombres.

        +2

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  • ien // 29.01.2019 à 08h29

    Que partis et syndicats soient dé crédibilisés, voire discrédités, cela se comprend devant la défaite absolue des couches dites laborieuses face aux pouvoirs financiers et à leurs zélés serviteurs “multicartes” de droite et de “gauche”, c’est à dire de droite. Comment en effet envisager une force politique conquérante qui, à minima, ne remettrait pas en cause l’UE et l’Euro et qui n’ambitionnerait pas de restituer à la puissance publique française son rôle de représentante vertueuse des citoyens, dans un combat résolu pour la défense des intérêts nationaux? Gauche? Droite? Aujourd’hui on s’en fiche. Alors, l’écologie, bien sûr, mais sans une mise au pas des puissances financières, c’est un rêve. Quant au sociétal, il a hélas médiatiquement pris le pas sur le social, et les GJ sont là pour imposer à nouveau une hiérarchie naturelle dans les urgences à traiter. Autrement dit, pourquoi rêver à une convergence des luttes dans un cadre qui l’interdit? Une fois encore, l’histoire risque de se faire par le bas. La superstructure paraît en effet bien vermoulue. Et ses opposants bien démunis.

      +21

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    • Fabrice // 29.01.2019 à 10h13

      Bonjour
      Le plus important est d’etre optimiste et d’aller dans le sens des choses lorsque vous voulez avancer! La structure est vermoulue; très bien, il n’y a pas à s’opposer à son effondrement, il faut d’urgence finir de la faire tomber pour ne pas rester ensevelis sous les décombres!
      De plus vermoulu pour vermoulu et c’est là le permaculteur qui parle, l’agroforestier, l’agriculteur soucieux d’efficience, le biologiste humble devant les équilibres pérennes de la biodiversité: «  les champignons il faut arrêter de les fumer, cela fait un terreau idéal et indispensable au développement de toute forme de vie »!
      Donc souhaitons tous ardament la fin de l’accumulation de la propriété du capital, instaurons un moyen infaillible de contrôler la justice ( et il existe d’apres Aristote 😉) et le mirage du marché libre et non faussé aura tôt fait de disparaître !

        +5

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    • DocteurGrodois // 29.01.2019 à 11h38

      @ien

      “Quant au sociétal, il a hélas médiatiquement pris le pas sur le social, et les GJ sont là pour imposer à nouveau une hiérarchie naturelle dans les urgences à traiter.”

      Tout à fait d’accord. La “convergence des luttes” c’est le mirage de ceux qui cherchent le point d’intersection magique entre leurs causes exclusives et mutuellement exclusives entre elles, et dont le véritable dénominateur commun est l’absence du social parce que le social ne les concerne pas personnellement.

      Pourquoi les GJ attendraient-ils que ces gens convergent entre eux alors qu’ils ne partagent aucune de leurs priorités?

        +5

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  • Guadet // 29.01.2019 à 10h28

    Halimi ne veut oublier aucun combat : féminisme, lutte contre les discriminations, écologie, … Mais c’est perdre en efficacité en se dispersant et en créant des divisions. Il faudrait plutôt s’attaquer aux causes et non aux effets, à la misère matérielle et culturelle plutôt qu’à ses conséquences, au capitalisme et à la mondialisation économique plutôt qu’à leurs dégâts sur la nature. Et si quelqu’un se plaint qu’on a oublié ci ou ça, lui répondre fermement que l’efficacité compte plus que le politiquement correct.

      +16

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    • Renard // 29.01.2019 à 13h10

      Tout à fait la cause sociale/économique demande tellement de force qu’il faut mettre les autres sujets de côté et adopter une position de neutralité sur les sujets sociétaux.

      C’était la stratégie des socialistes du 19e siècle qui mériterait d’être réactivée aujourd’hui. Voir la conférence de Michéa sur le socialisme originel disponible sur youtube.

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      • PsyyyX // 30.01.2019 à 08h16

        Parce qu’il n’y a pas de femme ou d’étranger dans le prolétariat ?

        Parler de liberté en masquant les viols… Non merci. C’est la base pourtant.

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        • Renard // 30.01.2019 à 11h42

          Masquer les viols ? Vous me supposez une pensée extrémiste alors que j’ai parlé de neutralité, il faut être centriste sur les sujets sociétaux voilà tout ce que je dis.

          À ce que sais aucun parti ne cherche aujourd’hui à “masquer les viols” votre remarque est particulièrement absurde.

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      • Enma // 30.01.2019 à 13h55

        Il est bien connu qu’avant le capitalisme, la société était parfaitement égalitaire. Il n’y avait alors ni sexisme ni racisme…

        C’est une erreur d’opposer ces inégalités. Elles ont toutes lieu au même moment et il est tout à fait possible de combattre la domination des capitaux et de la finance tout en travaillant simultanément sur ses propres avantages structurels (par exemple quand on n’est ni une femme ni une personne considérée comme “non blanche”). Tous ces combats doivent avoir lieu en même temps, sous peine de ne jamais aboutir.

        De mon point de vue, les arguments en faveur de l’abolition prioritaire du capitalisme, le reste en découlant *naturellement*, laissent une forte impression de “demain on rase gratis”. Et je pense que beaucoup en sont arrivés aux mêmes conclusions. À vous de voir, ce sera AVEC ou SANS nous.

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        • Renard // 30.01.2019 à 18h43

          Étant donné que les lois contre le sexisme et le racisme existent déjà je ne vois pas bien ce que les politiciens peuvent faire de plus à part des incantations oratoires stériles voir contre-productives.
          [modéré]

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          • Enma // 31.01.2019 à 12h17

            Quel est le rapport ? L’article parle de convergence des luttes et c’est ce dont je parle aussi. Qu’est-ce que les politiciens viennent faire ici ?

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  • Mathieu // 29.01.2019 à 10h59

    Je retiens de cette interview, qu’il manque à la gauche progressiste un but, une essence, un truc qui ferait l’unanimité et donnerait envie de converger, alors qu’en face, ceux qui veulent préserver le capitalisme ultra libéral, ils vendent du rêve américain truffé de liberté, de perspectives de fortunes, de fun et d’accomplissement personnel dans l’individualisme !

    On peut essayer de montrer le caractère totalitaire, dangereux, stupide du capitalisme ultra libéral, et y faire adhérer pas mal de monde comme c’est déjà le cas, mais nous ne sommes pas encore assez et c’est un mode d’action en réaction (ce qui nous condamne presque à l’attentisme, c’est à dire patienter jusqu’à ce que les classes moyennes soient happés par le vortex nuisible du libéralisme outrancier).

    On peut essayer de mettre en avant l’écologie, le thème le plus fédérateur comme le souligne Serge Halimi, mais bon courage pour faire prendre conscience de ces enjeux à des gens qui ne sont pas encore les pieds dans l’eau jusqu’au cou et qui ne sont pas encore atteint par les méfaits du capitalisme ultra libéral, à nouveau les classes moyennes, et à nouveau la patience s’impose pour attendre que les gens prennent conscience qu’ils font tout pour cramer leur environnent et rendre la vie impossible.

    Dans ces deux cas le temps ne nous est pas favorable.

    Dans ces deux cas, il nous manque un discours positif, un truc qui fasse bander ces classes moyennes qui sont complètement drogués aux stimulis positifs du capitalisme ultra libéral.

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    • Yannis // 30.01.2019 à 11h12

      @Mathieu – Une lecture trés réaliste de notre société, un constat que je partage et qui me fait penser que la majorité “silencieuse” en France est (re)devenue réactionnaire, dans le sens qu’elle ne peut même pas imaginer de changer de mode de pensée, de type de fonctionnement et de priorités sans être envahie par une peur existentielle – hormis à la marge où elle peut un peu s’émouvoir pour quelques appels à consommer bio et “se respecter” soi-même, cad augmenter son capital santé et booster son self-estime. Le matraquage publicitaire et idéologique sont tels que ralentir un tant soit peu le pas vers l’accumulation de richesses et de signes extérieurs de richesse est juste impensable.

      Plus les ravages de la positive attitude, qui est juste devenue de l’auto-aveuglement pour la plupart,

      J’écris (re)devient car notre histoire récente, surtout depuis la Révolution, est un perpétuel va et vient entre progressisme et conservatisme. Les années 80 ont marqué le basculement du social vers le sociétal dans les discours politiques, et enterré la phase progressiste des années 60. Nous y sommes toujours.

      Ce qui fait que quand on met en avant le terme de “valeurs” (morales bien sûr) et de réelle prise en compte de la responsablilité individuelle (par exemple un citoyen en démocratie se doit de suivre les affaires de la cité et de s’informer correctement), on se fait traiter de ringard, voire d’ultradroitiste !

        +1

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  • Volodia // 29.01.2019 à 11h17

    Entretien du 15 octobre 2018, à peine plus de 3 mois, autant dire un siècle!
    Car entretemps les GJ ont entrepris SEULS cette insurrection citoyenne et populaire que la gauche radicale théorise sans succès depuis longtemps.
    Mais nous y sommes.
    Et le moment présent est celui de résister, d’apporter son soutien aux GJ, d’amplifier le mouvement, de dénoncer les brutalités policières, de rentrer dans la grève générale, de se battre avec sa tête et avec son coeur pour virer ce gouvernement pourri et redonner la parole et le pouvoir au peuple.

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    • Yannis // 30.01.2019 à 11h33

      Oui, la gauche institutionnelle a perdu a bataille des idées. mais faudrait pas mettre tout le monde dans le même panier. Le Monde Diplo, qui n’a pas que des amis loin s’en faut á gauche et encore moins à droite, est un support écrit qui examine, analyse et théorise notre monde contemporain d’une manière tout à fait pertinente.

      Décrier tous les intellectuels, les artistes ou les personnalités politiques, parmis lesquels certains et certaines encore crédibles, c’est prendre le risque d’un virage radical du type révolution culturelle de Mao avec ses conséquences désastreuses (encore aujourd’hui) en Chine, pays qui est en train d’effacer tranquillement son passé et sa riche sulture ou de les mythifier, sur l’autel du progrès matériel.

      Nous pouvons y aller avec notre coeur, notre tête dans les manifs, histoire de se confronter physiquement à la violence du gouvernement actuel, c’est une option selon chacun, certainement une première étape de la résistance. Mais si le mouvement ne se structure pas, comme par exemple avec Assemblée des assemblée des Gilets jaunes lancée par ceux de Commercy, les tentatives de récupération et d’affaiblissement politique du mouvement ne manqueront pas. Ainsi certains et certaines leaders auto-proclamé(e)s d’un jour, ou la dernière liste Gilets jaune pro-Macron pour les européennes.

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    • Alfred // 30.01.2019 à 12h18

      Cette fameuse grève générale… Parlez en au cours de vous dans vos collectifs de travail. Personne n’est au courant hors des gilets jaunes. Les syndicats se gardent bien de l’ébruiter. Ils seraient bien emmerdés qu’elle soit suivie massivement. Ce devrait être notre tache quasi exclusive de mobiliser pour le 5 fevrier. Si on ne le fait pas c’est pas la peine de se lamenter ou d’ergoter sur le sexe des anges (vote blanc ou abstention, révolution ou coup d’etat et autres discussions oiseuses). Le concret c’est le 5 en masse.

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  • BrianDu64 // 29.01.2019 à 12h23

    “Plus généralement, « populisme » qualifie une humeur protestataire, une méfiance envers les « élites » qui brasse large, ce qui la dispense de devoir arbitrer entre des intérêts potentiellement antagonistes. Ce qui permet d’agréger sous le vocable de « peuple » des groupes, des classes qui n’ont en commun qu’une immense colère et qui confient la charge de l’interpréter à un tribun charismatique. Cette imprécision, cette fluidité, ce flou, peuvent être tactiquement utiles dans la perspective de la conquête du pouvoir, mais ils deviennent sources de confusion ensuite.”

    “Le concept de « populisme de gauche » est souvent associé à l’idée d’une vie politique qui opposerait les 1 % les plus riches (l’oligarchie) aux 99 % qui restent (le peuple). Or l’unité de ce peuple me paraît mythique et même factice.”

    Les gens de la sphère à laquelle Serge Halimi appartient ont pas mal de mépris pour Chouard, et ce mépris a été renouvelé et confirmé par pas mal d’acteurs proche de ses idées : Usul (Le RIC est-il dangereux ?), Mickaël Correia (CQFD “Du brun dans le jaune”), Ruffin (à demi mot dans son Bulletin #41), etc…

    Cela les empêche de voir que Chouard propose une solution tout à fait viable ou en tous cas intéressant à ces divisions qui existent bel et bien chez les 99%. L’intérêt n’est pas de prendre le pouvoir, car le pouvoir corromp. L’intérêt est de controller ceux qui s’en approchent trop de par leur fonction ou leur accumulation de richesse.

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  • Yves TEROUINARD // 29.01.2019 à 13h05

    Bonjour,
    Résumons.
    Comme en 1936, en Espagne, il faut “tuer le peuple” (voir Orwell).
    Et Serge Halimi s’en charge.
    Un beau discours, mais en finalité, retour au “Pouvoir” (politique).
    Nous n’avons pas, plus, besoin de politiciens (tous pourris, comme disait Coluche); ni de leurs sbires (de tous bords).
    De la démocratie directe, avec des gestionnaires, charger d’appliquer les décisions du Peuple.
    Mais, là, pour Serge Halimi, c’est au-delà de son “logiciel” (de gauchiste borné (pléonasme) ).

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    • chr bernard // 29.01.2019 à 20h24

      La démocratie directe, c’est un leurre qui fait l’affaire des pouvoirs de fait (les multinationales, le grand commerce, la finance).
      Le plus gros gadget dans le genre, c’est l’idée d’un parlement dont les membres sont tirés au sort..

      Condamner les élites de manière générale, pour le principe, c’est ‘jeter le bébé avec l’eau du bain’

      Il faut reprendre possession de l’Etat, restaurer la démocratie représentative, admettre la nécessité d’une élite à condition de rendre à ce terme son vrai sens et de ne reconnaître pour membre de l’élite que ceux qui ont le sens de l’intérêt général… qui ne se conçoit que dans le cadre d’une souveraineté nationale, donc d’un Etat muni de frontières.

      L’ouverture à tout crin, c’est le pouvoir donné à une super classe mondiale étrangère à toute idée d’intérêt général.

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  • Wakizashi // 29.01.2019 à 14h40

    Ce dialogue entre le journaliste de la revue Ballast et Serge Halimi fait vraiment “la gauche parle à la gauche”. La dernière question est symptomatique à cet égard… Personnellement je suis autant dégoûté par cette gauche autocentrée et raciale (pour laquelle toute personne n’étant pas de gauche est impure), que par l’oligarchie mondialiste.

    A mon humble avis les enjeux de notre époque où nous sommes à la croisée des chemins transcendent largement ce clivage gauche/droite en état de mort clinique ; il me semble d’ailleurs que la revendication du clivage gauche/droite n’est presque plus employé que par la gauche… nombre de ses caciques n’ayant pas compris que leur référence idéologique était caduque.

    Le seul vrai clivage est entre les tenants d’un vieux monde matérialiste et capitaliste à l’agonie d’un côté (issu de la Renaissance), et de l’autre côté ceux qui rêvent d’un monde plus humain et ayant du sens. Bien plus que la gauche, historiquement très attachée au matérialisme philosophique, et de ce fait au paradigme de l’ancien monde ; les “représentants” du nouveau monde seraient à mes yeux plutôt à chercher du côté des cultural creatives (bien qu’ils n’aient rien demandé) qui, par l’adéquation entre leurs convictions et leurs actes dans la vie courante, montrent concrètement la voie de ce que pourrait être le monde de demain.

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    • jp dubois // 30.01.2019 à 09h48

      La gauche n’en a rien à faire des Français pauvres depuis bien longtemps. Tout ce qui l’intéresse c’est les étrangers, les autres, les nouveaux Français qui restent une source pour les élections.
      “Le peuple a voté contre le gouvernement. Il faut dissoudre le peuple.” Bertold Brecht

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  • Un_passant // 29.01.2019 à 14h47

    Le problème, c’est de croire qu’une révolution, quelle qu’elle soit, ne sera pas récupérée par une case dirigeante, peu importe son nom ou sa forme. L’auto-organisation montrera très vite ses limites lorsque la réalité, l’impossibilité de mettre les gens d’accord par manque d’intérêts, de goûts, de besoins communs, produiront les mêmes effets que dans n’importe quel régime collectiviste : il faudra bien quelqu’un ou quelque chose pour trancher, quelque chose pour faire taire les oppositions. Désolé mais le réalisme me dissuade de rêver d’un sursaut “de gauche”, il y a trop d’effets pervers et néfastes prévisibles.
    Il y a un énorme biais dans ce genre d’idéal : croire que tout le monde aime jouer à des sports collectifs et que ceux qui n’aiment pas ça sont simplement de fieffés, d’indécrottables égoïstes. Sauf que ça n’est pas si simple : sans un bon coach, les rivalités individuelles resurgissent vite. Un sport individuel, on est seul responsable de sa réussite ou de son échec. On oublie trop souvent la tendance humaine à chercher un bouc-émissaire quand ça ne marche pas.
    D’où un verdict très clair : je préfère infiniment pauvreté et la liberté même dans un système injuste comme le capitalisme décrié par la gauche, que n’importe quelle théorie ou système égalitariste, les risques de dérives liés à la réalité du tempérament humain sont trop dissuasifs. On a plus de soixante ans de systèmes socialistes ou communistes pour voir et comprendre pourquoi ça ne marche pas. Les causes humaines, anthropologiques, dépassent largement les quelques influences néfastes qu’ont pu avoir les USA.

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    • Dominique Gagnot // 29.01.2019 à 15h14

      Et pourquoi pas envisager un “communisme libéral” ?

      Jamais personne ne parle de ça, comme s’il était incongru d’associer ces termes.
      La/les collectivités détiendraient la propriété lucrative des biens communs que sont les ressources premières. A l’intérieur de ce cadre la liberté d’entreprendre et de faire du profit serait totale. Le profit ne permettant plus d’accumuler de ces ressources premières, et donc de spéculer, on ne pourrait en tirer aucun pouvoir…
      Sous réserve d’une administration intelligente des biens communs, ce système serait idéal. (voir le livre dont je donne le lien par ailleurs)

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      • Un_passant // 29.01.2019 à 15h39

        Mais… il n’y a pas de bien marchand qui ne soit spéculation!!!

        La propriété des ressources? Mais qui s’enrichit, l’agriculteur, ou les intermédiaires?

        Vous ne réalisez même pas que votre système, vous allez finir par tout collectiviser, tout considérer comme un bien premier, parce que tout bien marchand est thésaurisable, tout bien marchand peut faire l’objet de spéculation.

        Le pétrole, seules les compagnies pétrolières s’enrichissent? Que nenni : les propriétaires (l’Etat Saoudien ou Qatari, par exemple) mais aussi les négociants qui vont acheter un tanker plein et attendre que le prix du pétrole remonte avant de mettre le pétrole sur le marché.

        Pire, dès qu’il y a richesse, il y a capacité de “razzia”, qu’est-ce que vous allez faire pour contrer cela, instaurer des tickets de rationnement? Il est où le libéralisme?

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        • Barbe // 29.01.2019 à 15h48

          Faux : il y a des denrées périssables.
          Et même l’électricité pour les congeler n’est pas stockable.
          Même si elles l’étaient, la question de l’organisation collective de leur production et consommation se poserait. Il est naïf de croire qu’il n’y a que des individus libres et non faussés… Les ultrariches sont ceux qui ont mis la main sur la puissance publique, à des fins d’être servis par elle.

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          • Un_passant // 29.01.2019 à 15h57

            Faux? Elles font l’objet d’une spéculation inversée par la production, où se pose le problème des bonnes et des mauvaises récoltes ce qui conduit parfois à détruire des quantités colossales faute d’acheteur. Et les bonnes ou les mauvaises récoltes, c’est la faute des riches peut-être, ce sont eux qui contrôlent le climat en temps réel?

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            • Barbe // 29.01.2019 à 16h01

              Ne pas confondre le plan de la production/consommation et celui de la spéculation : cela n’a rien à voir. Le plan de la spéculation peut commander ; c’est sur, et c’est bien là le pb: ce ne sont pas les travailleurs qui commandent. Mais ils ont pris conscience et savent que ceux qui commandent ne le font pas dans le sens de l’intérêt général.
              Vous parliez précédemment de la spéculation : garder, attendre que les prix montent pour vendre. ça marche si la marchandise peut attendre.
              L’or, par ex, qui n’a pas à être consommé. Qui ne peut l’être. Vous verrez si vous préférerez un lingot ou un verre d’eau quand celle ci se fera rare…

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            • Un_passant // 29.01.2019 à 16h14

              Non la spéculation c’est plus que ça, c’est estimer la valeur que l’acheteur est prêt à débourser. Le pire c’est que sans vous en rendre compte vous confirmez ce que je dis : la valeur est bel et bien spéculation, la nourriture peut finir par avoir plus de valeur que l’or. C’est donc bien la preuve que ça n’est pas la production qui fixe le prix, mais l’acheteur.
              C’est pour cela que le socialisme ou le communisme échouent : moins à cause du “collectivisme” que du “biais de contrôle” qui est incapable d’anticiper la réalité d’une récolte, le prix que l’acheteur est prêt à payer ou les capacités de “rétentions” de marchandise.
              Ça n’est tout de même pas pour rien que la plupart des régimes communistes ont renoncé à la planification pour basculer dans un productivisme exportateur associé à des réformes libérales; les exemples les plus typiques : Chine, Vietnam.

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            • Barbe // 29.01.2019 à 16h20

              Attendez, vous connaissez la différence entre valeur d’usage et valeur d’échange?
              La spéculation n’a rien à voir avec ça : le prix peut être fixé par la puissance publique. Si, si… on a oublié mais le train, la poste etc…
              Bref,vous mélangez beaucoup de choses, alors qu’il faut examiner patiemment et avoir lu (Aristote, Marx… ) nous aide en ce sens.

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            • Un_passant // 29.01.2019 à 16h32

              Je n’ai pas oublié et je ne mélange pas. C’est vous quoi oubliez la subvention par l’Etat ou le fait que le prix restait rentable tant que les volumes, la demande étaient compatibles. Dès que les volumes, la demande ne sont plus compatibles, on va apparaître les problèmes.
              Les trains? Rappelez moi combien de milliards de subvention, de financement par l’Etat EN PLUS du prix des billets?
              La Poste? Combien de hausses du prix du timbre en parallèle de la baisse des volumes depuis l’apparition d’Internet et de l’usage de plus en plus fréquent du mail et d’un moindre échange des lettres ou de cartes postales?

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        • Barbe // 29.01.2019 à 16h47

          Ecoutez on ne se comprend pas, vous avez vos lunettes. Soit.
          Volume de production, demande… là aussi, vous confondez : vous allez bientôt dire que c’est l’offre qui fait la valeur? et non la demande?
          Que les prix varient de temps à autre, ne signifie pas qu’ils ne peuvent pas être fixés pour un temps : les billets de train, partout en France, naguère, étaient les mêmes… La spéculation n’y avait pas de sens, car on était en circuit fermé : la spéculation demande l’ouverture des frontières, vous avez le droit d’être mondialiste, mais pas de dire que c’est la seule solution. Voyez les millions de morts de l’impérialisme… vous allez encore les mettre sur le dos du socialisme…

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          • Un_passant // 29.01.2019 à 17h11

            Je vais répondre en reformulant, par une autre approche : le système économique français peut être considéré comme un système dynamique, fluctuant et ouvert. En comparaison le système mondial, dans son ensemble, peut être considéré comme dynamique, fluctuant et fermé (on ne commerce pas avec d’autres planètes).
            Les approches collectivistes ont une tendance très nette, au travers du biais de contrôle, à penser le système comme statique et fermé.
            De base, rien que le critère système fermé ne peut pas se concevoir à l’échelle nationale mais uniquement mondial. Apparaît alors la question de l’idée d’un système statique : est-ce seulement envisageable dans un contexte de demande variable, de cultures (moeurs, religions, tempérament, aspirations, besoins) différentes, de ressources variables selon les régions, de mauvaises ou de bonne récoltes selon les années?
            Là où nous ne sommes fondamentalement pas d’accord, c’est l’idée que le système puisse rester fermé. Si la Chine ou le Vietnam ont été contraints de basculer dans le productivisme exportateur et ont passablement libéralisé, c’est bien parce que la réponse est non. L’URSS malgré toutes ses ressources, n’a pas réussi à rester un système fermé (alors que objectivement, elle disposait de pratiquement toutes les ressources premières agricoles ou minérales requises, il ne lui manquait que les produits “exotiques”).
            […à suivre]

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            • Barbe // 29.01.2019 à 17h51

              Ouvert ou fermé : ce sont toujours des décisions politiques : il n’y a pas à envisager un système économique séparé des décisions politiques, lesquelles peuvent aussi consister à fermer le pays, le temps que le secteur en développement soit fort, et prêt à affronter le vaste monde. Mais c’est bien sur, à l’échelle d’une collectivité. Le libéralisme, qui fait croire qu’il n’y a que des individus juxtaposés est une ânerie sans borne, au plan politique. Au plan moral, je ne dis pas…
              Et là où nos oligarches ont fait fort ça a été de s’acoquiner avec des élus qui ont opéré des montages juteux sur le dos des gens : privatisation du commun, voilà ce qui s’est passé en France, au point d’enrichir un tout petit nombre au détriment de l’immense majorité…
              mais je peux me tromper.

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            • Un_passant // 29.01.2019 à 18h06

              Non, c’est une question de ressource et de monnaies ; si vous n’échangez pas de monnaie, le système s’étouffe.
              Si vous n’avez pas la ressource, qu’elle n’existe pas sur le territoire, que vous ne pouvez pas la créer, même avec du temps (gisements inexistants, ou climat incompatible), elle n’existe pas, ça n’est pas une question de volonté politique. Soit vous vous en passez, soit vous l’importez.

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          • Un_passant // 29.01.2019 à 17h15

            Comprenez bien, je ne suis pas anticommuniste idéologique, je ne comprenais pas pourquoi l’URSS n’a pas réussi malgré ses atouts. La réponse n’a pas été “c’est la faute des USA” ou “c’est la faute des apparatchiks” mais bel et bien : problème monétaire et biais de contrôle. Et depuis quelques années, l’observation de la Chine, du Vietnam, la comparaisons avec d’autres systèmes (la résilience de l’Iran, économiquement libéral ou les problèmes récurrents de la Corée du Nord, malgré le soutien chinois) n’a fait que confirmer ma conclusion.

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        • Dominique Gagnot // 29.01.2019 à 19h20

          Le propriétaire des ressources indispensables à tous fixe les prix. (c’est celui qui tient la gourde qui détient le pouvoir sur ceux qui ont soif.)

          Si la collectivité est ce propriétaire, elle contrôle les prix et l’usage de ces ressources, dans l’intérêt… de la collectivité.
          L’entreprise privée reste libre : elle dispose de l’usage des ressources sans pouvoir spéculer, puisqu’elle ne peut en avoir la propriété lucrative.
          Les entrepreneurs et actionnaires peuvent en tirer profit, puisqu’ils peuvent en disposer.

          La spéculation reste parfois possible, mais de manière très marginale…

          Lisez ce livre, et vous comprendrez mieux. (peut être)
          https://www.dropbox.com/s/1931rl51zdahgay/Comprendre%20l-Arnaque%20capitaliste%20265.pdf?dl=0

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          • Un_passant // 29.01.2019 à 19h33

            C’est bien ce que je reproche plus haut, vous raisonnez en système statique et fermé. Et pour toutes les ressources que la France n’a pas, on fait comment? On fait comment pour toutes les terres rares?
            Vous vous obstinez à croire que je ne comprends pas, je comprends très bien. MAIS encore une fois : on fait comment pour les ressources dont on ne dispose pas, que nous n’aurons pas, JAMAIS, parce que nous N’avons PAS les gisements!?
            Donc soit c’est mondial, soit ça n’est pas. C’est aussi simple que ça.

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            • Barbe // 29.01.2019 à 19h52

              Vous lisez mal : le système n’est pas ou ouvert ou fermé : ce sont les politiques qui en décident.
              Un système peut être fermé, totalement (voulu ou subi, type blocus). Mais le capitalisme n’aime pas cela le repli voulu : on va ouvrir les frontières, à coups de guerres s’il le faut. Ceci étant dit, sachez bien que le capitalisme génère une oligarchie, très refermée sur elle-même : il n’est pas compatible avec la démocratie. Il a jusqu’ici permis la vie d’une forme rabougrie de démocratie (représentative : aristocratique) : maintenant que les peuples occidentaux comprennent l’arnaque dont ils ont été victime, il y a un resserrement de vis.

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            • Dominique Gagnot // 30.01.2019 à 00h24

              Dans la compétition mondiale que vous prônez, les vainqueurs s’en sortent déplumés, (la population doit se défoncer à la tâche) et les vaincus disparaissent. A noter que les banquiers, marchands, et collaborateurs de tous poils, s’en sortent quel qu’en soit l’issue…
              Donc, sauf à faire partie de cette mafia, mieux vaut se débrouiller seuls avec les moyens du bord, en attendant de coopérer avec des régions qui disposent de ressources complémentaires aux nôtres sitôt qu’elles auront pu se sortir des griffes des banquiers, marchands, et collaborateurs de tous poils.

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            • Un_passant // 30.01.2019 à 10h13

              A ce stade pour vous répondre, il me faudrait prendre le temps d’écrire tout un livre. Vous raisonnez en stock, il faudrait raisonner en flux. Par système fermé, j’entends territorialité des ressources, si une ressource n’existe pas sur un territoire ou est insuffisante du fait d’un facteur d’échelle (peu importe lequel, ça peut être une demande individuelle ou collective plus forte) il n’y a que trois solutions : importer, se priver ou tenter de trouver une solution de substitution. Mais si on aborde la question de l’importation, alors il va falloir se poser la question de la balance commerciale.
              Ce que je reproche fondamentalement à votre théorie? C’est une… théorie.

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          • Un_passant // 29.01.2019 à 20h26

            Accessoirement, votre affirmation sur l’origine de la propriété est biaisée (pour ne pas dire franchement fausse). On peut trouver des analyses bien plus subtiles et bien plus nuancées (et moins catégoriques quant au remède ou même l’existence d’un remède).
            http://www.homo-rationalis.com/histoire-de-la-propriete-individuelle-chapitre-i/

            Mais de facto, ça rend votre thèse… insuffisante.

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            • Dominique Gagnot // 30.01.2019 à 00h47

              Quel enfumage que cet article. On comprend sa longueur !

              Il est évident que la “propriété” dont nous parlons ne concerne que les ressources limitées qui donnent un pouvoir exorbitant à leur “propriétaire” du fait que l’on ne puisse s’en passer. Si vous n’avez pas saisi ça… bref. :/

              J’ai donné l’exemple de l’appartement parisien de 1 million d’euro, dont 800 000 proviennent d’une forme de racket que les premiers propriétaires exercent sur les suivants.
              Comprenez vous ça au moins ?

              Ce racket (que l’on ne peut en pratique éviter, sauf à le remplacer par une loterie…) serait acceptable s’il profitait à l’ensemble de la société, et non à une minorité…
              Ce qui serait possible si la propriété lucrative du sol était collective, et non privée.

              De plus on aurait là une rente collective formidable, susceptible de financer l’entretien des immeubles bien sur, mais aussi des services publics, etc. tout en redonnant à l’immobilier sa fonction première : loger. (et non spéculer, placer une fortune).

              Qu’est ce qui vous ne convient pas ?

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            • Un_passant // 30.01.2019 à 09h07

              Précisons, je ne suis pas l’auteur.

              Ce qui ne me convient pas? C’est faux, c’est caricaturale, c’est bourré de préjugés, de présupposés. Mais si vous voulez un préjugé : ça n’est pas un racket, c’est aussi ce que les gens sont prêts à payer par ego, le luxe, ça n’est que ça, l’ego! Le bling bling aussi ridicule, aussi kitch puisse-t-il être a du succès parce que c’est cher, c’est la pure image de la vanité.
              Les prix parisiens augmentent parce que les QE, les taux bas favorisent la spéculation immobilière, mais ces crédits ne sont pas réservés aux ultra-riches, ils ciblent principalement les gens qui sont solvables ou présentent un projet plausible.
              Les gens qui choisissent les quartiers “en vue”, ils ne les subissent pas. La gentrification est bien plus complexe que vos caricatures!

              Vous ne croyez pas, lisez “tout le monde mérite d’être riche”. Il explique beaucoup de chose, dont certains biais que manifestement, vous portez dans vos préjugés!

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            • Dominique Gagnot // 30.01.2019 à 09h34

              Non, je ne suis pas contre les riches, et c’est très bien qu’ils aient du fric à claquer dans de beaux appartements.

              Mais plutôt que de les acheter/vendre entre eux, ils pourraient aussi en acheter la seule propriété d’usage (location à durée illimitée…) à la collectivité qui en détiendrait la propriété lucrative.

              Ainsi, les riches pourraient toujours claquer leur fric, habiter de beaux appartements, mais ce fric irait à la collectivité pour financer des choses utiles, et non la spéculation immobilière.

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    • tachyon // 29.01.2019 à 16h03

      “…je préfère infiniment pauvreté et la liberté même dans un système injuste …”
      Les pauvres ne sont pas libres… Donc vous préférez LEUR pauvreté et VOTRE liberté

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      • Un_passant // 29.01.2019 à 16h27

        Encore faudrait-il que vous sachiez ce qu’est ma vie pour faire ce genre d’affirmation. Quant à la pauvreté qui serait forcément un manque de liberté… tout est question de définition de la liberté. N’auriez-vous pas inconsciemment un biais comme quoi liberté = consommation?
        C’est bien le tord des socialistes comme de certains libéraux (en fait des adeptes du progessisme matérialistes, peu importe le système économique revendiqué) d’assimiler abusivement liberté, progrès et consommation.

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        • Dominique Gagnot // 30.01.2019 à 01h01

          Liberté c’est au minimum disposer d’un logement, nourrir sa famille, se soigner, élever ses enfants, ne pas avoir le souci du lendemain, dans des conditions décentes.
          En résumé, des conditions de vies normales pour notre époque. (“consommer” au sens ou vous l’entendez, c’est du luxe)
          Des millions de français ne sont pas libres.

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          • Un_passant // 30.01.2019 à 09h09

            Mais je m’en fiche du français, je m’en fiche de mon cas, je considère le monde dans son ensemble!

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            • Dominique Gagnot // 30.01.2019 à 09h39

              Très bien, il y a des miséreux dans le monde entier. Expliquez nous comment il serait possible d’être libre lorsque l’on survit au jour le jour.
              Libre de choisir le trottoir sur lequel on va dormir ?

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            • Un_passant // 30.01.2019 à 10h30

              Et encore un caricature du progressisme. Il vous visiblement échappé que pas mal de populations vivaient mieux avant que leurs gouvernements ne tombent dans des objectifs de développement productivistes (principe partagé autant par la gauche que par la droite progressiste matérialiste). On parle par exemple de ces paysans kenyans qui vivaient pauvrement mais dignement (sans souffrir de la faim, ce qui correspond à la première chose qu’ils font remarquer lors d’interviews) jusqu’à ce que leur gouvernement décide de les exproprier pour “développer” le pays dans une logique productiviste, progressiste et matérialiste.
              Alors non, pauvre n’est pas synonyme d’un manque de liberté. Par contre, le productivisme progressiste, on peut se poser la question et ce qu’il soit de gauche ou de droite.

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        • Wakizashi // 30.01.2019 à 07h08

          @ Un_passant

          Je souscris à votre réponse ; pour caricaturer, un Bouddha vivant de façon quasi ascétique est bien plus libre que le milliardaire qui a tout, et qui n’est pas heureux pour autant. La liberté est avant tout intérieure, elle est fonction du détachement vis-à-vis des situations. Celui qui est dépendant d’une situation qu’il juge positive pour se sentir bien est enchaîné, balloté : chaque situation “négative” est vécue douloureusement, quel que soit le montant du compte en banque. Et la vie a toujours tôt fait de nous envoyer des défis, des situations que l’on juge “négatives”…

          “Le problème, c’est de croire qu’une révolution, quelle qu’elle soit, ne sera pas récupérée par une case dirigeante, peu importe son nom ou sa forme.”

          Oui, mais notre époque n’est pas (ou en tout cas pas seulement) le théâtre de la possibilité d’une révolution. Ce qui se passe est bien plus profond, il s’agit de mutations fondamentales, d’un renversement de paradigme dans tous les domaines de la vie humaine : scientifique, philosophique, religieux, économique, politique etc. Seul ce qui change une vision du monde est significatif dans le long terme.

          La Renaissance puis la révolution industrielle ont été avant tout la conséquence d’un renversement de paradigme scientifique puis philosophique, à savoir la révolution copernicienne. Il me semble que ce que l’on vit aujourd’hui est du même ordre.

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          • Un_passant // 30.01.2019 à 09h18

            Nous sommes d’accord, mais il faudra plus et surtout mieux que des injonctions, des jugements péremptoires, des attaques ad hominem ou des accusations ciblant des “bouc émissaires” pour conduire à un changement. Une évolution telle que celle qui est appelée à l’échelle mondiale, demande quelque chose de autrement plus subtile que des biais aussi ineptes que “c’est tout la faute des riches, les gros vilains méchants ogres”. Malheureusement, les positions raisonnables et subtiles sont caricaturées tant par les tenants du statu quo que les gauchistes qui rêvent que ce soit l’opportunité qu’ils attendent depuis cent ans. Les coutumes et les croyances (ce dernier point est impératif à prendre en compte, je parle bien au sens “religions”) diffèrent beaucoup trop pour être balayées d’un revers de main, c’est tout le rapport à la transcendance et au travail qui est influencé par les religions.
            Je n’en finis pas de me désoler de voir à quel point la pensée occidentale(ou d’Amérique du Sud, ce qui n’est pas un hasard) de gauche est influencée par l’héritage catholique via la philosophie des Lumières (lire Rousseau et son rapport plus qu’ambiguë à la religion) ou protestant via Locke notamment, mais le nie, ne veut pas le voir, ne veut pas le réaliser, ne veut pas le comprendre, ne veut pas l’admettre. La gauche généralise une pensée faussement universelle puisque le christianisme n’est pas l’unique religion mondiale.
            Et en plus elle nie toutes les contingences pratiques qui rendent un système fermé intenable (je vais en profiter pour préciser une chose, par système fermé j’entends le fait que les ressources territoriales sont… territoriales, si elle n’existe pas dans un pays, elle n’existe pas, ça ne peut pas se créer ex-nihilo. Donc à ne pas confondre avec un usage raisonnable du protectionnisme. Mais c’est impératif à prendre en compte dans la question des prix et de la balance commerciale).

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            • Wakizashi // 30.01.2019 à 14h24

              “Une évolution telle que celle qui est appelée à l’échelle mondiale, demande quelque chose de autrement plus subtile que des biais aussi ineptes que “c’est tout la faute des riches, les gros vilains méchants ogres”. ”

              Oui. Je me demande cependant dans quelle mesure les évolutions passées ou à venir sont consciemment décidées par les êtres humains, comme résultat d’une stratégie délibérée ; et dans quelle mesure elles sont subies, comme conséquences quasi inéluctables de causes profondes.

              L’émergence d’une nouvelle vision du monde donnée par la science (par exemple le passage du géocentrisme à l’héliocentrisme) et/ou d’une nouvelle technologie ayant un impact significatif sur la société (l’imprimerie hier, internet aujourd’hui) change de fait la société. Evidemment ça se fait sur plusieurs décennies ou siècles (les Lumières ont eu lieu 2 siècles après Copernic), le temps que la nouvelle vision du monde soit peu à peu intégrée par toutes les couches de la société via les philosophes, écrivains, artistes etc. Mais si un tel mécanisme est bien à l’œuvre en ce moment, je crois que les blocages et biais idéologiques des uns et des autres ne pèseront pas bien lourd face aux mutations qui s’annoncent.

              Or nous avons revécu une révolution scientifique il y a un siècle… mais nous vivons encore selon la vision du monde donnée par la science d’avant cette révolution.

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            • Un_passant // 30.01.2019 à 14h52

              Vraisemblablement un peu des deux, le système étant dynamique et fluctuant, on influe sur le système autant qu’il influe sur nous dans processus continu et variable selon le vécu, les cultures et les pays.
              On retombe souvent (pour ne pas dire toujours) sur l’illusion du contrôle alors qu’il y a tout un tas d’aspects que l’on ne maîtrise pas. On pense souvent aux “accidents” (maladie ou autres) mais on oublie la plupart du temps les découvertes scientifiques “accidentelles” (colle Post-It, fullerènes).

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  • Frédéric // 29.01.2019 à 19h04

    Halimi est peut-être un gauchiste qui se croit obligé de charger sur son dos toute sorte de revendications arc-en-ciel, mais quand il dit “Il conviendrait donc à mon avis de s’intéresser en priorité à ce qui peut « changer la vie » de ce groupe majoritaire (la multiplication des biens publics ; l’extension de la gratuité dans l’éducation, la santé, les transports collectifs) et ” il faudrait qu’on cesse d’utiliser l’argument de l’écologie pour stigmatiser les populations qui n’ont ni les moyens de travailler près de chez elles et de s’y rendre en vélo dans des grandes villes où le prix du mètre carré est exorbitant”, c’est comme s’il avait anticipé le mouvement des Gilets Jaunes.

    A propos des Gilets Jaunes et du nationalisme, il y a un réel danger d’éclatement de la nation si la lutte se fragmente trop et si elle se flocule en assemblées locales. Il faut résoudre le problème démocratie directe et sauvegarde de la nation, qui est la cible, ne l’oubions pas, des thatchériens français (les thatchériens anglais ont toujours la reine).

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  • RV // 29.01.2019 à 19h06

    Serge Halimi écrit :
    …/… La « convergence des luttes », en revanche, il ne suffit pas de la proclamer,
    il faut y travailler politiquement. Elle ne naît pas par génération spontanée ;
    elle exige persistance, endurance et patience. …/…

    Ou un coup de pieds où j’pense !
    Ce que viennent de faire les Gilets Jaunes.

    Si le 5 février n’est pas le commencement de la fin
    c’est à désespérer de Billancourt . . .

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  • Rem // 29.01.2019 à 20h04

    Serge Halimi : “L’avantage de la cause écologique, c’est son caractère pédagogique. Peu de raisons d’entrer en politique sont aussi évidentes, pressantes, urgentes, que l’idée d’une existence mise en péril à terme relativement proche.”

    C’est surement pour ça que le Monde Diplo a récemment descendu Pierre Rhabi.

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  • chr bernard // 29.01.2019 à 20h07

    Je retiens surtout le passage suivant :
    “L’abolition des frontières demeure l’utopie finale de la gauche radicale, mais elle comporte un préalable : que le mode de production organisé autour de la propriété privée ait disparu. En attendant, les frontières resteront le cadre dans lequel s’exerce la souveraineté populaire”
    Tout est dit dans cette phrase.

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  • Arapao // 29.01.2019 à 21h18

    Oui, Halimi a raison, pas de souveraineté populaire en dehors du cadre national.
    Un impensé peut-être : l’Etat, et l’institutionnalisation d’un pouvoir légitime, rassembleur, républicain au sens du service de l’intérêt général et du bien commun. Un roi populaire, un nouveau Henri IV, humble, qui assume son devoir et sa charge, et qui veille à ce le peuple ait toujours le dernier mot.

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    • Dominique Gagnot // 30.01.2019 à 01h06

      Peut être peut on imaginer plus fiable qu’un roi, non ? Surtout à l’ère d’internet et des réseaux sociaux.

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      • herve.rumin@orange.fr // 30.01.2019 à 19h30

        Internet et les réseaux sociaux ? Mais je parle d’institutionnaliser un pouvoir légitime… Un roi n’a pas à être “fiable”, qu’est-ce que cela signifie ? Le pouvoir doit bien s’incarner, et l’idée est qu’il s’incarne humblement, hors de toute ambition personnelle réalisée, hors des intérêts particuliers, qu’il occupe une position symbolique d’arbitrage (le symbole étant ce qui rassemble).

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  • weilan // 29.01.2019 à 22h51

    Il est allé trop loin, il doit partir !

    https://blog.mondediplo.net/il-est-alle-trop-loin-il-doit-partir

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    • Dominique Gagnot // 30.01.2019 à 01h26

      La loi du plus fort étant toujours la meilleure, ce sont les forces armées qui décideront. Macron et ses sbires sont suffisamment stupides pour se les mettre à dos.

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  • PsyyyX // 30.01.2019 à 08h22

    “”À mon sens, il n’y a pas de stratégie victorieuse pour la gauche, et pas de perspective émancipatrice tout court, si ce bloc social populaire — avec ses femmes, ses jeunes, ses immigrés — ne figure pas au centre de sa stratégie. Incidemment, le fait qu’on doive aujourd’hui énoncer un tel truisme n’est pas le signe d’une bonne santé intellectuelle. Il conviendrait donc à mon avis de s’intéresser en priorité à ce qui peut « changer la vie » de ce groupe majoritaire (la multiplication des biens publics ; l’extension de la gratuité dans l’éducation, la santé, les transports collectifs ; la lutte contre la précarité et contre un management qui « évalue » sans cesse ses salariés pour les placer en situation de concurrence permanente). Mais le préalable, c’est qu’on se situe dans une perspective anticapitaliste, et surtout pas qu’on se résigne à prolonger l’existence de ce système en le réformant, par exemple en le « verdissant » un peu, en le rajeunissant, en le « diversifiant »”

    Encore une fois je suis d’accord avec Halimi. Encore une fois je ne trouve pas que mon PCF soit à la ramasse. Que ça soit sur les questions de représentations, que ça soit sur les enjeux écologiques, … Certes on a quelques soucis interne entre des gens trop soc-dem à mon gout, et d’autres qui tiennent trop à leur poste et veulent la dissolution dans la FI (se qui achève de me faire croire qu’il y a rien à en tirer de celle la).

    Allez comprendre… Bon bonne journée à tous ! Moi je vais casser les pieds des camarades pour qu’on porte notre liste, la seule remplis d’ouvriers et d’employers.

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  • Patrique // 30.01.2019 à 21h34

    On est passé de la social-démocratie au sociétal-totalitarisme

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