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29.mai.201629.5.2016 // Les Crises

Vie privée : faites du bruit pour vous protéger de Google et compagnie

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Source : Le Nouvel Obs, Claire Richard, 30/03/2016

Générer de « fausses » recherches pour égarer les traqueurs, c’est l’idée de l’extension TrackMeNot (« Ne me piste pas »).

Pour brouiller vos traces, plutôt que de couper le fil de votre routeur, d’installer des systèmes pour anonymiser vos discussions et d’emballer votre téléphone dans du papier aluminium, mieux vaut générer du bruit.

C’est le principe de l’« obfuscation », une tactique développée par des chercheurs et des activistes, et dont on vous parle parce qu’en ces temps de surveillance généralisée, c’est de salut public.

L’idée est de se protéger de la surveillance en générant des informations superflues, inutiles, ambiguës ou inexactes, qui rendent alors le ciblage peu précis et inefficace.

Pour en parler, nous avons rencontré Vincent Toubiana, qui s’occupe d’un programme appelé TrackMeNot, cas d’école en matière d’obfuscation. Il travaille à la Cnil mais insiste pour dire qu’il ne parle qu’en son nom.

TrackMeNot (littéralement « Ne me piste pas ») a été développé par deux chercheurs américains, Daniel C. Howe et Helen Nissenbaum, en 2006.

A l’époque, la société AOL vient de mettre en ligne par erreur les données de recherche de plus de 650 000 de ses utilisateurs, révélant non seulement l’ampleur de ses archives mais aussi à quel point les recherches effectuées en disent long sur un utilisateur.

L’historique de l’utilisatrice n°711391

Un exemple ? La bande-son du film documentaire qui suit est constituée des recherches effectuées par l’utilisatrice enregistrée sous le numéro 711391 par AOL. Elles révèlent son manque de confiance et ses histoires d’amour.

Suivez les recherches effectuées par l’utilisatrice 711391 : touchant et glaçant à la fois, ce film montre tout ce que nos données disent de nos rêves et de nos fragilités.

Le principe de TrackMeNot est simple et efficace : une fois installée sur le navigateur (pour l’instant Firefox et Chrome), elle génère automatiquement des recherches sur le moteur de recherche choisi (Yahoo, Google, Bing), noyant celles de l’utilisateur dans une nuée de recherches non pertinentes. Ainsi, explique la page de l’extension :

« TrackMeNot cache vos recherches dans un nuage de recherches “fantômes” afin de complexifier le profilage des utilisateurs et de le rendre inefficace. »

L’extension est totalement paramétrable par l’utilisateur, qui peut décider d’exclure certains mots clefs des recherches générées automatiquement.

Des vertus de « Dragon Ball »

Vincent Toubiana a rejoint le projet en 2008, à New York, où il était alors post-doctorant. Il a pris conscience pendant ses études du rôle essentiel que jouent les recherches sur les moteurs, à la fois dans l’économie du Web et dans le marketing :

« A l’époque, j’étais en thèse à Télécom Paris et Google parrainait l’une des promos. Ils étaient venus nous expliquer leur business model, comment les mots clés généraient de l’argent. Et ils nous ont raconté que le mot clé qui générait le plus d’argent, c’était “mesothelioma” (mésothéliome en français) : c’est un cancer rare pour lequel le traitement est très cher. Donc si quelqu’un cherchait ce mot clé, il était probablement malade et prêt à débourser des dizaines de milliers de dollars. »

A l’époque, le discours de protection de la vie privée se concentre beaucoup sur l’anonymat. Vincent Toubiana, lui, imagine une approche différente – avec des sources d’inspiration peu orthodoxes :

« Dans un épisode de “Dragon Ball”, Son Goku s’énerve et fait en sorte que son ennemi absorbe trop d’énergie pour qu’il explose. »

Extrait de « Dragon Ball », en anglais : aux origines de l’obfuscation.

Une évidence est apparue à Vincent Toubiana : la surveillance ne marche que parce qu’on fournit nous-mêmes des informations exactes.

Capture d’écran de Jim Carrey dans « Menteur, menteur », de Tom Shadyac, 1997

Capture d’écran de Jim Carrey dans « Menteur, menteur », de Tom Shadyac, 1997

« Je ne mens pas beaucoup, en général. Mais pourquoi est-ce qu’on ne ment pas plus

souvent aux moteurs de recherche ?

Bien sûr, on les utilise pour obtenir des informations précises et on perd du temps si on leur donne de fausses informations. Mais si on arrive à automatiser le processus, ça n’a presque plus de coût pour l’utilisateur. »

Aujourd’hui, TrackMeNot est utilisé par 28 000 utilisateurs sur Firefox et 11 000 sur Chrome. Vincent Toubiana insiste :

« C’est le seul moyen de pression que les gens ont contre ces grosses sociétés. Le retrait, les sociétés peuvent l’ignorer et le jour venu, couper l’accès. »

L’arme des faibles

« Obfuscation », par Finn Brunton et Helen Nissenbaum, éd. The MIT Press, septembre 2015

« Obfuscation », par Finn Brunton et Helen Nissenbaum, éd. The MIT Press, septembre 2015

On a reproché à l’extension de surcharger inutilement les bandes passantes ou de consommer trop

d’électricité. Vincent Toubiana hausse les épaules : par rapport à l’énergie qu’utilise Google lui-même, c’est une goutte d’eau.

Helen Nissenbaum, professeure à l’université de New York et l’une des créatrices du projet, a récemment publié avec Finn Brunton (auteur d’une passionnante histoire des spams) un petit ouvrage sur l’obfuscation, mi-plaidoyer mi-manuel.

Pour eux, l’obfuscation est « l’arme des faibles ». Car la déconnexion est une option de plus en plus irréaliste, réservée aux plus puissants ou aux plus radicaux. Surtout, la plupart des gens ne veulent pas se priver de toute interaction en ligne mais ils veulent avoir plus de contrôle sur l’utilisation de leurs données, ou être moins pistés.

De « Spartacus » à Best Buy

Les tactiques d’obfuscation sont vieilles comme la domination. Dans « Obfuscation », les auteurs donnent de nombreux exemples, parmi lesquels :

  • « Spartacus » : dans le film de Kubrick, les Romains viennent chercher Spartacus, mais ils ignorent qui il est. Chaque esclave se lève alors et déclare « C’est moi Spartacus ».

L’obfuscation en toge version Kubrick, en anglais

  • Le papier argenté pour semer les radars : pendant la Seconde Guerre mondiale, certains avions larguaient, au moment de passer dans une zone de radars, des papiers argentés, qui les masquaient quand ils traversaient la zone dangereuse, comme le raconte aussi ce témoignage :

« Les premières fois que nous avions vu des nuages de rubans scintillants descendre du ciel, nous avions cru qu’il s’agissait de tracts, de messages d’amitié et d’espoir semés par les Alliés. Tout le monde avait couru pour les attraper, en ramasser. Déception, ce n’étaient pas des messages, mais de simples bandes de papier métallisé. […]

Nous avons finalement appris que ces nuages de bandelettes, s’éparpillant en altitude et sur de grandes distances, avaient pour but de brouiller les ondes du radar allemand : ils réfléchissaient vers le poste radar des échos imprécis venant de toutes les altitudes et de tous les azimuts, empêchant de détecter la position exacte et la direction des avions. »

  • Plus récent et plus drôle : les trublions américains de Improv Everywherese sont rendus dans un supermarché Best Buy tous vêtus comme les vendeurs du magasin, semant ainsi une confusion totale.

Parmi ces gens vêtus de T-shirts bleus, certains sont employés par Best Buy. Mais lesquels ?

Un « epsilon de bruit »

Contrairement aux techniques d’anonymisation, souligne Vincent Toubiana, l’obfuscation est une tactique plus généreuse car elle protège potentiellement tout le monde :

« Le retrait est assez individualiste parce que ça ne protège que vous.

Mais si vous savez que 5% de vos utilisateurs utilisent TrackMeNot, sans savoir qui en détail, vous êtes obligé de supposer que toute personne que vous essayez de “profiler” masque potentiellement ses actions.

Avec cette probabilité non nulle, vous ne pouvez plus affirmer avec certitude que telle personne a fait telle action. Ça protège tout le monde – de façon diluée, certes, mais chacun y gagne un droit à la répudiation. »

Pour ce faire, il suffit de rien, d’un « epsilon de bruit » dans les données.

« Epsilon de bruit » : c’est une formule de matheux qui résonne aussi comme un concept poétique. Mentir un peu, introduire des intervalles entre soi et le monde, des intervalles d’imprécision ou de mystère.

Source : Le Nouvel Obs, Claire Richard, 30/03/2016

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Commentaire recommandé

bof // 29.05.2016 à 20h07

“Dire que vous vous n’en avez rien à faire de la vie privée parce que vous n’avez rien à cacher, c’est comme dire que vous n’en avez rien à faire de la liberté d’expression parce que vous n’avez rien à dire.”

Edward Snowden

43 réactions et commentaires

  • dupontg // 29.05.2016 à 01h18

    dans le meme ordre d’idée ,il est judicieux de repondre de temps en temps au fishing quand on a du temps à perdre,en mettant des données coherentes mais fausses bien sur…

      +7

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  • kasper // 29.05.2016 à 03h00

    On m’a demandé une fois de répondre a un sondage d’opinion. Pour rigoler j’ai répondu n’importe quoi. Evidement, maintenant que les sondages determinent le temps de parole pour la campagne présidentielle, c’est encore plus tentant.

      +18

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  • Cyberhomosapien // 29.05.2016 à 03h54

    Pour bloquer les pubs, installer ces deux logiciels dans SAFARI par exemple, c’est le minimum et c’est déjà très efficace :
    – Ghostery
    – AdBlock

      +6

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  • groumpf // 29.05.2016 à 09h06

    C’est une idée que j’ai eue il y a 10 ans mais avec un système qui générerait en tâche de fond des requêtes sur des sites aléatoires.
    Désormais j’utilise duckduckgo qui disent-ils ne stocke pas les recherches. Bon, en l’absence d’indice contraire je trouve ça plus simple. J’ai cessé d’utiliser Google en tout cas.
    J’ai aussi un plugin qui supprime les cookies une fois l’onglet fermé.
    Et évidemment uBlock Origin qui a remplacé Ghostery.

      +6

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  • jean pierre TORRES // 29.05.2016 à 09h43

    Pour ma part, chaque fois que je reçois une alerte me disant qui j’ai été reconnu sur une photo, si je n’y suis pas, je répond que la reconnaissance est correcte. Histoire d’embrouiller, à mon échelle, les algorithmes.

      +5

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  • valles // 29.05.2016 à 10h18

    @Improv Everywhere

    Il y a aussi la technique ” tout en costard” a la defense

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  • phane // 29.05.2016 à 10h59

    Une solution est d utiliser Qwant comme moteur de recherche au lieu de Google. Il marche bien, et a une politique de confidentialité très complète. Et c’est un moteur français en plus. Pas encore aussi performant que google mais mieux que d autres. Et il apprend; c’est encore un système en cours d apprentissage.

      +9

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    • Philibert // 29.05.2016 à 12h59

      Il y a aussi Ixquick qui déclare ne pas enregistrer l’adresse iP des utilisateurs

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      • Dominique // 30.05.2016 à 16h43

        « Ixquick qui déclare ne pas enregistrer l’adresse iP »

        Tous les serveurs enregistrent les adresses IP dans leurs journaux. Mais ça ne dit rien sur l’utilisateur. Par contre, associer une adresse IP à une autre information peut avoir du sens.

        De plus, l’adresse IP n’est pas pertinente pour reconnaitre un utilisateur, vu que la très grosses majorité des internautes dispose d’une IP dynamique (non fixe). Les sites (dont les moteurs de recherche) qui veulent faire remonter des infos sur l’utilisateur utilisent plutôt des cookies.
        Et voilà ce qu’en dit Ixquick :

        « À la différence des autres moteurs de recherche, Ixquick n’utilise pas de cookies d’identification ou de suivi. En revanche, pour vous permettre de personnaliser vos paramètres d’Ixquick, Ixquick utilise un cookie anonyme de ‘préférences’, enregistré sur votre ordinateur. Ce cookie ne porte pas atteinte à votre confidentialité.
        C’est un petit fichier de données qui indique à Ixquick vos paramètres préférés et permet de les enregistrer d’une session à l’autre. Cela permet à Ixquick de configurer correctement la page à chaque fois que vous revenez. […] Le cookie ne contient pas de données uniques, et n’est jamais utilisé pour vous identifier. Ixquick n’enregistre aucune information relative à ses utilisateurs, et nous sommes opposés à l’utilisation de cookies de suivi. »

        Ceci me rassure bien plus que le fait qu’il n’enregistre pas l’adresse IP.

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        • Clèm // 30.05.2016 à 17h01

          Pour être précis, ce ne sont pas tous, mais la majorité des serveurs qui enregistrent les adresses IP. Par exemple, sur certains services critiques que je fournis pour contourner la censure de certains pays, il n’y a aucune trace d’IP dans les logs.

          Sinon, effectivement, pour ceux qui ont une IP dynamique, l’élément critique, ça sera plutôt le cookie, ou alors une configuration non répandue (genre OS alternatif, avec navigateur exotique + résolution d’écran particulière) peut identifier quelqu’un sans avoir besoin d’IP ou de cookie.

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    • Tim // 29.05.2016 à 23h03

      Et lilo (https://search.lilo.org/)! Un moteur de recherche qui finance des projets associatifs!

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  • Clèm // 29.05.2016 à 11h01

    C’est une très bonne idée. Je connais ce plugin depuis un bon moment. Cependant je pense qu’en l’état, il risque de se faire plus remarquer qu’autre chose. Pourquoi ? Premièrement car la liste des requêtes est assez pauvres, rapidement, on peut identifier qu’il y a un schéma. Deuxièmement, cette liste est commune a tout le monde, il suffit juste de retirer les requêtes des personnes ayant tous les mots clés du plugin. Troisièmement, la liste n’est pas régionalisée, donc ce qui devrait apparaître dans le bruit de fond des recherches typiques aux États-Unis, deviendra très visible ailleurs. Quatrièmement, il y a un schéma identifiable, je crois me souvenir d’une fréquence constante pour les requêtes, l’aléatoire seulement sur les mots clés est insuffisant. Dernièrement, si ces requêtes ne correspondent pas au habitudes de recherches (les mots clés sont ceux de madame Michu, enfin celle des États-Unis), on pourra facilement identifier deux jeux de requêtes.

    L’obfuscation est une très bonne idée, mais est difficile à mettre en œuvre correctement pour avoir l’effet escompté.

      +6

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    • bof // 29.05.2016 à 11h06

      On peut sourcer un ou plusieurs flux rss pour générer les requêtes.
      L’extension en est encore à ses débuts, l’escalade de la complexité ne fait que commencer.

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      • Clèm // 29.05.2016 à 11h14

        L’extension a tout de même 10 ans. Ça fonctionnait très bien à l’époque, mais l’algorithme ne s’est pas adapté aux évolutions des moteurs de recherches.
        J’ai vu pour les flux rss, par contre, je ne me souviens pas si on peut mettre un fichier OPML. Si c’est le cas, ça pourrait être une bonne idée de créer un fichier OPML collaboratif où tout le monde puisse ajouter des flux. Je me ferrai une joie de l’héberger et de proposer une interface pour peupler ce fichier.

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  • reneegate // 29.05.2016 à 11h14

    Howard Fast a écrit Spartacus et fait de la prison aux US en 1950. Je conseille à tous de lire “la dernière frontière”. Les Sioux retournent sur leur territoire dans le nord et refusent de mourir misérables et déracinés dans les territoires lunaires qui leur ont été concédés. La bêtise des hommes de pouvoir mais aussi des hommes de rang, leur hallucination face à la technique, les rendent insensible, mais surtout ne leur permet pas de comprendre cette quête indienne pourtant pacifique. Quel carnage. Quel dommage. D’actualité donc.

      +3

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  • reneegate // 29.05.2016 à 11h22

    parfaitement raison. Cependant, si vous agissez vous n’êtes pas sur du résultat, mais si vous ne faites rien …..

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  • Griv // 29.05.2016 à 12h25

    Pour celles et ceux qui souhaitent approfondir le sujet en général, voici un article d’un blog qui traite des “Extensions Firefox pour protéger sa vie privée” :

    https://blog.imirhil.fr/2015/12/08/extensions-vie-privee.html

    De plus, de nombreux articles et powerpoints disponibles sur le site racine :
    https://imirhil.fr/

    Bon surf !

      +3

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  • Osmosis // 29.05.2016 à 12h29

    J’utilise trackmenot depuis qq temps maintenant. Comme d’ailleurs, ublock origin, disconnect, privacybadger et https everywhere. Mais cela ne prend pas en compte la rémunération des producteurs de contenus entre autre. Nous nous sommes posé la question avec deux amis ingénieurs en développement et avons proposé Fairpay.tech une plateforme pour un internet sans pub. Le but est simple, payez un abonnement pour ne plus subir le tracking et la récolte de nos données privée tout en rémunérant les métiers du web. Force est de constater que même chez les éditeurs de contenus, la récolte des données est un indispensable…Beaucoup nous ont répondu que le nouveau business modèle en vogue est de faire payer un abonnement et “de faire payer” aussi avec les données des utilisateurs…

      +4

    Alerter
  • sg // 29.05.2016 à 12h30

    Très bon article, je connaissais déjà cette extension et j’avais un peu lu à son sujet, mais aucun article n’avait détaillé la philosophie derrière, faisant passer cette extension pour une parmi tant d’autres “Do not track me”.

    Mais quand on lit la philosophie qui se cache derrière, on comprend la raison de ce non-dit: elle est si subversive qu’elle pourrait faire tomber tous les systèmes de tracking virtuels actuels. On comprend alors le peu de pub dont cette extension, et surtout sa philosophie, souffrent.

      +0

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  • grumly // 29.05.2016 à 15h52

    Je me demande si ça ne poserait aucun problème à Google pour démêler les vraies recherches des fausses. D’une part parce que la source de l’extension est publique et que même si les recherches automatiques sont personnalisées Google pourrait retrouver lesquelles. D’autre part la théorie de l’information dit que ce qui sort de la moyenne est une information alors que le but de l’application c’est de générer de la moyenne (du bruit). Par exemple si je fais une recherche sur quelque chose de technique très précis (comme le médicament contre le cancer cité par l’article) ça se verra facilement au milieu des recherches. À moins d’utiliser google analytics mais dans ce cas ça revient au même d’utiliser un proxy ou de supprimer les cookies.

    Même si l’idée de base paraît bonne, ça me paraît assez facile à contrer par Google en regardant la fréquence des recherches, dans le même esprit que la vidéo publiée il y a quelques semaines dans les miscellanées sur le chiffrement (la science amusante) où pour déchiffrer un message dont les lettres sont remplacées il suffit de regarder la fréquence des lettres.

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  • georges dubuis // 29.05.2016 à 18h16

    Avez vous quelque chose à cacher ? Cela ne peut être que de la honte !

      +1

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    • bof // 29.05.2016 à 20h07

      “Dire que vous vous n’en avez rien à faire de la vie privée parce que vous n’avez rien à cacher, c’est comme dire que vous n’en avez rien à faire de la liberté d’expression parce que vous n’avez rien à dire.”

      Edward Snowden

        +18

      Alerter
      • georges dubuis // 29.05.2016 à 20h47

        C’est chez moi,nous, et vous avez beau cité Snowden dont je n’en ai que faire, c’est le pouvoir d’expression qui compte, pour ceux qui n’ont rien à dire le gros qu’ON a eu droit à charlie chienlit et, et…… nuit de boue! What else.
        http://www.lavoixdunord.fr/region/montreuil-il-recidive-avec-des-propos-choquants-sur-la-ia36b49188n3512694

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        • dupontg // 30.05.2016 à 00h05

          quand on voit ce que l’admistration allemande a pu faire avec de simples fiches cartonnées,ça fait froid dans le dos de penser à ce qu’elle pourrait faire avec le big data..
          Des gens peuvent etre inquietes pour ce qu’ils sont et non pas pour ce qu’ils font

            +3

          Alerter
    • Bilbo // 29.05.2016 à 20h46

      oui, c’est vrai, j’ai honte …
      Honte qu’on se fasse de l’argent sur mon dos (revente de données entre autres, …) sans que l’on m’en reverse une partie alors que j’en suis le 1er consterné (euh !… concerné plutôt).
      Oui, j’ai honte !

        +1

      Alerter
    • Clèm // 29.05.2016 à 21h02

      Ce n’est pas parce qu’on n’a rien à cacher que l’on souhaite s’exposer. Peut-être que ça ne vous dérange pas de publier vos préférences sexuelles pour le grand plaisir de tous (ce qu’un moteur de recherche pourra probablement deviner), mais vous serez surpris de voir que la grande majorité des personnes ont de la pudeur.

        +6

      Alerter
    • dupontg // 29.05.2016 à 23h55

      rien à cacher aujourd’hui ,ne veut pas dire rien à cacher demain…
      votre comportement legal d’aujourd’hui ne le sera peut etre pas demain si tout est conservé en memoire..

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    • jp // 30.05.2016 à 08h43

      “Avez vous quelque chose à cacher ?” oui, ma vie privée, intime, familiale, sexuelle et sanitaire qui jamais n’apparait sur le net et me vaut l’honneur d’être cataloguée “vieux cons”

      http://www.internetactu.net/2009/03/12/la-vie-privee-un-probleme-de-vieux-cons/

        +3

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  • aije // 30.05.2016 à 01h57

    Je viens de tester TrackMeNot (auquel j’ai ajouté des sources RSS) : les requêtes qu’il produit sont simplistes, certaines sont des absurdités et Google ou d’autres pourraient n’avoir aucune difficulté à les reconnaître par rapport à celles d’un humain (on peut voir ces requêtes en accédant aux options du greffon).

    Le mieux reste d’utiliser un moteur de recherche qui ne garde pas l’adresse IP, quant aux cookies ils peuvent s’effacer.

    Rappel : l’adresse IP et les cookies ne sont pas les seuls moyens d’identifier un ordinateur sur internet (smartphones ou tablettes tactiles : idem), exemple : http://www.developpez.com/actu/98900/Des-sites-se-servent-de-l-API-AudioContext-pour-obtenir-une-empreinte-audio-des-internautes-et-pister-les-utilisateurs-sans-passer-par-les-cookies/ (c’est assez technique).

    Désactiver Javascript améliore l’anonymat ; il existe aussi des greffons spécifiques contre le ” fingerprinting ” sur firefox, etc.

      +2

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    • Surya // 30.05.2016 à 08h19

      désactiver javascript ? et y a beaucoup d’applications qui fonctionnent si on désactive javascript ? lol

        +0

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      • Clèm // 30.05.2016 à 11h01

        Des plugins tels que NoScript permettent de désactiver globalement javascript et de l’activer juste pour ce dont on a besoin. Ça ne coûte pas cher.

          +2

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        • Surya // 30.05.2016 à 11h54

          ça fait plusieurs années que je l’utilise (les applis web ont été mon domaine dans une autre vie), c’est juste un truc de geek totalement inexploitable pour le commun des mortels qui a déjà du mal à utiliser word ou excel.

          Comment le quidam lambda peut-il faire la différence et savoir quels scripts exécuter quand il y en a plus d’une dizaine sur une page avec des applis qui utilisent des liens croisés vers plusieurs noms de domaine ?

            +0

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          • Clèm // 30.05.2016 à 12h02

            Je suis d’accord avec ça. Des sites que je fréquente, les pires, sont les média grand public, où l’on dépasse largement la dizaine, et avec les Content Delivery Network, ça ne facilite pas la tâche. Il faudrait un plugin clé en main à la AdBlock.

              +1

            Alerter
  • christian gedeon // 30.05.2016 à 11h55

    tout çà me fait doucement marrer…tu veux être “protégé ” de google,ben n’utilise pas google…c’est ballot hein?

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  • Toff de Aix // 30.05.2016 à 13h34

    A rapprocher de tous ces objets “connectés”,dont le rôle 1er est le flicage de vos habitudes… Bracelets connectés indiquant vos habitudes de vie, alimentaires, sommeil, santé etc. Et indiquant surtout à votre assureur, votre état de santé. Non je ne délire pas, un tel projet est d’ors et déjà prévu par une assurance…
    1984 nous voilà

      +1

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    • francois marquet // 30.05.2016 à 16h19

      Oui, très bientôt le téléphone portable fera votre checkup santé permanent (pouls, température, posture dynamique, glycémie, composants de l’haleine etc…) et l’expédiera avec ou sans votre avis, ainsi que vos données de géolocalisation. Intéressant pour lutter contre les épidémies mais fantastique moyen de tri: vous ne passerez plus sous certains portiques….

        +0

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      • dupontg // 30.05.2016 à 18h30

        allez encore un peu d’audace dans votre raisonnement:
        lorsque votre compte bancaire sera connecté à votre “mobile”devenu moyen exclusif de paiement,et que le cash aura disparu,vous ne pourrez plus entrer dans un supermarché si votre compte est debiteur…

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  • Vincent // 31.05.2016 à 00h24

    L’ancien président de la CNIL, Alex Türk avait après sa démission et lors d’une commission parlementaire expliqué que de toute façon, les moyens de surveillance que permettrait l’échelle nano aboutiraient d’ici dix ans-ou moins- à une modification de nos comportements, car les moyens de surveillance seront aussi répandus qu’indétectables, et nous conduiront à nous auto-formater car nous nous saurons forcément surveillés…
    Pour moi, peu d’illusions à entretenir de ce côté là!

    Quant au bruit, je trouve décidément que nous autres les peuples n’en faisons pas assez!

      +1

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  • hervepasgrave // 31.05.2016 à 11h13

    Bonjour,
    1)
    excellente idée d’article.
    Voila déjà pas mal d’années que je dis que le meilleur moyen c’est de pourrir leur idée de tout gérer par de l’intelligence artificielle.Leur base est constituée par nos habitudes personnelles et par les statistiques qu’ils en tirent,pour avoir du poids sur l’intox qu’ils nous font subir (commerce/politique….)
    Mais aussi et surtout d’avoir un moyen universel de chantage et de répression.Nous pouvons tous être coupable de quelque chose,même par les idées et les pensées. Alors ce n’est pas tant en s’équipant de manière logicielle ou mécanique qu’il faut agir,car nous voyons bien déjà qu’ils ont des ressources pour contrer cela et qui plus est ,de manière légale. Alors eux,ils peuvent nous espionner, nous polluer… et tout cela sans conséquences?!
    La meilleur manière est que dans l’usage que l’on fait des moyens informatiques (téléphone,internet..) il faut brouiller les pistes,pour qu’ils paient d’eux-mêmes les erreurs. Allez partout sur le net,même si cela ne nous amuses pas.

      +1

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