Aujourd’hui, début d’une nouvelle série qui traitera des finances de la France…

Nous commençons par une analyse des budgets des administrations publiques. Attention, elle risque de prendre à rebrousse-poils les fausses-certitudes de la droite et de la gauche…

Commençons par la vision agrégée de toutes les administrations publiques :

Déficit des administrations publiques Maastricht

ou en zoomant pour mieux voir :

Déficit des administrations publiques Maastricht

On observe une croissance permanente, qui a fini par être cassée en 1995 – les arbres ne montant pas jusqu’au ciel…

On note deux périodes de baisse marquée des dépenses vers 1985 et 1997 – due en grande partie à une croissance forte (le PIB a plus augmenté que les dépenses).

La Crise a eu des effets terribles, le déficit a atteint des niveaux record et peine à redescendre…

Observons la situation des administrations centrales (composées principalement de l’État) :

Déficit des administrations centrales Maastricht

On observe depuis 1995 une nette tendance à la baisse des recettes et des dépenses. On note que le déficit n’est guère descendu en dessous de 3 % du PIB, soit 15 % à 20 % des recettes…

La Crise a fait s’écrouler les recettes (surtout l’impôt sur les sociétés puis l’impôt sur le revenu), et les “plans de relance” ont temporairement soutenu les dépenses. Nous reviendrons plus longuement sur la situation de l’État.

Observons la situation des administrations locales :

Déficit des administrations locales Maastricht

Cette fois, c’est à une hausse continue des budgets que nous assistons. L’État a eu tendance a beaucoup se décharger sur elles dans le cadre de la décentralisation.

Comme elles n’ont plus le droit de voter des budgets en déficit, ceux-ci ont été très limités.

On entend souvent des discours à gauche indiquer que depuis 10 ans, on a des fait de nombreux “cadeaux aux riches” qui ont privé l’État de recettes et alimenté la dette (ce qui est vrai), et que si on revenait au niveau de 2000 (soit 4 points de plus), il n’y aurait plus de déficit – cela semble joli… mais c’est probablement largement faux.

Regroupons déjà les administrations centrales et locales pour l’analyse :

Déficit des administrations centrales et locales Maastricht

On constate pour le coup une grande stabilité des recettes. L’argent que n’a pas encaissé l’État l’a finalement été par les communes, donc il n’y pas eu macroscopiquement d’argent de retour dans les poches des contribuables.

On voit également au passage le régime de “déficit permanent”, causé par les stupides critères de Maastricht. Si on fait 3 % de déficit pendant 30 ans, il se passe quoi quand on arrive à 100 % de dette ? Si on fait 2,9 % de déficit (= 20 % des recettes !!) et 59 % de dette quand tout va bien, on fait quoi quand tout va mal ? Bien évidemment, il fallait avoir comme critères sains : 0 % de déficit en moyenne, et pas plus de 10 % ou 20 % de dette, à rembourser obligatoirement…

Dans une crise majeure, l’État doit absolument intervenir pour soutenir et relancer l’économie, quitte à faire du déficit. Mais il y a une contrepartie : dès que la crise est terminée, non seulement il ne doit plus faire de déficit, mais il doit encore dégager un excédent (par une augmentation des impôts et/ou une baisse des dépenses) pour rembourser ses dettes. Or, depuis 35 ans, force est de constater que l’État pratique le « Pile je suis en déficit, face je ne suis pas en équilibre ».

Observons enfin la situation des comptes de la Sécurité sociale :

Déficit de sécurité sociale Maastricht

Il y a eu une hausse continue des dépenses de Sécurité sociale.

Et n’en déplaise à l’idéologie de droite, c’est très bien ainsi. Certes, il faut quelques réformes de fond, mais c’est une conséquence directe de l’augmentation de l’espérance de vie de la population, qui vieillit, ce qui signifie plus de dépenses de santé, plus d’invalidités, plus de retraite. Le tout se conjuguant à l’arrivée au papy-boom…

Ratio dépendance démographique France

Lecture : on est passé depuis 1946 à 16 actifs pour chaque senior de plus de 75 ans à seulement 6 actifs en 2010

Je ne vois pour ma part pas en quoi il serait regrettable que les dépenses de santé augmentent (c’est de la croissance du PIB comme le reste), alors qu’on guette en permanence de la croissance sur les achats de voiture ou de téléphones mobiles.

Nous avons la chance de vivre de plus en plus vieux, cela a forcément des conséquences, et DOIT obliger à faire des CHOIX de consommation.

Ce qui est scandaleux, c’est qu’on fait croire depuis des années qu’on peut avoir : le bon système de santé, de bonnes retraites, un écran plasma, des voyages, un IPhone, une voiture neuve, etc (NB. : je n’oublie pas les 50 % de la population gagnant moins de 1 500 e qui ne sont évidemment pas la cible de ce discours…). Et ça, désolé, c’est impossible. Il faut rayer les objets inutiles. Et contrairement au discours ambiant, il n’y a aucune raison que ce soient les retraites – socialement et même économiquement, sinon cela fera beaucoup de consommation en moins… Pour ma part, je n’hésiterai pas…

Ce qui est scandaleux, c’est qu’avec un système où les prestations sont fonction de la santé, et les cotisations dépendent de l’évolution de la masse salariale, on n’augmente pas tous les ans un petit peu la CSG pour s’adapter – tout en essayant de réformer le mieux le système. Ce qui obligerait régulièrement à revoir son panier de consommation.

Notre système social n’a aucun problème mortel, il convient simplement de l’adapter à la nouvelle donne démographique – mais ne mentons pas, cela nécessitera des efforts – mais quelle belle récompense que toutes ces années de vie supplémentaires, non ?

En conclusion, on comprend mieux ce qui s’est passé, et qui peut se résumer ainsi :

  • le périmètre de l’État s’est réduit pendant que celui des collectivités locales s’agrandissait, tant par de simples transferts que par de nouvelles interventions (et quelques gaspillages…) ;
  • le vieillissement à conduit à l’augmentation continue des besoins de Sécurité sociale.

Malheureusement, au global, la différence a été financée par de la dette, et non pas par de l’impôt, car personne n’a eu le courage de mettre la population face à ses responsabilités, ni de la sensibiliser au bouleversement démographique historique en cours.

C’est en cela que le discours sur le “revenons au niveau des recettes d’État de 2000 et tout ira bien” est trompeur, car l’argent “économisé” a été dépensé ailleurs et n’est plus disponible. On peut revenir au niveau de 2000, sans doute le faut-il, mais laisser croire que ceci se fera sans la moindre douleur, ni sans le moindre impact sur l’économie est un pur mensonge…

Alors oui, le financement du vieillissement passe par une baisse du pouvoir d’achat sur les autres postes – mais bien évidemment, au global, le pouvoir d’achat reste le même, la Sécurité sociale n’organise que de simples transferts.

À nous de nous battre pour préserver notre modèle social – mais cela ne passe pas par des manifestations dans la rue, mais bien par des efforts (équitablement répartis en fonction des capacités de chacun) dans notre consommation au quotidien…

48 réponses à 0880 Déficits publics de la France

  1. Fabrice Le 31 octobre 2011 à 05h49
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    Bonjour,

    petite question je suis d’accord avec vous que la santé, comme l’éducation, ou la recherche ne doivent pas être lié à une recherche de rentabilité.

    Toutefois, comme c’est ce qui sert pour remettre en cause notre modèle sociale, est-il vrai que le gouvernement en ne compensant pas les exemption diverses a lui même creusé ce déficit ?

    j’ai bien trouvé une assertion dans Wikipédia mais connaissant la relative partialité des posts c’est difficile la part du vrai ou du faux.

    Le rapport du Comité d’évaluation des dépenses fiscales et des niches sociales[7] (juin 2011) diffusé par le ministère du budget chiffre quant à lui à plus de 10 milliards d’euros la somme des mesures d’exemption et de dégrèvement de cotisations sociales décidées par l’Etat, et officiellement non compensées, pour l’année 2011. Cette somme non versée, revenant de plein droit aux organismes sociaux, creuse leurs déficit et les pousse d’années en années à plus d’endettement.

    ce qui rendrait encore plus scandaleux ce que nous vivons en ce moment ou là le gouvernement trouve des centaines de milliards sur le fesf (même si je sais que c’est plus un engagement en cas de besoin)  ou pour reprendre une banque en faillitte comme Dexia.

    Merci    
         


  2. marie Le 31 octobre 2011 à 06h46
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    s’agissant du quatrième graphique (collectivités territoriales) je pense qu’aussi longtemps que les impôts locaux seront des impôts de répartition nous serons loin de voir “les” courbes s’infléchir ….et Dieu qu’en ce moment on s’en aperçoit en recevant les “douloureuses”! je ne pense pas que le transfert de “charges” de l’état soit le motif de ce graphe, il n’y a pas eu hélas de réformes énergiques et sérieuses concernant l’empilement des strates.


  3. valuebreak Le 31 octobre 2011 à 07h30
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    bjr à tous.

    Il y a un truc qui me chiffonne dans vos graphes, à l’échelle nationale comme territoriale, c’est qu’il n’y figure aucune ligne pointillée estimant le hors bilan, c’est à dire la dette déjà contractée mais par des entités non répertoriées  comme secteur publique (RATP, SNCF, ADP … etc …), la dette contractée mais déguisée, non provisionnée, type PPP, et la dette pas encore contractée mais promise de facto, type futures retraites et futures salaires de la fonction publique.

    par extension, Olivier, il serait intéressant de mener une étude à ce sujet .. Quels sont les véhicules adoptés par l’état pour le hors bilan, quelles sont les masses actuelles et futures …. mais c’est un vaste chantier  … collectif peut être, chers lecteurs du blog …

    sinon, et je vais pas me faire de copains, tant pis, je suis en désaccord complet avec votre opinion que vivre plus longtemps c’est mieux …quand c’est aux crochets de nos propres jeunes …  il est absolument SCANDALEUX que la génération actuelle de retraités (à partir de 57 ans, donc) capture la très grosse majeure partie des ressources de toute notre société, au détriment des actifs plus jeunes. C’est une morale au niveau de celle de la sangsue ..  Vivre mieux et plus longtemps au détriment des plus jeunes et sans la moindre contrepartie est AMORAL et sera combattu …


    • Trevisan Le 31 octobre 2011 à 08h57
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      …la génération actuelle de retraités (à partir de 57 ans, donc) capture la très grosse majeure partie des ressources de toute notre société …

      Il serait intéressant de quantifier les ressources des retraités et leur patrimoine pour savoir à quoi correspond exactement leur part. Olivier a-t-il déjà travaillé sur ce sujet ?


    • José Le 31 octobre 2011 à 13h38
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      Maudit Ponzi!


  4. Terry31 Le 31 octobre 2011 à 09h46
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    Je suis d’accord avec le fait qu’on ne peut pas vivre au dessus de ses moyens, j’en fais le principe de gestion de mon budget tous les jours. Nos gouvernements successifs auraient dû être prévoyants en “bons pères de famille”. Non, seulement ils ne l’ont pas fait mais en plus et c’est là, où moi je vois le scandale, c’est qu’ils sont les premiers à avoir profité (et ils continuent aujourd’hui) des largesses de l’Etat, à tout-va.
    La responsabilisation des français passe avant tout, par celle des dirigeants : quand on veut éduquer, on montre l’exemple.

    Et plus grave encore, s’il en est possible ! Vous abordez les dépenses de santé et vous abondez dans le sens de leur nécessaire augmentation. Sur ce point, je ne vous suis pas tout à fait.
    S’il est vrai que les dépenses augmentent mécaniquement du fait de l’augmentation de l’espérance de vie, il faut ajouter que l’Etat n’arrange pas les choses en contribuant, par son désengagement au sein des organismes de contrôle (comme l’AFSSAPS par exemple dont le financement est assuré à 80% par l’industrie pharmaceutique). On connaît l’épisode de gestion calamiteuse de la soi-disant pandémie de grippe H1N1 ou plus récemment encore le scandale du Mediator, combien de millions d’euros (voire de milliards ?) l’Etat pourrait-il économiser s’il rétablissait l’indépendance de ces organismes ?

    La tentative de responsabiliser les français n’est donc pas prête d’aboutir tant que les institutions, à commencer par l’Etat, fabriqueront des dirigeants irresponsables.


  5. fraanel Le 31 octobre 2011 à 10h44
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    Excellent comme d’habitude.

    Par contre il manque un petit quelque chose pour que cette analyse soit complète.
    Il me semble que tous les phénomènes de dumping, ne sont pas non plus étrangers à la situation actuelle. Même si je vous l’accorde que dans le cadre de cette règle stupide des 3% d’endettement cela n’aurait rien changer fondamentalement.

    Mais je m’explique particulièrement pour l’histoire des retraites.
    Il apparaît clairement sur pas mal d’analyse que la production en France est très bonne. Ainsi on a eu un bon accroissement de productivité par actif.
    Cependant dans un même temps on assiste depuis quelques décennies à une paupérisation de la population (accroissement du chômage, plus compression de la masse salarial).
    Avec au final un accroissement des écarts de richesses important.
    Or paradoxalement malgré cette appauvrissement, on constat que globalement les richesses en France progressent.
    Donc on nous propose une pressurisation de la population active par des charges supplémentaires. Risquant d’aboutir à une économie en récession car la population ne peu plus soutenir la consommation.  
    Donc plus que des efforts de la  part de la population active, c’est carrément un changement de paradigme qui est nécessaire. Qui concerne la population active, mais également ceux qui possèdent le capitale. Et c’est bien là que le bas blesse car au finale c’est le serpent qui se mord la queue. Car tant que l’on reste dans ce cadre, avec les notions de rendement et profits actuels, aucune solution ne pourra être trouvé…

    P.S: Dans le cadre de la masse monétaire, avez vous une solution alternative au crédit. Car que l’endettement qu’il soit public ou privé, à terme on arrive aux mêmes impossibilités dans un système en croissance constante.
    Existe t’il des concepts de model économique qui ne repose pas sur une croissance infini ?
    Car au finale les enjeux de demain ne sont t’il pas là ?


  6. Dan Le 31 octobre 2011 à 11h57
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    Au global la part d’imposition est trop importante (d’où les idées du genre bouclier fiscal par exemple, qui est bien une invention typiquement française : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?!)

    Peut-être faudrait-il commencer par ré-équilibrer les recettes de l’État : l’entreprenariat est trop taxé ce qui fait perdre la plus grande part du champ d’action des actifs (on ne se concentre que sur ce qui rapporte le plus, donc on perd de l’emploi pour la plus grande masse, travailleurs les plus faiblement qualifiés) et l’impôt sur le revenu est finalement, n’en déplaise au contribuable que nous sommes tous !, relativement faible en France. 

    D’où l’éternelle question : qu’en serait-il d’un impôt fixe mais plus faible que tout le monde serait dans l’obligation(**) de payer (“flat tax”) de 15 à 25% par exemple (perso je verrai bien 20%). 
    > conséquence : plus d’activité donc plus de bénéfices pour tout le monde (ça évitera peut-être la récession !)

    (**) tout le monde est toujours dans l’obligation de payer ses impôts, certes, mais quand les impôts dépassent 50% du revenu on y réfléchit à deux fois avant de signer le chèque (fuites, délocalisation & co) : si l’impôt est de 20%, il sera plus facile à l’État de le collecter et surtout plus facile à tout le monde de le payer.

    Et puis au passage, pour faire plaisir à Olivier et aussi à – presque – tous les contribuables français, on en profite pour faire un défaut de paiement une bonne fois (pas à la Grecque, hein, on est bien d’accord : 100% avec marqué en gras “défaut” !) et on remet les compteurs à zéro. Les prêteurs ont pris un risque, c’est leur métier et ce n’est donc pas à nous de l’assumer pour eux : la prochaine fois ils s’impliqueront peut-être un peu dans la meilleure gestion des gens à qui ils prêtent, et si personne ne veut plus nous prêter il faudra bien remettre de l’ordre par nous-mêmes au lieu de dire l’Allemagne par ci et l’Allemagne par là… on remettra de l’ordre “par force” et ça ne sera plus de vaines promesses “demain, c’est sûr on fera des économies” avec endettement et sur-endettement à la clé comme aujourd’hui.

    Les Agences de notation feront ce qu’il leur plaira et nous aussi on fait ce qui nous plait. 


    • Alex Hewitt Le 31 octobre 2011 à 17h08
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      Pour pouvoir dire “F.U.C.K” aux préteurs, il faut que les comptes publics soient  à l’équilibre sinon vous devez tellement couper d’un coup dans les dépenses que l’économie s’effondre (demandez aux Russes si ils ont aimés les années 90). Et si ils étaient à l’équilibre, il n’y aurait aucun problème pour rembourser la dette existante. Et donc aucun intérêt de ne pas la rembourser vu que l’on peut devoir réemprunter un jour. Et oui, avec des comptes à l’équilibre, on serait débarassé de la dette totale en une quinzaine d’année pas plus.
      Maintenant la “flat tax” oui c’est une bonne idée ! A condition qu’il n’y ait pas des niches de tous les cotés. Car l’idée serait aussi et surtout (au dela du montant de l’impot) de simplifier la fiscalité. Car il est anormal que sans comptable, on ne puisse créer une entreprise et remplir correctement ses obligations fiscales.
      Mais il faudrait surtout supprimer les charges sociales et les inclure dans l’assiéte de la flat-tax (en donnant en échange le plein salaire avec cotisations salariales ET patronales).
      En fait, même l’impot sur les sociétés est assez débile à partir du moment ou toutes les sorties (salaires ET dividendes) sont soumises à la même taxe. Autant ne pas taxer une entreprise qui réinvesit et taxer uniquement les profits qu’elle distribue. Et avec la flat-tax, les dividendes seraient taxés comme un salaire alors qu’ils le sont aujourd’hui bcp moins.
      En mixant flat-tax prélevée à la source ainsi que TVA et en supprimant toutes les autres formes de prélévement, on simplifierait effectivement le système et on encouragerait le travail. Mais chacun s’appercevrait alors qu’il est en réalité taxé à plus de 50% de ce qu’il gagnes ! Alors politiquement ce n’est probablement pas top ! D’un autre coté, cela encouragera vivement à faire des économies. (Si cette foutu régle d’or était votée).
       
       


  7. Mazoyer Le 31 octobre 2011 à 12h12
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    Bonjour !
    Exemple Suisse :
    Année 2012: Frais de Caisse Maladie individuel
    Risque accident inclus : CHF 11.60
    Franchise annuelle de CHF 2’500.–, c’est-à-dire que tous les frais de visite d’abord chez le médecin de famille choisi et approuvé par la Caisse Maladie + les frais des médicaments doivent être payés par moi-même jusqu’au total de CHF 2’500.–.
    Au delà de cette somme, tous les frais approuvés par le médecin de famille ne me seront remboursés qu’à raison de 90% !
    La prime mensuelle pour assurances selon LAMAL est de CHF 166.70 – un rabais de CHF 3.50, soit CHF 1’958.40 par année.
    En cas de maladie, le total des frais se monte pour le tarif le meilleur marché trouvé pour l’instant : CHF 4’458.40, soit au taux de change officiel actuel de 1.20 : Euro 3’715.35.
    La Suisse est au bénéfice de la Paix du Travail et connaît très peu de grèves.
    Il est d’usage de travailler plus que 45 heures par semaine.
    La TVA se monte à 8% et le paiement de l’Assurance Vieillesse est obligatoire jusqu’à l’âge de la retraite de 64-65 ans, au minimum près de CHF 500.– par année, ou selon la déclaration fiscale.
    Les “Vieux” de plus de 50 ans sont également éliminer du monde professionnelle au lieu de leur donner la possibilité de travailler et ainsi de participer au circuit économique.
    Jusqu’à présent, les “Suisses” dont presque 30% d’immigrés, sont restés dociles…
     


    • Dan Le 31 octobre 2011 à 16h05
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      oui, mais bon, n’oublions pas que les Suisses se moquent – avec raison – des Français en expliquant qu’ils vivent de “notre” argent, placé chez eux… (cf. mon post sur la “flat tax” plus haut)
      Le jour où la France se positionnera comme un “paradis fiscal” (à la Suisse j’entends) ce qui n’est pas pour demain bien évidemment, on pourra alors (commencer à) se comparer aux Suisse (chocolat & fromage mis à part)


      • Mazoyer Le 31 octobre 2011 à 17h19
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        Justement, si les “Suisses” (car je suis aussi de nationalité française) pouvaient profiter des revenus des flat tax et  secret bancaire, nous devrions payer nettement moins de charges sociales et travailler encore moins que ce que je constate en France….
         
         


  8. fraanel Le 31 octobre 2011 à 12h35
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    Trés bon reportage sur la dette, trés pédagogue, et finale extrêment accéssible.
    Qui permet de comprendre les enjeux qui sont les notres aujourd’hui.

    http://www.youtube.com/watch?v=ykeI1D7jpss&feature=player_embedded


  9. Petrus Le 31 octobre 2011 à 14h57
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    À vous lire, il me semble que vous souhaiteriez attribuer une vertu aux hommes qui nous gouvernent qu´ils n´ont pas et que possiblement ils n´ont jamais eu.
    Je n´ai pas souvenir d´avoir jamais lu chez vous un plaidoyer en faveur de l´étalon-or, alors que toute votre littérature, fort intéressante, vous y invite.
    Et je suis assez surpris de lire de temps en temps un plaidoyer pour la sauvegarde de la valeur d´une monnaie qui n´est jamais que de la dette, de la confiance et pour tout dire, du papier, des zéros électronique ou si vous préférez, du vent et dont l´histoire nous apprend que cela finit toujours en catastrophe hyperinflationniste.
    Ne vous rendez-vous donc pas compte que les problèmes que nous connaissons remontent bien plus loin qu´à 1973 et qu´en définitive nous continuons de payer les conséquences de la Première Guerre mondiale et des politiques qui s´en suivirent qui virent progressivement la disparition de la vraie monnaie au profit des devises et de la confiscation au profit des Etats de la Monnaie – puisque je vous rappelle que nos Etats nous spolient depuis qu´ils interdisent aux particuliers de (faire) battre monnaie d´or ou d´argent.

    Dieu va-t-il se rire une nouvelle fois d´une personne qui déplore les conséquences des causes qu´elle chérit ?

    En complément : Or et Inflation par Ludwig von Mises http://www.24hgold.com/francais/contributor.aspx?article=3656067594G10020&redirect=false&contributor=Ludwig+von+Mises.


  10. florent_k Le 31 octobre 2011 à 16h22
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    J’ai pas compris si, sur vos graphiques, les interets de la dette sont comprises dans les dépenses ? Si c’est le cas, je trouve votre analyse est faussé par le fait que le déficit cumulé depuis que l’état doit payer des interets pour emprunter, correspond quasiment au montant de l’intérêts payés aux banques commerciale par l’état.


  11. Alex Hewitt Le 31 octobre 2011 à 16h54
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       Bonjour,
       Je vous cite :
    “Ce qui est scandaleux, c’est qu’on fait croire depuis des années qu’on peut avoir : le bon système de santé, de bonnes retraites, un écran plasma, des voyages, un IPhone, une voiture neuve, etc (NB. : je n’oublie pas les 50 % de la population gagnant moins de 1 500 e qui ne sont évidemment pas la cible de ce discours…). ”
    Dans ces objets vous oubliez le gabegie qui rentre dans les frais de gestion de tout ces organismes paraétatiques. Allez dans n’importe quelle administration et vous y verrez beaucoup de choses non optimisées. Je ne parles même pas des dépenses de com : “La sécu c’est bien, en abuser ca craint !”, des lettres d’infos (qui ont un coût) et que l’on fout à la benne. Donc non, avant de dépenser un seul centime, il faut déja que le système soit simplifié (afin de pouvoir être optimisé en cout de gestion) et optimisé. Le dividende universel en la matiére est bien : Un français = Un compte bancaire = Un versement. Et cela pourrait même être déposé dans un compte d’une banque nationale qui vous fournirait des moyens de paiement et utiliserait ses réserves pour préter à taux d’intérêt faible.
     
    “Et ça, désolé, c’est impossible. Il faut rayer les objets inutiles. Et contrairement au discours ambiant, il n’y a aucune raison que ce soient les retraites – socialement et même économiquement, sinon cela fera beaucoup de consommation en moins… Pour ma part, je n’hésiterai pas…”
    Et pour ma part vu que je ne fais plus confiance en l’état pour assurer ma retraite car je sais très bien que les vieux d’aujourd’hui auront dillapidés le fric avant que je ne puisse la toucher dans 35 ans. Donc désolé, mais je n’ai aucune envie de me priver de quoi que ce soit. pour renflouer le titanic. Vous voyez la retraite par répartition j’aimerai bien pouvoir en sortir et que l’on me donne alors mon VRAI salaire (charges salariales et patronales inclues) En plaçant le fric gagné, je financerai ma retraite sans problème, m’arréterait quand je le peux ou quand je le décides sans rien devoir à un administratif qui trouvera que je ne peux pas lui ressortir la fiche de paie de 2010 en 2045.
    En alternative à ce système imbécile qui demande aux plus jeunes de payer la gabegie des plus vieux, remplaçons la retraite, le chomage et les allocs par un dividende universel dont le montant ne pourra jamais excéder la collecte (incitant l’état à bien gérer sous peine de se prendre la fessée aux élections suivantes). Le système paiera aujourd’hui pour les gens d’aujourd’hui.
     


  12. Benoit Le 31 octobre 2011 à 18h36
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    C’est vrai ça pourquoi les jeunes devraient payer pour les vieux, et pourquoi les gens qui n’ont pas d’enfant devrait payer pour les crèches, les alloc et les congés parentals ! et puis les chômeurs, pourquoi je bosserai pour qu’ils touchent quelques choses, et les bourses des étudiants … 
    bon j’arrête là. Belle vision de la société en tout les cas.

     


  13. Grégory Le 31 octobre 2011 à 23h35
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    Très intéressant. Comme je travaille un peu dessus (BD avec Paul Jorion) en ce moment, j’en profite pour creuser un aspect particulier. Un des textes de Paul sur lesquels je travaille, et qui rejoins ma propre expérience (et donne au final un argument assez proche que ceux employés lors de la réforme des retraites par Jean Luc Mélenchon) est qu’expliciter la nécessité de combler le déficit des retraites en taxant l’activité est malhonnête parce que ça omet le fait qu’alors qu’on passait de 4 à 2.5 actifs par retraités, on a également multiplié la productivité par 4 (chiffre Mélenchon de tête, pas les vôtres ici d’ailleurs). Paul Jorion a plusieurs fois expliqué que le gain de productivité était invariablement phagocyté par le capital qui se les accaparait au moment de décider ce qu’on faisait du “surplus”, terme jorionien qui ici corresponds aux recettes. Dans la bouche de Mélenchon, ça change subtilement vers l’habituelle logique de boucs émissaires : tous les problèmes sont dus à l’action du capital à qui il faut faire rendre gorge. 

    J’essaye pour ma part de prendre la mesure des choses. Je comprends bien qu’il n’est nulle règle divine qui implique que l’augmentation du temps de vie à la retraite tombe pile poil, pour être financé, sur l’augmentation des prélèvements de l’acionnariat sur l’activité – dont l’augmentation sensible en sortie des trentes glorieuses semble néanmoins établie. Je suis intéressé ici au point de vue d’Olivier et au fait, en particulier, qu’il constate bien la charge grandissante de la part des retraités sur le PIB (en pourcentage) et la considère comme légitime. De l’argument qui revient au fond à dire que l’augmentation de la masse des retraités serait compensée par l’automatisation (en gros, on est en plein Asimov, les robots bossent et on se la coule douce), il ne reste rien dans les conclusions ci dessus. Au lieu de ça, on a un graphe contradictoire : la part de la sécu (dépenses ou recettes) sur le PIB augmente bien en continue.

    Je voudrais donc résoudre la contradiction entre les deux données. Car il me semble que si l’augmentation de la productivité outrepassait vraiment en terme d’effet celle de l’allongement de la durée de vie, les dépenses liées aux retraites ne devraient pas augmentent en part du PIB : elles devraient même baisser. D’ou le premier feu de questions suivantes :

    – doit on attribuer la quasi totalité de l’augmentation de la part des dépenses de la sécu aux seules retraites et santé des retraités ? Y a-t-il d’autres facteurs qui peuvent jouer sur cette augmentation, par exemple une augmentation générale des coûts de santés (variation des pratiques, des usages santés privées / publiques, généralisation de mutuelles encourageant un recours plus systématique aux soins, surmédicalisation, développement des traitements à couts extrêmes, etc.)

    – et au fait, comme se fait il que les recettes de la sécu augmentent sur un rythme aussi proche de celle des dépenses ? Quelque chose doit m’échapper car je ne vois pas de raison logique qui corrèle l’évolution de recettes d’ordre fiscales avec celles du vieillissement et des usages en matière de santé ?

    – question annexe mais qui me turlupine : quelle est la pertinence de ratio comparés des actifs aux gens de 75 ans, par rapport à un ratio actif / retraités ?


    • Bahut02 Le 31 octobre 2011 à 23h55
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       “il me semble que si l’augmentation de la productivité outrepassait vraiment en terme d’effet celle de l’allongement de la durée de vie, les dépenses liées aux retraites ne devraient pas augmentent en part du PIB”

      TTBQ: Très Très Bonne Question


  14. Yann Le 01 novembre 2011 à 05h24
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    Toutes ces problematiques sur l’economie ne ramenent-elles pas a un sujet plus central? “La crise nous confronte avec le paradoxe fondateur de la société capitaliste : la production des biens et services n’y est pas un but, mais seulement un moyen. Le seul but est la multiplication de l’argent, c’est d’investir un euro pour en tirer deux.”
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/10/31/l-argent-est-il-devenu-obsolete_1596430_3232.html  
    Ce debat n’est peut-etre pas l’objet de ce blog, mais je serais curieux de lire vos points de vue sachant que le documentaire Zeitgeist ne m’a pas convaincu (l’humanite n’est prete a renoncer a la propriete a mon humble avis).


    • Alain34 Le 01 novembre 2011 à 11h31
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      Il est trop soft cet article. Il ne montre pas suffisamment a quel point la situation deviendrait violente et dangereuse, physiquement.
      Imaginez demain le système bancaires par terre avec les CB hors d’usage, etc etc… tres vite, mais alors tres tres vite, en quelques jours, les gens auront FAIM. On aura pas le temps d’organiser quoi que ce soit, du moins dans les villes et surtout les grandes villes. Ca tournera tres vite a l’anarchie totale avec ce qui va avec : la loi du plus fort. Et là, le plus fort ne sera pas celui qui a le plus de zero sur son compte en banque…


      • Mazoyer Le 01 novembre 2011 à 17h31
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        Je recommande ce que l’on appelait à l’époque “Les réserves de guerre” par famille : 3 lt d’huile, 1kg de sucre, 1 kg de riz (inondations en Tahïlande), des pâtes, du sel, etc…
        Si tous les habitants du pays maintiennent ces réserves et les renouvellent périodiquement, le gouvernement est mieux à même d’évaluer les stocks en réserve pour nourrir toute sa population durant une période donnée.


    • Nihil Le 01 novembre 2011 à 11h54
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      Je n’avais remarqué que vous aviez mis ce lien vers l’article d’A. Jappe et je viens de le poster ici également.
      Mes excuses.
      🙂  


  15. Yann Le 01 novembre 2011 à 11h53
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    Heu… l’article pose le probleme sans donner de solution je dirais. Il me semble que personne ne pense serieusement que l’on peut changer de systeme du jour au lendemain. La question est quel est le chemin pour en changer sans anarchie destructrice.


    • Nihil Le 01 novembre 2011 à 12h38
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      Effectivement, mais Jappe est plus philosophe/sociologue qu’économiste.


  16. Finistérien Le 01 novembre 2011 à 16h22
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    Bonjour M. Berruyer,
    Je ne suis pas un habitué de votre site, il est donc possible que vous ayez déjà traité ce problème.
    Ce que je me demande c’est ce que deviennent vos graphiques, fort intéressants au demeurant, si vous mettez à part les intérêts de la dette.
    Cordialement.
     
     
     
     


  17. JPS1827 Le 01 novembre 2011 à 18h05
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    Dans le film Money http://www.wikio.fr/video/money-le-film-5876758, à 51′ 38″, André-Jacques Holbecq montre le graphique de ce que serait notre dette aujourd’hui si l’état n’avait pas dû emprunter sur les marchés avec intérêt depuis 1973. Impressionnant.


  18. Michel Le 01 novembre 2011 à 21h46
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    Bonjour,
    en ce qui concerne les “déficits” de la sécu, il serait peut être utile de se tourner vers les médecine alternatives, nettement moins couteuses, mais évidement cela ne fait pas l’affaire de la chimie et des banques associées.
    Ce n’est qu’un avis personnel.
    Michel. 


  19. Laurent Le 02 novembre 2011 à 19h50
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    Quelques pistes en passant:
    – Il me semble avoir lu quelque part que le montant de la fraude fiscale en France était équivalent à celui dus fameux déficit annuel….
    – Peut on privatiser certains services publics? Je suis un grand partisan du service public mais ne suis pas certain qu’ils doivent tous être rendus par des fonctionnaires. Quelques pilotes pourraient être lancés “pour voir”. Prenons La Poste par exemple…
    – Les vieux sont sympa. Mais bon, ils ont quand même profité des 30 glorieuses, ils ont acheté leurs maisons quand ça ne coûtait rien, ils ont pollué la planète comme des fous, et maintenant il faudrait leur payer de belles retraites pour qu’ils puissent partir en croisière,…; Bon OK je caricature mais bon, il me semble qu’il y a de beaux actifs chez les vieux qui pourraient aider à combler des déficits dont ils ont profité… impôts sur les résidence secondaires? droits de successions accrus ? Je l’ignore mais je pense quand même qu’il y a quelque chose à creuser de ce coté là.

    Merci Olivier pour ce blog très bien fait et pour vos interventions pleines de bon sens sur le Club des Experts. J’adore! 


  20. Xavier Le 01 janvier 2013 à 13h46
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    Bonjour,

    Par rapport au sujet de la sécurité sociale, nous avons reçu dans notre PME (j’y suis salarié), un conseiller qui avait pour but de nous expliquer les avantages de notre nouvelle mutuelle. La mutuelle semble mieux que l’ancienne, mais ce n’était pas son discours premier. Son vrai discours était que même si nous avions une très bonne mutuelle, il ne fallait pas en abuser. Je pense qu’il n’a pas entièrement tort et que nous assistons depuis quelques années (je n’ai pas de chiffres mais un ressenti) à un marché de consommation des médicaments et prestations de santés, qui se retrouve finalement financé par l’assurance maladie en premier lieu, les mutuelles (qui réajustent par la suite leurs cotisations) en second puis par les personnes.

    On rejoint finalement, un des discours plus haut (ou un autre billet) que les gens doivent être mis face à leur responsabilité de consommation. Ceci en est une. Notre mécanisme de santé, nous autorise beaucoup de choses, mais son financement n’est pas inépuisable. Au final, nous basculerons vers un mécanisme plus proche de celui des américains (déjà en discussion).


  21. alix Le 16 juin 2013 à 14h46
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    Concernant les collectivités locales : elles sont trop nombreuses en France c’est le fameux mille feuilles avec un mille feuille de pouvoirs, de compétences. Du coup ( cout ! lol !) peu de mutualisations tant matérielles, humaines, immobilières etc etc… mais qui dit moins de collectivités dit moins d’écharpe de maires, moins d’élus et ça en France ce n’est pas possible… et on est mal parti car les projets de loi sur l’administration territoriale prévus pour 2017 ne vont pas dans le sens de la simplification ! ( seul point positif à mon sens : l’élection au suffrage universel direct des présidents de communautés de communes, urbaines et autres agglomération ! ce qui au passage agrandira leur légitimité face au pouvoir des maires des communes qui composent ces supra collectivités…). On se plaint de la désertion des services publics dans les villages de nos campagnes mais je pense que si les communes étaient plus grandes géographiquement avec obligation d’organiser son territoire, les services publics certes ne seraient pas démultipliés mais seraient plus accessible en terme de voirie et de transports publics grâce à la sainte égalité devant le service public !


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