J’avais alerté il y a 2 semaines sur ce sujet dans ce billet : Comment le gouvernement s’apprête à baisser la mutuelle santé de 10 millions de salariés

Je note avec plaisir que le Parisien a aussi bien vu le problème – la journaliste Christine Monin livre ici un papier de haute qualité, avec des sources que je n’avais pas creusées… (c’est ça le contre pouvoir de la presse quand il marche…)

Mais Marisol Touraine, imperturbable, continue par pure idéologie (aucun impact sur les finances publiques) à vouloir baisser la complémentaire santé d’au moins 10 millions de salariés (en espérant que les médecins baisseront alors leurs tarifs !), sans oser s’attaquer au sujet des dépassements d’honoraires des médecins…

Si vous travaillez dans une grande ou moyenne entreprise, qui vous couvre par une mutuelle, vous êtes très certainement concerné : adieu à tout remboursement au delà de 46 € à l’avenir (sécu comprise)…

Pour limiter les dépassements d’honoraires des médecins, le gouvernement s’apprête à plafonner les remboursements des complémentaires santé pour 10 millions de salariés.

C’est une mesure hautement polémique, qui pénalisera 10 millions de patients. Malgré les critiques réitérées de certains députés et l’opposition quasi unanime des professionnels de santé, le gouvernement devrait publier, courant novembre, un décret au contenu explosif. Il prévoit qu’à compter de 2017, les remboursements des dépassements d’honoraires par les complémentaires santé soient plafonnés à 100 % du tarif de la sécurité sociale. Soit 46 euros pour un généraliste ou un spécialiste autorisé à dépasser le prix fixé par l’Assurance-maladie (médecins dits de secteur 2) : 23 euros de tarif conventionnel et 23 euros de dépassement. Seuls les actes effectués par des praticiens ayant signé le contrat d’accès aux soins – un dispositif créé en 2012 qui a convaincu à peine 11 000 d’entre eux – y échapperont.

Les complémentaires qui ne se plieront pas à cette règle seront surtaxées. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, y voit un bon moyen d’améliorer l’accès aux soins : « Les complémentaires trop généreuses finissent par entretenir des honoraires trop élevés », déclarait-elle en mars dernier. Si l’intention est bonne – les dépassements s’élèvent à 2,4 milliards en 2013 –, le principe est alambiqué. « Au lieu de s’attaquer frontalement au problème, le gouvernement reporte la pression sur les patients », analyse Paul Dourgnon, économiste de la santé. « C’est une aberration ! s’exaspère Yan Le Men, de la Chambre syndicale des courtiers d’assurance (CSCA). Non seulement les tarifs des médecins ne baisseront pas, mais les patients devront payer plus ! » Les professionnels du secteur pointent les effets pervers de cette mesure.

1/ Une usine à gaz

La mesure va d’abord complexifier la tâche pour les entreprises : 500 000 d’entre elles devront renégocier leur complémentaire santé dans les trois prochaines années. Sans compter les nouveaux contrats qui seront signés dans le cadre de la généralisation des mutuelles d’entreprise à l’ensemble des salariés. Au total, 10 millions de personnes verront baisser leurs remboursements, dont 5 à 7 millions assez durement. « Les employeurs risquent de réduire les garanties au minimum, explique Yan Le Men. Pour le reste, les collaborateurs se débrouilleront. C’est une marche arrière pour la démocratie sociale dans l’entreprise ! »

2/ Des patients à l’amende

La mesure peut paraître indolore : les dépassements d’honoraires s’élèvent en moyenne à 56 % du tarif de la sécurité sociale, loin du plafond de 100 % fixé par le
décret. « Ce n’est pas une contrainte forte », analyse Etienne Caniard, président de la Mutualité française, favorable à un plafonnement plus drastique, à 50 %.
Mais ce chiffre masque d’importantes disparités. En Ile-de-France, près de 70 % des gynécologues ou des pédiatres dépassent 46 euros pour une consultation. « Fixer un plafond uniforme sur l’ensemble des contrats n’a aucun sens », pointe Frédéric Bizard, économiste de la santé et enseignant à Sciences-Po. Au ministère, on estime que ce plafond est juste : seuls 12,3 % des patients paieraient des dépassements supérieurs à 100 %.

Mais, selon la Chambre syndicale des courtiers d’assurance, « cette mesure va multiplier par 2,9, en moyenne, ce qui reste à la charge des Français (après les remboursements de la Sécu et de la mutuelle, NDLR). Avec de fortes disparités régionales et par spécialité (lire ci-dessous). » Croire que les patients changeront de médecin parce qu’ils seront moins remboursés est illusoire. La santé n’obéit pas à la seule logique économique. « Pour soigner ses proches, on est prêt à s’endetter », souligne le professeur André Grimaldi, diabétologue à la Pitié-Salpêtrière. Le Collectif interassociatif sur la santé (CISS), qui représente les patients, est remonté. « Les plus démunis seront pris en charge par la CMU, les plus aisés pourront payer et les classes moyennes qui vont trinquer »,
tempête Christian Saout, son administrateur.

3/ Une médecine à trois vitesses

L’accès aux soins risque encore d’être fragmenté. « Plafonner les remboursements sans limiter les dépassements d’honoraires n’a pas de sens. Le gouvernement est en train de favoriser l’émergence d’une couverture maladie à trois étages. Seuls les très aisés pourront souscrire des surcomplémentaires coûteuses, explique Christian Saout, qui rappelle qu’une mutuelle pour une famille de quatre personnes coûte déjà 100 euros par mois. On est en train de détruire notre système de soins, universel et solidaire ! » « Mieux vaudrait interdire les dépassements d’honoraires trop élevés, reconnaît Etienne Caniard. Et réévaluer les montants remboursés par la sécurité sociale, gelés depuis des années. »

4/ Un système coûteux

Le dispositif ne rapportera rien à la Sécu. Pis, il pourrait même lui coûter. « Les médecins pourraient décider de recevoir certains patients mal remboursés pour moins cher (afin de rester sous le plafond, NDLR), mais plus souvent. Ce qui augmenterait le nombre d’actes remboursés », analyse Frédéric Bizard. Le décret envoie aussi un message négatif aux médecins : « C’est leur dire que les dépassements à 100 % sont normaux », déplore le professeur Grimaldi. « La mesure risque enfin d’augmenter les coûts administratifs des assureurs », ajoute Yan Le Men. Et de se répercuter sur les patients…

Source : Le Parisien Mag, 31/10/2014

Téléchargez le pdf original ici.

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Action !

Comme certains me l’ont suggéré, voici quelques actions qui pourraient être efficaces. Si vous êtes choqués, vous pouvez vous plaindre en citant l’article du Parisien à :

  • Bruno Le Roux, Président du groupe PS à l’Assemblée : bleroux@assemblee-nationale.fr ou brunolerouxdepute@yahoo.fr. Cependant un coup de fil au secrétariat à l’Assemblée est bien plus efficace : 01 40 63 60 00
  • Jean-Christophe Cambadélis, big boss du PS : jccambadelis@assemblee-nationale.fr. Cependanr un coup de fil au secrétariat à l’Assemblée est bien plus efficace : 01 40 63 60 00
  • François Hollande, c’est ici
  • Manuel Valls, c’est ici
  • votre député (même numéro à l’Assemblée, ou à sa permanence)
  • vos délégués syndicaux d’entreprise

Arrivés à 500 mails, ils regarderont de plus près ce sujet kafkaïen…

Diffusez aussi largement l’info…

73 réponses à [Le Parisien] Mutuelles : le patient va souffrir

  1. jp Le 03 novembre 2014 à 01h09
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    “Non seulement les tarifs des médecins ne baisseront pas, mais les patients devront payer plus ! ” quand on est un patient très pauvre à la limite du droit à la CMU, on ne va plus chez ces médecins-là.

    Je suis dans un désert médical pas parce seulement qu’il manque des médecins mais presque tous les spécialistes font des dépassements d’honoraires, dentistes compris.

    La médecine de la 3 è vitesse, je connais depuis un bon nombre d’années déjà.


    • Balthazar Le 03 novembre 2014 à 17h24
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      @ tous :
      je dirai que le système de santé en France s’est fourvoyé quand on a créé la complémentaire santé.
      Accessoirement aussi quand on a ouvert les droits à tous (les fameux ayant droits) et du coup, les assurés eux ne sont plus remboursés à 100%.
      Alors la solidarité cela a du bon, mais pas au détriment de celui qui finance (en l’occurrence les classes moyennes qui disparaissent petit à petit, bravo les politiques).


    • boduos Le 03 novembre 2014 à 23h59
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      qui peut dire à quel taux cotise l’etat a l’assurance maladie pour ses fonctionnaires? et a combien cotisent les salariés du privé ?


      • bourdeaux Le 04 novembre 2014 à 13h14
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        C’est un argument que j’ai moi-même utilisé dans le passé, mais qui, tout bien réfléchi me semble un peu fragile, car si l’état-employeur cotise 100 € à la sécu pour son fonctionnaire, il prend cette somme dans sa poche droite pour la glisser dans sa gauche (son administration qui gère ladite sécu). Donc, si l’état avait dû cotiser au même taux que les employeurs privés depuis 30 ans, il aurait dû faire encore plus de déficit, ou bien rogner sur le “net à payer” de ses agents…


        • Alalanterne Le 04 novembre 2014 à 15h16
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          Faux !

          La Sécurité Sociale n’est pas financée par l’État, mais par les cotisations sociales, qui sont une part du salaire différé des salariés !

          L’arnaque des libéraux consistant à assimiler État et Sécu est un mensonge. L’une des seules parts de la Sécurité financée par les impôts (donc l’Etat) est la CSG qui a été créée pour compenser les exonérations de charges qui ont été offertes aux employeurs.

          Ces exonérations sont d’ailleurs un vol fait au salarié, vol permis par un habile mélange entre charges, CSG, impôts, Etat, Sécu, qui permet de fausser complètement tous débats sur ces aspects.


  2. Patrick Luder Le 03 novembre 2014 à 06h22
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    Le système de santé est complètement dépassé, les assurances ne servent qu’à masquer les coûts déguisés de la santé. Mieux vaudrait cotiser pour soit-même ou par petits groupes privés ou simplement faire appel à la solidarité des voisins en cas de coup dur ;o)


    • Christophe Le 03 novembre 2014 à 08h31
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      C’est ça !

      À 26.000 € la journée de soins intensifs, va falloir un sacré coup de main des voisins…

      En réalité, la Sécu a fait les preuves de son efficacité : la santé en France, dont 84% environ est couverte par la Sécu (seuls 16 à 17% sont fait par les mutuelles et Cies d’assurances), représente 13% du PNB Français.
      A titre de comparaison, aux USA, la santé représente 17% à 18% du PNB avec des résultats largement moins bons : plus faible espérance de vie, taux de mortalité infantile plus fort, etc…

      Le Problème est que l’abandon de 1% du marché de la santé par la SS représente +7% du C.A pour les Cies privées. C’est dire s’il y a du lobbying pour s’attaquer à la Sécu.

      Les problèmes de la Sécu peuvent être résolu par d’autres moyens :
      – pourquoi les médocs sont plus chers en France que dans les autres pays européens ?
      – pourquoi des médicaments comme le Gardasil sont encore utilisés quand d’autres médocs 20 à 30 fois moins chers avec le même service médical rendu ne le sont pas ? (Les hôpitaux n’ont pas le droit de les acheter gràce à l’agence française du médicament (voir enquête Mediapart sur le sujet : un scandale à 800 Milllions d’Euros !)
      – et bien d’autres choses : corruption, prévarication, etc… Le système n’est pas dépassé. Ça, c’est ce que veulent vous faire croire les tenants du libéralisme. Il est soumis aux abus, notamment des plus gros acteurs…


      • Nerouiev Le 03 novembre 2014 à 08h42
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        Merci Bruno pour cette analyse que je partage. Non, la Sécu n’est pas dépassée mais il faut qu’elle s’adapte mieux à la population. Je pense que le Gouvernement n’a qu’une obsession, c’est d’imiter les USA pour plaire à ses maîtres, quitte à tout foutre en l’air pour rien.


      • Surya Le 03 novembre 2014 à 09h10
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        les médocs plus chers en France que dans les autres pays ? Vous n’avez pas du voir les tarifs des médicaments en Suisse ou en Allemagne…

        Pour les médocs communs (paracétamol, ibuprofene…) soumis à prescription médicale et remboursés (donc pris contrôlés) les tarifs sont bas.


        • Christophe Le 03 novembre 2014 à 10h22
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          Je vous suggère de voir vos sources…

          En moyenne, nos médicaments sont plus chers de 30%
          Je parle bien sûr des prix contrôlés par l’Agence Française du Médicament…

          http://www.liberation.fr/societe/2013/06/25/des-medicaments-beaucoup-trop-chers_913357


          • Tots Le 03 novembre 2014 à 17h08
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            Non, les prix des médicaments sont en grande majorité moins élevés en France, hormis quelques exceptions (Plavix effectivement), la grande différence se joue sur une non dispensation à l’unité, un volume bien plus conséquent mais aussi et surtout sur les modalités d’inscription sur la liste des médicaments remboursables.

            Une recherche rapide sur google :
            http://www.cec-zev.eu/uploads/media/Comparaison_prix_medicaments.pdf
            http://www.irdes.fr/Publications/Qes/Qes99.pdf

            Les pharmaciens militent aussi pour moins de médicaments mais plus chers (effet de stock +++), dé livrables à l’unité (revalorisation acte de dispensation) etcc mais on se heurte au lobby de l’industrie pharmaceutique ..


  3. Bruno Le 03 novembre 2014 à 06h38
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    Mettez-vous bien ça dans la tête : LES MEDECINS SONT IN-TOU-CHABLES et aucun gouvernement n’aura le courage de restreindre leurs revenus.

    Personnellement, je m’efforce de faire jouer à fond la concurrence entre médecins : je vais TOUJOURS au moins cher, après avoir demandé le tarif de la consultation au secrétariat lors de la prise de rendez-vous.

    Cela implique parfois des dizaines de kilomètres en deux roues dans toute la région parisienne ou des mois d’attente pour trouver l’oiseau rare : imaginer un peu, un spécialiste qui ne fait que 10 ou 20% de dépassement, c’est quasiment introuvable, mais il y en a ! Et oh surprise, ce ne sont pas du tout les moins mauvais.

    Tant que je serai valide, j’appliquerai autant que possible cette politique.


    • Nerouiev Le 03 novembre 2014 à 08h35
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      Comment faites-vous ? la Sécu m’impose d’avoir un médecin attitré et déclaré pour bénéficier des actes spécialisés.


      • Rmei Le 03 novembre 2014 à 09h23
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        Vous pouvez consulter sans être orienté par votre médecin traitant : les gynécologues,ophtalmologues, psychiatres, et stomatologues ainsi que les chirurgiens-dentistes.

        Le remboursement se fera “normalement”.


    • madake Le 03 novembre 2014 à 18h35
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      “Cela implique parfois des dizaines de kilomètres en deux roues dans toute la région parisienne ou des mois d’attente pour trouver l’oiseau rare”
      Et le surcout des déplacements rend l’affaire rentable?
      Est-il possible, ou souhaitable d’attendre des mois une consultation de spécialiste?
      Dans une part conséquente des cas, celà doit renchérir le traitement, aggraver des états, donc allonger la durée et le coût des traitements.


  4. matlac Le 03 novembre 2014 à 06h55
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    Je veux bien appeler mais je me pose encore quelques questions :

    – Donc si je comprend bien la solution alternative est “d’interdire” au médecins, un certain pourcentage de dépassement d’honoraire. Mais est ce légal ?
    – Je m’étonne de ne pas pouvoir trouver sur internet entre autre, une base de donné qui répertorie tout les médecins de mon département avec le tarif qu’ils pratiquent. Est ce normal ?
    – Le “clausus numerus” ne devrait-il pas être remis en question ?
    – Et finalement comment résoudre un problème récurant de dette des caisses de sécurité sociale en grande parti du à un problème démographique ?

    En résumé quelles sont les alternatives pour réduire les coûts de santé. Si non, dois-je me résigner à laisser une dette astronomique à mon fils de 8 ans.


    • Bruno Le 03 novembre 2014 à 08h07
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      Les médecins sont des quasi-fonctionnaires:
      – ils vivent de l’argent public de la sécu et des mutuelles,
      – le numerus clausus gère leur nombre (comme les profs de maths qui passent le CAPES).

      En tant que « fonctionnaires », ils doivent en accepter les revers :
      – on se répartit uniformément sur le territoire (vous vous rendez compte : 3 ans en debut de carriere dans la Creuse, comme un vugaire postier, quelle honte madame…),
      – on a une rémunération très sérieusement encadrée (interdiction de se gaver avec l’argent public),
      – accessoirement, on accepte de faire ses gardes ( !).

      Donc pour répondre à vos questions:
      – OUI, on interdit aux médecins d’aller au-delà d’un certain dépassement (c’est l’exécutif qui vote les lois, donc il suffit de le rendre légal. Point final),
      – oui la base données existe : http://ameli-direct.ameli.fr/c
      (c’est ma bible depuis des années).
      – selon moi, le numerus clausus n’est pas si idiot, s’il existe des contreparties. S’il est impossible d’obtenir des contre parties de la part des corporations de médecins, on ouvre les vannes en grand en supprimant le numerus clausus et on a une VRAIE profession libéralisée avec concurrence des médecins ukrainiens, portugais et roumains sur le territoire français,
      – le dernier point est plus critique. Je pense qu’il faut réduire les dépenses de sante au strict minimum et pour cela, on peut s’inspirer du modèle cubain ou tous les médecins sont des fonctionnaires (des vrais pour le coup).
      http://operamundi.uol.com.br/conteudo/babel/37221/cuba+un+mod%E8le+selon+lorganisation+mondiale+de+la+sante.shtml


      • JEAN DOREMIEUX Le 03 novembre 2014 à 10h20
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        Bruno tu nous montres que, selon ton opinion, que les « médecins sont des quasi-fonctionnaires qui vivent de l’argent public de la sécu et des mutuelles, et dont le numerus clausus (voulu par eux) gère leur nombre (comme les profs de maths qui passent le CAPES le veulent ; oups !). »

        D’abord avant 1945, étaient-ils des fonctionnaires ?

        Si tu veux que les médecins soient comme des profs de maths, allons-y ; et voyons ce que nous allons y gagner.

        Ils voudront passer de 70 heures à 35 heures, voire à 15 heures ! Ils voudront ne plus être de garde ou être réveillés la nuit. Ils voudront des locaux, des appareils, des secrétaires, des assurances RCP, etc.

        Bref cela va coûter au moins quatre fois plus à la sécu et trois moins de gains au fisc. Les meilleurs partiront en Allemagne, en GB, aux USA. La pénurie va augmenter ce qui est le vœu le plus chéri de la Sécu depuis que G JOHANET l’a exprimé : moins de médecins, moins de dépenses.

        Autrefois n’existaient que le médecin et son malade. J’ai connu cela ! Tout le monde était content ! Avec la Sécu, les médecins ont perdu la liberté des honoraires. Un tiers s’est introduit dans le colloque médecin-malade. Ils se sucre d’un ticket modérateur, ce qui provoque la survenue de mutuelles ou des complémentaires santés là où l’on pourrait s’en passer totalement comme en Allemagne.

        Le contenu sémantique du mot honoraire, autrefois honorable, s’est dissous peu à peu, attaqué de toutes parts, depuis 1980, depuis qu’il est rattaché au nouveau terme scandaleux de dépassement.

        Cette perte des libertés d’agir de prescrire, de s’installer, d’étudier, a déjà eu des conséquences. La perte de la liberté des honoraires a conduit les médecins ayant accepté le secteur I à saucissonner le parcours de diagnostic, à sectionner les suivis de pathologie en tranches de plus en plus serrées, à multiplier les actes, tarifés bien trop bas, afin de rattraper les dépenses, soit par des heures supplémentaires, soit par des actes raccourcis ou alors de pratiquer les deux solutions. Un acte conduit à trois prescriptions ! Tu vois le tsunami !

        La perte de cette même liberté des honoraires, pousse les médecins obligés en 1981 –on l’oublie- par la Sécu en secteur II ; Son nom c’est le secteur de la liberté des honoraires un mot qui, sur le plan comptable aboutit aux compléments ou suppléments d’honoraires, ce que certains patients dénomment des heures supplémentaires.

        Non sans raison, car les médecins en viennent à des durées hebdomadaires de travail de 70-80 heures pour équilibrer les dépenses qui montent alors que les recettes sur tarifs sont restées fixes durant plus de vingt ans. Tu ne le crois pas j’en ai remplacé un qui faisait 90 heures d’interventions chirurgicales e qui n »’avait pas trouvé de remplaçant sept ans, en quatre mois j’ai maigri de 25 kilos ?

        Sans ces mesures de sauvegarde, les cabinets seraient en péril, ayant, soit de trop lourdes charges en matériel devenu bien plus onéreux que voici trente ans ou en salaires et charges qui elles ont suivi une tout autre pente, soit des recettes inférieures à la moyenne, avec l’exemple de nos consœurs chargées de famille ne pouvant pas ni restreindre les frais ni augmenter leurs présences au cabinet ou au bloc opératoire, la famille comptant encore.

        La perte de la liberté des honoraires conduit surtout à restreindre le temps consacré à écouter les patients, plus grave à se priver d’instruments de diagnostic pour en accélérer la survenue ce qui qui diminuerait le coût des maladies, à éviter les égarements dans la démarche du diagnostic qui est devenue saucissonnée en trois semaines au lieu de trois heures, interrompue par des aléas, perturbée par les signes des maladies variables d’un jour sur l’autre, désorientée par des découvertes, les incidentomes.

        Est-ce ce que tu veux ?


        • Bruno Le 03 novembre 2014 à 12h38
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          Vous décrivez une situation bien critique, que j’ignorais en partie je l’avoue:
          – Certains médecins travaillent (opèrent même !) jusqu’à 90 heures par semaine.
          – Comme ils pensent mal gagner leur vie, certains médecins sabotent la relation avec le patient pour « faire du nombre ».
          – Comme les CAM tentent de limiter le cout des consultations, certains médecins saucissonnent les actes pour finalement surfacturer.

          Enfin bref, rien ne va plus.
          Cela renforce définitivement ma conviction qu’il faut passer à plus de rémunération salariale (ou à la rigueur par capitation) et moins de rémunération a l’acte. Un alignement sur les traites des maitres de conférence et des professeurs d’université me parait tout à fait honorable : de 1773 euros en début de carrière jusqu’à 5154 euros net mensuels (professeur de classe exceptionnelle en fin de carrière).
          On rajoute bien entendu un système de gardes rémunérées et d’astreintes comme chez les pompiers ou bien d’autres agents de la fonction publique.


          • JEAN DOREMIEUX Le 03 novembre 2014 à 13h04
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            Passer à la rémunération salariale tu y tiens ?

            Faisons-le; ils voudront passer de 70 heures à 35 heures, voire à 15 heures ! Ils voudront ne plus être de garde ou être réveillés la nuit. Il en faudra quatre fois plus !

            Ils voudront des locaux à payer, des appareils à acheter, des secrétaires pour les aider, des assurances RCP, etc.

            Bref cela va coûter au moins quatre fois plus à la sécu et trois moins de gains au fisc. La Sécu ne peut pas les payer ni leurs appareils, ni leurs secrétaires !

            Un exemple, mon échopper coûte 1.000.000 FF. Ma Responsabilité civile professionnelle elle est de 60.000 euros, etc. Tu rêves.

            Les meilleurs médecins partiront en Allemagne, en GB, aux USA. C’est commencé et ils sont suivis par les médecins étrangers qui rentrent ! Tu sais j’ai connu les médecins de la DDR, la RDA, sur 28 formés à DRESDEN, 27 s’étaient sauvés. Tu veux cela ?

            La pénurie va augmenter ce qui est le vœu le plus chéri de la Sécu depuis que G JOHANET l’a exprimé : moins de médecins, moins de dépenses.

            Est-ce là ce que tu veux ?


            • Rmei Le 03 novembre 2014 à 13h15
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              Désolé mais un certain nombre de médecins lorrains/alsaciens exercent déjà au Luxembourg.

              Certains vont même jusqu’à recevoir des patients en France et les envoient faire les actes au Lux”…


      • Alae Le 03 novembre 2014 à 11h21
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        “S’il est impossible d’obtenir des contre parties de la part des corporations de médecins, on ouvre les vannes en grand en supprimant le numerus clausus et on a une VRAIE profession libéralisée avec concurrence des médecins ukrainiens, portugais et roumains sur le territoire français, ”

        Mais enfin, c’est déjà le cas ! Le numerus clausus limite soi-disant tellement le nombre de médecins diplômés en France que les hôpitaux, qui disaient manquer de bras, se sont mis à compenser par des apports de médecins étrangers. Il y a déjà des années que ça dure. Aujourd’hui, la profession est tellement “libéralisée” que le dumping social s’est installé, comme partout ailleurs. Les médecins français sont trop chers (d’aucuns diraient qu’ils avaient des honoraires normaux au vu de la longueur de leurs études (12 à 16 ans), des efforts consentis lors de leurs gardes de parfois 24-48 heures d’affilée, de leurs semaines de 7 jours ouvrés, etc). Actuellement, je vous mets au défi, dans n’importe quel service d’urgences, de trouver un seul toubib de garde local.
        C’est tout un pan des classes moyennes qui est également en train de sombrer, tué par une concurrence à bas coût. Est-ce qu’il faut s’en féliciter ?

        Des phrases de Paul Craig Roberts transposables mot pour mot en France :
        “…US executives, with an eye to quarterly earnings and their bonuses, continue to spend considerable resources lobbying for increases in work visas that enable them to replace their American engineers, scientists, and technical people with lower cost foreigners. These executives lie through their teeth when they assert the lack of qualified Americans for the jobs. The fact of the matter is, the executives force their American employees to train their foreign replacements and then fire their American workers.
        In a word, American capitalism is destroying itself by dismantling the ladders of upward mobility that have made large income inequalities acceptable. By rewarding themselves for destroying American jobs and manufacturing, engineering and scientific capabilities, US executives are sowing a whirlwind. American political stability will not survive the turning of an American university degree into a worthless sheet of paper. ” –
        http://www.counterpunch.org/2005/08/25/the-american-economy-is-destroying-itself/

        Ce n’est pas en s’attaquant à la sécurité de l’emploi de la profession qu’on se sortira du problème des dépassements d’honoraires, mais en les interdisant ou en les limitant.


      • jp Le 03 novembre 2014 à 18h27
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        j’ai déjà cherché par le site ameli, mais ça donne “aucun résultat dans un rayon de 50 km”, or j’habite une grande ville d’environ 120 000 hab.
        Les spécialistes dont j’ai besoin sont TOUS en dépassement d’honoraires et si on n’est pas en plus recommandé par quelqu’un, on s’entend répondre “le dr machin-truc ne prend plus de nouveaux patients”.

        Les médecins font ce qu’ils veulent et les lois qui les arrangent : ils sont sur-représentés à l’Assemblée Nationale !


      • PCX Le 03 novembre 2014 à 22h50
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        Bruno en tant que médecin libéral je me doit de répondre à vos propos :
        – Les médecins des fonctionnaires qui vivent de l’argent public? Supprimez donc tous les remboursements des soins par l’état et effectivement vous verrez diminuer quelque peu la dépense consacrée à la santé (beaucoup de consultations inutiles dont on se dispensera dès lors qu’il faudra dépenser quelques euros), mais au final les gens serons bien obligés de se soigner et compte tenu de la pénurie de professionnels qui va aller en s’aggravant cela ne sera pas vraiment un problème pour les médecins eux mêmes dont beaucoup sont en surcharge d’activité.
        En plus, si plus de sécu chacun pourra fixer ses tarif en toute absolue liberté et ne se gênera pas pour le faire. Vous pouvez trouver cela dégueulasse mais c’est la réalité.
        Personnellement je préférerai n’avoir rien à demander au patient en terme financier, cependant après 15 ans d’expérience je sais que la qualité des soins que je prodigue maintenant est bien supérieure à ce que je faisait il y a 10 ans (je suis chirurgien) : mes tarifs ont augmenté sensiblement pour arriver à un niveau qui reste inférieur à ce qui se pratique ailleurs en europe (Hors suisse on les honoraires des médecins sont carrément 5 à 10 fois plus élevés).
        – Le numérus clausus : il ne s’applique déjà pas au médecins formés à l’étranger qui peuvent sans restrictions s’installer et exercer en france.
        – Le revenu médical en france est un des plus bas d’Europe occidentale malgré la pénurie de praticiens. Les portugais ne viendront pas en france pour exercer la médecine (peut être un jour les ukrainiens!…).
        – Interdire les dépassements? Et trouver normal que le prix d’une chirurgie lourde accordé par la sécu au chirurgien avoisine les 300 euros (un menuisier ne vous fait pas un tiroir pour cà)… Alors que le prix du matériel utilisé pour cette chirurgie (pince à suture automatique, prothèse en titane ou autre) a un prix remboursé par la sécu de 2000 à 3000 (les labos négocient en direct avec les instances de fixation des prix, je crois que c’était le boulot de Cahuzac lorsqu’il était au affaires sociales).
        – Fonctionnariser tous les médecins? Il va falloir en embaucher beaucoup alors parce que avec les 35 heures et les RTT…
        – Je ne pense pas que la médecine soit réservée à une élite quelconque mais, dans les faits, trouver des professionnels qui ont envie de se coltiner toutes les misères (et les joies!) mais beaucoup de stress de pression et de doutes, ce n’est pas si facile et beaucoup de gens formés, au final, n’exerceront pas la profession (ou choisiront un exercice cool sans garde et sans stress genre dermato) ou à temps partiel (femmes avec enfant par ex…).
        – Au total y en a un peu marre de voir les attaques subies régulièrement par le corps médical alors que si le système dysfonctione ce n’est majoritairement pas de notre fait. Le numérus clausus n’a jamais été demandé par les médecins mais imaginé par des bureaucrates qui pensaient à l’époque par ce moyen contenir les dépenses de santé.
        Les dépassements d’honoraires on été autorisés par la sécu le jour ou (dans les 80’s) elle a fixé une fois pour toutes les montants des actes qui n’on pratiquement pas évolués depuis (pour la chirurgie en particulier).
        Et puis vous suggérez de réduire les dépenses médicales au strict minimum? D’accord mais faudra pas venir réclamer une IRM ou un scanner lorsque votre enfant aura pris un coup sur la tête, ou une opération pour votre maman dont le cancer n’a que 25% de chance d’être guéri de toute façon, ou une opération du genoux pour que vous puissiez juste continuer à faire du sport…


        • Carole G Le 04 novembre 2014 à 08h54
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          PCX,
          Je plussoie; ce que vous décrivez rejoins ma pratique ( je suis idel)pas plus tard que la semaine dernière, la sécu nous a annoncé la mise en place d un nouveau dispositif sur ma ville; accouchement :1 nuit d hospitalisation, puis retour à domicile avec suivi par une sage femme et une infirmière; dans la mesure ou nous sommes obligés de refuser tous les jours du travail( et les autres professionnels du secteur , idem), je me demande comment nous allons faire….


        • Jacques F. Le 04 novembre 2014 à 11h53
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          Une chose qui a pas mal changé entre la médecine d’il y a 30 ans et la médecine actuelle, c’est qu’avant, quand une intervention ne se terminait pas comme attendu, le patient disait au médecin “merci docteur d’avoir fait votre possible”. Aujourd’hui, le patient dit au médecin “vous recevrez un courrier de mon avocat”.

          Et pour un médecin, ça a un coût.


    • Christophe Le 03 novembre 2014 à 08h32
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      La base de donnée est celle de la Sécu : ameli.fr
      Tous les praticiens y sont répertoriés, ainsi que leur tarif moyen..


    • Rmei Le 03 novembre 2014 à 09h26
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      Votre base de données : http://ameli-direct.ameli.fr/


      • Jacques F. Le 03 novembre 2014 à 10h36
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        Gynéco obstétricien conventionné de sexe féminin dans le Jura : 0.
        Pour en avoir un, il faut faire 50 bornes. C’est bien connu qu’il est conseillé de faire des bornes pour les femmes enceintes…


        • jp Le 03 novembre 2014 à 18h39
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          j’en connais une qui, enceinte, a dû faire 130 km aller et retour pour passer ses échographies. Dans un autre département donc. Celles qui n’ont pas les moyens (mari + voiture) s’en passent.


          • PCX Le 04 novembre 2014 à 08h38
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            JP, Il faut savoir que la prise de responsabilité en échographie obstétricale est énorme. En effet, si une malformation n’est pas détectée il y aura presque à coup sur un recours juridique contre le médecin “fautif” dans le but de récolter le maximum de fonds, et c’est vrai qu’il en faut pour élever un enfant handicapé…
            Du coup les primes d’assurance qui couvrent cette activité sont exorbitantes et le plupart des radiologues ne font plus ces échographies à risque d’ou le manque de praticiens disponibles.
            Il faut bien comprendre que les exigences des patients sont de plus en plus grandes et la reconnaissance (qui peut rapidement se changer en agressivité) envers les praticiens de plus en plus faible si vous retirez la possibilité de revenus corrects aux médecins vous n’aurez plus de candidats, même étrangers.


  5. Kiwixar Le 03 novembre 2014 à 08h04
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    On a passé le “peak life” en occident (en Otanie pour le moins), c’est-à-dire qu’on vivra moins vieux que nos parents. Pas dans le sens “on sera en meilleure santé donc on mourra plus tard en étant moins vieux”, mais bien dans le sens d’une décroissance de l’espérance de vie, ainsi que de la décroissance de l’espérance de vie en bonne santé.

    La prise de conscience sera douloureuse (déni, colère, négotiation, dépression, acceptation) car on a été élevés avec cette croyance en une science qui repousse les frontières, et en un Occident supérieur, moralement, techniquement, financièrement, médicalement, UEèrement avec le leurre de la “chance de faire partie du club” qui attire les pays limitrophes (Grèce, Ukraine, pays de l’Est) et tétanise ceux qui aimeraient en sortir.

    Le mystère reste pour moi la totale passivité des vingtenaires à qui non seulement on refile toute la merde (la calamité transgénérationelle du nettoyage des centrales nucléaires et des déchets nucléaires par exemple) mais en plus qu’on ponctionne allègrement sur la base de 2 contrats transgénérationnels (le paiement des retraites des anciens + le paiement des intérêts de la Dette) qu’ils n’ont pas signé. Sans aller jusqu’à la violence en remettant en cause le Système, ils pourraient déjà en discuter en refusant l’HTC (Héritage Transgénérationnel Calamiteux), comme pour une succession patrimoniale où on peut refuser l’héritage d’un parent endetté.


    • Balthazar Le 03 novembre 2014 à 17h39
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      Bonjour Kiwixar, concernant “la prise de conscience (qui) sera douloureuse”,
      je vous rassure tout de suite: les 12-25 s’intéressent surtout à Zlatan, Zahia ou Nabilla, et ceux qui lisent les journaux ont droit à l’express, le monde, le point ou libé. Bref du merdia.
      Les 25-40, soit ils sont installés (et endettés), soit ils sont chez papa-maman et font le dos rond.
      Les 40-60 espèrent que cela tiendra pour eux (peur du chômage, docilité acquise).
      Les vieux, eux , ils jouissent. Tant mieux pour eux. Tant pis pour nous.
      Mais cela ne sert à rien d’attendre le grand soir, le messie, les petits hommes verts… Rien ne viendra. Du moins à notre échelle de temps à nous.
      L’exemple grec est très instructif. Comme dit ici, un vrai test in vivo.


    • jp Le 03 novembre 2014 à 18h31
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      “la totale passivité des vingtenaires”
      non, pas tous. Ma fille et son ami sont militants mais l’idée de les savoir à NDDL se faire gazer et risquer de mourir d’une grenade ne me rassure pas (litote).


      • Kiwixar Le 03 novembre 2014 à 19h03
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        Bien sûr, pas tous, heureusement.
        Mais la passivité de la grande majorité reste surprenante, surtout en tenant compte (1) des nouveaux médias sociaux (2) de l’héritage de merde qu’on leur lègue et (3) des progrès sociaux (éducation, santé, congés payés, etc.) obtenus par les générations précédentes, progrès qui ne sont pas tombés du ciel, (comme 3 clics de souris et un passage par wikipedia leur permettrait de constater).


  6. JPS1827 Le 03 novembre 2014 à 08h13
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    @matiac : les médecins sont répertoriés sur le site ameli.fr (http://ameli-direct.ameli.fr) avec notamment la précision de leur secteur et la fourchette des honoraires habituellement pratiqués.

    Sinon, je pense que la lecture de cet article que j’ai récemment découvert et qui rejoint totalement mon opinion sur le sujet a un certain intérêt : http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2014/week26/index.html.

    Pour moi, après le tiers payant pour tous et la mutuelle d’entreprise généralisée pour tous les salariés, cette loi est le 3ème volet qui permet de supprimer peu à peu le rôle de la branche maladie de la Sécurité Sociale au profit d’une couverture essentiellement assurée par les mutuelles, la Sécu ne fournissant plus qu’une “assurance de base”. Je ne serais pas étonné que cette nouvelle loi résulte d’un intense lobbying des mutuelles priant le gouvernement de “faire le ménage” avant de conventionner elle-même les médecins individuellement.
    J’ai demandé la semaine dernière à touts mes patients s’ils connaissaient le pourcentage remboursé par la caisse et le pourcentage remboursé par la mutuelle sur les médicaments qu’ils obtiennent en tiers-payant à la pharmacie, aucun n’a su répondre, y compris ceux qui travaillent à la Sécurité Sociale ; je leur ai fait remarquer qu’on pourrait donc réduire le pourcentage remboursé par la Sécu à la portion congrue sans qu’ils s’en aperçoivent, ils verront juste le tarif de leur mutuelle augmenter progressivement.

    Pour ma part, je suis spécialiste près de Paris en secteur 1 (ça existe encore) et je suis opposé au secteur 2, je reconnais par ailleurs que les tarifs conventionnés des généralistes et de certaines spécialités sans actes techniques sont totalement indigents et sont la cause de l’apparition du secteur 2 et de ses dérives. Les gouvernements ont raté depuis longtemps l’occasion de faire évoluer le système de façon à ce que tout soit pris en charge de sorte que les médecins puissent avoir des revenus semblables à ceux de nos voisins d’Europe du nord sans faire une “course aux actes” complètement délirante (les médecins généralistes anglais sont payés à la “capitation”, sur le nombre de patients suivis, les médecins allemands sont payés par les caisses, avec des revenus supérieurs à ceux des français, et les caisses ne sont pas déficitaires).

    Bien entendu, le gouvernement, qui espère que les médecins “trop chers” voient leur patients se diriger vers d’autres praticiens, joue un jeu dangereux.


    • Christophe Le 03 novembre 2014 à 08h47
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      Il y a beaucoup de pistes de reflexion, et je vous rejoins pour dire en substance : “quand on veut noyer son chien, on l’accuse de la rage”.
      En clair, souligner les insuffisances de la SS est le meilleur moyen de transférer ses compétences aux organismes privés..
      1. le travail diminuant, les cotisations sociales diminuent également. Il est totalement aberrant de parler du déficit de la SS sans s’intéresser à ce qui en fait le manque à gagner. Si, dans les 30 dernières années une part importante de la Plus Value des entreprises a été redirigée des salaires vers les dividendes, il est évident que les cotisations chutent.. (ça vaut aussi pour les retraites, d’ailleurs..)
      La CSG a commencé à compenser la chute du travail, mais c’est insuffisant.
      Sur les coûts, il y a tellement de pistes..
      1. les disparités de revenus entre les médecins sont très importantes : entre un radiologue qui gagne aux environs de 220 k€/an et une Gynéco médicale qui plafonne à 50 k€ (pour les secteurs 1), ou un pédiatre qui culmine à 40 k€, il y a une inégalité frappante des spécialités qui entraîne un désertification de certaines spécialités. Il y a sans doute là, des choses à faire.
      2. Les prix des médicaments qui (voir mon post plus haut) sont plus chers en France que partout ailleurs en Europe, alors même que si on consomme plus (les Français sont champions de conso de médocs), on devrait avoir des prix bien inférieurs.. (où alors, je ne comprends plus rien au commerce !)
      3. Les urgences des hôpitaux pourraient être avantageusement remplacés par des dispensaires : là où des professionnels libéraux ont monté des unités de soins de ville 24/24h, on a la preuve que les gens y viennent et cela remplace avantageusement – et pour moins cher- les urgences hospitalières.
      – et j’en oublie évidemment.

      Mais toutes ces solutions ne seront pas utilisées parce que les compagnies d’assurances et les mutuelles veulent remplacer (et ne s’en cachent pas) la S.S. et dont prête à tout pour en empêcher les réformes intelligentes.

      Les pistes pour réduire les coûts


  7. Babar Le 03 novembre 2014 à 08h19
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    Le numerus clausus a entrainé un déficit de la formation de médecins. Il me semble que ce n’est pas la profession mais les pouvoirs publics pensant ainsi réduire la consommation médicale, qui ont institué ces quotas depuis des dizaines d’années. Depuis lors l’afflux de médecins étrangers avec des formations pas toujours optimales ne compense que très partiellement le manque de médecins autochtones. La profession ainsi protégée de la concurrence s’autorise les dépassements. Certains villages voient tous leurs médecins généralistes regroupés en un seul cabinet dépendre du seul secteur 2 rendant leurs patients otages d’un surcoût.


  8. FL Le 03 novembre 2014 à 08h27
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    Nous avion un bon système (toujours améliorable et adaptable aux circonstances), un des meilleurs, parce que fondé sur la participation obligatoire et contrôlée, de tous.
    On le détruit pour adopter le pire système, celui des USA, dont le rendement médical est lamentable.
    http://russeurope.hypotheses.org/2850


    • Bruno Le 03 novembre 2014 à 08h32
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      On considere en effet que chaque americain depense DEUX fois plus pour sa sante qu’un francais (pour un resultat moins bon, en tout en ce qui concerne l’esperance de vie) !


      • Kiwixar Le 03 novembre 2014 à 09h06
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        A mon avis, l’espérance de vie plus courte des Zuniens tient plus à leur mode de vie qu’à leur système médical :
        – leur bouffe absolument pourrie (chimiquement, hormonalement) + les poisons (sucre)
        – leur diète (manque de légumes et de fruits)
        – la quantité de bouffe qu’ils avalent (manger moins = vivre plus longtemps)
        – leur manque d’exercice physique
        – les boissons gazeuses
        (+ légère influence des morts violentes sur les statistiques?)


  9. JEAN DOREMIEUX Le 03 novembre 2014 à 09h38
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    A tous surtout à BRUNO

    Je lis dans :

    http://operamundi.uol.com.br/conteudo/babel/37221/cuba+un+mod%E8le+selon+lorganisation+mondiale+de+la+sante.shtml

    Je lis donc. Lors de sa récente visite à La Havane en juillet 2014, Margaret Chan*, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (publique), a fait l’éloge du système de santé (public) cubain et s’est montrée impressionnée par les réussites dans ce domaine.

    « Cuba est le seul pays qui dispose d’un système de santé (publique) étroitement lié à la recherche et au développement en cycle fermé. C’est la voie à suivre, car la santé humaine ne peut s’améliorer que grâce à l’innovation », a-t-elle déclaré. Merci de ce sage conseil !
    Elle a salué « les efforts de la direction de ce pays pour faire de la santé (publique) un pilier essentiel de développement.»

    Cuba a basé son système de santé sur la médecine préventive et ses résultats sont exceptionnels. Attention, même si la prévention est la meilleure manière d’éviter les maladies, il restera toujours à soigner (médecine curative) tous ceux et ils sont les plus nombreux qui ne suivent pas les conseils de prévention : arrêter de cloper, de picoler, de se droguer, de trop bouffer, etc.

    Qui est Margaret Chan ? Un médecin de santé publique qui ne soigne pas des malades mais que des dossiers, que des statistiques, que des articles d’épidémiologie. Ets-elle autorisée à ce poste très particulier à nous faire croire que : « le monde doit suivre l’exemple de l’île (De CUBA) dans ce domaine et remplacer le modèle curatif, inefficace et plus couteux, par un système basé sur la prévention. » Quelle illusion !

    Que fait-elle des maladies qui ne dépendent pas du tout des comportements nocifs pour la santé ? Les maladies génétiques, les maladies liées au vieillissement, les maladies liées à l’usure au travail, aux sports, et plein d’autres ?

    Qui est-elle cette directrice de l’OMS ? Margaret Chan obtient un Bachelor of Arts en économie familiale en 1973 et un doctorat en médecine (M.D.) à l’université de Western Ontario en 1977 ainsi qu’un Master of Public Health (santé publique qui n’a rien à voir avec la médecine qui soigne des malades) à l’université nationale de Singapour.

    Elle suit également un programme de perfectionnement des cadres (management Development) à la Harvard Business School en 1991. En 1997, elle est honorée par la Faculty of Public Health Medicine of the Royal Colleges of Physicians et elle reçoit également l’Ordre de l’Empire britannique des mains de la reine Élisabeth II.

    Elle rejoint le gouvernement de Hong Kong en décembre 1978 en tant que médecin (de santé publique). En novembre 1989, elle est promue directrice assistante du département de la santé (publique), puis vice-directrice en avril 1992. En juin 1994, elle devient la première femme à diriger le département de la santé (publique et non de médecine curative) de Hong-Kong puis, après 25 ans de service, quitte le gouvernement en août 2003 pour rejoindre l’OMS (publique).
    Les taux de mortalité, pour ces fonctionnaires, seraient les preuves de l’efficacité de la médecine curative ou de son inefficacité. Alors que ces indicateurs montrent que les ETATS doivent dépenser plus pour soigner. Sans les dépenses que les USA consacrent en % de PIB à leur médecine, les taux de mortalité seraient bien supérieurs encore !


    • phane Le 03 novembre 2014 à 11h28
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      La médecine à Cuba ne mise pas sur la seule prévention. Leur système de santé est très performant, et ils exportent beaucoup de médecins à chaque catastrophe naturelle , par exemple en Haiti après le seisme, ce sont les médecins cubains qui étaient sur place pour soigner les blessés. En ce moment ils sont les plus nombreux sur le front Ebola en Afrique
      http://www.france24.com/fr/20140919-ebola-epidemie-cuba-sante-medecine-qualite-soins-sierra-leone-/
      http://www.rfi.fr/ameriques/20110808-cuba-exception-medicale/


      • JEAN DOREMIEUX Le 03 novembre 2014 à 13h07
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        Tu y étais à CUBA ? Moi si deux mois, pas deux jours comme elle ! C’est bien loin de tout cela !


        • harvest Le 03 novembre 2014 à 14h31
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          On peut y aller 6 mois avec des œillères, on aura toujours le même avis, n’est ce pas.


    • JEAN DOREMIEUX Le 03 novembre 2014 à 15h11
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      Je ne sais pas si les commentateurs savent exactement les différences entre médecin de santé publique et médecin en exercice ? Les premiers soignent des dossiers et donnent des directives pour soigner et protéger les populations quitte à les isoler mourants en quarantaine, les second sont là pour soigner les malades au contact.


  10. nebul_eu Le 03 novembre 2014 à 10h17
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    Ne vous inquiétez pas , les mutuelles sont gérées par leurs adhérents
    contrairement aux syndicats ouvriers et patronaux qui ont désormais besoin de l’état pour vivre
    d’où la prise de contrôle de la gestion des organismes paritaires par l’état, et donc au final toutes ces organisations tombent aux mains des lobbyistes.

    La logique de l’augmentation de la taxe comme sur l’essence, sur le travail, sur la santé
    font qu’à un moment le fait générateur diminue de lui même

    si je veux regarder la télévision, il faut que j’achète une télévision et donc souscrire un abonnement à la redevance individuelle, pour écouter la bonne parole …
    je peux utiliser le même argent pour aller au cinéma.

    Vous cotiser à un mécanisme de solidarité tant que l’argent est effectivement utilisé conformément à l’objectif, si comme pour la française des jeux 50% des mises est utilisé pour repeindre les moulures de bercy, vous n’êts pas obligés de continuer.


    • Patrice Le 03 novembre 2014 à 13h37
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      Société d’assurance (à forme mutuelle). Régie par le code des assurances, pas par celui de la mutualité. Vous ne cotisez PAS à un mécanisme de solidarité avec cette complémentaire sante. Elles ne sont PAS, de fait, gérées par leurs adhérents même si vous avez une voix.

      Quand une société, qui n’a de mutuelle que le nom qu’elle a été autorisée à garder dans sa raison sociale, résiliera votre contrat d’assurance auto à cause de 2 parebrises et 1 serrure fracturée, vous aurez une idée de ce qui va se passer dans les “assurances complémentaires santé” avec les tests adn (probabilité de cancer – refus d’assurance), vos antécédents de santé (malus), votre Indice de masse corporelle (malus) etc.

      D’ici là, au lieu “d’utiliser la carte vitale comme une carte de paiement illimitée – gratuit” (mot de mon ancien généraliste), il faudrait peut-être songer à rappeler à tous que la sécurité sociale est l’affaire de chacun.


      • nebul_eu Le 03 novembre 2014 à 13h45
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        Si ma mutuelle n’est plus une mutuelle je suis libre d’en créer une nouvelle
        vous savez les structures obsolètes n’ont pas un grand avenir

        Et effectivement s’il advenait que certains cadres de grands groupes mutualistes puissent se croire arrivé à la tête d’une multinationale, la descente pourrait être très rapide.

        Et ne sous estimez pas les valeurs sous tendues par le mouvement mutualiste.


        • Patrice Le 03 novembre 2014 à 15h20
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          Sans doute êtes-vous adhérent à une mutuelle mais ce n’est pas le cas de la majorité des lecteurs qui croient l’être.
          Chacun peut vérifier si la mention figurant sur son contrat ou bulletin d’adhésion est “société d’assurance […] régie par le code des assurances” ou “régie par le code de la mutualité”. Cela fait une énorme différence…


  11. Patrice Le 03 novembre 2014 à 12h43
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    Il faudrait enlever ce terme “Mutuelles” de votre titre, de vos articles, et de la tête des lecteurs.

    Ce sont des “Sociétés d’assurance à forme mutuelle” SAM ou SMA, ce qui ne garantit que la redistribution aux assurés, en théorie, de l’essentiel des bénéfices et aucun caractère “mutualiste”. Ce sont des sociétés d’assurance classiques IARD…. Aucune différence avec les sociétés anonymes ().

    Ces pseudo-mutuelles sont régies par le code des assurances et non par celui de la mutualité, et adhérentes à des SGAM – c’est à dire que le traitement des sinistres est quasiment assuré par le même back office.

    L’agence locale n’est que commerciale (pour vendre).

    Il existe encore quelques Mutuelles (régies par le code de la mutualité), qui adhèrent également pour la plupart à des SGAM pour la gestion.
    (Ces “vraies” mutuelles ne sont pas nécessairement parfaites, cf. LMDE.)

    En particulier une SAM ou SMA peut vous résilier, comme en automobile pour le moment, mais ça va venir pour la santé, avec la tarification au “risque client” prônée par les néo-libéraux.

    ——————-

    Sauf exception résultant d’une disposition législative expresse, notamment du code des assurances, il est interdit de donner toute appellation comportant les termes : “mutuel”, “mutuelle”, “mutualité” ou “mutualiste” à des groupements dont les statuts ne sont pas approuvés conformément à l’article L. 122-5.

    Toutefois, les organismes relevant du code des assurances autorisés à utiliser dans leur nom ou raison sociale le terme de “mutuelle” doivent obligatoirement lui associer celui d'”assurance”.

    Il est également interdit à tous autres groupements de faire figurer dans leurs statuts, contrats, documents et publicités toute appellation susceptible de faire naître une confusion avec les groupements régis par le présent code.

    http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006792052&cidTexte=LEGITEXT000006074067

    ———–

    Bien sûr ces sociétés d’assurance utilisent cette ambiguïté et parlent de leurs “valeurs” qui ne figurent plus que dans leur raison sociale, et sans dire de quelles valeur il pourrait bien s’agir – car la loi l’interdit.

    ——

    Cela explique aussi en grande partie le fait qu’elle ne se battent pas vraiment pour défendre leus “adhérents”

    http://www.mutualite.fr/


    • nebul_eu Le 03 novembre 2014 à 14h09
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      il ne faut pas confondre la solidarité et le miroir aux alouettes
      une caisse encaisse des fonds pour subvenir aux soins de ses adhérents
      le montant des risques couverts n’excèdent pas la capacité de financement

      ensuite des éléments extérieurs en particulier l’état, valide des shémas de remboursement plus ou moins valable , en décidant que telle catégories de soins ou de malades bénéficient d’une prise en charge plus ou moins importantes.

      Avec l’argent des autres on peut tout se payer même la chirurgie esthétique
      et ensuite on part à veau l’eau avec des financements exotiques et des mécanismes de péréquation inattendus
      http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/voila-pourquoi-la-securite-sociale-117497


  12. nobody Le 03 novembre 2014 à 12h54
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    Si le numerus closus est bon pour les médecins (au sens de l’intérêt général), il faut l’appliquer d’urgence à toutes les professions…Non?

    La Sécu est un énorme fromage et divers intervenants du système se gavent sans retenue amenant les déficits actuels: il n’y a aucune fatalité, simplement un épouvantable désordre (dû à une absence de répression féroce).
    La Sécu va disparaître à terme et nous le devinons tous, cela se produira simplement en raison de notre incapacité individuelle et collective à dire STOP!!!
    Nous aurons ensuite un système plus cher (donc très inégalitaire) et moins efficace (à l’américaine): on a finalement que ce que l’on mérite…


  13. JEAN DOREMIEUX Le 03 novembre 2014 à 13h27
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    LE PARCOURS DE SOINS ALLEMAND ET FRANCAIS

    Nous sommes en EUROPE. La libre circulation des personnes appartenant aux 27 pays de l’Union Européenne, tout comme la libre circulation des marchandises et enfin celle des professionnels de toutes sortes, y compris des professionnels de santé est l’un des principes fondateurs de cette Europe si débattue ces jours-ci dénommée UNION EUROPEENNE (UE).

    Qu’en est-il dans la réalité pour les patients, de nos jours, et en dehors de déclarations démagogiques de certains élus qui sont, en réalité, sans aucune expérience concrète du parcours de soins en dehors de la France par exemple allemand ? Est-il pertinent d’en parler au plan comptable ?

    Qu’en est-il pour assurer librement sa retraite ailleurs que dans notre pays ? Qu’en est-il pour cotiser pour sa santé et recevoir des soins pour maladie dans un autre pays de la CEE ? La vérité est que cette liberté est entravée par la seule Assurance Maladie française, bien loin de mériter des éloges.

    Si je mets de côté le cas des urgences médicales et le cas particulier quand nos voisins germains sont les seuls à avoir un équipement (cas de la lithotritie allemande de 1984 à 1988), les autorisations demandées par les assujettis français qui voudraient se faire soigner ailleurs qu’en France nécessitent une démarche auprès de la CPAM. Cette autorisation leur est rarement accordée, presque jamais.

    Par contre les allemands qui cotisent en Allemagne dans une des multiples caisses et qui veulent exercer leur libre choix et se faire soigner en France en ont le droit et ceci sans aucune démarche auprès de leurs organismes, y compris des assurances privées.

    Pour autant, croyez-vous que nos voisins germains soient moins bien soignés ? Voyez les travailleurs transfrontaliers. Un travailleur frontalier français veut avoir le choix du pays de son assurance maladie et celui de sa caisse de retraite. Le peut-il ? Non !

    La plupart des transfrontaliers refusent, sur le conseil de leurs syndicats qui gèrent pourtant la Sécurité Sociale, de prendre assurance en France. Ils choisissent la Suisse ou l’Allemagne pour la plupart.

    Un allemand qui travaille en France veut avoir le choix du pays de son assurance maladie et celui de sa caisse de retraite. Le peut-il ? Non ! Il est obligé de payer des cotisations en France et il ne peut pas faire rembourser des soins pris en Allemagne.

    Un allemand qui travaille en France veut avoir le choix du pays de son assurance maladie et celui de sa caisse de retraite. Le peut-il ? Non ! Il est obligé de payer des cotisations en France et il ne peut pas faire rembourser des soins pris en Allemagne. C’est un allemand pourtant !

    Est-ce là un bon équilibre pour l’avenir européen ? Le modèle allemand est-il également bon pour la santé ? A mon avis le modèle allemand de BISMARCK (1882-1911) serait à imiter dans de nombreux domaines.

    http://www.cleiss.fr/docs/regimes/regime_allemagne0.html

    Si l’on vante l’efficacité de nos voisins allemands pour le dynamisme de leur économie ou leur force de travail, les avantages de leur système de santé sont moins souvent évoqués.

    A tort, si l’on en croit une étude réalisée par l’Institut Thomas More. Les deux auteurs de l’enquête, Jakob Höber et Caroline Popovici se sont basés sur des données obtenues grâce à une méthodologie de collecte, un traitement et une nomenclature similaires : les statistiques d’Eurostat, de l’OCDE et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Notez c’est une étude comptable sans visiter un cabinet allemand. Ils n’ont utilisé des sources nationales que lorsque « les informations n’étaient pas autrement disponibles ».

    Conclusion de leur analyse comparée : pour des résultats sanitaires similaires, l’Allemagne parvient à une maîtrise des dépenses de santé contrastant avec le déficit français. Voilà une équation a inconnues qui devrait attirer l’attention de nos ingénieurs en santé publique.

    Par exemple l’Assurance maladie allemande jouissait en effet en 2009 d’un solde positif de 1,4 milliards d’euros, contre un trou de 10,6 milliards en France. Comment les médecins peuvent-ils expliquer cette différence abyssale ?

    Jakob Höber et Caroline Popovici ne sont pas des médecins mais des économistes, des comptables qui donnent des chiffres sans les expliquer. Quels chiffres ?

    Qu’on se rassure pour nos voisins, cette différence abyssale n’est pas à rechercher dans les cotisations : celles-ci sont plus faibles de l’autre côté du Rhin (2 277 euros par habitant vs 2 459 euros sous le drapeau tricolore). Mais comment est-ce possible ?

    Doit-on redouter alors des revenus plus faibles pour les médecins ? Nenni : les omnipraticiens généralistes allemands y bénéficient d’un revenu annuel moyen de 74 703 euros, contre 46 824 dans nos contrées. La retraite du médecin est de 185 % supérieure à celle de la CARMF.

    Serait-ce dans le fait que le montant des remboursements est plus restreint chez nos voisins : atteignant 2 289 euros par habitant allemand, contre 2 551 en France ?

    Pas du tout ! Toutes les prescriptions et actes dans la journée sont pris en charge à 100 % en Allemagne en tiers payant sans aucune restriction sur les médicaments, sur les actes médicaux.

    Même les Heilpraktiker (guérisseurs) sont payés par les caisses. Pourquoi ? C’est qu’un Heilpraktiker diplômé ne prescrit rien. Seul ses honoraires coûtent !

    De même on note que les dépenses publiques de santé par habitant s’élèvent à 2 721 euros en France, contre 2 609 euros en Allemagne, ce qui représente une différence de 38 milliards d’euros par an. Pourquoi ? Voilà ce qui est le plus étonnant !

    Une étude détaillée révèle par ailleurs que les coûts liés aux médicaments représentent 14,8 % des dépenses en Allemagne, contre 16,7 % en France. Or savez-vous que les médicaments sont plus chers de 30 % au point que le VIDAL est un cadeau pour les médecins allemands qui veulent prescrire moins cher !

    En outre, il n’y a pas de restriction en % dans leur prise en charge par les caisses allemandes ? C’est qu’ils sont bien moins prescrits. Pourquoi ? C’est la liberté du parcours de soins qui explique cela.

    Les frais hospitaliers entraînent pour leur part 24 % des dépenses, contre 35 % en France. Par ailleurs, on relèvera que 10,8 % des Allemands sont couverts par une assurance privée (quand en France nous sommes tous affiliés à la Sécurité sociale.

    Les dépenses administratives des assurances sociales et privées sont bien moins importantes représentant 5,4 % des dépenses totales de santé, contre au moins 7 % en France (chiffre très contestable même par le Cour des comptes) sans compter les multiples démarches des assurés auprès des CPAM des mutuelles et des assurances diverses pour se faire rembourser les honoraires surtout s’ils dépassent les tarifs.

    Le mot dépassement n’existe pas chez nos voisins germains. Les praticiens sont classés selon leur expérience de 1 à 4 par leurs titres et leur notoriété et leurs honoraires sont entièrement pris en charge par les caisses.

    Ces multiples différences, pourra-t-on penser, ont très probablement un impact sur l’organisation de l’offre de soins, voire sur la santé des Allemands. Une fois encore, rien n’est moins sûr.

    Si les Allemands ont un nombre d’établissements hospitaliers moins importants que nous (2084 vs 2751 pour une population plus importante de 17 millions d’âmes qui compte en outre une part plus élevée de personnes de plus de 65 ans), le nombre de lits pour 100 personnes est finalement plus élevé outre Rhin (8,2 vs 6,6).

    Cependant, les nombre de personnels hospitaliers pour 100000 habitants est plus faible en Allemagne (1338/100 000 contre 1608). Voilà qui mérite explication par une visite dans un hôpital allemand.

    Par ailleurs, en termes d’accessibilité la France se montrerait plutôt favorisée : à l’exception d’une densité de médecins libéraux un peu plus faible (3,3 vs 3,6), elle compte une proportion de personnes moins importante renonçant à des soins pour des raisons financières (23 % contre 26 %) et des délais d’attente également plus limitées.

    Ces écarts n’ont cependant pas d’impact décisif sur la prise en charge des Allemands : leur espérance de vie n’est ainsi que très légèrement inférieure à la nôtre (80,3 ans contre 81 ans).

    Par ailleurs, l’Institut Thomas More indique que la mortalité pour cancer du sein est comparable et que l’on trouve plus de diabétiques bénéficiant de soins préventifs en Allemagne (40 % contre 31 %).

    Voilà une équation ne contenant qu’une inconnue à mon avis.

    Quelle est donc cette inconnue ? Il faut invoquer le parcours de soins exemplaire de l’assuré allemand qui ne ressemble en rien au parcours de combattant de l’assuré français.

    Pas d’attente, pas de rendez-vous à six mois. Pas de retard dans la prise en charge ! Tout est en tiers payant sans dépense pour l’assuré. Vu aussi qu’il y a assez de médecins parce qu’ils sont deux fois mieux payés.

    Toute maladie a un début, une période d’état, une période terminale. Plus on attend dans ce déroulé et plus cela coute et ceci de façon géométrique.

    Mise en place immédiate de tous les examens complémentaire dans le cabinet du premier médecin sans attendre plus que deux heures, pas la moindre somme à payer sauf un euro trimestriel tous les actes additionnés en cumul étant réglé rubis sur l’ongle par la Caisse des médecins à la fin du trimestre.

    Prise en charge de tous les examens médicaux et même prise en charge des Heilpraktiker (guérisseurs diplômés), prise en charge de tous les médicaments qui sont pourtant plus onéreux mais cinq fois moins prescrits que chez nous. Pourquoi ?

    Cette façon de faire empêche le saucissonnage du parcours de diagnostic et de soins et elle empêche la multiplication des consultations, le temps perdu, les arrêts-maladie d’attente, les médicaments prescrits sans que le diagnostic ne soit connu.


    • Rmei Le 03 novembre 2014 à 20h28
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      Visiblement vous faites de la désinformation concernant le remboursement des soins reçus à l’étranger.

      Un français qui bénéficie de soins en Allemagne peut se faire rembourser les soins à son retour en France.
      Il suffit qu’il ait une CEAM ou qu’il demande le remboursement à son retour en France, pour les soins inopinées. OU demandé un S2 pour les soins programmés.

      [quote]
      Par exemple l’Assurance maladie allemande jouissait en effet en 2009 d’un solde positif de 1,4 milliards d’euros, contre un trou de 10,6 milliards en France. Comment les médecins peuvent-ils expliquer cette différence abyssale ?

      Jakob Höber et Caroline Popovici ne sont pas des médecins mais des économistes, des comptables qui donnent des chiffres sans les expliquer. Quels chiffres ?

      Qu’on se rassure pour nos voisins, cette différence abyssale n’est pas à rechercher dans les cotisations : celles-ci sont plus faibles de l’autre côté du Rhin (2 277 euros par habitant vs 2 459 euros sous le drapeau tricolore). Mais comment est-ce possible ? [/quote]

      Peut être faut-il chercher du coté du nombre de cotisants ?!


      • JEAN DOREMIEUX Le 04 novembre 2014 à 07h55
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        Vous affirmez : ” Un français qui bénéficie de soins en Allemagne peut se faire rembourser les soins à son retour en France.”

        Oui mais à la condition d’en avoir demandé l’autorisation à sa CPAM. En général refusée ! Avez vous une expérience d’exercice médical ? Avez-vous essayé ?

        Autorisation accordée uniquement en cas d’urgence ou d’appareil présent uniquement en Allemagne comme la lithotritie (Il suffit qu’il ait une CEAM ou qu’il demande le remboursement à son retour en France, pour les soins inopinées. Ou demandé un S2 pour les soins programmés).

        Refusés j’en sais quelque chose après 45 ans de part et d’autre de la frontière !

        Quant à la question :

        Par exemple l’Assurance maladie allemande jouissait en effet en 2009 d’un solde positif de 1,4 milliards d’euros, contre un trou de 10,6 milliards en France. Comment les médecins peuvent-ils expliquer cette différence abyssale ?

        Jakob Höber et Caroline Popovici ne sont pas des médecins mais des économistes, des comptables qui donnent des chiffres sans les expliquer. Quels chiffres ?

        Qu’on se rassure pour nos voisins, cette différence abyssale n’est pas à rechercher dans les cotisations : celles-ci sont plus faibles de l’autre côté du Rhin (2 277 euros par habitant vs 2 459 euros sous le drapeau tricolore). Mais comment est-ce possible ?

        [/quote]

        Peut-être faut-il chercher du côté du nombre de cotisants ?

        A cette question je demande comment le nombre des cotisants peut modifier le montant de la cotisation par habitant ?


  14. Macarel Le 03 novembre 2014 à 14h25
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  15. patrice Le 03 novembre 2014 à 14h42
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    A compter de 2017 c’est une blague ?


    • Fabrice Le 03 novembre 2014 à 16h01
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      Pour les mutuelles actuellement il y a un grand mouvement de regroupement à terme il ne devrait en rester qu’une dizaine, la mutualité dans son esprit est à mon avis est morte de par son esprit “à but non lucratif”.

      Il est notable que l’un des probables gagnant sera Malakoff Médéric dont le directeur est étrangement connu enfin par un membre de sa famille (sigh !).

      point aussi à relever c’est que désormais les mutuelles prises en charges par les entreprises sont à déclarer dans le revenu imposable, alors que quelque part quand même elle pallient le faible remboursement par la sécurité sociale qui devrait normalement seule endosser une grande partie des frais (ce qui n’est plus le cas depuis longtemps).

      le coup de gueule qui me vient toujours dans ce sujet c’est quand même les exemptions qu’a accordé l’état au fil du temps à nombre d’entreprises et impayés de sa part qui n’ont jamais fait l’objet d’un paiement par l’état et qui est quand même (de mémoire) responsable aussi pour les 2/3 au déficit de celle-ci.


  16. Anne66 Le 03 novembre 2014 à 15h54
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    ne pas s’énerver comme cela 🙂 : procurez vous les courbes de démographies médicales actuelles, celles du numérus clausus, et vous aurez de quoi avoir vraiment peur et vous comprendrez pourquoi on ne trouve pas de médecins.
    Par ailleurs, seuls 10% des jeunes médecins nouvellement formés veulent s’installer en ” libéral” .. bientot désert médical à Paris meme.

    le ” raisonnement ” de Marisol est un pur sophisme… totalement stupéfiant.


  17. jodan Le 03 novembre 2014 à 16h44
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    Beaucoup de choses intéressantes dans les avis donnés ici.
    Notre système de santé est encore performant. Tout le monde peut se faire opérer sans avoir à débourser une somme considérable. On a pu entendre aux infos, la semaine dernière, qu’aux USA, il n’en est pas de même. L’inventeur du jeu Dr Maboul, ne pouvait payer une opération de 25 000 dollars que son assurance ne couvrait pas. Si l’on en croit des gens bien informés, un grand nombre d’américains ne peuvent pas se soigner correctement. Ce serait bien de ne pas en arriver à ce stade. Gardons notre précieux système. Le rendre moins onéreux tout en préservant son efficacité est possible je pense.
    Le transport médical coûte très cher et n’est pas toujours justifié. Des organismes ont flairé la bonne affaire quand cela a été permis. Aller chez le kiné, conduire son enfant chez l’orthophoniste peut se faire par ses propres moyens. Responsabiliser le citoyen pour qu’il ne dise pas qu’il y a droit, donc qu’il en profite.
    Je trouve que la carte vitale est sous employée. Chaque consultation devrait y être notée, avec diagnostique et traitement; compte-rendu d’examens, ce qui éviterait de les refaire en cas d’hospitalisation s’ils sont récents. Les petites cartes ont maintenant une grande capacité de mémoire.
    Et puis en cas d’urgence, les médecins auraient immédiatement les données intéressantes; groupe sanguin, maladie, allergie….
    Et puis le scandale des médicaments. Les “astuces” des labos pour vendre leurs produits au prix fort avec la complicité de la commission qui fixe les tarifs. En cherchant un peu, on trouve nombre de ces combines qui coûtent cher à la sécu. Des articles paraissent de temps en temps.
    Et la triche des entreprises qui s’élève à des sommes colossales par an.
    Les pseudos mutuelles font du lobbying forcené auprès des personnes en responsabilité pour récupérer une partie de la manne financière que représente la santé. Auprès du citoyen lambda, c’est par téléphone ou courrier que l’approche se fait.


  18. Carole G Le 03 novembre 2014 à 20h47
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    1) le problème principal de la sécu, ce sont les recettes , pas les dépenses:
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/09/16/20002-20140916ARTFIG00312-la-fraude-aux-cotisations-sociales-depasse-20-milliards-par-an.php
    2) la désertification médicale ( gravissime ) que connait notre pays a plusieurs origines: numérus clausus trop important depuis des années( on n a pas formé suffisamment de médecins), les jeunes médecins dans leur majorité, ne veulent pas s installer en libéral ( vie contraignante pour les généralistes) et investissements financiers importants pour de nombreuses spécialités ( ophtalmo,dentistes etc…); de plus, les jeunes ne veulent pas etre éloignés des grands centres urbains ( loisirs, culture, éducation de leurs enfants plus performante), et ont peur de se retrouver seuls, dans ces déserts médicaux…


    • JEAN DOREMIEUX Le 04 novembre 2014 à 06h16
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      Oui Carole, les recettes sont le vrai problème de l’Assurance Maladie.

      Notre système d’Assurance maladie français, quoique bien conseillé si je reprends la dénomination de leur fonction, par de nombreux médecins dit médecins de contrôle par la toute la population, est très malade.

      Non d’une grippe passagère, mais d’une pathologie durable de nature génétique, depuis sa naissance en 1945.

      Nous devons tenter ensemble de dépasser le niveau des négociations conventionnelles, des taux de remboursement des actes et des médicaments pour refonder entièrement les bases de l’Assurance Maladie.

      Le Think Tank socialiste TERRA NOVA nous a proposé à sa manière : étatiser ou lieu de libéraliser. Bref essayer pour l’Union Européenne ce qui n’a pas marché dans les pays de l’Est au bon vieux temps de l’Union Soviétique.

      Les soucis de l’Assurance maladie se portent sur les dépenses. L’assureur social exerce la médecine. Ses 3000 praticiens médecins conseils conseillent non pour donner des soins mais pour priver de soins.

      Les soucis sur les recettes ne sont pas à l’ordre du jour, sauf à augmenter de quelques points les cotisations. Il faut inverser cette tendance. Pourquoi ? Comment ?

      L’Assurance Maladie, même sans aucune fraude, dépensera de plus en plus du seul fait du vieillissement et des additions de pathologies et aussi les prix de nouveaux médicaments et la gestion des polypathologies.

      La production économique en France est en tendance baissière, avec pour effet de créer un déficit structurel. L’AM a ainsi bien plus tendance à soigner ses déficits qu’à soigner ses malades !

      Les cotisations solidaires sont assises sur le travail alors que les pathologies du travail (AT) ou les maladies professionnelles (MP), ne représentent peut-être 4 % du total des dépenses de l’AM.

      La consommation, grâce à la mondialisation est, au contraire, en stand-by, même en hausse. Alors que les excès de la consommation, les soucis que nous apportent les nouveaux produits chimiques incorporés à nos aliments sont responsables des dépenses pour les pathologies induites dans une proportion de 80 % des dépenses AM.

      Si l’on passait des cotisations assises sur le travail aux cotisations assises sur la consommation, cela aurait pour effet de faire disparaître d’un coup d’un seul toutes les fraudes dénommées travail au noir !


  19. Dr mr Le 04 novembre 2014 à 01h59
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    Je suis ophtalmo secteur 2, malgré ma situation privilégiée je suis très inquiet pour mon avenir dans ce pays qui est au bord de la faillite.
    Je travaille beaucoup entre les consultations qu’il faut enchaîner à un rythme infernal et la chirurgie qui est un stress encore plus important:je ne pense pas voler mes honoraires contrairement à ce que pense la majorité des gens qui voudraient voir les médecins larbiner pour la gloire.
    Mon pactole est par ailleurs largement redistribué entre rsi urssaf carmf is et ir.
    Je pense que les compléments d’honoraires sont beaucoup moins scandaleux que le désengagement de la sécu qui fait la part belle aux mutuelles (la mutualité française à d’ailleurs des relations privilégiées avec la gauche) qui font des bénéfices colossaux en toute opacité.
    Si les remboursements sont plafonnés vous pouvez être certains que les cotisations seront maintenues ou augmenteront et les politiciens qui auront permis cela ne manqueront pas d’être récompensés.
    Je suis prêt à faire des efforts mais pas dans un pays ciblé de dettes qui continue en recruter des fonctionnaires ( des vrais…),qui est gouverné par les syndicats (ex cgt et sncm), qui préfère le chômage de masse à la libéralisation du travail etc
    Si tout le monde fait des efforts et que j’ai l’impression que l’on va dans le bon sens alors oui je prendrai toute ma part de l’effort collectif.
    Par contre si rien ne change, que l’on m’accuse d’être responsable de la faillite du système de santé et que l’on essaye de me contraindre alors je pense que la seule solution pour moi sera l’exil…on verra bien après 2017.


    • JEAN DOREMIEUX Le 04 novembre 2014 à 08h01
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      A mon confrère ophtalmologiste, pour votre exil apprenez l’allemand que ce soit pour la Suisse ou pour l’Allemagne. Pour le reste votre intervention est parfaite.


  20. Carole G Le 04 novembre 2014 à 08h39
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    @Jean, Dr mr,
    effectivement, un bon système de santé coute cher…et nous sommes rentrés dans des logiques purement comptable; on peut toujours taper sur les professionnels de santé libéraux: c est vrai que nous gagnons bien nos vies( je suis idel), mais au prix d un travail intense; le jour ou tout cela sera étatisé, 35 h hebdomadaire, 20h de consultations, 15 de paperasseries, ouverture de 9h à 16h30( vous ne trouverez pas de professionnels qui accepteront des contraintes horaires,de week end, de nuit, etc… et de surcharge de travail, pour un salaire bas; on n en trouve déjà difficilement dans les conditions actuelles)
    ça fera comme en Grande Bretagne: un service gratuit merdique pour tout le monde, et pour ceux qui ont de l argent , un secteur totalement libéralisé, hors de prix
    une ” petite info”, dans ma région, organisation par les pouvoirs publics ( hôpital, responsables politiques, il y a un mois, champagne et petits fours gratuits, payés par le contribuable…) pour nous annoncer les ” nouveautés”: développement de la consultation par les spécialistes via webcam: que du bonheur, plus besoin d examiner le patient; le médecin ne consultera plus le patient , mais l ordinateur…


  21. Djodan Le 04 novembre 2014 à 10h31
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    Les derniers commentaires sont dans la ligne: nous ne volons pas notre salaire; au nombre d’heures que nous faisons, cela n’est pas cher ramené au tarif horaire… Les arguments sont connus.
    Quand on a fait de longues études pour être médecin ou mieux spécialiste, on a choisi j’espère cette voie. Pas comme mon neveu qui veut être chirurgien pour gagner de l’argent…
    Je connais un généraliste qui n’a pas cet esprit, il a beaucoup de CMU dans son cabinet et fait régulièrement des maraudes. Ils sont quelques-uns comme ça, des individus qui pensent à leur congénères et pas qu’au fric roi.
    Pour quoi en faire d’ailleurs? Certains gagnent beaucoup d’argent mais n’ont plus grand chose à la fin du mois. Facile alors de taper sur les taxes et impôts. Mais c’est à qui aura la dernière berline allemande, un yacht… L’esprit de la côte… Et pour marier un enfant ou payer une chambre pour les études, ils font appel à un organisme de crédit…Et l’argument qui était utilisé, de l’argent des riches qui ruisselle sur les moins riches n’est pas valable. Les dix pour cent supérieurs gagnent toujours plus, les pauvres le deviennent plus et sont plus nombreux. Après quelques millénaires, la civilisation avance à grands pas!
    C’est un choix de société. Un mode américain dont les lobbies vendent bien leur produit à l’aide parfois d’arguments frappants…ceux qui écoutent Delamarche sur ce site, voient que ce n’est pas le paradis chez eux. Ou une société plus juste, moins inégalitaire, moins individualiste. J’entends déjà certains, non pas collectiviste! En faisant travailler nos neuronnes, on devrait pouvoir fonder ce genre de société. Mais ceux qui ont beaucoup ne veulent pas perdre un peu, ceux qui ont un peu ont peur de ne plus rien avoir. Les détenteurs du pouvoir, non pas les marionnettes de la politique, mais la finance est au courant de cela et sait que ça va durer encore longtemps. Elle agit dans ce sens, elle dirige tout, la police défend ses intérêts s’ils sont attaqués et elle distribue et des palliatifs( TV, téléphones…) pour maintenir la paix sociale.
    La sécurité sociale, qui était une utopie, est devenue réalité. Le monde néo-libéral n’aime pas ce genre d’utopie. Il faut de la rentabilité!


  22. olivier69 Le 04 novembre 2014 à 15h12
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    Bonjour,
    Information transparente :
    L’ordonnance du 22 juillet 1997 en vigueur validée par la Cour du Palais de Buckingham du Royaume-Uni.
    « Sa Vénérable Majesté, en application de l’article 179-1- (a) et 179-2-, peut par décret, prévoir, modifier ou adapter cette législation dans son application aux cas visés par l’accord ou les modifications proposées. »
    http://www.legislation.gov.uk/uksi/1997/1778/contents/made
    La santé publique « Made in USA » ? Comment appelle-t-on une institution publique dont les pleins pouvoirs sont détenus par une seule personne ? 
    Cdlt
    ps : Vive les traités qui nous attendent ?


  23. DB Le 04 novembre 2014 à 18h57
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    Les vrais chiffres:
    Revenus moyens des généralistes en 2013: 81335€
    Pour 25% qui ont les revenus les plus élèves 138000€ en moyenne
    Ref Journal les échos du 9/07/2014
    Les généralistes déclarent travailler 52 et 60 heures par semaine
    Ref rapport IRDES santé et médecine.net nov. 2014
    On est loin de certains chiffres annonces sur le forum 46824€ de revenu moyen pour 90h de travail par semaine; quel intérêt d’annoncer des chiffres faux si ce n’est d’altérer son propos.
    Oui les médecins généralistes gagnent correctement leur vie mais ils multiplient les heures de travail pour cela.


    • JEAN DOREMIEUX Le 04 novembre 2014 à 20h16
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      Je me sens visé. Je redis : j’ai remplacé quatre mois un chirurgien qui travaillait à raison de 90 heures par semaine, sans vacances depuis sept ans, sans congés sur 365 jours !

      Je reconnais que c’est un record jamais vu en quatorze remplacements. Mais ce n’était pas par souci de gagner de l’argent, il était en secteur 1 ! Et il n’avait pas le temps du moindre loisir. Si ! Si !

      Quant aux BNC des médecins lisez les données de la CARMF et retenez que ce sont des courbes de Gauss avec des situations pitoyables et des situations mirifiques.


  24. NAVARRETE Le 05 novembre 2014 à 08h11
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    Merci pour cet article passionnant.

    2 enjeux principaux :

    1/ L’effet concentration des mutuelles – prévoyances :
    éviterons nous la disparition des mutuelles comme aux Etats-unis
    où ces dernières sont tombées face aux tirs de barrage des sociétés d’assurance ?
    A force de devenir interchangeable, l’identité mutualiste peut se perdre…

    2/ La SECU est en situation de monopole bien installée et protégée par décret européen
    (à la main des états membres).

    Plutôt que de préparer l’après SECU,
    il me semble plus qu’important de limiter les abus
    qui, pour la plupart ne sont pas ceux des usagers
    mais ceux de process parfois ubuesques
    à simplifier / rationaliser.


  25. DocBB Le 07 novembre 2014 à 03h44
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    Yen a marre des commentaires à la cons sur les médecins sans le background nécessaire à piger ce qui se passe, et des commentaires qui confondent tout.

    Le sujet de l’article est la limitation du remboursement des mutuelles.
    Les mutuelles sont devenues indispensables parce que la sécu s’est désengagée des soins de santé pour toute une partie des pathologies, dont les dents, les lunettes, et maintenant des actes technique en général et de la chirurgie en particulier.

    C’est en 1980 sous Raymundo 1er le meilleur économiste de France et de La Réunion que la convention entre médecin et sécu a créé le secteur “2” dit à honoraires libres… ça fait bientôt 35 ans. À l’époque, le gouvernement et la sécu craignaient de ne pas pouvoir suivre l’inflation à 2 chiffres. on a donc fixé le tarif de remboursement et on a laissé les médecins ajuster le prix à leur guise avec tact et mesure.

    Donc les tarifs de remboursement de la sécu (pas le prix réel des actes) ont stagné depuis, ou en tout cas augmenté a une vitesse d’escargot : le remboursement sécu a gagné environ 12% depuis (avec quelques montées et descentes par rapport à l’inflation. Par exemple une consultation (“C”) qui était à 150 FF en 1995 est toujours à 23 € aujourd’hui, (23×6,65= 152,95) ou encore si vous croyiez que votre vie vaut quelque chose le chirurgien est sensé vous guérir d’un cancer du trou de balle pour moins de 90 euros TTC : ( HKFA007 Exérèse de tumeur maligne du canal anal et/ou de l’anus 87,84 € depuis 2005…avec les actes complémenaires obligatoires inclus dans ce même tarif (7.3 La résection du tube digestif sans rétablissement de la continuité inclut l’abouchement d’une ou des deux extrémités du tube digestif à la peau [stomies cutanées].7.3 La résection du tube digestif avec rétablissement de la continuité inclut l’anastomose des deux segments du tube digestif, quelles qu’en soient les modalités.)

    Bref la sécu dérembourse les actes comme elle a déremboursé les lunettes,

    Et nous jure que le remboursement est la juste valeur des choses alors que ses tarifs ne suivent pas et de loin la dérive inflationistes générale, fut ce de loin,
    Au bout de 35 ans la différence entre le prix et le remboursement se fait criante, évidemment et on s’en étonne !

    Et pour les tenants d’une médecine salariée je vous propose le coût exhorbitant de la médecine Hospitalière Publique à la Française, pour cela il faut savoir que chaque séjour (de malade) est payé (à la structure hospitalière privée ou publique) selon une ligne tarifaire établie par un algorithme publié au JO et qui mélange savamment les actes réalisés et les diagnostics relevés. Chaque ligne a un code et 2 tarifs celui du public et celui du privé: on parle bien d’un même malade avec les mêmes pathologies à qui on a fait subir les mêmes actes diagnostiques ou thérapeutiques la seule différence s’est la structure des soins.

    Démonstration :
    http://internet.atih.sante.fr/
    Pour ceux qui n’auraient pas le courage de lire : un petit exemple bien lumineux; le simple séjour d’un nouveau né sans problème significatif GHS n° 5830 (c’est juste le pédiâtre qui passe tous les jours (cout théorique 23€ par jour pour 4 jours en moyenne nationale…) Clinique 729,66 euros Hôpital public 3702,39 euros et ne dites pas qu’il est plus grave, plus paooovre, plus… non il est juste à l’hôpital et pas en clinique.

    ou encore passage en consultation chez le généraliste ou le spécialiste 23 € (en secteur 1) et passage aux urgences de l’hôpital public : 250 € en moyenne (vous avez dit “gratuite” la médecine publique salariée?)

    Voila peuple de France pourquoi vous avez voté depuis 35 ans.
    Il faudrait savoir ce que vous voulez vraiment


    • JEAN DOREMIEUX Le 07 novembre 2014 à 06h47
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      Merci de votre démonstration


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