Du GRAND Emmanuel Todd dans cette interview du 23/11 par Bertrand Rothé pour Marianne…

Marianne : Il y a un an avec Hervé Le Bras vous avez publié «le Mystère français», une analyse approfondie de la situation de la France. Ce travail soulignait les particularités de la Bretagne. A ce moment-là, pouvait-on imaginer que cette dernière se révolterait ?

Emmanuel Todd : Dans notre livre, la Bretagne est très présente pour des raisons rationnelles et irrationnelles. Elle occupe incontestablement une place particulière en France. Ses systèmes familiaux sont très divers, ses performances scolaires sont étonnantes. C’est désormais la région la plus à gauche, un bastion du Parti socialiste, le PS y ayant migré de ses terres du Nord et du Sud. Du côté sentimental, à des degrés divers, Hervé Le Bras et moi-même avons des origines bretonnes et passons beaucoup de temps là-bas.

La Bretagne offre un exemple extrême mais caractéristique de basculement dans la révolte d’une région que les commentateurs percevaient comme prospère, de gauche, européiste et stable. Notre livre a été trop rapidement analysé comme une radiographie de la France qui va bien, en opposition à celle qui va mal. Les régions qui allaient bien, selon cette lecture, étaient les anciens bastions catholiques, ou de «catholicisme zombie». La pratique religieuse catholique, forte jusque vers 1960, y a tardivement disparu mais a laissé subsister une forte aptitude à la coopération – des communes, des groupes professionnels, par exemple -, bref une forte intégration locale. Le reflux récent de la religion y a surtout libéré un dynamisme spécifique. Depuis la réforme protestante, et encore plus depuis la Révolution de 1789, le catholicisme était arc-bouté contre la modernité. Sa disparition a libéré une énergie positive. Aujourd’hui, les régions «catholiques zombies» ont de meilleurs résultats éducatifs, des taux de chômage plus faibles, une meilleure résistance à la crise économique. Mais ce que le Mystère français suggérait, c’est seulement que les régions catholiques zombies allaient moins mal que les régions de vieille laïcité, pas qu’elles allaient bien. La crise touche tout le monde, le vide du pouvoir est visible partout.

Mais la révolte ?

E.T. : Nous y arrivons. Cette région lancée sur les rails de l’européisme est aujourd’hui touchée de plein fouet par la logique européenne du jeu sur le coût du travail, sous contrainte de l’euro. Et nous constatons que son dynamisme culturel donne à cette région la force de la révolte. Les historiens savent bien que les révolutions sortent du progrès, pas de la régression. La tradition d’entraide et de solidarité héritée du catholicisme contribue à l’efficacité de la protestation. A cela vient s’ajouter un autre élément de cohésion : la Bretagne est une région où l’immigration ne compte pas. Il suffit de feuilleter l’annuaire du Finistère pour s’apercevoir que les noms y sont massivement bretons. Ces milieux populaires ne sont pas divisés par l’immigration. Cette société politique n’est pas désorganisée par le Front national, insignifiant régionalement. Ce que montre paradoxalement la révolte bretonne, c’est à quel point le FN, parce qu’il divise les Français, est une aide au système, fait partie du système. Quand le FN n’existe pas, la société a la cohésion nécessaire à la révolte.

On peut donc conclure que, parce que la Bretagne est «à la pointe de la modernité» (Jacques Julliard, Marianne, n° 864 du 9 novembre 2013), elle est à la pointe de la révolte ?

E.T. : Oui, c’est assez bien résumé, mais attention, il faut se méfier de toute caricature. La Bretagne est aussi une France en miniature. C’est une région très diverse. La partie du Finistère la plus concernée n’est pas n’importe quelle Bretagne. C’est une région catholique certes, mais où ont toujours existé des poches de gauche importantes.

Dont des poches communistes…

E.T. : Oui, une poche de communisme rural, centrée sur la partie ouest des Côtes-d’Armor mais qui atteignait l’intérieur du Finistère autour de Carhaix. Et, faut-il le rappeler, le PC a une tradition plus nationale centraliste que le PS régionalisant. Le pays bigouden, au sud-ouest de Quimper, a un fond républicain. Et tout cela ne date pas d’hier : dans son Tableau politique de la France de l’Ouest sous la IIIe République (1913), André Siegfried soulignait le potentiel républicain de la Bretagne. Il montrait que le département du Finistère était, par la présence de la marine nationale à Brest, directement relié à Paris. L’interprétation de la révolte en termes d’autonomisme breton, malgré l’omniprésence du gwenn ha du, le drapeau blanc et noir breton, est absurde. La réalité profonde du mouvement n’est pas dans Christian Troadec, maire bretonnant de Carhaix, mais dans le fond rouge de sa région qui ne relève effectivement pas d’un type socialiste banal. L’identité bretonne combine, sans contradiction, fidélité à la Bretagne et loyauté envers la France.

On reproche aussi à cette révolte de ne pas être très cohérente…

E.T. : C’est incontestable, les revendications sont floues. Mais comment cette révolte pourrait-elle être cohérente puisque l’idéologie au pouvoir elle-même n’est plus cohérente, en cette période crépusculaire d’échec de l’euro, dans une province qui croit à l’Europe ? De toute façon, une révolution n’est jamais cohérente dès le départ. Toutes les oppositions s’expriment et les forces dominantes n’apparaissent que par étapes. Je propose un début de clarification conceptuelle : on pourrait dire que la Bretagne des producteurs, ouvriers et patrons, affronte le Paris des prédateurs, les banques et l’État, banques et État étant désormais contrôlés par les mêmes inspecteurs des finances.

Qu’est-ce que vous répondez à ceux qui attendaient plutôt une révolte des banlieues ?

E.T. : Je répondrai qu’il y a déjà eu une révolte des banlieues, en 2005, qui relevait d’une même logique : l’abandon de régions entières par les élites et les groupes nationalement dominants. La révolte des banlieues a d’ailleurs aussi démarré, autour de Paris, dans une région où le Front national ne compte plus, cette fois-ci parce qu’il y avait déjà eu tant d’immigrés que la question de l’immigration était dépassée. Ça se confirme : la faiblesse du FN permet la révolte. Le FN sert le statu quo : Marine Le Pen et l’UMPS, même combat.

Comment expliquer la phrase de Mélenchon : «A Quimper, les esclaves manifesteront pour les droits de leurs maîtres» ?

E.T. : Mélenchon s’est démasqué. Il montre son appartenance aux élites parisiennes et son mépris du peuple. Certes, la stupéfaction est la même partout, spécialement à gauche. La CFDT nationale a développé un hallucinant discours anti-patrons bretons, assez amusant quand on se souvient de la façon dont la CFDT a aidé Hollande et le patronat à rendre plus «flexible» le marché du travail. Mais au moins peut-on voir dans l’hostilité de la CFDT à la révolte sociale une trace du catholicisme de la CFTC, avec son respect de l’autorité, sa préférence pour la collaboration des classes. «Merci, notre maître»…

Le cas Mélenchon, lui, ne correspond à rien de connu. Cet homme se gargarise du mot «révolution» mais traite des révoltés porteurs de bonnets rouges d’«esclaves», il est insensible à la symbolique du rouge et du bonnet dans un contexte français et non seulement breton. Il semble d’ailleurs dépourvu d’une culture révolutionnaire minimale : les révolutions naissent toujours dans l’ambiguïté. La Révolution française a commencé par une révolte des parlements au nom d’une idéologie qui n’avait rien de progressiste. Quant à son discours anticlérical, c’est l’élément stable de sa doctrine, puisqu’il rejette aussi la révolte tibétaine au nom de l’anticléricalisme… Loin d’être un révolutionnaire, Mélenchon est un petit-bourgeois radical-socialiste qui n’aime pas le désordre. Avec lui, la gauche de la gauche est vraiment mal barrée.

Le groupe Les Économistes atterrés ont aussi condamné cette révolte «archaïque» qui «refuse les contrôles et les taxes»…

[…]

Source : Marianne

SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

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19 réponses à [Reprise] “Les bonnets rouges, une chance pour la France”, par Emmanuel Todd

  1. Vénus-Etoile du Berger Le 24 novembre 2013 à 12h00
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    Pas d’immigration en Bretagne.

    La Bretagne porte bien son nom, puisque le nom « Bretagne » vient du latin Brittania qui signifie exactement « le pays des Bretons ».

    Un breton se définit avant tout comme un breton et non un français.


    • Amsterdammer Le 24 novembre 2013 à 13h50
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      et…?

      La France porte bien son nom, puisque le nom « France » vient du latin Francia qui signifie exactement « le pays des Francs ».

      L’Allemagne porte bien son nom, puisque le nom « Allemagne » vient du latin Alemania qui signifie exactement « le pays des Alamans ».

      L’Italie porte bien son nom, puisque le nom « Italie » vient du latin Italia qui signifie exactement « le pays des Italiens ».

      La Thaïlande porte bien son nom, puisque le nom « Thaïlande » vient du Thai Pratet Thaï, ประเทศไทย qui signifie exactement « le pays des Thaï ».

      La Chine porte bien son nom, puisque le nom « China » vient du chinois 中国 qui signifie…. ah non, tiens, ça signifie autre chose. Bon. Passons.


    • Patrick Le 24 novembre 2013 à 14h13
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      C’est tout ce que vous avez retenu du propos de Todd ? qui dit d’ailleurs autre chose, à savoir que les Bretons se sentent français et européens plus qu’une bonne partie de la population française.


  2. Vénus-Etoile du Berger Le 24 novembre 2013 à 12h08
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    Il est intéressant d’analyser les brasseries à Paris.

    Les brasseries à Paris appartiennent presque toutes aux bretons.

    Si vous êtes noir et qu’il vous vient à l’idée de passer une formation de serveur en café brasserie, ne perdez pas votre temps et ne perdez pas votre argent car diplôme en poche vous ne serez pas embauché même si une annonce est placardée sur la vitre de la brasserie.


  3. pipabrin Le 24 novembre 2013 à 12h28
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    je m’etonne que dans cette longue diatribe d’intellectuel il n’y ait aucune analyse des faits. Par exemple, le cas Doux où on fabrique du poulet ( degueulasse ! ) subventionné par l ‘Europe piu l’exporter en Orient en polluant comme jamais la Bretagne. Pareil avec le cochon. Depuis 7 ans la fin des subventions était programmée. Et tout le microcosme de s’ etonner du desastre aujourd’hui. Patrons enrichis mais irresponsables, et avec les syndicats et ouvriers coupables de cette tragique absence de prevision et d’acceptation de la mondialisation stupide.


  4. Jacqueline Le 24 novembre 2013 à 12h58
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    Nous voyons bien le délire qui s’est emparé de la presse et de nos concitoyens lors du succès du match France/Ukraine. Todd a raison le pays va mal : défaite économique + humiliation internationale…c’est trop ! Il nous fallait un succès pour tenter de réparer les blessures…jusqu’à quand?


  5. Vénus-Etoile du Berger Le 24 novembre 2013 à 13h16
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    Comme Emmanuel Todd souligne le drapeau de la Bretagne et blanc et noir.

    Pourquoi les bretons se revendiquent rouge et bonnet rouge subitement?

    Pour continuer à obtenir des subventions plus importantes que les autres régions ?

    Le blanc et rouge est la couleur basque. Et c’est un béret.


    • Ras Le 24 novembre 2013 à 15h06
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      Le bonnet rouge est une référence à une révolte populaire du 17ieme siècle en Bretagne contre une hausse des taxes.

      Rien de communiste là dedans. Et la référence est lourde de signification pour qui connait un minimum l’histoire de la Bretagne.

      Dans tous les cas quand on ne sait pas, on va sur wikipédia ! 🙂


  6. Fabrice Le 24 novembre 2013 à 13h31
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    Olivier je suis désolé mais vous qui servez le bon sens vous optez pour l’admiration d’un obtus et qui déforme les faits pour servir ses intérêts Todd est champion voyons :

    – ah petit à petit son favoris (http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120304.OBS2872/emmanuel-todd-je-parie-sur-l-hollandisme-revolutionnaire.html) devient l’impuissant et après l’ennemi à abattre alors que tout prouvait avant les élection qu’il ne ferait rien de mieux si ce n’est dans le moins clivant quoi que ! (http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20120214trib000683053/quand-francois-hollande-drague-la-city.html)

    – L’Allemagne responsable des problèmes bretons là je dois avouer que son raisonnement m’échappe si ce n’est pour défausser les français sur l’ennemi de toujours de Todd.

    – Les bonnets rouges furent pour l’emploi et contre l’écotaxe qui semblait amplifier les difficultés des entreprises mais semblent sur le point d’être récupéré par une volonté bien lointaine des créateurs (http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-marliere/071113/il-y-du-rouge-sur-les-bonnets-rouges) quand à ce qu’il dise que les bonnets rouges défendent la France contre l’Europe on peut douter au vu de :

    * On sait que les grosses industries agroalimentaires Bretonnes subventionnées se sont gavées grâce à la PAC, sans jamais adapter leur production pour anticiper malgré les problèmes écologiques qu’elles provoquaient (http://maplanete.blogs.sudouest.fr/archive/2013/06/14/nitrates-la-france-condamnee-par-l-europe.html) et se fichaient des amendes payées par la France à l’Europe. Alors que tout laisse penser que notre avantage est dans la qualité plutôt que dans la quantité car nous ne ferons jamais le poids dans le productivisme pour l’exportation (sans financement publique) mais bon il faut du temps pour s’adapter et là les grandes entreprises agroalimentaire n’on jamais voulu faire cet effort d’anticipation.


    • fabrice Le 24 novembre 2013 à 14h03
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      Petit Ajout sur les bonnets rouges, ils sont à un point où le risque est grand comme l’évoque l’édito qui évite les amalgames (lui) sur l’instant présent ou un équilibre précaire existe qui ne le fasse basculer sur des intérêts qui ne seront pas forcément cette fois dans l’intérêt des citoyens Bretons et de leur si beau territoire.

      Certains se démarquent, comme les syndicats (http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/11/23/20002-20131123ARTFIG00295-le-gouvernement-promet-des-mesures-sociales-dans-le-pacte-breton.php) qui feraient mieux de ne pas le laisser tomber dans d’autres mains qui n’attendent que cela pour la faire basculer de leur côté (http://www.francetvinfo.fr/politique/francois-hollande/francois-hollande-hue-le-11-novembre/quand-l-extreme-droite-recupere-les-bonnets-rouges_456640.html) qui leur offrirait un territoire où ils n’ont jamais pu s’implanter significativement.

      Le bon sens me dit que tout n’est pas si simple et que nous allons assister à un éclatement de ce mouvement sympathique mais fondamentalement régionale pas forcément anti-européen mais bien anti-centralisme Parisien (contrairement à ce qu’essaye de faire croire Todd) car certainement celui qui a le plus bénéficié du financement européen, le problème c’est qu’en cette période de crise ces fonds se tarissent et le réveil est douloureux alors qu’il aurait pu être anticipé et préparé.

      Mais depuis quand nos dirigeants nous préparent aux changements que nous allons affronter ? Comme je vous le disais Olivier cet exemple Breton n’est à mes yeux qu’un avant goût de ce que nous allons subir tant personne (sauf certains sites comme le vôtre) n’est préparé à affronter à ce qui nous attend quand une dette de plus de 1800 milliards est suspendu au-dessus de nos têtes. Et là j’espère que nos politiciens subirons le prix de leur trahisons en nous mentant plutôt qu’en nous préparant et en préparant la France petit à petit plutôt que brutalement sans avertissement, ce qui tournera mal.


      • Vénus-Etoile du Berger Le 24 novembre 2013 à 14h28
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        Très bien expliqué et très bien résumé Fabrice. Chapeau bas.
        Bien cordialement.


  7. Vénus-Etoile du Berger Le 24 novembre 2013 à 14h00
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    Souvenir souvenir
    Élection présidentielle 2002 premier tour

    L’élection présidentielle 2002 s’est déroulée les 21 avril (1er tour) et 5 mai 2002 (2ème tour) en Bretagne. Au 1er tour, Jacques Chirac (Rassemblement pour la République) réunit 21,60% des voix devant Lionel Jospin (Parti socialiste), 18,07%, Jean-Marie Lepen 11,81%

    11,81%!! Pour Jean-Marie Lepen et Lionel Jospin battu


  8. Vénus-Etoile du Berger Le 24 novembre 2013 à 14h10
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    Souvenir souvenir
    Bretagne Résultats premier tour élection présidentielle 2007

    Voix % Exprimés
    Mme Ségolène ROYAL 564 090 28,14
    M. Nicolas SARKOZY 557 505 27,81
    M. François BAYROU 451 988 22,55
    M. Jean-Marie LE PEN 143 926 7,18
    M. Olivier BESANCENOT 94 205 4,70
    Mme Marie-George BUFFET 31 860 1,59
    M. Philippe de VILLIERS 41 212 2,06
    Mme Dominique VOYNET 39 026 1,95
    M. José BOVÉ 28 484 1,42
    Mme Arlette LAGUILLER 25 662 1,28
    M. Frédéric NIHOUS 21 207 1,06
    M. Gérard SCHIVARDI 5 169 0,26


  9. Patrick Le 24 novembre 2013 à 14h17
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    Donc pour le changement..

    exit Mélenchon

    et il ne reste plus personne pour qui voter, en qui espérer..

    La seule option est-elle donc un grand ménage par le vide des classes politiques ?


    • Morvan Le 24 novembre 2013 à 14h27
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      un grand ménage par le vide, je me pose sérieusement la question


  10. K! Le 24 novembre 2013 à 14h32
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    Comme toujours, une excellente analyse de Todd, mais une erreur fondamentale consistant à accorder un peu trop d’intelligence aux acteurs.

    Malgré toute ma sympathie pour les bretons, je peux constater que oui, il existe un nationalisme crétin, qui ne construira rien de bon. Par ailleurs, si nous sommes nombreux à ne pas contester le principe de l’impot mais à accepter le ras-le-bol fiscal actuel, les mouvements de masse ne savent pas s’encombrer de nuances. Or là, ce qui se passe porte plutôt vers le nationalisme et vers la droite.

    Je vous recommande le dernier numéro d’@rret sur images
    http://www.arretsurimages.net/emissions/2013-11-22/Non-les-bonnets-rouges-ne-sont-pas-pilotes-par-les-patrons-id6315
    Dans lequel transparaîssent clairement l’idéologie sous-jacente classe dominante régionale jouant sur la détestation de paris pour asseoir son pouvoir, et des syndicalistes se battant becs et ongles pour un combat absurde (sauvegarder l'”Empoi” coûte que coûte, dans une filière néfaste à tous, la volaille).


  11. Morvan Le 24 novembre 2013 à 14h53
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    les manifestations des bonnets rouges ?
    depuis le début, pour moi il s’agit d’une manifestation de droite qui vise à déstabiliser Hollande.
    On y remarque des écharpes tricolores et des députés de droite.(Marc le Fur député UMP des cotes d’armor) l’UMP avec Sarkozy vote l’écotaxe, Hollande la met en place et Il s’en prend à Mélenchon, je ne sais pas pourquoi. Du délire.
    http://www.itele.fr/france/video/marc-le-fur-trop-cest-trop-60946
    Du grand n’importe quoi. Ressemblance avec les manifestations du mariage pour tous. En aucun cas ne croyez que je défends Hollande. Il est devenu indéfendable tout seul.
    Je lis n’importe quoi dans les commentaires par rapport aux bretons. C’est vrai que beaucoup de bretons sont à Paris, mais aussi aux Etats Unis au canada. Les bretons sont des navigateurs, des marins, ils n’ont pas peur de parcourir le monde. Ils n’avaient pas forcément le choix puisque la Bretagne a été longtemps un désert industriel, à part la Marine nationale
    Un breton né à Brest en 1949 de famille paysanne.


  12. Vénus-Etoile du Berger Le 24 novembre 2013 à 14h56
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    ET exprime : La révolte bretonne est une chance pour la France… Une révolte dans la grande région socialiste et européiste.

    pourtant quand il faut voter cf. 2002 présidentielle (socialiste battu au premier tour, et JM Lepen a obtenu 11,81% tout de même) et cf. 2007 présidentielle(socialiste:28,14%,ump:27,81%, FN 7,18%) la Bretagne n’est pas une grande région socialiste.

    Quant à européiste, pour encaisser les subventions uniquement pour la Bretagne oui mais pour mettre en place une règle commune européenne(cf. ecotaxe) non.


  13. Patrick Luder Le 24 novembre 2013 à 15h13
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    Mais que cache donc, que couve cette “révolte” bretonne ???
    – un raz-le-bol du dictât du gouvernement ?
    – un trop-plein de taxes et retaxes ?
    – un désaccord total avec la politique-économique ?
    – un coud-de-gueule contre l’emploi qui fout le camp ?
    – un coup de semonce à une administration creuse ?

    Le problème du Tout-élection / Rien-votation est double et se fait sentir.
    La responsabilité est mise toute entière sur le gouvernement, avec un désengagement massif du peuple. Le peuple ne voit pas venir les causes des problèmes, il n’est affecté que par les effets sans en comprendre les fondements. Le gouvernement ne sait plus quoi faire pour équilibrer des comptes toujours plus en porte-à-faux et toutes les mesures appliquées ne changent rien au final, il n’y a plus rien à prendre au peuple, il faut une fois se rendre compte que les reports de charge à la poupée russe (état>région>département>cantons>communes) ne changent rien au taux global d’imposition.

    A quand une recherche et une information globale et pragmatique sur les causes de la crise ???

    A quand un retour à un dialogue entre les contribuables et la politique ?

    A quand un retour à une démocratie directe ou le peuple s’implique directement dans l’objet des votations et non plus juste par élection interposée ?

    Je suis convaincu que tout-un-chacun est capable de mesurer les défis à relever et donner sa voix de manière directe à la direction de sa région, de son pays …


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