Je le ressors en hommage à la liberté d’expression…

Par Noam Chomsky – 21 octobre 2014 

« ICH » – « TeleSur » – Un sondage international a révélé que les États-Unis arrivaient largement en tête de « la plus grande menace actuelle pour la paix dans le monde », loin devant le Pakistan classé second, aucun autre pays ne pouvant rivaliser.

Imaginez que la une de la Pravda fasse état d’une étude du KGB passant en revue les principales opérations terroristes conduites par le Kremlin à travers le monde, dans le but de déterminer les facteurs ayant conduit à leur succès ou à leur échec, et finalement concluant que, malheureusement, les succès ont été si rares qu’il convient de quelque peu repenser leur politique. Supposez que l’article se poursuive par une citation où Poutine déclare qu’il a demandé au KGB de mener ces recherches afin de trouver des exemples de « financement et de fournitures d’armes à une insurrection dans un pays, qui aient finalement porté leurs fruits. Et ils n’ont pas pu trouver grand-chose. » De sorte qu’il soit devenu réticent à poursuivre de tels efforts.

Si, scénario presque inimaginable, un tel article devait paraître, les cris scandalisés et les hurlements d’indignation s’élèveraient jusqu’au ciel, et la Russie serait sévèrement condamnée – ou pire – non seulement pour ce violent dossier terroriste ouvertement reconnu, mais aussi pour les réactions de ses dirigeants et de sa classe politique : parfaite indifférence, sauf pour la question de l’efficacité du terrorisme d’État russe et des possibilités d’amélioration de ses méthodes.

Il est en effet bien difficile d’imaginer qu’un tel article puisse voir le jour, sauf que c’est ce qui vient d’arriver – ou presque.

Le 14 octobre, le principal article du New York Times faisait état d’une étude de la CIA passant en revue les principales opérations terroristes conduites par la Maison Blanche à travers le monde, dans le but de déterminer les facteurs ayant conduit à leur succès ou à leur échec, et finalement concluant que, malheureusement, les succès ont été si rares qu’il convient de quelque peu repenser leur politique. L’article continuait par une citation où Obama déclare qu’il a demandé à la CIA de mener ces recherches afin de trouver des exemples de « financement et de fournitures d’armes à une insurrection dans un pays, qui aient finalement porté leurs fruits. Et ils n’ont pas pu trouver grand-chose. » De sorte qu’il est devenu réticent à poursuivre de tels efforts.

Il n’y eut pas de cris scandalisés, pas d’indignation, rien.

La conclusion semble tout à fait claire. Dans la culture politique occidentale, il est admis comme étant entièrement naturel et approprié que le chef de file du Monde Libre soit un état terroriste scélérat et proclame ouvertement sa position éminente dans de tels crimes ; et il n’est rien que de naturel et d’approprié dans le fait que le lauréat du prix Nobel de la paix et spécialiste libéral du droit constitutionnel [NdT : Obama a enseigné le droit constitutionnel à l’université de Chicago] détenteur des rênes du pouvoir soit seulement préoccupé de savoir comment conduire de telles actions plus efficacement.

Un examen attentif établit ces conclusions de manière très solide.

Cet article débute en citant des opérations américaines « de l’Angola au Nicaragua à Cuba ». Complétons donc un peu les omissions.

En Angola, les États-Unis se joignirent à l’Afrique du Sud pour apporter un soutien décisif à l’armée terroriste de l’UNITA de Jonas Savimbi et continuèrent à le faire après que Savimbi eut été franchement battu dans une élection libre surveillée avec soin, et même après que l’Afrique du Sud eut retiré son soutien à ce « monstre dont le désir de pouvoir avait conduit son peuple à une misère épouvantable », selon les mots de l’ambassadeur britannique en Angola Marrack Goulding, appuyé par le chef de la station de la CIA du tout proche Kinshassa qui avertissait que « ce n’était pas une bonne idée » de soutenir le monstre « à cause de l’ampleur des crimes de Savimbi. Il était terriblement brutal. »

Malgré des opérations terroristes étendues et meurtrières soutenues par les États-Unis en Angola, l’armée cubaine repoussa les agresseurs sud-africains hors du pays, les contraignit à quitter la Namibie occupée illégalement, et ouvrit la voie à des élections angolaises suite auxquelles Savimbi, malgré sa défaite, « rejeta en bloc l’avis partagé par 800 observateurs étrangers selon lequel le scrutin… était pour l’essentiel libre et juste » (New York Times), et continua sa guerre terroriste avec le soutien des États-Unis.

Les réussites cubaines dans la libération de l’Afrique et la fin de l’Apartheid furent saluées par Nelson Mandela quand il fut finalement libéré de prison. Un de ses premiers actes fut de déclarer : « Pendant toutes mes années en prison, Cuba a été une inspiration et Fidel Castro un puissant soutien … [les victoires cubaines] ont détruit le mythe de l’invincibilité de l’oppresseur blanc [et] ont inspiré les masses combattantes de l’Afrique du Sud … un tournant pour la libération de notre continent – et de mon peuple – du fléau de l’apartheid. … Quel autre pays peut faire état d’un désintéressement plus grand que celui que Cuba a montré dans ses relations avec l’Afrique ? »

Le chef terroriste Henry Kissinger, au contraire, était « hors de lui » face à l’insubordination de la « demi-portion » Castro qui devrait être « fracassé, » comme rapporté par William Leogrande et Peter Kornbluh dans leur livre Back Channel to Cuba (le Canal de communication officieux vers Cuba), s’appuyant sur des documents récemment déclassifiés.

En ce qui concerne le Nicaragua, inutile de nous étendre sur la guerre terroriste de Reagan, qui se poursuivit bien après que la Cour internationale de justice eut ordonné à Washington de cesser « l’usage illégal de la force » – ce qui est, de fait, du terrorisme international – et de payer des indemnités substantielles, et qu’une résolution du conseil de sécurité des Nations Unies qui appelait tous les pays (signifiant : les États-Unis) à respecter les lois internationales – ne fut bloquée par le droit de véto de Washington.

Il faut savoir, cependant, que la guerre terroriste de Reagan contre le Nicaragua – poursuivie par Bush 1er, Bush « l’homme d’État » – ne fut pas aussi destructrice que le terrorisme d’État qu’il a soutenu avec enthousiasme au Salvador et au Guatemala. Le Nicaragua avait l’avantage d’avoir une armée pour affronter les forces terroristes dirigées par les États-Unis, alors que dans les États voisins, les terroristes agressant les populations étaient les forces de sécurité armées et entraînées par Washington.

Dans quelques semaines nous commémorerons l’apogée des guerres terroristes de Washington en Amérique latine : le meurtre de six intellectuels latino-américains de premier plan, des prêtres jésuites, par une unité terroriste d’élite de l’armée salvadorienne, le bataillon Atlacatl, armé et entraîné par Washington, agissant sous les ordres explicites du Haut Commandement, avec un long palmarès de massacres des victimes habituelles.

Ce crime choquant du 16 novembre 1989 à l’université jésuite de San Salvador fut le point d’orgue de l’immense épidémie de terreur qui s’étendit à tout le continent après que John F. Kennedy eut fait passer la mission des militaires d’Amérique latine de « défense de l’hémisphère » – un vestige périmé de la seconde guerre mondiale – à « sécurité intérieure », ce qui signifiait guerre contre leur propre population. Les conséquences sont décrites succinctement par Charles Maechling, qui dirigea le programme de contre-insurrection et de défense intérieure des États-Unis de 1961 à 1966. Il décrivit la décision de Kennedy en 1962 comme une transition de « la tolérance face à la rapacité et à la cruauté des militaires latino-américains » à « une complicité directe » de leurs crimes, et à un soutien par les États-Unis des « méthodes des escadrons d’extermination d’Heinrich Himmler ».

Tout cela a été oublié, ce n’est pas la « bonne catégorie de faits ».

À Cuba, les opérations terroristes de Washington furent lancées dans toute leur rage par le président Kennedy afin de punir les Cubains d’avoir repoussé l’invasion américaine de la Baie des Cochons. Comme décrit par l’historien Piero Gleijeses, JFK « demanda à son frère, le procureur général Robert Kennedy, de diriger le groupe inter-agence qui supervisa l’opération Mongoose (Mangouste), un programme d’opérations paramilitaires, de guerre économique et de sabotage qu’il lança à la fin de l’année 1961 pour faire connaître à Fidel Castro les “terreurs de la Terre” et, plus prosaïquement, pour le renverser. »

L’expression « terreurs de la Terre » est tirée d’une citation de l’associé de Kennedy et historien Arthur Schlesinger dans sa biographie quasi officielle de Robert Kennedy, qui était en charge de mener la guerre terroriste. RFK informa la CIA que le problème cubain était « la priorité principale du gouvernement des États-Unis – tout le reste [était] secondaire – et qu’il ne fallait épargner ni le temps, ni les efforts, ni les effectifs » pour renverser le régime de Castro et jeter les « terreurs de la Terre » sur Cuba.

La guerre terroriste lancée par les frères Kennedy n’était pas une mince affaire. Elle impliqua 400 Américains, 2000 Cubains, une flotte privée de hors-bord et un budget annuel de 50 millions de dollars géré par une filiale de la CIA à Miami, fonctionnant en violation du Neutrality Act et, probablement, de la loi interdisant les opérations de la CIA sur le sol américain. Les opérations incluaient la pose de bombes dans des hôtels et des installations industrielles, l’envoi par le fond de bateaux de pêche, l’empoisonnement de récoltes et du bétail, la contamination du sucre exporté, etc. Certaines de ces opérations n’étaient pas explicitement autorisées par la CIA mais menées par les forces terroristes qu’elle finançait et soutenait, une distinction sans aucune différence dans le cas d’ennemis officiels.

Les opérations terroristes Mangouste furent menées par le Général Edward Lansdale, qui avait une expérience amplement suffisante de la conduite d’opérations de terrorisme américaines aux Philippines et au Viêt-Nam. Son programme pour l’Opération Mangouste militait pour « la révolte ouverte et le renversement du régime communiste » en octobre 1962, ce qui, pour « le succès final, nécessiterait une intervention militaire US décisive » après le travail de sape du terrorisme et de la subversion.

Octobre 1962 est, bien sûr, un moment très important de l’histoire moderne. Ce fut au cours de ce mois que Nikita Khrouchtchev fit parvenir des missiles à Cuba, déclenchant la crise des missiles qui est passée sinistrement près de la guerre nucléaire terminale. Les études académiques reconnaissent maintenant que la position de Khrouchtchev était en partie motivée par la prépondérance énorme des forces américaines après que Kennedy eut répondu à ses appels de réduction d’armes offensives en augmentant radicalement l’avantage des États-Unis, et en partie par la préoccupation concernant une possible invasion américaine de Cuba. Des années plus tard, le ministre de la Défense Nationale de Kennedy, Robert McNamara, a reconnu que les craintes de Cuba et de la Russie concernant une attaque avaient été justifiées. « Si j’avais été à la place des Cubains ou des Soviétiques, j’aurais également pensé ainsi », a observé McNamara lors d’une conférence internationale majeure sur le 40e anniversaire de la crise des missiles.

L’analyste politique Raymond Garthoff, hautement considéré, qui a de nombreuses années d’expérience directe des services de renseignement américains, rapporte que dans les semaines ayant précédé l’éclatement de la crise d’octobre, un groupe terroriste cubain opérant depuis la Floride avec l’accord du gouvernement américain avait mené « une audacieuse attaque par vedette rapide en mitraillant un hôtel cubain au bord de la mer près de La Havane où on savait que des techniciens militaires soviétiques se rassemblaient, tuant des Russes et des Cubains ». Et peu de temps après, continue-t-il, les forces terroristes attaquèrent des cargos britanniques et cubains et menèrent un nouveau raid sur Cuba, parmi d’autres, suite à l’intensification des actions décidée début octobre. À un moment tendu de la crise des missiles toujours non résolue, le 8 novembre, une équipe terroriste envoyée depuis les États-Unis fit sauter une installation industrielle cubaine après que les opérations Mangouste eurent été officiellement suspendues. Fidel Castro allégua que 400 travailleurs avaient été tués dans cette opération, guidée par « des photographies prises par des avions espions. » Les tentatives d’assassinat sur Castro et d’autres attaques terroristes continuèrent immédiatement après la fin de la crise, et s’intensifièrent de nouveau dans les années suivantes.

Il y a eu quelques mentions d’une partie plutôt mineure de la guerre de la terreur, les nombreuses tentatives d’assassinat de Castro, généralement écartées comme des manigances puériles de la CIA. En dehors de cela, rien de ce qui s’est passé n’a suscité beaucoup d’intérêt ou de commentaires. La première enquête sérieuse en langue anglaise de l’impact sur les Cubains a été publiée en 2010 par le chercheur canadien Keith Bolender, dans son Voices From The Other Side: An Oral History Of Terrorism Against Cuba (Voix de l’Autre Côté : une histoire orale du Terrorisme contre Cuba), une étude de grande valeur en grande partie ignorée.

Les trois exemples mis en évidence dans le rapport du New York Times sur le terrorisme américain sont uniquement la partie visible de l’iceberg. Néanmoins, il est utile d’avoir cet aveu important de la consécration de Washington aux opérations terroristes meurtrières et destructrices et de l’insignifiance de tout ceci pour la classe politique, qui accepte comme normal et approprié que les États-Unis soient une superpuissance terroriste, non soumise à la loi et aux règles de la civilisation.

Curieusement, le monde pourrait ne pas être d’accord. Un sondage international publié il y a un an par le Réseau Indépendant Mondial/Association Internationale Gallup (WIN/GIA) a fait le constat que les États-Unis sont classés loin en tête en tant que « plus grande menace à la paix mondiale aujourd’hui », loin devant le second, le Pakistan (sans aucun doute gonflé par le vote indien), aucun autre pays ne pouvant rivaliser.

Heureusement, ces informations insignifiantes ont été épargnées aux Américains.

Noam Chomsky est professeur (émérite) de l’Institut de Linguistique du MIT (Massachusetts Institute of Technology).

Source : Information Clearing House, le 21/10/2014

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Soldats américains à Panama en 1989

27 réponses à Les États-Unis sont un État terroriste de premier plan, par Noam Chomsky

  1. awthey Le 10 janvier 2015 à 01h16
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    La France ne pourra jamais critiquer les USA car elle se sent toujours redevable! Les derniers ayant tenu -un peu tête- aux ricains sont Chirac et DDV


    • Alain C Le 10 janvier 2015 à 10h34
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      Oui, en oubliant que le vrai libérateur de l’emprise nazie a été la Russie qui a payé cet exploit de plus de 20 millions de morts (contre quelques milliers pour les US (qui avaient financé les nazis), et qui ne sont intervenus que quand ils ont été surs que les Russes allaient remporter la guerre)

      Le chiffre est tellement énorme qu’à chaque fois qu’on le cite, on se redemande si ça n’est pas de la propagande… (en réalité, c’est bien plus)

      A titre informatif : en hommage aux morts de Charlie Hebdo, l’ambassade de France à Moscou a été INONDEE de fleurs et de témoignages de solidarité, au grand étonnement des employés de l’ambassade qui se demandaient pourquoi toutes ces manifestations !

      Ils sont fous ces Russes : plus on leurs tape dessus, plus ils nous aiment….

      Il y a eu des reportages en continu sur les chaines russes montrant les locaux de Charlie Hebdo, la traque des fugitifs, le super marché où s’est terminé la cavale à Dammartin, le quartier de Vincennes avec l’assaut du GIGN, et un tas de commentateurs qui analysaient en continu les raisons de ce phénomène et en tiraient des conséquences.

      Un journaliste à quand même fait remarquer que pour 12 morts en France, le monde entier était bouleversé, alors que pour 40 personnes brûlées vivantes à Odessa par des nazis, personne n’en avait parlé (sauf pour éventuellement démentir….)


      • atomix Le 10 janvier 2015 à 16h15
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        “Ils sont fous ces Russes : plus on leurs tape dessus, plus ils nous aiment….”

        Peut-être qu’ils se disent que si nous avons été capable de nous débarrasser de notre servilité envers le roi, nous sommes encore capable de nous débarrasser de notre servilité envers une nation étrangère…


      • tepavac Le 10 janvier 2015 à 21h21
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        C’est pratiquement tous les pays slaves qui aiment la France. Jusque dans les années 90, beaucoup adoptant le français en deuxième langue, loin devant l’anglais ou l’allemand.
        Mais voilà, les youg leader sont passer par là pour vendre cette nation à des marchants de rêve et de guerre.


      • Alain Cavaillé Le 11 janvier 2015 à 20h16
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        J’ai in très bon ami Russe qui m’a envoyé un message “de soutien et de compassion” très émouvant.
        L’explication est extrêmement simple : LES RUSSES AIMENT LA FRANCE ET LES FRANÇAIS, n’en déplaise à notre connard de président Hollandescu.


  2. Pinailleur Le 10 janvier 2015 à 02h12
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    « Elle est née de l’inspiration la plus fondamentale de notre existence : que nous sommes ici pour Le servir en vivant libres, que vivre libres libère en nous les plus nobles impulsions et le meilleur de nos capacités ; que nous devons utiliser ces dons à de bonnes et généreuses fins et les sécuriser non seulement pour nous et nos enfants mais pour l’humanité tout entière. »
    Ronald Reagan, 27 janvier 1987
    link to les-crises.fr

    « Nous sommes un peuple libre, qui ne cède à aucune pression, qui n’a pas peur, parce que nous portons un idéal qui est plus grand que nous, et nous sommes capables de le défendre partout où la paix est menacée. Et je veux encore une fois saluer saluer nos soldats qui font en sorte que nous prenions nos responsabilités face au terrorisme. »
    François Hollande, 9 janvier 2015
    link to tempsreel.nouvelobs.com


  3. PL Le 10 janvier 2015 à 02h41
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    Merci pour ce rappel. Chomsky est extrèmement clair, comme d’habitude. Il ne faudrait pas en conclure, malgré tout, que cette liste soit exhaustive.

    La libération des cinq cubains de miami était l’occasion de faire un travail de pédagogie, encore une occasion râtée.

    Le 6 octobre 1976, l’avion de ligne 455 de la cubana de aviacion explose en vol peu après son départ. Parmi les 73 victimes, tous les membres de l’équipe nationale d’escrime, qui revenait du championnat d’amérique du sud qu’elle avait remporté. Cette tuerie est largement du niveau de celle de charlie hebdo, ou du vol MH17 au dessus de l’ukraine.

    Les auteurs de cet attentat, entre autres Luis Posada Carriles et Orlando Bosch Avila, agents de la CIA, ont pu couler des jours paisibles aux états-unis, malgré les incessantes demandes d’extradition de la part de cuba et du vénézuela. Il est vrai qu’être épaulé par la famille Bush donne un certain poids.

    D’après leur longs cvs, ces deux terroristes semblent également impliqués dans l’assassinat d’Orlando Letelier, ancien ministre d’Allende, à peine deux semaines plus tôt, à Washington où il s’était réfugié. Oui, assassiné à Washington. D’après toutes les enquêtes, le rôle de Kissinger dans cette histoire est plus que trouble.


  4. Kiwixar Le 10 janvier 2015 à 03h54
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    Dmitry Orlov :
    = link to cluborlov.blogspot.co.nz =

    “A mon avis, le développement vraiment intéressant de 2014 est que le monde entier (à quelques exceptions mineures) est devenu assez lucide sur le sujet de ce que les Etats-Unis, en tant qu’empire mondial, est et représente. Il est maintenant compris de manière assez commune et complète que :

    1. Les Etats-Unis est un empire du mal, essayant non pas vraiment de diriger le monde mais de le perturber à son avantage court-terme

    2. Les Etats-Unis sont en voie d’échec, en tant qu’empire et en tant que pays, et aucune quantité de fraude, de désordre, de torture et de meurtre ne parviendront à les sauver

    3. Les Etats-Unis sont toujours assez puissants et peuvent causer des dommages massifs pendant leur descente (“way down”). Ces dommagegs doivent être contenus, pendant que des plans sont conçus pour un arrangement international qui surgira de son trépas”


    • Kiwixar Le 10 janvier 2015 à 03h57
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      J’ajouterai que cette prise de conscience sur les Etats-Unis est désormais massive en Chine.


  5. boduos Le 10 janvier 2015 à 04h23
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    link to youtube.com 43eme minute.

    d’accord avec Kiwixar ,les USA sont de plus en plus démasqués et ceux qui ne veulent pas voir sont passés de pro atlantistes à neutres.

    et on en revient toujours à Vladimir : ceux qui pèsent aux states ,sont conscients d’être face au gouffre,financier,militaire,et pour la première fois vulnérables à domicile.

    leur bluff,leur torture,leurs menaces ne marchent plus (sauf les falses ffags, mais il n’y aurait plus que flanby qui les redoute) ils tentent un va-tout avec les séouds pour le pétrole contre la Russie même si c’est suicidaire pour eux et espèrent faire chuter économiquement leur seul obstacle.une course contre la montre est lancée…
    s’ils se plantent ,ce que je pense,il faudra effectivement tout le sang froid de poutine pour empêcher les missiles nucléaires (en Russie et chez eux).
    le roi est nu.


    • Kiwixar Le 10 janvier 2015 à 04h38
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      Mon commentaire est une traduction du début de l’article d’Orlov (ce n’est pas de moi).
      J’espère qu’il a raison, et il me semble que cette prise de conscience à lieu en Chine, jusqu’à la mamie de 85 ans (j’en connais). “Le renard a dévoilé sa queue”, comme ils disent (j’aurai plutôt dit “le chacal”, mais bon).

      Je reste quand même assez interloqué de voir les bobos français continuer à plus ou moins admirer ou défendre Obama, malgré les faits (Guantanamo laissé ouvert, ingérences, assassinats par drones, Ukraine, le chaos en Irak…). Ou quand ils trouvent superbe la fin de l’embargo US sur Cuba (au lieu de s’outrer de ces 60 ans d’embargo), ou quand ils trouvent superbe les révélations sur les tortures US, preuve que la démocratie US fonctionne (au lieu de s’outrer de ces tortures). Ca continue à m’étonner.


  6. Gérard Le 10 janvier 2015 à 04h23
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    J’ai lu quelque part mais je ne retrouve plus le lien, alors je cite de mémoire :

    Selon des sources WIKILEAKS, les Etats-Unis financeraient des associations musulmanes en France, au moins deux sont connues.

    Toujours selon cette source, la stratégie américaine et les spécialistes de communication, considère dans leur approche que je considère personnellement fausse et toxique que la France ne joue pas suffisamment le multiethnique et estimerait que la place faite aux étrangers est insuffisante aux postes de responsabilité, dans les médias et ailleurs.

    Lorsque ceci a été révélé, notre Président n’a pas levé le petit doigt, au regard de notre souveraineté et des excès interventionnistes et secrets sur notre territoire émanant d’un allié pourtant. Notre diplomatie n’a pas d’avantage bougé.
    En effet, je ne trouve aucune part de réaction à ce sujet dans les médias.

    Ce petit élément qu’il suffirait de joindre à d’autres montre bien que les Etats-Unis cherche en tous points à partir de la France devenue faible à trouver une base stratégique afin de servir ses desseins maléfiques, dans le cadre d’une mondialisation accentuée.

    A partir de cet élément l’on retrouve bien les mêmes types d’intervention et méthode décrites par Noam CHOMSKY sur la stratégie américaine MERCI à OLIVIER de nous ressortir ces sources de cet éminent professeur rarement repris dans les médias françaises ou occidentale.

    Par ailleurs les mêmes écoles ou association procède sur France du même type de stratégie que celles calquées chez les américains : je citerais par exemple l’Association Institut Prospectives et Sécurité de l’Europe dont il a été question ici même à propos d’un correctif de Romain Mielcarek dans LCI, concernant ELLE et son article de communication stratégique d’école typé sur les méthodes américaines dans ce journal de la presse Lagardère. Olivier soulignait par ailleurs la façon curieuse de correctif avec laquelle ce stratège conseiller pour l’Europe procédait dans un sujet datant de quelques jours.


  7. Fox 23 Le 10 janvier 2015 à 09h18
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    Merci Monsieur Chomsky de ce rappel de piqûre sur ce point essentiel, même si la liste des turpitudes du maître du monde auto-proclamé sur son empire est hélas bien incomplète.
    Pour avoir fait ailleurs cette macabre comptabilité, c’est 25 conflits réels qu’on peut recenser depuis la fin de la seconde guerre mondiale, sans compter les coups d’états fomentés et leurs cortèges d’exactions des bataillons de la mort, “les hommes en Ford Falcon” de la chanson.
    Au delà de ce constat, à quel niveau de population disparue peut-on estimer la nuisance des Etats-Unis sur cette période ?
    Une première approche à 10 millions semble assez réaliste, les plaçant en bonne position derrière les nazis.
    Pour mesurer maintenant le niveau de propagande que nous subissons depuis 1945, je vous laisse le soin de compter les interventions de l’ex URSS, même si une est déjà de trop dans les deux cas, et d’en tirer vous même les conclusions !


    • Alain C Le 10 janvier 2015 à 11h25
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      “même si une est déjà de trop ”

      vous pourriez préciser ?


      • Fox 23 Le 10 janvier 2015 à 17h43
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        Bien sur, Alain C. Dans le contexte de ma phrase, les agressions qu’on peut attribuer sans l’ombre d’une erreur aux Soviétiques durant la même période seraient Berlin en 52, Budapest en 56, Prague en 68 et l’Afghanistan bien plus tard. OUI, une date au hasard de cette énumération serait déjà de trop, je vous laisse choisir, mais la totalité est tout de même très largement inférieur à la litanie des agressions américaines qui furent pourtant par presse et politiques à la botte présentées comme normales sinon nécessaires.


        • Chris Le 11 janvier 2015 à 19h09
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          Buda, oui. Prague, non, c’est le parti conservateur qui a demandé au Kremlin de faire intervenir les chars, trouvant que le “printemps” allait trop loin (Pavlov reflex !)
          Quant à l’Afghanistan, c’est aussi non. Car en réalité, c’est l’administration Carter qui a financé et armé la rébellion afghane contre le pouvoir 6 mois avant que les troupes soviétiques n’interviennent sur demande du Gvt. Lu ça sur Huffington Post, ce printemps. Un des innombrables pièges US pour affaiblir l’URSS.
          Je dois rechercher cet article.


          • Fox 23 Le 11 janvier 2015 à 21h18
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            @ Chris
            Bien sûr vous avez au moins partiellement raison, mais mon propos était de prouver que même en chargeant la mule au maximum côté Soviétiques, on est encore très loin des dégâts causés par les Américains.
            cela dit, pour Prague, on peut toujours trouver un larbin prêt à tirer la sonnette d’alarme pour avoir un susucre de son maître.


  8. 1Direct Le 10 janvier 2015 à 15h17
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    Parlant de ses expériences, mon père, militaire, me disait :
    “… Quelque soit les situations, rien n’est tout blanc ou tout noir … ”
    “… Apprends à regarder ce que voit l’autre … Comprends pourquoi il voit ainsi … ”

    Si c’est vital dans un engagement, c’est aussi valable dans la vie de tout les jours. Même et surtout si nous ne sommes pas d’accord.

    Pour sur le sujet de cet article.
    Ni les USA, la Russie (URSS), ni la Grande-Bretagne, l’Allemagne (S) , et peut être encore moins la France ne sont des pays “angéliques” (et bien d’autres)
    Ce qui est dans cet article peut (et doit) s’appliquer aux autres pays.
    Lorsque j’écris Pays je pense à leurs dirigeants et toute(s) la (les) classe(s) dirigeante(s) pas à leurs populations: Les Mougeons (si, si Mougeon: Hybride entre mouton et pigeon … allez un peu d’humour. Ne vous vexez pas j’en suis. 🙂 ) .
    Ce sont eux qui décident donc il est important de savoir pourquoi (leurs origines, leurs intérêts directs et indirects etc. etc. ) ils décident ces actes?
    Pourquoi nous présente t’on un tel ou un tel comme le méchant (aujourd’hui parce que demain est un autre jour) ?
    Les motivations des actes et décisions de nos dirigeants sont rarement (uniquement) ce que l’on nous présente ou ce qu’elles paraissent être. Toujours pleine de bonnes intentions … n’est ce pas!

    Donc oui les USA ne sont pas saints. Oui leurs dirigeants sont dangereux.
    Oui les américains comme les autres sont des “mougeons” qui ont sacrifié, sacrifie et sacrifieront leurs libertés au nom de leur pseudo sécurité.
    Comme vous (presque) tous allez le faire. On vous y prépare et nos gouvernants ont déjà commencé à passer à l’acte.

    La “beauté” de la chose est que vous allez dire oui à tout ce qu’ils préparent en chantant en scandant … “JE SUIS CHARLIE!!”
    Les pauvres s’ils nous voyaient … ils refuseraient de mourir pour encore nous botter le train à coup de crayon faute de pouvoir gommer notre …

    Cela va dans le sens de l’article “Mission accompli” (link to les-crises.fr)
    Un peuple qui a peur est un peuple qui accepte, qui se soumet à toute manipulation motivée par cette peur. (Guantánamo, Patriot Act …)
    Restons en France. Regardez, lisez bien tous les textes passées par l’U.E. et en France par nos deux derniers présidents.
    Si le plus médiatique a été HADOPI, la dernière loi en date, la loi de programmation militaire (LPM), est assez “salée”.
    Ajouté à la loi MACRON … Ce n’est qu’un début!

    Mais pourquoi font’ils cela?
    Voir début de mon texte. Peut être trouverez-vous, trouverons-nous au moins un début de réponse.


    • jmdest62 Le 10 janvier 2015 à 16h07
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      “…Ajouté à la loi MACRON ..” examinée par les députés en commission spéciale à partir du 12 janvier.

      – Moi, j’ai dit bizarre, comme c’est bizarre !” (Louis Jouvet)

      voilà voilà

      @+


      • 1Direct Le 10 janvier 2015 à 16h56
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        ” … en commission spéciale … ”
        Je ne savais que ce serait en commission “spéciale”.
        Du moment que c’est “spécial” il faut spécialement se méfier et s’attendre au pire.
        Nos textes de lois “moderne”, sous un même titre, ont une trés fâcheuse tendance a inclure tout et n’importe quoi.
        Surtout du “hors sujet”


  9. Patrick Luder Le 10 janvier 2015 à 15h30
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    Ces rappels de *faits de guerre” sont certes nécessaires à l’essai de la compréhension de l’état du monde actuel, mais sont insuffisants pour avoir une vision globale et claire des buts visés à long terme. Quelques rappels fondamentaux :
    Notre mode de vie “occidentalisé” ne peut pas être reproduit au reste de monde, sous peine de simplement disparaître rapidement dans les affres de la pénurie des ressources. L’orient, le moyen-orient (avec la Russie), l’Afrique et l’Amérique du Sud doivent rester des zones de ressources et non devenir des zones de consommation à notre image. Il ne s’agit pas de retarder l’accès de la majorité du monde à notre standing de vie, mais de le stopper à long terme.
    Les inégalités du système monétaire mondiale doivent rester en faveur d’une montée des ressources vers nos pays “civilisés”, rien ne doit tendre vers une égalité des pouvoirs d’achats, sous peine de détruire immédiatement notre civilisation capitaliste.
    Pour maintenir nos avantages “du monde moderne”, il est nécessaire de soumettre le monde à nos lois et à nos normes industrielles, au détriment de tout essai de préservation de la nature et des ressources, au détriment de tout essai de gestion équitable et de partage de notre patrimoine terrestre.
    Nous avons l’avantage de la force destructive d’un monde lourdement industrialisé, mécanisé robotisé et armé, la seule menace est le rassemblement des forces de réflexions globales dans une application locale de protection et de préservation. Dans ce contexte, les meilleures armes sont la manipulation et la division.
    … alors bon peuple de consommateurs, continuez de vous abreuver de pseudo communications à outrance, de consommation effrénée, de faits divers abrutissants, de batailles électorales intermnables et de soulagement de votre conscience par de petits gestes pseudo-écologiques, mais surtout, surtout, ne vous souciez pas de la marche réelle du monde, ni de son équité, ni de sa perpétuité …


  10. michael Le 10 janvier 2015 à 16h03
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    voila un article qui traite de ces ingérences des usa
    link to gestion-des-risques-interculturels.com


  11. 1Direct Le 10 janvier 2015 à 16h40
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    Dans la nature comme dans les sociétés humaines il y a une règle et une seule, universelle, qui finit toujours par revenir sous une forme ou une autre.
    LA LOI DU PLUS FORT !!
    C’est vrai au travail, c’est vrai dans l’organisation de notre société, c’est vrai au quotiien jusque dans les cours de récréation de nos bambins et cela à tout âge.

    Fort moralement souvent mais si ce n’est pas assez ce sera la force “physique” qui gagne et qui gagnera.
    C’est un fait, un constat
    Aujourd’hui les USA demain …


    • Alain C Le 10 janvier 2015 à 16h50
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      Triste, mais vrai.

      Moralité : soyons forts !!


      • eskape Le 11 janvier 2015 à 00h08
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        vrai dans nos sociétés mondialisees à la sauce neoconne, et deshumanisees par cette philosophie que rien d’autre ne meut l’homme que l’intérêt personnel et la soif de dominer, dans tout rapport humain, et de laquelle l’amour est exclu, comme un artefact de manipulation, et la solidarité vue comme une faiblesse criminelle bonne pour ces pauvres tricheurs assoiffés d’aides sociales. oui, mais… ce n’est qu’une théorie, diffusée par ceux qui y ont intérêt, à ce qu’on y adhere, comme qqchose de naturel. ce qui n’est pas. et je suis désolé que certains le prennent comme un axiome.


        • eskape Le 11 janvier 2015 à 00h26
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          voir, dans ce sens, l’excellent documentaire d’adam curtis (produit par la bbc, eh oui, a l’époque pas si éloignée que ça, la bbc aussi était “autre chose”)
          link to topdocumentaryfilms.com
          ainsi que, tout aussi d’actualité,
          link to archive.org
          chacun en 3 episodes, à ne pas manquer !


        • 1Direct Le 11 janvier 2015 à 15h03
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          “… et de laquelle l’amour est exclu … ” @eskape

          Clin d’œil:
          Pas tout à fait vrai car même dans l’amour, en amour, il y a une forme de rapport de force. Un rapport dominant-dominé.
          Que ce soit conscient ou non, avoué ou pas 😉 , (même) dans tous les couples cela se vérifie, il y a en quasiment toujours un qui finit par avoir l’ascendant sur l’autre.

          “… ce n’est pas de ma faute c’est ma (la) nature … ”
          dit le scorpion à la grenouille étonnée.


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