28
Nov
2015

Source : liberation, un collectif — 24/11/2015

Après le temps de la sidération, plusieurs intellectuels et universitaires s’interrogent sur l’opportunité d’une nouvelle «guerre au terrorisme», les précédentes interventions militaires n’ayant eu aucun résultat positif.

Aucune interprétation monolithique, aucune explication mécaniste n’élucidera les attentats. Faut-il pour autant garder le silence ? Beaucoup jugent – et nous les comprenons – que devant l’horreur de l’événement, seul le recueillement serait décent. Mais nous ne pouvons pas nous taire, quand d’autres parlent et agissent pour nous, nous entraînent dans leur guerre. Faut-il les laisser faire, au nom de l’unité nationale et de l’injonction à penser comme le gouvernement ?

Car ce serait la guerre, désormais. Auparavant, non ? Et la guerre pour quoi : au nom des droits de l’homme et de la civilisation ? En réalité, la spirale dans laquelle nous entraîne l’Etat pompier pyromane est infernale. La France est en guerre continuellement. Elle sort d’une guerre en Afghanistan, lourde de civils assassinés. Les droits des femmes y sont toujours bafoués, tandis que les talibans regagnent chaque jour du terrain. Elle sort d’une guerre en Libye qui laisse le pays ruiné et ravagé, avec des morts par milliers et des armes free marketqui approvisionnent tous les jihads. Elle sort d’une intervention au Mali. Les groupes jihadistes liés à Al-Qaeda ne cessent de progresser et de perpétrer des massacres. A Bamako, la France protège un régime corrompu jusqu’à l’os, comme au Niger et au Gabon. Les oléoducs du Moyen-Orient, l’uranium exploité dans des conditions monstrueuses par Areva, les intérêts de Total et de Bolloré ne seraient pour rien dans le choix de ces interventions très sélectives, qui laissent des pays dévastés ? En Libye, en Centrafrique, au Mali, la France n’a engagé aucun plan pour aider les populations à sortir du chaos. Or il ne suffit pas d’administrer des leçons de prétendue morale (occidentale). Quelle espérance d’avenir peuvent nourrir des populations condamnées à végéter dans des camps ou à survivre dans des ruines ?

La France prétend détruire Daech ? En bombardant, elle multiplie les jihadistes. Les Rafale tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan. Comme en Irak, certains de ces civils finiront par se solidariser avec les jihadistes : ces bombardements sont des bombes à retardement.

Daech est l’un de nos pires ennemis : il massacre, décapite, viole, opprime les femmes et embrigade les enfants, détruit le patrimoine mondial. Dans le même temps, la France vend au régime saoudien, pourtant connu pour financer des réseaux jihadistes, des hélicoptères de combat, des navires de patrouille, des centrales nucléaires ; l’Arabie Saoudite vient de commander 3 milliards de dollars d’armement ; elle a réglé la facture des deux navires Mistral, vendus à l’Egypte du maréchal Al-Sissi qui réprime les démocrates du printemps arabe. En Arabie Saoudite, ne décapite-t-on pas ? N’y coupe-t-on pas les mains ? Les femmes n’y vivent-elles pas en semi-esclavage ? Engagée au Yémen au côté du régime, l’aviation saoudienne a bombardé les populations civiles, détruisant au passage des trésors architecturaux. Bombardera-t-on l’Arabie Saoudite ? Ou bien l’indignation fluctue-t-elle selon les alliances économiques de l’heure ?

La guerre au jihad, dit-on martialement, se mène en France aussi. Mais comment éviter que ne sombrent des jeunes issus en particulier des milieux populaires, s’ils ne cessent d’être partout discriminés, à l’école, à l’embauche, dans l’accès au logement ou dans leurs croyances ? Et s’ils finissent en prison. En les stigmatisant davantage ? En ne leur ouvrant pas d’autres conditions d’existence ? En niant leur dignité revendiquée ? Nous sommes ici : la seule manière de combattre concrètement, ici, nos ennemis, dans ce pays devenu le deuxième vendeur d’armes mondial, c’est de refuser un système qui, au nom du profit à courte vue, produit partout plus d’injustice. Car la violence d’un monde que Bush junior nous promettait, il y a quatorze ans, réconcilié, apaisé, ordonné, n’est pas née du cerveau de Ben Laden ou de Daech. Elle pousse et prolifère sur la misère et les inégalités dont, année après année, les rapports de l’ONU montrent qu’elles s’accroissent, entre pays du Nord et du Sud, et au sein des pays dits riches. L’opulence des uns a pour contrepartie l’exploitation et l’oppression des autres. On ne fera pas reculer la violence sans s’attaquer à ses racines. Il n’y a pas de raccourcis magiques : les bombes n’en sont pas.

Lorsque furent déclenchées les guerres d’Afghanistan et d’Irak, nos mobilisations ont été puissantes. Nous affirmions que ces interventions sèmeraient, aveuglément, le chaos et la mort. Avions-nous tort ? La guerre de François Hollande aura les mêmes conséquences. Il est urgent de nous rassembler contre les bombardements français qui accroissent les menaces et contre les dérives liberticides qui ne règlent rien, mais contournent et nient les causes des désastres. Cette guerre ne se mènera pas en notre nom.

Signataires : Ludivine Bantigny, historienne, Emmanuel Barot, philosophe, Jacques Bidet, philosophe, Déborah Cohen, historienne, François Cusset, historien des idées, Laurence De Cock, historienne, Christine Delphy, sociologue, Cédric Durand, économiste, Fanny Gallot, historienne, Eric Hazan, Sabina Issehnane, économiste, Razmig Keucheyan, sociologue, Marius Loris, historien, poète, Marwan Mohammed, sociologue, Olivier Neveux, historien de l’art, Willy Pelletier, sociologue, Irène Pereira, sociologue, Julien Théry-Astruc, historien, Rémy Toulouse, éditeur, Enzo Traverso, historien.

Source : liberation, un collectif — 24/11/2015

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21 réponses à A qui sert leur guerre ?

Commentaires recommandés

Frédérique Le 28 novembre 2015 à 16h56

“Leur guerre nous sert à nous.”
Je ne suis pas d’accord, nous ne sommes pas obligés de faire la guerre pour ça.
Le commerce n’est pas fait pour les chiens, nous pourrions tout simplement acheter ces ressources que nous n’avons pas.
Avez vous l’impression que l’on nous fait cadeau de toutes ces marchandises issues de ces ressources? Moi non, nous les payons à prix fort.
Mais à qui rapportent elles vraiment si ce n’est ni aux populations des pays qui les possèdent, ni à celles des pays qui les achètent?
Aux multinationales qui exploitent à bas coût les populations et les ressources des pays producteurs pour revendre les produits transformés très chers aux populations des pays riches.

  1. Nerouiev Le 28 novembre 2015 à 07h11
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    Il faut déjà commencer par enrayer la propagagation du mal en détruisant tout ce qui l’alimente au risque d’un autre Oradour ; la lutte arrive un peu trop tard à cause d’un mauvais diagnostic volontaire, ou non. Ensuite il faudra mettre en place des gens sains pour éliminer tout risque de récidive envers les populations. Ce n’est pas le moment de melanger les deux, une chose après l’autre. Quand on s’en sera sorti nous découvrons peut-être que nous sommes immunisés pour l’avenir avec quelques piqûres de rappel du genre droit de l’homme.


    • Charles Le 28 novembre 2015 à 14h52
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      Nerouiev ne répond pas à la question “D’où vient Daech?” et par conséquent ne répond pas non plus à la deuxième “Comment le combattre?”.
      Voir cette vidéo pédagogique qui répond en 10 mn
      http://wp.me/p5oNrG-gG0


  2. Tonton poupou Le 28 novembre 2015 à 11h00
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    Les dicktacrates de la démocrature.
    Les dicktacrates de la démocrature ont décidé d’aller bombarder une organisation terroriste – qu’ils avaient largement contribué a créé, à cause de leur politique néo-colonialiste – organisation terroriste qui s’est installée dans un pays cible des diktacrates de la démocrature, grâce à leur actes – organisation politique et militaire, entrainement, financement d’opposants armés, livraisons d’armes à des groupes douteux détournée au profit de cette organisation terroriste….. etc etc ……. A présent que le monstre qui s’est ainsi créé a échappé a leur contrôle, les dicktacrates de la démocrature ont décidé unilatéralement d‘aller le bombarder massivement dans le pays martyr sans mandat de l’ONU ni accord du gouvernement du pays concerné comme au temps de la colonisation comme si les dicktacrates de la démocrature étaient « les maîtres du monde » et faisaient ce que bon leur semble ! ………..


  3. theuric Le 28 novembre 2015 à 11h17
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    Un homme d’état ne mène pas, pour son propre pays, la politique d’un autre état.
    Que voulez-vous, la France est une colonie étasunienne et, comme toute colonie, elle obéit et singe son maître et, ce, depuis des décennies.
    Le problème c’est que l’ensemble du monde politique de gouvernement, P.S. / U.D.I. / U.M.P.-L.R. / F.N. se retrouvent face à l’immense difficultés de ne plus savoir gouverner en toute indépendance, ceci en raison d’un ensemble de processus historique qu’il serait bon d’étudier.
    De quoi est fait cette insuffisance?
    Là encore, les sciences humaines seraient plus à même d’en délimiter les contours.
    Comprendre l’ensemble de ces processus serait d’une importance vitale pour notre futur, entre autre dans le cas plausible où notre pays, ou d’autres, se retrouveraient, un jour, dans une situation analogue à celle qui fut nôtre lors des dernières décennies, se perpétue toujours, et dont nous pouvons, dorénavant, percevoir les effets les plus mortifères.
    Il est maintenant visible que notre société regimbe à ces états de fait, comme il est naturel, cela débute par l’intelligentsia pour s’étendre à son rythme propre au reste de la population.


    • mobilisen Le 28 novembre 2015 à 12h21
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      …/… “Un homme d’état ne mène pas, pour son propre pays, la politique d’un autre état”, c’est hélas la situation de la France depuis près de 50 ans.
      Ceux qui dénoncent cet état de fait sont marginalisés voire ridiculisés.
      Vous posez bien le véritable problème : …/… ” l’immense difficultés de ne plus savoir gouverner en toute indépendance”.
      Merci à O.B. d’avoir diffusé l’extrait du film “Le Président” : cette dénonciation de la corruption du politique par l’argent explique bien la genèse de cet effondrement de la France.
      Tout était dit dans ce film de 1961…
      De GAULLE aurait dit :
      “je n’aime pas les communistes parce qu’ils sont communistes, je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes, je n’aime pas les gaullistes parce qu’ils aiment trop l’argent”.


    • Ced Le 28 novembre 2015 à 15h24
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      Bonjour

      “Le problème c’est que l’ensemble du monde politique de gouvernement, P.S. / U.D.I. / U.M.P.-L.R. / F.N. se retrouvent face à l’immense difficultés de ne plus savoir gouverner en toute indépendance, ceci en raison d’un ensemble de processus historique qu’il serait bon d’étudier”.

      Vous exagérez !
      OK pour le PS et UDI. Une partie LR n’est pas atlantiste, on les entend. Le FN non plus. LR, FN et FG soutiennent la position russe en Ukraine et en Syrie. Je considère que c’est l’international qui décide de ce que sont nos politiques. Dans l’avenir, nous reviendrons au bipartisme. Un bord atlantiste composé du ps, centre et une partie de la droite (ça se compose déjà) et un bord souverainiste gauche droite, nationaliste et gaulliste. Le FN provoquera cette rupture par le risque de son accession au pouvoir.
      L’indépendance est un mythe. Dans un monde globalisé, nous dépendons les uns des autres.
      Un monde multipolaire équilibré nous permettrait de recouvrer notre indépendance.
      L’empire actuel vacille, nous pourrions le vivre assez tôt…


      • Colin Le 28 novembre 2015 à 17h22
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        il ne faut tout de même pas oublier la position de Chirac lors de la 2de guerre du Golfe

        il n’a pas suivi W. Bush

        cela veut dire que les président si volonté il y a, peuvent tout de même faire leurs propre choix !

        il y a eu un article ( que je ne retrouve pas désolé ) sur la politique du suivisme sur ce site que je vous encourage a lire si vous le retrouvez


    • Tonton poupou Le 28 novembre 2015 à 18h07
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      Alain Peyrefitte a rappelé pourquoi de Gaulle ne célébrait pas le débarquement anglo-saxon en France, débarquement qui annonçait une France inféodée et soumise à l’AMGOT :
      « Le débarquement du 6 juin, cela a été l’affaire des Anglo-Saxons, d’où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s’installer en France comme en territoire ennemi! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s’apprêtaient à le faire en Allemagne! Ils avaient préparé leur AMGOT qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l’avance de leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis. »


    • Rémi Le 28 novembre 2015 à 23h34
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      Désolé, pour moi, vous avez tord.

      Nos hommes politiques se reconnaissent dans leur intéret de classe.
      Ils ne sont pas au service des états-unis, mais au contraire, les Etats-Unis, La France et l’ensemble des pays riches sont mis au service de la classse riche.
      Si vous partez de cette grille, le systéme est logique: Les cheick Saoudiens: Membre de la classe riche. On les aide.
      De plus ces guerres sont utiles en détournant l’attention du peuple des sujets sociaux économiques et en permettant la mise en place d’un appareils sécuritaire d plus en plus lourd.
      Bref la seule question qui vaille est: Les djihadistes sont ils les idiots utiles des serviteurs de mamie Zinzin ou au contraire les amis de mamie Zinzin dans leur grande guerre contre leur peuple sont-ils les idiots utiles des djihadistes?
      Je pencherais pour la première réponse.


      • Sabine Ferguson Le 29 novembre 2015 à 11h13
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        C’est tout à fait cela, Remi: une affaire de castes.
        Il y a ceux qui détiennent l’argent et leurs larbins, grassement payés, dans la classe politique, les média, les gros industriels et la finance + les banques. Et les idiots utiles dont la dernière édition est le Djihadiste.
        Et tout ce système tourne en boucle à un niveau planétaire.


  4. Crapaud Rouge Le 28 novembre 2015 à 12h26
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    Se montrer martial suite à une agression, et agir de façon martial, relève à 100% de ce que les psychologues connaissent sous le nom d'”effet d’attitude” dont parle justement Pour la Science de ce mois, (http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-pourquoi-les-bonnes-idees-tuent-les-meilleures-36157.php) et qui induit, nous dit l’article, de nombreux biais cognitifs. Cet “effet d’attitude” a été confirmé par l’observation des mouvements oculaires de joueurs d’échecs soumis à des problèmes, des mouvements qui révèlent où ils portent leur attention sur l’échiquier, donc la façon dont ils solutionnent les problèmes. C’est dire que personne n’échappe à l’effet d’attitude, même des maîtres aux échecs ! Dès lors, comment pourrait-il échapper à notre vulgaire personnel politique ? Surtout que ses choix, devant être acceptés par la population, donc obéir au bon sens apparent, peuvent difficilement s’écarter des solutions convenues. Car l’effet d’attitude, c’est d’abord le confort et la rapidité de l’action, ce qui nous permet d’agir au quotidien sans réinventer la roue. Il évite des analyses plus longues, plus fines, plus exhaustives, mais il présente le gros défaut d’être littéralement un “automatisme” : on y est soumis même quand le problème exige une solution nouvelle.


  5. Alae Le 28 novembre 2015 à 12h43
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    Il y a des questions que personne ne pose.
    Il fallait faire tomber Saddam Hussein à tous prix. La guerre en Irak s’est soldée par un désastre.
    Il fallait faire tomber Mouammar Kadhafi à tous prix. La guerre en Libye s’est soldée par un désastre.
    Il faur faire tomber Bachar el-Assad à tous prix. Une guerre contre lui, en Syrie, se solderait par le même désastre.
    Pourquoi persister dans un aventurisme militaire qui, systématiquement, tourne au cauchemar ? Sont-ils tous fous, je ne le pense pas. Alors, quel est leur but ?
    De la même façon, la soi-disant “guerre contre la dogue” (“War on Drugs”) cache quelques sombres magouilles passibles de questions clairement posées. Pourquoi, par exemple, les champs de pavot de l’Afghanistan sont-ils gardés par des troupes de l’OTAN ? (en anglais).
    http://www.globalresearch.ca/drug-war-american-troops-are-protecting-afghan-opium-u-s-occupation-leads-to-all-time-high-heroin-production/5358053
    Est-ce à mettre en parallèle avec l’épidémie de consommation d’héroïne qui frappe les USA en ce moment ?
    http://time.com/3946904/heroin-epidemic/
    Si oui, qui achemine et vend l’héroïne afghane aux USA ?
    Tant que nous serons dans des scénarios où, à tous les niveaux, la main gauche ne “sait pas” ce que fait la main droite, nous continuerons à crouler sous les contradictions et les coups fourrés.
    Mais qui osera poser les questions ?


  6. Bof Le 28 novembre 2015 à 12h57
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    Leur guerre nous sert à nous.

    Pas directement, mais la place de la France dans l’économie mondiale en est issue.

    Le pétrole qui remplit nos réservoirs, ou l’accès au pétrole ou au gaz.
    Le gaz, l’or, le coltan du bassin de Taoudeni au Mali,
    Le cuivre, le cobalt, l’argent, l’uranium (par Areva), le plomb, le zinc, le cadmium, le diamant, l’or, l’étain, le tungstène, le manganèse et le coltan du Congo.
    Sans parler de ce dont on ne parle plus : le fer et le ciment.

    Etc
    Toutes ces ressources sont ce qui nous permet de vivre comme nous vivons, avec voitures, téléphones, maisons, chauffages (sans se soucier vraiment des économies d’énergie), faire des boulots pas trop pénibles (plus personne ne manie la pioche et la charrue à la main, ni ne casse des cailloux à la masse pour faire des routes) et s’écarter des famines (plus de famine hors conflits armé depuis l’utilisation du charbon et du pétrole).


    • Frédérique Le 28 novembre 2015 à 16h56
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      “Leur guerre nous sert à nous.”
      Je ne suis pas d’accord, nous ne sommes pas obligés de faire la guerre pour ça.
      Le commerce n’est pas fait pour les chiens, nous pourrions tout simplement acheter ces ressources que nous n’avons pas.
      Avez vous l’impression que l’on nous fait cadeau de toutes ces marchandises issues de ces ressources? Moi non, nous les payons à prix fort.
      Mais à qui rapportent elles vraiment si ce n’est ni aux populations des pays qui les possèdent, ni à celles des pays qui les achètent?
      Aux multinationales qui exploitent à bas coût les populations et les ressources des pays producteurs pour revendre les produits transformés très chers aux populations des pays riches.


      • bof Le 28 novembre 2015 à 18h03
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        Évidemment que la plus grosse part ne nous revient pas.

        Mais nous en récoltons les miettes.
        Suffisamment pour accepter la situation et vouloir éviter d’ en accepter les conclusions.


        • P. LACROIX Le 28 novembre 2015 à 22h14
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          Je la remets, elle est tellement bonne.

          Et je rappelle cette citation de Paul Valéry, je crois, reformulée, notamment, par MaXime Leforestier, la guerre : ce sont des gens qui se connaissent et qui ne se tuent pas qui font se tuer des gens qui ne se connaissent pas.

          Nous avons le pouvoir mais nous ne le prenons pas ! :

          https://www.youtube.com/watch?v=L_IWf7p1IUQ


  7. Libor Le 28 novembre 2015 à 14h23
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    Beau texte. Sur la nécessité de désengagement de la France au moyen-orient et l’arret des fournitures d’armes je suis totalement d’accord. Je n’aime pas le raccourci entre discrimination et tentation du jihadisme. Que ça crée des tensions dans la société c’est évident. Mais d’une par elle ne sont pas simples à résoudre : Pour moi une erreur majeure a été de regrouper les gens par origine par la concentration des logements sociaux et malgré la destruction spectaculaire de quelques tours on est encore loin d’être sorti de cette logique. Par ailleurs le contexte de chômage généralisé bloque toute possibilité d’initiative actuellement. Enfin notre protection sociale est encore efficace et c’est sur elle que tient encore la majorité du consensus national. D’autre part il est justifié que ces tensions s’expriment dans le débat démocratique mais il est inacceptable d’en faire une explication/justification du basculement vers la violence extrême.


  8. Alabama Le 28 novembre 2015 à 23h32
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    Puis je oser la question ,dont la réponse, je ne trouve nulle part : combien représente la vente d’Armes dans l’économie française-en %….? Que produit on aujourd’hui le plus en France?


  9. bof Le 29 novembre 2015 à 07h06
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    http://www.express.be/business/fr/economy/la-france-va-mieux-voici-la-liste-des-principaux-contrats-de-ventes-darmes-franaises/216543.htm

    8,5 milliards d’ armes pour 600 milliards d’ exportation et 2000 milliards de pib.

    12% de nos exportations, 4% de notre pib.
    Ou autrement dit 4% de nos revenus ou 4% de nos emplois).


    • bof Le 29 novembre 2015 à 07h17
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      Diviser les pourcentages par 10 ..


  10. Denis Le 29 novembre 2015 à 14h59
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    Bonjour,

    j’aime connaître la température de l’eau de mon bain!

    Le nombre des milliardaires dans le monde a atteint un niveau record en 2014, avec 155 nouveaux entrants dans le club des personnes dont la fortune personnelle dépasse le milliard de dollars, selon une étude publiée le 17 septembre par le cabinet de recherches singapourien Wealth-X et la banque suisse UBS.

    Le nombre de milliardaires, 2 325 au niveau mondial, a ainsi augmenté de 7 % par rapport à 2013. Leur fortune cumulée a encore plus rapidement augmenté puisqu’elle a progressé de 12 % pour passer à 7 300 milliards de dollars. Afin de mettre ce montant en perspective, les auteurs de l’étude ont précisé que ce chiffre était supérieur à la capitalisation combinée de toutes les sociétés du Dow Jones, l’indice phare de la Bourse de New York.

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/argent/article/2014/09/18/le-nombre-des-milliardaires-atteint-un-niveau-record-en-2014_4489622_1657007.html#QOsD20d7IhwLye6d.99

    C’est ce dont s’alarme le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans son rapport 2014 rendu public jeudi 24 juillet, citant notamment le prix des denrées alimentaires et les conflits violents comme autres sources aggravantes de la pauvreté.

    Parmi les chiffres chocs contenus dans ce rapport :
    1,2 milliard de personnes vivent avec l’équivalent de 1,25 dollar ou moins par jour.
    1,5 milliard de personnes réparties dans 91 pays en voie de développement vivent « en siuation de pauvreté marquée par des carences cumulées en matière de santé, d’éducation et de niveau de vie »,
    800 millions de personnes sont à la lisière de la pauvreté.

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2014/07/24/la-pauvrete-dans-le-monde-touche-plus-de-2-2-milliards-de-personnes_4461860_3210.html#hh4cIOlgctHRo9Ma.99

    On compte environ 227 000 habitants de plus chaque jour sur la planète Nous assistons à environ 400 000 naissances par jour dans le monde Il y a environ 173 000 décès chaque jour sur Terre 27% de la population mondiale est âgée de moins de 15 ans et 9% ont 65 ans et plus – See more at: http://www.populationmondiale.com/#sthash.I6j962aC.dpuf

    Faut pas s’étonner si c’est, ou trop chaud ou trop froid!

    En ce moment, ce serait plutôt trop chaud!

    Bonne soirée! 🙂


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