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28.janvier.202028.1.2020 // Les Crises

Comment meurent les démocraties – Par Chris Hedges

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Source : Truthdig, Chris Hedges, 13 -01-2020

M. Fish / Truthdig

Léon Tolstoï a écrit que les familles heureuses se ressemblent toutes, mais que chaque famille malheureuse est malheureuse à sa manière. Il en va de même pour les démocraties en déliquescence. Il n’y a pas de voie unique pour la dissolution de la société ouverte, mais les schémas sont familiers, que ce soit dans l’Athènes antique, la République romaine ou l’effondrement des démocraties en Italie et de la République de Weimar en Allemagne qui a conduit au fascisme. Les maux qui ont frappé l’Allemagne et l’Italie dans les années 1930 nous sont tristement familiers : un système politique inefficace, le repli de vastes pans de la population dans un monde où les faits et les opinions sont interchangeables, la mainmise des économies nationales par les banques internationales et le capital financier mondial qui a forcé des segments de plus en plus importants de la société à vivre une vie de subsistance, anéantissant tout espoir pour l’avenir. Nous aussi, nous souffrons d’une épidémie de violence nihiliste, qui s’est traduite par des fusillades de masse et un terrorisme intérieur. Il existe un militarisme destructeur et incontrôlable. Les citoyens trahis, comme dans les années 1930, nourrissent une haine inassouvie pour une élite dirigeante embourbée dans la corruption alors qu’elle profère des platitudes vides de sens sur les valeurs libérales et démocratiques. Il y a un désir désespéré de voir un chef de secte ou un démagogue se venger de ceux qui nous ont trahis et annoncer un retour à un passé mythique et à une gloire perdue.

Il ne s’agit pas d’assimiler Donald Trump à Adolf Hitler ou Benito Mussolini. Cela ne veut pas dire non plus que nous endurons les graves traumatismes qui ont affligé l’Allemagne après la première guerre mondiale, avec ses 1,7 million de victimes de guerre et ses millions d’autres blessés physiquement et psychologiquement. Les violences et les bagarres de rue de Weimar, généralement entre les ailes armées du parti nazi et les communistes, étaient très répandues et ont fait de nombreux morts. La crise économique qui a suivi le krach de 1929 a été catastrophique. En 1932, au moins 40 % de la main-d’œuvre allemande assurée, soit 6 millions de personnes, était sans emploi. Pendant la dépression qui a suivi le krach, les Allemands ont souvent eu du mal à trouver de quoi manger. Mais nous ignorons à nos risques et périls nos nombreuses similitudes avec les années 1930.

Les élites économiques en Italie et en Allemagne considéraient les fascistes comme des bouffons, tout comme Wall Street considérait Trump et ses partisans comme un sujet d’embarras. Mais les capitalistes préfèrent avoir Trump comme président plutôt qu’un réformateur tel que Bernie Sanders ou Elizabeth Warren. La primauté du profit des entreprises, comme dans l’Allemagne et l’Italie fascistes, rend les élites du monde des affaires délibérément complices de la destruction de la démocratie. Ces capitalistes sont inconscients du danger que leur consolidation de la richesse et du pouvoir représente pour la démocratie. Ils imposent des réductions d’impôts pour les riches et des programmes d’austérité qui exacerbent le désespoir et la rage qui alimentent l’extrémisme. Ils font la guerre au travail organisé, supprimant les salaires et abolissant les avantages sociaux.

Au début de l’administration Trump, la classe dirigeante dominante traditionnelle, tout comme ses homologues en Allemagne et en Italie, croyait naïvement que le fait d’être au pouvoir modère les dirigeants extrémistes, ou que les extrémistes peuvent être contrôlés par les « adultes dans la salle ». Cela n’a pas fonctionné en Allemagne ou en Italie ; cela n’a pas fonctionné aux États-Unis. La politique, comme dans l’Italie et l’Allemagne fascistes, a été remplacée par le spectacle et le théâtre politique. Il existe un fossé infranchissable entre les électeurs ruraux – en grande partie des partisans du nazisme dans la République de Weimar et des partisans de Trump aux États-Unis – et l’électorat urbain. Une grande partie de la population, accablée par le désespoir, s’est séparée d’un monde basé sur les faits et embrasse la magie, les théories du complot et les fantasmes. L’armée et les organes de sécurité de l’État sont divinisés. Les criminels de guerre sont considérés comme des patriotes injustement persécutés par l’État profond détesté et la classe libérale. Les normes, le décorum, la courtoisie et le respect mutuel qui sont essentiels au bon fonctionnement de la démocratie sont remplacés par la vulgarité, les insultes, l’incitation à la violence, le racisme, le sectarisme, le mépris et le mensonge. Ces maux des États-Unis d’aujourd’hui reflètent la pourriture politique et morale de l’Italie et de l’Allemagne à la veille du fascisme.

L’historien Fritz Stern, un réfugié de l’Allemagne nazie, m’a dit qu’en Allemagne, il y avait eu « un désir ardent de fascisme avant que le mot « fascisme » ne soit inventé ». Il a mis en garde contre le danger mortel que représente pour notre démocratie notre libéralisme en faillite, qui a abandonné les travailleurs et les travailleuses et a refusé d’accepter sa responsabilité dans la création d’un terrain fertile pour le fascisme en faisant des autres des boucs émissaires – l’exemple le plus récent étant la tentative du Parti démocrate de faire porter à la Russie la responsabilité de l’élection de Trump.

Stern a vu dans notre aliénation spirituelle et politique – exprimée par des haines culturelles, le racisme, l’islamophobie, une diabolisation des immigrants et des ressentiments personnels – les germes d’un fascisme américain. Ce fascisme, a-t-il dit, a trouvé son expression idéologique dans la droite chrétienne.

« Ils ont attaqué le libéralisme », a écrit Stern à propos des fascistes allemands dans son livre La politique du désespoir culturel, « parce qu’il leur semblait être la principale prémisse de la société moderne ; tout ce qu’ils redoutaient semblait en découler ; la vie bourgeoise, le Manchesterisme [le capitalisme du laisser-faire], le matérialisme, le parlement et les partis, le manque de leadership politique. Plus encore, ils ressentaient dans le libéralisme la source de toutes leurs souffrances intérieures. Ils avaient une rancœur née de la solitude ; leur seul désir était d’avoir une nouvelle foi, une nouvelle communauté de croyants, un monde avec des normes fixes et sans doutes, une nouvelle religion nationale qui rassemblerait tous les Allemands. Tout ceci, le libéralisme le refusait. C’est pourquoi ils détestaient le libéralisme, lui reprochant d’en faire des parias, de les arracher à leur passé imaginaire et à leur foi ».

Le Parti républicain américain, qui reproduit les partis fascistes des années 1930, est un culte de la personnalité. Ceux qui ne s’inclinent pas de manière obséquieuse devant le leader et n’exécutent pas les demandes de ce dernier sont bannis. Les institutions chargées de défendre la moralité, notamment les institutions religieuses, ont échoué lamentablement aux États-Unis, tout comme elles ont échoué en Italie et en Allemagne. Un fascisme christianisé défend Trump comme un agent de Dieu alors que l’église traditionnelle refuse de dénoncer les extrémistes de droite évangéliques comme des hérétiques et des imposteurs. Comme l’a dit le social-démocrate allemand Kurt Schumacher, le fascisme fait un « appel constant au porc intérieur dans l’être humain ». Il mobilise la « stupidité humaine », ce que l’écrivain Joseph Roth appelait « l’auto-da-fé de l’esprit ».

Benjamin Carter Hett, dans son livre « The Death of Democracy : Hitler’s Rise to Power and the Downfall of the Weimar Republic », écrit : « Penser à la fin de la démocratie de Weimar de cette façon – comme le résultat d’un grand mouvement de protestation qui se heurte à des modèles complexes d’intérêt égoïste de l’élite, dans une culture de plus en plus encline à la création agressive de mythes et à l’irrationalité – c’est enlever l’aspect exotique et étranger des bannières à croix gammée et des Stormtroopers marchant au pas de l’oie. Soudain, le tout semble proche et familier. A côté de la brutalité d’une grande partie de la politique allemande des années Weimar, il y avait une candeur saugrenue ; peu de gens pouvaient imaginer les pires possibilités. Une nation civilisée ne pouvait pas voter pour Hitler, pensaient certains. Néanmoins, lorsqu’il devint chancelier, des millions de personnes s’attendaient à ce que son mandat soit court et inefficace. L’Allemagne était notoirement une terre respectueuse des lois et cultivée. Comment un gouvernement allemand pouvait-il systématiquement brutaliser son propre peuple ? »

Hett et d’autres historiens, dont Stern, Ian Kershaw, Richard J. Evans, Joachim E. Fest et Eric Voegelin, ont expliqué en détail comment la destruction délibérée des normes et procédures démocratiques en Allemagne s’est généralement faite au nom de la rapidité ou de la nécessité fiscale. En 1933, les nazis et les communistes détenaient ensemble une faible majorité des sièges au Parlement, ou Reichstag. Ils étaient dans l’impasse sur toutes les questions importantes, à l’exception de la déclaration d’une amnistie pour leurs partisans emprisonnés. Cette majorité « négative » rendait la gouvernance impossible. La démocratie allemande s’est grippée. Le leader socialiste Friedrich Ebert, président de 1919 à 1925, puis Heinrich Brüning, chancelier de 1930 à 1932 et allié du président Paul von Hindenburg, avaient déjà commencé à gouverner par décret pour contourner le parlement fracassant, en s’appuyant sur l’article 48 de la constitution de Weimar. L’article 48, qui accordait au président le droit d’émettre des décrets en cas d’urgence, était ce que Hett appelle « une trappe par laquelle l’Allemagne pouvait tomber dans la dictature ». L’article 48 était l’équivalent des décrets utilisés généreusement par le président Barack Obama et maintenant Trump.

Le Congrès, à certains égards, est encore plus dysfonctionnel que ne l’était le Reichstag. Les communistes allemands, au moins, se sont battus au nom des travailleurs. Les républicains et les démocrates au Congrès sont antagonistes sur les questions qui ne comptent pas, unis dans leur soutien à la corporatocratie et contre la classe ouvrière. Ils approuvent chaque année de vastes dépenses pour l’armée et les services de renseignement afin d’alimenter les guerres sans fin. Ils soutiennent les mesures d’austérité, les accords commerciaux et les réductions d’impôts exigés par les grandes entreprises, ce qui accélère les attaques contre la classe ouvrière. Dans le même temps, les tribunaux, comme c’était le cas pendant le fascisme en Allemagne et en Italie, se retrouvent encombrés par des extrémistes.

Les nazis ont réagi à l’incendie du Reichstag en février 1933, qui a probablement été perpétré par les nazis eux-mêmes, en utilisant l’article 48 pour faire adopter le décret présidentiel d’urgence « Pour la protection du peuple et de l’État ». Il a instantanément étouffé l’État démocratique. Il a légalisé l’emprisonnement sans procès de toute personne considérée comme une menace pour la sécurité nationale. Il a aboli la liberté d’expression, d’association et de la presse ainsi que la confidentialité des communications postales et téléphoniques. Peu d’Allemands ont compris toutes les ramifications du décret à l’époque, tout comme les Américains n’ont pas compris toutes les ramifications du Patriot Act.

La Chambre contrôlée par les Démocrates a mis en accusation Trump pour deux violations constitutionnelles relativement mineures. Elle n’a pas touché aux violations bien plus préjudiciables qui ont été normalisées sous les administrations Obama et Bush. Des guerres illégales, jamais déclarées par le Congrès comme l’exige la Constitution, ont été lancées par George W. Bush et poursuivies par Obama. Le peuple américain subit une surveillance gouvernementale généralisée en violation directe du quatrième amendement. La torture, l’enlèvement et l’emprisonnement de personnes soupçonnées de terrorisme dans des sites, ainsi que les assassinats ciblés, dont font désormais partie de hauts dirigeants étrangers, sont devenus monnaie courante. Lorsque Edward Snowden a fourni des documents indiquant que nos services de renseignement surveillent et espionnent presque tous les citoyens et qu’ils téléchargent nos données et paramètres dans les ordinateurs du gouvernement où ils seront stockés à perpétuité, rien n’a été fait. Obama a utilisé à mauvais escient l’autorisation d’utiliser les forces armées de 2002 pour effacer les procédures régulières et donner à la branche exécutive du gouvernement le droit d’agir comme juge, jury et bourreau dans l’assassinat de citoyens américains, à commencer par le religieux radical Anwar al-Awlaki et, deux semaines plus tard, son fils de 16 ans. Obama a également promulgué la section 1021 de la loi d’autorisation de la défense nationale, annulant ainsi la loi de 1878 sur le Posse Comitatus, qui interdit l’utilisation de l’armée comme force de police nationale. Obama et Trump ont violé des clauses de traités ratifiés par le Sénat. Ils ont violé la Constitution en procédant à des nominations sans demander la confirmation du Sénat. Ils ont contourné le Congrès en abusant des décrets exécutifs. Ce sont des outils bipartites très dangereux entre les mains d’un démagogue. Cette érosion constante de la démocratie, comme en Allemagne et en Italie,a ouvert la porte au fascisme. La faute n’en revient pas à Trump mais aux élites politiques au pouvoir qui, comme leurs prédécesseurs l’ont fait dans les années 1930, ont abandonné l’État de droit.

Peter Drucker, qui travaillait en Allemagne comme journaliste pendant la période de Weimar, a observé avec perspicacité que le fascisme a réussi malgré les mensonges chroniques répandus par les nazis, et non pas grâce à eux. La montée des nazis, comme celle de Trump, s’est produite face à « une presse hostile, une radio hostile, un cinéma hostile, une église hostile, et un gouvernement hostile qui a inlassablement mis en évidence les mensonges nazis, l’incohérence nazie, l’impossibilité de tenir leurs promesses, et les dangers et la folie de leur parcours ». Drucker, dans une remarque que nous devons interpréter comme un avertissement grave, a noté que personne « n’aurait été un nazi si la croyance rationnelle dans les promesses nazies avait été une condition préalable ». Comme l’écrit Hett, une telle hostilité envers la réalité se traduit « par le mépris de la politique, ou plutôt par le désir d’une politique qui n’était pas politique d’une certaine manière : une chose qui ne pourra jamais exister ».

« Le peuple est fatigué de la raison, fatigué de la pensée et de la réflexion », a écrit le dramaturge de gauche Ernst Toller à propos des Allemands dans la République de Weimar. « Ils se demandent ce que la raison a fait ces dernières années, ce que les idées et les connaissances nous ont apporté de bon ».

Lorsque les élites dirigeantes sont incapables de protéger les droits et les besoins des citoyens, ou ne sont plus intéressées à le faire, elles deviennent jetables. Un public furieux considère comme un allié toute figure politique ou tout parti politique prêt à attaquer et à rabaisser les élites dirigeantes traditionnelles. Plus l’attaque est grossière, irrationnelle ou vulgaire, plus les personnes privées de leurs droits se réjouissent. Le mensonge et la vérité n’ont plus d’importance. C’était ce qui séduisait chez les fascistes. C’est ce qui séduit chez Trump. La démocratie ne s’est pas éteinte en 2016 lorsque Trump a été élu. Elle a été lentement étranglée à mort par les partis républicain et démocrate au nom de leurs maîtres oligarchiques.

Source : Truthdig, Chris Hedges, 13 -01-2020

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Chalpitek // 28.01.2020 à 09h41

Ce n’est pas comme ça que je le comprends. Le parallèle entre la montée du fascisme en Allemagne et Trump est juste ridicule. L’assimilation qui est faite entre patriotisme et fascisme est malhonnête. Je suis désolé, c’est le discours disqualifiant de la gauche globaliste des grandes métropoles, celle-là même qui a abandonné le peuple. Cet article me fait penser à Macron se rendant à Oradour Sur Glane la veille du second tour pour prévenir du péril brun, comme si le péril du globaliste Macron n’était pas tout aussi terrible. La réponse est ailleurs, ne nous trompons pas.

40 réactions et commentaires

  • Chalpitek // 28.01.2020 à 07h36

    Au début j’ai lu puis ensuite j’ai survolé. Cet article n’est pas terrible. Il passe à côté du problème de façon tellement caricaturale que c’est drôle. 1- Trump est là pour les mêmes raisons que le Brexit est advenu, que Salvini ou Orban sont là. Ils sont le produit d’une globalisation sans freins sauce politiquement correct dont les populations ne veulent plus. 2- Aux USA, le parti démocrate n’a jamais accepté la victoire de Trump. Or la démocratie exige le consentement des perdants. Ce n’est pas Trump qui cause du tort à la démocratie aux US.

    Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.
    Jacques-Bénigne Bossuet

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    • Nico // 28.01.2020 à 09h25

      C’est ce qu’il explique dans l’article justement. Il vaut mieux lire avant de commenter…

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      • Chalpitek // 28.01.2020 à 09h41

        Ce n’est pas comme ça que je le comprends. Le parallèle entre la montée du fascisme en Allemagne et Trump est juste ridicule. L’assimilation qui est faite entre patriotisme et fascisme est malhonnête. Je suis désolé, c’est le discours disqualifiant de la gauche globaliste des grandes métropoles, celle-là même qui a abandonné le peuple. Cet article me fait penser à Macron se rendant à Oradour Sur Glane la veille du second tour pour prévenir du péril brun, comme si le péril du globaliste Macron n’était pas tout aussi terrible. La réponse est ailleurs, ne nous trompons pas.

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  • Jean-Do // 28.01.2020 à 07h47

    Que voila un texte majeur voire indispensable dans la compréhension de la marche forcée vers le fascisme. Et en prime, il est suggère des solutions que nous pouvons faire appliquer dont la principale est de rendre le pouvoir au peuple, vite !

    Merci au site pour le choix et la traduction de ce texte

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    • Dawnrouille // 29.01.2020 à 10h00

      Pourquoi tjrs tt ramener au fascisme et aux nazis?…

      Pourquoi ce besoin d’agiter ce spectre qui s’il revient n’aura pas ce nom.
      Pourquoi ne pas se contenter de citer des dérives précises qui font qu’une démocratie n’en est pas et/ou disparaît ?

      Fascisme, nazisme ne permettent pas la réflexion, ne permettent pas le débat. Il n’y a rien a commenter dessus. C’était mal.
      Par contre on peut discuter de ce qui était vraiment mal ou non sur des faits précis. Leurs causes et conséquences.

      Arrêtons de tt ramener au nazisme & co. De tte façon les dictatures n’ont pas besoin de nom précis.
      Elles peuvent même se nommer démocraties.

      Restons en aux faits plutôt que de nous appuyer sur des termes vagues.

      La lutte contre les Fake news, la lutte anti terrorisme, la mainmise sur la justice, les répressions policières sont des éléments bien plus factuel de l’autoritarisme qui prend la place de nos régimes pseudo démocratiques. Et je n’ai nullement besoin de crier au fascisme pr pointer ces éléments. Une dictature se contrefou du fascisme et sera ravie d’utiliser ces éléments de langage pr tuer les débats et affubler de ces mots indiscutables des gens qui n’en sont pas.

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    • LibEgaFra // 29.01.2020 à 15h34

      Arrêtons d’employer le mot fascisme à tort et à travers. Cela risque de lui faire perdre sa pertinence.

      Maintenant j’ai relevé ce passage:

      « Les nazis ont réagi à l’incendie du Reichstag en février 1933, qui a probablement été perpétré par les nazis eux-mêmes, en utilisant l’article 48 pour faire adopter le décret présidentiel d’urgence « Pour la protection du peuple et de l’État ». Il a instantanément étouffé l’État démocratique. Il a légalisé l’emprisonnement sans procès de toute personne considérée comme une menace pour la sécurité nationale. »

      Comment ils disent au début de certains films? Ah, oui! Tout comparaison avec des faits réels (plus récents) serait purement fortuite.

      Exactement!

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  • Jean // 28.01.2020 à 08h24

    « La primauté du profit des entreprises, comme dans l’Allemagne et l’Italie fascistes, rend les élites du monde des affaires délibérément complices de la destruction de la démocratie. »

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    • Danjou // 28.01.2020 à 09h49

      La collusion (entente secrète au préjudice d’un tiers) entre les élites économiques et politiques est l’un des piliers du fascisme.
      « Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme. » Albert Camus, L’Homme révolté ».
      Avertissement à « ceux qui ne sont rien »….

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      • Cornelius // 28.01.2020 à 10h20

        Certes, certes, mais connaissez-vous beaucoup de régimes politiques dans l’Histoire au sein desquels il n’y avait pas de « collusion entre les élites économiques et politiques » ?

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        • Danjou // 28.01.2020 à 10h53

          Bien sûr, mais c’est plus ou moins manifeste et impactant. Quand toutes les décisions politiques vont dans le même sens ne serions nous pas déjà dans une zone… vénéneuse ?
          Charles de Gaulle : « La politique de la France ne se fait pas à la corbeille. »

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      • Chalpitek // 28.01.2020 à 11h17

        Je ne vois aucune différence entre les rapports d’une grande entreprise avec l’état sous Hitler, Staline ou Mussolini ni d’ailleurs sous aucun totalitarisme. Dans un régime totalitaire la notion de propriété des moyens de production n’a plus aucun sens puisque de toutes façons il s’agit d’une clique qui s’enrichit sur le dos des autres. Le débat n’est pas dans la relation de l’état avec les entreprises, mais dans le fait de vouloir plus d’état ou moins d’état et de savoir si plus d’état aboutit ou non à une dérive totalitaire.

          +5

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  • Denis Monod-Broca // 28.01.2020 à 08h43

    Bon article, qui décrit bien les choses telles qu’elles sont.

    « « Le peuple est fatigué de la raison, fatigué de la pensée et de la réflexion », a écrit le dramaturge de gauche Ernst Toller à propos des Allemands dans la République de Weimar. « Ils se demandent ce que la raison a fait ces dernières années, ce que les idées et les connaissances nous ont apporté de bon ». »

    On pourrait ajouter que nos élites dirigeantes elles aussi sont fatiguées de la raison, de la pensée, de la réflexion.

    Dans le documentaire de Benamou sur Camus, il est question aussi de « paresse de la pensée »

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    • Blabla // 28.01.2020 à 15h02

      En contemplant la scène politique française, on lit très bien que le pouvoir a déserté la politique : les idiots exhibitionnistes sont tout simplement comiques et, tels des marionnettes, exécutent les instructions des financiers qui, eux, n’aiment pas la lumière des médias qu’ils contrôlent pourtant.

      Le peuple n’est pas fatigué de penser, il en est distrait, détourné en permanence par les matraquages publicitaire et bien pensant. Du coup, il peut voter n’importe qui, déjà parce qu’on lui propose n’importe qui

        +8

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  • guzy // 28.01.2020 à 10h24

    Bon sang, il va falloir arrêter avec Trump Hitler, franchement les gens de gauche se ridiculisent et paraissent incapables d’aller au-delà de leur émotivités. L’élection de Trump est une très grosse colère démocratique, aux démocrates de se saisir de cette révolte pour l’orienter en leur faveur.
    aux USA, le président « nazi » est poursuivi depuis des années par la haine quasi-majoritaire de la presse, qui n’hésite pas même à propager des fake news pour faire tomber le président. Dès que ce type fait un pas de côté, tout le monde lui saute dessus. Le Parlement a engagé une procédure d’impeachmnt, les gens peuvent l’injurier comme ils veulent dans les manifestations sans se faire éborgner par la police.
    Tu parles d’une dictature ! que je sache ce n’est pas non plus dans l’Italie des populistes que la moindre manif tourne à l’atmosphère de guerre civile.
    Par contre, les « démocrates » semblent eux avoir un problème avec la démocratie. Ils devraient mettre toute leur force dans la campagne électorale pour se débarrasser de Trump, mais non, ils préfèrent faire un impeachment et taper sur le seul candidat capable de le battre : Sanders.

      +24

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    • Chris // 29.01.2020 à 15h09

      A propos du cirque et luttes de pouvoir qu’est le procès d’impeachment de Trump, Alastair Crooke y voit quelque chose de bien plus inquiétant :
      https://www.strategic-culture.org/news/2020/01/27/iran-becomes-the-prize-to-americas-warring-parties-rites-of-war/
      Activer Google traduction…
      Pour la passionnée d’astrologie que je suis (pas celle des magazines/médias), je crains qu’il n’aie raison, avec l’entrée de Pluton dans le signe du Verseau dès 2023 : soudain, explosif et niveleur. La dernière fois, ça a donné la Constitution américaine, la Révolution française et ses DDH.

        +0

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  • Kiwixar // 28.01.2020 à 10h30

    Il y a une différence avec les années 30 : à l’époque, le communisme et le syndicalisme étaient forts, et les riches faisaient gaffe (et dans leur froc). Le fascisme était leur solution corporatiste pour contenir les 80% du bas tout en protégeant les riches.

    Aujourd’hui, le communisme ne fait plus peur, les dirigeants syndicalistes ont « croqué » et sont sournoisement soumis, donc c’est open bar pour les très riches.

    Ils considèrent que, en cas de troubles trop forts, ils pourront créer un « choc » légitimant une suspension « temporaire » des élections et du droit, une mise en place permanente de l’état d’urgence, le droit pour les flics de tirer dans le tas pour tuer. Un fascisme 2.0. On ne doit plus en être très loin. A la libération 2.0, il faudra cette fois complètement purger cette engeance et leurs laquais, de manière éternellement dissuasive.

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    • Paco // 28.01.2020 à 12h44

       » ils pourront créer un “choc” légitimant une suspension “temporaire” des élections et du droit, une mise en place permanente de l’état d’urgence »

      Oui et en France cela s’appelle l’article 16 de la constitution, les pleins pouvoirs!

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  • Anouchka // 28.01.2020 à 10h39

    On considère souvent que le fascisme fut un moment historique non reproductible car lié à des circonstances particulières que nous ne connaissons plus aujourd’hui : la brutalisation des masses pendant la grande guerre, la jeunesse de certaines démocraties dont la population était encore habitée par un imaginaire féodal, les crises du capitalisme engendrant chômage et misère chez les uns et angoisse du communisme chez les autres…
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    • Anouchka // 28.01.2020 à 10h41

      2/2
      Aujourd’hui, nous, nous connaitrions certes les affres des crises du capitalisme et notre imaginaire, habité par les structures patriarcale anciennes, se sent parfois dangereusement menacé par les bouleversements sociétaux de nos sociétés à l’image des Allemands, à peine sortis du féodalisme il y un siècle… MAIS, il nous manquerait un élément déterminant : l’expérience de la violence de la grande guerre qui a engendré Squadri, Corps francs et autres Sections d’assaut qui furent la matrice des violences exterminatrices de la seconde guerre mondiale. Nous ne baignerions pas non plus dans la hantise de la raréfaction des ressources et la peur de disparaitre en tant que peuple (comme les Allemands paaprès le blocus de la fin de la première mondiale par exemple)…
      Ah bon ? Et les discours apocalyptiques sur la fin climatique du monde dont tout le monde se persuade inexorablement à la faveur du matraquage médiatique… Et les affirmations sans cesses répétées dans ces même médias que la survie après l’effondrement écologique ne concernera qu’un petit nombre d’élus (les plus riches ou les plus malins) à moins peut-être que l’on arrive à instaurer un dictature technocratique…
      Et je ne parle même pas de la banalisation de la violence guerrière que films et information en continu impriment dans nos consciences « sur-éduquées« …

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      • calal // 28.01.2020 à 12h57

        sans oublier une hypothese soumise par certains: une generation de jeunes hommes eleves sans pere ( soit a cause des morts des guerres soit a cause des divorces) prompts a rechercher un guide,ein fuhrer et a se faire manipuler.

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        • Anouchka // 28.01.2020 à 14h25

          Je ne pense pas que la recrudescence de familles monoparentales était un problème central à l’époque (en tout cas peu comparable avec les taux actuels, sachant que même mort, le pere peut rester très présent dans l’esprit de l’enfant et de plus obtient un statut de héros ).
          En revanche, c’est certain que dans les cercles nationalistes de droite, la question de la virilité était centrale, voir obsessionnelle (Plutôt la « virilité » que la question du « père » en tant que telle) et qu’elle était directement liée au déchainement de violence chez certain, comme le montre de manière emblématique la cas de Ernst Junger

          https://www.persee.fr/doc/genes_1155-3219_1998_num_33_1_1541

          A ce titre, on pourrait craindre aujourd’hui un « retour de bâton » consécutif à l’instrumentalisation du féminisme dans le cadre de la mise en concurrence de tous contre tous par le néo-libéralisme.

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          • Chalpitek // 28.01.2020 à 19h17

            Les excès génèrent des retours de bâton souvent eux-mêmes excessifs. Vu qu’on est allés très très loin, je crains la suite.

            Humour : un cyclomotoriste se définissant du genre cycliste vient de battre le record de vitesse à vélo.

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  • Macarel // 28.01.2020 à 11h10

    Aujourd’hui, s’il y a un pays qui est sur les traces de la République de Weimar, c’est bien la France et non les USA.
    Le parallèle a d’ailleurs souvent été fait entre Heinrich Brüning et François Hollande. Comparaison, n’est pas raison, mais…

    L’économie allemande croulait sous les réparations de guerre exigées par le Traité de Versailles, tout comme l’économie française est aujourd’hui étouffée par notre appartenance à l’euro et à l’UE dominée par l’Allemagne.

    A ceci près, que les élites françaises « stato-financières » (comme dirait Todd), ont elles même contribué à la création de l’euro, en croyant par ce moyen « clouer les mains sur la table des allemands réunifiés » (selon une expression de l’époque Mitterrand). On sait que c’est tout l’inverse qui est advenu, et le marasme économique grandissant en France, menace de plus en plus la paix civile, et le pouvoir -soumis à l’extérieur et assiégé à l’intérieur- est de plus en plus tenté par des méthodes coercitives brutales sur sa propre population, génératrices de violences en retour. L’on ne peut que s’en inquiéter. D’autant plus, que dans le reste de l’Europe, l’on semble inconscient de la gravité du délitement démocratique qui touche la France contemporaine ( ou alors l’on craint d’en faire état). Et cela pourrait à terme se payer cher, non seulement par les français, mais par le reste des populations européennes, Allemagne comprise.

      +26

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    • Chalpitek // 28.01.2020 à 11h27

      Tout à fait. Le narratif seriné via tous les canaux par les « élites » parisiennes roulant en Tesla est complètement déphasé par rapport à la situation dans le pays. Cette situation de perte du flux du roman national est très préoccupante.

        +8

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    • Anouchka // 28.01.2020 à 11h45

      A ceci près, mais c’est capital, que l’Allemagne de Weimar était une puissance technologique et industrielle montante, ce que la France est loin d’être. L’Amérique avec ses GAFAM, par contre… D’autant plus que comme l’Allemagne en 18, elle se prend de plus en plus de raclées dans ses ambition d’extension impérialistes au Moyen-Orient.
      On rappellera d’ailleurs que l’Allemagne de Weimar n’était nullement étranglée par des dettes impayables, contrairement à ce que l’Angleterre de l’époque a voulu faire croire.

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      • Macarel // 28.01.2020 à 11h59

        Si je vous suis, vu notre appartenance au monde latin et que nous sommes une puissance en voie de désindustrialisation, il faudrait mieux faire une comparaison avec le Chili et sa dérive « pinochiste » . A ceci près que la CIA, a joué un rôle déterminant dans le coups d’Etat de 1973. Nous tomberons d’accord, sur le fait que l’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais aujourd’hui la France est sur une pente qui ne peut qu’inquiéter tout démocrate sincère, et notre appartenance à l’UE et à l’euro ne peut être éludée dans la crise majeure actuelle que traverse la société française.

          +7

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      • Macarel // 28.01.2020 à 12h41

        Aux USA, des changements majeurs d’orientation des politiques économiques semblent encore possibles.
        Sanders est bien placé pour aborder les primaires démocrates de l’Iowa et du New Hampshire !

        https://lh3.googleusercontent.com/-7jGfiQ8_2aQ/Xi8MtnIoPZI/AAAAAAAAdjE/rKEh3SQMHLggpMv-f7kfhGR7KlwpMTbwACK8BGAsYHg/s0/2020-01-27.jpg

        En France, dans l’UE en général, ce n’est plus possible. Les principes fondamentaux qui régissent les politiques économiques à mener dans chaque Etat sont inscrits dans le marbre des Traités. On est la plus proche de ce qu’était l’URSS, que d’autre chose. Toujours est-il que le corset UE+euro, fait de notre démocratie une coquille vide, et ouvre la voie à de l’aventurisme non démocratique.

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      • vert-de-taire // 29.01.2020 à 10h26

        L’Allemagne des années 30 n’était PAS une nation. Il n’y avait donc pas d’outil social (ou institutionnel) pour fabriquer du consentement pour lutter efficacement contre la crise économique (qqu’en soit les causes). Le nazisme a créé ce ciment, ce qu’à orchestré Goering parfaitement conscient de ce manque.

          +2

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  • Fred // 28.01.2020 à 11h14

    Phénomène tout à fait similaire en France: la violation constante et répétée des grands principes juridiques, de la Constitution est devenue une banalité.

    C. Hedges n’échappe pas au phénomène du Trump bashing: son article est un énorme point Godwin entre Trump et le fascisme et pourtant il note bien que les principaux responsables de cette fascisation sont Bush et Obama.

    Je pense que Trump n’a pas encore dévoilé tout son jeu, il faudra attendre la fin pour juger définitivement.

      +10

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  • Kokoba // 28.01.2020 à 11h15

    Comparer la situation actuelle avec la montée du fascisme des années 30 est toujours un exercice périlleux.
    Il ne faut pas tout mélanger mais il y a tout de même des comparaisons intéressantes à relever.

    L’article ici est de bonne facture.
    Il explique bien les mécanismes en jeu.

    C’est un mécanisme qu’on retrouve d’ailleurs dans tous les pays du monde :

    Dans les pays musulmans (Egypte, Algérie, Iran du Sha, etc..), lorsque le peuple constate que les dirigeants sont corrompus jusqu’à l’os, ils vont se tourner vers les religieux qui représentent la seule force capable de changement.
    Même si ces religieux sont extrèmistes.

    Aux US, le peuple se tournera vers Trump qui propose « America first » contre les élites symbolisés par Hillary Clinton.

    En France, les Français voient bien que le système est totalement verrouillé par des élites corrompus.
    Vers qui peuvent-ils se tourner pour espérer un changement ?

    Et plus les élites utilisent leur pouvoir pour écraser le peuple (confer la réforme des retraites), plus le désir de revanche et de violence va grandir.

      +8

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    • vert-de-taire // 29.01.2020 à 10h35

      Donc supposons un instant que Lepen/RN se catholicise prudemment (il y a matière et elle en a les capacités),
      cela ferait une majorité écrasante ?
      BRRRR

      Sûr que l’élite n’y verrait pas d’obstacles aigus (comme pour Lubrisol, pas de toxicité aiguë, juste un empoisonnement normal) …

      Certes je rêve mais j’ai qqs arguments factuels.

        +0

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  • Marée // 28.01.2020 à 11h42

    Bonjour,
    « Une grande partie de la population, accablée par le désespoir, s’est séparée d’un monde basé sur les faits et embrasse la magie, les théories du complot et les fantasmes. » Ce bout de texte se réfère à la population souffrante.
    C’est une ânerie.

    Les notoires sont soumis à un discours savant. Ils sont instruits mais aussi peu « éduqués » et donc « intelligent humainement » qu’une pelle à tarte et ça donne les Macronistes chez nous. Ils sont jouisseurs suicidaires dans la déshumanisation.

    Les souffrants sont soumis à des modèles de proximité, à la consommation et à un écrasement social (pas de sous, pas de pouvoir) mais ils sont du coup protégés du discours savant abruti, saisissent mieux les rapports de force actuels par leur vécu, résiste mieux à la déshumanisation. Une large partie des classes populaires ont compris dès mi 80 sans théoriser, les autres ont saisis en chutant socialement progressivement.

    Les deux pensent à des complots, il suffit d’écouter le nombre d’âneries complotistes des notoires dans les informations mainstream. Mais un complot ça demande du pouvoir et seuls les notoires l’ont.
    Si bien des complots sont farfelus, le « complot contre la sûreté de l’État » ça c’est une réalité : pillage organisé et déconstruction de la puissance publique par la loi, violations répétées de la Constitution et de lois internationales auxquelles nous sommes normalement soumis.

      +11

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  • jc // 28.01.2020 à 14h11

    Nous sommes en principe en démocratie (article 2 de notre constitution: « Son principe [ de la république] est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »).

    Mais en fait nous sommes en ploutocratie: le ploutocrate Emmanuel Macron, aux ordres de Francfort et de la finance internationale, gouverne par ordonnances; alors que la véritable démocratie exige un gouvernement qui se réfère en permanence au peuple (par référendum ou plébiscite par exemple).

    Ce qui est en train de mourir (et qui, pour moi, est mort-né) c’est cette pseudo-démocratie que les peuples se sont laissés imposer (en particulier en 1789 qui a été suivi presque aussitôt par une contre-révolution bourgeoise).

    (Pourquoi nos démocraties ont-elles évolué en ploutocratie?
    Je pense qu’il faut regarder du coté du droit constitutionnel de propriété privée, notion éminnement bourgeoise:
    « le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par la loi »
    Il s’agit d’un droit « naturel » garanti par la Constitution. Il figure explicitement dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 comme l’un des quatre « droits naturels et imprescriptibles de l’homme ».)

      +2

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    • jc // 28.01.2020 à 14h18

      (suite)

      Emmanuel Macron applique les directives qui viennent d’une Union Européenne fédérale top-down (jacobine-bourgeoise). Je suis pour une Union Européenne confédérale bottom-up (girondine-populaire), capitale Genève. (Avec un capitalisme -droit de propriété- fibro-stratifié, par exemple en les 10 strates suivantes: individu-famille-village-commune-canton-département-province-France-Europe-Monde.)

      Lancer de nouveaux partis: un LaDem (La Démocratie en marche), un LD (Les Démocrates), un RI (Rassemblement International), un DLF (Debout les Françaises), etc. , avec le Bottom-Up pour confédérateur commun? Les municipales (Bottom dans la hiérarchie électorale actuelle) me semblent être le moment idéal pour ça.

        +3

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  • jules Vallés // 28.01.2020 à 19h02

    «  »Les nazis ont réagi à l’incendie du Reichstag en février 1933, qui a probablement été perpétré par les nazis eux-mêmes, en utilisant l’article 48 pour faire adopter le décret présidentiel d’urgence » »
    EUh..à 1 prés ça me rappelle le 49/3, mais attention, là, c’est une vraie démocratie, n’est-ce-pas Vals ?

      +6

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  • Vincent P. // 29.01.2020 à 15h24

    Outre un « biais d’américanisme » flagrant et réducteur, Hedges ne dit rien de la corruption qui chez lui est devenue l’institution même, et chez nous le cœur de l’UE des lobbies et du pantouflage.
    Il se fait berner par la valse des présidents et est incapable de regarder en profondeur : réaliser à quel point le droit, les constitutions, l’idée de démocratie et pour faire court, l’Occident dans son entièreté sont devenus une farce vide et un piège à consentement, lui est impossible. Si l’effondrement actuel a son épicentre aux E.U, le point de vue d’un américain sur la fin de l’empire au sein duquel il vit est forcément incomplet : ce texte le montre bien.
    Le nazisme a bon dos :
    L’idéologie néolibérale capitaliste est au moins aussi mortifère, et en tout cas bien plus cynique dans sa méthode pour cacher la réalité de son jeu de guerre permanente derrière des « valeurs ».
    On a simplement ôté les barbelés des camps, mais pour Macron aussi « le travail rend libre » !!
    Hedges a perdu la capacité d’analyser et décrire le moment que vit le monde, parce qu’il est américain, et parce que l’effondrement en cours n’est pas que moral et politique et occidental mais géopolitique, énergétique et global. Simplement nécessaire.
    C’est d’ailleurs à la fin du monde post 2nde GM à laquelle nous assistons et aux conséquences de l’hubris des vainqueurs qui ont compté en Dollars au lieu de compter en Siècles… et ont recruté des nazis pour construire leur monde balistique d’aujourd’hui.

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  • Onna // 31.01.2020 à 11h25

    Belle analogie historique, malheureusement l’humain est humain et les cycles continuent de tourner sur eux-même. 1929, 2008, 1933, 2016, peu importe l’échelle du temps, la constante humaine est bien réelle.

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  • clauzip12 // 01.02.2020 à 01h18

    Nous sommes déjà dans le système totalitaire dans l’UE.Le traité de Maastricht est inamovible!
    Progressivement,avec la disparition engagée des États et le peu de pouvoir du parlement européen,le pouvoir des multinationales sur l’économie de l’UE et des états « européens »,la perte de souveraineté des États totale ou presque(la France à la force nucléaire…dans l’OTAN) nous situe plus proche du totalitarisme que de la démocratie.
    Les résistances aux dogmes UE verront certainement apparaitre si ce n’est déjà visible pour certains ,avec la violence perpétrée contre les manifestants opposés en fait,aux directives UE que Macron s’efforce de mettre en place,une violence de plus en plus manifeste.
    Comment peut t on imaginer un démocrate vu le dédain manifesté à plusieurs reprise et verbalement pour une majeure partie du peuple,constaté l’absence de dialogue avec les représentants des salaries,l’utilisation de la police comme une milice contre les mouvements populaires et les violences non perçues parce que voulues,le contrôle de 90% de la presse par des soutiens milliardaires,la gestion d’un pays en n’observant qu’un budget…
    Une unité de 5000 et plus maintenant de gendarmes européens militaires est constituée pour répondre aux demandes des gouvernements en cas de manifestations populaire,en cas de non respect massif des directives…
    Notre avenir collectif européen est tracé;ordre,privatisation des services publics,privatisation,profits…silence,ils profitent!

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  • azuki // 01.02.2020 à 09h55

    «Cela ne veut pas dire non plus que nous endurons les graves traumatismes qui ont affligé l’Allemagne après la première guerre mondiale, avec ses 1,7 million de victimes de guerre et ses millions d’autres blessés physiquement et psychologiquement. »
    Les guerres et pays détruits par le trio infernal (et avec la complicité active de l’UE) pour «remodeler» le moyen orient et depuis la guerre d’Afganistan ça a fait combien de millions de morts déjà ? Et pas de traumatisme, avec les drones terroristes et assassins, avec la crise humanitaire sans précédent et volontaire au Mali…. au passage la situation dans les dits «territoires occupés» de l’archipel palestinien par ceux là même qui pleurent leur passé et se comporte de la même manière que leur ex. boureaux… bref :
    A quoi sert de pleurer le passé si c’est pour n’en retenir AUCUNE leçon !

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