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16.janvier.202016.1.2020 // Les Crises

Les nouveaux « codes noirs » – Par Chris Hedges

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Source : Truthdig, Chris Hedges, 02-12-2019

M. Fish / Truthdig

Les forces de police des banlieues déshéritées, équipées d’armement militaire et habilitées à harceler et à tuer, en général, à volonté, ainsi que les incarcérations massives, sont les principaux outils de contrôle sociétal des pauvres. A peine y a-t-il un semblant de justice et encore moins de protection et de sécurité. L’État au service des grandes entreprises et les oligarchiques qui nous dirigent craignent un retour de bâton de la part de ceux qu’ils ont abandonnés dans les enclaves désindustrialisées du pays, lieux que Malcolm X nommaient nos « colonies internes ». La violence et la terreur quotidiennes maintiennent les pauvres en esclavage, surtout les racisés. En moyenne, plus de 1 100 personnes, soit une toutes les huit heures, quasiment toutes désarmées, sont tuées chaque année par la police aux États-Unis. Ces meurtres ne sont pas des accidents. Ils ne sont pas le fruit d’un système qui a échoué. Le système fonctionne exactement comme il est conçu pour fonctionner. Et tant que le pouvoir systémique des entreprises ne sera pas anéanti, rien ne changera pour les pauvres, ni pour le reste des Américains.

Toutes les réformes de la police depuis des décennies, dont les garanties prévues par la loi, les droits Miranda et les protocoles de dépôt d’accusations, n’ont fait qu’accroître le pouvoir et les moyens de la police. Notre débat national focalisé sur les questions raciales et le criminelles, en refusant de dénoncer les systèmes économiques, sociaux et politiques d’exploitation et de suprématie des Blancs, a été un véritable fiasco. Les masses de chômeurs et de travailleurs précaires, surtout parmi les gens de couleur, font partie intégrante du modèle prédateur du capitalisme des multinationales. Tout comme les institutions, en particulier la police, les tribunaux, les prisons et les établissements pénitentiaires, chargés de maintenir le contrôle sociétal sur les oubliés du système.

Les élites sont parfaitement conscientes de l’intense agitation sociale qui régnerait sans la terreur policière et le système carcéral américain, qui maintient en détention 25 % de la population carcérale mondiale. L’indignation suscitée par les assassinats par la police de Michael Brown à Ferguson (Missouri), Eric Garner à New York, Walter Scott à Charleston (Caroline du Sud), Tamir Rice à Cleveland (Ohio), Freddie Gray à Baltimore (Maryland) et Laquan McDonald à Chicago – attisée par les enregistrements vidéo et la diffusion sur les réseaux sociaux – a peut-être conduit à la montée de groupes tels que Black Lives Matter, mais cela n’a rien fait et ne fera rien pour mettre un frein aux violences policières. Davantage de formation, des caméras individuelles, la police de proximité, l’embauche comme agents de police de plus de personnes issues des minorités, un meilleur service de probation, des amendes équitables et des unités spéciales pour enquêter sur les violences policières sont des gadgets de communication. Personne au pouvoir n’a l’intention de desserrer l’étau. Les autorités ont trop peur de ce qui pourrait advenir.

Les réductions d’impôt pour les sociétés et les nantis, la perte d’emplois dans le secteur industriel – fortement syndicalisé et offrant des revenus décente – et l’effondrement des institutions publiques ont décimé les budgets des villes et des comtés. Les services de police sont utilisés pour compenser les pertes de recettes en mettant constamment à l’amendes les pauvres, souvent pour des infractions fabriquées de toutes pièces comme l’entrave à la circulation piétonnière (ce qui signifie se tenir sur un trottoir) ou la fait de boire dans un récipient ouvert ou de vendre hors taxes des cigarettes. Les arrestations et les amendes qui en découlent pour de telles violations sont appelées des actions de « qualité de vie ». La pauvreté a forcé beaucoup de gens, surtout les jeunes, à tirer un revenu de l’économie parallèle. Le manque de travail dans l’économie légale et l’inextinguible besoin d’aide sociale ont transformé le maintien de l’ordre en une guerre permanente contre les classes défavorisées. C’est au cours de cette guerre que Garner, tentant de subvenir aux besoins de sa famille en vendant hors taxes des cigarettes, est devenu une cible récurrente de harcèlement policier pour terminer étouffé par des policiers le 17 juillet 2014 à Staten Island.

Le livre de Matt Taibbi, « I Can’t Breathe : A Killing on Bay Street » utilise le meurtre de Garner pour révéler l’architecture de la répression d’État. Aucune de ces répressions et violences, comme l’illustre Taibbi, n’est accidentelle, et aucune solution n’y sera trouvée tant que les injustices sociales, politiques et économiques perpétrées contre les pauvres par la puissance entrepreneuriale ne seront pas inversées. [Cliquez ici pour voir l’interview de Taibbi par Hedges.]

« Eric Garner a été assassiné par l’histoire », écrit Taibbi. « Le mobile en était le péché secret d’une société divisée, d’un pays qui est resté figé, depuis plus de cinquante ans, à un pas crucial de la réconciliation et qui est déterminé à y rester. »

La guerre contre les pauvres de couleur a été un projet bipartite. Personne n’a été exécuté aux États-Unis entre 1968 et 1976, mais des changements législatifs drastiques ont eu lieu dans les années 1990. Pendant le mandat du président Bill Clinton, les Démocrates et les Républicains ont ensemble adopté une série de projets de loi sur « l’ordre public » qui ont fait bondir le nombre de crimes passibles de la peine de mort à 66 en 1994. Un seul des crimes commis en 1974 l’était, selon les lois fédérales.

Les deux partis, selon les termes de Naomi Murakawa, se sont engagés dans « la surenchère en matière de peine de mort ». Le sénateur Joe Biden était alors l’un des principaux partisans du développement de la peine de mort. Biden se vantait d’avoir « ajouté aux lois fédérales plus de 50 crimes passibles de peines de mort ». La loi de 1994 sur le contrôle de la violence criminelle et le maintien de l’ordre, adoptée par Clinton et Biden, a permis de financer des dizaines de milliers de policiers de proximité et des tribunaux spécialisés sur les stupéfiants. Elle a interdit certaines fusils d’assaut. Elle prévoyait des peines de perpétuité pour toute personne reconnue coupable d’un crime violent en ayant déjà à son casier deux condamnations, dont celles pour infraction à la législation sur les stupéfiants. Ces peines de réclusion à perpétuité automatiques étaient connues sous le nom de dispositions relatives à la troisième faute.

La population des prisons fédérales et d’État a augmenté de 673 000 détenus sous l’administration Clinton, soit 235 000 de plus que sous la présidence de Ronald Reagan. La police est devenue toute-puissante dans les rues des quartiers pauvres. Les tribunaux sont devenus un tapis roulant envoyant les pauvres dans les prisons du pays.

Taibbi décrit au début de son livre une agression policière offensive en 2014 contre Ibrahim Annan, fils de deux immigrants africains, qui était assis dans sa voiture à Staten Island. Annan, âgé d’une trentaine d’années, a été frappé sans pitié au visage et à la tête par la police avec ce que l’on pense être une matraque télescopique. Sa jambe gauche a été fracturée en trois endroits. Un an plus tard, il marchait toujours avec une canne. Comme c’est souvent le cas dans les affaires de violence policière, c’est lui qui s’est vu accuser, pour menaces, possession criminelle de marijuana au cinquième degré, entrave à la force publique, possession illégale de marijuana, voies de fait au deuxième degré et voies de fait au troisième degré, entre autres. Taibbi écrit :

« La longue liste d’accusations portées contre Annan faisait partie d’un jeu élaboré auquel s’adonnent souvent la police et les procureurs avec les personnes ayant fait l’objet d’arrestations « problématiques ». Un homme noir avec une jambe brisée dispose presque automatiquement d’un argumentaire pour certains types de poursuites fédérales en matière de droits civils. Mais ces poursuites sont plus difficiles à gagner lorsque l’arrestation aboutit à une condamnation. Ainsi, lorsque la police commet un passage à tabac suffisamment violent, la première ligne de défense de la commune est souvent uen fuite en avant en déposant une longue liste d’accusations, dans l’espoir que l’une d’entre elles soit retenue. Les avocats au civil, quant à eux, essaient souvent d’attendre que les accusations criminelles soient tombées pour intenter des poursuites.

C’est un jeu de levier. Si le tabassage est sévère, la victime est en situation de réclamer à la municipalité une somme d’argent respectable. Mais ce n’est que de l’argent, et il sort de la poche du contribuable. L’État, pendant ce temps, a le pouvoir de faire que les pertes de ce jeu de poker retombent sur quelqu’un. Il peut mettre le perdant en prison et, au cours de la procédure, lui faire prendre des années de sa vie en comparutions devant le tribunal. Comme Annan le découvrira, le temps est l’ultime atout de l’État. »

Les victimes d’une telle violence sont constamment mises à l’index par un public enclin à craindre les personnes visées par la police. Tout comme le sont ceux qui témoignent, comme Ramsey Orta, qui a utilisé son téléphone pour filmer le meurtre de Garner.

« Essayez d’imaginer un monde sans ce vaste consensus tacite sur le fait que les hommes noirs sont intrinsèquement effrayants. La plupart de ces agressions policières seraient présentées dans les médias comme des accès de folie », écrit Taibbi. « Au lieu de quoi elles sont vendues comme le lieu de batailles pour le contrôle de territoires, sortes de planètes peuplées d’indigènes violents où l’on comprend aisément que les patrouilles aient la détente facile. »

L’efficacité des services de police est évaluée non pas en en regard de la lutte contre la criminalité ou des enquêtes sur celle-ci, mais en regard des interpellations et des assignations à comparaître, ce qui transforme le travail des services de police en ce que Taibbi appelle un « schéma de production industrielle ». Simultanément, il est impératif de faire disparaître le plus grand nombre possible de plaintes afin de produire des statistiques favorables sur la criminalité. Cela crée une situation où, comme le note Taibbi, la police est « dissuadée de signaler les crimes réellement commis dans les quartiers, ce qui a pour effet de faire comprendre aux gens que la police n’a pas pour priorité de mobiliser ses moyens pour répondre à leurs besoins réels ».

La police dispose de pouvoirs lui permettant d’arrêter quiconque pour toute une série de motifs, notamment « une tenue inappropriée » et « une bosse suspecte ». Cela permet de garantir la légalité des contrôles et les fouilles inopinés effectués par la police, en particulier contre les garçons et les hommes de couleur. Garner a été harcelé ainsi pendant une grande partie de sa vie.

« Garner était inoffensif, mais c’était aussi un noir imposant, débraillé et pas discret qui traînait dans un quartier pendant les heures de travail », écrit Taibbi. « Les gens comme lui allaient devenir les cibles d’une révolution policière qui, à la fin des années 2000, était devenue à la mode intellectuelle dans toute l’Amérique sous le vocable très évocateur de Broken Windows. » [Théorie du carreau cassé, NdT]

Au fond, la politique « broken-windows » – l’idée selon laquelle les interpellations pour des délits mineurs préviennent les crimes majeurs – a été déformée par ce que Taibbi appelle une « construction syllogistique effrayante » : Les New-Yorkais qui redoutent la criminalité sont déjà des victimes. Beaucoup de New-Yorkais ont peur des Noirs. Par conséquent, être noir est un crime ».

C’est en vertu de cette conception, comme l’écrit Taibbi, que « 90 à 95 % des personnes incarcérées pour des infractions liées aux stupéfiants à New York dans les années 90 étaient noires et hispaniques, en dépit d’études montrant que 72 % des utilisateurs de drogues illégales dans la ville étaient blancs ».

Les contrôles et les fouilles aveugles des pauvres racisés sont désormais dénommés « stop and frisk » [pratique policière qui consiste à arrêter sommairement une personne afin de la fouiller à la recherche d’armes ou d’articles prohibés, NdT], un dispositif phare du New York du maire Michael Bloomberg. Le conseil municipal s’est défendu de pratiquer le profilage racial. Il a déclaré avoir interpellé des pauvres de couleur parce qu’ils étaient statistiquement plus enclins à être des criminels. En 2011 et 2012, écrit Taibbi, « les Noirs et les Hispaniques représentaient 87 % de toutes les personnes arrêtées. La ville de New York a justifié ces arrestations en déclarant : « environ 83 % des personnes soupçonnées pour des crimes et environ 90 % des personnes soupçonnées pour des crimes violents étaient des Noirs et des Hispaniques ». »

C’est un aveu surprenant de la part de la municipalité, mais qui explique la guerre contre les pauvres. Selon Taibbi, « la seule justification d’ensemble aux « suspicions fondées » pour au moins 80 % des fouilles était qu’il s’agissait de noirs ou d’hispaniques de quartiers à forte criminalité ».

Le ciblage des Noirs par la police fait partie d’un long continuum dans l’histoire américaine. Elle trouve son origine dans les Codes noirs de l’après-guerre civile, qui interdisaient aux Noirs de posséder des armes, restreignaient leurs droits de propriété, leur interdisait de se réunir et leur infligeait des peines sévères pour des crimes mineurs, voire insignifiants. « Quelle que soit la période, la police, depuis la guerre de Sécession jusqu’à, plus tard, l’époque des [lois] Jim Crow [lois des États qui ont mis en œuvre la ségrégation raciale dans le sud des États-Unis. Ces lois ont été appliquées jusqu’en 1965, NdT], a constamment disposé d’un arsenal législatif très arrangeant si elle ressentait le besoin d’arrêter tout Noir suffisamment peu coopératif pour ne pas avoir commis un véritable crime », écrit Taibbi.

Les ghettos et les quartiers en proie au crime, nos « archipels racisés », écrit-il, ont été « créés artificiellement par une série d’escroqueries immobilières criminelles ». Dans les années 1960, les sociétés immobilières ont mené des campagnes visant à faire peur aux habitants blancs pour qu’ils s’en aillent. Elles ont fait venir « un groupe de nouveaux propriétaires, souvent issus des minorités, peu solvables et fragiles au plan professionnel ». Elles ont soudoyé les fonctionnaires de l’agence du logement pour qu’ils accordent à tout le monde des garanties hypothécaires. La valeur des biens était surévaluée. Les prêts étaient approuvés pour des rénovations, mais les travaux n’étaient jamais réalisés.

« Le cas typique des propriétaires ciblés par l’arnaque était une famille noire qui déménageait à New York pour échapper au racisme dans le Sud. On faisait visiter à la famille une maison dans un endroit comme East New York [un quartier de Brooklyn] qui, en réalité, ne valait qu’environ 15 000 $. Mais l’évaluation était bidon et un prêt de 17 000 $ était accordé.

La famille emménageait pour se retrouver aussitôt dans une maison qui valait 2 000 $ de moins que son prix d’achat, avec peut-être des problèmes de toilettes, d’éclairage, de chauffage, voire même (ironiquement) des fenêtres brisées. Pendant ce temps, le prêt cautionné par les pouvoirs publics, accordé par un prêteur comme Eastern Service, avait été revendu à un pigeon sur le marché secondaire : un fonds d’épargne, un fonds de pension, voire à Fannie Mae, la société hypothécaire adossée à des financements publics.

Rapidement, la famille était incapable de rembourser ses mensualités et la maison était saisie. Les investisseurs se précipitaient pour racheter le bien à un prix dérisoire une fois de plus. Ensuite, la maison individuelle était convertie en location pour trois ou quatre familles, et, bien sûr, allait rapidement continuer à se détériorer.

Ce processus a créé des ghettos du jour au lendemain. C’est ainsi qu’East New York est passé de 90 % de blancs en 1960 à 80 % de noirs et d’hispaniques en 1966. »

Une fois que les pauvres de couleur avaient été mis en quarantaine dans ces ghettos, il leur était presque impossible de les quitter.

Le maintien de l’ordre par la violence constitue le rempart d’une Amérique ségréguée. La police surveille les frontières entre nos friches urbaines et les quartiers blancs aisés. Ce maintien de l’ordre, écrit Taibbi, « entretient l’illusion de l’intégration en permettant que les policiers endossent la culpabilité de politiques impulsées par les contribuables blancs de l’autre côté du mur bleu ». [Le Mur bleu désigne un groupe d’États américains traditionnellement fortement Démocrates, NdT].

« Si vous suivez pratiquement n’importe laquelle de ces affaires de violences policières jusqu’à sa conclusion logique, vous parviendrez finalement à remonter jusqu’à une vérité monstrueuse », écrit M. Taibbi. « La majorité de ce pays œuvre à la perpétuation du cessez-le-feu tendu de la ségrégation de fait, avec son « État militarisé » de ghettos occupés soigneusement tenus à l’écart des regards et des esprits. »

Source : Truthdig, Chris Hedges, 02-12-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Catalina // 16.01.2020 à 07h50

C’est « ça » le modèle macron, la France n’est pas prête d’être pacifiée !! les nervis-robocops s’en donnant à coeur joie comme leurs amis américains !!! et en plus, les Français ne sont pas armés, la « police » pourra les tirer comme des lapins comme dans cette « grande démocratie » qu’est l’Amère-hic
Pourtant, nous étions l’exact contraire de ce pays nouveau-né, la France et sa culture millénaire collée sur la pseudo-culture us…. ou comment la mafia gouvernementale nous impose un mode de vie qui nous dégoûte

20 réactions et commentaires

  • Catalina // 16.01.2020 à 07h50

    C’est « ça » le modèle macron, la France n’est pas prête d’être pacifiée !! les nervis-robocops s’en donnant à coeur joie comme leurs amis américains !!! et en plus, les Français ne sont pas armés, la « police » pourra les tirer comme des lapins comme dans cette « grande démocratie » qu’est l’Amère-hic
    Pourtant, nous étions l’exact contraire de ce pays nouveau-né, la France et sa culture millénaire collée sur la pseudo-culture us…. ou comment la mafia gouvernementale nous impose un mode de vie qui nous dégoûte

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    • Maguy // 17.01.2020 à 13h37

      Sans parler de la peine de mort aux USA appliquée en plus, de la manière la plus injuste , cruelle et ségrégationniste qui soit. Et Comment accéder à un bon avocat anti-raciste quand on est pauvre ?
      Le calvaire n’est pas fini pour les noirs pauvres.
      Quant aux noirs ayant la chance d’avoir accédé à un niveau de vie convenable ou confortable, jusqu’à accéder à la présidence des Etats Unis (Voir le dessous des cartes stratégiques électoralistes), qu’a fait réellement Obama pour améliorer le sort de ses frères de couleurs défavorisés et maintenus dans la misère et la répression continuelle ? A part une larmette « furtivement essuyée » au cours d’un discours qui se voulait humaniste et révolté, mais qui n’était que le pendant du faire valoir de l’hypocrite et cynique charité bourgeoise, qui permet bel et bien la continuité de la domination de la classe minoritaire capitaliste à travers le système dit libéral des marchés lobbistes triomphants, et son masque trompeur de démocratie …. bourgeoise manipulatrice et falsificatrice qui récupère tout à son avantage, et nous fait prendre des vessies pour des lanternes.
      A ce sujet En France Victor Hugo disait : « Vous voulez la Charité ? Moi je veux éradiquer la misère. »

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  • calal // 16.01.2020 à 08h18

    Pourquoi attendre une solution qui viendrait du haut?
    C’est du « bottom up » qu’il faut construire.Associez vous avec d’autres comme vous,creez du lien avec vos voisins et cooperez entre vous.Deja au sein de votre famille puis autour de vous.
    Il n’y a rien a attendre des dominants occidentaux que l’augmentation de la part du banquier et du financier au detriment du travail dans le partage de la creation de richesse.Et a grands coups de baton s’il le faut…

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    • Anouchka // 16.01.2020 à 10h13

      N’ayez pas peur d’aller un peu plus loin Calal: la part du banquier et du financier, c’est la part du capital…

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  • step // 16.01.2020 à 08h45

    j’allais dire, c’est la direction dans laquelle on fonce tête baissée. La ligne de démarcation ne sera pas faite du corps des noirs mais plutôt de celui des magrébins, largement stigmatisés pour risque de salafisme. Pour faire bonne mesure nos milic… forces de polices y mettrons aussi la partie revendicatrice de la « classe » ouvrière devenue inutile avec la disparition progressive du travail humain.

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  • Gribouille // 16.01.2020 à 09h07

    Deux statistiques pour illustrer l’article :
    – Les Etats-Unis comptaient 666 détenus pour 100 000 habitants en 2016 (Chine 118, France 103). Vous avez plus de personnes détenues aux Etats-Unis qu’en Chine. C’est un record mondial avec 2 145 100 détenus.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_population_carc%C3%A9rale
    – Aujourd’hui, La part des, 50% les plus pauvres, dans le revenu total, est de 12%, contre 20% en Europe. Dans les années 80, les chiffres étaient respectivement de 20%, contre 25% en Europe (Chiffres Piketty « Capital et idéologie » p741).

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    • Kokoba // 16.01.2020 à 10h54

      N’oublions pas qu’aux US, les prisons sont privées.
      Pour les rentabiliser, il faut bien des « clients »…
      Cela génère beaucoup de dérives.

      Et n’oublions pas aussi que le Sheriff se fait élire.
      Il faut qu’il prouve qu’il est efficace et actif.
      Quoi de mieux et de plus simple que de mettre des gens en prison
      C’est du chiffre facile et si ce sont des noirs, pas grand monde ne se plaindra

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      • StGen // 16.01.2020 à 11h50

        Les prisons privées arriveront tôt ou tard en France car nous avons un ancien système, nous n’avons pas le choix il faut s’adapter au « temps présent » et il faut tout privatiser car ça coute trop cher à l’état.
        Commentaire ironique bien sur.

          +19

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        • Catalina // 16.01.2020 à 17h06

          n’oubliez pas que c’est aussi de la main d’oeuvre quasi gratuite et c’est d’ailleurs pourquoi il y a tant de gens en prison aux USA, la mafia enferme n’importe qui qui devient un salarié à bas prix, bien plus bas que l’ouvrier et allez vous renseigner, vous verrez que c’est de pire en pire, les multinationales sous-traitent aux prisons, le grand rêve de notre « prai-si-dans », désolée je ne peux plus mette l’orthographe juste vu comment ce troll occupe la fonction

            +11

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          • Anouchka // 16.01.2020 à 18h19

            En lisant votre post, je me rend compte que ma réponse à @le Belge à 12h53 qu’on pourrait accuser d’atteindre le point Godwin à bon compte est peut-être finalement moins exagérée qu’il n’y parait…
            Si l’on ajoute la légalisation de la torture par l’état américain que non seulement les militaires américains pratiquent dans de lointaines bases étrangères mais également les policiers fédéraux sur le sol US, le tableau devient presque complet…

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  • Le Belge // 16.01.2020 à 09h49

    Les Etats-Unis sont conçus pour et par les W.A.S.P. (autrement dit, des Anglo-saxons protestants). Point final, il n’y a plus rien d’autre à dire à part qu’ils sont une Rhodésie qui a réussi. Nous devons, pour notre survie, nous détacher de ces gens.

      +21

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    • Anouchka // 16.01.2020 à 10h30

      En Rhodésie, la présence noire était antérieure à la présence blanche, non?
      D’autre part, à ma connaissance, il n’y a pas eu de genocide d’autochtones en Rhodésie.

        +5

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      • Le Belge // 16.01.2020 à 10h52

        Certes, je vous donne raison. Mais le terme de « Rhodésie » est, ici, donné en exemple de ce que sont réellement les Etats-Unis : une structure coloniale ayant réussi. On parle souvent de « grand remplacement » dans les cercles d’extrême-droite européens mais, dans le cas des Etats-Unis, il a réellement eu lieu.

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        • Anouchka // 16.01.2020 à 12h53

          Peut-être alors plutôt faudrait-il dire un “Generalplan Ost” qui a réussi.

            +3

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  • Vincent P. // 16.01.2020 à 15h06

    Nous avons toujours une vingtaine d’années de retard sur les modèles sociaux importés des E.U, mais le meilleur nous parvient :
    Le Gangsta-Rap est récent chez nous, la Kalash brille désormais au premier plan des clips comme autrefois la chaîne en or et le message positif du hip hop.
    Le shit est le principal revenu d’une couche entière des populations immigrées, et bien entendu puisque aucun « plan banlieue » ne saurait proposer un avenir plus radieux (1500€ à 16 ans pour faire guetteur), ce marché n’est pas « parallèle » : il est vital pour maintenir le couvercle sur la cocotte…voilà pourquoi l’ultra libéral Macron ne légalisera jamais comme son pote Justin.
    Chez nous, ça justifie qu’on arme les flics, et qu’on forme la BAC à des méthodes auxquelles le krav-maga n’a rien à envier:
    toutes les filières de l’insécurité sont rentables, y compris sur le plan politique.
    Enfin, chez nous également les « démocrates » sont devenus des pseudos-bourgeois tellement aliénés qu’ils sont quasi-débiles, convaincus d’être le camp du bien, aveuglés par la bien-pensance puritaine qu’Hollywood et Netflix leur ont inculquée par l’écran, abrutis de la propagande pro-Otan qui seule à cours dans nos médias.
    Ceux là sont 18% [modéré] qui voient encore les E.U comme un allié et un modèle, l’U.E et la croissance comme des voix de raison, et qui ont porté Macron l’américanophile débilitant redevable et soumis où il est.
    Nous sommes tous des Noirs dans la ligne de mire.

      +29

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  • Denis // 16.01.2020 à 17h11

    « Make America Great Again »

    Mais c’est pas facile, surtout si on est pauvre, noir et malade!

    Enfin, il reste l’espérance d’un monde meilleur: problème,il
    est post mortem!

    PS: C’est de l’humour…noir( on n’en sort pas) 🙂

      +4

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  • christian gedeon // 16.01.2020 à 18h18

    Un bon vieil article de dessous les fagots par son contenu…les gentils « noirs  » d’un côté,les méchants blancs de l’autre. Comme çà,tranquille pépère.C’est un peu plus compliqué que çà,n’est ce pas? Parce que les noirs ont des problèmes aussi et beaucoup avec les hispaniques,les chinois,les coréens et les vietnamiens,pas vraiment « wasp » ceux là. Sans compter que parler de « noirs  » comme çà,d’un bloc,c’est juste con,en fait,en dehors du fait d’être…raciste. Je vais passer sur la liste interminable de « noirs  » qui occupent et ont occupé des places de tout premier plan en politique,dans la littérature,les arts en général et en particulier la musique et le cinéma ( comme acteurs et producteurs),à la TV Oprah vous le dira,et dans le champ du sport,que ce soit les sportifs ou les instances,sans parler de l’armée.[modéré]

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    • Précis // 17.01.2020 à 18h10

      L’auteur parle des pauvres comme étant les cibles de répressions délirantes et fait le constat que ce sont souvent des noirs. Insistant sur le fait que les USA ne sont jamais vraiment sortis de la ségrégation raciale. Est-ce raciste de le dénoncer ? Le fait qu’il y ait des noirs qui « réussissent » et des riches comme Madoff qui vont en prison ne doit pas masquer que la société américaine est encore un tantinet raciste et pauvrophobe. Vous jouez l’anti-raciste primaire qui vient couper les cheveux en quatre parce qu’incapable de prendre un peu de recul et de ne pas prendre toutes les expressions au pied de la lettre. Et pour avoir visité une prison en Caroline du nord, je peux vous certifier n’y avoir vu que des noirs.

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  • Bouddha Vert // 17.01.2020 à 01h20

    Je ne suis jamais allé sur le nouveau monde, je n’en avais pas l’intention mais après la lecture de l’article je pense surtout que c’est une autre planète.
    Vive l’ancien monde qui a des centaines d’années d’avance en terme de civilisation.
    A l’heure du basculement des économies vers une décroissance subie les fondamentaux sociétaux portent les possibles, le modèle zunien est fondamentalement dystopique… au secours!

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  • Pepin Lecourt // 18.01.2020 à 09h50

    «  » »En moyenne, plus de 1 100 personnes, soit une toutes les huit heures, quasiment toutes désarmées, sont tuées chaque année par la police aux États-Unis…..

    Les élites sont parfaitement conscientes de l’intense agitation sociale qui régnerait sans la terreur policière et le système carcéral américain, qui maintient en détention 25 % de la population carcérale mondiale » » » » »

    Et cela dans un pays que l’on nous présente comme une très grande démocratie !!!

    Quelle dictature au monde produit de tels chiffres d’assassinat et de répression policière ?

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