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7.février.20187.2.2018 // Les Crises

Davos : Apocalypse now ! Par Richard Labévière

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 29-01-2018

Genève, Hôtel Intercontinental, 26 janvier 2018.

A deux pas du Palais des nations (siège européen des Nations unies), l’hôtel Intercontinental abrite toujours les délégations étrangères de passage à Genève. Comme dans tous les établissements de ce genre, on n’échappe pas aux écrans Samsung ou équivalents, branchés en permanence sur CNN ou BBC World. Le monde ne se repose jamais, Monsieur ! Et, ce vendredi est d’autant plus cathodique, que le maître du monde est… en Suisse, dans les montagnes des Grisons pour parler aux puissants de la planète réunis au dernier « Forum économique mondial ».

Alors surgit des montagnes enneigées, l’hélicoptère présidentiel VH-71/White One. La caméra suit la lente progression du gros insecte métallique et s’appesantit sur le rotor et les cercles de vapeur blanche provoqués par les pales en mouvement. A ce moment précis, comment ne pas revoir les pales du ventilateur qui brassent le plafond de la chambre d’hôtel du capitaine Willard – des forces spéciales américaines basées à Saïgon – en train de cuver son whisky. La sourde résonnance des pales se mêle à la chanson des Doors « This is the end » qui renvoie du néant la silhouette des UH1, Dustoff/Medevac, les hélicoptères de combat engagés au Vietnam et dans tous les coups tordus d’Amérique latine.

Appontage sous haute sécurité. Policiers et services secrets américains font la loi dans la station grisonne. Les enfants des écoles ont été convoqués pour voir le maître du monde en chair et en os. Donald Trump s’extirpe de l’hélicoptère et salue les sapins avant de disparaître dans une limousine blindées encadrées d’autres véhicules de sécurité. Arrivé au palais des congrès, commence la séquence rockstar, autographes, selfies et sourires figés.

Tellement impressionné, le patron du Forum Klaus Schwab rate complètement son introduction en félicitant le président américain pour sa réforme fiscale, soulignant qu’« il y a eu des interprétations biaisées » de ses déclarations et de sa politique. Mais l’américain ne comprend pas même pas le sens de cette flagornerie, n’arrêtant pas de fixer le bout de ses chaussures. S’ensuit la balade d’une fanfare montée sur scène. Plutôt grotesque ! Donald Trump prend alors la parole pour une vingtaine de minutes baclées, improvisées, sans fil conducteur, ni structure.

L’Américain déroule son message attendu sur la réussite économique de son pays dont il s’attribue tout le mérite. Le message vise les patrons présents dans la salle à qui il martèle qu’il n’a jamais été aussi intéressant que maintenant « d’engager, de construire, d’investir et de croître aux Etats-Unis ». Au patron de Thyssen Krupp qui lui dit que sa firme a construit les ascenseurs de la Liberty Tower à New York et que cette dernière a une taille comparable à celle de son concurrent américain Otis, le président répond : « Great. That’s good . Great product. Thank you very much ». Il se montre un peu plus disert à d’autres moments, mais son message aux entreprises présentes – dont les Suisses ABB, Novartis et Nestlé – va toujours dans le même sens : venez et profitez de ma réforme fiscale.

Par conséquent, tous ceux qui attendaient des précisions sur le dollar et les négociations avec le Mexique et le Canada dans le cadre de l’ALENA (l’alliance commerciale nord-américaine), sont restés sur leur faim. Sur le réchauffement climatique aussi ! Message redondant, aussi simple qu’inexpliqué : « je ferai toujours passer l’Amérique d’abord, tout comme les dirigeants d’autres pays devraient le faire aussi (avec le leur). Mais l’Amérique d’abord ne signifie pas l’Amérique seule… », et, « je soutiens le commerce libre, mais il faut qu’il soit équitable… » Equitable ? Ah bon, mais encore… C’est clair comme du jus de chique !

Au-delà d’un numéro de séduction qui n’a convaincu que quelques Armaillis acquis à la cause de l’état de nature, il a répété que la croissance mondiale redémarre grâce à lui. Mais, sans le dire, Donald Trump a, surtout justifié son arme du dumping fiscal : une baisse de l’impôt sur les sociétés de 20 à 35%, des cadeaux aux actionnaires et aux plus fortunés. Sans bruit, il multiplie aussi d’autres traitements de faveur permettant d’aspirer capitaux et cerveaux vers les pôles d’affaires américains. Et dans cette logique, il ne faut pas applaudir trop rapidement la dernière réunion de Versailles organisée par Emmanuel Macron, facilitant l’installation de centres de recherche de grandes sociétés multinationales en France. L’accès – in vivo – à un pool de talents exceptionnels, au rapport qualité-prix imbattable, financés par des dispositifs publics, rendent – en effet – notre recherche ultra-attractive. Mais, au final, on aura permis à dix multinationales anglo-saxonnes d’aller faire leurs emplettes de capital humain en sélectionnant localement les meilleurs avant d’espérer pouvoir les rapatrier un jour… Illusion similaire à celle des transferts de technologies qui, à terme, se retourneront contre nos propres entreprises !

Plus dissert sur les murs qu’il fait construire dans le monde, et pas seulement sur la frontière mexicaine, Donald Trump n’est pas très loquace non plus sur ses mesures protectionnistes. Dernièrement, son administration a décrété – de manière unilatérale – une hausse de 30 à 50% des droits de douanes sur les panneaux solaires et les machines à laver, en provenance de Chine, de Corée ou du Mexique. Ne parlons pas des entraves visant les productions européennes, notamment allemandes et françaises !

Avec les Américains, c’est souvent la même chose : faites ce que je dis, mais pas ce que je fais… Ne cessant de prôner les bienfaits du libéralisme économique et l’ouverture des frontières, Washington érige barrière sur barrière afin de protéger sa propre économie, faussant d’autant le jeu de la concurrence internationale ! On l’a vu dans l’affaire de l’avion militaire ravitailleur, remporté par Airbus, avant d’être attribué à une société américaine – en flagrante violation toutes les règles d’appels d’offres -, décision justifiée par des questions de… sécurité. Au nom du Homeland Security et de la lutte anti-terroriste, Washington n’hésite jamais à enfreindre les règles de l’OMC, dès lors qu’un marché est en jeu…

Mais ce cynisme ne s’exprime pas seulement dans les mondes des affaires et de la finance. Pour gagner des positions sur le champ de bataille des marchés internationaux, et selon la métaphore belliciste du secrétaire d’Etat au commerce, les stratèges de la Maison Blanche sont prêts à jouer sur tous les registres de la puissance, jusqu’aux plans diplomatiques et militaires. Et, ils ne s’en privent pas. Aujourd’hui, la politique étrangère de Washington, c’est, notamment la fin, sine die, des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens avec de nombreux nouveaux morts à la clef ; c’est une nouvelle intervention turque en Syrie et la tentative de dynamiter la prochaine conférence de paix de Sotchi ; c’est la destruction du Yémen et de ses populations ; c’est le retour des Taliban à Kaboul, etc.

Bref et comme le disait Cécile Rhodes, ce grand humaniste inventeur de l’apartheid : « l’argent, c’est le sang des autres… »

Richard Labévière

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 29-01-2018

 


 

2e LEAD Trump prône une dépense du budget militaire historique aux Etats-Unis

Source : French.China.org, Xinhua, 27-01-2018

Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi à Davos, en Suisse, que les Etats-Unis connaissent une dépense du budget militaire historique, expliquant que la sécurité est indispensable pour la prospérité.

« Nous faisons des investissements historiques dans le domaine militaire américain – parce que nous ne pouvons pas réaliser la prospérité sans la sécurité », s’est adressé M. Trump à la 48e réunion annuelle du Forum économique mondial.

Il a par ailleurs appelé les « amis et alliés » américains à investir dans leur propre système de défense et à assumer leurs responsabilités financières. « Notre sécurité commune exige que chacun contribue sa part équitable », a-t-il martelé.

« Quant au terrorisme, nous ferons ce qui est nécessaire pour protéger notre nation – nous défendrons nos citoyens, ainsi que nos frontières », a-t-il ajouté.

Le chef d’Etat américain a signé en novembre dernier à la Maison Blanche une loi sur la politique annuelle de défense d’un montant de près de 700 milliards de dollars, autorisant l’armée américaine à se doter de troupes, de navires, d’avions et de divers équipements supplémentaires. F

Source : French.China.org, Xinhua, 27-01-2018

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Commentaire recommandé

caliban // 07.02.2018 à 06h31

Là où il y a de l’anarchie, il y a du profit (texte1). Partant de là, il y a une certaine logique à investir massivement dans les armes (texte2) …

Ces gens sont complètements fous, ils ont dans la tête une série de mythes obscurantistes (la main invisible, la destruction créatrice, la théorie du ruissellement, …) qu’ils tentent de nous imposer comme étant du « bon sens ».

La Nature va rapidement nous rappeler que ces sorciers hallucinés sont totalement hors sol 🙁

65 réactions et commentaires

  • caliban // 07.02.2018 à 06h30

    Là où il y a de l’anarchie, il y a du profit (texte1). Partant de là, il y a une certaine logique à investir massivement dans les armes (texte2) …

    Ces gens sont complètements fous, ils ont dans la tête une série de mythes obscurantistes (la main invisible, la destruction créatrice, la théorie du ruissellement, …) qu’ils tentent de nous imposer comme étant du « bon sens ».

    La Nature va rapidement nous rappeler que ces sorciers hallucinés sont totalement hors sol 🙁

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  • caliban // 07.02.2018 à 06h31

    Là où il y a de l’anarchie, il y a du profit (texte1). Partant de là, il y a une certaine logique à investir massivement dans les armes (texte2) …

    Ces gens sont complètements fous, ils ont dans la tête une série de mythes obscurantistes (la main invisible, la destruction créatrice, la théorie du ruissellement, …) qu’ils tentent de nous imposer comme étant du « bon sens ».

    La Nature va rapidement nous rappeler que ces sorciers hallucinés sont totalement hors sol 🙁

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    • Nicolas // 07.02.2018 à 07h14

      @caliban je vous remercie d’évoquer dame nature. pensez-vous que ces fous sanguinaires et leurs laquais ignorent à ce point les conséquences de leurs actes ?

        +7

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    • caliban // 07.02.2018 à 07h36

      @Nicolas

      Je ne pense pas que ces chantres du libéralisme sauvage soient totalement dépourvus d’intelligence, les décideurs et leur cohorte de sujets obéissants sont capables de comprendre le couple rationnel causes / conséquences.

      Cependant – et c’est là où l’obscurantisme semble battre son plein – la Raison dont ils se réclament n’est pas fondée sur l’expérience mais sur une idéologie « scientiste » :
      • qui fétichise le nombre, le calcul (les fameuses « lois de l’économie »)
      • et qui renvoie la résolution des problèmes à plus tard, toujours plus tard (le progrès scientifique nous sauvera du désastre)

      Ce n’est pas tant qu’ils se désintéressent du bien commun mais c’est qu’ils voient le monde comme une grande Équation. Il n’est certes pas inutile de dénoncer la cupidité personnelle de tous ces nantis, mais une simple dénonciation morale passe à mon avis à côté du mal profond dont ils nous accablent tous : une religion du Progrès qui nous conduit à la déchéance.

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      • basile // 07.02.2018 à 07h56

        ça me parait beaucoup plus simple leur raisonnement, qui n’en est même pas un. C’est après nous (moi) la fin du monde. Tous, même en France, nos commerçants, nos industriels, nos footballeurs, nos ministres.

        Prendre, amasser le maximum de fric tant qu’on peut. Car la bonne affaire, ou le produit miracle, ou la santé, ou la bonne place, ne seront pas éternels.

        il n’y a plus de vision à long terme, de famille qu’on construit sur plusieurs générations, de petit patrimoine qu’on transmet à ses enfants pour qu’ils aient une vie meilleure.

        On profite, dans tous les sens du terme, du fric, de la vie, on consomme l’instant présent (même ses partenaires sexuels)

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        • calal // 07.02.2018 à 08h12

          YOLO !!!!!!!!!
          j’espere que cela ne va pas devenir le credo dans l’industrie du nucleaire…

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        • Jean-Charles Delespaux // 07.02.2018 à 16h09

          La route de la soie, c’est pas mal non plus…

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      • Nicolas // 07.02.2018 à 08h21

        @caliban je suis parfaitement d’accord avec vous. mais je peine à croire que l’aveuglement soit tel, que ces messieurs-dames en oublient que la terre est ronde et que si elle pète, nous tous, grands et petits seront égaux face à la mort… c’est un suicide collectif, encouragé par certains et imposé aux autres !
        et dans ses élucubrations, monsieur troump, ne fait qu’accélérer le mouvement ! je n’arrive pas à comprendre comment un mécanisme pareil arrive à s’emballer de la sorte, ça me dépasse !!

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        • Gaby // 07.02.2018 à 09h12

          Cet aveuglement là est partout autour de nous, chez la plupart de nos concitoyens. La question est de savoir si ces gens qui sont – a priori – intelligents et en position de pouvoir seraient moins susceptibles de tomber dans des systèmes de croyance absurdes que le commun des mortels.
          Leur vision même de la vie est déjà un aveuglement, avec le fric et le pouvoir comme but ultime. Leur sentiment de supériorité et de mérite est également illusoire alors que nous sommes tous profondément dépendant les uns des autres pour survivre et vivre.
          Enfin, peut-être qu’ils voient très bien où nous mèneras le système qu’ils défendent mais qu’ils sont eux aussi dépassés par les événements, finalement bien impuissants, et qu’ils tombent donc comme beaucoup d’entre nous dans le réflexe de l’autruche.
          Ce ne sont que des hommes, comme vous et moi.

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          • Nicolas // 07.02.2018 à 09h48

            effectivement, il faudrait une bonne révolution, que les populations bloquent le système, que les gens s’unissent etc etc…
            on est pas sortit des ronces :/

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            • Chris // 07.02.2018 à 12h48

              Pourquoi « bonne révolution » ?
              Les « bonnes révolutions » n’ont cessé d’égrener l’Histoire ! “changer pour que rien ne change” ?
              Ont-elles pour autant changé la nature humaine dominant-dominé ? Que nenni !
              Même des bouleversements climatiques dramatiques engendrant la disparition de 90% de l’espèce humaine ne changera pas la donne : l’humain DOIT reconnaitre et « ordonner » sa part animale.
              Ce qu’avait réussi les sociétés chamaniques… qu’on s’est empressé d’exterminer !
              Le bouddhisme est certainement la dernière religion-philosophie qui véhicule encore le principe global homme-nature, même si le bouddhisme originel sort très pollué par des siècles de folklores et colonisations diverses.
              L’avenir de l’homme est le produit de ses pensées et actes : nous agissons mécaniquement et ne pensons plus… les médias le font pour nous. Que peut-on attendre de ça ? Rien, le néant.
              Chaque époque traine sa misère : la seule différence est que le mouvement s’emballe du fait de notre consommation énergétique paroxystique
              Enlevez l’apport d’énergie et le soufflé retombera… mais quel soufflet !

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        • patrick // 07.02.2018 à 10h01

          C’est l’aveuglement collectif de tous les citoyens depuis quelques décennies.
          Par quoi remplacer tout ce système ? qu’est-ce que l’on a à proposer à l’ensemble des citoyens ?
          Une mégapole comme Paris et son agglomération ( combien ? 12 millions d’habitants ? ) n’a aucune résilience à une crise majeure , et pourtant qui s’en soucie ? quel citoyen se dit qu’en cas de problème majeur , en 3 jours il n’y a plus rien à manger et rien pour produire quoi que ce soit ?

          Quel politicien pourrait dire : » stop on arrête tout  » ? il ne serait de toute façon pas réélu .
          ce n’est pas un problème de capitalisme, ça s’appelle tout simplement l’espèce humaine.

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          • Kilsan Aïtous // 07.02.2018 à 12h16

            Un politicien qui dirait :” stop on arrête tout ” ne serait même pas médiatisé et s’il l’était par mégarde un petit peu, ce serait pour largement être ridiculisé et discréditer. On baigne dans un idéologie, un cercle vicieux. Personne ne veux rien perdre, on est tenu par le Système lui-même. L’esprit est colonisé.

            Qui ose faire le premier pas ?

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          • Seraphim // 07.02.2018 à 15h35

            Bravo, vous avez parfaitement raison. Ce n’est en rien le problème du « capitalisme » rabâché ici à longueur de commentaires. Ah le système! Ah le capital! Ah les gros plein de soupe qui manipulent machiavéliquement « le système! Quelle absurdité. Que ne sont censurés, par mesure de salubrité contre la surabondance, ces commentaires lassants, plats, répétitifs! Tout simplement l’espèce humaine, avec l’étendue de sa bêtise et du pouvoir que la nouvelle démocratie lui donne. Que ne pouvons-nous retourner au « système » des années 60-70, gouverné par des technocrates, certes, mais des technocrates intelligents, compétents, ingénieurs de premier plan, contre les lawyers et les science-po qui pullulent désormais !

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            • bobo1414 // 08.02.2018 à 02h01

              la logique capitaliste c est un peu comme les highlanders a la fin il ne doit en rester qu un maintenant comment savoir qui sera le dernier il y a 20 ans on aurait surement dit mac do ou exxon ou coca aujourdhui ce qu on appel les GAFA et demain et bien la fusion de tout ca enfin je crois ^^

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    • douarn // 07.02.2018 à 07h50

      Bonjour Caliban
      Permettez moi, pour faire simple, de dire que l’anarchie c’est l’absence de hiérarchie. Or, partout où je porte mon regard, partout je vois de la hiérarchie. Une hiérarchie se libérant de carcans régulateurs de manière d’autant plus prononcée que celle-ci « s’hors-solise ». Alors non, ce n’est pas l’anarchie mais, je crois, plutôt un néo-féodalisme qui s’impose.

      Ce néo-féodalisme permet aux nouveaux seigneurs (finance, multinationale, industrie militaire, …) de faire de plantureux profits et de faire trimer les serfs que nous deviendrons de plus en plus depuis que les biens communs nous sont enlevés un à un. Des serfs animés du sentiment d’une perspective de dégradation inéluctable de leurs conditions de vie future et « sédatés » de TINA, de TV, de boobs, de Iphone, etc.

      J’ai le sentiment que cette situation, au contraire, générera les conditions d’un retour de l’anarchisme, comme il y a 150 ans (révolution industrielle).

      Bonne journée 🙂

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      • caliban // 07.02.2018 à 08h14

        @douarn

        « Là où il y a de l’anarchie, il y a du profit » est une maxime enseignée à Harvard (véridique).

        Vous noterez qu’il n’y a pas de majuscule à Anarchie, car bien évidemment il ne s’agit pas de la théorie politique anarchiste mais de son emploi commun (= le bordel).

        Et je vous rejoins complètement sur l’emprise croissante du « carcan régulateur ». Moins de Loi, plus de règles, on passe du gouvernement du Bien Commun à la Gouvernance des intérêts particuliers.

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        • Loxosceles // 07.02.2018 à 12h25

          Anarchie utilisé donc, comme synonyme de désorganisation, de dérégulation, dans ce cas, si je peux me permettre. Edifiant en effet sur le credo néo-libéral qui ne tolère aucune limite (puisque régulation = limite).

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        • caliban // 07.02.2018 à 18h07

          @Loxosceles

          C’est un peu plus compliqué je crois qu’une simple disparition des règles.

          • Ce qui disparaît c’est la Loi, règle générale émanant du peuple, destinée à organiser la chose publique et qui s’applique à tous uniformément.
          • En revanche, et c’est là où le libéralisme échevelé confine au totalitarisme, il y a une profusion de règlements pour remplacer la loi et contrôler plus finement les acteurs

          Juste un exemple : le détricotage du Code du travail ne signifie pas un allègement des règlements mais au contraire la profusion de règles nouvelles et particulières, correspondant aux multiples cas de figure désormais possibles dans les entreprises.

          Le recul de la Loi applicable à tous provoque une explosion quantitative des règlements particuliers, permettant de fixer de nouvelles obligations aux acteurs.

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    • Iskander Zakhar // 07.02.2018 à 13h13

      Bien souvent aussi on confond anarchie et chaos. L’anarchie, c’est l’absence de gouvernement, terme auquel il est largement préférable de substituer l’expression « socialisme libertaire » c’est à dire socialisme non marxiste. Absence de gouvernement ne signifie pas absence d’ordre, mais émancipation du peuple.
      En revanche, le chaos, c’est l’absence d’ordre, ou le désordre grave. C’est ce dont se servent les néolibéraux mondialistes pour se sucrer sur le dos des peuples. Une fois les institutions des pays à ressources fossiles réduites au chaos, bien souvent suite à une intervention militaire – aux cris de démocratie et droits de l’homme – l’exploitation des richesses naturelles peut se faire plus facilement et au profit de compagnies privées, générant de substantiels bénéfices.
      C’était juste pour préciser.

        +1

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  • Brigitte // 07.02.2018 à 07h02

    Mr Labévière en était…il a tout vu! non, il manque le menu du diner….mais seul Patrick Pouyanné, patron de Total a eu le privilège de partager la viande des grisons avec Donald. Il le dit lui-même: Trump est là pour faire son marché, pour acheter et les autres sont là pour se vendre.. Il pense à son pays « America first ». Finalement, Davos, c’est la lutte des classes à l’échelle des pays.
    Pouyanné, c’est le migrant français qui va forer aux USA pour aider à extraire les richesses du sous sol, qui seront vendues en dollars. On appelle ça un investissement, une « joint-venture » pour faire plus classe et mois lutte.

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  • lupo // 07.02.2018 à 08h00

    Pouarkkk c’est ça le monde moderne? C’est ça notre avenir?
    Ni responsabilité, ni solidarité, aucune sagesse, mais rien que du profit, à tous prix !
    Renvoyons le dieu $$$ à ce qu’il vaut => RIEN !

      +12

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  • Nicolas // 07.02.2018 à 08h05

    Le texte est intéressant et pertinent mais attention:
    « sa firme a construit les ascenseurs de la Liberty Tower à New York et que cette dernière a une taille comparable à celle de son concurrent américain Otis »
    M’sieur Labévière, vot’ phrase, là, elle veut dire qu’Otis a une taille comparable à New-York.

      +1

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  • Fritz // 07.02.2018 à 08h22

    « Cécile Rhodes, ce grand humaniste inventeur de l’apartheid » (R. Labévière) : Cecil Rhodes (pas Cécile) était une figure de l’impérialisme, mais que je sache, il n’est pour rien dans l’apartheid, cette politique mise en œuvre à partir de 1948 par les Afrikaners qui avaient été victimes de l’impérialisme britannique incarné par M. Rhodes, pendant la guerre des Boers.

      +2

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    • LBSSO // 07.02.2018 à 14h42

      Cecil Rhodes est considéré comme « précurseur » de l’apartheid.
      Il est à l’origine d’un projet de loi sur les autochtones (cf Glen Grey Act), mettant en place localement une ségrégation ,qu’il défendra ainsi lors d’un discours en 1894:

      « Ce que j’aimerais en ce qui concerne une région d’autochtones, c’est qu’il n’y ait pas d’hommes blancs en son sein. J’estime que les indigènes devraient être séparés des hommes blancs, et ne pas se confondre avec eux »

      La fiche wiki de C Rhodes évoque cette loi sans en souligner les effets induits,les conséquences.

        +1

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      • Fritz // 07.02.2018 à 14h54

        Merci. La phrase que vous citez annonce plus précisément les Bantoustans.
        Il reste que la politique de séparation a été conçue globalement par le parti afrikaner, d’où son nom afrikaans (apartheid).

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        • LBSSO // 07.02.2018 à 15h57

          Pour beaucoup de noirs, cette loi de Rhodes est précurseur de la création des Bantoustans comme vous le rappeler justement ET d’une histoire séparée qui conduira à l »apartheid.Selon eux , les bases sont posées dès cette époque.
          Je veux juste souligner que la position de R Labévière se tient en rappelant son fondement qui est partagé par d’autres.
          Je ne rentre pas dans le débat .C’est encore la question de l’origine d’un fait historique ,sa généalogie qui est posée et discutée.On peut y voir également une illustration ,que vous êtes bien placée pour connaître, de la différence entre mémoire et histoire.

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  • Toff de Aix // 07.02.2018 à 09h50

    Si ces gens sont « fous », alors nous le sommes également.

    Car que faisons-nous pour changer concrètement les choses, à part les soutenir, par notre passivité, et nos habitudes de consommateurs ?

    Trump est très pratique : il permet à chacun de s’exonérer de ses propres responsabilités. Et qu’il aille faire le pitre à Davos ou sur Twitter n’y changera rien.

    Chaque citoyen-consommateur devrait faire son examen de conscience : sans notre soutien passif, ces clowns grotesques auraient-ils autant de pouvoir ?

    Se poser la question, c’est déjà y répondre.

      +24

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    • Louis Robert // 07.02.2018 à 15h55

      Nous faisons bien davantage que « soutenir passivement » ces bouffons, à commencer par ce «maître de monde »…

      Ah! si seulement, au fil de cet examen de conscience, la masse des intéressés admettait enfin ne rêver sans cesse, secrètement, que d’être Américain et de s’exprimer couramment en anglais.

      Live from Paris, Paris School of Business, bachelor, master… et quoi encore made in France? Léo Ferré le chante à jamais: « C’est un pleasure! »

        +1

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  • Crapaud Rouge // 07.02.2018 à 10h06

    Je ne vois rien d’autre que l’expression d’une concurrence mondiale exacerbée qui ne laisse guère de place à la philosophie. On est dans un « système », pas dans un bureau d’études où les ingénieurs sont payés pour chercher la meilleure solution à un problème. La dimension systémique des phénomènes est systématiquement ignorée des commentateurs, je me demande pourquoi…

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  • max // 07.02.2018 à 10h17

    Contrairement a ce que l’ont peut penser, le système voulut par les USA grippe de plus en plus.
    Les USA d’aujourd’hui sont au moins aussi violents que les USA des années 1950 mais le ressort principal de cette violence a changé.
    Dans les années 1950, le made in USA était les produits manufacturés aux USA et imposés, y compris par la force, au reste de la planète.
    Aujourd’hui le made in USA concerne les actifs financiers et les normes, en imposant le dollar, toujours par la force, dans les transactions financières et commerciales et en se servant au passage.
    Pour les USA, tout le monde devrait utiliser le $ et payer pour son utilisation, les USA ne devrait plus avoir besoin d’une industrie manufacturière celles-ci étant contrôlées par les normes, made in USA, sans avoir besoin d’aucune force armée.
    Dans ce monde idyllique, le monde entier aurait du être au service des USA, le budget militaire des USA devrait être a zéro $, hors ce n’est pas le cas, Russie/Chine et d’autres se rebiffant, d’où l’augmentation sans fin du budget militaire. Le budget militaire des USA est le reflet d’une résistance de plus en plus forte et donc un symbole d’échec.

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    • Chris // 07.02.2018 à 12h56

      La collusion entre finance, industrie, politique, administration, pègre et presse a toujours été au cœur de la vie publique américaine, quasiment au grand jour.
      (Histoire criminelle des Etats-Unis, Frank Browning et John Gerassi, 1980)

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  • jm // 07.02.2018 à 10h33

    A Davos Macron a prononcé ces paroles, des mots hypnotiques :

    « Et au-delà de ce que nous faisons dans nos pays, de ce qui est nécessaire à faire pour l’Europe, nous avons quand même à retrouver, me semble-t-il, une forme de cadre, de grammaire du bien commun. On a des biens communs et ces biens communs sont mondiaux aujourd’hui, c’est le développement économique durable, l’environnement, la santé, l’éducation, la sécurité et la cohésion sociale, les droits de l’homme, et ces bien communs on ne peut jamais décider d’y renoncer. Et on doit dans nos stratégies et nos approches réussir à les articuler et à créer les bons forums pour recréer parfois de la régulation sur ces biens communs de manière coopérative. Le défi est maintenant chez nous et la question est de savoir si on sait refonder un vrai contrat mondial et un vrai contrat qui n’est pas que celui des gouvernements.
    (…)

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    • jm // 07.02.2018 à 10h34

      (…)
      Je vous le dis très franchement, si la part de ce contrat n’est pas intégrée dans le modèle des investisseurs, dans le modèle des banques, dans le modèle des entrepreneurs, si chacune et chacun ne considère pas qu’il a une part de ce contrat mondial à porter ça ne marchera pas parce qu’il y aura toujours quelqu’un qui sera tenté d’avoir une stratégie non coopérative, parce qu’il y aura en quelque sorte toujours une prime au free-riding. Et l’ennemi du bien commun c’est le passager clandestin et aujourd’hui nous sommes en train de tomber dans une situation où dans notre mondialisation une majorité de puissances sont en train de devenir des passagers clandestins des biens communs, c’est ça la situation que nous vivons aujourd’hui. »

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      • Bibendum // 07.02.2018 à 11h51

        Macron tient plusieurs discours, dont un, en français, à l’intention des masses moyennement instruites au fonctionnement politique, géopolitique et géo-stratégique. En l’espèce la poursuite du marxisme culturel, de la bien pensance, l’idéalisation du projet tout en glissant en filigrane l’UE et la mondialistion.

        « Et on doit dans nos stratégies et nos approches réussir à les articuler et à créer les bons forums pour recréer parfois de la régulation sur ces biens communs de manière coopérative. »

        Coopération dans des forums de régulations des bien communs versés au patrimoine mondial.

        Comme vous dites c’est de l’hypnose qui vise juste: « Et on doit dans nos stratégies et nos approches réussir […] » mettez ce que vous voulez entre les accolades en fonction de vos auditeurs.

        C’est un communicant.

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        • jm // 07.02.2018 à 13h46

          Il y a aussi concernant Macron à Davos cette analyse d’une jeune fille que je vais écouter de temps en temps, ça fait du bien de voir une jeune fille qui plus est jolie qui n’est ni dupe ni idéologisée et énervée ce qu’il faut.
          https://www.youtube.com/watch?v=CRZuHMZvg9g

          Elle débusque dans les propos de Macron un message subliminal adressé aux élites de Davos par Macron : aaattention, il va falloir mieux « convaincre » du Projet voulu par nous en conclave, car ça lâche côté peuples.

          La chaine de Tatiana n’atteint certes pas les hauteurs atteintes par ce blog régulièrement, hier par exemple avec la fabuleuse analyse de Hedges tout en nuances et liberté de pensée, ou ce weekend par les analyses de datagueule toutes en rigueur et autonomie dans la pensée et le dire,
          mais sans être aussi haute je dirai que cette chaine populaire vaut un petit détour.

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          • Bibendum // 07.02.2018 à 14h39

            Un peu plus qu’une jeune fille (joilie), j’y ai vue une jeune femme 😉

            J’essaierai de trouver le temps d’écouter son analyse en entier.

            Pour ce qui est de Macron, je pense que nombreuses sont les personnes voyant clair dans son jeu, à tous le moins conscientes qu’il ne sert pas le « peuple ». Mais je suis toujours plus surpris par la facilité avec laquelle il pousse son agenda sans grande résistance.

            Nous verrons bien ce qu’il en est sur la reforme de la fonction publique bien que je ne m’attende pas à trop de surprises.

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            • jm // 07.02.2018 à 15h22

              Vous savez, quand on a 89 ans comme moi, toute femelle en dessous de 40 ans est une jeune fille 🙂 Vous verrez…

              Elle est pas mal son analyse, elle pointe 3 choses intéressantes dont celle que j’ai citée. Bon, elle s’égare un peu en considérations des fois, elle s’emmêle un peu les pinceaux sur l’utilisation de schumpeter et darwin par macron je pense, mais elle a vu 3 choses la jeune fille sympathique et loin d’être sotte.

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      • Chris // 07.02.2018 à 13h03

        Et en anglais (car il a aussi « doublé son discours dans la langue de Shakespeare), ça donne quoi ?
        Oh, comme c’est bizarre… il dit quasi le contraire ?!
        https://www.dailymotion.com/video/x6dmwn5
        L’ode à la joie : traduisez par éloge de la mondialisation et le néolibéralisme.
        Ce n’est plus Jupiter mais Janus !

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    • Gilles // 09.02.2018 à 17h58

      Voila Un discours typique ENArque: parler pour ne rien dire, soit aussi deblaterer des lieux communs les uns a la suite des autres. Le couillon Parfait : vous appuyez sur le bouton « en marche » et ca demarre tout seul. Je peux vous en faire des kms Comme ca….

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  • Christian Gedeon // 07.02.2018 à 10h48

    Drôle d’article en vérité. Et on s’attendait à quoi? Le président us défend les intérêts des us. Comme c’est bizzare, hein? Comme une brute certes,mais il défend les intérêts us. Que font les nôtres? Ils ouvrent de plus en plus leurs frontières aux importations,augmentent les impôts du vulgum pecus,ne font toujours rien en et pour l’Afrique,mais font des réformes societales. Et distribuent l’argent « public » qu’ils n’ont pas. Trump est ce qu’il est,la tête dans son propre guidon. mais que font ses contempteurs d’Europe de l’ouest? Que dalle! Meme pas foutus de rétablir un semblant d’ordre en Lybie…meme pas foutus de « gagner » la guerre du Sahel. Meme pas foutus de proposer au continent africain un co développement intelligent. Alors si Trump est un imbecile,nos dirigeants sont des cretins profonds,n’est ce pas?

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    • Nicolas // 07.02.2018 à 13h25

      les prix sont plus compétitifs dans un pays en guerre et divisé.
      il est plus facile de négocier à la baisse un baril de brut avec un chef de clan qu’avec un Général-Roi.
      La paix n’est pas rentable (pour ceux qui la finance). Et puisque beaucoup d’états ont été bradés aux multinationales, ces dernières utilisent l’armée des états pour maintenir le chaos là où elle le peux.

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  • Macarel // 07.02.2018 à 11h46

    « l’argent, c’est le sang des autres… »

    Autre version : « l’argent, c’est le temps des autres »

    Les spéculateurs, sont des voleurs de temps.

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    • Nicolas // 07.02.2018 à 13h18

      les spéculateurs, les législateurs, les régulateurs…
      le peuple est tenu en arrière par ceux qui créent les contraintes et les obstacles, définis par les lois et les règlements mais qui ne s’appliquent pas aux premiers.

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      • jm // 07.02.2018 à 15h56

        Oui, les spéculateurs spéculent, et c’est leur essence ; ils ne trahissent aucune promesse et aucun rôle.
        Par contre les législateurs et les régulateurs déclamés mensongèrement « démocratiques » qui les laissent faire à outrance trahissent. Ils trahissent leur fonction et trahissent leur peuple.

        Alors, hurler contre les spéculateurs et l’argent en épargnant largement les législateurs et tout le bastringue pseudo démocratique par exemple celui dit pompeusement « républicain » est une posture que je trouve lamentable.

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        • patrick // 07.02.2018 à 16h20

          Les spéculateurs font leur job , grâce à l’argent gratuit émis par les banques centrales et les réglementations décidées par les gouvernements ( leurs copains !! )
          Vous voulez plus d’état ? vous en avez !!

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          • jm // 07.02.2018 à 18h47

            « L’Etat » ne veut rien dire si on ne précise pas ce et ceux qui ont la main sur L’Etat, ce qui est une interrogation de type démocratique.
            Votre raisonnement en termes de plus ou de moins d’Etat est une autre question, de nature marquée et idéologiquement axée libéralisme ou non libéralisme.
            Je ne vois rien d’autre qu’un Etat pour éventuellement, éventuellement démocratiquement, réguler les banques centrales et non centrales, à un niveau qui laisse prise aux citoyens.

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  • basile // 07.02.2018 à 11h50

    c’est la folie qui s’accélère, comme le reste, dans le monde.

    le fou dans son champ ne pouvait impacter que quelques km à la ronde.
    le fou n’avait comme outil de nuisance qu’une fourche. Il a maintenant des ingénieurs, des avocats, des usines, des services secrets.

    l’industriel qui trouve un produit génial, ne peut plus le vendre à son juste prix sur 10 ans. il doit engranger un profit maximum et immédiat avant l’arrivée d’un concurrent.

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    • Nicolas // 07.02.2018 à 13h20

      les minorités ont autant, si ce n’est plus, de voix que la majorité.
      nous avons devant les yeux une minorité de suicidaires qui impose ses vues à la majorité !

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  • Xavier // 07.02.2018 à 12h06

    Réalisme vs principes…

    Le problème c’est que les opposants pensent « valeurs » et se sont laissés enfermer dans ce concept vide.

    Un principe est intangible et transcendant.
    Exemple : la séparation des (contre-)pouvoirs.
    Quelle franche rigolade aujourd’hui.

    Sans ça on peut beaucoup bavarder……….

      +2

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  • Ribouldingue // 07.02.2018 à 17h03

    Je crois qu’on minimise trop l’impact des croyances religieuses dans ce mécanisme d’irresponsabilité mondiale. La gestion du monde est pour le croyant affaire divine, ce n’est donc pas à l’homme de s’en préoccuper car il entrerait alors en conflit avec le plan divin, voilà en substance ce que toute religion inculque inconsciemment à son adepte. Nos dirigeants et grands patrons sont très souvent des croyants fondamentalistes, il n’y a donc pas de mystères à ce qu’ils n’aient aucune limite, ce n’est pas leur domaine. Max Weber décrit même la réussite sociale comme une récompense divine pour le capitaliste croyant.
    Bref au final, une organisation qui se voulait salvatrice en organisant la société humaine la conduit à l’irresponsabilité globale. J’ai peur que malgré ses desseins originaux la religion ne soit devenue le pire ennemi de la survie de l’humanité.

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    • Xavier // 07.02.2018 à 18h14

      Considérez vous le « progressisme » comme une croyance ?

      J’adhère à votre analyse si elle englobe toutes les croyances, pas uniquement les religions.

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      • Ribouldingue // 07.02.2018 à 22h52

        On peut en effet considérer que le scientisme qui veut laisser la science résoudre à l’avenir tel ou tel problème actuel entre dans le cadre de cette irresponsabilité de croyance, vous avez tout à fait raison.
        Il est tout à fait irrationnel de compter sur des avancées futures de la science quand on est confronté à une réalité. Pourtant cela semble la réaction de base quand on parle par exemple du climat ou de l’épuisement des ressources.

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    • Un_passant // 07.02.2018 à 18h56

      Si on se rappelle que la sédentarisation est sans doute liée à la volonté de cultiver des céréales et la culture des dites céréales, à celle de produire de la bière pour des banquets… à l’occasion de cérémonies religieuses, vous voyez juste. Seul bémol, il ne s’agit pas maintenant, à l’époque contemporaine, d’une croyance consciente mais sans doute d’une habitude acquise au fil des générations. Et à ce stade, elle est probablement partiellement au moins, dans les gènes -au sens propre- de l’humanité, dans sa totalité.
      D’ailleurs, la célébration de l’opulence est commune à toutes les religions, si la malhonnêteté est considérée comme répréhensible, l’opulence gagnée/reçue honnêtement est une « grâce ».

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    • Subotai // 08.02.2018 à 23h37

      Hors sujet, mais tant…
      Dans les sociétés polynésiennes (voire austronésiennes) l’homosexualité est une réalité normale. Par chez moi un mâle travestit s’appellait un « Mahu ». Actuellement au Samoa, depuis que l’Église Évangélique (from USA) a débarquée, on pourchasse les homosexuels…
      Pour ce que j’en dis…

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  • ledufakademy // 07.02.2018 à 21h33

    Bref et comme le disait Cécile Rhodes, ce grand humaniste inventeur de l’apartheid : « l’argent, c’est le sang des autres… »

    Enfin je le vois cité … sur ce site.

    Cécile Rhodes … le géniteur de la racaille planétaire ? v(cf. guerre de Boer , la Rhodésie … 18xx)
    Intéressez-vous à la Fabian Society, le couple Webb … (et leur cours) ce sont les architectes de l’élite Mondiale que nous connaissons : la crème des crèmes !

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    • bobo1414 // 08.02.2018 à 02h34

      Qu est devenue la Rhodésie?reste plus qu a ésperer que la descendanse fasse de meme idem pour la Seoudie 🙂

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    • ledufakademy // 09.02.2018 à 07h52

      Lire Cecil Rhodes (erreur de l’article)

      Cecil John Rhodes (5 juillet 1853 – 26 mars 1902) est un homme d’affaires, magnat des mines, homme politique et philanthrope britannique. Fondateur de la British South Africa Company et de la compagnie diamantaire De Beers, il est premier ministre de la colonie du Cap en Afrique du Sud de 1890 à 1896. Il est le créateur de la Bourse Rhodes décernée à des élèves méritants pour poursuivre gratuitement leurs études à l’université d’Oxford.

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      • Gilles // 10.02.2018 à 01h33

        IL faut lire son livre:
        Histoire secrete de l’oligarchie anglo-americaine
        https://www.amazon.fr/Histoire-secrète-loligarchie-anglo-américaine-Carroll/dp/2355120625
        Et alternativement, écouter les conferences du Professeur Hillard sur ce sujet sur YouTube, en particulier, sur la parution de son dernier ouvrage:
        L’Atlas du mondialiste, formidable, tout y est.
        Enfin, Un autre ouvrage, qui est le monument:
        Des pions sur l’echiquier, de William G Carr, livre paru en 1958, Un an avant sa Mort.
        Ne en 1895, l’auteur a commence dans la marine britanique pendant la premiere guerre, puis a grimpe jusqu’au grade d’amiral dans la royale canadienne, et a fini a l’intelligence service ; il a couche dans ce livre tout ce qu’il a appris pendant sa carriere. Grandiose, pas moins.
        Pdf en acces libre:
        https://www.google.fr/url?sa=t&source=web&rct=j&url=http://www.marie-julie-jahenny.fr/des-pions-sur-l-echiquier.pdf&ved=2ahUKEwjd56SujJrZAhWEwI8KHb1NCGUQFjACegQIDBAB&usg=AOvVaw1GbsVlHNNWiGBEZjS9s5_B
        Bonne lecture, et surtout restez bien assis, vous ne serez pas decu. Vous saurez ce qu’il vous reste a faire.

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        • ledufakademy // 10.02.2018 à 19h04

          bonjour Gilles,

          Je me suis imprégné des analyses et documents du Dr. Pierre Hillard mais pas que.
          Son angle d’attaque est très intéressant.

          Mais pour revenir à Cecil Rhodes j’ai découvert ce nom en lisant le hors série « Qui sont les maîtres du monde » (titre pompeux et racoleur j’en conviens) de l’AIL (De Denisto et David Bonapartian) … c’est un fourre tout mais il est sourcé, et c’est pour moi le minimum pour prendre en compte les données dans ma compréhension globale du système « Mondial ». Et c’est sur ce point que je ne colle pas trop avec l’avis de JM Jancovivi : pour lui il n’y pas pas de « maître du monde » …

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  • bobo1414 // 08.02.2018 à 02h21

    Ola les criseurs je décide de me remuer enfin je suis ce site depuis trés longtemps maintenant peut etre 4 ans j ai toujours suivi les infos d assez loin tout en m y interressant j aurais voulu savoirs si il y avait un moyen de faire un don pour ce site bon je n ai pas de gros moyen mais juste pour savoir s il est possible de donner de mannière automatique 1 2 3 euros chaques mois histoire de profiter sans profiter bref une petite contribution et désolé je sais que ce n est pas le sujet mais aprés avoir tellement lu ici articles, commentaires si quelqu un pouvais me guider je le remercierais sincèrement désolé pour mon orthographe par avance et surtout merci par avance

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  • fabrice rhodes // 08.02.2018 à 19h25

    Bien que ce papier ne soit pas une surprise, je ne comprends pas que l’auteur critique le protectionnisme américain et les décisions de Trump à ce sujet. Le protectionnisme a toujours été un outil du capitalisme. Il n’y a qu’à voir ce que les délocalisations en chine on entraînées dans des villes comme Détroit. Quand à ne pas jouer les règles du commerce international, notamment, sur les appel d’offres, c’est une vaste blague. Ces marchés, soient disant en libre concurrence, sont tous biaisés par une corruption endémique et des imbroglios politico financiers.

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  • P X // 09.02.2018 à 10h14

    Je ne trouve pas la source de la citation de C. Rhodes « l’argent c’est le sang des autres », quelqu’un peut me mettre sur la voie ?

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  • TuYolPol // 10.02.2018 à 01h47

    Il y a un lien entre l’augmentation du budget militaire, l’abandon de la question climatique, l’abandon du multilatéralisme, la préparation à la violence. Il y a une stratégie inavouable devant une limite incontestable et un partage contre nature. God bless America.

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