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3.mai.20193.5.2019 // Les Crises

Edouard Vuiart : « Après la chute de Baghouz, la guerre contre Daech n’est pas terminée… »

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Source : Le Journal de l’Economie, Edouard Vuiart, 25-03-2019

Reprise d’un papier rédigé par Edouard Vuiart, analyste géopolitique et membre de l’équipe Les-Crises, autour de son ouvrage « Après Daech, la guerre idéologique continue » (VA Éditions).

Édouard Vuiart, analyste géopolitique, est diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Grenoble (IEP) et titulaire d’un master « Défense, Sécurité et Gestion de crises » de l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS). Auteur de “Après Daech, la guerre idéologique continue” (VA Éditions), il revient sur la récente chute de Baghouz qui, tout en officialisant la défaite territoriale du groupe État Islamique, ne met en aucun cas un terme à la menace djihadiste.

Baghouz, le dernier bastion de l’État islamique en Syrie est tombé. Ce village qui abritait les derniers fidèles de Daech depuis plusieurs mois a été officiellement libéré par les Forces Démocratiques Syriennes, qui en ont profité pour annoncer la « défaite territoriale à 100 % de Daech ». Plus de cinq ans après la constitution de son proto-État syro-irakien, Daech se retrouve ainsi sans territoire et sans Califat. Son slogan des débuts « baqiya wa tatamaddad » (Demeurer et s’étendre) ne représente plus que l’échec d’une « utopie avortée », et son assise territoriale a totalement disparu. Mais si la chute de Baghouz marque en effet la fin territoriale du Califat, l’organisation terroriste, de retour à la clandestinité, est loin d’être condamnée à mort et notamment d’un point de vue idéologique.

Notre vision d’une défaite militaire de Daech est loin d’être partagée par les djihadistes. À leurs yeux, la chute du Califat s’inscrit dans l’histoire d’un crime occidental séculaire qu’ils finiront tôt ou tard par venger. Non seulement leur idéologie leur permet de gagner les esprits au fur et à mesure qu’ils subissent des revers – l’ancien porte-parole de Daech al-Adnani affirmait que le fait d’être tué constituait en soi une victoire – mais leur propagande avait largement anticipé la chute du proto-État. Plus d’un an avant la libération de Raqqa, la propagande de Daech expliquait déjà aux djihadistes que la défaite ne résidait pas dans la perte d’une ville ou d’un territoire ; que la force de conviction des djihadistes finirait par l’emporter sur la supériorité militaire adverse ; et que la chute du Califat n’était que l’ultime épreuve avant leur victoire finale. Dès lors, si la victoire militaire des Forces Démocratiques Syriennes à Baghouz est bien évidemment à féliciter, n’oublions pas que Daech a fait évoluer son discours pour que l’idée survive à la réalité, que l’utopie demeure malgré l’échec et que la rage persiste face à l’évidence de la faiblesse.

La plus grande erreur serait donc de croire qu’une défaite militaire de Daech pourrait permettre de régler la question du terrorisme. Son « retour au désert » ne constitue que la répétition de ce qu’avait connu son prédécesseur, l’État islamique en Irak, entre 2009 et 2011, avant qu’il ne se lance dans une conquête fulgurante qui consacra l’apogée de l’État islamique d’Al-Baghdadi. Cette équation complexe pourrait tout à fait se renouveler, notamment lorsque la pression militaire aura diminué et que l’instabilité chronique de la région aura recréé les conditions d’un retour en force pour Daech. Sans compter les nombreuses métastases djihadistes que le groupe a produit au-delà de cette zone, notamment grâce au mythe qu’il est parvenu à forger autour de la bataille de Mossoul et de sa capacité à résister pendant plus de deux ans face aux plus grandes puissances du monde. Malgré la chute du Califat, les djihadistes restent donc convaincus qu’ils finiront par triompher, et leur volonté de frapper les « apostats » et les « Croisés occidentaux » reste intacte. Leur idéologie ne s’est pas éteinte avec la disparition du califat syro-irakien, et la menace terroriste a su trouver ses relais au sein de cellules dormantes basées notamment dans le Nangarhar afghan, le sud libyen, le Sinaï égyptien, l’est du Yémen et le sud des Philippines.

Il nous faut donc parvenir non seulement à comprendre la part de rationalité qui pousse ces individus à avoir foi dans les solutions prônées par l’idéologie djihadiste, mais également à affirmer collectivement que le fait d’expliquer n’amène pas à excuser, mais à maîtriser la situation. C’est à cette seule condition que nous pourrons emprunter sereinement le chemin de la délégitimation. Dans le cas contraire, il y a de fortes chances que les groupes djihadistes perpétuent le grand paradoxe de la violence terroriste contemporaine, à savoir : « Proliférer partout ; Triompher nulle part et partout renaître ».

«Après Daech, la guerre idéologique continue» (VA Press), disponible en librairie ou via :
– Site éditeur : https://bit.ly/2kzkOPa
– Amazon : https://amzn.to/2H7SzlE
– Fnac : https://bit.ly/2G55aW9

Plus d’infos sur le site : https://apres-daech.jimdo.com

Quatrième de couverture :

L’État islamique appartient déjà au passé. L’existence du Califat n’aura été qu’éphémère et l’annonce de sa défaite militaire va inéluctablement briser l’unité de l’organisation. Mais en avons-nous réellement fini avec Daech et la menace djihadiste ?

Infliger une défaite, c’est amener l’adversaire à se convaincre qu’il a perdu la bataille et à le reconnaître. Or, comment convaincre de sa défaite un ennemi dont l’idéologie lui permet de gagner les esprits au fur et à mesure qu’il enchaîne les revers et qu’il perd du territoire ? « Être tué est une victoire. Vous combattez un peuple qui ne peut connaître la défaite », affirmait Abu Muhammad al-Adnani, ancien porte-parole de Daech.

La fin de l’État islamique en tant que proto-État ne signifie donc pas la fin du phénomène djihadiste. L’idéologie va survivre au Califat et la menace terroriste, loin de disparaître, trouvera toujours sa source dans la propagande et les processus de radicalisation. Dès lors, il apparaît aujourd’hui plus que nécessaire de parvenir, non seulement à comprendre le discours djihadiste, mais surtout à se détacher des interprétations psychotiques du terrorisme – sorte d’épidémie mondiale de folie – pour déceler la part de rationalité qui pousse ces individus à passer à l’acte. Comment les djihadistes légitiment-ils leur violence ? Quels sont leurs arguments face au discours occidental ? Comment la menace peut-elle évoluer dans un avenir proche et quelles sont les pistes politiques et théologiques à envisager pour y faire face ?

Réalisé à partir de nombreux documents de propagande, cet ouvrage vous propose de mieux comprendre l’idéologie à l’origine du terrorisme qui nous frappe…

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Sur « Après Daech – La guerre idéologique continue », par François-Bernard Huyghe, préfacier

Source : Huyghe.fr – 23/03/2019

« Après Daech La guerre idéologique continue » d’Edouard Vuiart aborde un problème fondamental : que va devenir Daech dont la défaite sur terrain semble achevée en Syrie et Irak (sauf des poches comme avant 2013) ? Et surtout que veut-il devenir ? Comment une organisation hyperdoctrinaire a-t-elle pensé et préparé Une telle perspective historique ?

Leurs chefs expliquent déjà que perte de leur territoire et l’effondrement de leurs forces matérielles ne sont qu’un épisode de la lutte millénaire, que le vrai triomphe appartient à celui qui conserve la volonté de se battre. Ils sont persuadés que l’appel au djihad sera renforcé par la « persécution » : le désastre apparent ne saurait dissimuler aux cœurs purs l’imminence de la victoire finale et de la fin des temps. Et Daech forme de nouveaux plans contre ses ennemis, c’est-à-dire le reste du monde. Ils justifient, ils donnent des consignes… Ces gens ne cessent d’expliquer et d’annoncer, il serait peut-être temps d’aller y voir. C’est ce que fait ce livre.

Le premier mérite est de nous mettre en garde contre l’autisme intellectuel. Il montre que l’action de l’adversaire obéit à une logique qui n’a rien à voir avec la nôtre mais qui est sans doute davantage articulée et explicite. Il y a une dogmatique de Daech, une rhétorique, une casuistique, une géopolitique, une eschatologie, une vision du monde et une stratégie califale. Ce n’est pas parce qu’elles nous semblent absurdes qu’elles perdent tout efficace – au contraire- ni parce qu’elles nous horrifient qu’elles ne signifient rien.

Edouard Vuiart s’est attaqué à la reconstitution de ce processus idéologique en allant aux sources : pour des gens pour qui tout est ou bien permis ou bien interdit, soit conforme à la volonté divine soit abominable, le principe d’autorité est crucial et les dispositifs de justification indispensables. L’idéologie, c’est la rencontre d’un corpus d’idées articulées, de convictions que des individus adoptent comme si elles leur venaient spontanément et d’appareils qui renforcent les communautés dans leur conviction et leur donnent une direction. La doctrine, la croyance et le rite, pour reprendre la trilogie du philosophe Slavoj Zizek : l’articulation des trois est parfaitement restituée par le jeune auteur (que j’ai eu le plaisir d’avoir pour étudiant). Avec lui, nous découvrons comment raisonne et juge l’adversaire, mais aussi les passions qui l’animent.

L’auteur pose, par exemple, clairement la question de la concurrence avec al Qaïda ou des nouvelles formes de prolifération du djihadisme. Il aborde la prospective – anticiper la stratégie future de l’organisation Daech privée ce qui fut sa base et sa justification théologique à la fois, le califat au pays de Cham-. Le triomphe de l’État islamique en 2014 – et son paradoxe : être plus extrémiste qu’al Qaïda, se vanter de crimes encore plus abominables, exclure toute alliance, affronter encore plus d’ennemis, décider de construire le califat à cheval sur deux pays en défiant toutes les puissances internationales, et pourtant y parvenir – était une surprise. Après la défaite de l’État islamique – et accessoirement le démenti de son principal « argument de vente », leur slogan « le califat durera et s’étendra » – ne créons pas les conditions d’une autre surprise. Comment l’idée peut-elle survivre à la réalité, l’utopie à l’échec et la rage à l’évidence de la faiblesse ? Comment raisonneront les soldats perdus ? Que vaudra leur propagande maintenant privée de beaucoup de ses supports ? Que voudront, que pourront les vengeurs autoproclamés du califat ? Nous ne promettons pas au lecteur qu’il trouvera la bonne prédiction dans ces quelques pages, ceci n’est pas une collection d’astrologie. Mais il aura les éléments pour former son jugement.

« Après Daech, la guerre idéologique continue » (VA Press), disponible en librairie ou via :
– Site éditeur : https://bit.ly/2kzkOPa
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– Fnac : https://bit.ly/2G55aW9

Source : Le Journal de l’Economie, Edouard Vuiart, 25-03-2019

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Edouard Vuiart // 03.05.2019 à 08h18

Bonjour Monsieur Michael,

Merci pour votre commentaire. Je tiens à vous rassurer, les origines historiques de l’EI et les nombreux liens que son idéologie (le salafisme djihadiste) peut avoir avec le wahhabisme sont largement analysés dans mon ouvrage. De même que la critique acerbe de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient.

Vous y trouverez également un chapitre qui analyse les différences idéologiques fondamentales entre Daech et Al-Qaïda. En voici un avant-goût : https://www.enderi.fr/Daech-vs-al-Qaida-une-guerre-fratricide-avant-tout-ideologique_a363.html

L’enjeu du texte publié ici est de dénoncer la psychiatrisation du débat autour de la radicalisation et de rendre compte de l’efficacité d’une idéologie qui n’est pas celle de “quelques fous barbares”, mais d’un groupe profondément convaincu de la justesse de ses croyances et de sa vision du monde. Comprendre cette réalité et en faire le point de départ de l’analyse est le seul moyen de parvenir à gagner cette guerre idéologique.

Quant à mes diplômes c’est moins pour crédibiliser mon propos que pour permettre à chacun de savoir d’où je parle.

Très cordialement.

21 réactions et commentaires

  • Charles Michael // 03.05.2019 à 08h04

    Je suis toujours un peu surpris du besoin de crédibiliser un article en présentant les diplomes de l’auteur: master de “ Défense, Sécurité et Gestion de crises » de l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS). sans spécifier les liens et origine d’ISIS:
    Et plus particulièrement sur un sujet d’Idéologie.

    L’idéologie de Daesh c’est du Wahabisme En Marche.

    et le soutien du Wahabisme opérationnel au Proche et Moyen Orient serait impossible s’il n’était pas associé aux visées impérialistes des USA.
    leur euronouilles suiveurs n’étant que leurs caniches.

    Lesquels USA pendant toute la guerre froide ont instrumentalisé l’Islam comme idéologie anti-marxiste dans le monde musulman. Et ailleurs les autres religions partout pour les mêmes raisons: l’Opus Dei aux Philippines et Espagne franquiste, les moines boudhistes au VietNam, le Dalaï Lama au Tibet, en sont de bonnes illustrations.

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    • Edouard Vuiart // 03.05.2019 à 08h18

      Bonjour Monsieur Michael,

      Merci pour votre commentaire. Je tiens à vous rassurer, les origines historiques de l’EI et les nombreux liens que son idéologie (le salafisme djihadiste) peut avoir avec le wahhabisme sont largement analysés dans mon ouvrage. De même que la critique acerbe de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient.

      Vous y trouverez également un chapitre qui analyse les différences idéologiques fondamentales entre Daech et Al-Qaïda. En voici un avant-goût : https://www.enderi.fr/Daech-vs-al-Qaida-une-guerre-fratricide-avant-tout-ideologique_a363.html

      L’enjeu du texte publié ici est de dénoncer la psychiatrisation du débat autour de la radicalisation et de rendre compte de l’efficacité d’une idéologie qui n’est pas celle de “quelques fous barbares”, mais d’un groupe profondément convaincu de la justesse de ses croyances et de sa vision du monde. Comprendre cette réalité et en faire le point de départ de l’analyse est le seul moyen de parvenir à gagner cette guerre idéologique.

      Quant à mes diplômes c’est moins pour crédibiliser mon propos que pour permettre à chacun de savoir d’où je parle.

      Très cordialement.

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      • Alfred // 03.05.2019 à 08h24

        Mr Vuiart je vous remercie pour votre livre que je m’apprête à offrir à quelque soignants de ma connaissance dans le champ de la pshychiatrie.
        Sûrs de leur savoir, certains (pour ce que j’ai observé dans des discussions) sous estiment grandement la force du conditionnement idéologique qu’ils peuvent être amenés à rencontrer. En particulier chez les mineurs isolés.
        Et ce n’est pas un défaut d’intelligence ou de compréhension mais simplement un défaut d’information.

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        • Edouard Vuiart // 03.05.2019 à 08h30

          Merci à vous. Sur ce sujet, je vous recommande deux papiers susceptibles de vous intéresser.

          Le premier est écrit par Yann Andrétuan, Médecin chef du service de psychologie de la Marine pour le Figaro : “Les terroristes sont-ils fous ?” : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/11/08/31003-20171108ARTFIG00112-les-terroristes-sont-ils-fous.php

          Le second est de ma plume : https://www.journaldeleconomie.fr/Strasbourg-La-violence-djihadiste-folie-ou-foi_a6344.html

          Bien à vous.

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          • Sandrine // 03.05.2019 à 12h10

            Merci pour vos liens très intéressants. « La folie n’existe pas » dit quelque part le psychiatre interviewé dans le premier lien. Ce qui caractérise le fou, dit-il, c’est le fait qu’il s’écarte un peu trop spectaculairement de la norme, c’est-à-dire de la folie ordinaire, celle de monsieur tout le monde (et que les autres ou lui-même en souffrent).

            Ainsi en va-t-il des de la folie des djihadistes par rapport à la folie « ordinaire » de nos sociétés modernes occidentales animées par la foi technoscientifique. Le croyant en technoscience a recours à l’idée de « folie » pour expliquer l’existence du mal djihadiste car, dans sa vision du monde, les lois naturelles sont divines et donc le mal ne peut être qu’une anomalie biologique, une maladie.

            Notre foi technoscientifique nous handicape beaucoup dans notre lutte contre le djihadisme car elle provoque en nous une « sainte horreur » face à l’idée qu’un combat est inévitable entre certaines civilisations dès lors qu’elles ont la prétention expliquer totalement le monde. Nous avons beaucoup de mal à envisager que des gens qui ont une idée du Bien fondamentalement « autre » que la nôtre puissent être autre chose que des inférieurs, des personnes mentalement inaptes… Nous avons peur de nous reconnaître des ennemis car notre foi est fondée sur l’idée que la rationalité est « une » et également répartie entre tous les membres de l’espèce dès lors qu’ils sont sains d’esprit… Et c’est un grand tort, si nous voulons réellement persévérer dans notre être.

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      • Wakizashi // 03.05.2019 à 14h25

        “L’enjeu du texte publié ici est de dénoncer la psychiatrisation du débat autour de la radicalisation et de rendre compte de l’efficacité d’une idéologie qui n’est pas celle de “quelques fous barbares”, mais d’un groupe profondément convaincu de la justesse de ses croyances et de sa vision du monde.”

        Pour ce qui est de la “radicalisation” (je n’aime pas ce mot) des jeunes occidentaux, pas forcément de culture musulmane d’ailleurs, la force de l’idéologie wahhabite s’explique très bien. Ils sont nés généralement pauvres dans un monde dénué de sens, où tout est marchandisé (jusqu’aux organes ou la vie elle-même), où le but de la vie semble se résumer à produire et consommer. Or ce qu’ils recherchent avant tout dans ce monde nihiliste, ce dont ils ont besoin, c’est de transcendance. Et ça, nos chères élites politiques et autres passent totalement à travers dans leurs maladroites tentatives d’explication de ce phénomène récent et spectaculaire.

        C’est bien ça qu’offre le wahhabisme à nos jeunes : un espoir de transcendance via le djihad et éventuellement le sacrifice. Je ne sais pas s’ils sont fous ou pas, mais penser les réinsérer ou éviter leur radicalisation en leur parlant d’emploi et de consommation, c’est être à côté de la plaque. Ce dont ils ont besoin, c’est de sens dans une société qui en est dénuée et qui rejette toute référence au sacré et à la spiritualité. Vu sous cet angle, je trouve que l’efficacité de l’idéologie wahhabite tombe sous le sens (sans jeu de mot)…

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      • step // 03.05.2019 à 21h07

        hé bien, un auteur qui vient débriefer son article avec des informations complémentaires en poche, c’est admirable (et courageux, les commentaires sur les crises ont parfois la dent dure).
        On a pas souvent cela des bavards qui hantent la presse géo-politique en vendant leurs haines personnelles.
        Merci à vous.

        “L’occident” me parait effectivement bien mal équipé pour faire face à une idéologie qui dématérialise le rapport à la “réussite”. Un jihadiste qui a réussi a contribué a déstabiliser les “croisés”. Ce n’est pas sonnant et trébuchant, pas fréquemment synonyme de bonne santé, ni de confort personnel. Il me parait urgent que l’occident change de pieds pour proposer autre chose qu’un grand jeu de compétition pour l’accès à la richesse. Cette course là intéresse de moins en moins de monde, au fur et à mesure que la liste des bénéficiaires se réduit, et dans tout les cas ne pourra être maintenue dans la finitude de ce monde. Le maniement du bâton (tonfa pour ses intimes) pour prolonger l’illusion de l’immuable matérialisme risque bien de combler d’aise son contraire, c’est à dire les idéologies de sacrifice et de destruction matérielle.

        Nous nourrissons la bête qui nous hante.

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  • vert-de-taire // 03.05.2019 à 08h26

    Ces mouvements sont utiles voire nécessaires aux va-t-en-guerre états-uniens.
    Ce sont des outils.
    Comme en tous lieux du monde, un peu d’argent permet de favoriser n’importe quel groupe et lui faire faire du désordre public afin de satisfaire ces grands enfants qui jouent avec le monde.

    On a bien vu comment les dirigeants états-uniens prenaient des précautions pour préserver cette force de frappe si pratique pour leurs desseins tout en cultivant un discours mensonger.

    On comprend bien leur acharnement contre Assange/Wikileaks qui permet de prouver ces pratiques terroristes.

      +22

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  • J // 03.05.2019 à 11h35

    Si Daesh finit de disparaitre d’autres prendront la suite en tenant compte de ses erreurs. C’est quasiment depuis le début de l’Islam, cela avait commencé avec les premiers kharijites, que des mouvements djihadistes dissidents surgissent quand le pouvoir islamique central s’amollit (de leur point de vue). Un livre (très documenté) qui résume : http://bouquinsblog.blog4ever.com/l-islam-dans-le-terrorisme-islamique-ibn-warraq (bref résumé dudit livre).

      +3

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    • chr bernard // 03.05.2019 à 19h03

      L’histoire repasse les plats …

      « 359ème nuit : AVENTURE DU COCHE D’EAU.

      Nous partîmes, lorsque Du Hameauneuf eut fini. Parvenus vis-à-vis la porte Saint-Bernard, où le départ et l’arrivée des coches ont été transférés, nous fûmes surpris d’y voir du monde. On attendait l’arrivée d’un coche, et ceux qui avaient des parents ou des amis dans cette voiture, étaient dans les plus vives alarmes ! Elles étaient malheureusement fondées ! On apprit, par un homme venu en poste, qu’un Algérien, qui avait pris le coche d’Auxerre, ayant reçu quelques insultes de la part de deux soldats imprudents, et de quelques autres étourdis, les avait d’abord dissimulées. Mais qu’une raillerie contre Mahomet étant échappée dans la soirée, ce malheureux fanatique, qui ressemblait à tous les autres, avait résolu de se venger et de périr martyr. Il attendit sa belle, éteignit l’unique lumière du grand commun, et armé de la hache du Gouvemailleur, il frappa dans l’obscurité, s’imaginant qu’en ne voyant pas ses victimes, il était censé ne viser personne, et par conséquent exempt du crime d’assassinat. Il ne fit grâce qu’aux nourrices, preuve qu’il n’était pas fou, comme le prétend le très disert fermier du coche, dans sa lettre gauche, insérée, n.°*** du Journal de Paris. La maréchaussée, appelée au secours, ne l’arrêta qu’en lui tirant des coups de pistolet dont un lui fracassa la mâchoire »

      « Les Nuits de Paris », Restif de la Bretonne (+/-1780) ; Folio Classique, page 297.

        +2

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  • saida // 03.05.2019 à 12h56

    ce qui permet a Daesh et autres groupes terroristes de survivre c’est le soutien inconditionné de l’occident et des USA avec le financement illimité des monarchies pétrolières .
    on sait bien que ces groupes servent d’instrument d’intervention dans les pays qui refusent de se plier aux diktats occidentaux

    la Syrie en est le meilleur exemple

      +9

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    • Sandrine // 03.05.2019 à 14h43

      Du coup on se demande bien d’où sortent les soldats de ces organisations… probablement des agents de la CIA ou du mossad déguisés en faux-djihadistes…

        +1

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      • Alfred // 03.05.2019 à 15h31

        Très franchement je ne l’avais pas écrit pour ne pas me faire taxer de complotisme mais je suis persuadé que le soudain humanisme dont font preuve les “directions” des pays occidentaux vis à vis des jihadistes et de leur famille sert simplement de paravent au rapatriement d’agents plus ou moins “distants et refutables”.
        Nos élites ne se sont jamais occupés pour de vrai de la veuve et de l’orphelin. Par contre c’est une bien bonne couverture pour racheter des jiahd-joes survivants.
        (Souvenez vous quand même que le renseignement intérieur avait pensé recruter un certain Mohamed M. Pour quelques échecs (ce n’est pas le seul) combien. De succès ?)

          +7

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      • Alfred // 03.05.2019 à 15h39

        Et pour vous répondre directement Sandrine il semble qu’ils sortent d’un peu partout aussi bien que d’être recrutés localement mais ce n’est pas trop la question. Certains sont déplacés de théâtre en théâtre. Les anciens avaient fait l’Afghanistan l’Algérie et la Bosnie puis la tchetechenie. D’autres plus jeunes ont fait l’Irak puis la Libye puis la Syrie, etc… Le début du conflit syrien a été alimenté avec les arsenaux Lybiens avant d’être alimentés par les arsenaux d’Europe centrale sous direction américaine. Tout cela est ne notoriété publique (à défaut d’avoir touche le “grand” public). Il y a des rapports très officiels sur ces circuits.

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        • Sandrine // 03.05.2019 à 16h07

          Et quelle serait la motivation de ces gens?

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          • Alfred // 03.05.2019 à 19h32

            Quels gens? Les machiavels au petit pied de camp bondsteel? Ou bien les créateurs si british des casques blancs? Les pions?
            Le prétexte, le mobile ou les motivations?
            Ça dépend à quoi vous pensez à à quel niveau on se situe.
            (Je suppose que daesh a ses cocus, ses tartuffes et ses profiteurs comme n’importe quelle organisation (mafia criminelles comprises)).

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            • Sandrine // 03.05.2019 à 19h55

              Donc pour vous la seule et unique motivation des soldats (et des cadres) de Daesh et/ou AlQuaida serait l’argent (vous n’allez tout de meme pas me dire que tout ce beau monde se sacrifice pour les beaux yeux des multinationales… )

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            • Alfred // 04.05.2019 à 12h27

              Ce n’est pas du tout ce que j’ai dit. Simplement derrière l’idéologie qui peut rassurer des individus perdus (même très éduqués) ou en colère on peut aussi trouver comme motivation la recherche de pouvoir (qui peut être plus complexe que le simple appât du gain). Pour tout une catégorie de gens le fait de pouvoir nuire, voler, violer tuer ou pire impunément est très séduisant. Le désir de toute puissance. Surtout si en plus il y a la justification idéologique ou religieuse (bingo c’est le beurre et l’argent du beurre pour les salauds). A mon avis il y a quasiment autant de motifs que d’individus. Reste l’idéologie totalitaire qui lie le tout.

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            • Sandrine // 04.05.2019 à 14h02

              Ok. Je comprends. Mais du coup c’est un peu en contradiction avec ce que dit E.Vuiart, que vous aviez pourtant l’air d’approuver dans l’un de vos messages plus haut.

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  • Karthago // 07.05.2019 à 07h19

    Il faut arrêter de regarder le doigt. Sans le soutien extravagant de certaines puissances occultes, ces gens auraient la capacité de nuisance des dealers et des toxicomanes de mon quartier, pas plus. Ils sont la légion arabe du Mi6 et de certains services. Dès qu’ils ne seront plus utiles, ils seront supprimés ne serai-ce que par défaut de soutien logistique. Elle est où l’idéologie Sud soudanaise ou tutsie ou encore biafraise…? Le vernis islamique est pratique pour embrouiller la question…leur idéologie ne répresente rien. C’est un aspirateur a mercenaire délinquant…et pour cause…

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  • christian gedeon // 07.05.2019 à 10h35

    Daech fonctionne comme un cancer…croit on l’avoir éradiqué ici,qu’il métastatse là,et de plus en plus rapidement. Le wahhabisme est largement dépassé par sa créature super wahhabite. Et si la responsabilité américaine est largement engagée, elle n’est pas la seule à l’être,loin s’en faut. La naïveté des occidentaux est proprement stupéfiante. Non,les Daech et autres al qaïda(al nosra et cie) ne sont pas fous,et les tentataives de psychiatriser ce phénomène,ou de le “socialiser ” sont piteuses. Une fois de plus,l’Islam est religion,état,et univers.Ceux qui parlent d’Islam politqiue pour le distinguer de l’autre Islam,le gentil,font fausse route dès le premier pas. L’Islam est par nature politqiue,par nécessité existentielle.Non les guerres de daech et associés ne sont pas terminées. En fait,elles viennent en quelque sorte de commencer vraiment.

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