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3.avril.20203.4.2020 // Les Crises

Experts économiques sur Europe 1 : visionnaires jamais, faussaires toujours

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Source : ACRIMED, Denis Perais, Pauline Perrenot

Dans un article du 4 novembre 2008, nous relevions qu’ « en pleine bourrasque financière, les gardiens médiatiques de la pensée, toujours les mêmes, ont la tête qui tourne. Ils sont obligés de se résigner et en appellent aujourd’hui à l’intervention massive de l’État pour sauver le marché dont ils acclament l’autorégulation bienfaitrice depuis des lustres. » Tellement prévisibles, ils reprennent le même refrain à l’occasion de la pandémie du Covid-19, qui, outre des conséquences sanitaires déjà dramatiques, aura pour corollaire une dépression économique dont il est encore difficile d’évaluer l’ampleur définitive.

À commencer par le très médiatique Nicolas Bouzou – économiste néo-libéral et propriétaire-fondateur du cabinet d’analyse économique et de conseil Astérès – au micro de Bernard Poirette, sur Europe 1 le 14 mars :

Sur le coût pour les finances publiques, le président de la République a été très clair. Ce coût sera très, très élevé, quelque chose qu’on a tout à fait raison d’assumer […]. Donc, notre endettement va exploser ces prochains mois et ces prochaines années. Nous ferons les comptes après.

Pour tenter de convaincre son auditoire, il use d’un argument d’autorité que ne lui conteste pas Bernard Poirette, totalement ébloui par son hôte, remercié chaleureusement à la fin de l’entretien (« Merci beaucoup Nicolas Bouzou, toujours très clair ») :

Nicolas Bouzou : Moi, vous savez, en matière de finances publiques, je suis quelqu’un de très rigoureux. Donc, si je vous dis-ça, pardonnez-moi, je fais un peu d’autopromotion, vous pouvez me croire.

De même qu’il fallait croire sur parole le prophète Bouzou Nicolas, visionnaire dès 2014 :

« Rigoureux », Nicolas Bouzou l’a été sans conteste : dans sa défense acharnée d’une politique … de rigueur, et d’austérité. Depuis des années, l’expert robotique se répand dans les médias en expliquant qu’ « il faut réduire les dépenses publiques » (L’Express, 7 février 2018) ; que « c’est aujourd’hui que nous devons diminuer la dépense publique » (Entretien vidéo à Boursorama, 29 mars 2018) ; que « la seule solution est de réduire la dépense publique » (Entretien vidéo à L’Opinion, 9 mai 2018) ; que « pas d’économies sans baisse du nombre de fonctionnaires territoriaux. »(Entretien Le Figaro, 31 juillet 2015).

Réduire la dépense publique, certes ; mais surtout et avant tout, réduire la contribution des entreprises et des plus fortunés, toujours choyés, aux recettes. Florilège :

– La priorité fiscale du prochain quinquennat doit être la baisse de la fiscalité du capital, en supprimant l’ISF et en augmentant de façon significative les déductions d’IRPP [Impôt sur le revenu des personnes physiques] liées à l’investissement dans des PME innovantes. (Entretien vidéo à L’Opinion, 18 octobre 2016) ;

– Baisser la dépense publique, c’est laisser respirer le secteur privé (L’Express, 14 février 2018) ;

– Un grand nombre de nos difficultés économiques proviennent de la taille et de l’inorganisation de notre sphère publique […]. On rêverait donc que le président appuie enfin sur le bouton de la réforme de L’État et que les ministres confient à des agences indépendantes toutes les tâches où la sphère publique n’est pas indispensable. (L’Express, 3 octobre 2018)

Sans oublier cette fulgurance : « Les pays qui surtaxent les génies et le capital n’auront pas les grandes entreprises du XXIe siècle, pas les big data et pas les algorithmes. Ils sortiront simplement de l’histoire. » (Entretien à L’Opinion, 29 septembre 2017).

Mais ce premier retournement de veste (provisoire), en cache un autre.

 

Aujourd’hui : tout sauf la bourse ; hier : vive la bourse !

Avec la chute des cours, la valeur des actions en bourse dévisse de manière vertigineuse. Nicolas Bouzou s’en inquiète :

Je ne vais pas vous mentir, ce qui se passe sur les marchés est inquiétant, et c’est très sérieux. Alors, là encore, les Français sont relativement protégés puisque quand on regarde le patrimoine des ménages français, il est beaucoup plus investi en immobilier qu’en titres financiers ; et dans l’épargne financière, y a assez peu d’actions.

Une aubaine pour ce promoteur du marché, qui n’hésite pas à communier dans la satisfaction avec le présentateur :

– Bernard Poirette : La plupart des auditeurs qui sont ce matin à l’écoute, n’ont pas forcément d’actions à la Bourse, etc.
– Nicolas Bouzou : Tant mieux pour eux.

Tant mieux s’ils n’ont donc pas suivi, au fil des années, les conseils avisés et « rigoureux » de Nicolas Bouzou, n’ayant cessé de plaider pour les investissements… en bourse ! On rembobine :

– Le gros de la crise bancaire est passé. Maintenant, les pouvoirs publics américains se concentrent sur les autres acteurs financiers qui pourraient être touchés à leur tour : les fonds de pension, les [fonds spéculatifs] et certaines compagnies d’assurance. C’est en tout cas le moment d’acheter en boursepour ceux qui ont les reins solides, on est au creux de la vague, les valeurs boursières ne peuvent pas tomber beaucoup plus bas. (Entretien à 20minutes, 21 avril 2008) ;

– Il faut absolument diversifier ses placements, en mixant épargne risquée (comme des actions) et non risquée (comme des livrets type livret A). On peut également investir dans l’immobilier. Certes les prix peuvent baisser, mais la pierre ne peut pas faire faillite. (Entretien réalisé en 2011 à l’occasion de la sortie de son ouvrage Le chagrin des classes moyennes, et à destination des riches lectrices de Elle) ;

– Je préconise des baisses d’impôts ciblées sur le capital pour diriger l’épargne des Français vers l’investissement. Cela peut se faire via l’impôt sur le revenu, en augmentant les avantages fiscaux liés aux achats d’actions dans les start-up innovantes par exemple. (Entretien à L’Humanité, 21 octobre 2016) ;

– Pour augmenter le pouvoir d’achat, développer l’actionnariat salarié. (L’Express, 7 mars 2019).

Notons que si Nicolas Bouzou se montre aussi enthousiaste vis-à-vis des mesures du gouvernement, c’est peut-être aussi parce qu’il a « l’oreille » de ce dernier, comme il le confie fièrement à Bernard Poirette, en toute indépendance :

Il faut surveiller de très très près ce qui se passe sur les marchés actions, parce que ça empêche aussi […] ces fameuses start-up […] qui n’ont pas beaucoup accès au crédit bancaire. Elles se financent sur les marchés financiers, et la situation est aussi pour elles très compliquée. D’ailleurs, c’est peut-être un angle mort de la politique économique, je vais travailler là-dessus avec le gouvernement ces prochains jours pour trouver des solutions pour ces start-up.

Une collaboration que confirme d’ailleurs Challenges, relatant que Nicolas Bouzou « a été convié par Bruno Le Maire à Bercy, avec quelques experts » (10 mars 2020). Avec de tels experts, le monde (des entreprises) peut être rassuré…

 

Europe 1 et les journalistes laquais du capital

Europe 1 disposant d’un énorme vivier d’experts économiques, Nicolas Bouzou n’est pas le seul prophète en sa demeure. Dans le registre actionnarial, Axel de Tarlé a lui aussi la tête qui tourne. Le 25 mars, le journaliste ne perd pas le fil de l’investissement et délivre à l’antenne ce qui le préoccupe en pleine crise du coronavirus :

Cette chute vertigineuse de la bourse agit comme une publicité pour l’immobilier. Franchement, qui a envie de placer ses économies en bourse pour voir s’envoler, en quelques jours, un tiers de son patrimoine ?

Un revirement qui ne saurait faire oublier qu’un peu moins de six mois plus tôt, il saluait au contraire « une révolution : l’avènement des Fonds de Pension en France pour financer l’économie du pays et nos retraites individuelles. » (Europe 1, 3 octobre 2019).

Une déclaration d’amour qu’il adressait à la « loi Pacte » [1], dont il faisait la promotion à l’antenne :

Le gouvernement vient d’introduire des « fonds de pension » à la française. Depuis le 1er octobre, on peut préparer sa retraite en investissant dans le « Plan Épargne Retraite ». L’argent est investi en bourse, avec avantage fiscal et vous sera rendu à la retraite.

Trois ans plutôt, Axel de Tarlé enguirlandait même les Français pour leur frilosité en la matière, en en profitant pour les accuser d’être des agents de « l’étranger » :

Signe de notre aversion au risque – le fameux trouillomètre ! –, nous rechignons à confier notre argent aux entreprises. Trop risqué. Depuis 2000, le nombre d’actionnaires individuels en direct a chuté de 7 à 3 millions. Les Français ne jurent plus que par les emprunts d’État (via l’assurance-vie) et l’achat immobilier, qui est considéré comme de l’épargne. Bref, notre épargne finance la dette de la France et la pierre. Voilà pourquoi nos entreprises manquent de capitaux et sont aux mains des fonds de pension étrangers » (Le Journal du Dimanche, 28 août 2016)

Quant à savoir si ces retournements de veste seront aussi temporaires que ceux survenus lors de la crise de 2008, suspense…

Toujours est-il que parmi le panel pluraliste de ses experts, Europe 1 propose également à ses auditeurs quelques irréductibles : les plus coriaces du marché ! Pour Nicolas Beytout, par exemple, pas question que l’État s’immisce trop longtemps dans le fonctionnement du « dieu » marché, qui en définitive demeure l’antidote à la crise. Dans une longue tirade que nous citons in extenso, l’expert déroule la partition de l’orthodoxie dure et, sans pincettes, offre un nouveau souffle à la pensée médiatique dominante :

Pour répondre à une crise d’une telle ampleur, une crise qui menace les États, il n’y a de réponse valable qu’à l’échelle des États. Mais, d’ici à en conclure que c’est le grand retour de la dépense publique, que c’est la fin du libéralisme, que c’est la défaite de l’économie de marché, il y a un pas. Je dirais même que c’est l’inverse. […] Un pays qui a trop de dépense publique et qui est trop endetté (au hasard, la France) mettra longtemps à se libérer de cette charge supplémentaire. Le poids de sa dette, déjà limite, deviendra un vrai handicap. Et comment est-ce qu’il pourra alléger ce fardeau ? En recréant de la richesse, en redonnant à ses entreprises les meilleures conditions pour produire, investir, faire de la croissance, et pour dégager les marges de manœuvre qui permettront de se désendetter. Et ça, c’est le boulot de l’économie de marché, des entreprises. Alors, attention aux idées simples du genre : le coronavirus c’est la fin du libéralisme, le retour de l’État. Parce que, à la fin de l’histoire, c’est toujours l’argent privé qui paye pour en sortir. (Europe 1, 23 mars 2020)

Car rien ne semble changer pour ces chiens de garde, déterminés à rester des sentinelles du périmètre « acceptable » de la pensée économique. En définitive, le patron de L’Opinion ne fait que recopier ce que la quasi totalité de ses confrères prescrivent à longueur de médias depuis plus de trente ans. Ainsi résumé par l’éminent Christophe Barbier, onze ans et demi plus tôt :

Il faut enfin affirmer que l’État retirera ses troupes le plus vite possible, c’est-à-dire sortira d’une économie marchande où il n’a rien à faire quand tout va bien. Il doit se désengager des banques rétablies comme les pompiers s’en vont après l’incendie. Car, il s’agit de réussir des interventions, non des immixtions, encore moins des nationalisations. (L’Express, 9 octobre 2008)

Experts jamais, faussaires toujours : stop ou encore ?

Denis Pérais et Pauline Perrenot

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48 réactions et commentaires

  • JFG // 03.04.2020 à 07h57

    Le site Mediapart révèle, ce mercredi 1er avril, une note commandée par l’Élysée à la Caisse des dépôts et consignations qui préconise de continuer de faire de plus en plus de place au secteur privé dans l’hôpital public.

    https://www.marianne.net/societe/hopital-public-o-surprise-la-caisse-des-depots-recommande-de-poursuivre-la-privatisation

    Heureusement quelle date du 1er Avril. N’attendez pas de grands changements dans la politique d’après crise.
    Les banques et les multinationales seront sauvées…. les autres auront droit à un « petit » geste et nos libertés vont
    s’envoler comme en Hongrie sans que les « grandes » démocraties européennes y voient à redire.

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    • Catalina // 03.04.2020 à 09h01

      comme en Hongrie ? pouvez-vous préciser s’il-vous-plaît pare que si vous appuyez vos dires sur les menteurs patentés de la sphère médiatique, je me permets de douter

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    • Alfred // 03.04.2020 à 10h55

      « comme en Hongrie »:
      « Le premier ministre, Viktor Orban, a obtenu lundi le feu vert du Parlement pour légiférer par ordonnances dans le cadre d’un état d’urgence à durée indéterminée. » (L’immonde)
      Comment ça se passe en France déjà?
      « La Hongrie, qui a fermé ses frontières aux étrangers et instauré des mesures de confinement de la population, comptait lundi 447 cas de nouveau coronavirus, qui a fait 15 morts dans ce pays de 9,7 millions d’habitants. » (L’immonde toujours). Vraiment c’est moche ce qui se passe en Hongrie (40 fois moins de morts par million d’habitant que chez nous). C’est très moche.

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      • Florent // 03.04.2020 à 14h48

        Oui bon, il faut raison garder. Si les gouvernements de nos pays occidentaux sont une vraie plaie pour les populations, il ne faut pas oublier qu’Orban, et d’autres avec lui, sont à tout fait des fanatiques d’un capitalisme débridé. Qu’il soit (fortement) teinté d’une cosmétique nationaliste qui effraie l’UE, ne doit pas cacher l’essentiel : la Hongrie est une pièce importante dans la division mondiale du travail, pays dans lequel beaucoup d’entreprises occidentales y délocalisent leur production, car oui, le droit du travail y est plus accommodant (sans parler des salaires).

        Le bilan sera fait à la fin, qu’il y ait moins de morts en Hongrie ne vaut certainement pas à ses dirigeants notre ébahissement ou un relativisme clément.

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  • xavier37 // 03.04.2020 à 08h16

    Il a aussi co-écrit:
    « La Comédie (in)humaine: Pourquoi les entreprises font fuir les meilleurs »
    Ça s’applique aux médias.
    Comme quoi il y a des moments de lucidité, tout n’est pas perdu.

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  • rolland // 03.04.2020 à 08h39

    Maintenant quid de la FED, du FMI, de la BMI, de l’UE, de l’OTAN, de l’économie de marché, de l’organisation et de l’idéologie occidentale, de l’effet papillon, de la survie des citoyens et des peuples ???
    Finalement le green new deal s’est présenté avec un peu de retard pour s’imposer semble-t-il…..Qui sait, peut-être qu’avec le bon sens qui n’est pas un sens commun, nous allons enfin voire les travaux de Tesla êtres repris puis utilisés à bon escient pour notre survie ?
    Qui vivra saura..

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    • rolland // 03.04.2020 à 08h53

      En même temps ; – ) puisqu’il ne s’agirait pas de devoir supporter une catastrophe naturelle de grande ampleur ces mois et années à venir, il est peut-être venu le temps de cesser de tester la clémence de notre belle planète.
      On attendra donc les premières déclarations ouvrant la voix à tout autre chose que ce que l’on a connu depuis trop longtemps..

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    • fanfan // 03.04.2020 à 15h38

      le 11 mars 2020, le Forum économique mondial (forum de Davos) a annoncé un partenariat avec l’OMS (une agence des Nations unies) pour former la plate-forme d’action COVID-19 – un groupe de travail composé de plus de 200 entreprises privées au moment de son lancement. Cette initiative s’ajoute au partenariat du Forum économique mondial avec les Nations unies du 13 juin 2019. Le monde des entreprises capte notre monde réel, en temps réel.
      La Fondation Gates et les entités connexes telles que la CEPI constituent les plus grands bailleurs de fonds de l’entité public-privé connue sous le nom d’OMS. Son directeur actuel, Tedros Adhanom, 1er Directeur de l’OMS de l’histoire à ne pas être médecin, a travaillé pendant des années sur le VIH avec la Fondation Gates lorsque Tedros était Ministre du gouvernement en Éthiopie.

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  • Catalina // 03.04.2020 à 09h00

    Archive :

    https://www.facebook.com/groups/2051272165105689/permalink/2678045559095010/
    une petite vidéo qui prouve la préméditation….

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    • jm // 03.04.2020 à 12h28

      Tout le monde devrait lire La stratégie du choc

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      • fanfan // 03.04.2020 à 15h46

        Tout le monde devrait lire aussi les « grandes orientations des politiques économiques » (GOPÉ (https://www.upr.fr/gope/)) sont des « recommandations » de politique économique et sociale émises chaque année par la Commission européenne — non élue, et adressées à chacun des États membres, en fonction de leurs spécificités économiques structurelles internes respectives, et en vertu de l’article 121 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE).
        Tous les politiques et les médias devraient en rendre compte et les commenter pour éclairer tous les citoyens.

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        • Véro // 03.04.2020 à 19h33

          Je suis entièrement d’accord.
          Il est ahurissant que jamais le semestre européen ne fasse l’objet d’un suivi journalistique par les grands médias.

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      • groctx // 03.04.2020 à 23h02

        Et tant qu’à faire y ajouter « La fabrication du consentement » de Noam Chomsky, en ce moment c’est pas le temps qui manque….

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  • TEROUINARD // 03.04.2020 à 09h14

    Tout expert invité des médias, est un expert des « girouettes des vents ».

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    • Narm // 03.04.2020 à 10h00

      « Tout expert invité des médias, est un expert des « girouettes des vents » »

      Pas tous, certains ne sont souvent plus invités ensuite

        +6

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  • Anfer // 03.04.2020 à 09h56

    Le problème, c’est que ce genre de charlatan va continuer à venir à la télé, sans que personne ne le remette à sa place.

      +11

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  • Catalina // 03.04.2020 à 10h00

    le grand reset? on pensait à la guerre mais ils ont trouvé un autre moyen, depuis des dizaines d’années on n’aurait pu faire le m^me catastrophisme avec d’autres maladies, mais avant la révolte mondiale contre le capital qui s’est déroulée presque partout en m^me temps, depuis plus d’un an, le besoin de guerre n’était pas la priorité, sauf pour les USA qui en avaient un besoin impérieux, là, c’est le monde entier ou presque. Mertre à bas les pays occidentaux pour mieux « les réformer », revenir à l’avant 1939, supprimer tous les acquis des luttes sociales, détruire le CNR, voilà comment ces vampires avides et jamais satisfaits utilisent une « pandémie » pour offrir aux gens une vie en état de guerre, après, ils feront absolument tout ce qu’ils veulent.
    Ma question : pourquoi les médias n’ont pas fait le m^me catastrophisme pour la grippe qui à ce jour a tué depuis de nombreuses années bien plus que ce covid ? qui bono ? mais je suis une sale complotiste-antisémite-rouge-brun-gilet-jaune-professionnelle de santé, donc une « rien »

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    • fanfan // 03.04.2020 à 16h30

      « Les cinq vagues du Covid-19… La sixième sera fatale » par Bernard Dugué (30 mars 2020)
      1) Le Covid-19 : plusieurs vagues avec de multiples épicentres, un virus mutant capable de générer un choc planétaire.
      2) La situation politique en mars 2020 est une sorte de miroir inversé de 1918. Chaque pays a sa ligne Maginot. Aucune ne semble en mesure de stopper l’avancée du Blitzkrieg viral.
      3) La troisième vague atteint les populations, crise du psychisme. La vague de peur et d’anxiété ne va pas s’arrêter à ce stade. Le confinement risque de produire d’autres effets sur les psychismes qui on le sait, peuvent passer par toutes les teintes.
      …/…

        +3

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      • fanfan // 03.04.2020 à 16h30

        4) La quatrième vague, la vague économique, a précédé la vague psychique, et risque de s’étaler dans la durée. L’économie va être secouée, brutalement et plus rapidement qu’en 1929 car les économies mondiales sont toutes interconnectées et que l’activité se réduit dans des secteurs générant des chiffres d’affaire colossaux, transports aériens et terrestres, circulation des marchandises, production, pétrole, automobile, consumérisme. Crise de l’offre puis de la demande et enfin crise financière. Cette vague économique se conjugue avec la vague politique dans la mesure où elle amène des décisions sans précédent. L’onde va être fracassante. La question est de se demander si l’activité reprendra son cours et dans quel état nous serons. Cette équation repose d’une part sur les décisions des gouvernants et d’autre part sur la résilience des populations. Si cette résilience craque, ce sera la cinquième vague.
        5) La cinquième vague est une crise sociale. Une révolte de ce type peut aboutir à une guerre civile. Ou alors à une clause de survie montrant les capacités de résilience des populations. Le réflexe de survie est universel. Envisager des insurrections, des révoltes et des crises sociales n’a rien d’irrationnel. La seule incertitude, c’est l’intensité. Un insurgé ou un révolté ne suit pas les règles de la bureaucratie.
        6) La sixième vague risque de se produire si les vagues 4 et 5 ne sont pas stoppées, par de bonnes mesures conjuguées à la résilience sociale : un troisième conflit mondial.

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  • Balthazar // 03.04.2020 à 10h09

    Article à charge je trouve.
    Je me suis pris toutes les claques boursières des 20 dernières années. Donc je commence à en avoir de l’expérience. Et j’ai fait à chaque fois l’erreur de vendre en disant : vite sauvons ce qui reste.
    Oui les retraités US en début 2009 pleuraient, devaient retourner bosser etc..
    Leur fond de pension était passé de 1500 à 700.
    Aujourd’hui ce fond de pension, malgré le krach actuel vaut 2500 (il était à 3400 il y a 3 mois).
    Sur le long terme les actions dégagent plus de valeur que les autres placements.
    Après , ce n’est pas un long fleuve tranquille, je l’admets.

      +2

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    • Redrogers // 03.04.2020 à 10h35

      Les actions ne dégagent pas de valeur. Leur hausse ne reflète que la création financière ex nihilo (bulle,argent virtuel) ou la destruction accélérée du monde physique et vivant (productivisme).

        +18

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      • LibEgaFra // 03.04.2020 à 13h29

        Curieusement les valeurs boursières ne participent pas au calcul de l’inflation.

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    • hyac // 03.04.2020 à 11h22

      Balthazar, oui ce fond de pension est fortement monté mais uniquement grace aux injections massives d’argent public , follement répétitives d’autant plus qu’elles ont été entièrement récupérées par le système financier. Le gigantesque dette qui en résulte ne pourra pas être remboursée et ce fond de pension cessera d’exister !

        +11

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    • Clode // 03.04.2020 à 11h45

      Oui bien sûr, ces fonds de pension qui grace à leur puissance financière fondent sur les entreprises prospères afin de syphonner leur trésorerie et ensuite licencier sans vergogne ex samsonite, seriez vous un cynique qui s’ignore ?

        +12

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    • calal // 03.04.2020 à 13h28

      LEs marches financiers,tant marche action qu’obligataires, peuvent vous baiser de tellement de manieres differentes…
      Sortez des marches financiers surtout si vous etes salarie des classes moyennes,concentrez vous sur le reel en gardant du ble de cote au cas ou… (la c’est un mois minimum de salaire qui ne tombe pas alors que les loyers toussa doivent etre payes: il vous faut avoir 3 mois de depenses sur le luvrat a en epargne de precaution minimum).

      Depensez plutot votre argent en achetant une betonniere ou une imprimante 3d,une machine a coudre que sais je, solde a -50% lors de destockage promo plutot de d’acheter des actions de boites endettees ou des obligs qui vont mal reagir a une inflation ou une deflation…

      C’est l’automne economique,apres viendra l’hiver.Ca peut partir dans tous les sens,la seule chose previsible c’est que ca ira de mal en pis et que l’on va se faire couillonner…

        +2

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      • Patrick // 03.04.2020 à 14h18

        La bourse est déconnectée du réel, j’ai laissé tomber depuis longtemps.
        Vive le concret, le réel , il en restera toujours quelque chose après le grand reset de l’economie.

          +1

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    • Chris // 03.04.2020 à 16h01

      Plutôt un reflet convexe de l’endettement général, non ?
      Quant au 2500 actuel, attendez encore quelques semaines. On en reparle.
      Je parle de ce que je connais, fréquentant les casinos sans être (trop) flambeuse et comptabilisant gains, pertes et mises depuis bientôt 30 ans. J’observe aussi les autres joueurs qui vont, viennent et disparaissent… mais le casino est toujours là !
      La Bourse c’est comme les jeux de table du casino : en moyenne on perd la mise. Sauf qu’on s’y amuse quand on a compris qu’on ne gagnerait jamais : à vous de fixer l’encours de vos pertes.
      Le HFT (High Frequence Trading) a introduit les machines à sous…
      Et quand il y a jackpot (lequel ne compensera jamais mes pertes antérieures et futures), je l’investis dans du dur ou des commodities, hors bouffe, car je répugne à me mêler aux affameurs.
      Une stratégie pour petits investisseurs qui on le sait, sont le fonds de commerce des gros investisseurs depuis que la Bourse existe.

        +1

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  • vert-de-taire // 03.04.2020 à 10h35

    OB,
    a-t-on besoin de plus de preuves que nombres de médiacrates et leurs larbins
    sont au service d’une nano élite d’ultra-riches ?

    Il me semble que la seule chose qui vaille (hic et nunc) est de dire ce qu’on VEUT.
    Donc QUOI faire
    dans quel but
    pourquoi et comment
    afin de se débarasser de cette tutelle.

    C’est le plus urgent : se préparer à agir collectivement (donc CHACUN !!)
    dans un avenir très proche
    au hasard, fin du confinement,
    dans le bon sens (dans tous les sens de l’expression).

    Sinon on va encore se plaindre se contenter d’avoir raison jusqu’à en crever.
    Ce serait ballot.

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    • Araok // 03.04.2020 à 14h24

      On peut déjà soutenir Acrimed qui fait un boulot considérable avec des moyens misérables.
      Ah! Aussi, j’aime beaucoup la fulgurance de Catalina: la télé est Le foyer infectieux des mensonges d’état structurés !

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  • Myrkur34 // 03.04.2020 à 11h20

    C’est sûr que les chercheurs des « économistes atterrés » ou autres comme Porcher on les voit plus à la tv.
    Et je ne sais pas si vous avez remarqué, que depuis 2,3 jours on a droit au rétro-pédalage de tous les journalistes, chroniqueurs vedettes sur le genre,c’est compliqué, personne ne l’avait prévu à cette intensité, c’est mondial, tout le monde est dans le même cas…Mais bon il y a juste à nos portes l’exemple allemand qui fait tâche avec une population bien plus vieille que la notre. (Beaucoup plus de test pour isoler et deux fois plus de réanimateur).

    En zappant, je suis tombé sur le confinement d’Albert de Monaco, malade du covid-19. dialogues entre Anne Claire Coudray et le prince.
    « Donc vous êtes dans votre lieu de confinement ? » ACC
     » Votre palais » ACC
     » Oui » AdM

    J’ai éclaté de rire (même pas jaune) tellement c’était surréaliste et j’ai zappé juste après….Faut pas pousser quand même….

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  • robess73 // 03.04.2020 à 11h35

    pas seulement inutiles mais dangereux .a juger .et emprisonner et surtout confisquer leurs biens perso et les mettre au smic .

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  • pseudo // 03.04.2020 à 12h14

    en route pour le néoféodalisme? avec les néoseigneurdeguerre? et les néoconnards ça existent déjà ou faudra patienter encore un peu ?

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    • LibEgaFra // 03.04.2020 à 13h35

      « en route pour le néoféodalisme?  »

      Pourquoi « néo »? Depuis l’exécution de l’incorruptible, la France n’a connu aucun autre régime que le féodalisme. Actuellement: monarchie élective. Avec un monarque notoirement incompétent par exemple le maintien des élections municipales.

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      • Subotai // 03.04.2020 à 19h20

        Arrêtez avec le Féodalisme, il me semble que vous vous ne savez pas vraiment ce que c’était.
        Le mercantilisme a pris le pouvoir en France après la révolution du 1848, c’est tout. (ok c’est un peu court, mais bon :-)).
        Il ne tient qu’à nous de cesser d’y croire.
        Pas pour établir une société sur un quelconque modèle théorisé du passé, mais sur le concret de la situation.
        Cependant, il est totalement prématuré d’essayer de construire un immeuble en ce moment; la terre est en train de trembler…

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  • Renaud // 03.04.2020 à 14h30

    Le système financier va très bien dit Emmanuel Lechypre. Ce serait sans doute pas si faux?
    C’est sûr avec les milliards déversés comme jamais par les banques centrales. Il y eut 2008, il y aura 2020 en bien pire ? Et le coronavirus? Mais dans deux mois au plus, tout rentre dans l’ordre …

    https://www.businessbourse.com/2020/03/28/emmanuel-lechypre-on-sait-que-cette-crise-sera-courte-et-que-le-systeme-financier-va-tres-bien-les-banques-vont-tres-tres-bien-la-comparer-a-celle-de-1929-nest-pas-le-sujet/

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  • Vincent P. // 03.04.2020 à 15h14

    Il est où le problème de dénoncer la Dette illégale et illégitime ?
    Point final !
    Pourquoi tous les « économistes », vendus ou non, font-ils semblant d’ignorer cette question pourtant simple !?
    F..k la banque, en taule les usuriers : Reset pour tout le monde.

    Tu es capitaliste et spéculateur boursier ? t’as des actions Ford et tu t’en es foutu des 800 de Blanquefort alors que l’usine faisait 9% brut et avait touché du CICE ? T’as des parts chez Honeywell qui détruit l’outil de travail si ça produit pas 15% bruts?(!) T’as des actions et des comptes BNP et tu as cru aux stress-tests ? Eh ! bah t’as perdu !

    Ça me semble tellement moins difficile d’être enfin réalistes et d’assumer que vouloir rétablir le système, au prix où il nous coûte!
    J’imagine que c’est comme regarder la mort en face : ça illustre bien la lâcheté, sans doute.
    Mais les cupides ne pourront pas fuir la réalité de leur aliénation qui est aussi tangible que ma rage et que le fait qu’ils sont simples mortels.

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  • thecis // 03.04.2020 à 15h38

    Bon en même temps, avec des conseillers clientèles de banque qui veulent vous faire souscrire à des PEA ou des placements en UC… Surtout qui ne comprennent pas pourquoi une stratégie d’épargne consiste à alimenter des livrets défiscalisés à capital garanti… Bref, commissions quand tu nous tiens…

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    • fanfan // 03.04.2020 à 17h17

      Refusant de démissionner, il a promis de continuer son action en exerçant ses responsabilités «avec gravité».

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  • Azuki // 03.04.2020 à 18h01

    Encore un a rajouter sur la liste des potentiels utilisateurs de ceux qui ont des ambitions a raccourcir, si je comprend bien, on pourrait demander au Africains de venir faire les test de laboratoire en europe : https://is.gd/2gN5T0

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  • EugenieGrandet // 03.04.2020 à 18h40

    Titre d’Acrimed. « Experts économiques ».
    Non Acrimed. N Bouzou est diplômé en finances et analyste essayiste spécialisé en économie. Dixit Wikipedia.
    Il passe bien sur les plateaux de tv (« un bon client ») c’est pour ça qu’on le voit (trop) souvent.
    A contrario je dirais que s’il fait des prévisions de ce type, alors c’est que c’est bien un économiste…

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  • Ernesto // 03.04.2020 à 19h24

    Bousculée par l’amplitude et les conséquences des événements,la caste éditocratique fait semblant de renier aujourd’hui ce qu’elle adorait hier, mais personne n’est dupe. Elle approuvera demain toutes les tentatives pour sauver le système (capitaliste) et ses logiques, au nom de l’intérêt supérieur du pays. Il n’est que de voir Alain Duhamel sur BFM TV. Pas pressé de prendre sa retraite le bougre malgré un âge pourtant déjà avancé! c’est qu’il veut encore nous faire profiter de la profondeur abyssale de ses pertinentes analyses enrichies par son inégalable expérience! Même Barbier, l’incontournable homme à l’écharpe rouge (son clone), est un petit garçon! Celui qui est multicartes et a son rond de serviette dans la plupart des médias, qu’ils soient écrits, audio ou visuels, ne laisserait sa place pour rien au monde car elle est trop bonne, grassement rémunérée (combien?), mais ne le vaut-il pas?
    Après le grand soir, au moment des petits matins, il faudra songer sérieusement à confiner à la niche, tous les chiens de garde et envoyer en première ligne tous ceux qu’on ne voit et n’entend jamais et qui pourtant n’en pensent pas moins et ont sûrement quelques idées intéressantes à partager. On peut même envisager que ces derniers soient majoritaires dans une information et des débats pluralistes. Un juste retour des choses en quelque sorte.

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  • clauzip12 // 04.04.2020 à 00h14

    Ce brave petit Bou zou a très certainement une facilité d’élocution qui donne la certitude de la bible!
    il lui manque comme à Macron un passage auprès de la population de la société en recherchant un mandat éléctoral pendant six ans minimum dans une collectivité!
    Des gens sérieux qui monopolisent l’économie télévisuelle dont Macron est le chef de file doivent,et le plustot est le mieux,sortir de leurs écrans et tableaux excel,dans leur idélogie néolibérable pour se plonger dans la société ,je dis bien société et non le petit monde parisien.
    Le mal vivre , les échecs cachés par la main mise sur l’information amèneront immanquablement à des troubles sociaux majeurs.
    Quand les polices percevront qu’elles ne défendent pas la république mais des intérêts privés importants,que la considération dont ils sont l’objet est la conséquence du dédain du pouvoir pour tout ce qui fait peuple,elles auront la main plus légère voire qu’ils commenceront à se poser la question de leur finalité!
    Mais,nous ne connaissons pas encore le contenu des 26 ordonnances à paraitre!

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