Les Crises Les Crises
29.mai.202129.5.2021 // Les Crises

Guerres et coups d’État : La fabrique médiatique du consentement

Merci 42
J'envoie

Comment le langage médiatique encourage la gauche à soutenir les guerres, les coups d’État et les interventions.

Source : Fair, Alan MacLeod
Traduit les lecteurs Les-Crises

Dans un article précédent (FAIR.org, 3/3/21), nous avons exploré quelques exemples d’études de cas de pays sur la façon dont la presse aide à fabriquer un consentement pour un changement de régime et d’autres actions américaines à l’étranger parmi les audiences de gauche, un groupe traditionnellement opposé aux conflits.

Un certain niveau d’adhésion, ou du moins une hésitation à résister, parmi la moitié la plus à gauche des États-Unis est nécessaire pour garantir que les interventions américaines soient menées avec un minimum d’opposition nationale. À cette fin, les entreprises médiatiques invoquent le langage des droits de l’homme et de l’humanitarisme pour convaincre les gens du centre-gauche d’accepter, voire de soutenir les actions américaines à l’étranger, une sorte de traitement du syndrome du Vietnam qui dure depuis 50 ans dans le pays.

Voici quelques-uns des clichés utilisés par les médias de l’establishment pour convaincre les gauchistes sceptiques que, cette fois, les choses pourraient être différentes et qu’une intervention progressiste pourrait être soutenue par tous.

Pensez aux femmes !

La grande majorité du monde était contre l’attaque américaine contre l’Afghanistan qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001. Cependant, l’idée bénéficiait d’un soutien écrasant de l’opinion publique américaine, y compris des Démocrates. En fait, lorsque Gallup (Brookings, 9/1/20) a posé une question sur l’occupation en 2019, le soutien au maintien des troupes sur place était légèrement plus important chez les Démocrates que chez les Républicains – 38 % contre 34 % – et légèrement moins important pour le retrait des troupes (21 % contre 23 %).

La couverture médiatique peut expliquer en parti ce phénomène, en convainquant certains et en fournissant au moins une couverture aux gens au pouvoir. Ce n’était pas une guerre d’agression, ont-ils insisté. Ils n’étaient pas simplement là pour capturer Oussama ben Laden (que les talibans ont en fait proposé de leur remettre) ; il s’agissait d’un combat pour apporter la liberté aux femmes opprimées du pays. Comme l’a dit la première dame Laura Bush :

Nous respectons nos mères, nos sœurs et nos filles. Combattre la brutalité contre les femmes et les enfants n’est pas l’expression d’une culture spécifique ; c’est l’acceptation de notre humanité commune – un engagement partagé par les personnes de bonne volonté sur tous les continents… La lutte contre le terrorisme est aussi une lutte pour les droits et la dignité des femmes.

Les guerres ne sont pas menées pour libérer les femmes (FAIR.org, 26/07/17), et bombarder des gens n’est jamais une activité féministe (FAIR.org, 28/06/20). Mais le New York Times a été l’un des principaux responsables de la construction de la croyance en une guerre féministe fantôme. Dans les semaines qui ont suivi l’invasion (2/12/01), il a fait un reportage sur le « retour joyeux » des femmes sur les campus universitaires, en présentant le profil d’une étudiante qui monte les marches d’abord timidement, le corps couvert de coton bleu du visage aux pieds. Lorsqu’elle s’est approchée de la porte, elle a relevé le tissu sur sa tête, révélant des joues rondes, des boucles de cheveux sombres et les yeux bruns d’une étudiante.

L’outrance du symbolisme était difficile à manquer : C’était un pays changé, et tout cela grâce à l’invasion.

Le Time magazine a également lourdement joué sur cet angle. Six semaines après l’invasion (26/11/01), il a déclaré à ses lecteurs que « le plus grand spectacle de libération de masse depuis la lutte pour le suffrage » était en train de se produire, alors que « des visages féminins, timides et rayonnants, émergeaient des caves sombres », enlevant leurs voiles et les piétinant symboliquement. Si le message n’était pas assez clair, l’article disait directement aux lecteurs que « le spectacle de la jubilation était un cadeau de Noël, un rappel des raisons pour lesquelles la guerre valait la peine d’être menée, au-delà de la simple autodéfense. »

« A quel point leur vie sera-t-elle meilleure maintenant ? » a demandé le Time (3/12/01). Guère mieux, en fin de compte.

Quelques jours plus tard, la couverture du Time (3/12/01) présentait le portrait d’une femme afghane blonde à la peau claire, avec les mots : « Lever le voile : l’histoire choquante de la façon dont les talibans ont brutalisé les femmes d’Afghanistan. » Dans quelle mesure leurs vies seront-elles meilleures maintenant ?

Ce qui était représentatif d’un phénomène beaucoup plus large. Une étude de Carol Stabile et Deepa Kumar publiée dans Media, Culture & Society (01/09/05) a révélé qu’en 1999, 29 articles de journaux américains et 37 reportages télévisés ont été consacrés aux droits des femmes en Afghanistan. Entre 2000 et le 11 septembre 2001, ces chiffres étaient respectivement de 15 et 33. Cependant, au cours des 16 semaines entre le 12 septembre et le 1er janvier 2002, les Américains ont été inondés d’articles sur le sujet, avec 93 articles de journaux et 628 reportages télévisés sur le sujet. Une fois que les véritables objectifs de la guerre ont été atteints, ces chiffres sont tombés en chute libre.

Les messages anti-guerre étaient largement absents de la couverture médiatique. En effet, comme l’a noté le fondateur de FAIR, Jeff Cohen, dans son livre Cable News Confidential, les dirigeants de CNN ont donné pour instruction à leur personnel de contrer constamment toute image de victimes civiles par des messages en faveur de la guerre, même si « cela peut devenir une rengaine. » Ce type de couverture a contribué à pousser 75% des électeurs Démocrates à soutenir la guerre terrestre.

À mesure que la réalité se confirmait, il devenait de plus en plus difficile de prétendre que les droits des femmes en Afghanistan s’amélioraient sérieusement. Les femmes sont toujours confrontées aux mêmes problèmes qu’auparavant. Comme l’a déclaré une femme membre du parlement afghan à Phyllis Bennis de l’Institute for Policy Studies (CounterSpin, 17/02/21), les femmes en Afghanistan ont trois ennemis principaux :

Le premier est le Taliban. Le deuxième est ce groupe de seigneurs de la guerre, déguisé en gouvernement, que les États-Unis soutiennent. Et le troisième, c’est l’occupation américaine… Si l’Occident pouvait se débarrasser de l’occupation américaine, il n’y en aurait plus que deux.

Cependant, le Time a réussi à trouver un moyen de tirer sur la corde sensible du public de gauche pour soutenir la poursuite de l’occupation. En présentant l’image choquante d’une jeune femme de 18 ans à qui on a coupé l’oreille et le nez, un article de couverture de 2010 (9/8/10) demandait aux lecteurs de se demander « ce qui se passera si nous quittons l’Afghanistan », ce qui implique clairement que les États-Unis devaient rester pour empêcher d’autres brutalités – malgré le fait que la mutilation de la femme a eu lieu après huit ans d’occupation américaine (Extra !, 10/10).

Vox (4/3/21) a affirmé que l’occupation américaine de l’Afghanistan s’est traduite par « de meilleurs droits pour les femmes et les enfants » sans pour autant fournir de preuves.

En réalité, près de 20 ans d’occupation n’ont fait qu’engendrer une situation où zéro pour cent des Afghans se considèrent comme « prospères », tandis que 85 % « souffrent », selon un sondage Gallup. Seule une fille sur trois va à l’école, et encore moins à l’université.

Et tout cela ne tient pas compte du fait que les États-Unis ont soutenu les groupes islamistes radicaux et leur prise de contrôle du pays en premier lieu, un mouvement qui a considérablement réduit les droits des femmes. Avant l’arrivée des talibans, la moitié des étudiants universitaires étaient des femmes, de même que 40% des médecins, 70% des enseignants et 30% des fonctionnaires du pays, ce qui reflète les réformes du gouvernement soutenu par les Soviétiques, que les États-Unis ont détruits en y consacrant des ressources massives.

Aujourd’hui, dans la moitié des provinces du pays, moins de 20 % des enseignants sont des femmes (et dans beaucoup, moins de 10 %). Seulement 37% des adolescentes savent lire (contre 66% des garçons). Pendant ce temps, être une femme gynécologue est désormais considéré comme « l’un des emplois les plus dangereux au monde » (New Statesman, 24/09/14). Voilà pour le nouvel âge d’or.

Le slogan « pensez aux femmes » est loin d’être propre à l’Afghanistan. En fait, les propagandistes impériaux britanniques du XIXe siècle ont utilisé le sort des femmes hindoues en Inde et des femmes musulmanes en Égypte comme prétexte pour envahir et conquérir ces pays. La longévité de cette tactique témoigne sans doute de son efficacité.

Il attaque son propre peuple !

L’une des nombreuses justifications utilisées pour obtenir le consentement du public à la désastreuse guerre en Irak était que Saddam Hussein était un monstre qui représentait un danger pour son propre pays. « Il ne fait aucun doute que le dirigeant de l’Irak est un homme mauvais. Après tout, il a gazé son propre peuple. Et nous savons qu’il travaille sur des armes de destruction massive », déclarait fréquemment le président George W. Bush, les médias reprenant ses propos à la lettre.

Au cours de la période précédant la guerre en Irak, le New York Times s’est soudainement montré extrêmement préoccupé par les crimes de Hussein contre les civils. Le correspondant étranger John F. Burns (26/01/03), par exemple, l’a comparé à Staline et l’a dénoncé pour avoir plongé l’Irak dans un « bain de sang aux proportions médiévales ». La pierre angulaire de l’argument de Burns en faveur d’un changement de régime était, ironiquement, le traitement des prisonniers à la prison d’Abu Ghraib. Comment cela s’est-il passé ?

La preuve offerte par McClatchy (21/02/11) que Kadhafi avait été accusé de « génocide » était une seule interview sur Al Jazeera.

Au moment où l’OTAN décidait d’intervenir en Libye pour renverser Moammar Kadhafi, les principaux médias étaient remplis de dénonciations passionnées de son régime, la plupart affirmant aux lecteurs qu’il avait attaqué « son propre peuple » (par exemple, McClatchy, 21/02/11 ; Washington Post, 11/03/11 ; New York Times, 15/03/11).

Le Washington Post (1/4/11), qui approuve l’intervention, rapporte : « un massacre de civils, assimilable à des crimes contre l’humanité » se serait probablement produit sans l’intervention de l’OTAN. Il comparait le massacre supposé imminent à l’Holocauste, laissant entendre que les actions des États-Unis « faisaient suite à une réflexion de la communauté internationale sur les échecs de la prévention du génocide dans les années 1990 ». Le chroniqueur du New York Times Ross Douthat (21/03/11) a également fait l’éloge de l’attaque comme étant « le bel idéal d’une intervention internationaliste libérale », affirmant que son « objectif humanitaire » était évident pour tous.

L’expression « Il tue son propre peuple » (ou le « gaze ») est devenue courante dans les comptes rendus médiatiques des méfaits de l’ennemi, car elle alimente directement la nouvelle doctrine de la responsabilité de protéger, un cadre juridique qui autorise l’intervention militaire dans d’autres pays sous des auspices humanitaires. Dans la pratique, cependant, elle était généralement invoquée pour renverser des États adverses. Les données de Google Trends montrent que les droits de l’homme en Libye n’ont suscité qu’un intérêt mineur jusqu’au début de 2011, avant de connaître un pic important en mars (date de l’intervention de l’OTAN), puis sont retombés rapidement à des niveaux négligeables et y sont restés depuis. Une majorité d’électeurs Démocrates ont soutenu l’intervention, presque à égalité avec les Républicains.

Le fait que le discours sur les droits de l’homme en Libye se soit réduit à rien suggère que soit la situation s’est radicalement améliorée là-bas, soit qu’il y avait des arrière-pensées pour tout ce discours sur les droits de l’homme en premier lieu. Ce n’est manifestement pas le cas (FAIR.org, 28/11/17). Le fait que les médias se soient désintéressés de la situation des droits de l’homme juste après une intervention militaire réussie suggère fortement que leur nouvelle passion n’était pas authentique, et qu’elle était un outil pour vendre la guerre depuis le début.

Comme pour la Libye, le pic des discussions sur les droits de l’homme en Syrie a coïncidé avec le bombardement américain du pays en avril 2017. Il est resté élevé pendant toute la période initiale de la guerre civile, bien qu’il se soit essoufflé ces dernières années, alors que la victoire du gouvernement de Bachar el-Assad devient de plus en plus certaine. Pour les médias grand public, Assad est un dictateur qui « gaze son propre peuple » (par exemple, Vox, 4/4/17 ; Bloomberg, 4/12/18 ; New York Times, 25/6/18 ; Economist, 18/6/20) et, par conséquent, il faut faire quelque chose, ce qui implique probablement des avions militaires. (Dans un sondage réalisé en 2019, les Démocrates sont beaucoup plus nombreux que les Républicains à s’opposer au retrait des troupes américaines de Syrie : 66 % contre 23 % – Brookings, 9/1/20).

Un argument interventionniste libéral de premier ordre peut être trouvé dans le Huffington Post (26/08/13), où l’avocat Josh Scheinert a fait valoir que « les civils syriens ont payé le prix le plus élevé » pour l’hésitation d’Obama, et a exigé que « cela… doit changer. » Scheinert a écrit qu’il voulait « croire qu’en tant que communauté mondiale, lorsqu’il s’agissait des pires atrocités, et pas seulement des vraiment mauvaises, nous aurions pu tourner la page sur notre sombre histoire d’échecs. » Par échecs, il n’entend pas la participation active ou le leadership des États-Unis dans les coups d’État, les guerres et les génocides en Amérique latine et en Asie du Sud-Est (pour n’en citer que quelques-uns), mais les moments où l’armée américaine n’est pas intervenue.

Natalie Nougayrède du Guardian (1/3/19) a présenté l’arrestation de Bachar el-Assad comme une affaire de procédure juridique plutôt qu’une invasion militaire.

La chroniqueuse du Guardian Natalie Nougayrède (1/03/19) a avancé un argument similaire, affirmant que « Assad peut encore être amené devant la justice – et que le rôle de l’Europe est crucial. Les violations massives des droits de l’homme ne doivent pas rester impunies, a-t-elle soutenu, affirmant que son arrestation aurait un effet dissuasif sur la poursuite du massacre. » Bien sûr, la seule façon réaliste d’arrêter Assad, comme elle l’a sûrement compris, serait d’envoyer une force d’invasion dans le pays pour renverser le gouvernement et l’enlever. Ainsi, elle a réussi à faire passer ce qui était un assaut militaire total à l’échelle de l’Irak pour une réponse juridique restreinte visant à prévenir les violations des droits de l’homme.

Parfois, les atrocités sont tout simplement inventées de toutes pièces, comme les escouades de viols de Kadhafi approvisionnées en Viagra, les soldats de Saddam tuant des bébés dans des incubateurs, ou le canular de la « fille gay à Damas ». Le président Lyndon Johnson a utilisé l’imaginaire « agression ouverte en haute mer » connue sous le nom d’incident du golfe du Tonkin pour convaincre le Congrès d’autoriser la guerre du Vietnam (FAIR.org, 5/8/17).

Si l’on remonte plus loin dans le temps, des incidents tels que l’explosion de l’USS Maine – qui a donné l’impulsion à l’intervention américaine dans la guerre d’indépendance cubaine – et la propagande britannique de la Première Guerre mondiale sur les Allemands qui transperçaient les bébés à la baïonnette, crucifiaient les prisonniers et coupaient la tête des enfants, ont contribué à fouetter un public pacifiste et sceptique pour le plonger dans une ferveur sanguinaire.

Nous devons sauver la démocratie !

Ce slogan a été largement utilisé contre le Venezuela, comme l’illustre le Washington Post. Le comité éditorial du journal a publié éditorial après éditorial exigeant un coup d’État (ou plus) afin de soi-disant sauver la démocratie.

Plutôt que de « rester les bras croisés alors que le Venezuela s’oriente vers une guerre civile », le Washington Post (30/06/17) semble vouloir que les États-Unis interviennent activement pour rendre la guerre civile plus probable.

Le Post (30/06/17) a fortement soutenu une vague de violence de l’opposition en 2017 qui a tué au moins 163 personnes, y compris un incident où un leader de l’opposition a volé un hélicoptère militaire et l’a utilisé pour bombarder la Cour suprême et le ministère de l’Intérieur. Le Post a fortement (et faussement) laissé entendre qu’il s’agissait d’un coup monté de l’intérieur par le « régime » Maduro, qui avait recours à une répression de plus en plus « exagérée et brutale » de manifestations qui ont le « soutien de la grande majorité des Vénézuéliens. »

En fait, cette « vaste majorité » s’est avérée représenter moins de 3 % du pays, comme l’a montré un sondage réalisé cette semaine-là par un cabinet lié à l’opposition. Quatre-vingt-cinq pour cent des personnes interrogées étaient opposées aux tactiques du mouvement, et 56 % à toute forme d’action de l’opposition, même si elle était entièrement pacifique. Ce sondage s’inscrit dans une longue tendance des médias à invisibiliser la majorité des Vénézuéliens, seuls ceux qui approuvent les ambitions de Washington étant dignes d’être qualifiés de « peuple vénézuélien » (FAIR.org, 31/01/19).

Le même éditorial a fait un certain nombre de prédictions incendiaires selon lesquelles si les États-Unis n’agissaient pas, Maduro « éliminerait l’Assemblée nationale contrôlée par l’opposition et transformerait le Venezuela en un régime calqué sur celui de Cuba ». Rien de tout cela ne s’est avéré vrai. Le Post semblait déconcerté par le manque d’appétit des voisins du Venezuela pour un coup d’État américain, expliquant cela en disant aux lecteurs qu’ils avaient été « soudoyés par Caracas avec du pétrole à prix réduit ».

Un mois plus tard, le comité de rédaction du Post (27/07/17) nous informait encore que la violente tentative de coup d’État soutenue par les États-Unis était en fait une manifestation pacifique soutenue par la « grande majorité de son propre peuple, et que le régime sans foi ni loi du Venezuela » était celui-là même qui menait un coup d’État contre la démocratie. Le message était qu’il fallait agir maintenant, car Maduro était sur le point « d’abolir l’Assemblée nationale et d’annuler les futures élections, » ce qui une fois encore, ne s’est pas produit.

« La réponse des États-Unis et des autres démocraties [au Venezuela] a toujours été inadéquate », déplore le conseil. Étant donné que les États-Unis font tout ce qu’ils peuvent pour éviter une intervention militaire active dans le pays, les implications de ce qui devrait être fait sont claires.

Au cas où cela ne serait pas assez évident, cependant, le Post (15/11/17) a également publié une chronique intitulée « Les chances d’un coup militaire au Venezuela augmentent. Mais les coups d’État peuvent parfois mener à la démocratie. » L’article affirmait que Maduro avait « réprimé les dissidents par la force et fait peu de cas des institutions démocratiques du pays ». L’armée, note l’article, « joue un rôle clé pour déterminer si un pays va évoluer vers une véritable démocratie ».

« Ortega a dirigé le Nicaragua pendant 11 ans après la révolution de 1979, jusqu’à son éviction lors de la première élection véritablement démocratique du pays », a écrit le Washington Post (12/08/16) – ignorant les élections de 1984, car pour le Post, les élections ne sont démocratiques que si le candidat favorisé par les États-Unis gagne.

Le Washington Post (12/08/16) a également prétendu qu’une action contre le Nicaragua était nécessaire pour sauver la démocratie. Le président de gauche Daniel Ortega, a déclaré le conseil aux lecteurs, a fait preuve d’un « mépris étonnant des normes démocratiques, notamment en supervisant une abrogation bidon de la limite des mandats constitutionnels, la fraude électorale, l’intimidation de l’opposition et le contrôle des principaux médias. » Comment les États-Unis, qui, selon le Post, « ont dépensé tant d’argent et de capital politique pour promouvoir la démocratie au Nicaragua dans les années 1980, peuvent-ils rester assis et n’offrir qu’une légère opposition verbale ? »

Le niveau de mépris affiché ici pour la vérité historique de base est stupéfiant. En réalité, le gouvernement américain des années 1980 a formé, armé et financé des escadrons de la mort d’extrême droite qui ont fait des ravages au Nicaragua et dans le reste de la région, tuant des centaines de milliers de personnes dans des génocides dont la région ne se remettra jamais. Outre le fait que ses responsables ont été reconnus coupables par les tribunaux américains, l’administration Reagan a été jugée et condamnée par la Cour internationale de justice pour 15 chefs d’accusation liés à l’usage illégal de la force. Ce sont ces actions, vraisemblablement, que le Post a décrites aux lecteurs comme étant la « promotion de la démocratie », utilisant ainsi un passé mythique pour convaincre des audiences de gauche que la « promotion de la démocratie » est nécessaire aujourd’hui.

Les États-Unis soutiennent depuis des années un mouvement de protestation national visant à renverser Ortega. Cependant, ce mouvement n’est pas allé très loin, principalement en raison du large soutien de l’opinion publique et de l’impopularité de l’opposition.

Les médias ont critiqué les États-Unis, mais en général uniquement parce qu’ils ne faisaient pas assez pour assurer un changement de gouvernement. « Ce que l’Amérique doit faire pour aider le Nicaragua à restaurer la démocratie », titrait le Hill (30/01/20). L’article conseillait aux États-Unis de « diversifier leur stratégie et d’accroître les sanctions à l’encontre des initiés du régime complices des violations des droits de l’homme. Deux ans après le début du soulèvement de masse au Nicaragua, pourquoi Daniel Ortega est-il toujours au pouvoir ? », grommelait un titre du Washington Post (5/01/20), déçu que la démocratie™ n’ait pas encore été restaurée.

Malheureusement, même une grande partie des médias de gauche américains se sont alignés sur la presse pour condamner les administrations progressistes d’Amérique latine, favorisant ainsi les tentatives de changement de régime soutenues par les États-Unis (FAIR.org, 12/10/19, 22/01/20).

Qui est habilité à parler des droits de l’homme ?

La recherche de sources est un élément clé du journalisme ; le choix des sources détermine le ton et l’argumentation de tout ce que produit un organisme d’information (Extra !, 2/01/06). Cependant, il existe une myriade de personnes ou d’organisations susceptibles de convenir, et les journalistes eux-mêmes sont largement maîtres de leur choix. Les médias peuvent donc décider efficacement quels arguments sont entendus et lesquels ne le sont pas, simplement en s’adressant aux personnes qui reflètent les opinions qu’ils souhaitent promouvoir.

Au début de l’invasion de l’Irak, les médias étaient saturés de voix pro-guerre, tandis que la dissidence était largement étouffée. Une étude de FAIR (1/05/03) sur les informations télévisées au début de l’année 2003 a révélé que 64% de toutes les sources étaient favorables à une attaque, tandis que seulement une sur dix exprimait une opposition à cette idée. En conséquence, les téléspectateurs ont été bombardés par des voix plaidant pour une intervention.

Si l’on se tourne vers la période récente, une recherche sur les groupes de réflexion pro-paix tels que l’Institute for Policy Studies et le Center for Economic and Policy Research donne 86 et 53 résultats, respectivement, dans le New York Times au cours des cinq dernières années, en remontant jusqu’au début de 2016. Les organisations faucons sont référencées beaucoup plus fréquemment ; le Center for American Progress, dont la directrice exécutive Neera Tanden a appelé les « pays riches en pétrole » à payer les États-Unis pour le privilège d’être bombardés (FAIR.org, 3/03/21), figure dans 432 articles du Times depuis 2016, tandis que le groupe de réflexion conservateur Heritage Foundation apparaît dans 529 articles sur la même période, ce qui suggère que ce que nous avons vu pendant l’invasion de l’Irak est la règle plutôt que l’exception.

Si des chroniqueurs américains bien payés commencent à se préoccuper des droits de l’homme dans votre pays, c’est signe que vous êtes sur le point d’être bombardé. Il est également remarquable de constater la rapidité avec laquelle ces mêmes experts perdent leur vif intérêt pour les droits de l’homme dans un pays après une intervention américaine. Par conséquent, la prochaine fois que vous entendrez parler sans cesse de la liberté, des droits de l’homme et de la démocratie dans un autre pays, méfiez-vous des arrière-pensées ; ces animaux médiatiques au sang froid pourraient bien verser des larmes de crocodile au service de l’empire.

Alan MacLeod @AlanRMacLeod est membre du groupe média de l’université de Glasgow. Son dernier livre, Propaganda in the Information Age : Still Manufacturing Consent, a été publié par Routledge en mai 2019.

Source : Fair, Alan MacLeod, 09-04-2021

Traduit les lecteurs Les-Crises

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

calal // 29.05.2021 à 08h30

c’est pour des bons articles comme cela que l’on aime venir sur « les crises ». Merci a OB et l’equipe du site.

15 réactions et commentaires

  • calal // 29.05.2021 à 08h30

    c’est pour des bons articles comme cela que l’on aime venir sur « les crises ». Merci a OB et l’equipe du site.

      +34

    Alerter
  • LibEgaFra // 29.05.2021 à 08h38

    Comment les yankees vendent leurs guerres:

    Raison 3: pour l’opinion publique: c’est pour les droits de l’homme, pour la liberté et la démocratie.

    Raison 2; pour les milieux d’affaires: c’est pour le pétrole.

    Raison1: la vraie raison qu’il faut dissimuler au public: au service d’Israël, liquider tous les États laïques qui s’opposent au Grand Israël.

    = Résumé d’un commentaire lu sur un autre site.

      +19

    Alerter
  • LibEgaFra // 29.05.2021 à 09h09

     » Assad peut encore être amené devant la justice – et que le rôle de l’Europe est crucial. « Assad peut encore être amené devant la justice – et que le rôle de l’Europe est crucial.  »

    L’ue comme petit télégraphiste des yankees.

      +17

    Alerter
  • petitjean // 29.05.2021 à 10h06

    l’UE se vautre dans sa vassalité
    les atlantistes ont le pouvoir
    Depuis sa naissance les USA sont en guerre
    Sans les médias rien ne serait possible pour notre oligarchie mondialiste
    les médias permettent que le mal existe et dure……………..

      +10

    Alerter
  • RGT // 29.05.2021 à 10h52

    Donnez-moi UN SEUL CAS de guerre qui n’ait pas été initialement guidé par l’appât du gain et le profit des « élites »…

    Et n’oublions jamais que souvent les « invasions » du « camp du bien » par ses « ennemis » étaient souvent causées par une simple raison défensive, comme ce fut (déjà) le cas des guerres entre grecs et perses.

    On « oublie » souvent de mentionner que les grecs se comportaient comme des loubards en allant piller les perses (chez lesquels l’esclavagisme était d’ailleurs strictement interdit, comme chez les égyptiens de l’époque malgré les écrits délirants de la « sainte bible »), et que la réaction des perses a été simplement de faire cesser ces rapines incessantes.

    Tout comme les russes ont étendu leur territoire en allant envahir (puis intégrer) leurs voisins qui venaient faire des razzias sur leur territoire.
    Voisins de l’est bien sûr, ce qui leur a permis d’étendre leur territoire jusqu’à l’océan Pacifique, mais aussi de l’ouest (teutons, polonais, lituaniens, suédois – tous catholiques, tiens tiens) ce qui a bien sûr causé une grande animosité des occidentaux à l’égard de ces peuples (perses et russes) qui se rebiffaient quand on tentait de les soumettre.

    Le point commun entre les grecs, les romains et les USA ?

    La « liberté de commerce » qui permet d’aller piller et de coloniser les voisins afin d’en retirer un maximum de profit.

    Les grecs prétendaient déjà qu’ils luttaient pour la « démocrassie » en mettant leurs voisins en esclavage et en pillant toutes leurs ressources.

      +11

    Alerter
    • moshedayan // 29.05.2021 à 11h42

      Le plan américain est clair – avancer vers l’Est européen « au nom des Droits de l’Homme » jusqu’à détruire la Russie -espace qui ne partage pas la vision culturelle… et prendre ses ressources -le vrai but…
      afin d’écraser la Chine….
      Les médias agissent dans ce plan comme des justificateurs et instigateurs ….votre Président Macron a déclaré à un de vos journalistes cette question sur la Biélorussie…. « jusqu’où voulez-vous aller… au conflit armé »…
      Le cours des événements…. la visite de Biden en Europe pour s’assurer du bloc de l’OTAN est une étape… l’entretien avec Poutine est voué à l’échec….
      Vos médias sont des imbéciles par rapport à l’Histoire de la 1re Guerre mondiale….
      Le cours de la stratégie américaine rend la 3e Guerre mondiale inévitable -la Russie n’a aucun rôle majeur dans ce cours funeste ce sont les Etats-Unis et la Chine qui sont concernés…

        +11

      Alerter
      • petitjean // 29.05.2021 à 17h41

        je ne sais pas si les USA veulent la guerre avec la Russie
        par contre je sais une chose : ils feront tout pour empêcher un rapprochement entre l’UE et la Russie. C’est une question qui obsède les américains

        Un bloc UE Russie serait un redoutable concurrent des Etats Unis, une formidable puissance économique et militaire rivale des USA

        Toute la politique américaine n’a, en Europe, que cet objectif, empêcher ce rapprochement

        La question à se poser : pourquoi l’Europe accepte cette situation, cette vassalité, contraire à ses intérêts propres ?

        nota : il m’arrive de souhaiter que les USA se prennent une formidable raclée pour enfin foutre la paix au monde entier

          +11

        Alerter
        • moshedayan // 29.05.2021 à 18h56

          La majorité des Russes sont Européens mais aujourd’hui Vos médias et votre Président la qualifiera de « composée de vieux ringards racistes, xénophobes peut-être mais surtout homophobes religieux » le journaliste suisse Guy Mettan a adopté un enfant russe et puis a vécu souvent en Russie. Il a compris que la division de l’Europe repose aussi sur des valeurs… Etre gay , féministe à outrance tout en soutenant parfois les fascistes modernes d’Europe de l’Est… sont les valeurs de l’UE…
          Que voulez-vous ? De ce que je vois entre 35 et 80 ans, les Russes n’ont plus aucune confiance, aucune… ils ne croient pas du tout à une Alliance UE-Russie d’ailleurs impossible parce que ce serait la Russie qui serait leader. Ils sont méfiants parce qu’ils n’ont pas oublié la « Guerre des frontières avec la Chine ». Ils veulent rester neutres, hors du conflit USA-Chine inévitable… Le sort de l’UE ? ils préviennent « si vous participez au plan américain d’écrasement de la Russie pour ensuite écraser la Chine… cette fois … on ne s’arrêtera pas à Berlin, si on s’en sort… malgré les radiations…sous-entendu on ira jusqu’à Londres – pas Paris seulement !  » la confiance n’existe plus et même s’il advenait que l’UE change vraiment… Les Russes n’oublieront pas les années Eltsine et les 16 000 morts au Donbass, la Yougoslavie, le Kosovo… En 25 ans, les Occidentaux ont chargé trop bien trop la barque…

            +11

          Alerter
          • petitjean // 30.05.2021 à 19h10

            je ne peux qu’approuver votre commentaire
            le rapprochement UE Russie sera possible et évidemment souhaitable, mais pas avant que les USA ne soient abattus.
            Je parle de la politique extérieure américaine et de ceux qui la conduisent, pas du peuple américain qui ignore tout du monde et subit une intense propagande depuis sa naissance

              +4

            Alerter
  • degorde // 29.05.2021 à 17h35

    L’argument américain et de ses valets européens sur la défense de la démocratie et des droits de l’Homme n’est pas recevable. Il suffit de voir quels monstres ils ont soutenus à bout de bras durant des années et ils continuent. Lire l’excellent ouvrage « God thank, they’re on our side – United States and right wing dictatorships 1921-1965 » par David Schmitz. Jubilatoire..
    Pour prendre un seul exemple : Assad; que celui ci renonce à son alliance avec la Russie – ferme leur base navale – et laisse entrer les intérêts US et accessoirement Qataris dans son pays et du jour au lendemain il deviendra très fréquentable et bien vite un type formidable. Les chefs talibans en Afghanistan ont fait le chemin inverse. Amis des Etats Unis et que Reagan comparait aux pères fondateurs des USA ils sont devenus affreux et on s’est aperçu que les femmes étaient voilées le jour où ils se sont tournés vers la Chine pour leur pipeline et ont claqué la porte au nez à l’entreprise Américaine Unical. Vieille histoire….

      +8

    Alerter
  • Hamourabi // 30.05.2021 à 04h45

    Bonjour,
    £e subterƒuge « idéaliste » de la « protection magnanime des opprimés » est absolument increvable…. Ainsi, le Censeur Marcvs Portivs Cato (un vieil Harpagon recuit, tyrannique sans pitié envers les paysans de sa Villa) rabâchait, déjà, continuellement, dans ses discours devant le Senatvs Romanorvm :
    « Delenda est Carthago »
    sous prétexte qu’il convenait de ƒaire cesser « les sacrifices d’enƒants » dans le Temple de Baal : £a plus ƒabuleuse « ƒake news » de toute l’Antiquité £atine. Bien loin devant le prétendu vinaigre avec lequel Hannibal aurait ingénieusement creusé une route pour ses éléphants à travers les Alpes.

    Breƒ, dans son ubris, Cato Maior a même détruit toutes les bases d’alliance que Pvblivs Cornelivs Scipio « Aƒricanvs » avait élaborées avec Carthage ; et grâce à lui, Rome allait plus tard être submergée par les invasions barbares. £’Empire State serait peut-être bien avisé de ne pas trop oublier certaines leçons de l’Histoire… Comme le rappelait d’ailleurs le proverbe romain : « Qvos perdere vvlt Ivpiter dementat » (ceux que Jupiter veut perdre, il leur ôte le jugement).

    Quand au new york Times, Ange Gardien de la Vertu éternelle, on se rappelle comme il nous traitait de « chicken » (poules mouillées) après le discours de Dominique de Villepin à l’O.N.U. — contre l’invasion de l’Irak. Allant même jusqu’à orchestrer une campagne pour débaptiser les « ƒrench ƒries »…………… By Jove ! ! !

      +4

    Alerter
  • Grd-mère Michelle // 30.05.2021 à 09h50

    Rien appris, de cet article, que je ne savais déjà.
    Les guerres ont toujours été perpétrées par des dirigeants qui arrivaient à convaincre certains des membres de « leurs » peuples à les suivre dans leurs délires expansionnistes.
    Sans eux, impossible de faire la guerre.
    (Rappelons-nous, en cette année commémorative, oh combien les soldats de Napoléon l’aimaient, comme des braves chiens aiment leur maître).
    Hélas, aujourd’hui, l’armement est devenu tellement perfectionné, automatisé, robotisé, qu’il n’est plus guère besoin d’hommes pour faire la guerre, mais surtout d’arguments(presque toujours basés sur des mensonges) pour faire voter les budgets nécessaires. Et, quelles que soient les oppositions manifestées, en rue ou en ligne, du fait des dégâts causés au genre humain et à son biotope par ces conflits incessants, les dirigeants, en semant la confusion, arrivent à leurs funestes fins.
    De plus, les guerres ont aussi pour but de « remettre les pendules à l’heure » (un peu comme les pandémies…).
    Dans les années 1960, on entendait encore souvent l’expression « Il vous faudrait une bonne guerre » adressée à la jeunesse contestataire.

    Mais si l’on ose parler de pacifisme (ici-même, par exemple, entre autre), on se fait traiter de traître, de vendu-e, de lâche, si pas d’imbécile(de débile)…

      +5

    Alerter
  • Toots // 01.06.2021 à 14h02

    Bonjour,
    Voici une citation tirée du bouquin de Simon Leys sur Orwell :

    « Je me rappelle avoir une fois dit à Arthur Koestler : « L’Histoire s’est arrêtée en 1936″, […] Nous pensions tous deux au totalitarisme en général, mais plus particulièrement à la guerre civile espagnole. J’avais déjà remarqué bien auparavant que la presse n’est jamais capable de rapporter correctement un événement, mais en Espagne pour la première fois, je vis des articles de journaux qui n’avaient absolument aucun rapport avec la réalité des faits, pas même ce type de relation que conserve encore un mensonge ordinaire. Je vis des descriptions de grandes batailles situées là où nul combat n’avait pris place, tandis que des engagements qui avaient coûté la vie à des centaines d’hommes étaient entièrement passés sous silence. Je vis des troupes qui avaient combattu courageusement accusées de trahison et de lâcheté, et d’autres qui n’avaient jamais vu le feu acclamées pour leurs victoires imaginaires ; et je vis des journaux de Londres colporter ces mensonges, et des intellectuels zélés édifier toute une superstructure d’émotions sur des événements qui ne s’étaient jamais produits. Je vis en fait l’Histoire qui s’écrivait non pas suivant ce qui s’était passé, mais suivant ce qui aurait dû se passer, selon les diverses lignes officielles  » p. 51, note 2.

      +2

    Alerter
    • Toots // 01.06.2021 à 14h06

      Et pour ceux que ça intéresse une expérience personnelle datant d’hier :
      J’ai essayé de poster un com critique sur un article de l’obs concernant Gertrude Bell où le journaliste interroge une Mme Chalabi, et qui il me semble présente un fort biais pro colonisation britannique sous couvert de célébration d’une « figure féministe ».
      Le commentaire n’a pas passé l’état de la validation par modérateur, et la dame peut continuer à dire ses bêtises comme elle l’entend sans se soucier de vérité historique…
      Je vous le mets après (parce que le robot les crises me dit que je suis trop long ce goujat)

        +1

      Alerter
      • Toots // 01.06.2021 à 15h16

        « Bonjour,
        L’article me chiffonne, j’ai l’impression qu’on fait une propagande pro-colonisation sous couvert de féminisme. Il ne faut pas oublier que l’occupation britannique de l’Irak a eu pour unique but d’accaparer les richesses de ce pays, et pas d’apporter la « civilisation » (qu’on puisse apporter la civilisation aux perses qui construisaient des merveilles du monde pendant qu’en Europe on étaient encore à poil dans la boue, c’est cocasse).
        j’ai donc pris mon exemplaire de « La vie de l’ayatollah Mahdî al-Khâlisî par son fils » (ouvrage de référence sur le pays et la période comme chacun sait). On y croise Gertrude 3 fois, dont deux fois dans des notes. Je vous en transcris une, vous allez voir c’est drôle :  » ‘Abd al-Husayn Chalabî avait été le directeur du tramway reliant Bagdad et Kâzimiyya. Il eut, dans les années 20, un portefeuille dans presque chaque gouvernement. Selon les mots de Gertrude Bell, l’assistante du résident permanent britannique à Bagdad, il était à la fois « fiable et conciliant »  »

        Alors elle est gentille la petite fille de son grand-père, mais le procédé me fait un peu l’effet d’un journaliste étranger qui interrogerait la petite fille d’un collabo pour parler de la France sous Vichy :/ »

          +1

        Alerter
  • Afficher tous les commentaires

Les commentaires sont fermés.

Et recevez nos publications