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28.mai.202128.5.2021
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L’activiste biélorusse Roman Protassevitch aurait bien accompagné la milice néonazie Azov en Ukraine en 2014

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Arrêté dans des conditions largement condamnables, l’opposant biélorusse Roman Protassevitch aurait accompagné la milice néonazie Azov en Ukraine en 2014. Plusieurs éléments viennent corroborer ces accusations, et l’ancien commandant du bataillon Azov André Biletsky a même récemment confirmé les faits.

Vous avez probablement suivi la grave affaire « Roman Protassevitch » : la Biélorussie a contraint un avion commercial à atterrir pour des raisons fumeuses alors que celui-ci survolait son territoire. Une fois l’avion au sol, le KGB biélorusse a procédé à l’arrestation d’un opposant qui se trouvait à bord. Après son arrestation, cet opposant est apparu le visage tuméfié et a dû être hospitalisé.

Cette arrestation est totalement condamnable, sans la moindre hésitation, ainsi que tout mauvais traitement, et Roman Protassevitch doit être libéré sans délai.

Mais le cas de ce journaliste est plus « complexe » que ce qui a été raconté…

I. Les portraits des grands médias

Les portraits de cet opposant ont tous été élogieux, sans le moindre bémol. On nous présente un simple jeune homme, opposant politique démocrate ayant participé au déclenchement des manifestations contre le Président autocrate du pays :

France Info : Qui est Roman Protassevitch, l’opposant arrêté par le régime biélorusse après le déroutage d’un avion ?

Le Monde : Portrait de Roman Protassevitch, l’opposant biélorusse arrêté : « Mon nom est sur la même liste que les gars de Daech »

Le Figaro s’étant surpassé (l’expression « journaliste militant » semblant réservée à une seule catégorie de militants…) : Qui est Roman Protassevitch, le journaliste influenceur biélorusse arrêté par Minsk ?

« Son visage, si jeune, fait aujourd’hui le tour du monde. À tout juste 26 ans, Roman Protassevitch sait déjà qu’il restera dans les annales de la liberté de la presse bafouée.[…] Quel est donc ce jeune prodige ? […] Cette première arrestation aurait-elle déclenché une vocation ? Toujours est-il que Roman Protassevitch entame dans la foulée une carrière de journaliste. »

Le gouvernement français a alors pris cette décision :

Cependant, il semble qu’un certain nombre d’éléments concernant Roman Protassevitch viennent entacher cette image de « chevalier blanc »…

II. Roman Protassevitch chez Azov ?

Différentes informations sont (ré)apparues dans les médias biélorusses et russes après l’arrestation de Roman Protassevitch. Elles indiquaient qu’il aurait accompagné le tristement célèbre Bataillon Azov en Ukraine en 2014/2015.

Sans la moindre reprise dans les médias occidentaux, nous avons d’abord pensé à une fake news. Cependant, entre temps, différents éléments sont venus corroborer ces affirmations.

2-1 Le bataillon ukrainien Azov

Avant de développer les informations disponibles, rappelons brièvement ce qu’est le bataillon Azov.

Dès juin 2014, dans cet article lié à notre couverture du conflit ukrainien, nous vous avons présenté le tristement célèbre Bataillon Azov, composé de néonazis combattant alors les Ukrainiens de l’Est à Mariupol :

Le bataillon Azov a pour symbole le Soleil Noir nazi (notez qu’il est en fait composé de 3 croix gammées alternées) et l’emblème inversé de la Division SS Das Reich :

Symboles du Bataillon Azov

Ce bataillon de volontaires paramilitaires a par la suite été intégré par le gouvernement… à la garde nationale de l’Ukraine.

Documentaire de Time sur Azov (à voir ici)

Cérémonie avant le départ du bataillon Azov sur le champ de bataille, 19 octobre 2014, Kiev, Ukraine

Avec un grand retard, certains médias firent finalement, à bas bruit, écho de ce scandale :

On se rappelle d’ailleurs que le grand journaliste Paul Moreira avait réalisé un remarquable documentaire, Les Masques de la Révolution, qui montrait le rôle de ces miliciens. Il avait été, comme il se doit quand on n’est pas d’accord avec la vision univoque de ce journal, « salué » par Le Monde :

Ce à quoi Moreira avait rétorqué ceci [source] :

Le commandant du bataillon Azov, André Biletsky, leader des organisations d’extrême-droite « Assemblée sociale-nationale » et « Patriotes d’Ukraine », avait d’ailleurs déclaré que :

« La mission historique de notre nation dans ce moment critique est d’amener les races blanches du monde dans une croisade finale pour leur survie […] Une croisade contre les sous-hommes menés par les sémites » (Source : Wikipédia)

Il quitta par la suite le commandement du bataillon Azov pour devenir… député ukrainien.

2-2 Ce qu’on sait du parcours de Roman Protassevitch

Nous allons dans un premier temps nous intéresser aux seules déclarations de Roman Protassevitch – qu’on prendra évidemment, comme pour les autres, avec recul.

Dans cette interview de 2020 avec Yuri Dud, Roman Protassevitch, qui, Biélorusse, vivait en Biélorussie, confirmait qu’il s’était rendu au cœur de L’Euro-Maïdan en Ukraine dès le début des manifestations (qui avaient commencé le 21 novembre 2013) et qu’il avait été blessé à la tête par la police, ce qui l’avait obligé à rentrer à Minsk :

Yuri Dud : Tu étais sur le Maïdan?

Roman Protassevitch : Oui. Et pas seulement sur le Maïdan.

Yuri Dud : Que faisais-tu là-bas?

Roman Protassevitch : Je suis venu voir comment les choses se passaient vraiment. […] Un Berkut [NdT : CRS ukrainien] m’a matraqué à la tête, j’ai dû retourner à Minsk. […] On m’a mis dans l’ambulance […] Je n’étais pas dans les combats.

Et ce qu’il a vu, c’est ceci : ce cliché (publié par Protassevitch sur sa page Facebook) où on le voit souriant montrant un V de la victoire à côté de la tête de la statue de Lénine à Kiev détruite le 8 décembre 2013 pendant les manifestations du Maïdan (comme on le voit ici) :

Légende sur la page Facebook : « Trouvé cette vieille photo. Maïdan, hiver, tête de Lénine. » [sources ici et ].

Protassevitch était donc au centre d’un important évènement du Maïdan, deux semaines à peine après son début, et ce alors que ce n’était pas son pays.

Mais dans son interview avec Yuri Dud, Roman déclare surtout spontanément qu’il avait passé un an dans les zones de combats contre les séparatistes « en tant que journaliste freelance », où il a été blessé [source] :

Roman Protassevitch : Mais il y a plus. J’ai passé une année à filmer dans la zone de l’ATO [NdT : de combats contre les séparatistes].

Yuri Dud : En tant que journaliste ?

Roman Protassevitch : oui, en tant que journaliste freelance.

Yuri Dud : Tu n’as pas participé aux combats ?

Roman Protassevitch : Non. Enfin, j’ai eu des blessures et compagnie, mais…

Yuri Dud : Mais c’était un travail de journaliste ?

Roman Protassevitch : Toutes ces années je n’ai fait que du travail de journaliste.

Notons pour la suite que Roman a passé une année dans la zone de l’ATO.

2-3 Le travail de Roman : simple journaliste, soutien du bataillon Azov ou soldat ?

Plusieurs éléments viennent en réalité corroborer l’affirmation selon laquelle Roman Protassevitch aurait accompagné le bataillon Azov en 2014.

Dans cette vidéo le père de Roman indique [source 1 ; source 2 ; archive] : « Ils ont commencé à ouvrir des affaires criminelles contre mon fils en 2014, alors qu’il était dans le Donbass et qu’il combattait aux côtés de l’armée ukrainienne. »

La chaine ukrainienne ZN.UA a par ailleurs récemment indiqué [source] : « le Biélorusse a travaillé à un moment dans le service de presse d’Azov« .

Par ailleurs, le site américain spécialisé FOIAResearch écrivait en août 2020 : « Protasevich a un passé néonazi et anticommuniste. Il est un sympathisant du détachement Pahonia, une milice biélorusse qui a combattu aux côtés du bataillon néonazi Azov dans la guerre civile ukrainienne post-Maidan. »

Le groupe Pahonia se décrit sur Twitter comme une « organisation non gouvernementale qui aide les volontaires biélorusses en Ukraine ».

Voici une image de 2015 de membres armés du détachement Pahonia :

Le sous-titre de l’image indique : « Photo rétro, 2015 » [source]

Voici la bannière Facebook du détachement Pahonia [source] :

Ce symbole du chevalier a pour nom Pahonie. Il fait référence au blason du Grand-duché de Lituanie notamment à l’époque où il incluait la Biélorussie, et au blason de la Biélorussie en 1918.

Voici d’ailleurs une photo du journaliste Roman Protassevitch « chevalier biélorusse », publiée sur sa propre page Facebook, portant un t-shirt avec un blason qui est aussi celui du groupe Pahonia [source]. Il a par ailleurs liké la page Facebook de ce même groupe [source ; image] :

Plusieurs éléments sont apparus ces derniers jours. D’abord, le site d’information ukrainien Strana a sorti un long article sur Roman Protassevitch, qui apporte certaines informations intéressantes, car ce site a interviewé des membres d’Azov :

« Les membres d’Azov, avec lesquels Strana s’est entretenu, disent que Protassevitch n’a pas participé aux combats, mais il a souvent visité les positions du régiment. « Il n’a pas servi dans le régiment et ne figurait pas sur les listes du régiment. Roman a visité à plusieurs reprises les positions d’Azov près de Marioupol en 2014. Il a ensuite travaillé comme journaliste pour des publications de l’opposition biélorusse. Il est probable qu’il aurait pu faire partie d’un groupe de volontaires étrangers. Pendant ces années, il y avait dans le régiment, de façon informelle, un groupe de volontaires étrangers, qui était présenté comme la preuve d’un « soutien international à Azov ». Certains des étrangers se sont battus, mais la plupart d’entre eux n’étaient pas autorisés à aller au front. […] Mais Roma [forme familière de Roman, NdT] Protassevitch n’a pas pris part aux hostilités. » »

Enfin, Strana indique que le canal Telegram anonyme « Prunes jaunes » (apparemment très proche des autorités biélorusses) a publié une image présentée comme étant issue du téléphone de Roman Protasevich, qui montre un milicien en uniforme de combattant :

Bien entendu, vu l’origine de la source, nous resterons très prudents avec elle. Cependant l’application Azure de comparaison d’images nous indique une très forte proximité avec le visage de Roman, avec 82 % de taux de confiance ce qui est élevé :

Nous ne pouvons donc pas conclure définitivement à ce stade. Mais nous y reviendrons plus loin.

N.B : certaines photos de recrues d’Azov ressemblant plus ou moins à Roman Protassevitch circulent beaucoup en ce moment sur les réseaux sociaux. La plupart d’entre elles étant peu convaincantes, ou impossibles à vérifier, nous faisons le choix de ne pas les relayer ici. Nous publierons prochainement une mise à jour si de nouvelles photos voient le jour et qu’elles se révèlent authentiques.

Enfin, le journaliste de guerre britannique Jake Hanrahan a récemment appuyé plusieurs de ces pistes :

« [Roman Protassevitch] a combattu avec une unité biélorusse qui a combattu aux côtés d’Azov. Il a même reçu une balle dans la poitrine sur le champ de bataille. […] Il l’a raconté à un de mes amis en personne. Mon ami a même des images de lui soulevant sa chemise pour montrer la cicatrice. […] Il a rejoint une unité de volontaires qui a choisi de se battre aux côtés d’Azov. Ils n’y ont pas été nommés. Il partageait également nombre de leurs opinions, comme en témoigne l’iconographie d’extrême droite figurant sur les t-shirts qu’il a été photographié en train de porter. […] J’y suis allé plusieurs fois, il y a une grande différence entre rencontrer Azov sur le front et choisir de se battre à leurs côtés tout en promouvant leur idéologie démente. […] Pour mémoire, je ne suis en aucun cas en faveur du régime totalitaire biélorusse. Je suis pour la vérité. » [sources : ici, ici, ici, ici et – image ici]

Notons bien pour la suite que ce journaliste indique que la blessure reçue de Protassevitch aurait été située à la poitrine.

Il est possible que, pour les tee-shirts, Jake Hanrahan fasse référence aux images suivantes. En effet, il existe une application, Findclone, qui permet de retrouver une personne dans les pages du Facebook russe, en archivant certaines. C’est ainsi qu’en lui soumettant une photo de Roman Protassevitch, elle renvoie sur tous les comptes qui hébergent des photos ressemblant à cette personne :

Cela renvoie (avec une efficacité vraiment effrayante!) à des comptes de Roman ou de ses proches, ainsi qu’à ces images du compte, qui a été hélas supprimé, d’un certain Alexeï Potapenko, un milicien nationaliste habitant Marioupol, qui hébergeait ces images d’un groupe de jeunes (1, 2, 3, 4) – et surtout celle-ci, avec Alexeï à droite, et à gauche un clone de Roman :

Nous avons ici une correspondance avec 90 % de confiance, ce qui est très élevé :

Notons que l’identification ne fait en tout cas guère de doutes pour Volodymyr Ishchenko, chercheur à l’Institut d’Études slaves de Dresde, spécialiste du nationalisme en Ukraine.

L’intérêt de cette photo, qui semble anodine, est en fait dans le tee-shirt du présumé Roman. Il ne saute pas aux yeux, mais pourtant il est simple d’en trouver l’original :

C’est un tee-shirt de la marque néonazie SvaStone :

Elle fournit entre autres des tee-shirts à Azov (source) avec qui elle noue même des partenariats marketing (source).

On comprend dès lors mieux la remarque de Jake Hanrahan sur les tee-shirts de Roman.

Notons aussi pour la suite qu’il est possible que Roman ait alors été en service à Marioupol, dont sont originaires différentes personnes présentes sur les photos.

III. L’ancien commandant d’Azov confirme : « Roman était avec nous ».

Ces derniers jours, l’ancien commandant du bataillon Azov André Biletsky a confirmé sur son fil Telegram que Roman Protassevitch avait bien accompagné le bataillon Azov (source ici et ) :

« Laisse-moi mettre les points sur les i tout de suite. Oui, c’est vrai que Roman, avec Azov et d’autres unités militaires, a lutté contre l’occupation de l’Ukraine. Il était avec nous à Chirokino, où il a été blessé. Mais son arme de journaliste n’était pas une mitraillette, mais ses mots. […] À l’avenir, le Belarus est susceptible de devenir un partenaire stratégique pour l’Ukraine et un allié solide dans la confrontation avec la Russie. Je crois que les Biélorusses, comme nous l’étions sur le Maïdan, seront capables de chasser Loukachenko et de faire du Belarus un État indépendant et libre. »

Notez bien, pour la suite, que ce soldat indique que Protassevitch a été blessé à Chirokino.

Dès lors, on comprend cette dérangeante question du chercheur canadien Ivan Katchanovski, une nouvelle fois lanceur d’alerte [source] :

« Les recherches sur Google ne montrent aucune référence dans les médias occidentaux au service passé dans le bataillon Azov dirigé par les néonazis en Ukraine du blogueur d’opposition biélorusse, qui a été arrêté par le KGB biélorusse après avoir fait atterrir l’avion de ligne irlandais Ryanair qui survolait la Biélorussie. »

Vous observerez ici un échantillon des insultes et diffamations qu’il a reçues suie à ceci…

De même, le site d’information français France Info indique suite à son enquête : « À ce stade, nous n’avons pas retrouvé de traces du travail de Roman Protassevitch en tant que reporter sur ce conflit armé. »

Mais comment pourrait-il en être autrement vu que Roman Protassevitch est parti rejoindre Azov en 2014 alors qu’il n’avait que 19 ans ; il n’avait donc aucune formation sérieuse de journaliste. Ce n’est qu’après son retour qu’il a terminé des études de journalisme en 2018, en étant d’ailleurs formé par un programme commun entre Radio Free Europe (« radio de propagande – financée par la CIA [durant la guerre froide] – créée en 1950 à Munich et encore en activité à Prague », financée depuis 1972 par le seul Congrès américain) et le gouvernement tchèque (sources ici et ) :

IV. La censure des vérités qui dérangent ?

Dans un autre registre, le journal britannique The Times a récemment caviardé l’un de ses articles rédigé par son correspondant à Moscou, Marc Bennetts, afin de supprimer les références au bataillon Azov [source ; article ; article archivé 1 ; article archivé 2] :

Pire encore, Facebook a finalement interdit la diffusion de publications sur ce sujet d’Ivan Katchanovski, qui est professeur et chercheur de l’Université d’Ottawa spécialisé sur l’Ukraine. Facebook a donc décidé que vous n’aviez pas le droit de voir ces informations – qui faisaient, entre autres référence à la version française du billet que vous êtes en train de lire (source) :

Et il y a encore mieux, Facebook a censuré le post qui se plaignait de la censure de Facebook (sources : ici et ) :

Vous avez dit Orwellien ?

V. Des aveux involontaires ?

L’article de Strana indique également que Roman Protassevitch aurait eu pour pseudonyme « Kim » au sein d’Azov [source].

Cette information, à prendre au conditionnel, est intéressante, car en 2015, un combattant d’Azov au nom de « Kim » donna plusieurs interviews sous couvert d’anonymat. Et Kim parlant beaucoup, il apparait qu’il a de nombreux points communs avec Roman Protassevitch comme nous allons le voir.

Dans cette interview au site Focus, du 16 juin 2015, on apprend tout ceci :


Guerre fraternelle. Pourquoi un volontaire biélorusse se bat-il dans le Donbass?

Un combattant avec l’indicatif Kim a parlé à Focus de l’unité biélorusse « Pahonia »

Je suis d’origine biélorusse, ukrainienne et polonaise. J’étais sur le Maïdan pendant environ un mois. Au cours des affrontements, j’ai été blessé à la tête et je suis rentré chez moi à Minsk. C’était ma première visite en Ukraine. […]

Je ne suis pas indifférent au sort des Ukrainiens: je crois que les peuples biélorusse et ukrainien ont un ennemi commun – le Kremlin. […]

Lorsque la guerre a éclaté dans l’est de l’Ukraine, je ne pouvais pas rester à l’écart. J’ai essayé de rejoindre le bataillon « Donbass », mais je n’ai pas réussi: je n’ai pas eu de réponse aux numéros de téléphone indiqués sur le réseau social. Ensuite, j’ai appris que le détachement biélorusse « Pahonia » recrutait des volontaires pour prendre part aux combats dans l’ATO. Je leur ai écrit. Après un certain temps, j’ai été invité pour un entretien. Je n’avais pas de formation militaire ni d’expérience de participation à des combats. Je suis journaliste.

« Pahonia  » n’est pas une unité de combat indépendante. C’est plutôt une organisation populaire, une association de Biélorusses qui combattent. Une fois les volontaires sélectionnés, ils sont envoyés aux bataillons de volontaires ukrainiens. […] Les volontaires suivent un entraînement interarmes, mais sans armes.

J’avais l’opportunité de rejoindre « Azov », « Aïdar » ou « Donbass ». J’étais dans le tout premier groupe de recrues, donc je me suis retrouvé au sein d’Azov. Je suis arrivé en Ukraine en juillet [NdT. : 2014]. Dans le bataillon, nous avons suivi une formation tactique et médicale. Puis j’ai suivi le parcours d’un jeune soldat et j’ai été envoyé à l’ATO. Maintenant, les recrues s’entraînent selon les dernières méthodes – elles suivent le parcours Azov-Spartan. Il est basé sur le cours de formation pour les « SEAL » américains [force spéciale de la marine de guerre américaine, NdT]. C’est un test sérieux. Les personnes qui ont des problèmes d’endurance psychologique sont rejetées à ce stade. […]

En temps de guerre, chaque minute est imprévisible. Vous pouvez boire un café dans la tranchée et mourir la seconde suivante. C’est un défi considérable : j’ai perdu deux amis très proches en une journée.

Lors des premières missions, il était difficile de voir que les gens se reposaient, vivaient leur vie. Comment ça ? Nous sommes venus défendre votre pays, et vous picolez en boîte, vous vous plaignez que tout va mal et ne faites rien. Maintenant, après un long séjour au front, je comprends que la guerre n’est pas pour tout le monde. Je combats pour que cette vie paisible le reste. Les gars qui n’ont pas fait la guerre sont à certains égards plus heureux que moi : il y a beaucoup de choses qu’ils ne savent pas. Mais à certains égards, j’ai un avantage sur eux : je comprends le coût réel de la vie, le coût de l’amitié, beaucoup mieux qu’eux. Ils n’ont pas éprouvé des émotions aussi fortes : une peur glaçante effrayante, la rage.

J’ai participé à toutes les opérations d’Azov et j’ai été blessé. Je n’ai jamais regretté de m’être impliqué dans tout cela. Je ne me sens pas comme un corps étranger au sein de l’organisation : je suis un combattant comme tous les autres.

Une centaine de Biélorusses se battent pour l’Ukraine. Du côté des séparatistes, il y a aussi mes compatriotes, mais je ne les considère pas comme tels : ce sont des ennemis. Je sais que deux policiers biélorusses se battent aux côtés des séparatistes à Chirokino.[…]

Je suis bénévole et je ne suis pas payé pour le service. Ils nous fournissent des chaussures, des vêtements, tout le nécessaire.

Quand je rentrerai chez moi, rien de bon ne m’attendra. Le Code pénal de la République du Bélarus stipule que les personnes qui participent à un conflit armé sur le territoire d’un État étranger sans être membres d’unités militaires d’État sont passibles de sanctions. Article 133. Je suis dans une formation militaire régulière et ne relève pas de cet article. C’est une autre question que le KGB biélorusse n’a pas besoin de prouver quoi que ce soit. […]

Jusqu’à présent, personne des services spéciaux n’est venu vers mes proches, peut-être parce que je n’attire pas l’attention. Mes opinions et celles de mes parents ne coïncidaient souvent pas, j’y suis habitué. Ma mère était hostile à ma décision de faire la guerre. Elle est biélorusse, mais elle a grandi en Russie, donc le monde russe est proche d’elle. Nous avons convenu que c’était ma décision.

L’obtention de la citoyenneté ukrainienne est une question très difficile. Malgré leurs promesses, les autorités ne font rien pour aider les personnes qui se battent pour leur pays. Afin d’accélérer le processus, vous devez attirer l’attention sur les réseaux sociaux, vous exprimer, critiquer, prendre des risques. Si on vous remarque, cela augmentera vos chances d’obtenir au moins un permis de séjour. Je dois obtenir la citoyenneté ukrainienne pour légaliser mon séjour ici et pouvoir rentrer en Biélorussie en toute sécurité.


« Kim » a donné une seconde interview le 18 septembre 2015 à Radio Liberty – l’employeur de Roman Protassevitch :


Combattant du détachement « Pahonia » : En cas d’invasion, nous serons les premiers à nous précipiter pour défendre le Bélarus

Entretien exclusif à Radio Liberty d’un soldat biélorusse du régiment ukrainien « Azov », un combattant du détachement « Pahonia », qui utilise le pseudonyme « Kim ».

– Kim, le détachement nous a informés que vous aviez été blessé près de Chirokino. Quand et comment est-ce arrivé? Vous êtes-vous remis de votre blessure ?

C’est arrivé le 22 mars.[Ndt : 2015 ; notez bien cette date] Lors d’un changement de position sur le flanc droit de la ligne de front dans le village de Chirokino, j’ai subi le feu d’une batterie de mortier ennemie, à la suite de quoi j’ai reçu une blessure par éclats d’obus à la poitrine (le gilet pare-balles m’a sauvé, les fragments n’ont pas touché les organes vitaux) et une commotion cérébrale.

Cependant, grâce au professionnalisme des médecins militaires, j’étais de retour dans les rangs un mois plus tard.

– Depuis combien de temps êtes-vous dans la zone ATO ?

– Depuis presque un an maintenant. Maintenant je sers à Marioupol.

– Pourquoi as-tu décidé de partir en guerre ?

– Chaque volontaire venu à la guerre a ses propres raisons. Je ne fais pas exception. Et il y a énormément de raisons à cela.

Premièrement, le sang ukrainien coule aussi en moi, puisque mes parents éloignés étaient ukrainiens.

Deuxièmement, un compte de sang à régler avec les communistes. De nombreux innocents ont été tués, jetés en prison et exilés. Ma famille n’a pas échappé à cette douleur. Et maintenant, la Russie, en tant que successeur légal de l’Union Soviétique [Kim utilise un terme dérogatoire courant en Ukraine], agresse et roule vers le «gouffre rouge».

Troisièmement, la guerre se poursuit non seulement pour l’Ukraine, mais aussi pour la Biélorussie. Si vous n’arrêtez pas la horde russe de Poutine maintenant, alors notre pays sera peut-être le prochain. L’accroissement de la puissance militaire de la Fédération de Russie, y compris au Bélarus, en témoigne clairement.

– Qu’avez-vous fait avant? D’où viens-tu? Quel âge as-tu ?

J’ai 22 ans. C’est tout ce que je peux dire.

[NdR : Roman a pour sa part alors 20 ans. C’est donc un point de divergence avec Kim. Cependant, tenant à garder son anonymat pour sa sécurité, une autre hypothèse serait qu’il ne donne pas le bon chiffre volontairement].

– Est-ce difficile de joindre le détachement « Pahonia » ?

– Actuellement, vous devez d’abord passer par une série de contrôles au sein du détachement. […] Le détachement «Pahonia» n’est pas une unité militaire distincte et ne l’a jamais été. Nos combattants appartenaient à différents bataillons ukrainiens.

– Souviens-toi de ton premier combat. Comment c’était? Comment vous êtes-vous senti lorsque vous avez tiré sur une personne pour la première fois ?

Le premier combat pour presque n’importe qui, même s’il est parfaitement ancré dans la théorie, est un mélange de peur animale, d’incompréhension de ce qui se passe, de feu, de terre et de béton.

La chose principale dans une telle situation est des frères d’armes expérimentés ou un commandant qui te sortira, toi et ton corps, d’un état d’engourdissement. Et puis le plus important est de ne pas perdre la tête et d’écouter attentivement les instructions des combattants expérimentés.

Quant aux sensations au premier tir d’une arme en situation de combat, je n’avais qu’une pensée en tête: «Ou bien lui, ou bien toi» [sous-entendu par exemple « soit tu tues, soit on te tue », NdT]. Cependant, je ne regrette rien.

– Avez-vous dû vous battre directement contre des unités militaires russes ?

Oui, il le fallait. En général, les Russes établissent une hiérarchie claire dans l’aide qu’ils fournissent à leurs troupes [NdT. Les petites unités recevront de petites armes]. Les détachements réguliers de séparatistes ne recevront jamais d’armes plus grosses qu’une mitrailleuse ou mortiers de 80. Et puis… – devinez par vous-même.

– Vous n’avez jamais regretté d’être allé à la guerre ?

Ma participation à la guerre a été absolument réfléchie et pesée. Jusqu’à présent, heureusement, je n’ai rien eu à regretter. D’ailleurs, c’est ici, pendant la guerre, que j’ai rencontré mes amis les plus proches, qui sont aussi mes frères d’armes. […]

– Comment êtes-vous entré dans le régiment Azov ? Pourquoi avez-vous choisi cette unité en particulier ?

Je suis arrivé à Azov sur la base de la sélection, qui était la même pour tout le monde. Le régiment a toujours été, dès les premiers jours, l’un des plus disciplinés et des plus vérifiés. Il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais de personnes arrivées par hasard ici.

Discipline (y compris une interdiction totale de l’alcool et des drogues), un fond idéologique puissant, des formations spéciales et nombreuses, l’atmosphère d’une seule famille, une « non-séparation » des commandants des combattants – tout cela et bien plus encore et faisait et fait d' »Azov » l’une des unités les plus, sinon la plus prête au combat d’Ukraine.

– Combien de Biélorusses combattent à Azov et quelles pertes ont-ils subies pendant la guerre ?

– Je ne peux pas parler du nombre exact de Biélorusses, et je n’en vois pas l’intérêt. Quant aux pertes, heureusement, il n’y a pas eu de «chargement 200» [terme désignant par litote un combattant décédé] . Au cours de l’opération à Chirokino, plusieurs personnes ont subi des blessures mineures et des contusions mineures.

– En général, comment évaluez-vous le nombre de Biélorusses qui combattent dans le Donbass ?

– En ce moment – environ 40 personnes. Beaucoup de Biélorusses qui ont combattu au début de la guerre ne se battent plus. Le nombre, bien entendu, aurait été beaucoup plus important si une loi sur la citoyenneté des participants étrangers à l’ATO avait été adoptée. […]

– Quelle est l’attitude de la population locale du Donbass envers les volontaires biélorusses ?

– Malheureusement, il y en a encore beaucoup parmi la population locale qui soutiennent la Russie et leur Union Soviétique bien-aimé. […]

– Dans la société biélorusse, l’attitude à l’égard de la participation des Biélorusses à la guerre en Ukraine est ambigüe. Certains disent que cela ne sauvera pas l’Ukraine de toute façon, mais que pour les volontaires eux-mêmes et pour la société bélarusse dans son ensemble, cela aura de mauvaises conséquences. Comment répondriez-vous à cela ?

– Comment des gens qui n’ont entendu et vu la guerre que dans les films peuvent-ils en parler ?

Le détachement « Pahonia » n’allait pas et ne participera pas aux jeux politiques biélorusses. Chacun de nous est un combattant et un guerrier professionnel. Et au nom de beaucoup d’entre nous, je peux vous promettre qu’en cas d’invasion de l’agresseur, nous serons l’une des premières unités qui se précipiteront pour défendre notre terre natale. Et faire cela n’est pas pire, et à bien des égards encore mieux que la plus grande partie de l’armée biélorusse – ceux qui n’ont jamais vu de guerre et étudient la tactique soviétique, qui depuis plusieurs décennies peut difficilement être qualifiée d’utile.

– Quelles opinions politiques prévalent parmi les soldats du détachement? Et à quelles opinions adhérez-vous personnellement ?

– Absolument tous les gars sont des patriotes de leur pays. Nous sommes tous nationalistes dans le bon sens du terme. Préservation de la culture nationale, des traditions, de l’histoire (véritablement grande) et de l’identité. C’est pour cela que chaque nation devrait se battre. Il n’y a pas de sentiments excessifs d’ultra, et il n’y en a jamais eu.

Quant à moi personnellement, je suis partisan d’une démocratie limitée. Je n’ai rien contre les homosexuels, mais je ne suis pas en faveur de ce qu’ils puissent adopter des enfants. Je ne suis pas contre les minorités nationales, mais pour le durcissement de la législation sur les migrations. Je ne suis pas contre la démocratie, mais pour en exclure les aspects absurdes. […]

– Avez-vous l’intention de retourner en Biélorussie ? Avez-vous peur de la persécution par le KGB?

– Si l’occasion se présente, je rentrerai certainement chez moi. Le temps dira le reste.

– Si vous retournez en Biélorussie, que ferez-vous ?

– J’essaierai de retourner à ma profession, qui n’était pas seulement mon travail, mais aussi un hobby.

Bien que, bien sûr, je voudrais servir dans l’une des unités d’élite du Bélarus. Mais il est peu probable que le gouvernement actuel soit en mesure d’évaluer et d’accepter l’expérience d’une personne qui a fait la guerre.


En conclusion, seule une quarantaine de Biélorusses seraient donc restés une année dans le Donbass. Faisant partie de ces 40, il se trouve que Roman et Kim semblent partager au moins dix points communs. Les deux :

  1. avaient tout juste une vingtaine d’années ;
  2. ont participé au Maïdan ;
  3. ont été blessés à la tête par la police au Maïdan ;
  4. ont été obligés de rentrer à Minsk à cause de cette blessure ;
  5. se sont engagés mi-2014 dans le Donbass ;
  6. sont des sympathisants du détachement Pahonia ;
  7. se sont retrouvés au sein du bataillon Azov ;
  8. ont été, semble-t-il, affectés à Marioupol ;
  9. ont, semble-t-il, été blessés à la poitrine par des projectiles à Chirokino ;
  10. et enfin sont tous deux journalistes…

Kim combattait, et on note qu’Azov indique que Roman a simplement fait du journalisme durant une année entière sans combattre.

Le problème est cependant que des chercheurs ne trouvent apparemment nulle trace du moindre travail créditant Roman comme journaliste durant cette longue période :

« L’allégation de ‘journalisme embarqué’ est un autre canular pour blanchir les preuves de sa propagande et de son service de combat avec Azov, dirigé par les néonazis. Il y a deux jours, j’ai indiqué sur Twitter que mes recherches sur Google en russe, en biélorusse et en anglais n’avaient permis de trouver aucune publication ou photo concernant la guerre à Donbas qui lui soit attribuée. »

Ce point important devrait être investigué sérieusement.

Cela permettrait de savoir si Roman et Kim sont ou non une seule et même personne, qui combattait les séparatistes sans faire de journalisme. Cela reste donc pour l’instant une hypothèse.

Il y a cependant un dernier indice. En effet, Roman et Kim pourraient partager un autre point commun : le physique Car l’interview de Radio Liberty est illustrée d’une photo de Kim, où sa tête est bien entendu masquée.

La voici :

Or, on constate qu’il s’agit de la même que celle qui figure dans l’article de Strana :

C’est un dernier point qu’il sera important de valider.

VI. Et concernant l’interception aérienne ?

Si l’arrestation d’un opposant politique (qui plus est par détournement d’un vol commercial) est évidemment condamnable, on reste cependant interloqués par le deux poids – deux mesures des réactions de certaines nations, qui ont vite oublié leurs propres exploits passés dans le domaine du détournement d’avion avec pour cible des opposants politiques :

1/ Tout d’abord la France, l’Italie et l’Espagne, qui ont obligé en 2013 l’avion du Président bolivien Evo Morales à atterrir en urgence, sous la pression des États-Unis (Joe Biden étant alors vice-président), car des rumeurs laissaient à penser qu’il transportait le lanceur d’alerte Edward Snowden :

« Le Dassault Falcon 900 de Morales qui doit le ramener de Russie en Bolivie, décolle de l’aéroport de Vnoukovo. Le vol doit se dérouter vers l’Autriche après que la France, l’Espagne et l’Italie lui ont signifié leurs refus d’accès à leurs espaces aériens officiellement motivés par des raisons techniques, mais en fait par crainte que Snowden soit à bord et que les États-Unis leur reprochent de permettre son transfert : ces refus d’accès sont vivement dénoncés par la Bolivie, l’Équateur et d’autres pays d’Amérique du Sud. » [source]

Evo Morales après son atterrissage contraint

2/ Ensuite la France, qui en 1956 a détourné l’avion des chefs du FLN, ce qui torpilla gravement toute négociation avec l’organisation – un épisode clé de la guerre d’Algérie

Avion des rebelles algériens avant sans décollage de Maroc et son kidnapping par l’armée française le 22/10/1956

3/ Enfin l’Ukraine, qui en 2016 a détourné un avion de ligne biélorusse pour arrêter le blogueur arménien pro-russe, Armen Martirosyan. Ce dernier avait vécu en Ukraine jusqu’en 2014. La suite se passe le 22 octobre 2016, et nous est racontée par l’agence de presse arménienne ArmenPress :

« Un avion de la compagnie biélorusse « Belavia », en route de Kiev à Minsk, a été contraint de retourner à l’aéroport ukrainien sous la menace d’être intercepté par des avions militaires. La raison de cet atterrissage forcé est la présence d’un citoyen arménien à bord de l’avion, rapporte Obozrevatel.com en citant le service de presse de la compagnie aérienne.

« Le contrôleur au sol a ordonné à l’avion de retourner immédiatement à l’aéroport après être entré dans l’espace aérien de la Biélorussie à 50 km. Aucune explication n’a été donnée. Le contrôleur au sol a indiqué qu’en cas de non-respect de l’ordre, des avions de chasse seraient envoyés en mission« , peut-on lire dans le communiqué de la compagnie aérienne.

Après l’atterrissage à Kiev, les forces de l’ordre ukrainiennes ont fait sortir un passager de l’avion, qui est un citoyen arménien.

Selon Сегодня.ua, le nom de famille du passager est Martirosyan. Il est accusé d’activités criminelles et d’être un agent du service de sécurité ukrainien.

Le citoyen arménien a été libéré plus tard et est reparti pour Minsk à 19h00.

Belavia déclare qu’elle demandera à l’Ukraine de compenser les frais de l’avion. »

Bien sûr, ceci n’a déclenché aucune crise internationale, ni aucune sanction contre l’Ukraine, vu qu’Armen Martirosyan, « prorusse », critiquait la révolution de Maïdan. Car comme l’a dit Coluche : « Il y a deux sortes de justice : vous avez l’avocat qui connaît bien la loi, et l’avocat qui connaît bien le juge ! »

VII. En conclusion

Fort de tous ces éléments, il apparait plus que nécessaire que des journalistes de grands médias se saisissent de l’affaire et enquêtent sérieusement pour démêler le vrai du faux.

De notre côté, nous retenons pour le moment que :

– Arrêté dans des conditions certes largement condamnables (Roman Protassevitch doit être libéré sans délai), l’opposant biélorusse aurait donc bien accompagné la milice néonazie Azov en Ukraine en 2014. Plusieurs éléments viennent corroborer ces accusations, et l’ancien commandant du bataillon Azov André Biletsky a même récemment confirmé les faits. La question est maintenant de savoir quelle était la nature des liens entre Protassevitch et le bataillon Azov ;

– Si l’arrestation d’un opposant politique est évidemment condamnable, le deux-poids-deux-mesures de certaines nations apparaissent pour le moins lamentable, dès lors que l’on se souvient de leurs exploits passés dans le domaine du détournement d’avion avec pour cible des opposants politiques ;

– Enfin, comme l’UE passe beaucoup de temps à sanctionner d’autres pays, nous nous étonnons que des sanctions n’aient toujours pas été prises contre l’Arabie Saoudite, pour l’assassinat de Jamal Khashoggi autre opposant qui a commis l’erreur de trop se rapprocher de sa dictature pour les besoins de son mariage, et qui finit étranglé, découpé, dissout dans l’acide et jeté dans les canalisations… Et nous recommandons, comme nous l’avons indiqué dans ce billet, de regarder le formidable documentaire The Dissident. Il vous faudra le louer quelques euros, puisqu’aucun diffuseur n’a voulu contrarier l’Arabie Saoudite en le proposant gratuitement dans ses bouquets… #JusticeForKhashoggi



Complément du 28 mai

Nous complétons cet article par deux informations factuelles en provenance du journal Le Monde.

Le 25 mai, ce journal a publié une alerte de la Sous-Direction Antiterroriste (SDAT) française sur les combattants d’extrême-droite français qui auraient rejoint le bataillon Azov (source) :

« La SDAT […] s’inquiète de l’attirance, depuis 2014 et le conflit dans le Donbass, pour l’Ukraine, « devenue un lieu de combat pour les militants d’ultradroite ». […] Des activistes français pourraient bientôt rejoindre en plus grand nombre « le régiment d’Azov, une unité paramilitaire néonazie supplétive de l’armée ukrainienne, pour se former avant de revenir en France et passer à l’action », préviennent les enquêteurs. »

On notera d’ailleurs que le journal ne poursuit hélas pas ses investigations pour savoir pourquoi un pays qui ne survit financièrement que grâce au soutien occidental, peut avoir « une unité paramilitaire néonazie » qui soit officiellement « supplétive de l’armée ukrainienne »…


Mais, en même temps, le 28 mai, le journal Le Monde a organisé un tchat où une de ses journalistes a répondu aux questions des lecteurs sur l’affaire Roman Protassevitch. C’est Isabelle Mandraud qui a été choisie ; elle a été correspondante du Monde pour le Maghreb entre 2010 et 2014 puis correspondante en Russie de 2014 à 2019, et elle est aujourd’hui cheffe adjointe du service international.

Lors de ce tchat, une question précise a été posée sur les liens de Protassevitch avec Azov. Isabelle Mandraud a répondu ceci à « Jean-Paul B » (qui avait peut-être lu cet article ?) (source) :

« Jean-Paul B [lecteur] : Est-il exact que Roman Protassevitch (« journaliste critique » selon votre expression) aurait des liens avérés avec les nazis ukrainiens du Bataillon Azov comme l’a écrit le 24 mai dernier le Times de Londres?

Isabelle Mandraud [journaliste]. Le terme « nazi » désignant aux yeux des autorités russes toute personne contrevenant à leurs vues, repris ad nauseum par la propagande, je crois que cela suffit à clore cette question.« 

Je crois que cela suffit à ce que chacun puisse se faire son opinion – ad nauseam

Olivier Berruyer

Complément du 3 juin

Signalons au niveau des réactions de la presse :

1/ ce timide article de la BBC faisant le « service minimal » ;

2/ cet article de Libération, que nous vous laissons apprécier. On peut y lire :

« Stéphane Siohan, correspondant de Libération en Ukraine qui travaille sur ces milices depuis le début du conflit, contextualise : «Azov s’est créé autour d’un noyau clairement extrémiste, des néonazis de Kharkiv, mais auquel se sont greffés des milieux très différents. L’idéologie politique n’était pas le facteur principal. C’était surtout le combat et l’action, avec un facteur de socialisation post-Maïdan autour de la défense de l’Ukraine.»

La présence de Roman Protassevitch aux côtés du bataillon Azov en Ukraine en 2014 et 2015 est avérée. […] Stéphane Siohan explique : « Il était assurément sur des bases d’Azov, une amie l’a croisé. La question est de savoir s’il y est allé à 19 ans comme journaliste en devenir, ou comme militant. Passer par les bataillons était le moyen le plus simple pour accéder à la zone de combat pour les journalistes. Beaucoup se sont rendus dans les zones de combat comme ça.» […]

Ces photos posent question, mais elles ne permettent pas d’affirmer que Roman Protassevitch a combattu avec Azov. «Les standards éthiques et déontologiques du journalisme de guerre n’étaient pas les mêmes en Europe de l’Est que chez nous», se souvient Stéphane Siohan. Des pratiques normalement formellement interdites comme le fait de revêtir des uniformes militaires ou de porter des armes étaient, au final, assez communes chez les journalistes de la région sur la zone de front. Michael Colborne, journaliste spécialiste des questions d’extrême droite en Europe de l’Est, abonde : «C’est entièrement possible que Protassevich – si c’est bien lui sur ces photos – se soit déguisé, se faisant passer pour un soldat. Nous avons besoin de plus de preuves pour dire s’il combattait, je n’en suis pas encore convaincu.» »

Bref, ne manque qu’une chose : les dizaines de reportage qu’il est censé avoir fait sur place…

3/ cet article assez lamentable de FranceInfo qui s’est transformé peu après en un autre article à l’évidence repris en partie de ce billet. Mais avec le même ton qu’ailleurs :

« Il a aussi exprimé son admiration pour les changements politiques en Ukraine depuis 2013-2014, où l’électorat a choisi des valeurs et des idéaux pro-européens, au lieu de s’associer à la Russie […] S’il est impossible de définir avec précision l’appartenance idéologique de Roman Protassevitch, nos recherches montrent que son profil se rapproche davantage du journaliste engagé et patriote que de celui d’un militant appelant à la violence, tel que décrit par le pouvoir en place. […] Ces dernières années, accuser des opposants politiques d’extrémisme et de terrorisme est une pratique récurrente en Russie et en Biolérussie.  » ;

4/ cet article de RFI, mais qui n’existe qu’en … espagnol ! On peut y lire :

« Avec notre correspondant à Kiev, Stéphane Siohan.[…] Protasévitch a découvert l’univers des révolutions sur la place de l’indépendance Maidan à Kiev en 2014, puis a passé quelques moments près de Marioupol, à la base du bataillon Azov, une troupe comptant des néonazis dans ses rangs. Selon nos informations, au moins deux personnes affirment l’avoir vu là-bas, et disent qu’il s’est rendu dans le Donbas pour faire du journalisme et couvrir le bataillon. […] Qu’il s’agisse de l’engagement d’un combattant ou d’une simple erreur d’un journaliste stagiaire, puisqu’il n’avait que 19 ans à l’époque, rien ne permet pour l’instant de penser que Protasévitch était un membre actif du mouvement Azov ou qu’il partage les idées d’extrême droite de certains membres du groupe. »

Épilogue

Plus important, cette vidéo du lundi 23 mars 2015 a été exhumée, où on voit Roman blessé à la poitrine avec le bataillon Azov à Chirokino (source ; archive originale) :

Grâce aux grains de beauté sur la joue gauche, l’identification de Roman ne fait ici aucun doute.

Or, la légende du reportage sur Youtube indique ceci (source):

Ainsi, Roman, « volontaire » biélorusse au sein d’Azov (et journaliste dans le civil), a été blessé à la poitrine le 22 mars 2015 à Chirokino. Or, Kim, soldat d’Azov, biélorusse et journaliste dans le civil, indiquait avoir été blessé le 22 mars à la poitrine, également à Chirokino. Or le reportage indique bien qu’il n’y a qu’un seul blessé chez Azov à Chirokino ce jour-là.

Il n’y a donc plus qu’une faible probabilité pour que Roman ne soit pas Kim ; Roman aurait donc bien été un combattant au sein d’Azov, et non pas un simple journaliste, selon ses propres déclarations anonymisées. Espérons qu’une enquete journalistique lèvera les derniers doutes.

Commentaire recommandé

Basile // 28.05.2021 à 08h50

Journaliste, profession intouchable, car il nous informe; Ah le noble métier que voilà.
il n’était donc pas combattant dans le bataillon Azov, mais juste « journaliste faisant métier »,

mais bizarrement, certain font leur métier toujours du même côté : américains contre Vietnamiens, Talibans contre Soviétiques, Azov contre Dombass

le;pire étant le 25 mai sur LCI à 24H Pujadas, ce dernier y consacrant un long moment, sans jmais lister les cas antérieurs, comme celui de Snowden.

73 réactions et commentaires

  • Basile // 28.05.2021 à 08h50

    Journaliste, profession intouchable, car il nous informe; Ah le noble métier que voilà.
    il n’était donc pas combattant dans le bataillon Azov, mais juste « journaliste faisant métier »,

    mais bizarrement, certain font leur métier toujours du même côté : américains contre Vietnamiens, Talibans contre Soviétiques, Azov contre Dombass

    le;pire étant le 25 mai sur LCI à 24H Pujadas, ce dernier y consacrant un long moment, sans jmais lister les cas antérieurs, comme celui de Snowden.

      +61

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    • Paul // 28.05.2021 à 10h02

      clair, les journalistes, certains rendent des services, d’autres ont même fait parti de services secrets, certains l’ont d’ailleurs avoué, dont un , décédé pas trop longtemps après….

        +11

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      • LibEgaFra // 28.05.2021 à 12h18

         » dont un , décédé pas trop longtemps après… »

        Udo Ulfkotte

          +12

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        • pong // 28.05.2021 à 18h09

          Ah oui, celui-là, on n’en parle quasiment jamais. C’est dommage, c’est riche d’enseignement.

            +4

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    • Nicolas // 28.05.2021 à 11h49

       » car il nous informe… ». Et là, en prime, on parle d’un journaliste qui n’a pas eu l’occasion de journaler, en un an passé à prendre des photos et des vidéos du front. C’est marrant, on trouve très facilement les reportages de tous les autres journalistes qui ont passé ne serait-ce qu’une semaine au front. Et ce, qu’ils soient exemplaires de professionalisme, ou tout en bas de l’échelle de la déontologie, voire sous l’échelle, comme ceux travaillant pour France 24 qui ont fait des montages audio des rebelles du Donbass pour leur faire dire des choses qu’ils n’ont pas dit. Mais,bref, point de trace de reportage du sieur Protassevitch dans le Donbass, en biélorusse, russe, ukrainien et anglais.

        +16

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  • Vladimir // 28.05.2021 à 09h06

    Merci Olivka, c’est un bon billet! Un dossier bien étoffé, non exhaustif bien sûr, sinon ça serait trop long! Mais c’est déjà ça. J’aime bien un court commentaire de Basile, suffisamment amer pour constater que c’était toujours ainsi et ça ne changera jamais! Hélas!

      +18

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    • Les-crises // 28.05.2021 à 16h02

      Merci Vladimir pour ce retour positif.

      Nous avons pris le temps de mettre dans la balance, avec la prudence nécessaire sur les faits pas encore établis totalement, tous les éléments concernant ce dossier, de manière exhaustive.

      Chaque information de ce billet est vérifiable, sourcée et mise au conditionnel quand un doute, même hypothétique, subsiste.

      Il s’agit clairement ici de traiter la question sans faire de spéculation, ni en tombant dans l’écueil de privilégier un camp plutôt que l’autre. Les faits, rien que les faits !

      Très bonne journée à vous et au plaisir de nouveaux échanges.

        +20

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  • LibEgaFra // 28.05.2021 à 09h15

    « L’activiste biélorusse Roman Protassevitch aurait bien accompagné la milice néonazie Azov en Ukraine en 2014 »

    Euh, pourquoi le conditionnel?

    Actuellement en Europe, il n’y a pas 36 pays pour s’opposer au néo-nazisme.

    Pour rappel, devant l’Assemblée générale de l’ONU, la France et tous les pays de l’ue se sont abstenus sur une motion condamnant le néo-nazisme.

    Et aujourd’hui la France et l’ue volent au secours de ce néo-nazi biélorusse.

    Inversion de toutes les valeurs.

      +44

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    • Dominique65 // 28.05.2021 à 15h24

      « la France et tous les pays de l’ue se sont abstenus sur une motion condamnant le néo-nazisme. »
      Petite rectification. La résolution portée à l’ONU pour laquelle la France s’est abstenue ne porte pas sur néo-nazisme mais sur sa célébration. Le plus étonnant dans cette affaire, c’est que cette résolution, outre les USA et l’Ukraine, est combattue par Israël, qui voit des antisémites partout… sauf chez ceux qui glorifient le nazisme !

        +12

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      • LibEgaFra // 28.05.2021 à 17h39

        « « la France et tous les pays de l’ue se sont abstenus sur une motion condamnant le néo-nazisme. »
        Petite rectification.  »

        Soyons encore plus précis:

        Appel « à la lutte contre la glorification du nazisme, du néo-nazisme et des autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes modernes du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui leur est associée ».

        Ont voté contre: USA, Canada et Ukraine.

        Israël a voté pour.

        https://www.youscribe.com/BookReader/Index/2520261/?documentId=2568490

        Et ça c’est une grosse rectification.

          +6

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        • Dominique65 // 29.05.2021 à 00h14

          « Israël a voté pour Et ça c’est une grosse rectification. »
          Merci pour cette correction. Mais cette résolution a été présentée plusieurs fois et je suis à peu près sûr qu’au moins une fois les USA et l’Ukraine (qui eux, c’est sûr ont voté contre) et Israël, ont essayé de modifier les termes de cette résolution pour la rendre acceptable à leur yeux. J’ai peut-être mal interprété cette information.

            +1

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    • pong // 28.05.2021 à 18h11

      >Pour rappel, devant l’Assemblée générale de l’ONU, la France et tous les pays de l’ue se sont abstenus sur une motion condamnant le néo-nazisme.

      On peut avoir la source ?

        +0

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    • LibEgaFra // 29.05.2021 à 20h28

      On en apprend de belles sur ce que préparent les nazis biélorusses!

      https://www.donbass-insider.com/fr/2021/05/28/bielorussie-la-compagne-de-protassevitch-publiait-les-informations-personnelles-des-policiers-et-de-leurs-familles-sur-telegram/

      Donc des listes de cibles à éliminer, y compris les familles… Voilà ce que la France et l’ue soutiennent.

      Les droits de l’homme mis aux ordures.

        +10

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  • Georges Clounaud // 28.05.2021 à 09h18

    Ces faits sont difficilement contestables tant ces néonazis aiment se mettre en scène sur les réseaux sociaux dévoilant ainsi toute leur ignominie.
    Il n’empêche, les relais néoconservateurs francophones comme les ineffables BHL, Raphaél Glucksman, les pseudos spécialistes comme Nicolas Tenzer ou Marie Mandras ainsi que leur fidèles petits télégraphistes comme Paul Gogo continueront de nier ou d’ignorer l’évidence. Sans parler de Médiapart qui ne cesse de dénoncer l’ultra-droite et les mouvement néonazis français sans jamais s’intéresser à leurs ramifications ukrainiennes.
    Tous les moyens, y compris les plus abjects, sont bons pour combattre l’infâme Poutine. Les ennemis de mes ennemis sont mes amis, même s’ils sont totalement infréquentables. Il faut tout faire pour les soutenir. Aveuglés par leur haine ils ne rendent même pas compte que leur abjection renforce leur pire ennemi qui se nourrit de leur abomination.

      +33

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  • James Whitney // 28.05.2021 à 09h38

    Les médias français ont demandé « qui est Protassevitch ? » ces derniers jours :
    https://www.francetvinfo.fr/monde/elections-en-bielorussie/qui-est-roman-protassevitch-l-opposant-arrete-par-le-regime-bielorusse-apres-le-deroutage-d-un-avion_4636101.html
    https://www.lefigaro.fr/international/qui-est-roman-protassevitch-le-jeune-influenceur-arrete-par-minsk-20210525, etc.

    On a bien insisté sur son opposition au régime Loukachenko mais je n’ai trouvé aucun mot sur son coté nazillon. Bravo la presse ! Mais cette même presse est contre antisémitisme ?

    Encore plus important, c’est le travail d’Olivier sur les détournements ou interdictions de passage a travers les espaces aériens. Surtout les réactions éhontées des dirigeants étasuniens qui ont fait la même chose en 2013 avec l’avion de Morales. C’était le gouvernement Obama avec le soutien du président de la République Hollande et son gouvernement bien sûr.

      +16

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    • LibEgaFra // 28.05.2021 à 12h11

      rp, le « principal opposant » au président biélorusse, air connu!

      Et après on vient vous dire que voter pour les nationalistes, c’est mal… Double discours, hypocrisie généralisée, mais ça paie bien, il y a un pognon de dingues pour payer les mensonges.

        +7

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  • nulnestpropheteensonpays // 28.05.2021 à 09h40

    La Russie reste le dernier eldorado pour l’occident de continuer sa course folle pour la croissance .la Bielorussie empêche le déploiement des forces américaines aux frontières de la Russie .Bientot ce sera l’arctique . Les seuls combattants sur lesquels peuvent se reposer l’occident pour essayer de renverser le pouvoir en Bielorussie , en Ukraine , et en Russie sont les fachos , de la même manière qu’ils se sont appuyés sur les intégristes musulmans pour déstabiliser le moyen orient pour mettre la main sur les dernières ressources pétrolières du coin devant la résistance de la Russie .Ils vont pas lâcher l’affaire a moins de trouver une source d’énergie inépuisable et gratuite .La seule chose qui nous sépare de la guerre , c’est une vision claire de la fin des ressources , mais on y va tout droit .

      +36

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    • LibEgaFra // 28.05.2021 à 12h07

      Oui, vous avez tout compris, comme dans les années 30, des yankees ont permis à Hitler de réarmer l’Allemagne et de la préparer à la guerre. Toujours et encore la même politique. Et les dirigeants européens n’ont pas encore compris que l’Europe champ de bataille, c’est tout bénéfice pour les yankees. Mais quelle stupidité, quelle ignorance de l’histoire!

        +20

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    • moshedayan // 28.05.2021 à 13h58

      Bonjour, votre analyse est bien dans le juste …
      Seul réserve la Biélorussie « empêche le déploiement…. » non pas vraiment. Le seul intérêt serait de mettre la main très vite sur Kaliningrad – clé de voûte de la défense de St Petersbourg et ensuite d’avoir à disposition des pistes d’envol multiples, notamment dans la région de Minsk où nombre de portions d’autoroutes ont été conçues comme de possibles pistes pour avions (et ce dès l’époque de la Guerre froide). L’intérêt serait alors de pouvoir mener une guerre hybride éclair sur chantage nucléaire en évitant de recevoir en réponse trop de ripostes, trop notamment de tirs nucléaires. Vrai, l’objectif est les ressources russes, vrai pouvoir faire un « coup éclair ». Le reste est déjà réel – Pologne, Etats baltes et Roumanie donnent aux Américains la capacité d’offensives vers la Russie -seule crainte – les Baltes peuvent être vitrifiés aussi – d’où leurs agitations russophobes insupportables. Mais Jirinovski a dit ceci la sécurité en Europe ne doit pas se faire avec la prise en compte de ces Etats croupions d’Europe de l’Est (et leur rage est d’autant plus dangereuse – il a rappelé combien la compromission polonaise avec Hitler avait coûté à toute l’Europe)…

        +13

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      • Basile // 28.05.2021 à 17h55

        un certain Jean-Thomas Lesueur de l’institut Thomas More, a dit le 25 mai sur 24h Pujadas :
        « la Biélorussie a pu faire ça parce que nous sommes faibles » (nous qui ?) et a ajouté :
        « de même que Poutine a pris la Crimée parce que nous sommes faibles ».

        Ce monsieur titulaire d’un Master d’histoire, s’assoie sur l’Histoire quand elle ne l’arrange pas.

        Et il a dit ce même jour, « la Russie rêve de faire revenir la Biélorussie dans son giron ». Sous entendu la Russie et expansionniste. Par contre silence sur ce que ferait l’Otan en Biélorussie. Faut croire que pour lui, l’Otan dans les pays de l’Est, ce n’est pas de l’expansionnisme

          +18

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  • Paul // 28.05.2021 à 10h00

    Voilà un excellent exemple de l’information actuelle et des débats
    https://www.les-crises.fr/les-gafa-ont-opere-un-coup-detat-numerique-par-shoshana-zuboff/#comment-694114

    finalement, les réseaux sociaux sont à triple tranchant. Y a le boomerang qui revient et la troisième lame.

    Mais demain, avec une IA plus active , le profil du « journaliste » apparaitra rapidement avec des articles et photos montages confirmant ses reportages et l’IA aura effacé toute traces de Kim et des ses frasques….

    Bravo pour le travail.
    Toutes ces recherches avec une souris de puis un canapé ? Comme quoi, l’investigation peut se faire avec peu de moyen si on veut creuser.

      +8

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  • antoniob // 28.05.2021 à 10h10

    Je ne trouve rien de condamnable dans l’arrestation de ce zozo. Depuis le sort fait à Assange les «démocraties» ont franchi un seuil et donc l’absence de manières est devenue la règle..
    Au contraire l’arrestation a ceci de bien que tout travail de documenration sérieux dans la presse ne peut que mettre en évidence les grosses ficelles du recours aux fachos, et le silence organisé de la presse système ne peut pas empêxher la circulation en ligne de cet excellent article, entre autres.

      +21

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    • moshedayan // 28.05.2021 à 14h45

      En Russie, Antoniob on est très partagé par la méthode – soit on rigole, on approuve soit on se dit que la Biélorussie aurait mieux fait d’investir sur des moyens de brouillage pour taire ce « baveux journaliste » du réseau « nexta ». On soutient Minsk mais on n’oublie pas que fut un temps Louka ch enko (pas un nom biélorusse mais ukrainien) a joué « double-jeu » en conciliant est-ouest dans le transit commercial pas maîtrisé ou pas contrôlé -pommes polonaises qui deviennent biélorusses…. pour la Russie. Enfin précisons effectivement votre UE soutient des « nationalistes » qui défilent sous un drapeau qui fait directement allusion au Grand-Duché de Pologne-Lituanie et qui aussi ressemble à 80 – 90 % au même drapeau des kollaborationnistes biélo-polono-lituaniens avec l’Allemagne nazie – car c’est une vérité cachée mais ces dits « biélorusses » ont très très souvent un passé généalogique polono-lituanien et pas du tout de la partie centrale et orientale – en clair certains travaillent pour les intérêts de la Pologne ou de la Lituanie…
      Mais rassurez-vous il est logique que l’UE soutienne des descendants de kollabos -que ce soit à Kiev, Minsk ou ailleurs… même à Bratislava… vous n’allez pas voir Soros donner de l’argent aux associations d’anciens partisans de 1944 et d’entretien de mémoire de 1944-1945… mais plutôt choisir de remercier un ministre de la Défense qui cire les pompes de l’OTAN…

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      • antoniob // 28.05.2021 à 22h45

        > on n’oublie pas que fut un temps Louka ch enko (pas un nom biélorusse mais ukrainien) a joué « double-jeu »

        apparemment hors sujet, mais pas vraiment car c’est un élément du contexte de cette affaire: la position de Minsk ces récentes années m’a laissé dubitatif, justement en raison d’une certain distance par rapport à l’Union Eurasienne. Ainsi le régime tourisme une semaine sans visa pour les ressortissants UE arrivant par Belavia à Minsk, sans concertation prélable avec Moscou, avait pris les russes de court, et ils avaient du réinstaurer un contrôle sur les routes BEL-RU qui étaient sans frontière depuis longtemps. Il y avait eu la querelle sur l’uniformisation douanière, et bien sûr cet arrangement pour ré-étiquetter des produits UE pour les revendre au marché russe afin que Pologne et autres contournent les sanctions russes. Et la tiédeur de Minsk au sujet du Donbass et de la Crimée.
        On lisait encore l’an dernier sur les sites agit-prop eurounionistes que l’UE détachait la Biélorussie de la Russie.
        Mais boum!, lors de la récente élection, cette tentative de « Maidan » de la part de l’UE.
        La Groß Kommission a perdu patience et espérait plus de la part de Minsk? ou alors ils ont délibéremment fait les yeux doux à Minsk tout en planifiant un poignard dans le dos dès le début?

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        • Vova // 01.06.2021 à 14h19

          La langue Biélorusse est très proche de l ‘ Ukrainien , beaucoup plus que du russe , d ‘ où des nom à consonance ukrainienne ! J ‘ ai un jour eu l ‘ occasion d ‘ entendre une chorale biélorusse , après quelques chansons en russe , le reste était en biélorusse , et à mon grand étonnement j ‘ ai reconnu la langue ukrainienne , pourquoi ?? Maintenant je sais !

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      • Micmac // 29.05.2021 à 01h45

        Je suis peut-être un peu hors sujet, mais il me semble, d’après mes lectures, que la Biélorussie a été beaucoup moins collabo que l’Ukraine pendant la 2ième guerre mondiale. Très peu de volontaire pour faire le Polizaï ou le « Hiwi ». Pas mal de Biélorusse ont cachés des juifs au péril de leur vie, beaucoup de partisans. Il y a eu de bonnes et de mauvaises gens, comme partout, bien sûr, mais pas cette collaboration systématique que l’on a vu dans l’est de l’Ukraine et dans certains pays baltes.

        Tout ça pour dire qu’il est peut-être beaucoup plus difficile de subvertir la Biélorussie en utilisant des mouvements d’extrême droite que l’Ukraine.

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        • moshedayan // 29.05.2021 à 09h24

          Mic mac, vous avez parfaitement raison, il y a eu très très peu de kollabos en Biélorussie pendant la 2e Guerre mondiale. Les Russes admirent le courage du peuple biélorusse et c’est réciproque quant à la différence culturelle elle est infime, vraiment infime et dans les plus de 2/3 du territoire, le russe est la langue d’usage… les kollaborationnistes furent recrutés à l’ouest et très souvent avec des liens familiaux polono-lituaniens….Les Russes et Biélorusses connaissent leurs diverses histoires de partisans…

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          • Grd-mère Michelle // 29.05.2021 à 13h18

            « … quand à la différence culturelle, elle est infime… »
            Heu… Je connais peu l’histoire de cette région, mais je pense que « Biélorussie » veut dire « Russie blanche », c-a-d, selon moi, « blanche et non rouge(communiste) »…
            Quelqu’un en sait-il plus à ce sujet?
            Car il me semble que ces événements récents s’inscrivent dans la poursuite de la guerre froide qui oppose deux mentalités, deux visions de société radicalement différentes(bien que la Russie ait entamé, elle aussi, depuis longtemps, comme la Chine, la marche forcée de la compétition économique qui ré-instaure celle, militariste, des vieux empires pourtant unanimement désavoués dès la fin de la dernière(?) guerre mondiale).

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            • Micmac // 29.05.2021 à 19h56

              Biélorussie veut dire Russie Blanche depuis bien avant la révolution, et je ne sais pas trop pourquoi.

              Le Tsar était Tsar de « toutes les Russies » (entre autres), à savoir la Russie, la Russie Blanche à l’ouest, et la « Petite Russie » (l’Ukraine) au sud.

              Les deux dernières étant des territoires reconquis pour l’essentiel sur les différents khanats laissés par la déliquescence de l’empire mongol, et sur les Polono-Lithuaniens, mais eux mêmes avaient conquis une bonne partie de ces territoires à ce qui restaient des Mongols peu avant.

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            • Grd-mère Michelle // 05.06.2021 à 11h05

              Je vois bien qu’il était question, dans cette région, de « conquêtes de territoires », ce qui appartient à un monde révolu, les Nations ayant conclu qu’il convenait mieux de « figer » les frontières, après les désastres causés par deux guerres mondiales.
              Et c’est alors que s’est engagée la tout aussi féroce et destructrice conquête des « parts de Marché », destinée à assoir une « grande puissance », « maître du monde » qui dirigerait nos moindres gestes et pensées. Ceci se joue à présent entre la Chine et les USA, le continent européen(y compris la Russie) ainsi que les autres régions du monde n’ayant d’autre choix que de se rallier (acheter) à l’une ou à l’autre… On se croirait dans une vieille BD!
              Seul moyen de s’en sortir: abolir la notion même de compétition, et valoriser la qualité (de vie) par rapport à la quantité (de « biens » inanimés).
              L’orgueil inhérent à l’espèce humaine pouvant tout autant s’y retrouver…
              Mais celà ne me dit pas: pourquoi la Russie « blanche »?

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  • Freddi // 28.05.2021 à 10h11

    Bonjour,
    Question: peut il y avoir un lien entre l’arrestation de Roman P. et l’éventuelle tentative d’assassinat de Loukachenko exprimée par Poutine lors de son allocution annuelle?
    Je comprendrais alors mieux tout ce bazar.

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  • Christian Gedeon // 28.05.2021 à 10h19

    Ok. Il était Azov. C’est très mal.et on ne va pas remonter aux années trente et quarante pour expliquer le comment du pourquoi de ce bataillon et de la haine qui anime ses membres. Pour aujourd’hui, je pense que c’est une grosse connerie d’avoir chopé ce monsieur comme ça à été fait. Manque de sens politique et contre efficace. Le fait qu’il ait été Azov n’a rien à voir avec la choucroute!.

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    • LibEgaFra // 28.05.2021 à 11h56

      « C’est très mal »

      Non, c’est criminel. Votre seule excuse serait que vous n’ayez pas vu les vidéos du sort des prisonniers tombés aux mains de ce bataillon. Aucun des membres de ce bataillon n’était né dans les années 30 et 40. En outre vous avez des lacunes historiques et géographiques. Les néo-nazis viennent en grande majorité de l’ouest ukrainien actuel qui avant la 2GM était polonais. Comme Bandera qui n’est pas né en URSS (alors empire austro-hongrois).

      Qu’un criminel néo-nazi soit arrêté et passe en jugement ou soit extradé à Lugansk, je ne suis pas surpris que cela vous déplaise.

      En France on passe en jugement pour beaucoup moins que ça:

      https://fr.sputniknews.com/france/202105271045662080-une-croix-gammee-formee-par-hasard-sur-le-toit-dune-maison-un-policier-poursuivi-a-belfort–photo/

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      • Christian Gedeon // 28.05.2021 à 13h46

        Criminel si vous voulez. Atroce aussi. Bien sûr. Cher ami la guerre est, oh surprise, degueulasse. Et vous faites une distinction qui ne devrait pas être, entre est et Ouest de l’Ukraine. Faut il rappeller que l’Ukraine est une création soviétique? Léniniste,Stalinienne?😂

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        • LibEgaFra // 28.05.2021 à 17h51

          « Cher ami la guerre est, oh surprise, degueulasse. »

          Etes-vous capable de faire la différence entre des agresseurs qui commettent des crimes de guerre et des résistants qui défendent leurs familles et leur territoire? Et qui traitent correctement leurs prisonniers malgré les crimes qu’ils ont commis?

          Mettre toutes les parties sur le même plan, c’est ce que moi je trouve « dégueulasse ».

          « Et vous faites une distinction qui ne devrait pas être, entre est et Ouest de l’Ukraine. »

          Vous confirmez votre méconnaissance de l’histoire de l’Ukraine.

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    • antoniob // 28.05.2021 à 15h48

      > Manque de sens politique et contre efficace.

      – c’est un signal aux autres çonnards de cette mouvance, de se tenir à distance du territoire biélorusse. On se doute que la police locale fait un travail de traçage et chasse aux petits soldats locaux des régimechangeurs. et le fait qu’un vol ait été posé au sol pour en saisir un qui ne faisait que survoler l’espace aérien, peut servir de message qu’une étape supérieure est mise en place

      – comme je commentais, l’affaire, qui fait sonner le cor des indignations dans la presse système, permet de mettre en évidence les mécanismes euromaïdanesques mis en oeuvre.

      – l’hypocrisie euro-unioniste au sujet de « l’extrême-droate » est mise une fois de plus en évidence.

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  • Gleux // 28.05.2021 à 10h54

    «Quand bien même cela serait légal au point de vue du Droit International, une telle situation n’est pas acceptable politiquement au vu du danger encouru par les passagers.»
    Non, les passagers (hormis Protossevitch) n’ont pas encouru de risque, des désagréments à cause du retard oui, mais un atterrissage d’urgence, sans problème technique ou météo n’est pas plus dangereux qu’un atterrissage standard.

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    • FPOLE // 28.05.2021 à 13h37

      Si l’avion dans lequel vous vous trouvez est encadré par des avions de chasse qui l’obligent à atterrir, ça n’est pas seulement un léger désagrément. Les passagers de l’avion ont pu éprouver le sentiment que leur vie était mise en danger, on ne sait pas comment peut réagir le pilote (en règle général, la sécurité des passagers lui tient à cœur) Mais il est déjà arrivé que le pilote d’un avion de ligne (dérangé mentalement et suicidaire) s’écrase volontairement.

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      • Gleux // 28.05.2021 à 13h55

        Dans tout les cas d’interception les pilotes suivent les avions de chasse, dans le cas d’une alerte à la bombe c’est une procédure standard. Lors de la conversation avec le contrôle aérien (si celle-ci est authentique), il a été proposé (et non pas imposé) au pilote de se dérouter vers Minsk, chose que le commandant de bord a accepté après un cours moment de réflexion. Que les passagers puissent éprouver le sentiment que leur vie est en danger est une chose, mais ça reste qu’un sentiment, en fait leur vie n’est absolument pas en danger (d’autant plus qu’il n’y avait en fait pas de bombe), le danger dans ce cas, c’est la bombe, pas le MiG.
        Quant au pilote sui s’est suicidé avec son avion, il n’y avait pas de chasseurs dans le secteur, l’exemple est hors sujet.

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      • moshedayan // 28.05.2021 à 14h56

        Ah oui, mais renseignez-vous en apprenant l’anglais ou le russe… l’avion n’était accompagné que d’un seul mig 29 et encore accompagné dans la phase finale d’atterrissage quand il avait déjà changé de direction. Il pouvait en fait continuer sur Vilnius à 5 minutes près il passait la frontière biélo-lituanienne, mais il a obéi-écouté les contrôleurs qui lui disaient qu’atterrir en escale sur Minsk était plus sûr que d’insister sur Vilnius ( à cause de l’alerte à la bombe). Le pilote de Ryanair ne savait pas (ou le contraire -lol) qu’il avait un kollabo de l’UE, c’est aussi simple … vrai la méthode n’est pas du tout « catholique » ou « orthodoxe » -tient là ça va bien les 2 LOL

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  • med // 28.05.2021 à 11h36

    Vous pouvez ajouter le détournement d’un avion par les USA a cause d’un journaliste du Monde Diplomatique
    https://www.monde-diplomatique.fr/2009/05/LEMOINE/17046

    L’homme qui menaçait les Etats-Unis

    « Après l’escale en Martinique, le copilote aborde discrètement un passager. « Etes-vous M. Hernando Calvo Ospina ? » Recevant une réponse affirmative, il l’entraîne à l’arrière de l’appareil et lui annonce qu’il est le « responsable » du « détournement ». Colombien exilé en France, journaliste, écrivain, collaborateur du Monde diplomatique, Calvo Ospina se rend au Nicaragua pour ce mensuel. Il a publié de nombreux ouvrages (1) et articles dénonçant la politique du président Alvaro Uribe, le paramilitarisme, le rôle des Etats-Unis en Amérique latine. Comme tout journaliste travaillant sérieusement sur la Colombie, il a eu l’occasion d’interviewer des membres de l’état-major des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). « Ma première réaction, témoigne-t-il, fut d’interroger le co-pilote : “Vous croyez que je suis un terroriste ? ” Il me dit : “Non, et c’est pour cela que je vous préviens.” Il me demanda de ne rien dire à personne, y compris au reste de l’équipage (2). »

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  • Orhan // 28.05.2021 à 11h40

    On ne peut pas dire que le bloc UE-USA ait inventé grand chose dans le fait de s’arranger avec ses valeurs en fonction de leurs propres intérêts (le Vénézuela est une méchante dictature, l’Arabie Saoudite nos alliés sympathiques, Assange est un salaud, le biélorusse un héros, etc les exemples sont légions), non le souci c’est de se poser en chantre de la tolérance, du pacifisme, le camp du bien. Bref si nous (bah oui nous puisque nous sommes des démocraties) léguons quelque chose à la postérité ce serait l’hypocrisie amenée à son degré maximal.

    Alors tout ça n’est pas partagé par tout le monde, en allant sur twitter (quelle idée) hier suite à l’agression d’une députée LFI par un policier, les « tolérants » pro-Europe, énergumènes-types de la moraline bourgeoise contre la violence et tout ça quoi, étaient ceux qui suintaient le plus de haine.

    Quand est-ce qu’avec l’extrême gauche et l’extrême droite utiliserons nous l’extrême centre pour qualifier ces fanatiques de l’économie de marché, de l’UE, ces idéologues anti-idéologies, qui, puisque ce sont eux qui sont réellement au pouvoir (en attendant l’autre droite), sont parmi non pas les responsables, mais les coupables de notre avenir obstrué.

      +12

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    • FPOLE // 28.05.2021 à 13h43

      quelques précisions :
      l’expression l’extrême centre a déjà été utilisée par LFI.
      compte tenu de l’ambiance actuelle, l’extrême droite peut être appliquée hors du RN (Darmanin trouvant Le Pen trop molle sur le rapport aux musulmans)
      LFI ce n’est pas l’extrême gauche, l’extrême gauche existe, elle a des partis (LO, NPA entre autres)

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      • Anfer // 29.05.2021 à 09h41

        Le centre ça n’existe pas.
        C’est une droite qui ne s’assume pas.

        Leur volonté de detruire les acquis du CNR, de revenir à un liberalisme egemonique de type 19ème siècle, les rend parfois plus réactionnaires que la droite conservatrice, dont les membres se soucient plus de garantir leurs place et le statut quo.

        Cette alliance des liberaux et de l’extrême droite n’est finalement pas si surprenante.

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  • DR // 28.05.2021 à 13h21

    Je ne comprends pas pourquoi l’arrestation de ce type serait condamnable et pourquoi il devrait être libéré ! Il faudrait montrer qu’il y a effectivement eu détournement. Or, pour ça, il faudrait montrer que l’alerte à la bombe était fausse, venait du gouvernement biélorusse, et avait pour but l’arrestation du type en question. Il faudrait avoir, au moins, l’avis du commandant de bord et de la compagnie d’aviation, et les échanges avec l’aéroport de Minsk. Il semble bien que le commandant de bord n’a subi aucune contrainte.
    Dans l’hypothèse d’un coup tordu, qui reste donc à prouver puisque l’accusation est portée par l’occident et est niée par la Russie et la Bielorussie, ce coupe tordu se place dans une situation de conflit où l’occident ne respecte aucune règle. Alors, je plaide la légitime défense !

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    • Georges55310 // 29.05.2021 à 17h04

      Surtout que les détournements d’avions pour mettre la main sur une personne a été utilisé par la France et par l’Ukraine, les premiers à hurler contre ce genre de procédé qui il faut le souligner n’est pas correct. Et sans détourner d’avion, elle a fait comment la France pour traduire Klaus Barbie devant la justice française ? Ce n’est pas nouveau… Le mur de Berlin est attribué aux Russes (c’est une décision Ukrainienne dirigeant le soviet suprême soviétique) L’affaire de Cuba pareil, l’annexion de la Crimée en 1954 pareil, le printemps de Prague pareil etc. Et oui, Nikita Khrouchtchev était Ukrainien et commissaire du peuple Ukrainien depuis les années 30 comme son pote Léonid Brejnev. Moi il ne me viendrait pas à l’idée d’attribuer aux Belges les décisions de Bruxelles au nom de l’Europe. Nous pouvons continuer à l’époque du Géorgien Staline quand il est prétendu que la Russie a profité de l’invasion de la Pologne pour lui voler des territoires. En réalité, la Pologne a fait la guerre et conquis des territoires d’Ukraine en 1923 et les Ukrainiens ont profité de l’invasion Allemande pour récupérer ce qui leur appartenait avant. Nous avons fait pareil pour l’Alsace et la Lorraine. la Sarre a choisi par vote de rester Allemande. Toutes les malfaisances soviétiques ont systématiquement été attribuées aux Russes pour une raison simple : les Russes ne pouvaient pas protester, c’était le seul pays de l’union soviétique à ne pas posséder de gouvernement depuis l’assassinat de la famille impériale par Lénine et ses bolcheviques envoyés, soutenus financièrement et militairement par l’Allemagne.

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  • Richard // 28.05.2021 à 16h04

    RT.com publie ce matin, /Russie, un document signé par Paul Robinson, Professeur agréé, et vice doyen, Université d’Ottawa, sur l’évènement au Bélarus.
    C’est un professeur qui parle français, anglais et le russe., avec un passé exemplaire.

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  • LibEgaFra // 28.05.2021 à 18h10
  • Christelle // 28.05.2021 à 23h10

    [Modération : Merci, mais nous avons pris soin, ici, de na pas diffuser d’information et d’images non prouvées comme étant celles de Roman, afin de ne pas induire nos lecteurs en erreur. « Il lui ressemble » n’est pas une preuve solide – encore moins sur une image avec un filtre déformant.]

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  • JM Bourget // 29.05.2021 à 09h29

    Isabelle Mandraud alors chargée pour Le Monde de couvrir la Libye est tombée raide dingue des immenses qualités du démocrate de l opposition à Kadhafi le dénommé Benhadj. Au point de favoriser sa visite à Paris avec conférence de presse à l IREMMO, l institut pour la Méditerranée et le M.O. C est donc une expérience en démocrate d opposition. Je mets en ligne ce post puisque la dame, sans complexe, passe l’opposant biellorusse à la blanchisserie. Elle est gonflée la dame.

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  • JM Bourget // 29.05.2021 à 09h32

    Belhadj a combattu les soviétiques dans les années 1980 lors de la guerre d’Afghanistan, il est par la suite l’un des fondateurs puis l’émir du Groupe islamique combattant en Libye. Il a par la suite vécu successivement au Pakistan, en Turquie et au Soudan[1]. En Irak, il combat aux côtés de Abou Moussab Al-Zarqaoui, le responsable d’Al-Qaïda à Bagdad[4].

    En 2003, il est arrêté en Malaisie par la CIA. Interrogé et torturé à Bangkok, il est livré au Mukhabarat en 2004[5].

    D’après José María Aznar, ancien Premier ministre espagnol, il était suspecté d’être impliqué dans les attentats du 11 mars 2004 à Madrid[6]. Un mandat d’arrêt du gouvernement libyen en 2002 lui prête également des liens ténus avec les leaders d’Al Qaïda et le Mollah Omar[7].

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  • JM Bourget // 29.05.2021 à 09h36

    CV de l ami BENHADJ (suite) En mai 2011, il rejoint l’insurrection contre Khadafi. Il part pour le Qatar où il prend la tête de la Brigade du 17 février, formée et armée par la France et les Émirats arabes unis[8]. De retour sur le terrain des opérations grâce à un point aérien à la mi-août, il dirige avec sa brigade les « insurgés de l’Ouest et de la Montagne berbère » au Djebel Nefoussa[4]. Principale force militaire de l’opération aube de la sirène, il s’empare de la caserne Khamis et de ses importants stocks d’armes puis devient le commandant du conseil militaire de Tripoli responsable de la capitale libyenne après sa conquête par les forces de l’opposition à la suite de la bataille de Tripoli de 2011[9],[10]. On l’aperçoit notamment dans un reportage réalisé pour France24 intitulé « la brigade de Tripoli » lors d’un conseil de guerre avant la prise de Bab Al-Aziziya, résidence de Khadafi à Tripoli.

    En 2012, il est candidat lors de l’élection de l’assemblée constituante libyenne[11].

    Selon de nombreuses sources, il se serait considérablement enrichi depuis la chute de Khadafi, notamment grâce au trafic de migrants. Il posséderait aujourd’hui une fortune de deux milliards de dollars[12].

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  • JM Bourget // 29.05.2021 à 10h12

    Mille excuses aux curieux égarés qui lirons mes commentaires sur Mandraud, obsédé par l Algérie et l un des fondateur du FIS Ali Benhadj, j ai baptisé, si je puis dire, Belhadj en Benhadj. Désole

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  • Marcus Aper // 29.05.2021 à 15h42

    Cher Olivier Berruyer,
    Ce type d’articles vous vaut mon admiration. Je ne vous suis pas sur tous les sujets, loin s’en faut, mais votre travail est très souvent remarquable. Il est bon de l’écrire.
    A côté, le journalisme comme profession organisée, dans sa forme actuelle, paraît complètement dépassé. Une corporation de propagandistes de la vieille école.
    J’espère que votre démarche est un exemple pour de futurs émules.
    Bon courage et bonne continuation!

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  • Georges55310 // 29.05.2021 à 16h35

    Je partage totalement les propos de Monsieur Olivier Berruyer d’autant plus que lorsque j’ai vu Bernard Henry Lévy exhorter la foule sur la place Maidan de Kiev et prétendre qu’il ne voyait pas de nazis sur la place, je l’ai traité de bel idiot sur mes commentaires en soulignant qu’ils étaient pourtant nombreux devant lui portant l’insigne de la division Das Reich sur leur drapeau. C’est d’ailleurs eux et eux seuls qui menaient le manège sur la place. J’avais ajouté que ce n’était pas une surprise puisque la partie occidentale de l’Ukraine était peuplée d’Allemands nazis importés par Hitler qui offrait des domaines d’Ukraine à ses meilleurs combattants. Mais pas seulement… Cette partie de l’Ukraine avait avant la deuxième guerre mondiale connu des propriétaires terriens venus d’Allemagne par ce que la terre était très fertile. Ne soyez pas naïfs, dans l’Est de la France occupée, les domaines qui bordaient les villages ont eu leurs propriétaires remplacés par des valeureux guerriers qui se sont fait appeler métayers après la guerre et propriétaires des domaines après les années de prescription. C’était en 2014 et bien entendu j’ai été déclaré gogol pour l’avoir dit.

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  • METZGER // 31.05.2021 à 01h11

    Bravo et merci pour ces documents et ces explications concrètes qui m’éclairent. Et je tombe des nues !
    Le théâtre d’ombres de l’info générale du Tyran et de la victime est assez partielle et partiale pour n’y rien comprendre.
    Olivier Berruyer a encore fait un travail de recherche et de présentation colossal.
    Si seulement il pouvait faire école !
    Merci Les Crises

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  • JLM18 // 31.05.2021 à 13h24

    Je reste toujours surpris par la presse française mais là je suis plutôt inquiet…La réponse du « monde  » est proprement hallucinant et révèle la dangerosité de la russophobie hystérique des médias, cela peut nous emmener très loin j’en ai peur….

      +2

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  • METZGER // 01.06.2021 à 14h53

    Bon, j’ai pioché sur le net en Russe et j’ai trouvé un blogueur connu qui dément totalement les informations de cet article :
    https://youtu.be/NjeFdndlOxA
    désolé pour les non-russophones…
    Un grand nombre d’intervenants pensent à une intox venue du gouvernement Biello-Russe.

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    • bill // 01.06.2021 à 15h50

      pouvez-vous traduire ? resumer ou détailler ?

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  • METZGER // 02.06.2021 à 12h06

    J’ai demandé à ce blogueur plus de précisions sur les faits qu’il tente de démontrer :
    1 ) – Que les photos montrent des personnages différents qu’il identifie
    2 ) – Que la blessure par balle dans le dos n’est pas possible ( gilet , pas de trace )
    3 ) – Que Roman Protassevitch n’a jamais été autre chose qu’un journaliste sans activisme militaire.

    Mon sentiment reste que le travail d’Olivier Berrurier est le seul sérieux que j’ai pu lire sur la blogosphère Française ou Russe : documenté et argumenté sérieusement. Il est extrêmement difficile de savoir si certains blogueurs ne sont pas des marionnettes animée par des services…

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  • PacoB // 03.06.2021 à 02h21

    Merci les-crises.fr pour ce travail remarquable, et peut être remarqué par le checknews de liberation du 2 juin 2021 à 16h30

    https://www.liberation.fr/checknews/le-journaliste-et-opposant-belarusse-roman-protassevitch-est-il-un-neonazi-20210602_O3TF5VZXTRGXTOMPO7PVD3RVAI/

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  • ThierryF // 03.06.2021 à 10h29

    Quand on pense que le journal Le Monde est certifié par l’IFCN (International Fact-Checking Network) comme média de confiance et de vérification de l’information, on a presque envie de rire ! Presque ! La fabrication du consentement est bien quelque-chose qui est à l’oeuvre, mais les états n’en sont pas toujours les maîtres d’oeuvre les plus actifs.

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  • Geoff-01 // 03.06.2021 à 19h45

    Il y a une question intéressante. Vous posez que l’intercpetion de cet opposant s’est déroulé dans des conditions condamnables. mais faut-il se rappeler: Mr Loukachenko est bien présenté, par les médias, comme un immonde dictateur. Dans ce cas, l’échelle de ses valeurs ne sont pas les mêmes. Alors qui a « donné » cet opposant en indiquant aux autorités biélorusses ?

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    • Mordred // 04.06.2021 à 19h14

      Geoff-01 qui a donné l opposant aux autorités Biélorusse ?
      C’est tout con, c’est sa copine Mme Sapega qui a pris une photo de Protassevitch, qui l’a envoyé a un ami commun qui travaille chez Nexta qui lui s’est empressé de poster la poster la photo sur Télégram, en disant que leur chef était a Minsk……..

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  • Marie // 05.06.2021 à 11h14

    La confession de Protassevitch en russe pour les russophones.
    Le tragique crève l’écran à la fin de cet entretien

    https://youtu.be/Ov1K-f930UA

    Ou comment s’offrir une jeunesse aventureuse et ensuite pleurer sur les pots cassés…

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