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30.septembre.201530.9.2015 // Les Crises

[BNP] Il y a quelque chose de pourri au Royaume de Hollande

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Vous pensez bien que j’ai une bonne connaissance de la personnalité et des actions dans l’ombre de ce monsieur – et que nous dirons donc que je suis inquiet…

Banque de France : la nomination d’un ex-dirigeant de BNP dénoncée par 150 économistes, par Anne Michel

Source : Le Monde

Peut-on nommer un ancien banquier – fût-il ancien haut fonctionnaire reconverti dans la banque –, à la tête de la Banque de France, institution indépendante dotée de missions d’intérêt général ?

« Non », répondent sans détour près de cent cinquante économistes et universitaires réputés – du très en vue Thomas Piketty au très discret François Bourguignon de l’Ecole d’économie de Paris –, dans une tribune commune, publiée mardi 15 septembre dans Le Monde, s’opposant à la désignation de François Villeroy de Galhau comme prochain gouverneur de la banque centrale française.

Aujourd’hui âgé de 56 ans, cet ancien directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn (DSK) à Bercy a été officiellement choisi par François Hollande, le 8 septembre, pour succéder à Christian Noyer au sommet de l’une des plus prestigieuses institutions de la République, à compter du 31 octobre.

Brillant énarque passé par l’Inspection des finances, ce vieux compagnon de route de la gauche a rejoint le privé en 2003 et opté pour une carrière de banquier chez BNP Paribas. Il en était le directeur général délégué jusqu’en avril.

Alors que ce choix doit encore être validé, le 29 septembre, par les commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat, les signataires de cette lettre ouverte appellent les parlementaires à rejeter « le choix du président ».

De leur point de vue, si les qualités du candidat présenté par le chef de l’Etat sont incontestables, son passé de banquier privé le disqualifie pour cette institution chargée de tout à la fois de superviser le secteur bancaire français en coordination avec la Banque centrale européenne (BCE) et d’appliquer en France la politique monétaire décidée à Francfort. Ce passé, estiment-ils, l’expose « à un grave problème de conflit d’intérêts ».

A l’origine de cet « appel des 150 » aux côtés de Laurence Scialom, professeur à Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, et Anne-Laure Delatte, chargée de recherches au CNRS, Jézabel Couppey-Soubeyran, maître de conférences à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, justifie la démarche : « Ce n’est pas une attaque ad hominem, affirme-t-elle, mais une tribune fondée sur des principes. M.Villeroy de Galhau coche la case de l’expertise pas celle de l’indépendance. »

« On ne peut pas laisser la finance dicter ses choix aux politiques et placer à la tête d’une Banque centrale ou d’une autorité de supervision une personnalité issue du secteur bancaire, argue-t-elle. Cela forge un état d’esprit et conduit à appréhender les évolutions du secteur bancaire avec un certain biais. »

Laurence Scialom renchérit : « François Villeroy de Galhau a défendu les intérêts des banques et de BNP Paribas pendant douze ans. Comment pourrait-il changer subitement ses positions pour incarner l’intérêt général ? L’indépendance ne souffre aucun doute. »

Son analyse est partagée par l’économiste Jean-Paul Pollin, professeur à l’université d’Orléans : « Le gouverneur de la Banque de France ne doit pas seulement être indépendant du pouvoir politique mais aussi du lobby bancaire. Or François Villeroy de Galhau serait l’envoyé de BNP Paribas à la banque centrale. Quand bien même il aurait des convictions et donnerait des garanties, la suspicion sera là. »

Comme ses cosignataires – dont beaucoup soutiennent le challenger du poste Benoît Cœuré, actuel bras droit de Mario Draghi à la BCE et économiste de formation – l’universitaire eut préféré un économiste pour diriger la Banque centrale. « Il faut songer à Greenspan ou à Bernanke, ces anciens présidents emblématiques de la Réserve fédérale américaine. Si les Etats-Unis, le Canada, l’Allemagne, vont chercher des économistes professionnels, parfois des prix Nobel, pour diriger les banques centrales, c’est que cela doit servir, argumente-t-il. La France est le seul pays à considérer que l’ENA constitue la voie royale pour faire de l’économie. »

Face à la polémique, toutefois, les nombreux soutiens de François Villeroy de Galhau restent droits dans leurs bottes et convaincus de tenir là le meilleur candidat pour le fauteuil de gouverneur de la Banque de France. Parmi leurs arguments clés figurent les récentes évolutions statutaires attachées à la fonction, et notamment le transfert, auprès de la BCE, depuis novembre 2014, de la supervision des grandes banques européennes, dont BNP Paribas. Exit donc, soulignent-ils, le risque de conflit d’intérêts.

Ainsi, Michel Camdessus, ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) et ancien gouverneur de la Banque de France, se dit-il persuadé que « le Président de la République a fait un très bon choix ». « François Villeroy de Galhau a toutes les qualités requises, soutient-il, une extraordinaire droiture, une grande intégrité morale, des compétences techniques, le sens de l’Etat et du service public, qu’il a servi pendant vingt ans. Il a honoré la fonction publique. C’est l’archétype même du haut fonctionnaire que le reste du monde nous envie. »

Pour l’ex-banquier central, les opposants à sa nomination commettent « de lourdes erreurs de raisonnement », se trompant « sur le fonctionnement institutionnel, sur le job de gouverneur de Banque centrale et sur la personne ».

« La responsabilité du contrôle prudentiel qui exposerait un gouverneur peu scrupuleux à des conflits d’intérêt a disparu. Le job a été transféré à Francfort », explique notamment Michel Camdessus.

De son côté, Nicole Notat, présidente-fondatrice de Vigeo [OB : et présidente du club Le Siècle aussi, hein…], société spécialisée dans la notation de la responsabilité sociale des organisations, apporte son soutien à la candidature de l’ex-collaborateur de DSK : « Il est légitime que les gens se posent des questions. Mais il n’y a pas d’opposition de principe à cette nomination, estime-t-elle. Connaissant François Villeroy de Galhau, je n’imagine pas un seul instant qu’il n’ait pas bordé la question de son indépendance. Il se fera fort de démontrer qu’il est libre d’intérêts. Je l’ai vu faire au ministère de l’économie puis chez BNP Paribas où il a donné corps au concept de banque responsable, sur l’octroi de crédits ou la gestion des ressources humaines. Il a l’éthique chevillée au corps. »

[AH AH AH AH AH AH AH AH AH AH. Façon “Les yeux dans les yeux, je n’ai pas de compte en Suisse”…]

Le « verdict » sera rendu le 29 septembre.


Hallucinant, une député européenne centriste le défend maintenant !

Villeroy de Galhau et l’influence européenne de la France

Goulard Sylvie, député européenne (ADLE), Les Echos, 17/09

Haro sur François Villeroy de Galhau, inspecteur des finances, ancien dirigeant de BNP Paribas, candidat au poste de gouverneur de la Banque de France ! Des économistes, des élus crient au conflit d’intérêts. Vu de Bruxelles, le débat a quelque chose de consternant.

A quoi sert, en 2015, la Banque de France ? Elle ne bat plus monnaie, elle ne supervise plus les banques nationales. L’une des missions cruciales de son gouverneur est de siéger au conseil de la Banque centrale européenne (BCE). L’expérience des institutions européennes et des rouages de l’Etat, une voix forte, voilà les qualités requises pour la diriger. Bien des détracteurs de M. Villeroy de Galhau sont les premiers à demander un contrepoids à l’Allemagne et à ses « dogmes monétaires ». Face au puissant président de la Bundesbank, Villeroy de Galhau, excellent germaniste, bon connaisseur de l’Italie, serait un interlocuteur solide. Sa conscience sociale n’est pas non plus à prouver.

Est-il gênant d’avoir été banquier pendant quelques années ? Face à la puissance de la finance, la naïveté n’est pas de mise, mais c’est un organisme européen dont le siège est à Francfort qui supervise le secteur bancaire. Quand nous avons auditionné Mario Draghi en 2011 au Parlement européen, nous avons pesé le pour et le contre, compte tenu de son expérience chez Goldman Sachs. Une partie de la gauche française mobilisée contre Villeroy de Galhau porte Mario Draghi aux nues pour sa politique monétaire inventive et son défi au marché de l’été 2012. C’est pourtant sa connaissance fine des marchés anglo-saxons qui explique en partie son succès. Si les individus dotés d’une expérience pratique sont systématiquement écartés, l’Eurosystème sera encore plus perçu comme technocratique, coupé du réel. En outre, les enjeux financiers sont planétaires. Avoir vécu de l’intérieur les vicissitudes d’un groupe européen global peut être un atout pour riposter par exemple à l’extraterritorialité des lois américaines.

Quelle extraterritorialité ??? Bientôt ça va êtres les USA qui sont coupables… Si tu utilises le dollar, tu respectes les lois américaines, surtout quand on t’a prévenue hein, point barre.

Peut-on être indépendant quand on a été dans le secteur privé ? L’intégrité, essentielle, exige un cloisonnement étanche entre passé et présent. Mais l’intéressé a publiquement renoncé à plus de 1 million d’euros de rémunérations différées. En poussant l’acharnement, il est à craindre que la France ne devienne une société de suspicion, dépourvue de passerelles entre sphère publique et entreprises privées.

Un académique ferait-il mieux l’affaire ? Plusieurs banques centrales du monde sont ou ont été, dirigées par des économistes. Le métier requiert une expertise, mais ce n’est pas la seule qualité requise. Les économistes ne sont pas infaillibles, comme la crise l’a prouvé. La controverse en cours reflète une France cloisonnée où chacun prêche pour sa paroisse alors que les étiquettes devraient moins compter que les vertus individuelles.

La nomination va suivre son cours. M. Villeroy de Galhau sera auditionné puis le Parlement français tranchera. Je regrette que la question importante de la parité hommes-femmes ait été évacuée alors même que la domination masculine reste, hélas ! l’un des traits de la finance.

énorme – tu m’étonnes, c’est le problème central ça… Un quota pour les dévastés capillaires aussi ?

La France peut faire en sorte que deux hommes de talent, aux profils différents, siègent au Conseil des gouverneurs de la BCE, l’un comme membre du directoire, très apprécié, Benoît Coeuré, nommé en 2011 pour un mandat de huit ans assurant son indépendance, l’autre comme gouverneur de la Banque de France. La France et l’UE ont tout à perdre à opposer deux personnes de cette qualité. Il y a quelque paradoxe à se plaindre de la perte d’influence de notre pays et à gâcher la plus précieuse de ses ressources, la ressource humaine.


Source : Le Nouvel économiste, 23/09/2015

Ma très chère banque

Banque de France : comment bien choisir un gouverneur ?

Réponse à Sylvie Goulard, parlementaire européenne, qui soutient la candidature de M. de Galhau à la tête de la Banque de France. Une simple querelle de chapelles franco-française, vraiment ?

Michel Crinetz, ancien superviseur financier & Philippe Lamberts , membre de la commission économique et monétaire du Parlement européen

Dans une tribune publiée le 17 septembre par ‘Les Échos’, la parlementaire libérale européenne Sylvie Goulard s’est dite consternée, “vu de Bruxelles”, par une lettre ouverte publiée deux jours avant dans ‘Le Monde’, contestant pour conflit d’intérêts la nomination de François Villeroy de Galhau, banquier à la BNP, comme gouverneur de la Banque de France : “La controverse en cours reflète une France cloisonnée où chacun prêche pour sa paroisse”.

Il aura échappé à son attention que la lettre ouverte est co-signée par un autre député européen, non français, qui voit aussi les choses “de Bruxelles”, et qui est en outre membre de la commission économique et monétaire.

La lettre ouverte ne prêchait pour aucune “paroisse”, mais soulevait seulement un aveuglant problème de conflit d’intérêts, que Mme Goulard minimise sans vraiment argumenter.

“Face à la puissance de la finance, la naïveté n’est pas de mise” écrit-elle ; c’est bien ce qui préoccupe les signataires de la lettre.

““Face à la puissance de la finance, la naïveté n’est pas de mise” écrit-elle ; c’est bien ce qui préoccupe les signataires de la lettre.”

Elle prête à tort à ces signataires l’attente d’un contrepoids à l’Allemagne et à ses “dogmes monétaires”, comme s’il était au pouvoir du conseil de la BCE de modifier les traités européens. Pour ce faire, elle nous révèle que le candidat officiel est “excellent germaniste, bon connaisseur de l’Italie”, comme si des conversations en italien et en allemand allaient faire progresser son point de vue.

Les discussions monétaires se tiennent en anglais et sont très techniques. Elle ne se demande pas si M. de Galhau, ancien directeur des impôts, a des compétences en matière monétaire ; du reste, comment sait-elle qu’il s’opposera aux “dogmes monétaires” de l’Allemagne ? En fait, personne n’en sait rien, l’intéressé ayant protesté de son désintéressement, mais fait état ni de ses compétences, ni de ses opinions en matière monétaire : peut-être est-il d’accord avec les idées allemandes ?

Elle vante “l’expérience pratique” de M. de Galhau, sans préciser qu’il était à la BNP responsable des marchés de particuliers, plutôt éloigné donc des problèmes de politique monétaire.

Enfin, Mme Goulard omet de signaler l’influence importante qu’aura le nouveau gouverneur en matière de supervision des banques (et des assurances), tant en France où il préside les collèges de supervision et de résolution, qu’à la BCE, où il sera un membre éminent de la supervision unique de la zone euro, alors que, là encore, rien dans son cursus professionnel ne l’a préparé à ces tâches de supervision devenues de plus en plus complexes ; sachant que cette supervision n’a été transférée à la BCE que partiellement, et en étroite collaboration avec les superviseurs nationaux.

À ce titre, il aurait à se prononcer de manière déterminante, d’une part sur la constatation et la sanction d’éventuelles fautes commises par son ancienne banque, en transmettant ou non les dossiers à la commission des sanctions, d’autre part sur les modalités de son éventuel sauvetage par des fonds publics, la directive européenne sur la résolution des banques instaurant une collaboration étroite entre les autorités nationales et européennes.

Une simple querelle de chapelles franco-française, vraiment ?

Espérons que les parlementaires français, décideurs le 29 septembre et en dernier ressort de cette nomination, en pèseront les différents aspects de manière plus approfondie et responsable que leur consœur bruxelloise…


Source : Le Monde, 29/09/2015

Banque de France : François Villeroy de Galhau reçoit l’aval du Parlement

Comme une lettre à la poste. Ou presque. Par 34 voix pour, 8 contre et 1 vote blanc (43 votants), les députés membres de la Commission des finances ont approuvé la nomination de François Villeroy de Galhau à la tête de la Banque de France, mardi 29 septembre en fin d’après-midi, après l’avoir auditionné pendant près de deux heures.

Leurs homologues du Sénat ont également massivement accordé leur confiance au candidat choisi par François Hollande pour diriger la prestigieuse institution financière publique, en remplacement de Christian Noyer, partant le 31 octobre. Les sénateurs ont soutenu sa candidature à raison de 25 voix pour et 5 contre (30 votants), levant définitivement le suspense autour d’un choix très discuté ces dernières semaines.

La voie est donc désormais libre pour M. Villeroy de Galhau, ancien haut fonctionnaire proche de la gauche passé au privé depuis 2003, et reconverti en banquier chez BNP Paribas. Sa nomination en conseil des ministres devrait intervenir très rapidement.

Toutefois, si les parlementaires l’ont largement adoubé, plusieurs d’entre eux – à gauche, notamment dans le camp des frondeurs, et à droite –, n’en ont pas moins longuement questionné l’impétrant sur sur son passé récent de banquier chez BNP Paribas (pendant douze ans) et le risque de conflits d’intérêts avec ses futures responsabilités publiques.

Un risque qu’avaient auparavant pointé un collectif d’économistes, dans une tribune « anti-Villeroy » publiée le 15 septembre, arguant que la Banque de France exerce la tutelle du secteur bancaire, conjointement avec la Banque centrale européenne sise à Francfort et chargée depuis novembre 2014 de la supervision des principales banques de la zone euro.

Ouvrant le bal à l’Assemblée nationale, Hervé Mariton a lancé la première pique. Le député de la Drôme (Les Républicains) a rappelé que la mission sur le financement de l’économie confiée à M. Villeroy de Galhau par Matignon en avril, après sa démission de BNP Paribas, avait été conçue comme un « sas de décontamination », selon l’expression alors employée dans les coulisses du pouvoir. « S’il y a sas, c’est qu’il y a question», a suggéré avec ironie M. Mariton, déclenchant l’hilarité sur les bancs : « non, contamination ! »

« Comment réagirez-vous si se pose un jour [à Francfort] le problème de la résolution [intervention publique avant la faillite d’une banque] de BNP Paribas ou plus encore, d’un concurrent de BNP Paribas ? », l’a interpellé plus directement Karine Berger, député socialiste des Hautes-Alpes. Avant d’oser cette métaphore : « De même qu’on ne nomme pas les torreros à la commission de protection des animaux, il eut mieux valu vous proposer un poste à la BEI [Banque européenne d’investissement] ou au FMI (Fonds monétaire international)… »

De leur côté, reconnaissant à M. Villeroy de Galhau, comme l’ensemble des députés, d’indiscutables compétences et une probité jamais contestée par le passé, mais relevant à leur tour le danger du conflit d’intérêt, l’écologiste Eva Sas (Essonne) et l’élu communiste Nicolas Sansu (Cher) ont insisté sur la nécessité d’obtenir des assurances.

« Nous députés devons prendre toutes les garanties, a ainsi déclaré Mme Sas. Il y a une grande crise de confiance des citoyens envers les dirigeants et il n’est pas possible d’avoir des doutes sur les instances de contrôle et de régulation des banques ». « Aux Etats-Unis, le sas de décontamination dure dix ans et en Angleterre, neuf. Pas six mois ! », a ajouté M. Sansu.

Droit dans ses bottes, l’air serein dans une ambiance toujours restée bienveillante en dépit des mises en garde, M. Villeroy de Galhau a répondu point par point. Et donné des gages pour l’avenir. « J’ai mes limites comme chacun, mais je suis un homme libre et je suis un homme droit, a d’abord dit l’ex-directeur général délégué de BNP Paribas.

[AH AH AH AH AH AH AH AH AH AH]

Je déciderai en fonction de ce que je crois bon pour mon pays et l’économie. » « L’indépendance, ce sont des règles mais aussi un caractère et une éthique, a-t-il précisé. Le service public, ce sont mes tripes et mon engagement ».

Puis ce vieux compagnon de route de la gauche – qui fut notamment directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn à Bercy –, a multiplié les engagements envers le Parlement. Promettant en particulier de s’abstenir de tout vote concernant de près ou de loin BNP Paribas d’ici à mai 2017, soit pendant une période de deux ans après son départ de la banque.

« Je me déporterai » pour toute décision concernant la banque, a-t-il réaffirmé. De même si une affaire semblable au contentieux qui a récemment opposé BNP Paribas à la justice américaine se reproduisait. « Si par extraordinaire un événement de ce type devait intervenir d’ici à mai 2017, je ne m’en occuperai pas », a-t-il ainsi assuré.


Face à ce gros gros gros Bullshit, l’intègre Jean-Michel Naulot (lu plusieurs fois sur ce site) a pris la plume…

Source : Le nouvel économiste, 23/09/2015

Vous avez dit régulation ?

De l’opportunité de nommer un dirigeant de banque à la tête de la Banque de France

La nomination d’un banquier à cette fonction serait une première depuis la Libération.

Banque de France

Jean-Michel Naulot, ancien membre du collège de l’Autorité des marchés financiers (AMF)

Le 29 septembre, les Commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat vont émettre un avis sur la désignation par le président de la République de François Villeroy de Galhau, ancien dirigeant de la première banque française, au poste de gouverneur de la Banque de France. Compte tenu de la place prise par le débat sur la finance depuis la dernière crise, nos concitoyens attendent avec intérêt la position des parlementaires.

La nomination d’un banquier à cette fonction serait une première depuis la Libération. Il est arrivé qu’un gouverneur fasse carrière dans la banque après avoir dirigé l’institution mais, dans ce sens, cela ne s’est jamais vu. La vigilance dans les nominations semblait pourtant aller de soi après une crise financière dont on mesure encore aujourd’hui les effets délétères : 40 % des aides aux banques européennes non remboursées selon la BCE, dette publique très élevée, croissance anémique, chômage record. Nos concitoyens savent que cette crise s’est expliquée par une insuffisance de la régulation et une trop grande complaisance à l’égard de la finance.

“La vigilance dans les nominations semblait pourtant aller de soi après une crise financière dont on mesure encore aujourd’hui les effets délétères”

C’est pour cette raison que depuis les années 50, les Américains s’interdisent de nommer un dirigeant de banque à la tête de la banque centrale américaine. Les années 1920 avaient en effet montré comment la nomination de banquiers d’affaires à la tête de la Federal Reserve Bank of New York avait pu conduire à des dérives mortelles pour l’économie mondiale. Certains ont fait valoir ces jours-ci que la présidence de la Banque centrale européenne est assurée par un ancien banquier, et qu’il en est de même à la tête de la banque centrale d’Angleterre. Cette évolution récente est regrettable, mais on remarquera tout de même que la première nomination est intervenue après un “sas” de six ans entre le départ de la banque et la nomination, et la seconde après un “sas” de neuf ans, pas de six mois.

Au-delà du problème que peut poser la nomination d’un dirigeant de banque en termes d’opportunité et de message adressé à nos concitoyens au lendemain d’une crise financière d’une extrême gravité, on doit naturellement s’interroger sur le risque de conflit d’intérêts. Pour les décisions susceptibles d’intervenir dans le cadre de dossiers individuels, la question ne se pose pas car la règle du déport s’applique au moment de ces délibérations. En revanche, la question se pose en ce qui concerne les missions générales de la Banque de France en matière de supervision et de régulation.

Contrairement à ce qui est dit parfois, la mise en place du Mécanisme de supervision unique des banques de la zone euro (MSU) ne s’est pas traduite pour les banques dites systémiques par un transfert pur et simple de la mission de surveillance à Francfort. Cette mission est partagée avec les banques centrales. L’actuel gouverneur Christian Noyer considère que la surveillance des grandes banques françaises est assurée de manière conjointe : “La BCE assure avec l’assistance des autorités nationales de supervision le contrôle prudentiel d’environ 120 groupes bancaires de la zone euro, dont dix groupes français”. La supervision de la BCE s’opère “au sein d’équipes conjointes de contrôle” (“Joint Supervisory Teams”) et la Banque de France siège au Conseil de surveillance du Mécanisme de Supervision Unique des banques de la zone euro.

Gouverneur à vocation multiple

Comme gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer préside ainsi l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) qui est en charge de la surveillance des banques et des assurances, ainsi que du traitement de leurs défaillances. L’ACPR précise sur son site qu’en 2014, “elle a confirmé son rôle actif et son influence dans le mécanisme de supervision unique, que ce soit dans le cadre des échanges avec les services de la BCE ou des discussions au sein du Conseil de surveillance prudentielle”. Elle ajoute : “Cette capacité d’influence passe bien sûr par un travail préparatoire important qui a nécessité la création d’un service de coordination ad hoc au sein de la direction des Affaires internationales de l’ACPR, mais aussi par des échanges bilatéraux avec les autres autorités nationales”.

L’ACPR participe par ailleurs très activement aux travaux du Comité de Bâle qui prépare la régulation prudentielle internationale, notamment pour le calcul des exigences de fonds propres des banques, la définition du ratio de levier et des ratios de liquidité, les règles applicables aux bonus, les règles applicables aux portefeuilles de trading, les normes comptables, les règles particulières applicables aux banques systémiques. En 2014, l’ACPR a participé à plus de 250 groupes de travail internationaux.

“La Banque de France joue donc un rôle considérable dans la surveillance des banques françaises, grandes ou petites, dans la promotion de la gouvernance internationale et dans l’encadrement de la finance”

Enfin, la Banque de France joue un rôle très actif dans plusieurs institutions internationales qui sont en charge de la régulation de la finance mondiale : le G20 des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales, le Conseil de stabilité financière auquel le G20 a délégué les travaux en matière bancaire et financière, et la Banque des règlements internationaux. La BRI, qui coordonne l’action d’une soixantaine de banques centrales, héberge le Comité de Bâle qui définit les règles prudentielles. Christian Noyer présidait la BRI depuis 2010.

À travers toutes ces fonctions, la Banque de France joue donc un rôle considérable dans la surveillance des banques françaises, grandes ou petites, dans la promotion de la gouvernance internationale et dans l’encadrement de la finance. La rigueur des règles qui s’appliqueront aux banques dépend en grande partie de la fermeté qui sera mise en œuvre ou non dans toutes ces instances. Dans ces conditions, la nomination d’un dirigeant de la première banque française à la tête de la Banque de France est-elle opportune ? Ne va-t-elle pas créer un conflit d’intérêts ? Le débat est pour le moins légitime, et il appartient à nos parlementaires de prendre leurs responsabilités.

ÉPILOGUE avec Henri Guillemin :

Commentaire recommandé

Homère d’Allore // 30.09.2015 à 09h41

Moi, Président de la Finance, mon adversaire, c’est la République !

40 réactions et commentaires

  • Schmit // 30.09.2015 à 07h37

    Une République exemplaire !

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  • Crapaud Rouge // 30.09.2015 à 08h06

    M. Villeroy de Galhau a répondu point par point. Et donné des gages pour l’avenir.” : le commentaire d’Olivier sur ces propos, (“[AH AH AH AH AH AH AH AH AH AH]”), me semble plus que pertinent, car l’on sait trop bien que, dans leur langage orwellien, “gages pour l’avenir” doit être compris comme “promesses de vous entuber”.

      +27

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  • Bruno // 30.09.2015 à 08h08

    Il n’existe plus vraiment de limite. C’est un fin mélange de cynisme assumé et d’inconscience.
    A mi-chemin entre Macron « le libéralisme est une valeur de gauche » et Louis XVI, content de lui 10 jours avant la guillotine.

      +36

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    • Vladimir K // 30.09.2015 à 14h32

      En fait, c’est exactement ça… la France est en train de devenir les États-Unis en miniature, et le changement de nom de l’UMP en “Républicains” n’est pas si anodin que cela.

      Ne reste plus au PS qu’à se renommer “Parti Démocrate” ou “Parti Libéral” et c’est gagné !

        +9

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  • Renaud 2 // 30.09.2015 à 08h33

    Nicole Notat, à la tête du club Le Siècle, nous promet que ce monsieur : “a l’éthique chevillée au corps.” Nous voilà rassurés…

      +32

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    • Emmanuel // 30.09.2015 à 13h43

      Pourquoi pas ? Les mafieux ont bien un code d’honneur.

        +5

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      • Vladimir K // 30.09.2015 à 14h32

        Les mafieux oui, les Énarques non.

          +17

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  • GaM // 30.09.2015 à 09h10

    Je ne vois pas où est le problème, la Banque de France est, depuis ses origines, une institution au service des riches et une création bien peu étatique, morale encore moins.
    Comme le rappelle Henri Guillemin que je vous invite vivement à écouter :
    https://www.youtube.com/watch?v=6jIrpNCzA-s

      +24

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    • Renaud 2 // 30.09.2015 à 09h38

      Exactement, merci pour le lien. Par ailleurs, la FED et la BCE sont également détenues par des intérêts privés.

        +9

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      • vloiseau // 30.09.2015 à 10h21

        Toutes sont calquées sur la matrice : la banque d’Angleterre. Un groupe d’individus privés mené par William Patterson qui prends possession de la monnaie du pays contre un plat de lentille. Double bénéfice, prêt de 1,2 millions de Livres-or au souverain Guillaume III d’Orange à 8% en 1694 , et en même temps création monétaire de monnaie papier de la somme équivalente.

        Digression intéressante aussi le rattachement de l’Ecosse à la couronne anglaise suite à l’indemnisation des actionnaires sous forme d’action de la Banque royale d’Ecosse nouvellement créée après l’échec de la colonisation au Panama, en avance sur J. Law.

        https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Paterson_(banquier)

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    • Lt Anderson // 30.09.2015 à 09h57

      Rappel INDISPENSABLE.

        +0

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    • adrien // 30.09.2015 à 10h00

      Continuité dans le choix du gouverneur de la BdF, qui est en fait au service ..Des banques. On se souvient que Christian Noyer, l’actuel gouverneur, s’était opposé au projet de régulation bancaire présenté par Bruxelles en 2013, critiquant aussi le projet de taxe sur les transactions financières, et la séparation banque d’affaires / banque de détail .
      Continuité aussi pour monsieur ” Mon Ennemi-c’est-la-Finance ” qui a choisi un ex banquier d’affaires de chez Rothschild comme ministre de l’Économie et une ex économiste de Barclays puis Bank of America comme conseillère économique …
      http://www.bastamag.net/Collusion-et-pantouflage-quand-le-lobby-bancaire-met-la-main-sur-la-haute

        +11

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  • Homère d’Allore // 30.09.2015 à 09h41

    Moi, Président de la Finance, mon adversaire, c’est la République !

      +48

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    • AL2015 // 30.09.2015 à 11h25

      Attention ! Le mot “république” est un mot fourre tout et peut cacher une ou plusieurs associations de malfaiteurs ! Pas sûr que notre scooteriste en chef soit contre la “République” sinon laquelle ? celle de l’homme à talonnettes ?

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    • yoananda // 01.10.2015 à 23h30

      non, l’adversaire c’est la nation, le peuple … la république c’est l’arme.

        +0

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  • ARDUS // 30.09.2015 à 09h44

    Saine polémique qui maintient une certaine pression sur les décideurs pour leur rappeler qu’ils ne peuvent pas faire n’importe quoi. Ceci dit, on ne voit pas bien en quoi la nomination d’une autre personnalité, fut-elle économiste et étrangère à l’ENA, aurait changé la donne dès lors que le système bancaire auto-gère de fait sa propre régulation. L’oligarchie regorge de personnalités qui sont prêtes à servir les banques sans nécessairement en être issues, notamment chez les économistes. Se plaindre que l’intérêt général ne trouve pas son compte dans une telle nomination donne l’impression d’un certain décalage d’avec les réalités. A tout le moins d’un temps de retard sur les évolutions en cours, comme si l’intérêt général n’avait pas déserté de longue date ces instances de pseudo-régulation. Beaucoup des contestataires de la décision de Hollande se donnent ici des airs de vertu à pas cher, indécrottables pourfendeurs des marges du système sans jamais en dénoncer la nature profonde.

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    • olivier69 // 30.09.2015 à 23h34

      Pseudo-régulation, oui. Vous voulez dire que les flux sont régulés dans le même sens, de la même façon et même très bien canalisés. La masse financière supplémentaire a été dirigée vers le sommet. Cela était une intention et non le fruit du hasard….

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    • Crapaud Rouge // 01.10.2015 à 00h33

      comme si l’intérêt général n’avait pas déserté de longue date ces instances de pseudo-régulation” : vous avez malheureusement raison, mais la “porosité” entre secteurs privé et public en est l’une des causes, et, à défaut de pouvoir y remédier, on peut au moins dénoncer le phénomène. Olivier n’est pas seul du reste : http://www.bastamag.net/Collusion-et-pantouflage-quand-le-lobby-bancaire-met-la-main-sur-la-haute

      des airs de vertu à pas cher” : là je ne vous suis plus, c’est plutôt le nominé et ses soutiens qui se donnent de tels airs, non ?

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      • ARDUS // 01.10.2015 à 07h41

        Cette porosité est une cause mineure du phénomène de la prise en charge par l’Etat des intérêts économiques privés sous-jacents au système bancaire. On a bien raison de la dénoncer mais là n’est pas vraiment le problème qui procède de la prise de pouvoir de la rente dans tous les compartiments de la société. Si on adopte ce dernier point de vue, on peut d’ailleurs considérer que la porosité dénoncée est une conséquence et pas une cause de cette domination illégitime. Un fonctionnaire pur et parfait pourrait tout aussi bien faire le job que ce banquier et certains de ses détracteurs s’en trouveraient alors satisfaits. C’est bien là tout le problème des frondeurs qui restent toujours à la surface de la contestation et, sans vision cohérente de l’ordre des choses, ne se donnent jamais les moyens de tirer les conséquences politiques de leurs critiques. C’est comme quand ils contestent le montant de la ponction opérée par Hollande sur le budget de l’Etat en faveur des mêmes possédants sous couvert de compétitivité sans voir que c’est la ponction elle-même et les politiques d’austérité qu’elle induit qui est contre-productive du point de vue de l’intérêt général. Les critiques qu’ils formulent à l’encontre des mesures prises par l’Etat s’arrêtent toujours au point précis où elles risqueraient de mettre en cause les intérêts fondamentaux que sert l’Etat. Ils sont des opposants de pacotille qui se donnent en effet des airs de vertu à bon compte.

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  • Deres // 30.09.2015 à 11h33

    Dans l’affaire des Mistral, la commission parlementaire a aussi constaté que le gouvernement n’a pas respecté la constitution en avalisant officiellement un accord avant que le parlement l’autorise. Et ensuite … rien. Le gouvernement peut donc très bien se nettoyer les pieds sur la constitution et le parlement sans que cela ait la moindre conséquence.

    On a aussi constaté que maintenant, le gouvernement se donne le droit d’aller bombarder n’importe où à l’international, sans le moindre contrôle ou aval parlementaire, juste suivant les besoins du calendrier politique ou des déplacements à l’étranger du président. Et en invoquant la “légitime défense”, ce qui sous-entend qu’ils étaient au courant avant de risque pour les français mais n’en tenait pas compte car cela n’avançait pas leurs intérêts personnels.

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    • Deres // 30.09.2015 à 11h39

      Et je ne vous parle même pas du fait que le gouvernement a reconnu avoir livré des armes en Syrie à des rebelles indéfinis, alors qu’il affirmait ne livrer en notre nom que du matériel “humanitaire”. De plus nous avons participé à la motion à l’ONU mettant justement en place l’embargo sur les armes à destination de ce pays tout en le violant sans hésitation. Mais aucune éraction parlementaire ou de l’opposition.

      En comparaison de tous ces mensonges et déni de démocratie, la nomination d’un copain à la banque de France me semble être juste un symptôme anecdotique du mal qui ronge la démocratie dans notre pays. Dans les faits, le gouvernement fait ce qu’il veut, il n’y a plus aucun contre-pouvoir ou barrière pour l’arrêter en quoi que ce soit.

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  • Jacko // 30.09.2015 à 12h19

    Après la “droite” décomplexée, la “gauche” hyper décomplexée.
    “Moi président…”
    Et bien toi président tu m’auras définitivement convaincu d’une chose, je n’irai plus jamais voter.
    Ma mère me dit toujours “Mais c’est un devoir, certains sont morts pour ça !”. Et oui, je sais, et bien ils se sont sacrément fait avoir les pauvres… Il faut dire que peu avaient le choix.

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    • Alfred // 01.10.2015 à 00h37

      C’est quand même sidérant que hollande vous fasse cet effet là (je suppose que vous êtes de gauche mais au fond ça ne change rien c’est pareil pour le camp d’en face).
      Depuis 1983 vous devriez pourtant avoir eu le temps de comprendre comment ça marche.
      C’est épatant de se dire que dans un futur assez proche Le Maire, Le Pen ou Valls auront fabriqué de nouveaux déçus qui vireront eux aussi abstentionnistes.
      Cessez d’y croire mais jouez donc encore un peu tant que vous le pouvez… Et tant qu’à faire faites des expériences sur ces hamsters.

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  • Mathieu // 30.09.2015 à 13h01

    Il y a le problème du conflit d’intérêt, des réseaux de ce monsieur. Il y a aussi le problème de sa compétence: gérer la macro-économie, c’est très différent de gérer une entreprise privée. Le fait est que le gouverneur de la banque de France va siéger au directoire de la BCE qui traite principalement de macro-économie. On a bien vu Jean-Claude Trichet: il ne comprenait juste rien à son job (un peu comme Greenspan d’ailleurs, qui a eu beaucoup de chance de présider une longue période sans crise majeure…)

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  • wesson // 30.09.2015 à 13h17

    Franchement, après le non lieu concernant François Pérol à la tête de la BPCE, qu’attendiez-vous d’autre ?

    Il me parait également important de noter que tout ceci se fait avec l’aval de nos parlementaires.

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  • Alain C // 30.09.2015 à 13h53

    [ …cette institution chargée de tout à la fois de superviser le secteur bancaire français en coordination avec la Banque centrale européenne (BCE) et d’appliquer en France la politique monétaire décidée à Francfort ]

    les choses sont claires : la France n’est plus un pays. C’est une “région” d’europe

    [ A quoi sert, en 2015, la Banque de France ? Elle ne bat plus monnaie, elle ne supervise plus les banques nationales ]

    c’est très très clair, en effet, hélas

    [ C’est l’archétype même du haut fonctionnaire que le reste du monde nous envie ]

    je pense que le reste du monde ne nous envie plus grand chose…

    à part les châteaux, les vins, les fromages et la cote d’azur

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    • Inox // 30.09.2015 à 15h20

      Exactement, il est très important d’assimiler que la France devient, avec les autres pays européens, un état des “États Unis d’Europe”, (officiellement Union Européenne). Nous perdrons un jour ou l’autre le titre de “Pays”.

      cette mutation est encore très jeune, mais, par exemple, à terme, je suis certain qu’on ne dira plus “Président de la république française”, mais “Gouverneur de France”. Certain également qu’une première langue commune sera imposée un jour ou l’autre (l’anglais au hasard, ça commence déjà… Mais ne vous inquiétez pas, les dialectes régionaux seront sauvegardés, ainsi que les cultures locales), etc…

      Le modèle est outre atlantique. Et ça se fera sur plusieurs générations histoire de ne pas choquer les nostalgiques.

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      • Alain C // 30.09.2015 à 18h01

        ben moi, j’espère que ça ne se fera pas

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  • Astatruc // 30.09.2015 à 13h58

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k39652n/f4.image.r=memoires%20Mollien.langFR

    Mémoires d’un ministre du trésor public, 1780-1815. Notice … 1898 Livre en mode image et en mode texte

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  • theuric // 30.09.2015 à 14h14

    Entre un banquier nommé pour contrôler les banquiers et Monsieur Sapir qui explique que les mauvaises rémunérations des salariés ne font que seulement poser problème, le système continue sa désagrégation.
    Je ne vois pas où se trouve la question, la B.C.E. n’est-elle pas dirigée par un ancien de Goldman Sachs?
    Alors, pourquoi nos tendres et chers économistes signataires n’en ont-ils pas fait état en en montrant et démontrant le parallèle?
    C’est cet aveuglement qui est pire que toute autre chose.
    Que je sache, l’économie française et celle de l’Union-Européenne sont intimement liées et il est logique que la forme de l’agencement de la direction d’un système politique ou économique se retrouve à l’échelle du dessous, toutes les organisations ayant tendance à naturellement se structurer sous une forme ou une autre de fractale.
    Cela est historiquement visible dans les sociétés féodales.

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  • Vladimir K // 30.09.2015 à 14h41

    J’aime beaucoup les soutiens de Villeroy de Gahau qui réussissent à mettre le doigt exactement là où ça fait mal, en expliquant que tout va bien :

    Pour l’ex-banquier central, les opposants à sa nomination commettent « de lourdes erreurs de raisonnement », se trompant « sur le fonctionnement institutionnel, sur le job de gouverneur de Banque centrale et sur la personne ».

    « La responsabilité du contrôle prudentiel qui exposerait un gouverneur peu scrupuleux à des conflits d’intérêt a disparu. Le job a été transféré à Francfort », explique notamment Michel Camdessus.

    – Donc selon Michel Camdessus, pas de risque, puisque tout le travail sensible au conflit d’intérêt se fait à la BCE (et donc un gouverneur de BdF, ça ne sert à rien).

    Mais selon Sylvie Goulard :
    A quoi sert, en 2015, la Banque de France ? Elle ne bat plus monnaie, elle ne supervise plus les banques nationales. L’une des missions cruciales de son gouverneur est de siéger au conseil de la Banque centrale européenne (BCE)

    – En résumé, selon les soutiens de Monsieur Villeroy de Gahau, le risque de conflit d’intérêt n’est présent qu’à la BCE, où siègera donc Monsieur Villeroy de Gahau.

    CQFD !

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  • Leterrible // 30.09.2015 à 15h08

    Lié au sujet traité , mais pas directement…!!… j’espère enfoncer une porte ouverte , MAIS.. si ce n’est pas le cas , il est plus qu’urgent d’avoir (de prendre) deux fois une heure de temps avec l’intellect affûté….
    Les acteurs : MEDIAPART dans son époustouflante émission du 25 septembre (en deux parties d’une heure chacune) rendue gratuite en raison de son importance : Edwy PLENEL&consorts face à Ianis VAROUFAKIS , bien connu sur ce blog pourrait-il sembler , mais il est toujours plus qu’intéressant d’entendre et de voir en direct confirmer et surtout préciser quasi parfaitement à postériori la chronologie et la manière réelles dont l’Histoire s’est écrite dans la crise grecque développée ici à profusion.
    http://www.mediapart.fr/journal/international/250915/en-direct-de-mediapart-leurope-de-yanis-varoufakis
    **Première partie sans concession consacrée à la chronologie des pseudo-négociations..
    **Seconde partie prospective sur les conditions d’un potentiel “réseau européen de gauche”..!?
    dont voici un extrait mot à mot repris d’ailleurs:
    …” “…” Mediapart (MP) : [En tant que citoyen européen,] vous êtes beaucoup plus fédéraliste que souverainiste, pas du tout souverainiste ?

    Yanis Varoufakis (YV) : Non, non, je suis souverainiste, mais je crois en une souveraineté au niveau fédéral. Je ne suis pas non plus un grec égoïste qui veut une souveraineté nationale « et puis on s’en fout des européens » ; mais en Europe, on abandonne notre souveraineté nationale, et on ne crée pas de souveraineté européenne….Donc, on se retrouve avec une Europe dépolitisée ; et, comme on ne peut pas véritablement dépolitiser l’Europe, on se retrouve avec un système politique toxique et un système économique qui ne tient pas la route.

    Moi, je serais ravi si on avait de la souveraineté avec un parlement fédéral – une personne, une voix.

    Moi, je voudrais pouvoir voter pour Madame Merkel. Pourquoi n’ai-je pas le droit de voter pour Madame Merkel ? Elle pourrait voter pour moi, bien sûr.

    Mais ce que nous faisons… – à savoir dénigrer la souveraineté nationale sans pour autant créer un nouveau corpus politique qui permettrait de superviser ceux qui ont le pouvoir de notre argent – …notre système actuel est catastrophique.

    MP : Vous ne parlez pas de la transition écologique, ni de l’avenir. Selon vous, quelle croissance faut-il dans l’avenir ?….. Au final, n’êtes-vous pas un vieux Keynésien ?

    YV : Non, non […] Il est essentiel que l’on passe à une organisation sociale de production et de distribution qui NE QUANTIFIE PAS les éléments qui créent de la QUALITE et de la VALEUR dans notre vie.

    Autrement dit, il faut un peu s’éloigner du capitalisme. C’est pourquoi je me considère encore comme un marxiste aujourd’hui.

    Mais nous, marxistes, avons un passé assez lamentable. On a voulu une société formidable, et on s’est retrouvés avec les goulags. On doit donc être très humbles“.”..

    – – – – – – – – – – – –

    Après cet entretien retentissant et dans la même lignée , le journal “Le Monde” , lui-même..!.., suite au débat entre Yanis Varoufakis et Daniel Conh-Bendit le 27 septembre à l’Opéra-Bastille publiait ce commentaire:

    ” ” Derrière le cas grec, le véritable enjeu de ce débat a été celui de l’avenir d’une Europe aujourd’hui ” paralysée “.

    L’ancien leader du mouvement étudiant de Mai 68 est fermement partisan d’une solution fédérale. Une proposition qui ne semble pas déplaire à M. Varoufakis : «”Si l’on veut créer des Etats-Unis d’Europe, il faut donner de la souveraineté au Parlement européen. ” Pour lui, l’Eurogroupe – réunion mensuelle des ministres des finances de la monnaie unique – a pris le dessus sur les autres instances de l’UE. Même constat pour M. Cohn-Bendit, qui souligne que cette instance est non démocratique et qu’il est aujourd’hui impossible de remettre en cause les décisions prises en son sein : « Mais le problème ce n’est pas le Parlement, ce sont les forces politiques qui ont abdiqué. » ” ”

    (Par Aude Lasjaunias.)
    ————————————————————————————–

    BONNE ET URGENTE DIFFUSION…………

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    • Crapaud Rouge // 30.09.2015 à 21h43

      mais en Europe, on abandonne notre souveraineté nationale, et on ne crée pas de souveraineté européenne” : oui, c’est ce que je voulais faire remarquer depuis longtemps. On parle toujours de “transfert” de souveraineté, mais le mot est faux : il s’agit d’une perte sèche, principalement à cause des “automatismes” inscrits dans les traités. A cause aussi du budget européen, si riquiqui que c’est comme si l’on voulait diriger un paquebot avec une pagaie.

        +2

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    • Alfred // 01.10.2015 à 00h51

      Celle la je ne l’avais pas vue venir: après la gauche de gauche et la gauche de droite etc… Voilà venir le souverainiste européen!
      Voilà la nouvelle astuce pour bien mélanger la mayonnaise dans les cerveaux.
      Pout l’instant il n’ya pas de nation européenne et tant qu’il n’y en a pas (dans 50 ans peut être) ce positionnement est une escroquerie.
      C’est là la réponse orwelienne du système au retour “à la mode” de la souveraineté.
      Ce sophisme d’une part et le média utilise d’autre part (mediapart de plenel-en-laisse-à-travers-l’Atlantique) sont pour moi des incitations à se méfier lourdement de varoufakis. (Je suis déçu je l’avais à la bonne).

        +6

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  • grub // 30.09.2015 à 16h18

    ça plaisante pas les auditions.
    “Vous serez intègre ?”
    “Oui bien sûr, je suis un homme libre et un homme droit”
    “Ok, le poste est à vous”

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    • Vladimir K // 30.09.2015 à 16h43

      Non, pas tout à fait… il a dit :

      – j’ai des références qui peuvent vous attester que je suis intègre
      – de noms ?
      – Strauss Kahn, Hollande, Sarkozy, Macron…

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  • JacquesJacques // 01.10.2015 à 10h15

    Encore un cran de plus dans ….l’agonie du système qui nous enferme…..? Voilà pourquoi je ne lis qu’en diagonale ces nouvelles qui me bouffent trop d’énergie. C’est une bonne idée que d’avoir placé Monsieur Henri Guillemin, cet homme qui me fait aimer l’histoire…des hommes, certains grands et d’autres petits, petits…

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  • Dupre // 01.10.2015 à 22h36

    bonjour,

    j’ai signé le texte du monde…..
    et je ne crois pas a la souveraineté au niveau de l’Europe si elle ne revient pas avant, dans un premier temps au niveau des états.
    voir
    La France sera-t-elle colonie allemande en mai 2017?
    http://www.huffingtonpost.fr/denis-dupre/relations-franco-allemandes-2017_b_8212748.html

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  • courtier bordeaux // 02.10.2015 à 01h41

    Il faut relativiser tous ces pouvoirs. Les moyens en oeuvre pour les faire appliquer sont bien en dessous de ce que l’on pourrait imaginer. Les lois pleuvent mais les moyens de réguler eux sont très faibles. D’autre part l’homme à la tête d’une organisation est il vraiment en capacité de faire évoluer cette organisation. Nos dirigeants sont souvent bien fragiles à la différence des institutions qui restent et perdurent.

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    • dervan // 02.10.2015 à 21h03

      Pas faux mais bon le pouvoir médiatique a déjà engagé un sacré virage dans la non information ( pour ne pas dire parfois la désinformation – et c’ est contrôlé par qui déjà?- ) ,
      le pouvoir politique c’ est quand même en ce moment l’ art de brasser du vide pour ne pas gérer les problèmes ( trop compliqué et pas payant électoralement) ou en bref c’ est la montée de l’ insignifiance comme le disait Castoriadis,,
      Les institutions européennes ont aussi montré une face inquiétante ces derniers temps alors si en plus au niveau international , les banquiers prennent en mains les banques centrales nationales, …
      Cela me rappelle la phrase de Daladier accueilli par une foule en délire après la signature des accords de Munich ,il aurait dit ” quels c…. si ils savaient”. Là les c…., c’ est nous, on n’ est certes pas en délire mais bon si en grande majorité on avait compris.à temps…..

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