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1.novembre.20191.11.2019 // Les Crises

Interdit d’interdire – Idriss Aberkane et Françoise Bonardel sur l’intelligence

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Source : Russia Today France, Interdit d’Interdire, 16-10-2019

Source : Russia Today France, Interdit d’Interdire, 16-10-2019

Frédéric Taddeï reçoit :

– Idriss Aberkane, enseignant, conférencier et essayiste

– Françoise Bonardel, philosophe

Source : Russia Today France, Interdit d’Interdire, 16-10-2019

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Commentaire recommandé

lemoine001 // 01.11.2019 à 10h03

Avant même de visionner le sujet, je voudrais faire une remarque : l’intelligence est une notion difficile à cerner. Il vaudrait mieux parler en terme de modes de pensée.
En effet, Platon ou Homère étaient certainement des gens que l’on peut qualifier d’intelligents mais ils ne pensaient manifestement pas comme nous. Il en va de même des penseurs de moyen-âge qui excellaient dans le maniement de la pensée scolastique. Si on saute les siècles, on passe à Descartes et Spinoza dont le modèle de pensée était la géométrie. Avec Hegel et Marx, on passe à une pensée dialectique qui pense en terme de rapport, de système et de devenir (de processus en autodéveloppement). L’écologie exige, elle aussi, un mode de pensée complexe.
La question n’est donc, ou ne devrait donc pas être : sommes-nous plus intelligents ? mais notre mode de pensée est-il encore adapté ? et surtout quel effet ont sur notre mode de pensée les nouvelles technologies ? Le système éducatif a-t-il pris la mesure du mode de pensée exigé par le développement technologique (son utilisation mais surtout sa conception et sa maitrise) ?

38 réactions et commentaires

  • Je me marre // 01.11.2019 à 07h05

    L’école…

    Comparaison:

    La France, un grand pays (par la taille, hein ne me faites pas dire ce que je ne dis pas, et par comparaison avec son voisin, territoire 13x la Suisse, par la population 8x la Suisse…) un seul programme, déterminé par en haut, les profs transformés peu ou prou en perroquets. Formatage. Place de la critique?

    La Suisse, petit pays, 26 programmes différents. Hélas, il a fallu que les cantons romands établissent un plan d’études commun. Mais heureusement les contrôles sont pratiquement inexistants et les profs peuvent toujours enseigner ce qu’ils sont.

    Cependant quand on voit le nombre de soumis à fake book, il y a un gros souci pour l’intelligence.

    J’espère pouvoir être démenti.

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  • lemoine001 // 01.11.2019 à 10h03

    Avant même de visionner le sujet, je voudrais faire une remarque : l’intelligence est une notion difficile à cerner. Il vaudrait mieux parler en terme de modes de pensée.
    En effet, Platon ou Homère étaient certainement des gens que l’on peut qualifier d’intelligents mais ils ne pensaient manifestement pas comme nous. Il en va de même des penseurs de moyen-âge qui excellaient dans le maniement de la pensée scolastique. Si on saute les siècles, on passe à Descartes et Spinoza dont le modèle de pensée était la géométrie. Avec Hegel et Marx, on passe à une pensée dialectique qui pense en terme de rapport, de système et de devenir (de processus en autodéveloppement). L’écologie exige, elle aussi, un mode de pensée complexe.
    La question n’est donc, ou ne devrait donc pas être : sommes-nous plus intelligents ? mais notre mode de pensée est-il encore adapté ? et surtout quel effet ont sur notre mode de pensée les nouvelles technologies ? Le système éducatif a-t-il pris la mesure du mode de pensée exigé par le développement technologique (son utilisation mais surtout sa conception et sa maitrise) ?

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    • NulH // 01.11.2019 à 13h15

      Excellent début !
      À relire, réfléchir, repenser… méditer
      Comparer au concret..

      Ànoter ; dans “L’établis” une ancien de la rue d’Ulm, réalise qu’il faut une certaine dose d’intelligence pour souder, bien, et à la vitesse voulue, à la chaîne pendant plus de 9 heures 5 jours sur 7 !!!

      Ailleurs lire la philosophe Simone Veille.

      Et bien d’autres …. depuis. ..

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    • Wakizashi // 02.11.2019 à 06h48

      “Il vaudrait mieux parler en terme de modes de pensée.”

      Assimiler l’intelligence à la pensée est très réducteur. La pensée est une manifestation de l’intelligence parmi d’autres, mais elle n’est pas réduite à la pensée, loin de là. L’empathie, l’intuition, la sensibilité, la clarté d’esprit, sont d’autres manifestations de l’intelligence très éloignées de la pensée.

      L’Occident, et plus particulièrement la France, a mis la pensée au pinacle du fait de son héritage matérialiste (au sens philosophique). Mais si la pensée est certes un outil magnifique pour des questions pratiques, elle est parfaitement destructrice lorsqu’elle est livrée à elle-même. Or c’est le cas de 99% de l’humanité, chez qui la pensée est compulsive. L’être humain est noyé, perdu, hypnotisé par ses pensées. Ce faisant, il vit dans un monde conceptuel, passant complètement à côté de la réalité, de ce qui est. C’est ce qui explique la folie qui règne dans notre monde.

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      • jc // 02.11.2019 à 10h00

        @ Wakizashi

        Je suis d’accord avec ce que vous écrivez.

        Les “modernes” réduisent la pensée à une pensée matérialiste qui croit conceptualiser “objectivement” en saisissant des êtres intermédiaires, en créant des liens- entre les seules formes extérieures -pour paraphraser Thom-, en oubliant complètement de les relier aux formes génétiques. Du fait de cet oubli, les “modernes” se lancent dans des constructions purement intellectuelles qui ont toutes les chances de n’avoir que bien peu de rapports avec “notre” réalité, c’est-à-dire “la” réalité. Car, toujours pour Thom, “notre” réalité microcosmique reflète “la” réalité macrocosmique:

        “Les situations dynamiques régissant l’évolution des phénomènes naturels sont fondamentalement les mêmes que celles qui régissent l’évolution de l’homme et des sociétés, ainsi l’usage de vocables anthropomorphes en Physique est foncièrement justifié.”

        D’où le jugement de Thom sur le scientisme moderne:

        Thom: “Le dédain pour la théorie qui se manifeste dans les milieux d’expérimentateurs a sa source dans l’attitude analytique-réductionniste; or pour découvrir la bonne stratégie, il faut s’identifier à l’un des facteurs permanents du système. Il faut en quelque sorte entrer « dans sa peau ». Il s’agit là presque d’une identification amoureuse. Or comment pourrait-on aimer ce qu’on a, préalablement, cassé de manière irréversible ? Toute la science moderne est ainsi fondée sur le postulat de l’imbécillité des choses.”

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        • Wakizashi // 03.11.2019 à 09h10

          Vous parlez de René Thom ? Je ne le connais pas, toutefois s’il a argumenté contre le matérialisme et le scientisme, je ne peux que le saluer. Et de toute façon, à mes yeux toute personne honnête ne peut que constater que le matérialisme est réfuté par l’expérience d’Aspect (qu’il n’ait pas eu le Nobel pour ça en dit long d’ailleurs) : on sait à présent qu’il existe un niveau de réalité n’appartenant pas à l’espace-temps et à la matière-énergie, mais ayant une influence causale sur celui-ci. Donc tout n’est pas matière.

          Sur le lien ente formes extérieures et formes génétiques par contre, je n’ai rien compris. Pour recentrer le débat, il est question d’intelligence et il me semble que la première chose à en dire est que nous ne savons pas ce que c’est. Tout comme les concepts de “vie” et de “conscience” d’ailleurs. Par contre, il me semble évident que ces trois concepts (intelligence, vie, conscience) sont intrinsèquement liés, voire même qu’ils ne désignent qu’une seule et même réalité.

          Enfin, il existe un vaste corpus multimillénaire montrant que l’intelligence se manifeste essentiellement lorsque l’on cesse de s’identifier au mental, à la pensée. Les Japonais ont un mot pour ça, le mushin, qui signifie “non-pensée”, ou “esprit vide”, qui représente la quintessence de l’évolution spirituelle, et qui se caractérise par une profonde sagesse. Certainement ce qui manque le plus à l’humanité…

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          • jc // 03.11.2019 à 10h06

            @ Wakizashi

            Vous écrivez: “Sur le lien ente formes extérieures et formes génétiques par contre, je n’ai rien compris.”

            Thom termine ainsi “Stabilité structurelle et morphogenèse”, le premier de ses ouvrages majeurs (le second étant “Esquisse d’une sémiophysique”), d’une façon qu’on peut considérer comme optimiste :

            “(…) en écrivant ces pages, j’ai acquis une conviction; au coeur même du patrimoine génétique de notre espèce, au fond insaisissable du logos héraclitéen de notre âme, des structures simulatrices de toutes les forces naturelles extérieures agissent, ou en attente, sont prêtes à se déployer quand ce deviendra nécessaire. La vieille image de l’homme microcosme reflet du macrocosme garde toute sa valeur: qui connaît l’homme connaîtra l’univers.”

            Cette citation ne vous satisfera sans doute pas, mais il est hors de question de m’étendre ici sur ce que je prétends comprendre de la pensée thomienne. Si en avez la curiosité vous pouvez parcourir le recueil suivant de 90 pages de citations:

            https://www.maths.ed.ac.uk/~v1ranick/papers/thom/data/citations.pdf

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            • Wakizashi // 03.11.2019 à 11h35

              “au coeur même du patrimoine génétique de notre espèce, au fond insaisissable du logos héraclitéen de notre âme”

              Héraclite est une des nombreuses figures du corpus auquel je faisais référence (autrement dit la Tradition, la spiritualité), au même titre que St-Augustin, Lao Tseu, Ibn Arabi, et plus généralement tous les grands mystiques de l’humanité. Des gens et des peuples très éloignés dans le temps et l’espace, qui ne s’étaient pas croisés, sont arrivés aux mêmes conclusions.

              Ceci dit, l’équivalence “patrimoine génétique” – “logos héraclitéen de notre âme” que semble faire René Thom me laisse perplexe. Le patrimoine génétique est un vecteur de l’information, mais l’origine de l’information est antérieure aux gènes. J’espère que Thom ne réduit pas l’âme aux gènes… enfin, peut-être est-ce juste une formule langagière de sa part.

              “qui connaît l’homme connaîtra l’univers”

              Oui, parce que l’exploration du vide intérieur nous fait remonter à la source de toute chose : c’est l’expérience mystique. Ceci dit j’ai l’impression que René Thom reformule (de façon plus compliquée) des énoncés provenant de la spiritualité.

              “il est hors de question de m’étendre ici sur ce que je prétends comprendre de la pensée thomienne.”

              Oui, c’est hors-sujet d’ailleurs. Le sujet du fil, c’est l’intelligence, pas René Thom.

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          • marc // 03.11.2019 à 12h06

            “il est question d’intelligence et il me semble que la première chose à en dire est que nous ne savons pas ce que c’est”
            une définition correcte selon moi dit que l’intelligence est la capacité à se donner les moyens d’avoir une vie agréable………..
            on peut classiquement diviser en trois “aspects” l’expérience individuelle : physique, émotionnel et mental… ils s’influencent les uns les autres, cela est démontré depuis longtemps par l’effet placebo, les maladies psychosomatiques etc et nécessitent chacun une attention particulière
            -l’émotionnel semble primer devant le reste, cela semble être le moyen le plus efficace supporter les ennuis physiques et mentaux… bien que cela reste à débattre… donc être intelligent est savoir être heureux
            -pour le mental, le piège est la prise de tête, l’incompréhension, et la course au savoir est souvent pathétique, le mental et la logique moderne se heurtant régulièrement et de manière implacable à toute une frange de l’expérience personnelle…
            -physiquement il s’agit d’être rigoureux sur l’hygiène de vie…………..

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            • marc // 03.11.2019 à 12h08

              suite
              on constate que des personnes arrivent à “avoir une vie agréable” en privilégiant un des 3 aspects : exemples des fans et supporters passionés pour l’émotionnel, chercheurs passionnés pour le mental, sportifs vegans passionnés pour le physique… mais des zones d’ombres finissent souvent par demander à être arrangées
              enfin, l’expérience américaine est très instructive sur cette histoire : elle montre en particulier que le mental “mis en sourdine” et/ou manipulé… peut participer activement à une forme de bonheur, car je pense que les américains sont des gens heureux, grâce à un soin particulier sur les plans émotionnel et mental, en particulier pendant l’enfance… cela permet à la majorité de la population de supporter une hygiène de vie déplorable et la direction désastreuse prise par la société

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  • monsipoli // 01.11.2019 à 10h22

    La question est que faire de l’intelligence ? Nos élites n’en manquent pas, ces gens-là ont été formés « à bonne école » nous dit-on, mais alors quid de l’étymologie qui nous propose qu’être intelligent c’est avoir la faculté de comprendre, être spirituel, au sens élevé, quand on constate combien l’utilisation de ce qu’on nous donne pour une vertu ne dessert manifestement que cet autre sens du mot qui l’envisage comme « bonne » ?
    L’intelligence, seule, ne suffit pas, il lui faut une conscience éclairée pour œuvrer au bien commun. Sinon elle n’est qu’un couteau suisse entre des mains pas toujours très propres.

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  • lemoine001 // 01.11.2019 à 10h39

    J’ai du mal à comprendre comment Idriss Aberkane peut ne pas comprendre comment la capacité (l’intelligence) exigée ou développée par les jeux videos est d’une autre nature que celle exigée par la compréhension du fonctionnement d’un mécanisme, ou d’un poste à transistor, et encore différente de celle exigée par la lecture d’un texte de philosophie etc. La première est essentiellement calculatoire et spatiale (comme celle plus exigeante du jeu d’échecs) tandis que la seconde est causale (pour le mécanisme) et multicausale pour le transistor. Elle est conceptuelle et analytique pour le texte de philosophie.

    Exemple de mode de pensée, la dialectique : https://lemoine001.com/2013/06/16/dialectique/ (avec un lien avec la pensée archaïque comme pensée par vision)

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    • René Fabri // 01.11.2019 à 11h27

      Le jeu est une impasse, car il est superficiel et virtuel. Il permet de se détendre mais pas de travailler.

      La superficialité est évidente si on compare le joueur à un pianiste qui n’utiliserait que trois notes. En effet, les jeux sont très répétitifs et demande des actions rapides. Même les joueurs d’échecs font principalement des blitz (parties de cinq minutes).

      La virtualité se voit par mille exemples, dont je retiendrais le nombre énorme de divorces qui montrent que les nouvelles générations, immergés dans les jeux et les écrans, sont moins capables d’établir des relations sociales équilibrées et pérennes. La lecture des classiques prépare mieux les enfants à la vie adulte, même quand il s’agit de romans.

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      • François // 02.11.2019 à 02h07

        Il y à autant d’écarts entre les différents jeux proposés qu’entre un magazine people et les écrits de Kant.

        De même qu’il n’est pas nécessaire de réfléchir pour comprendre le contenu d’un numéro de gala, il faut une certaine dose d’attention pour comprendre Kant.

        Les Jeux vidéo c’est pareil, certain sont bête et répétitif, d’autres demande de la réflexion et des compétences sociales développé pour y réussir.
        Je joue à des jeux en ligne depuis 1997, et j’ai pu vérifier que les gens débrouillards et sympa dans les jeux complexe le sont aussi dans la vraie vie. A l’inverse les joueurs faisant preuve de peu de discernement et d’arrogance se comporte dans le virtuel exactement comme dans le réel.
        Les mondes virtuels anonymes permettent de voir les aptitudes et la vraie personnalité des gens plus rapidement que dans le réel car ils ne s’y sentent pas obligé “de paraitre”.

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  • lemoine001 // 01.11.2019 à 10h55

    Contrairement à ce que dit Françoise Bonardel (vers le 23ème minute) nous avons, pour le passé, un exemple très clair de l’effet destructeur d’une éducation inadaptée dans le roman “Manon Lescaut”.
    Le chevalier des Grieux à peine sorti de l’école (sorte de couvent) rencontre Manon Lescaut, blonde, jeune comme lui. Il tombe immédiatement sous sa dépendance (prisonnier d’une vision idéologie de “l’amour”). Il est complètement inadapté à une société non régulée, à un statut social qui en fait la proie de toutes les manœuvres de sa maitresse. Sa connaissance du latin, son éducation religieuse sont totalement inaptes à lui permettre de se diriger dans un tel milieu. Il est sous une emprise qui ne peut que conduire à une catastrophe. Dirions-nous qu’il est intelligent ? on peut aussi bien en faire un idiot ? Il n’est en fait ni intelligent ni idiot mais inadapté aussi bien intellectuellement que socialement.

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    • Anouchka // 01.11.2019 à 11h10

      Oui mais là, vous prenez une idéologie (ou plutôt sa représentation littéraire) pour la réalité. Rien ne prouve que des gens comme ceux dépeints dans Manon Lescaut aient réellement existé.
      Par contre je suis étonnée que Françoise Bonnardel n’ait pas pensé à « Madame Bovary» quand F Taddei lui a objecté que par le passé on s’était beaucoup inquiété de l’influence pernicieuse de la lecture (de romans) chez les hommes (en l’occurrence chez les femmes).

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      • lemoine001 // 01.11.2019 à 11h32

        La lecture n’est qu’une toute petite partie de l’éducation. Si on focalise sur elle, on peut aussi évoquer Don Quichotte !

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        • Anouchka // 01.11.2019 à 12h36

          Oui je parlais de cet exemple précis parce qu’il en est question dans le débat.
          Et que F.Bonnardel présente la lecture comme une pierre angulaire de la culture occidentale et un aspect central de l’éducation.
          Mais vous avez raison sur Don Quichotte.
          A noter que le roman est un aspect très caractéristique de la culture européenne (que l’on ne retrouve pas vraiment ailleurs) qui a été partiellement détrôné par les films et maintenant les séries. On notera aussi que le mot « roman » vient de la langue « romane » (ancêtre du français) dans laquelle il était écrit (alors que les textes savants étaient écrits en latin).
          Les séries, quant à elles sont majoritairement en anglais.

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    • jc // 02.11.2019 à 09h57

      @ Lemoine001

      Définitions par René Thom (métaphysicien/mathématicien):

      1. “L’intelligence est la faculté de s’identifier à autre chose, à autrui.”
      (Le chat est intelligent en ce sens qu’il a la faculté de se mettre dans la peau de la souris pour prévoir ses réactions afin de la capturer.)

      2. “L’homme en éveil ne peut, comme le nourrisson de neuf mois, passer son existence à saisir les objets pour les mettre en bouche. Il a mieux à faire: aussi va-t-il “penser” c’est-à-dire saisir des êtres intermédiaires entre les formes extérieures et les formes génétiques: les concepts.”

      Je me suis déjà exprimé dans la discussion qui a suivi la diffusion sur ce site de la vidéo le 17/10 (encore accessible à ce jour).

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      • lemoine001 // 02.11.2019 à 10h23

        Le chat est intelligent, le cochon est intelligent, le corbeau est intelligent, le nourrisson est intelligent. Tout le monde est intelligent. Je suis le seul qui fait exception : je ne comprends pas ce que bien recouvrir un concept aussi large. C’est comme un slip trop grand, il nous tombe sur les genoux !

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        • jc // 03.11.2019 à 09h02

          Les animaux sont naturellement intelligents. Le problème que je vois avec les humains, c’est que leur intelligence naturelle s’est artificialisée, leur pensée intuitive faisant progressivement place à la pensée instrumentale et à la technique de la preuve (en Occident: Aristote, Euclide…), avec une accélération énorme du processus par l’arrivée des calculateurs électroniques.

          Pour moi le défi principal que l’humanité doit relever est celui du conflit de l’intelligence naturelle et de l’intelligence artificielle. Et relever ce défi commence par tenter de définir ce dont on parle. Ma position dans ce conflit? Chassez le naturel, il revient au galop.

          Thom: “Je suis de ceux qui pensent que, même en science, l’introspection et l’expérience mentale jouent un rôle important. Tous les grands progrès théoriques, à mon avis, proviennent de la capacité¹ des inventeurs à se « mettre dans la peau des choses », pour pouvoir s’identifier par empathie à n’importe quelle entité du monde extérieur. Et cette espèce d’identification transforme un phénomène objectif en une sorte d’expérience concrète et mentale.”

          Thom: “Je suis tenté de croire que l’aspect fondamental de la signification est celui-là : l’identification du sujet avec une forme extérieure.”

          ¹: Si vous n’avez pas cette capacité de vous identifier à autrui (comme vous le suggérez vous-même) alors bienvenue au club, car moi non plus.

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        • Wakizashi // 03.11.2019 à 09h16

          @ lemoine001

          Que vous ne compreniez pas ce concept (qui peut prétendre le comprendre au fait ?) n’est pas une raison légitime ou pertinente pour le réduire à un autre concept qui vous arrange. Reconnaître sa propre ignorance est une preuve… d’intelligence.

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          • lemoine001 // 03.11.2019 à 11h33

            Un “concept” que personne ne peut comprendre n’est pas un concept. Il est comme le bâton de l’aveugle qui touche les choses sans rien désigner. C’est comme un slip trop large qui va à tout le monde mais vous tombe sur les genoux ! En fait il y en a beaucoup de ces faux concepts qui nourrissent des discussions sans fin, des discussions qui n’aboutissent à rien. Ils font le bonheur de gens comme Idriss Aberkane qui peuvent en parler brillamment sans crainte d’être réfutés. De tels “concepts” ne se réduisent pas mais se remplacent.

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            • Wakizashi // 03.11.2019 à 13h18

              Le problème n’est pas le concept, mais la réalité qu’il désigne. Si l’on va au bout de votre logique, refuser d’utiliser un concept incompris revient à s’affranchir de ce qu’il désigne. “Je ne comprends pas ce que signifie l’intelligence, donc je décrète qu’une chose telle que l’intelligence n’existe pas. Seule la pensée existe.” Vous trouvez ça crédible ?

              C’est la pensée qui doit se plier au réel, et non l’inverse. Ceux qui cherchent à tordre le réel pour le faire rentrer de force dans leur représentation du monde font preuve d’idéologie.

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            • jc // 03.11.2019 à 13h20

              @ Lemoine001

              Vous écrivez: “En fait il y en a beaucoup de ces faux concepts qui nourrissent des discussions sans fin, des discussions qui n’aboutissent à rien.”

              Je pense qu’il ne s’agit pas de “faux concepts” mais de concepts flous, mal définis. Et c’est parce qu’ils sont mal définis qu’ils “nourrissent des discussions sans fin, des discussions qui n’aboutissent à rien”, et qu’ils deviennent la proie des seuls rhéteurs et (philo)sophistes. Thom propose une définition de l’intelligence qui a le mérite d’être cohérente avec celle qu’il donne d’un concept (et, en fait, avec sa vision du monde):

              “Il faut (…) concevoir que tout concept est comme un être vivant qui défend son organisme (l’espace qu’il occupe) contre les agressions de l’environnement, c’est-à-dire, en fait, l’expansionnisme des concepts voisins qui le limitent dans l’espace substrat : il faut regarder tout concept comme un être amiboïde, qui réagit aux stimuli extérieurs en émettant des pseudopodes et en phagocytant ses ennemis. (…) La pensée conceptuelle est une embryologie permanente.”

              Mais Thom n’est pas pour autant un défenseur inconditionnel de la pensée conceptuelle:

              “Malgré son caractère non quantitatif, qui a suscité la dérision des scientifiques professionnels, il [le modèle géométrique de l’agressivité du chien] a l’avantage inestimable de montrer ce qui fait la supériorité d’un modèle géométrique sur une construction conceptuelle. Expliquer linguistiquement son contenu oblige à des paraphrases compliquées dont la cohérence n’est pas évidente.”

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  • lemoine001 // 01.11.2019 à 11h36

    Sur la question des incivilités et plus largement de la culture de la rue, je me suis un peu intéressé à cela en observant les fresques murales dans différentes villes. C’est très révélateur.
    J’ai consacré plusieurs articles à Redon (où les fresques ont évolué dans le temps) et à Trêve en Allemagne où elles sont très différentes.
    Pour les trouver ils faut les chercher sur le blog sous la rubrique “art”.

    https://lemoine001.com/2014/05/22/fresques-murales-a-redon/

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  • Fabrice // 01.11.2019 à 13h35

    En France l’alpha et l’oméga c’est le QI qui est la norme or beaucoup ignorent que ceux qui ont créés le QI sont aussi les parents de l’eugénisme et de ses dramatiques conséquences.

    Récemment j’ai pu aller au Parthénon et assister à une conférence en plein air sur Socrate et Platon, et il était rappelé que pour être étudiant il fallait qu’un étudiant apprenait d’un mentor, qu’il travaillait par lui même mais surtout qu’il devait enseigner à d’autres (car cette partie permettait d’assimiler le savoir acquis pour le retransmettre) on l’a mis à l’écart et cela devait être un plaisir pas un calvaire.

    L’intelligence est trop souvent réduit au savoir acquis lors des études en France en oubliant que l’humain ne cesse d’apprendre et un savoir qui n’aboutis pas à une expérimentation est d’une stérilité absolue.

    Personnellement j’aime bien cette phrase que j’avais entendu “un savoir n’est pas une connaissance, mais une connaissance peut venir ou pas d’un savoir si elle est confronté à une expérimentation dans la vie.” (de mémoire)

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  • Dominique Gagnot // 01.11.2019 à 14h12

    Et l’École ?

    Sa mission est d’adapter les enfants et jeunes adultes à la société capitaliste… C’est tout.

    COMPRENDRE L’ARNAQUE CAPITALISTE, IMAGINER LE SYSTÈME D’APRÈS. PDF gratuit : http://bit.ly/capitalisme

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  • catherine // 01.11.2019 à 15h02

    Je ne connais qu’une intelligence celle du cœur.
    C’est la plus fiable et la mieux intentionnée.
    Pour le reste, il ne s’agit que d’une activité du cerveau plus ou moins aiguisée selon l’orientation de l’individu. Il est d’ailleurs intéressant d’observer que le fameux QI est totalement influencé par les acquisitions faites avant son évaluation.
    Quoique nous fassions ce n’est que restitution de mémoire et sert en premier lieu au système de la survie et de l’ego.
    La vraie intelligence c’est l’ouverture d’esprit, l’observation, l’intuition, la créativité…
    Enfin…selon moi …
    J’oubliais, question mémoire, les animaux font aussi bien sinon mieux que nous :
    https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/c-da-m-memoire-immediate-chimpanze-plus-fort-homme-13811/

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    • lemoine001 // 01.11.2019 à 16h59

      Il y a une multitude de formes d’intelligence (je dirais plutôt de modes de pensée). Celle que vous appelez l’intelligence du cœur et que vous caractérisez par “l’ouverture d’esprit, l’observation, l’intuition et la créativité”, peut se rapprocher du mode de pensée propre à la Chine ancienne et qui est si déroutante pour nous. Voir : la pensée en Chine ancienne : https://lemoine001.com/2014/10/18/la-pensee-en-chine-ancienne/

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      • catherine // 01.11.2019 à 22h27

        Merci pour ce lien, il est intéressant (comment la Chine avec un tel héritage a-telle pu se perdre dans la voie qu’elle a prise !)
        En revanche pour moi, l’intelligence doit s’exercer en dehors de la pensée justement, car la pensée devrait se défaire de la mémoire.
        Ce qui est dit autrement dans le texte que vous joignez :
        ” L’esprit doit être libre de toute pensée, ‘détaché’ ou ‘détendu’ “.
        Détaché de nos mémoires, de nos pensées-mémoires…

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        • Michel LEMOINE // 01.11.2019 à 22h48

          Rassurez-vous la Chine ne s’est pas perdue. Elle marche devant : :

          https://www.allnews.ch/content/points-de-vue/l’inexorable-odyssée-technologique-de-la-chine

          PS : l’auteur du texte, c’est moi et je crois que c’est en sortant de ce type de pensée que la Chine a pris le chemin de la modernité (un autre chemin que celui de l’Occident)

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        • Dominique Gagnot // 01.11.2019 à 22h49

          Pour un observateur extérieur à notre monde, les raisons des catastrophes économiques, sociales et écologiques sont évidentes voire grotesques. Et pourtant nous ne les voyons pas car nous sommes prisonniers d’un système de pensée construit tout au long de l’évolution de nos sociétés occidentales.
          Vous allez découvrir dans ce livre par quels moyens une minorité tire les ficelles et que leur jeu est à l’origine de ces catastrophes.
          http://bit.ly/capitalisme

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    • jc // 02.11.2019 à 10h01

      @ Catherine (1/11, 15h02)

      Beaucoup pensent que c’est le cerveau qui est le siège de l’intelligence (et certains vont jusqu’à penser que le cerveau est un ordinateur). Pour Thom nous avons deux cerveaux, l’un prédateur, situé dans la boîte crânienne, l’autre proie, situé le long de la moëlle épinière, et je crois que l’intelligence pour lui résulte de l’action conjointe et harmonieuse de ces deux cerveaux (ce que Pascal a exprimé auparavant à sa façon en distinguant l’esprit de finesse et l’esprit de géométrie). Ce qui fait peut-être la jonction avec votre commentaire…

      De ce point de vue les matérialistes modernes, qui se considèrent comme objectifs, ne font fonctionner que leur cerveau prédateur -néo-darwinisme oblige?-, ce qui a un effet des plus néfastes sur le fonctionnement des sociétés et sur notre rapport avec la Nature (le comportement de l’oligarchie en général et de l’actuel président de notre république française est typique de ce point de vue); ils ont oublié le subjectif (et nous considèrent comme des assujettis et non comme des sujets) …).

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      • ManuUK // 06.11.2019 à 12h47

        Vous avez une vision idyllique de Thom. Il est votre seule source. Avez-vous déjà essayé d’avoir un esprit critique sur ses intuitions ?

        L’intelligence dans la moelle épinière. C’est une vision localisée de l’intelligence. Qu’est ce qui permet à Thom de savoir cette idée ? Quelle preuve valide cette information.
        On trouve plus de neurones dans le ventre que dans le cerveau d’un chien. Il en dit quoi Thom ?

        Par contre, il a été montré plusieurs fois dans les recherches que pour contrôler ce cerveau reptilien, il était important d’utiliser l’inhibition cognitive situé dans le lobe prefrontal. Sinon nous ne sommes des êtres sans contrôle de nos émotions, et donc sans décision rationnelle. Damasio en parle très bien.

        Voici ce qu’en disent les post-Darwiniens, en rappelant que Darwin et Spinoza avaient déjà eu une belle intuition sur la place des émotions dans l’intelligence.

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        • jc // 06.11.2019 à 16h12

          Vous écrivez: “Darwin et Spinoza avaient déjà eu une belle intuition sur la place des émotions dans l’intelligence”.

          (J’ai lu “L’erreur de Descartes”, mais pas “Spinoza avait raison”.)

          Si vous écrivez ça sans y inclure Thom c’est que vous ne l’avez pas suffisamment lu¹. Car c’est précisément comme ça qu’il pense que nous fonctionnons. Car quand nous désirons quelque chose, quand nous sommes en manque, c’est pour lui l’affectivité qui déforme la structure de régulation de l’organisme, en la compliquant pour tenter de combler ce manque. C’est comme ça que Thom explique l’invention -je préfère le terme de découverte- de l’outil.

          Quant à la rationalité dont vous parlez (“sans décision rationnelle”), de quoi parlez-vous réellement? Pour moi on se retrouve devant le même problème que celui posé par l’intelligence: quelle est votre définition de la rationalité? Thom propose la suivante: “La rationalité, au fond, n’est qu’une déontologie dans l’usage de l’imaginaire”. Dites-moi quelle est votre déontologie, je vous dirai quelle est celle de Thom.

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        • jc // 06.11.2019 à 16h17

          (suite)

          ¹: L’article ci-après vous donnera des indications sur le milieu intellectuel dans lequel Thom évolue: jeanpetitot.com/ArticlesPDF/Petitot_Thom_1966-1970.pdf

          Extraits:

          a. ” [Thom:] “Ne peut-on admettre que les facteurs d’invariance phénoménologique qui créent chez l’observateur le sentiment de la signification proviennent de propriétés réelles des objets du monde extérieur, et manifestent la présence objective d’entités formelles liées à ces objets, et dont on dira qu’elles sont ‘porteuses de signification’ ?”

          L’apport immense de Thom est d’avoir dégagé ces entités formelles. Sans elles tout l’édifice s’écroule et l’on en revient aux cercles vicieux et aux apories séculaires qui consistent à faire l’hypothèse de structures réelles et objectives sous-jacentes à la perception et au langage mais sans pouvoir hélas les décrire autrement qu’à travers la perception et le langage. Les morphologies thomiennes brisent le cercle et permettent de dépasser ces antinomies.”

          b. ” Dans la linguistique moderne, les grammaires casuelles constituent l’un des grands paradigmes alternatifs à celui des grammaires génératives de Noam Chomsky. (…) Les théories structurales, actantielles et casuelles de la syntaxe constituent un véritable continent et Thom a été le premier mathématicien à leur offrir des outils mathématiques idoines non triviaux.”

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        • jc // 06.11.2019 à 16h17

          (fin)

          c. “Les propositions de Thom en sémio-linguistique ont été accueillies de façon mitigée par les spécialistes. Roman Jakobson, nous l’avons vu, était enthousiaste, ainsi que quelques autres linguistes comme Hans Jakob Seiler (…) ou Umberto Eco en Italie. Mais la plupart sont restés assez réservés. Nous retrouvons là le même problème qu’avec la morphogenèse biologique. Pour les spécialistes de linguistique et de sémiotique connaissant bien l’histoire, les théories et les controverses de leurs disciplines, Thom était une sorte de météorite venue d’ailleurs dont ils n’avaient aucun moyen de comprendre les mathématiques. Et d’un autre côté, les scientifiques comprenant ces mathématiques n’avaient en général aucune idée des problèmes sémio-linguistiques auxquels s’attaquait Thom. Et pourtant, de même qu’en biologie Thom s’attaquait à l’antinomie mécanisme/hylémorphisme dont nous avons vu l’épaisseur historique et philosophique, de même en sémio-linguistique les propositions de Thom étaient en profonde résonance avec certaines des plus importantes et des plus anciennes traditions.”

          d. “Ainsi se confirme que Thom visait bien une théorie géométrique commune à la biologie et au langage où la morphologie et la fonction côté biologie correspondent respectivement à la syntaxe et à la signification côté langage.”

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