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15.août.201915.8.2019 // Les Crises

Jean-Claude Michéa : « Il n’existe pas de lien philosophique indissoluble entre le libéralisme politique et la démocratie »

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Source : Le Comptoir, Jean-Claude Michéa, 18-06-2019

Après un article rédigé par Michael C. Behrent sur sa pensée, le magazine américain Dissent publie un grand entretien du philosophe Jean-Claude Michéa. Celui-ci a été accordé en janvier 2019, alors que les gilets jaunes fêtaient leurs deux mois. Le gouvernement commençait à discréditer le mouvement et à le couper de ses bases populaires en pointant notamment la présence des « Black blocs » et de groupuscules d’extrême droite lors des rassemblements parisiens. Alors que Michael Behrent a décidé, avec l’accord de Michéa, de laisser de côté quelques passages risquant d’être incompréhensibles pour des lecteurs américains, notre site propose la traduction intégrale de l’entretien. Dans cette première partie, le penseur revient sur sa critique du libéralisme et sur sa défense des Gilets jaunes.

Dissent : Vos écrits montrent que le capitalisme ne peut pas exister sans la quête inlassable de l’individualisme et des désirs individuels. Ce qui inclut donc des valeurs – qui pour beaucoup d’entre nous sont devenus une seconde nature – telles que la réalisation de soi et la critique des normes sociales. Vous en concluez que le libéralisme économique ne peut pas exister sans le libéralisme culturel. « Une économie de droite – écrivez-vous – ne peut pas exister sans une culture de gauche. »Est-ce que la principale leçon de vos livres c’est bien que la gauche doit rompre une fois pour toutes avec le libéralisme ?

Jean-Claude Michéa : Je suis toujours sidéré, en effet, par la facilité avec laquelle la plupart des intellectuels de gauche contemporains (c’est-à-dire ceux qui, depuis la fin des années 1970, ont progressivement renoncé à toute critique radicale et cohérente du système capitaliste) opposent désormais de façon rituelle le libéralisme politique et culturel − tenu par eux pour intégralement émancipateur − au libéralisme économique dont ils s’affirment généralement prêts, en revanche, à condamner les “excès” et les “dérives” financières. Non seulement, bien sûr, parce qu’une telle manière de voir invite inévitablement à jeter par-dessus bord, dans le sillage de Foucault, toute l’armature intellectuelle du socialisme originel (au sens où Marx, par exemple, soutenait que le système capitaliste était incompatible avec toute notion de « limite morale ou naturelle » et que sa véritable devise, loin d’être culturellement conservatrice, était en réalité « Liberté, Égalité, Propriété, Bentham »).

Mais aussi parce qu’elle conduit, dans la foulée, à oublier que pour Adam Smith et les premiers défenseurs du libéralisme économique (un courant idéologique dont, soit dit en passant, l’intelligentsia de gauche a toujours autant de mal à reconnaître la filiation logique avec la philosophie des Lumières) les progrès de la liberté économique et du “doux commerce” apparaissaient indissolublement liés à ceux de la tolérance, de l’esprit scientifique et des libertés individuelles. Ce qui se comprend du reste assez bien. Comme le rappelait en effet Hayek dans The Road to Serfdom, une véritable économie libérale ne peut fonctionner de façon à la fois cohérente et efficace − et contribuer ainsi à « libérer l’individu des liens traditionnels ou obligatoires qui entravaient son activité quotidienne » − que si « chacun est libre de produire, de vendre et d’acheter tout ce qui est susceptible d’être produit ou vendu », sans que ni l’État ni la collectivité n’aient à se mêler de ses choix.

Si l’on veut bien assumer jusqu’au bout l’ensemble des implications de ce postulat “émancipateur”, il est donc clair que toute prétention à limiter la liberté économique des individus au nom d’une quelconque “préférence” morale, religieuse ou philosophique (en s’opposant par exemple à la libéralisation du commerce des drogues, au droit de travailler le dimanche ou à la gestation pour autrui) ne peut que contredire ce droit naturel de chacun à “vivre comme il l’entend” qui constitue l’essence même du libéralisme politique et culturel. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ces deux versions parallèles et complémentaires de l’idéologie libérale – celle (version de “gauche”) qui privilégie le moment du Droit et celle (version de “droite”) qui privilégie le moment du Marché – trouvent leur point de départ dans la même fiction métaphysique : à savoir l’idée − anthropologiquement absurde − d’un individu “indépendant par nature” (et donc déjà pleinement humanisé avant même l’existence du langage et de la société !), “propriétaire absolu de lui-même” et censé n’agir, en dernière instance, que pour “maximiser son utilité”. Bref, une de ces « plates fictions du XVIIIe siècle » (« le chasseur et le pêcheur individuels et isolés par lesquels commencent Smith et Ricardo ») que Marx avait l’habitude de tourner en dérision sous le nom de “robinsonnades”.

Pour nous en tenir à des événements récents, quelle appréciation portez-vous sur le mouvement des “Gilets jaunes” ? Exprime-t-il une critique de la société contemporaine comparable à celle que vous avez formulée dans vos livres ?

J’ai bien entendu appelé à soutenir le mouvement des Gilets jaunes dès le premier jour, quand le clergé intellectuel − et notamment son extrême gauche − portait encore sur lui le même regard horrifié que les Elois de The Time Machine sur le monde des Morlocks ! Le premier mérite, à mes yeux, de cette révolte authentiquement plébeienne (dans laquelle les femmes, comme c’est le cas dans tous les grands mouvements populaires, ont joué un rôle déclencheur absolument décisif), c’est en effet d’avoir fait voler en éclats le mythe fondateur de la nouvelle gauche selon lequel le concept de “peuple” aurait définitivement perdu, de nos jours, toute signification politique, sauf à s’appliquer aux seules populations immigrées vivant à proximité immédiate des grandes métropoles mondialisées. Or c’est bien ce peuple théoriquement “disparu” qui non seulement fait aujourd’hui son retour en force sur la scène de l’Histoire mais qui a même déjà commencé à obtenir − grâce à sa spontanéité rafraîchissante et sa pratique obstinée de la démocratie directe (“nous ne voulons plus élire, nous voulons voter !” est l’un des slogans les plus populaires parmi les Gilets jaunes des ronds-points) − plus de résultats concrets, en quelques semaines, que toutes les bureaucraties syndicales et d’extrême gauche en trente ans.

Bien entendu, le fait que cette France de la ruralité, des villes petites et moyennes et des territoires d’outre-mer (cette France “périphérique”, en d’autres termes, sur laquelle un Bernard-Henri Levy vomit chaque jour sa haine de classe alors qu’elle subit de plein fouet, depuis plus de trente ans, toutes les conséquences pratiques de son évangile libéral, au point même de connaître dans ses régions rurales les plus déshéritées, des conditions de vie infiniment plus précaires et dramatiques que celles des banlieues “à problèmes”), le fait, donc, que cette France qui regroupe plus de 60% de la population ait fini par disparaître entièrement des écrans-radars de l’intelligentsia de gauche ne devrait étonner personne. Il n’est que la suite logique du processus qui a conduit la gauche moderne, depuis sa conversion accélérée aux principes du libéralisme économique et culturel, à liquider progressivement sa base sociale d’origine au profit de ces nouvelles classes “moyennes-supérieures” des grandes métropoles mondialisées – surdiplômées et hyper-mobiles – qui ne représentent pourtant que 10 à 20% de la population, tout en étant structurellement protégées contre les principales nuisances de la globalisation libérale (quand encore elles n’en profitent pas directement !). Inutile de préciser que c’est seulement au sein de ces nouvelles catégories sociales incroyablement imbues d’elles-mêmes, dont la bonne conscience “progressiste” n’est que l’envers logique de leur mode de vie privilégié et de leur pratique systématique de l’“entre-soi”, que pouvait fleurir l’idée profondément mystificatrice (quoique très réconfortante pour elles) que seuls les 1% les plus riches appartiendraient véritablement à la classe dominante !

C’est donc avant tout, selon moi, cette véritable “contre-révolution sociologique” qui explique qu’aujourd’hui les mouvements populaires les plus radicaux (ou ceux, du moins, dont le potentiel révolutionnaire est le plus prometteur) prennent presque toujours naissance en dehors du cadre traditionnel des syndicats et des partis de gauche (quand ce n’est pas contre eux !). À partir du moment, en effet, où les élites intellectuelles de la nouvelle gauche sont devenues désespérément incapables − une fois acté leur renoncement définitif à toute remise en question radicale de la logique capitaliste − de percevoir dans ceux qui produisent de leurs mains l’essentiel de la richesse collective (y compris les robes de soirée d’Hillary Clinton ou les costumes d’Emmanuel Macron !) autre chose qu’un sinistre et repoussant « panier de déplorables », « raciste, sexiste, alcoolique et homophobe par nature » (selon la description phobique que ne cesse d’en donner la nouvelle “minorité civilisée”), toutes les conditions se trouvent alors réunies pour favoriser, dans tous les milieux populaires, une prise de conscience de plus en plus nette du fait qu’à l’ère du capitalisme terminal (je reprends ici le concept d’Immanuel Wallerstein) le clivage gauche/droite a fini par perdre l’essentiel de son ancienne signification historique, pour ne plus recouvrir désormais que ce que Guy Debord appelait déjà, en 1967, les « fausses luttes spectaculaires des formes rivales du pouvoir séparé ».

C’est d’abord dans ce contexte historique en grande partie inédit (celui, encore une fois, où les contradictions internes du processus d’accumulation sans fin du capital − comme Marx l’avait prévu dans le Livre III du Capital − apparaissent de plus en plus insurmontables, du fait de la diminution constante et inexorable de la part du travail vivant dans le processus de production moderne) qu’il devient alors possible de comprendre dans toute son ampleur la thèse révolutionnaire que défendaient au départ les fondateurs de Podemos. Le clivage politique décisif – remarquaient en effet Pablo Iglesias, Juan Carlos Monedero et Inigo Errejon – ne peut plus être, aujourd’hui, celui qui oppose rituellement l’aile droite et l’aile gauche du château libéral (avec les brillants résultats que l’on sait !). C’est, au contraire, celui qui divise de façon infiniment plus tranchante – comme c’est d’ailleurs le cas dans toutes les sociétés de classe − “ceux d’en bas” (autrement dit, ces classes “subalternes” dont Machiavel rappelait qu’elles ont d’abord en commun le désir de « ne pas être commandé ni opprimé par les Grands ») et ceux d’en haut” (autrement dit ces “Grands” que le souci permanent de maintenir et d’étendre leurs privilèges de classe contraint inexorablement à vouloir “commander et opprimer le peuple”).

Pablo Iglesias, secrétaire général du parti Podemos

De ce point de vue, le mouvement des Gilets jaunes marque clairement le retour au premier plan de cette insubmersible “question sociale” que la nouvelle gauche s’était pourtant efforcée de noyer, depuis plus de trente ans, sous le flot continu de ses revendications “sociétales” ( et on peut, par conséquent, être absolument certain que les “gardes rouges du capital” − Black blocs et “antifas” en tête − feront tout ce qui est en leur pouvoir, avec la complicité habituelle des grands médias libéraux, pour donner de cette révolte spontanée de la France périphérique et “provinciale” l’image profondément trompeuse d’un phénomène essentiellement parisien, pouvant même finir par trouver, à ce titre, un écho favorable chez certains universitaires de gauche). Et de fait, s’il est bien un point, depuis quelques semaines, qui saute aux yeux de tous les observateurs sérieux (et que confirme à chaque instant la moindre discussion politique entre parents, amis ou collègues de travail) c’est qu’il est devenu presque aussi difficile, à l’heure où je parle, de trouver de véritables partisans des Gilets jaunes chez ceux – qu’ils soient de droite ou de gauche – qui gagnent plus de 3000 € par mois (soit 17 % de la population française) que d’opposants résolument hostiles à ce mouvement populaire chez ceux ( plus de 60 % de la population) qui “vivent” avec moins de 2000 € par mois !

Très significative, de ce point de vue, est l’incroyable mésaventure survenue au journal Le Monde (le plus important quotidien de la gauche libérale française) le 16 décembre 2018. Ayant commis, en effet, l’imprudence de laisser passer un reportage plein d’empathie sur les conditions de vie incroyablement précaires et difficiles d’une famille de Gilets jaunes (« Arnaud et Jessica, la vie à l’euro près »), le quotidien libéral a aussitôt vu son site internet submergé de commentaires enragés et haineux de la part de ses lecteurs de gauche, littéralement scandalisés qu’on puisse ainsi éprouver une telle compassion pour ces “parasites sociaux” et ces “assistés” qui osaient se plaindre de leur sort alors qu’ils n’avaient même pas l’excuse d’avoir la bonne couleur de peau ! De quoi donner raison, en somme, au grand écrivain socialiste américain Upton Sinclair lorsqu’il notait, dans les années 1930, qu’il est toujours « difficile d’amener quelqu’un à comprendre une chose quand son salaire dépend précisément du fait qu’il ne la comprend pas ».

Quel que soit, par conséquent, le destin politique qui attend dans les mois qui viennent le mouvement des Gilets jaunes (car on ne doit pas oublier qu’Emmanuel Macron − en bon thatchérien de gauche − n’hésitera pas un seul instant à employer tous les moyens, y compris les plus sanglants, pour briser leur révolte et défendre les privilèges de sa classe sociale), il est d’ores et déjà acquis qu’il aura permis d’élever de façon spectaculaire − en seulement quelques semaines − le niveau de conscience politique de “ceux d’en bas” (notamment quant aux limites structurelles de ce système dit “représentatif” qui prend aujourd’hui l’eau de toute part). Autant dire que pour les classes dirigeantes − et malgré le soutien sans faille que continueront à leur apporter jusqu’au bout leurs fidèles blacks blocs et leurs grotesques foulards rouges (puisque c’est ainsi que s’auto-désigne, en France, la fraction de la bourgeoisie la plus impatiente d’en découdre avec les classes populaires) − la fin de la “fin de l’histoire” est d’ores et déjà à l’ordre du jour !

De nos jours, le libéralisme (au moins sous sa forme politique) semble menacé par le retour de l’autoritarisme. Dans un tel contexte, ne pourrait-il pas être nécessaire, au moins à court terme, de soutenir les individus et les forces sociales qui sont en position de protéger ce qui reste de la démocratie – même si ce sont des néolibéraux déclarés ?

« J’en sais assez sur l’impérialisme britannique pour ne pas l’aimer – écrivait Orwelldans sa lettre à Noel Willmett du 18 mai 1944 –, mais je le soutiendrai contre l’impérialisme nazi ou japonais, parce qu’il représente un moindre mal ». Honnêtement, je ne vois pas grand-chose à changer à cette analyse. Chaque fois qu’un mouvement totalitaire apparaît réellement sur le point de prendre le pouvoir dans une société libérale et d’y détruire, dans la foulée, tout ce qui peut encore subsister d’institutions libres (je laisse de côté la question cruciale de savoir quelle succession d’“erreurs” ont alors forcément dû commettre les élites de cette société libérale pour que la situation se dégrade à un tel point), il n’y a évidemment plus d’autre solution possible pour un ami du peuple que d’opter pour “le moindre mal”. Quitte, en effet, à s’allier provisoirement pour cela avec des “néolibéraux déclarés”.

Il y a néanmoins quelque chose qui me dérange un peu dans la manière dont cette question est formulée. Elle semble sous-entendre, en effet, qu’il existerait un lien philosophique indissoluble entre le libéralisme politique et la démocratie au sens strict, c’est-à-dire (car je ne connais pas d’autre définition) le “pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple”. Or cette thèse est contestable pour au moins deux raisons. La première, c’est que les libéraux − du fait de leur individualisme constitutif (l’individu comme “indépendant par nature” et “propriétaire absolu de lui-même”) − éprouvent habituellement une profonde méfiance envers les idées républicaines de “souveraineté populaire” et de bien commun” − qu’ils soupçonnent même, la plupart du temps, de contenir en germe la “tyrannie de la majorité” et le “collectivisme”. Telle est d’ailleurs la véritable raison d’être historique de ce système politique dit “représentatif” que les révolutionnaires de 1789 prenaient encore bien soin de distinguer de la démocratie radicale “à l’ancienne”. Il repose en effet sur la conviction − théorisée par Montesquieu – que le peuple a assez de sagesse pour choisir ceux qui le représenteront, mais pas pour se gouverner directement lui-même. Le libéralisme politique est donc clairement indissociable de cette professionnalisation de la vie politique (et du règne parallèle des “experts”) dont presque tout le monde s’accorde aujourd’hui à reconnaître qu’elle joue un rôle essentiel dans le “déficit démocratique” grandissant qui caractérise les sociétés libérales.

Et la seconde raison, c’est que ce sont précisément les nouvelles contraintes qui pèsent à présent sur le processus d’accumulation mondialisée du capital – rôle démesurément accru, entre autres, du crédit, de la dette et des produits spéculatifs (tout ce que Marx, en un mot, rassemblait sous le concept de “capital fictif”) – qui conduisent de plus en plus les États libéraux à voir dans les institutions démocratiques traditionnelles, et tout particulièrement dans le principe même du suffrage universel, une véritable menace pour le bon fonctionnement de l’économie de marché (il suffit de lire, sur ce point, le témoignage hallucinant de l’ancien ministre grec Yanis Varoufakis sur les propos que peuvent tenir en privé les actuels dirigeants de l’Union européenne). Comme le fait ainsi remarquer le critique social allemand Wolfgang Streeck, lorsque l’“État fiscal” fordiste et keynésien (celui qui reposait, en dernière instance, sur l’impôt) doit progressivement céder la place à l’“État débiteur” néolibéral (celui qui doit emprunter sans cesse sur les marchés financiers), chacun devrait pouvoir comprendre immédiatement que tout gouvernement nouvellement élu – qu’il soit de droite ou de gauche – aura forcément beaucoup plus de comptes à rendre à ses créanciers internationaux (ceux-là mêmes que les États libéraux avaient pourtant contribué à sauver de la faillite en 2008 !) qu’à ses propres électeurs.

Telle est bien, du reste, l’une des raisons majeures de cet inquiétant mouvement de fond qui pousse depuis quelques décennies la plupart des gouvernements libéraux, à rétrécir sans cesse le champ d’application du suffrage universel, notamment en le plaçant de plus en plus sous le contrôle “constitutionnel” de “sages”, de juges ou d’“experts” (voire – avec les nouveaux traités de libre échange – de tribunaux privés) nommés directement par l’élite au pouvoir et donc dépourvus, à ce titre, de toute véritable légitimité populaire (en France, certains juristes de gauche et d’extrême gauche – idéologiquement très proches d’Emmanuel Macron − vont même, désormais, jusqu’à soutenir l’idée qu’un véritable “État de droit” est celui dans lequel ces juges supposés “impartiaux” et censés incarner mieux que le peuple lui-même les “valeurs ultimes de la démocratie” − auraient en permanence le pouvoir d’annuler ou de suspendre toutes les décisions “populistes” qui pourraient surgir des urnes !). Mais, après tout, n’est-ce pas Friedrich Hayek lui-même qui justifiait déjà, le 12 avril 1981, et au nom même de la défense de la démocratie et des libertés individuelles, le renversement du président populiste Salvador Allende – pourtant légalement élu – par ce disciple excité de Milton Friedman qu’était le tortionnaire Augusto Pinochet ?

Propos recueillis Michael C. Behrent

Photo de Une © Serge D’Ignazio

Source : Le Comptoir, Jean-Claude Michéa, 18-06-2019

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Commentaire recommandé

Frédéric Boyer // 15.08.2019 à 08h22

Michéa est fulgurant dans son analyse des conflits de classe contemporains en France. On comprend en le lisant pourquoi il est tant détesté par tout ce que notre société peut comporter de faux rebelles experts en impostures.

48 réactions et commentaires

  • Frédéric Boyer // 15.08.2019 à 08h22

    Michéa est fulgurant dans son analyse des conflits de classe contemporains en France. On comprend en le lisant pourquoi il est tant détesté par tout ce que notre société peut comporter de faux rebelles experts en impostures.

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    • Dominique Gagnot // 15.08.2019 à 16h38

      Un peu de fulgurance :

      Pour que tous les humains puissent s’épanouir dans une société durable il est nécessaire et suffisant que :

      La propriété LUCRATIVE des Ressources premières, essentielles à la vie, à commencer par la planète Terre et tout ce qu’il y a dessus, soit collective et non plus privée. (usage privé, ok)

      Sous cette condition :

      Libéralisme économique, entreprise privée et profit ne pourraient faire de tort à personne, puisque l’accumulation de de ressources indispensables à tous serait impossible.
      Bien au contraire, l’entreprise privée se concentrerait dans la restauration des éco-socio-systèmes, génératrice d’un max de profits ! (Le peuple, principal client, car pété de thunes provenant de la rente tirée de la vente de droits et propriétés d’usage, le souhaiterait.)

      L’exploitation des travailleurs serait aussi une très bonne chose car ils seraient en position de force…

      Vous me direz mais à quoi sert le profit, si on ne peut accumuler : ben à vivre mieux, se payer du bon temps, des droits d’usage, et tout ce que vous voulez de services…

      http://bit.ly/capitalisme

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  • Cgrotex // 15.08.2019 à 08h30

    La révolte des gilets jaunes est désormais éteinte.
    Les médias y ont joué un rôle merveilleux pour le pouvoir en filmant constamment avec un effet de loupe extraordinaire le lieu ou il n’y avait pas de révolte. Paris et ses Champs-Elysée…
    Les Blacks-Blocks et autres antifas ont fait le reste , toujours à Paris.

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    • Loxosceles // 15.08.2019 à 09h58

      La révolte est peut-être plus ou moins éteinte parce qu’elle n’a plus d’impact médiatique, que l’humain se lasse de tout et qu’il y a les vacances d’été, mais les manifestations continuent, les braises sont là et le feu couve, n’attendant qu’un souffle pour être ravivé. Les bourrasques de l’automne vont souffler dessus dès la rentrée, et le prix artificiel de l’électricité et la facture à la sortie de l’hiver vont donner de belles flammes que n’importe quel scandale politique, ministériel, énergétique, social ou autre relancera en incendie peut-être pas jaune mais toujours brûlant… Et nos dirigeants marchent sur ces braises en permanence depuis 9 mois… le premier qui trébuche va accoucher de quelque chose qu’il aura bien du mal à maîtriser, parce que ces “sages” qui nous dirigent n’ont que la trique pour mener les choses dans leur sens.

      L’essoufflement du mouvement en lui-même témoigne d’un épuisement des masses populaires, certes, mais cet épuisement ne sera qu’une huile supplémentaire sur le feu, une cicatrice supplémentaire à raviver. Ils ont tellement joué la carte du dressage et de l’humiliation que je vois mal comment les choses ne pourraient pas empirer, que ce soit d’une manière larvée ou d’une autre, sous le poids des dysfonctionnements engendrés par la vente à la découpe des services publics et de proximité, par exemple. Un tas de phénomènes concrets feront que l’épuisement de la révolte légitime par le biais des trop traditionnelles manifestations (qui ne mènent nulle part, on le savait déjà) se métamorphosera forcément en un autre monstre.

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      • Geoffrey // 15.08.2019 à 12h10

        le vrai problèmes des GJ, c’est l’absence de chef(fe)s avec des grosses c….

        il faut parfois/souvent/tjrs appeler un chat un chat

        Geof’

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        • Sam // 15.08.2019 à 13h00

          Un communiste qui appelle à se réunir autour de chefs, c’est un comble…

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          • Dominique Gagnot // 15.08.2019 à 16h57

            Lorsqu’il s’agit de mener une bataille, c’est indispensable. Lorsqu’il n’y a pas lieu de se battre, c’est inutile. C’est donc inutile sauf exception.

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        • Lustig // 16.08.2019 à 01h49

          il y a un problème de culture anarchiste, individualiste, et qui refuse par définition toute organisation… face à ce joyeux désordre, les policiers et les gendarmes ont la partie belle… mais les anar’ ne se remettront jamais en question… pourtant eux-aussi procèdent parfaitement de ce gauchisme de complaisances (libéral individualiste) que Michéa dénonce ici.
          Emmanuell Todd est un des seuls intellectuels en vue à oser dire qu’on ne se sortira pas de là sans “accepter de s’organiser”… ce qui veut dire poliment de se poser la question du léninisme…

          Par ailleurs, pour mener une révolution, il faut que certains acceptent de se sacrifier… ce qui signifie que les autres doivent entretenir leur mémoire et leur dignité… Hors, après plusieurs décennies d’indignité collective et d’avachissement culturel ça va être compliqué de trouver des volontaires

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        • Learch // 18.08.2019 à 08h03

          Au contraire, l’absence de chef est (était ?) la force des GJ. Vous voulez une tête qui dépasse, idéalement placée pour être décapitée (le mouvement avec) ? A défaut de tête, un des “leaders” des GJ (étiqueté comme tel par nos chers gouvernants-médiatiques) a perdu un oeil…

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      • Cgrotex // 15.08.2019 à 13h58

        Tout à fait d’accord avec votre analyse. Mais il faudra éviter les erreurs de l’hiver dernier. Ne pas avoir le même rêve que Mélenchon et ses 1 millions de personnes sur les Champs-Elysée et ne pas accepter que les chaines “infos” choisissent les portes-paroles du mouvement.

        1 millions de personnes devant les préfectures et sous-préfectures aurait de la gueule et ferait tanguer la haute-administration. Et sans elle , le pouvoir n’est rien.

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        • Lustig // 16.08.2019 à 01h52

          il y a aussi le problème des policiers et gendarmes… dont on nous rebat les oreilles qu’ils seraient “populaires” et voteraient tous “antisystème” pour Marine Le Pen… mais qui concrètement défendent un pouvoir bancaire cosmopolite, et qui matraquent les français de base pour quelques poignées d’euros… ça la fiche mal…

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  • Shock // 15.08.2019 à 08h47

    Mais qui est encore de “gauche” aujourd’hui, c’est-à-dire anticapitaliste, anti-individualiste, anti-bourgeoisie, contre les drogues, y compris celles du peuple, ennemi et pas seulement adversaire de la finance et de la propriété privée – c’est le vol des moyens de production ?

    Et ceux qui se prétendent ni de gauche ni de droite, sont non seulement d’un cynisme inouï, mais en même temps hors les murs, à la droite de l’extrême droite en faisant la politique des milliardaires hyper capitalistes, en abandonnant la souveraineté à un sous-empire européen pour une politique hégémonique, colonialiste et impérialiste, tout en considérant le bas-peuple, la plèbe comme du bétail, qu’on peut gazer, éborgner et mutiler à volonté pour le faire rentrer à l’écurie ou à l’étable.

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    • Dominique Gagnot // 15.08.2019 à 19h20

      Bonne question. Je n’en connais plus, sauf 1 ancien collègue de 80 ans, alors qu’il y a 40 ans ça foisonnait !
      Plus de médias de gauche grand public. Ah, Hara kiri, quelle époque ! Plus d’émissions radio ou TV tenues par des “gauchistes”, même modérés. La bas si j’y suis sorti par Sarko, Les Guignols sortis sous Hollande. Reste le diplo mais pas pensé grand public (chiant à lire), pas vraiment dérangeant.

      Les pseudo gauchistes occupent le terrain partout. Toujours prêts à tirer mais jamais dans le mille. Comme un fait exprès. Ils appellent à voter Hamon plutôt que Mélenchon. Ou pire, lui crachent carrément dessus.

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    • Lustig // 16.08.2019 à 01h56

      anti-drogue, il y a Lutte Ouvrière (sans sympathie spéciale pour eux). C’est la seule organisation “de gauche” assez connue qui soit ouvertement anti-drogue… mais ils passent pour des charlots aux yeux des autres à cause de ça…
      La plupart des gens s’imaginent qu’en buvant une pinte ou en fumant un joint ils sont libres… pour info, les grands capitalistes investissent dans la culture du cannabis en Californie (Philipp Morris, et même Microsoft qui devient roi du pétard !)… et tous ces jointés gauchistes qui fument leur machin

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  • Fritz // 15.08.2019 à 08h47

    Quel est cet autoritarisme qui menace aujourd’hui « ce qui reste de la démocratie » (selon M. Behrent) ?

    L’État policier de Macron ? Les lois qui entament sans cesse la liberté d’expression ? L’Union européenne ?
    Rappelons-nous l’aphorisme de Juncker : « Il n’y a pas de choix démocratique contre les traités européens ».

    Sinon, j’ai bien aimé l’ironie de Michéa sur les robinsonnades de la théorie libérale (Smith et Ricardo).

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    • Lustig // 16.08.2019 à 02h02

      michéa ose dire en filigrane une chose qui dérange : pour devenir une vraie force d’opposition, les GJ devraient sortir du cannevas culturel (et spirituel) individualiste… hors, on en est très loin… on est pour l’instant au stade d’un simple agglomérat des colères individuelles… et on se donne le change en parlant d’anarchisme (ce qui tombe à pic)… on raille les syndicats et les partis qui dénonçaient depuis des décennies (dans le désert citoyen) les méfaits de ces politiques… il faudra bien se poser certaines questions un jour

        +2

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      • Catalina // 16.08.2019 à 06h18

        Bonjour Lustig,
        “canevas individualiste”, dites-vous. Ce n’est pas tout à fait ce que l’on voit. Né de rien du tout, ce mouvement est aujourd’hui à sa première phase, il est impossible même en une année d’avoir quelque chose d’aussi averé que les autres “partis”, ceux qui ont plusieurs decennies d’existence et je trouve que votre “procès” n’est pas très bienveillant. J’étais sur les ronds-points et je peux affirmer qu’au contraire, il n’est pas individualiste, en effet, il y avait de tout et aussi des gens qui s’en sortaient bien mais qui étaient là par solidarité, fraternité, il y avait même des frontaliers suisses, c’est dire.
        Ensuite, “railler les syndicats”, ben oui, combien de fois avons-nous été trahis par ces “syndicats” qui ont semblé à plusieurs reprises être plus que conciliants avec le pouvoir, ce qui fait que oui, méfiance il y a.
        Le mouvement se transforme, assemblée des assemblée, réflexion, débat,trravaux,
        ETC;
        Il faut donner du temps au temps.
        Pour ma part, l’indivudualisme, je le vois surtout dans une frange de la populaton qui voit des mutilations et qui ne pipe mot. Cela me fait penser à d’autres temps sombres où le silence d’une majorité permettait à un pouvoir de commettre des actes que l’histoire à ensuite jugés.

          +7

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        • Catalina // 16.08.2019 à 06h20

          Anarchisme, dites-vous encore, pas entendu parler d’anarchisme sur les ronds-points, juste, en deux mots, la volonté de participer de manière directe à la vie politique.
          Beaucoup de gens, pas assez il est vrai, on ouvert les yeux à ce jour, le travail consiste à faire de l’éducation populaire et donc cela prendra du temps, et oui, on ne change pas un paradigme en un si petit laps de temps.
          De plus, toute l’ingiénerie s’est mise vient debout contre ce mouvement et comme vous le savez, ils ont toutes les armes, médias, police, justice, gouvernement. C’est pourquoi je pense que le combat engagé est très courageux, c’est la souris devant la montagne, mais avec du temps, cette souris pourrait bien arriver au sommet.
          CDLT

            +6

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  • chr bernard // 15.08.2019 à 09h06

    “il est toujours « difficile d’amener quelqu’un à comprendre une chose quand son salaire dépend précisément du fait qu’il ne la comprend pas ».”

    Formule cinglante … et tellement vraie la plupart du temps.

      +32

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  • ien // 15.08.2019 à 09h36

    Réhabiliter le mot “gauche”
    Comme d’habitude, Michéa est lumineux. Une remarque pourtant: au nom de quoi nommer “libéralisme de gauche” l’individualisme fou qui a colonisé tant de nos concitoyens? La gauche, si elle traduit le souci de l’intérêt général, ne peut pas s’illustrer à travers des individus qui se croient tous les droits, qui pensent posséder toutes les libertés, tant il reste vrai que la liberté de chacun s’arrête en principe là où commence celle de l’autre. Les lecteurs du Monde réagissant rageusement à un papier relativement honnête sur les GJ ne sont certes pas de gauche, au vrai sens du terme. La France a suivi une fois encore les États Unis dans la revendication de “valeurs” qui valorisent le un contre le tous. En somme, ces “gens de gauche” nient la lutte des classes et défendent leurs petits intérêts contre ceux d’une majorité d’entre nous. A ce titre, la “mondialisation”, qui est aussi celle des alter ego satellisés par leurs revenus et leurs modes de vie, est le triomphe de l’égoïsme personnel de quelques uns contre tous les autres. En quoi cette dérive dramatique marquerait-elle une vraie gauche, quand ses fondamentaux sont puisés dans la soupière du part démocrate US, disons plus largement dans l’univers de la bien bien-pensance anglo-saxonne? Cette Idéologie réactionnaire imbibe nos “grands médias de gauche”, (et autres), papier ou internet. Qui sont donc des vecteurs politique de droite, à savoir institués en défenseurs acharnés de l’ordre établi. “Gauche”, un terme à redéfinir donc. Et à réhabiliter.

      +20

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    • Loxosceles // 15.08.2019 à 10h15

      Je ne sais vraiment plus si “gauche” ou “droite” ont encore un vrai sens du terme, et en cela, Michéa apporte sa pierre à la critique de ce clivage devenu artificiel (ou qui ne fut toujours qu’un trompe-l’oeil ?). Le fait est que c’est une certaine version du progressisme de gauche – que certains qualifient fort justement de “gauchisme” comme d’une maladie mentale – qui a fortement contribué à bâtir cet individualisme forcené qui participe à détruire tous les repères sociétaux peut-être embarrassants pour certains, mais dont une société a pourtant besoin pour fonctionner.

      C’est une dérive… parce que la gauche, comme la droite, peut produire ses propres dérives à partir d’idéaux bien intentionnés, détournés pour les avantages de certains, ici des minorités agissantes et souvent militantes. Orwell, qui était de gauche, ne s’est notamment pas privé à travers son oeuvre de montrer les dangers qu’une vision extrémiste, intéressée et un peu borgne auxquels le “gauchisme” pouvait conduire, et à quoi il avait d’ailleurs effectivement conduit à travers l’histoire récente.

      On peut certes discuter à l’infini sur le concept important de lutte des classes. Etant pour ma part de sensibilité anarchiste, je me méfie des idéologismes simplificateurs politiquement marqués au sein du clivage, et qui ont conduit à l’impasse extrême-centriste que nous connaissons, fausse solution totalitaire à l’équation proposée. Par ailleurs, pouvait-on vraiment espérer éviter les dérives américanistes ? Nous sommes dans le noir et je crois qu’il faut trouver la vraie sortie…

        +10

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      • Dominique Gagnot // 15.08.2019 à 11h15

        Proposition de sortie :

        Propriété collective des ressources premières, gestion selon les désirs du peuple..
        C’est impératif puisque les propriétaires privés en font une gestion catastrophique : de leur point de vue, les travailleurs et la planète ne sont que force de travail et ressources physiques, qu’il convient d’exploiter au moindre coût !

        Ces ressources sont en particulier :
         La biosphère en général, le sol, le sous-sol.
         Les réseaux de communication : – matériel, – énergie, – informationnel,
         Les services de Santé, Éducation,
         Les immeubles,
         Les grandes entreprises.
         Les médias qui fabriquent « l’opinion »,
         Le Savoir,
         La monnaie.

        De cette propriété la collectivité pourrait tirer une rente (comme le font les capitalistes) en vendant des droits et propriété d’usages privés. Rente utilisée à la remise en état de la biosphère… (l’organisation d’une telle administration est un sujet qui ne doit plus rester du domaine du tabou…)

        Extrait de http://bit.ly/capitalisme

          +8

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        • doudoute // 15.08.2019 à 12h53

          Pourquoi UN projet? Pourquoi pas une masse critique suffisante DE projetS? Notre Dame des Landes en était un, que ce pouvoir agonisant a écrasé en concentrant toute ces forces contre lui, horrifié qu’il puisse réussir.
          Si vous avez un projet, c’est chouette! Il faudrait qu’il y en ait des tonnes un peu partout. Et, idéalement, ce n’est pas le cas, l’État aurait pour rôle de permettre leur émancipation, pas plus.

            +5

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        • Dominique Gagnot // 15.08.2019 à 13h19

          Geof’,

          Tu as raison, dans les propositions il faut distinguer :
          1 – la plus facile à vendre au plus grand nombre
          2 – la plus efficace pour réparer la planète…

          La 1 servirait à se faire élire, après quoi on disposerait des médias pour démontrer que la bonne c’est la , que je propose. (ou une autre ?)

          Pour définir la 1, il faut faire appel à des spécialistes du comportement des foules.

          Je suis pour ton projet, s’il permet de se faire élire ! Mais ensuite…

            +0

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  • doudoute // 15.08.2019 à 10h07

    En parcourant le Wikipedia d’Adam Smith:
    “Le principe du marché tel qu’il le décrit s’applique à l’économie artisanale de son époque. Il en a conscience et dénonce les industriels qui par les ententes et les monopoles tentent de contourner la loi du marché à leur seul profit.”

    Dans le rôle de l’État:
    “le souverain n’a que trois devoirs à remplir; trois devoirs d’une haute importance, mais clairs, simples et à la portée d’une intelligence ordinaire.”
    à savoir: la Défense nationale, la Justice, les grand travaux / infra-structure et certaines institutions.

      +7

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    • Loxosceles // 15.08.2019 à 10h45

      Dans la théorie, le libéralisme s’oppose au capitalisme et aux pratiques monopolistiques, d’où les lois américaines “anti-trust”.

      Dans la pratique, les USA sont le pays où les dérives capitalistes sont les plus extrêmes.

      Dans les faits, le libéralisme et le capitalisme marchent main dans la main. Le concept de “loi du marché” immanente est vraiment une conception simpliste et naïve, pseudo-darwinienne, provenant d’une très mauvaise compréhension des véritables mécanismes naturels qui régissent la vie. Cette conception naturaliste du marché n’est qu’une porte grande ouverte vers ce qui se présente en fait comme un idéal de la prédation… D’où le fait que le capitalisme utilise à son avantage les lacunes de l’idéal libéral pour faire prospérer son système de prédation aboutissant à des géants qui dominent et étouffent le marché (cf GAFAM).

      Nous aboutissons aujourd’hui à ce que je crois que nous nommons “ordo-libéralisme”, où le terme libéralisme est dépouillé de tout son sens puisqu’il se caractérise par une infinité de régulations et de normes, qui sont à la fois en excès pour le bon fonctionnement du marché, et insuffisantes à prévenir des dérives monopolistiques. Tout cela prouve que ce système est défectueux dans son essence, qu’il est basé sur des principes idéologiques, quasi pseudo-scientifiques, et qui arrive à son terme par le biais d’une sur-obésité des accumulations capitalistes concomitante à un summum mondial des inégalités toujours croissantes. Faudra-t-il se convaincre qu’on ne peut changer de planète pour que cela cesse ?

        +12

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      • doudoute // 15.08.2019 à 11h47

        La nature n’est pas prédatrice par essence. Elle l’est dans les milieux riches. Dans les milieux austère elle fonctionne par collaboration (un contemporain de Darwin l’avait constaté). Une porte a été grande ouverte au Capital outrancier, mais d’autres aussi. L’Histoire a fait que nous sommes partis dans un sens plutôt qu’un autre. Le constat de son échec est quotidiennement révélé sur ce site, et magistralement encore une fois ici, voir définitivement.
        La critique marxiste de notre situation semble encore tout à fait pertinente. Mais la dictature internationale du prolétariat comme solution… Bien pour faire court, le municipalisme ( cf notre co-commentateur ci-dessous). Mais pas forcément radicalement libertaire à la Murray Bookchin. C’est pour cela que je souligne le rôle de l’État selon Smith, et un retour à l’artisanat. Utopique? il y en a pourtant qui s’y essaye ( Chiapas, Kurdes entre autres dont on entend pas parler).

          +3

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        • Loxosceles // 15.08.2019 à 13h27

          Oui, la nature fonctionne dans un équilibre perpétuel instable entre mécanismes de coopération et de compétition, selon les écosystèmes.

          Or, le projet libéral prône la concurrence (libre et soi-disant non-faussée). Il laisse donc toutes vannes ouvertes à la prédation (compétition) et ne dit rien au sujet de la coopération (qui existe aussi, regardez la manipulation des prix par les opérateurs téléphoniques il y a un certain nombre d’années… car c’est ça aussi, la coopération, tout comme il existe dans la nature des coopérations dans la prédation, voir les lions, les loups et autres chasseurs en meute). Il est donc dans un déséquilibre perpétuel qu’on essaye de réguler, sporadiquement ou frénétiquement, par des mécanismes qui contredisent son principe fondamental.

            +4

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          • doudoute // 15.08.2019 à 14h17

            Je ne sais pas si il y a qlq chose au sujet de la coopération chez Adam Smith. Mais “Adam Smith n’est pas l’apôtre d’un capitalisme sauvage”; ce n’est pas ” l’État qui menace le plus l’économie de marché mais plutôt les industriels, et il revient à l’autorité souveraine de s’assurer du respect des règles du marché” (Wikipedia). C’est à l’État d’assurer une certaine justice pour tous.
            Quand des compagnies se retrouvent avec des dividendes à 19% au lieu de 20 jusque là, il considère cela comme de l’austérité et se mettent à coopérer.
            Pour la théorie du libre-échange chez Adam Smith, il faut la resituer à son époque, sur de petites échelles. Et, aujourd’hui, avec des limites à l’accumulation du capital. Pour lui, cette théorie était une condition première pour un avenir… incertain, positif ou négatif. Pour faire flou: son libéralisme prône le « perfectionnement intentionnel d’un ordre sub-optimal non intentionnel ».
            Comme vous disiez plus haut; “Nous sommes dans le noir et je crois qu’il faut trouver la vraie sortie…” La vrai, on le saura que si on essaye, et pour moi une base municipaliste, avec les connaissances de nos échecs passés (éducation populaire?) serait un bon départ.

              +4

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            • Dominique Gagnot // 15.08.2019 à 17h11

              Forme de gouvernement possible à toutes les échelles : la SCGRP : Société Coopérative de Gestion des Ressources Premières. (comme les SCOP, mais Gestion…)
              (ok, le nom est pas top, mais voyez l’idée).

              Cela ressemble aussi à un Administrateur de biens, ou Syndic de copropriété.

              L’échelle la plus haute de copropriété étant la planète.

                +4

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            • doudoute // 15.08.2019 à 17h51

              ( il n’y a pas de bouton réponse sous votre commentaire Mr Gagnot, je le met là)

              oui, je pense que la SCO(o)P est la forme d’entreprise la moins pire. Et la SCOP de SCOPs ensuite, etc… Cela existe déjà et fonctionne très bien semble-t-il.
              ( à quand un “en direct des démarche de la SCOP” plutôt qu’ “en direct des marchés boursiers”?)
              Mais je ne pense pas qu’il faille imposer une idée. Si je parle en premier lieu de municipalisme, c’est pour avant tout pouvoir discuter localement entre voisins, communaux, et un peu plus loin encore, pour pouvoir mettre en place quelque chose de nouveau où tout le monde y trouvera son compte en considérant que le bien-être de son voisin est une plus-value pour soi-même et vice-versa. On peut avoir une idée des différentes étapes à suivre, mais que personne ne soit perdu en chemin, avoir une appréhension des difficultés que l’on rencontrera, et il y en aura de très nombreuses et même violentes. Personnellement, et peut-être malheureusement, c’est peut-être là le principal défaut de mon plan, je crois encore en l’humain et à ses sentiments de fraternité et de justice.
              (dommage que ça fasse gnan-gnan aujourd’hui ce genre de considération.)

                +5

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            • doudoute // 15.08.2019 à 18h38

              Votre idée de réappropriation des ressources est plutôt chouette, surtout pour ce que vous en faites ensuite.
              Pensez-vous pouvoir mettre un tel projet en place par chez vous? Si c’est dans une petite commune, il y a moyen, malgré certaines querelles de clocher. Mais à plus grande échelle c’est direct la guerre civile avec en première ligne les “gardes rouges du capital”.
              De plus, à grande échelle cela nécessitera à nouveau le déploiement d’une énorme bureaucrature, avec ses mandarins arrogants et contre-mandarins arrogants.
              La marche est une perpétuelle remise en équilibre. Pour moi, capitales, mégalopoles, com d’agglo et autres sont des aberrations qui foncent toujours plus vite car elles sentent qu’elles vont bientôt se manger le trottoir. (C’est faut, elles ne le sentent absolument pas, c’est un mouvement réflexe. Et les petites pattes qui courent et s’essoufflent se trouvent en périphérie.)

                +3

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            • Dominique Gagnot // 15.08.2019 à 23h14

              doudoute,

              Hélas non, ce n’est (encore) que de la théorie, et, pour être mis en pratique, nécessite une certaine “éducation populaire” pour emporter l’adhésion. Ce qui suppose de disposer des gros médias… et donc une révolution !

                +3

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            • doudoute // 16.08.2019 à 00h44

              Bien d’accord avec vous.

              Mais je n’attends rien des grands media. Bien plus gens sur sur place.

              à demain pour plus encore.

                +2

              Alerter
          • Subotai // 19.08.2019 à 03h43

            J’ai tendance à penser que l’état de stabilité n’existe pas, que c’est un état transitoire et fugace, et que l’équilibre (qui n’est pas l’harmonie) est une perpétuelle instabilité.
            Dans un Univers où seul le changement perpétuel est stable 😉 tout ne peut être qu’instable et en mouvement.
            Ce qu’il faut rechercher, ce n’est pas l’équilibre mais l’harmonie…

              +0

            Alerter
  • Anne // 15.08.2019 à 10h26

    “chacun devrait pouvoir comprendre immédiatement que tout gouvernement nouvellement élu – qu’il soit de droite ou de gauche – aura forcément beaucoup plus de comptes à rendre à ses créanciers internationaux (ceux-là mêmes que les États libéraux avaient pourtant contribué à sauver de la faillite en 2008 !) qu’à ses propres électeurs.”

    Et oui. Comment sortir d’une telle situation ?

      +7

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    • Dominique Gagnot // 15.08.2019 à 23h20

      Il faut faire avec ! Tant que la nation dispose en interne d’un minimum de ressources c’est jouable, sinon … voir la Grèce. (C’est pour cela que Macron fait tout pour détruire notre économie et systèmes sociaux.)

        +4

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  • Dominique Gagnot // 15.08.2019 à 10h43

    Autrement dit :

    Le capitalisme dans son principe n’est pas nécessairement une arnaque, mais notre Système capitaliste en est une magistrale.
    ______________

    Pour un observateur extérieur à notre monde, les raisons des catastrophes économiques, sociales et écologiques sont évidentes voire grotesques. Et pourtant nous ne les voyons pas car nous sommes prisonniers d’un système de pensée construit tout au long de l’évolution de nos sociétés occidentales.

    Vous allez découvrir par quels moyens une minorité tire les ficelles. Que leur jeu est à l’origine de ces catastrophes. Sachez que tout, absolument tout est VOULU par cette machine. Rien n’est le fruit du hasard.
    ______________

    Il est un fait passé sous silence que les puissants tirent leur pouvoir de la propriété des ressources essentielles. Celui qui tient la gourde dispose d’un pouvoir absolu sur ceux qui ont soif…

    Une réelle démocratie supposerait que la collectivité en soit propriétaire car ils perdraient ainsi leur domination, et nous serions enfin libres de les gérer afin de restaurer la planète et sauver ses habitants dans un système qui, par ailleurs, peut être libéral.

    Cette hypothèse détonante semble insensée tant nous sommes conditionnés. Et pourtant… 
    ______________
    Extrait de http://bit.ly/capitalisme

      +10

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  • jules Vallés // 15.08.2019 à 10h55

    “il est devenu presque aussi difficile, de trouver de véritables partisans des Gilets jaunes chez ceux – qu’ils soient de droite ou de gauche – qui gagnent plus de 3000 € par mois (soit 17 % de la population française) que d’opposants résolument hostiles à ce mouvement populaire chez ceux ( plus de 60 % de la population) qui “vivent” avec moins de 2000 € par mois !”

    Autrement dit, les privilégiés, peu ou prou, contre les exploités, peu ou prou….Ça vous a comme un bon vieil air de lutte des classes, si je ne m’abuse!
    L’éternel retour du réel, quoi!!

      +13

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    • Dominique Gagnot // 15.08.2019 à 16h13

      Comment se débarrasser d’un peuple :

      Il suffit d’observer que si l’on pressure le peuple, seuls les nouveaux pauvres seront éventuellement motivés par une révolte. (Les anciens pauvres n’en ont plus les moyens, les catégories supérieures sont indifférentes.)

      La bonne méthode consistera à enfoncer le peuple de sorte que la fraction susceptible de se révolter ne soit pas trop importante. On se limitera donc à une branche professionnelle, ou à une catégorie sociale.

      Si par maladresse une révolte se produit, la diviser en prenant des mesures dont seule une partie supérieure pourra bénéficier. Cela calmera les ardeurs révolutionnaires de certains, tandis que les autres pourront sombrer dans l’indifférence générale.
      Attendre quelques temps, avant de remettre une pression…

      (Noter qu’il est particulièrement risqué de pénaliser d’un coup l’ensemble d’une population déjà fragilisée, en augmentant par exemple le prix du pain, ou du gasoil…)

      Cette méthode est utilisée depuis les années 1970, et donne d’excellents résultats : près de 10 millions de pauvres en France, en 2018.
      http://bit.ly/capitalisme

        +8

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  • Geoffrey // 15.08.2019 à 12h22

    petit commentaire structurant :

    les GJ doivent penser l’État-populaire comme nouveau paradigme, devant nécessairement remplacer l’État-bourgeois.

    L’État-populaire s’inscrit dans l’horizontalité (droits politiques : RIC par ex, ET contrôle des biens de prod’ : participation des syndicats aux comités de direction par ex) quant l’État-bourgeois s’inscrit – lui – dans la verticalité (représentativité du vote, propriété privée des biens de prod’).

    on dit merci qui ?

    Geof’

      +4

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    • Dominique Gagnot // 15.08.2019 à 13h29

      Remarque : contrôle pas seulement des biens de prod, mais propriété lucrative (pas forcément d’usage) des Ressources premières (le terme est plus général que “bien de prod”)

        +2

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  • calal // 15.08.2019 à 14h14

    Pour faire la distinction entre un “vrai” liberal et un liberal ” privatisation des profits,socialisation des pertes”, il faut lui demander son avis sur la suppression du “numerus clausus”.
    Pour un “vrai” liberal, le marche doit reguler la production et la demande de medecin: pas de numerus clausus.
    Pour un “faux” liberal, la medecine est un bien qui doit etre rarefie par tous les moyens pour en garder le monopole et presser le citron des clients pour qui la sante est le bien le plus precieux des qu’on a produit des excedents.

      +1

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  • Macarel // 15.08.2019 à 15h32

    Il ne faut pas sous-estimer la prodigieuse capacité du capitalisme à récupérer les idées de ses détracteurs et à les retourner contre eux.
    La principale force de transformation de nos sociétés et de la nature depuis plus d’un demi-millénaire, c’est bien le capitalisme. Les capitalistes sont avant tout des gens qui veulent s’enrichir et vite. Les moyens pour y parvenir sont en général brutaux, que l’on pense aux conditions d’exploitation des prolétariats nationaux au 19ième siècle, ou des peuples colonisés et des ressources abritées par leur territoires. L’esclavage a été l’un des moyens les plus brutaux dans l’accumulation primitive du capital. C’est en réaction à cette brutalité que sont apparus en occident les mouvements de résistance socialistes ou communistes. Et les luttes, souvent très dures et sanglantes, menées dans les cadres nationaux ont permis des conquêtes sociales, qui ont “adoucies” les conditions d’exploitation des travailleurs. Après la deuxième guerre mondiale, les trente glorieuse ont vu une telle amélioration de ces conditions, que les capitalistes ont commencé à trouver que l’exploitation dans les cadres nationaux (du moins en occident), ne dégageaient plus assez de profits. La grande ruse capitaliste c’est d’avoir récupéré le désir d’internationalisme des mouvements de gauche, pour faire “sauter les cadres nationaux” et donc par la mise en concurrence de tous les travailleurs de la planète, retrouver un formidable gisement de profits, ce qui n’étaient plus possibles dans les cadres nationaux. L’UE à 27 est un bel exemple de cette mise en concurrence !

      +14

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    • Dominique Gagnot // 15.08.2019 à 23h34

      Oui, mais pire que de ne plus assez dégager de profits, les capitalistes ont compris que les “travailleurs” étaient sur le point de pouvoir renverser le système. En 1968, c’était possible !
      Mais on avait rien préparé pour le remplacer. Ah les cons. Pour nous consoler, on a augmenté le SMIC. pfffttt… Y en a qui appellent ça une victoire. On voit bien la victoire aujourd’hui…

        +0

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  • swap // 15.08.2019 à 17h53

    lire Valérie Bugault “les raisons cachées du désordre mondial” qui propose des solutions Le projet d’avènement de la propriété économique sera le dernier clou au cercueil de la propriété individuelle.
    Jusqu’à se réduire à la propriété économique de soi-même par le libertarianisme.

      +2

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  • bhhell // 15.08.2019 à 22h15

    Le “libre arbitre”, la “volonté populaire”, c’est beau, mais clairement, c’est la quantité d’énergie disponible qui façonne les sociétés. La croissance économique a produit l’individualisme, et pas l’inverse. Et cette croissance vient des énergies fossiles, très secondairement des théoriciens libéraux en quête de nouveaux modèles. Sans cette énergie abondante qui active nos appareils, la “créativité capitaliste”, c’est du vent. Il y a donc fort à parier que c’est la Nature qui va imposer les ajustements requis, pas la vertu des hommes. Les hommes ne renonceront pas spontanément à leurs privilèges, si dérisoires soient-ils. La dérive réactionnaire de notre époque le confirme. Le propriétaire immobilier accepte, bon an mal an, les politiques d’austérité pour préserver son patrimoine, l’ouvrier exploité accuse l’immigré de menacer ses maigres avantages. Même les grecs, pourtant brutalisés depuis 10 ans, ont encore quelque chose à perdre. Donc personne ne bouge. Chacun accepte les règles du jeu. La Nature, en revanche, se fout royalement des règles du jeu, et se chargera de nous le faire comprendre

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  • François // 24.08.2019 à 04h37

    “Les black blocs (Bb) gardes rouges du capital”, ce retour du refoulé flicard PCGT années 68-70 contre “les gauchistes”, “belle” contribution à la propagandastaffel ! J’ai 70 balais, exclu alors de la CGT avec d’autres par ces inquisiteurs. “Les Bb nuiraient à l’image, etc”; que ce poufendeur de “la Sté du spectacle” s’applique à lui-même sa citation d’U.Sinclair! Et PAS UN MOT des tués, mutilés…embastillés, du garrotage des libertés, etc.
    Pour nous G. Jaunes “ordinaires”, de 20 à 70 ans, les Bb sont des nôtres avec leurs propres modes d’action, comme de tout temps dans toute lutte sociale, et ils nous ont protégé dans des manifs (à l’instar de Dettinger). Les Bb pas LA solution ? mais bien moins encore les journées d’inaction et manifs traîne savates. “Caminante, no hay camino”…
    Nos ennemis: les SAIgneurs de l’État, des féodalités industrielles et financières et leurs partenaires “sociaux” et politichiens de tout acabit, jusqu’aux faux amis plumitifs comme ici.
    Fraternellement à ceux qui luttent sans céder à la dictature de “l’image”. “C’est la canaille dites-vous, et bien j’en suis!” (J.-B. Clément, 1871).

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