Suite de notre série sur le Venezuela, avec différents articles visant à compléter la vision biaisée diffusée par nos médias.

Source : Mémoire des luttes, Maurice Lemoine, 11-08-2017

Sous la forme d’un feuilleton en quatre parties que vous pourrez retrouver chaque jour à partir du 11 août 2017, Mémoire des luttes publie une enquête exclusive de Maurice Lemoine consacrée à la question de la « guerre économique » au Venezuela.


Alors que la vague de violence déclenchée par une opposition décidée à le renverser a provoqué la mort de plus de cent dix personnes depuis début avril, le président « chaviste » Nicolás Maduro a réussi son pari : faire élire une Assemblée nationale constituante le 30 juillet. Malgré une situation extrêmement tendue et les menaces proférées contre les électeurs par les groupes de choc d’extrême droite, plus de 8 millions de citoyens (41,5 % de l’électorat) se sont déplacés et ont choisi leurs représentants.

Largement traitée par des médias totalement acquis à l’opposition, la grave crise que traverse le Venezuela comporte une dimension systématiquement passée sous silence : comme dans le Chili de Salvador Allende, une sournoise mais féroce « guerre économique » déstabilise le pays.

PARTIE 1

Le 18 janvier 2013, alors que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (en anglais FAO) vient de publier son rapport annuel [1], son ambassadeur Marcelo Resende de Souza visite au Venezuela un marché de Valencia (Etat de Carabobo), accompagné du vice-président de l’époque Nicolás Maduro. « Nous possédons toutes les données sur la faim dans le monde, déclare-t-il. Huit cents millions de personnes ont faim ; 49 millions en Amérique latine et dans la Caraïbe, mais aucune au Venezuela parce qu’ici la sécurité alimentaire est assurée. »

Etrangement, quatre mois à peine se sont écoulés que, la maladie ayant emporté Hugo Chávez et son ex-vice-président venant d’être élu chef de l’Etat, le quotidien (et porte-parole officieux des multinationales espagnoles) El País entonne une toute autre chanson : « Le désapprovisionnement accule Maduro » [2]. Certes, la pénurie concerne principalement, à ce moment, le papier hygiénique (qui, pendant de longues semaines, va fournir un passionnant sujet de dissertation aux pisse-copies du monde entier), mais, mentionne El País, elle s’ajoute à « une absence cyclique (…) de la farine, du poulet, des déodorants, de l’huile de maïs, du sucre et du fromage (…) dans les supermarchés ».

Ainsi débute médiatiquement ce qui va devenir « la pire crise économique » connue par ce pays, « potentiellement l’un des plus riches au monde », du fait de sa « dépendance à l’or noir », de « la baisse du prix du baril de pétrole » et de « la gabegie du gouvernement ». Alors que les porte-paroles de l’opposition incriminent en vrac l’excessive intervention de l’Etat, la régulation « autoritaire » des prix, l’impossibilité qui en découle pour l’entreprise privée de couvrir ses coûts de production, le manque de devises octroyées par le pouvoir pour importer matières premières et produits finis, les pénuries deviennent chroniques, les rayons des supermarchés désespérément vides, les files d’attente interminables, le « marché noir » omniprésent. « Au Venezuela, la baisse du pétrole fait flamber les prix des préservatifs » pourra bientôt titrer Le Figaro (17 février 2015). Même les médicaments deviennent introuvables, attisant l’angoisse et les souffrances de la population.

Une telle situation a de quoi émouvoir les humanistes du monde entier. « S’il y a une crise humanitaire importante, c’est-à-dire un effondrement de l’économie, au point qu’ils[les Vénézuéliens] aient désespérément besoin d’aliments, d’eau et de choses comme ça, alors nous pourrions réagir », annonce sur CNN, le 28 octobre 2015, le chef du Commandement sud de l’armée des Etats-Unis (Southern Command), le général John Kelly, en réponse aux appels « désespérés » de la « société civile » vénézuélienne. Dès 2014, alors que la Table d’unité démocratique (MUD) appelait au renversement du chef de l’Etat en lançant l’opération « La Salida » (« la sortie »), l’une de ses dirigeantes, María Corina Machado, avait tracé la voie : « Certains disent que nous devons attendre les élections dans quelques années. Est-ce que ceux qui n’arrivent pas à alimenter leurs enfants peuvent attendre ? (…) Le Venezuela ne peut plus attendre ! » La violente séquence subversive échoua, mais se solda par 43 morts et plus de 800 blessés. Et les Vénézuéliens continuèrent à éprouver des difficultés chaque jour plus insupportables pour s’approvisionner.

Le 6 décembre 2015, lors des élections législatives, les tracas, les privations et le mécontentement ayant érodé le moral des citoyens de tous bords, le chavisme perd 1 900 000 voix et devient minoritaire à l’Assemblée. Inversant les termes de l’équation, la grande internationale néolibérale célèbre ce triomphe de la « démocratie » sur le « chaos ». Soumis à une information triée et rassemblée pour conforter cet a priori, bien peu, en particulier à l’étranger, ont conscience de ce que cette victoire a reposé fondamentalement sur un torpillage de la « révolution bolivarienne » par une déstabilisation économique similaire à celle employée dans les années 1970 au Chili contre Salvador Allende. Dénoncée en son temps par les progressistes (plus organisés, lucides et courageux à l’époque qu’aujourd’hui), cette dernière fut officiellement confirmée, trente-cinq années plus tard, par la déclassification de vingt mille documents des archives secrètes du gouvernement des Etats-Unis. S’agissant de la « crise vénézuélienne », on peut donc espérer voir cesser la déconnexion entre discours médiatique et réalité dans environ… trois décennies. Ce qui, malheureusement, arrivera un peu tard pour la compréhension des événements et la défense urgente, sur la terre de Bolivar, d’une démocratie particulièrement menacée. Mais permettra sans doute à ceux qui, actuellement, ferment volontairement ou détournent lâchement les yeux, de vendre du papier en publiant et commentant avec une indignation de bon aloi ces « stupéfiantes révélations ».

Rien de nouveau sous le soleil, pourtant. En matière de « déstabilisation économique » débouchant sur un coup d’Etat, le Chili de l’Unité populaire (4 septembre 1970 – 11 septembre 1973) demeure évidemment une référence incontestée. Rien de plus clair que l’ordre donné par Richard Nixon à la Central Intelligence Agency (CIA) : « Make the economy scream ! » (« faites crier l’économie »). Ainsi que la multiplication des mesures de rétorsion mises en œuvre contre Santiago : blocage des biens et avoirs chiliens aux Etats-Unis, disparition des machines et pièces de rechange pour les mines, manœuvres à l’international pour empêcher la consolidation de la dette chilienne, pressions sur le cours du cuivre, saisie-arrêt des exportations de ce métal vers l’Europe… En 1972, du fait des mesures sociales et de l’augmentation du pouvoir d’achat, la consommation populaire augmente considérablement. Suspendant la mise en vente de leurs stocks, retenant leurs marchandises, les entreprises privées provoquent délibérément des problèmes de ravitaillement. Des files d’attente interminables se forment à l’entrée des magasins. La majorité des biens de première nécessité – dont l’inévitable papier hygiénique ! – ne se trouvent plus qu’au marché noir. Quotidien chilien « de référence », El Mercurio se délecte : « Le socialisme c’est la pénurie ». Casseroles vides à la main, des milliers d’opposants se rassemblent dans les rues. Le 25 juillet 1973, grassement « arrosée » de 2 millions de dollars par la CIA, la puissante fédération des camionneurs déclare une grève illimitée et immobilise sa flotte de poids lourds pour empêcher les aliments de parvenir à la population. Dans très peu de temps, il ne restera au général Augusto Pinochet qu’à intervenir pour mettre un terme à la débâcle de l’« économie socialiste ».

Les difficultés du peuple constituant un ferment constant de révoltes, des techniques relevant de la même philosophie avaient déjà été utilisées contre Cuba. Prenant acte du fait qu’on ne pouvait compter sur un soulèvement populaire pour renverser Fidel Castro, le sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires internationales Lester D. Malory conseilla dans son rapport du 6 avril 1960 : « Le seul moyen prévisible de réduire le soutien interne passe par le désenchantement et le découragement basés sur l’insatisfaction et les difficultés économiques (…) Tout moyen pour affaiblir la vie économique de Cuba doit être utilisé rapidement (…) dans le but de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement. » Le 3 février 1962, dans le but d’étrangler l’île, John Fitzgerald Kennedy annoncera la mise en place de l’embargo – toujours en vigueur actuellement. Sans résultat dans ce cas, à l’exception des souffrances inutiles infligées au peuple cubain.

Vingt ans après Cuba avec Fulgencio Batista, le Nicaragua sandiniste s’est débarrassé en 1979 de son dictateur Anastasio Somoza. Alors que les premières élections libres doivent avoir lieu le 4 novembre 1984 et que les troupes contre-révolutionnaires – la « contra » –, financées, entraînées et approvisionnées par les Etats-Unis, harcèlent le pays depuis le Honduras et le Costa Rica voisins, des agents des forces spéciales américaines minent les eaux de plusieurs ports nicaraguayens en début d’année. De nombreux navires ayant été endommagés, les primes d’assurance augmentent, les bateaux marchands étrangers évitent la destination, affectant très fortement l’économie par la réduction drastique des importations et des exportations. Objectif atteint ! « La pénurie au cœur des élections », titre et développe Libération, le 2 novembre 1984 : « Au marché noir, on peut pratiquement tout acheter, à condition d’y mettre le prix : 65 cordobas les deux piles de radio (produit rare), 160 le tube de dentifrice. L’occupation principale de quelques centaines de “hiboux” consiste à se procurer des dollars au marché noir (environ dix fois le taux officiel) puis à partir s’approvisionner au Costa Rica ou au Guatemala. Les produits sont ensuite revendus jusqu’à vingt fois le prix officiel, dans les baraques [du marché] de “l’Oriental” de Managua. (…) L’étatisation économique se renforce de jour en jour. (…) Les partis d’opposition affirment que les problèmes de ravitaillement ont constitué le thème le plus mobilisateur [c’est nous qui soulignons]. »

Les Nicaraguayens n’étant pas tombés dans le piège et le sandiniste Daniel Ortega ayant malgré tout été élu président de la République avec 67 % des voix, Washington doublera la mise en imposant au Nicaragua un embargo commercial total en 1985. Cette agression militaire et économique entraînant une très forte dégradation de la situation, le pays s’endettera, s’enlisera dans une gestion de survie et devra mettre genoux à terre, « vaincu par la faim et la guerre », lors de l’élection présidentielle du 25 février 1990.

Au Venezuela, si Hugo Chávez a évoqué le concept de « guerre économique » dès 2010, le premier à la théoriser, en 2013, a été Luis Salas. La source d’inspiration initiale de ce chercheur du Centre stratégique latino-américain de géopolitique (Celag), très éphémère ministre de l’économie en 2016, a de quoi surprendre : loin des exemples latino-américains précédemment cités, il explique avoir fondé les prémices de sa réflexion sur l’ouvrage Les problèmes politiques du plein emploi [3] que l’auteur polonais Michal Kalecki (1899 – 1970) écrivit en se basant sur son expérience vécue… en France, sous le Front populaire. « Il y dit que, d’un point de vue marxiste conventionnel, on ne peut pas comprendre ce qui s’est passé. Car, paradoxalement, pendant ses trois années, à travers les hausses salariales et l’augmentation de la consommation ainsi que la croissance enregistrée, le gouvernement de Léon Blum avait permis un enrichissement des entrepreneurs et des commerçants. »

Or, et même en supposant que ceux-ci ont tout intérêt à ce qu’un gouvernement, à travers le plein emploi, augmente le pouvoir d’achat de la population, ce type de politique pose au capital un problème fondamental. « Pour les patrons, le plein emploi rend la main d’œuvre plus chère et les travailleurs moins dociles, moins susceptibles d’accepter n’importe quoi. Entre autres inconvénients, le capital ne peut plus jouer sur la menace de licenciement. Par ailleurs, le gouvernement Blum avait commencé à assumer de nombreuses tâches qui, normalement, appartenaient aux patrons, comme la distribution des aliments. Leur pouvoir reposait là-dessus… » Politique à court terme, le problème devient économique à long terme. « Leur pouvoir, en tant que classe, pouvait être déplacé. » La presse de droite se déchaîna alors contre les « salopards en casquette » qui allaient profiter des congés payés ; financiers et industriels spéculèrent et transférèrent leurs capitaux vers l’étranger. La suite appartient à l’Histoire de France. Mais présente de fait quelques similitudes avec ce qui se passe au Venezuela où, s’estimant menacé, le « monde de l’entreprise » participe activement au sabotage de l’économie.

« En 2013, quand Maduro est arrivé au pouvoir, rappelle Salas, la loi du travail, la dernière qu’a signée Chávez [le 30 avril 2012], venait d’être approuvée. Et cette loi, bien qu’elle n’altère pas la relation capital/travail, crée un nouveau rapport qui complique la domination sur les travailleurs. Elle octroie la stabilité salariale, réduit la durée du travail à quarante heures hebdomadaires, sanctionne les licenciements injustifiés, rend les vacances obligatoires, crée des avantages nouveaux, etc. Dès lors, patronat et négociants ont affiné leurs techniques pour se débarrasser de Maduro. »

« Affiner » est bien le mot, car ils n’en étaient pas à leur coup d’essai. En 2001, après la signature de 49 décrets-lois emblématiques – loi sur les hydrocarbures, loi sur la terre et le développement agraire, loi de la pêche, etc. –, puis, surtout, fin 2002, après l’échec du fugace coup d’Etat américano-militaro-médiatico-patronal d’avril, Chávez lui-même a dû affronter ce type de déstabilisation. Du 2 décembre 2002 au 9 février 2003, alors que ses hauts cadres dirigeants paralysaient la compagnie pétrolière PDVSA et que le pays sombrait, victime non d’une « grève générale » mais d’un « lock out » patronal, les aliments et autres biens de première nécessité disparurent dans les « barrios ». C’est l’époque où, dans l’Etat de Zulia, on put voir des producteurs de lait jeter dans les rivières des millions de litres de leur production pour générer la pénurie.

Particulièrement affectée et ouvertement poussée à se révolter comme elle le fit (spontanément) lors du « caracazo » en 1989 [4], la population modeste, base sociale du chavisme, conserva son sang-froid et ne tomba pas dans la provocation. Au terme d’une bataille de soixante-trois jours, le « comandante » reprit le contrôle, mais, la paralysie de l’activité économique avait coûté 20 milliards de dollars au pays et une remontée spectaculaire de la pauvreté – passée de 60 % en 1997 à 39 % fin 2001, elle atteignit 48 % en 2002 puis 55,1 % en 2003. Près de 590 000 travailleurs, essentiellement des femmes, se retrouvèrent sans travail de 2001 à 2003 ; les morts par dénutrition augmentèrent de 31 %.

La reprise du contrôle de PDVSA et l’affectation des revenus pétroliers au financement des politiques sociales permettront de renverser la situation (21,2 % de pauvreté en 2012) jusqu’à l’actuelle phase de déstabilisation.

Ainsi, donc, à en croire la vulgate en vogue, depuis que la crise financière internationale a orienté le cours du pétrole à la baisse en 2008, la rente ne suffit plus à couvrir la facture des importations. Etonnant, non ? Ayant pulvérisé les sommets à la mi-2008 (150 dollars le baril), l’or noir est certes redescendu à 38 dollars en 2015 avant d’osciller entre 21 et 24 dollars en 2016, mais il se vendait à… 7 dollars le baril en 1998, lors de l’arrivée au pouvoir de Chávez. Et personne ne se souvient avoir vu à l’époque de longues files d’attente devant les commerces – depuis les échoppes jusqu’aux supermarchés.

D’aucuns pourraient objecter que, plongés alors en masse dans la pauvreté, les Vénézuéliens consommaient beaucoup moins à l’époque qu’à l’heure actuelle (ce qui est vrai !) ; bien peu le font car ce serait évidemment un hommage rendu implicitement par le vice à la vertu. Mais en tout état de cause, avec un pétrole remonté en 2017 aux alentours de 40 dollars, la théorie de la population « au bord de la famine » à cause du « pays en faillite » résiste mal à la réflexion (pour peu, bien sûr, qu’il y ait une réflexion).

Commençons par le commencement – d’après les porte-parole officiels et officieux du patronat, le gouvernement n’octroie pas aux entreprises les dollars nécessaires à l’importation et à la production – et tentons d’analyser la situation…

Quatre-vingt-quinze pour cent des devises du pays proviennent de l’exportation du pétrole. Cette situation structurelle date de 1920, année où a été approuvée la première loi sur les hydrocarbures et où s’est établi le mécanisme à travers lequel l’Etat capte une partie, plus ou moins importante selon les périodes, de la rente pétrolière. Depuis le début de ce XXe siècle, la bourgeoisie s’est ingéniée à se réapproprier cette rente en échangeant ses bolivars contre des dollars et à l’utiliser essentiellement pour importer – ce qui ne présente aucun risque et ne requiert aucun investissement. Il en résulte que, pour en revenir à la période actuelle, les 10 % des exportations non pétrolières du Venezuela sont constitués de produits minéraux (26 %), chimiques (45 %), de plastiques et de caoutchouc (3 %), de métaux (10 %), tous produits par… des entreprises publiques. La contribution du secteur privé, en moyenne, ne dépasse pas 1 % du total des exportations [5].

Ce n’est donc pas le pétrole en soi qui constitue un problème, mais le fait que si les devises se trouvent initialement et en quasi-totalité entre les mains de l’Etat c’est parce que le secteur privé, moteur autoproclamé d’une économie « dynamique » et « efficace », se limite (dans le meilleur des cas) à fournir par l’importation le marché intérieur, en prenant une confortable marge au passage, et ne participe quasiment pas à l’accroissement de la richesse nationale. Plutôt que d’investir, il n’a pour préoccupation que de récupérer le magot et de l’utiliser à son profit.

Une fois ce cadre global établi, on cherchera l’erreur : depuis qu’en 2003 a été instauré un contrôle des changes pour éviter la fuite des capitaux, les entreprises privées ont reçu de l’Etat 338,341 milliards de dollars pour l’importation de biens et de services. En 2004, alors qu’elles ont disposé à cette fin de 15,75 milliards de dollars, on n’a constaté aucune pénurie. En 2013, alors que la somme attribuée a quasiment doublé pour atteindre 30,859 milliards de dollars, les principaux biens essentiels ont disparu [6]. Doit-on parler de magie ? Peut-être. Mais, dans ce cas, de magie noire.

Si la crise économique mondiale et la baisse des prix du pétrole ont évidemment un rôle dans la dégradation de la situation, elles n’en sont aucunement la cause principale. La conviction des néolibéraux nationaux et internationaux qu’il fallait profiter de la mort de Chávez pour « achever » la « révolution bolivarienne » a incontestablement marqué le point d’inflexion vers l’organisation du désastre. Dès lors, d’après Pascualina Curcio, professeure de sciences économiques à l’Université Simón Bolivar, s’articulent quatre phénomènes : une pénurie programmée et sélective des biens de première nécessité ; une inflation artificiellement provoquée ; un embargo commercial camouflé ; un blocus financier international. Auxquels on ajoutera, depuis avril 2017, la violence insurrectionnelle soutenue par les Etats-Unis, leurs alliés régionaux (Argentine, Brésil, Mexique) ainsi que l’Union européenne, sanctifiée par les commissaires politiques des médias. Ce que d’aucuns appellent « une guerre de quatrième génération ».

En 2004, tandis qu’étaient importés pour 2,1 milliards de dollars d’aliments, chacun pouvait se nourrir dans des conditions normales. En 2014, avec 7,7 milliards, une augmentation de 91 % – sachant que, depuis 2004, le gouvernement octroie les dollars à un taux préférentiel pour l’achat des biens essentiels –, on ne trouve plus ni beurre, ni huile, ni farine de maïs précuite, ni riz, ni lait en poudre, ni pâtes alimentaires, ni lait pasteurisé, ni viande de bœuf, ni fromages, ni mayonnaise, ni sucre, ni café sur les rayons des commerces et des grandes surfaces. En revanche, les gondoles croulent sous les boissons gazeuses, les galettes, les biscuits, les friandises, les gourmandises et autres sucreries, les conserves exotiques, les surgelés sophistiqués. De quoi s’interroger sur la curieuse « crise humanitaire » dont le monde entier a entendu parler.

Le 20 mai 2016, Agustín Otxotorena, un entrepreneur basque pas spécialement « chaviste » résidant à Caracas, fatigué de répondre à ses amis et proches qui, depuis l’Espagne, s’alarmaient pour sa santé dans un pays affecté par une famine similaire à celles qui frappent la Somalie ou l’Ethiopie, en fut réduit à publier sur sa page Facebook une série de photographies particulièrement édifiantes prises dans les établissements commerciaux des secteurs des classes moyenne et supérieure de l’est et du sud-est de Caracas (les fiefs de l’opposition). « Si tu as de l’argent, persiflait-il, il y a du whisky 18 ans d’âge, du rhum vénézuélien exquis, du champagne français, de la vodka russe ou suédoise, des bonbons belges, des viandes savoureuses, des langoustes, des vêtements de marque, des restaurants exclusifs, des discothèques spectaculaires, des plages avec des yachts, des clubs de golf et hippiques, des terrains de tennis et de football, et tout un pays à l’intérieur d’un autre pays, où il n’y a pas de pauvres, où les femmes et les enfants sont blonds, vont dans des collèges exclusifs, des universités exclusives, et se divertissent dans l’Ile de la Tortue ou dans l’archipel de Los Roques, là où les uniques Noirs ou pauvres sont les serveurs, le personnel des services ou de la sécurité », avant de conclure l’une de ses dernières livraisons d’un rageur (et en majuscules) : « JE SUIS FATIGUÉ DES MENSONGES ! [7] »

D’où la question que tout un chacun (à condition de ne pas être journaliste) se pose forcément : pourquoi y a-t-il pénurie de certains produits et pas d’autres, pourquoi des aliments sont-ils si difficiles à obtenir et d’autres non ? Pourquoi les fruits et les légumes, par exemple, n’ont-ils pas disparu ?

Photographie : Maurice Lemoine

Source : Mémoire des luttes, Maurice Lemoine, 11-08-2017

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64 réponses à La « guerre économique » pour les Nuls (et les journalistes), par Maurice Lemoine

Commentaires recommandés

RGT Le 17 août 2017 à 10h24

“les assassins économiques”…

Vous ne savez pas à quel point vous avez raison.
Il suffit simplement de lire le bouquin (“conspirationniste”) de John Perkins, “Confessions d’un assassin économique” en français…

Une version mise à jour a été publiée en 2016 et seul le Fig’ en a parlé (Dassault deviendrait-il communiste poutinien ???) :
http://evene.lefigaro.fr/livres/livre/john-perkins-confessions-d-un-assassin-economique-nouvelles-reve-4532923.php

Ils ont commencé en 1953, en Iran, avec un dirigeant élu qui avait eu le malheur de nationaliser les compagnies pétrolières (tiens tiens) pour faire bénéficier la population de cette ressource naturelle.

Ensuite ça a été le shah, puis les “vilains islamistes” qui redistribuent la manne, et désormais ce pays est “l’incarnation de Satan”.

Cherchez simplement les vidéos sur Internet (sur les sites “conspis” selon l’Immonde”)
Exemple:
https://www.youtube.com/watch?v=3wszOnyMr1M

Pour les arabophones (malheureusement je ne comprends rien), un gros dossier de RT dans la langue de Mahomet (normal, ils sont les premiers concernés) :
https://www.youtube.com/watch?v=zsFi-yPs6cE

  1. Catalina Le 16 août 2017 à 07h52
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    https://www.youtube.com/watch?v=FdruX1blV5o

    Zeitgeist Addendum (Voix Francaise)

    les assassins économiques et les agitateurs de l’intérieur rémunérés, corrompus par la puissance us extérieure


    • gotoul Le 16 août 2017 à 21h51
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      À propos de guerre économique, il en existe plusieurs formes : :

      «La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort.»
      François Mitterrand ( vers la fin de sa vie )

      Avec combien de pays les USA sont en guerre économique en fait ? La France est vaincue depuis déjà quelques années vu le nombre de Young Leaders dans les gouvernements successifs ( avec pour la 1ère fois en 2017 les deux hommes politiques les plus importants du pays : le président et son premier ministre ) et des structures comme la French American Foundation existent forcément dans un tas d’autres pays.


    • RGT Le 17 août 2017 à 10h24
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      “les assassins économiques”…

      Vous ne savez pas à quel point vous avez raison.
      Il suffit simplement de lire le bouquin (“conspirationniste”) de John Perkins, “Confessions d’un assassin économique” en français…

      Une version mise à jour a été publiée en 2016 et seul le Fig’ en a parlé (Dassault deviendrait-il communiste poutinien ???) :
      http://evene.lefigaro.fr/livres/livre/john-perkins-confessions-d-un-assassin-economique-nouvelles-reve-4532923.php

      Ils ont commencé en 1953, en Iran, avec un dirigeant élu qui avait eu le malheur de nationaliser les compagnies pétrolières (tiens tiens) pour faire bénéficier la population de cette ressource naturelle.

      Ensuite ça a été le shah, puis les “vilains islamistes” qui redistribuent la manne, et désormais ce pays est “l’incarnation de Satan”.

      Cherchez simplement les vidéos sur Internet (sur les sites “conspis” selon l’Immonde”)
      Exemple:
      https://www.youtube.com/watch?v=3wszOnyMr1M

      Pour les arabophones (malheureusement je ne comprends rien), un gros dossier de RT dans la langue de Mahomet (normal, ils sont les premiers concernés) :
      https://www.youtube.com/watch?v=zsFi-yPs6cE


  2. Nanker Le 16 août 2017 à 09h11
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    “où les femmes et les enfants sont blonds, vont dans des collèges exclusifs, des universités exclusives, et se divertissent dans l’Ile de la Tortue ou dans l’archipel de Los Roques, là où les uniques Noirs ou pauvres sont les serveurs, le personnel des services ou de la sécurité”

    C’est ce qui me frappe lorsque je regarde les images des manifs : celles des opposants à Maduro montrent des BLANCS partout du 1er à l’arrière-plan. Celles des soutiens au pouvoir actuel montrent des gens à la peau brune ou noire.
    Et les “démocrates” qui veulent le départ du “dictateur” Maduro ne voulaient pas plutôt le retour d’une sorte d’Apartheid au Venezuela, où les Blancs auraient tous les pouvoirs et les autres le droit de courber l’échine?


    • Sandrine Le 16 août 2017 à 11h15
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      On oublie trop souvent que la question de la ségrégation raciale dans une société post-coloniale et post-esclavagiste ne concerne pas que l’Amérique du nord. Pourquoi croyez-vous que tant d’anciens nazis ont été si bien accueillis dans toute une série d’Etat sud-américains ?


    • olivier Le 16 août 2017 à 13h13
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      Attention avec simplicité, il est dangeureux de trop racialiser les choses, surtout dans un pays comme le venezuela. Il faudrais définir ce qui est ‘blanc’, vous risquez de tomber de votre chaise.

      https://goo.gl/tzFYBo
      https://goo.gl/4hFTVH

      Je trouve la réalité un poil plus complexe. Mélanger Charlottesville et le Venezuela risque de servir des intérêts, mais pas ceux du peuple Vénézuélien. Il y a bien un constat global, mais dont on peut trouver une partie de la justification dans la structure sociale du pays.


      • Sandrine Le 16 août 2017 à 15h15
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        A mettre cependant en relation avec une vieille antienne de l’extrême droite dans tous les pays d’Amérique du sud : le métissage (analysé en termes de dégénérescence de la race blanche) vu comme la cause principale du retard économique (par rapport à l’Europe). C’est une des raison pour lesquelles beaucoup de ces pays (en particulier l’Argentine) ont favorisé l’immigration allemande avant et après la seconde guerre mondiale (pour augmenter le pourcentage de blancs “vraiment blancs”).


      • clauzip12 Le 16 août 2017 à 16h03
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        Et voila!on instille le doute sur les info qui précédent.
        La photo présentée ne peut en aucun cas être un témoignage.Les traitements numériques des images permettent de traduire les arrières pensées des exposants.C’est un art …du mensonge souvent.
        Quant à dire que les mélanges d’origines ne permettent pas de définir une couleur de peau.oui!
        Je suis du sud ouest et d’ascendants espagnols avec des cheveux bruns ébène,de quoi semer le doute n’est ce pas sur ma nationalité,sur mon appartenance?


      • olivier Le 17 août 2017 à 01h23
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        L’entrepreneur basque de Maurice Lemoine, qui n’est ‘ pas spécialement « chaviste » ‘ mais que l’on retrouve sur Télésur, chaine de télévision lancé par Hugo Chávez.
        Il est vrais que Facebook fait plus neutre.
        Voila voila…
        https://www.youtube.com/watch?v=ww0BICtA0tQ


    • olivier Le 16 août 2017 à 17h01
      Afficher/Masquer

      3e couche pour les curieux.

      2 sources opposés (US et Chaviste):
      https://www.voanews.com/a/are-race-and-class-at-the-root-of-venezuelas-political-crisis/1886458.html
      https://venezuelanalysis.com/analysis/322

      2 faits importants sur lesquels ils sont d’accord :
      1° Tres peu de Vénézuéliens pensent que le racisme est un problème (5% d’apres le chaviste). (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas).
      2° C’est avec Chavez que l’instrumentalisation politique des origines et de la race a surgie dans le débat (à tord ou a raison je n’en sais rien) et dont la constitution de 1999 permis entre-autre la classifications des individus en Afro-Venezuelans (‘The constitution of 1961 said that we are all equal’).

      Il y a t-il un intérêt politique à cristalliser la question dans ce conflit ?


      • Garibaldi2 Le 17 août 2017 à 05h03
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        Vous trouverez ici l’intégralité de la constitution vénézuélienne de 1999 :

        http://mjp.univ-perp.fr/constit/ve1999.pdf

        merci de m’indiquer quel(s) article(s) permet(tent) ” la classifications des individus en Afro-Venezuelans”


        • olivier Le 17 août 2017 à 21h47
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          Réponse plus bas (et dans mes liens plus haut…)


      • Sandrine Le 17 août 2017 à 11h58
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        Le deuxième texte que vous mettez en ligne se termine par la phrase qui résume bien la situation au Vénézuela « Denying the existence of racism merely makes it worse ».
        L’opposition à Maduro ne milite pas pour que soit instauré un nouvel appartheid au vénézuella, leur combat n’est pas à proprement parler raciste (contrairement au KKK, par exemple).
        Pour autant, ils militent pour la perpétuation d’un monde où « black is not beautifull »… Et il y a fort à penser que les noirs que l’on voit dans les rang des manifestants contre Maduro approuvent aussi cette vision là du monde, où comme il est dit dans le texte « The police forces have been strongly trained in accordance with (the) model (that) criminal has certain physical characteristics. » – ce qui explique aussi peut-etre que ce soit des noirs qui aient été brulés vifs lors des manifestations.


      • olivier Le 17 août 2017 à 12h18
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        Vue Chaviste (on gagne du temps) :
        «  Then, with the constitution of 1999, an important section was created on indigenous peoples [Chapitre VIII de votre pdf ndlr]. We made a proposal, so that the issue of African-Venezuelans might be included in the new constitution. »  Chucho García, one of the founders of the Afro-Venezuelan Network.

        Ce qui permis un recensement en fonction de l’origine et un « Minister of Indigenous Peoples ».

        http://www.ine.gob.ve/documentos/Demografia/CensodePoblacionyVivienda/pdf/nacional.pdf
        « por primera vez […], se buscó visibilizar a la población residente en el país que se auto reconoce como afrodescendiente. »  p4

        http://lexnoir.org/2011/09/venezuela-change-in-the-2011-census-for-afro-venezuelans/
        ( international network of lawyers connecting the African Diaspora.)

        Si vous aviez lu les liens, vous auriez eu la réponse plus vite. C’est aussi bien dans le point de vue US que Chaviste. Ce que j’expliquais. Au lieu d’exiger, je vous ‘invite’ à lire.


  3. Nanker Le 16 août 2017 à 09h12
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    Correction : “Et si les “démocrates” qui veulent le départ… “


  4. LAD Le 16 août 2017 à 10h55
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    Excellent article qui rejoint exactement ce dit Noam Chomsky dans : “Le profit avant l’Homme” etc …
    Les néocons ne veulent pas d’état socialiste sur le continent. Ils sont prêts à tout pour empêcher ça car ça pourrait donner des idées à d’autres …


  5. Sandrine Le 16 août 2017 à 10h58
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    Le texte mentionne le Nicaragua, le Chilli , Cuba. L’auteur n’ose pas (?) poursuivre sa liste et rappeler que la pénurie de biens de consommation en URSS à partir des années 70-80 a aussi eu pour cause une guerre économique : la course aux armements (notamment la soi-disant guerre des étoiles), sur laquelle les Américains comptaient pour épuiser économiquement l’URSS (qui, notamment après les destruction de la seconde guerre mondiale, partait de beaucoup plus bas que les USA sur le plan de la capacité de production)


    • med Le 16 août 2017 à 11h14
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      C’est quoi le but de mettre en parallèle deux problèmes totalement différentes ?


      • Sandrine Le 16 août 2017 à 12h07
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        Précisément, je soutiens que ce ne sont pas deux problèmes totalement différents.
        Dans chacun des cas, on observe que la guerre économique a la meme fonction qu’une guerre armée : elle vise à détruire l’adversaire. Comment? Par exemple en affamant la population qui en retour est tentée de se révolter ou d’accueillir favorablement un changement de “régime” télécommandé depuis l’étranger (cf : la succession des événements depuis la perestroika jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Eltsine )


        • med Le 16 août 2017 à 12h37
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          Dans le premier cas l’Amérique latine subit une guerre économique. Elle n’a jamais rien demandée. C’est une agression !
          Dans le second cas , c’est l’URSS qui a décidé de faire un concourt avec la USA pour savoir qui aura la plus grosse. L’URSS a été assez stupide pour suivre les USA dans cette course sans en avoir les moyens. Elle n’a récolté que le fruit de ses errements.

          On a une agression d’un coté et une course aux armement de l’autre. On voit bien que le parallèle avec l’URSS est absurde et n’a pas lieu d’être.


          • Sandrine Le 16 août 2017 à 13h41
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            Est-ce que vous vous posez la question de savoir POURQUOI certains pays d’Amerique latine subissent une guerre econmique à certains moments de leur histoire? Pourquoi le Chili de Aliende et pas le Chili de Pinochet, par exemple?


            • med Le 16 août 2017 à 14h08
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              C’est quoi le rapport avec la choucroute ?

              J’ai simplement répondu a votre interrogation de départ…

              “Le texte mentionne le Nicaragua, le Chilli , Cuba. L’auteur n’ose pas (?) poursuivre sa liste et rappeler que la pénurie de biens de consommation en URSS à partir des années 70-80 a aussi eu pour cause une guerre économique : la course aux armements ”

              Avez vous oubliez ? Je persiste et signe à dire que vous mélangez deux affaires totalement différentes..


            • Sandrine Le 16 août 2017 à 14h55
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              En effet la guerre économique menée par les américain au reste du monde, c’est juste LE sujet central du texte… Dites-moi avez-vous essayé de comprendre mon commentaire avant de faire copier-coller?


          • Madudu Le 16 août 2017 à 14h13
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            La course à l’armement était pour l’URSS une question de survie, et pas seulement un concours de virilité …

            On peut en contester le bien-fondé, en attendant c’est dans cet esprit que l’URSS dépensait ses ressources.

            Alors effectivement l’épuisement de l’URSS a été le résultat d’une guerre économique, qu’ils ont perdu entre autres à cause de ce qu’ils n’avaient pas les moyens de se développer et en même temps de poursuivre la course à l’armement.

            Alors que les états-unis en avaient les moyens, et même plus.


            • med Le 16 août 2017 à 14h54
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              Poutine montre clairement que cette course aux armements était stupide, non fondé, ni une question de survie. La Russie aujourd’hui tient tête aux USA avec un investissement militaire 10 fois plus faible que celui des USA.
              Mais je ne vois toujours pas le parallèle avec l’Amérique du Sud ou Il n’y a aucune course aux armements, ni une volonté de domination idéologique mondiale.


            • Sandrine Le 16 août 2017 à 15h01
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              @med,
              Oh la la, je vous vois venir… Vous reprendrez bien un brin de romantisme ché gevariste assaisoné de folklorisme zapatiste?


            • Madudu Le 16 août 2017 à 15h15
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              Il n’y a pas de course aux armements, mais il y a une guerre économique.

              En fait le propos de Sandrine n’était que de considérer la course aux armements comme une modalité de la guerre économique, ce qui est difficilement contestable quand même.


            • med Le 16 août 2017 à 15h45
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              Je suis pas d’accord.

              Il n’y a jamais eu de guerre économique en URSS, seulement un choix de développement et une course a l’armement qui a conduit l’URSS dans une impasse. Pas par la faute des USA, mais par la faute des dirigeants de l’URSS totalement englués dans leur bureaucratie.

              La Chine suivait la même voie, mais elle a su changer de direction pour tirer profit de l’économie de marché.


            • Renaud Le 16 août 2017 à 23h22
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              Ne pas oublier que Thernobyl (1986) aura été le coup de grâce porté à l’Urss.


          • bili Le 16 août 2017 à 16h30
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            Erreur, documenté vous, l URSS à bien subit une guerre économique, notamment via la manipulation du prix du pétrole qui s est effondré empêchant la rentrée de devise…,
            Sans parler de la gestion catastrophiques de l URSS par gorbatchev, à croire que c était un agent infiltré… les USA n on’ plus eu qu à cueillire le fruit qui était bien mûr.
            Cela serait intéressant que le site les crises facent un dossier sur se sujet.


            • charles-de Le 16 août 2017 à 16h43
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              Je crois plutôt que Gorbatchev, un “jeune homme” par rapport aux gérontes précédents, a été placé là pour essayer de revivifier le parti et le pays qui périclitaient depuis disons le rapport Khrouchtchev de 1956. Une vieille communiste française m’avait dit à cette époque : “Le PC est foutu !” l’élection d’un pape polonais en 1978 n’a pas été pour rien dans cette évolution. J’avais dit à l’époque : “Il va y avoir DE GRANDS CHANGEMENTS EN EUROPE DE L’EST.” La suite a été Gdansk et Solidarnost avec Walesa en 1980-81 etc etc.


            • med Le 16 août 2017 à 16h48
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              Je crois que vous confondez la Russie avec l’URSS ?
              Gorbatchev est arrivé a la fin de l’ère Soviétique, il n’y n’avait plus rien a faire, sinon a constater l’effondrement du système comme le capitaine qui regarde le Titanic couler. Eltsine a fait infiniment plus de mal à la Russie.


            • ouvrierpcf Le 17 août 2017 à 15h24
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              gorbatchef n’a pas été placé mais élu par ses pairs et le fonctionnement du PCUS Comparer la CHINE et l’ex URSS est une erreur 2 milliards d’habitants et une armée de 100millions d’hommes par exemple contre 250 millions et 10 millions la CHINE n’est pas socialiste mais communiste URSS républiques socialistes et CHINE populaire
              tous les mots ont un sens ll’URSS n’a pas eu de gestion dite capitaliste mais socialiste Au fait quel est l’état le plus endetté dans le monde l’ex URSS n’a aucune dette économique ou financière à son extinction aucune banque n’a fait faillite bili a raison aucun économiste politique ou mêmes communiste français n’a rédigé de dossier “argumenté” sur la fin de l’URSS les édition delga ont fait paraitre un très bel ouvrage argumenté pais écrit par un économiste américain et un journaliste anglaisLe socialisme trahi – les causes de la chute de l’URSS”, par Roger Keeran et Thomas Keeny, présentation et entretien


          • lvzor Le 16 août 2017 à 19h47
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            “… c’est l’URSS qui a décidé de faire un concourt avec la USA pour savoir qui aura la plus grosse.”

            Que pensez-vous qu’il serait resté de l’URSS si elle ne s’était pas dotée d’une dissuasion crédible?


    • charles-de Le 16 août 2017 à 16h33
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      Khrouchtchev, avec son fameux plan en 1959, avait promis de RATTRAPER LES USA DANS LES SEPT ANS ! La doctrine de Staline avait été déjà “REJOINDRE ET DéPASSER” (Dognat y peregnat). Quant à celle de Gorbatchev “Glasnost y perestroïka”, elle ne lui a pas porté chance non plus : on a bien eu la transparence, mais la “reconstruction” ne fut pas au rendez-vous, bien au contraire.


  6. Jean Houtisse Le 16 août 2017 à 12h01
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    Pourquoi Monsieur Maurice Lemoine ne donne jamais les sources de ses affirmations ?


    • med Le 16 août 2017 à 12h26
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      De quels sources parlez vous ?
      Maurice met en général toutes ses références au bas de ses articles.


      • Jean Houtisse Le 16 août 2017 à 18h29
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        Vous ne m’avez pas compris : je trouve que les textes de Maurice Lemoine manquent de références (il n’est pas le seul), il affirme beaucoup de choses sans indiquer d’où il tient ces informations que l’on puisse vérifier. Il suppose donc que l’on doive le croire sur parole, étonnant.

        Par exemple :

        “la déclassification de vingt mille documents des archives secrètes du gouvernement des Etats-Unis”

        ” Rien de plus clair que l’ordre donné par Richard Nixon à la Central Intelligence Agency (CIA) :”

        “En 1972, du fait des mesures sociales et de l’augmentation du pouvoir d’achat, la consommation populaire augmente considérablement.Suspendant la mise en vente de leurs stocks, retenant leurs marchandises, les entreprises privées provoquent délibérément des problèmes de ravitaillement”

        “Le 25 juillet 1973, grassement « arrosée » de 2 millions de dollars par la CIA, la puissante fédération des camionneurs déclare une grève illimitée et immobilise sa flotte de poids lourds pour empêcher les aliments de parvenir à la population.”

        etc … etc…


        • Garibaldi2 Le 17 août 2017 à 05h20
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          Il n’est plus nécessaire de donner de source quand on dit par exemple que la fédération des camionneurs a été sponsorisée pour bloquer le Chili. Certains employeurs sont même allés jusqu’à brûler leurs camions. Ce sont des faits historiques connus.

          ”Dès mars 1970, la commission 40 du Conseil national de sécurité américain avait mis en place un vaste programme en faveur de Frei, président en exercice et adversaire d’Allende. Selon William Colby, directeur de la CIA de 1973 à 1976, celle-ci aurait eu pour mission de déstabiliser le régime chilien afin « d’alimenter un climat propice au coup d’État »19, affirmant que sept millions de dollars avaient été dépensés par la centrale dans ce but. Le mouvement de la grève des camionneurs qui paralyse le pays en octobre 1972 était soutenu financièrement par la centrale de renseignement américaine …”.

          https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_du_11_septembre_1973_au_Chili


          • Jean Houtisse Le 17 août 2017 à 14h29
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            @Garibaldi2 je ne comprends pas. Vous venez justement de donner une source qui justifie l’affirmation de Maurice Lemoine sur l’épisode des camionneurs. Pourquoi Maurice Lemoine ne l’a-t-il pas fait ? “Ce sont des faits historiques connus” n’est pas recevable. Un lecteur lambda n’est pas censé savoir.


          • olivier Le 17 août 2017 à 15h14
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            La question des sources de l’auteur n’est pas exempte de questionnement : voir l’entrepreneur basque présenté comme ‘pas spécialement pro chavise’, dont le lien n’est pas en rapport direct avec le propos, mais dont on oublie de nous préciser qu’il passe sur une television pro-chaviste. CF mon post plus haut.

            https://www.youtube.com/watch?v=ww0BICtA0tQ


  7. Fred79 Le 16 août 2017 à 13h33
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    Doit-on attendre une 3ème catastrophe mondiale avant de voir transcrit dans la Charte des Nations Unies que:

    -Les ressources naturelles en sous-sol appartiennent à la nation et ne peuvent en aucun cas être privatisées,
    – Tout embargo concernant les denrées alimentaires et les médicaments, décrété soit par l’Etat, soit par un Etat étranger ou par des entreprises privées, sera considéré contre un crime contre l’humanité.

    En attendant tous les gouvernements non soumis à la ploutocratie mondiale devraient privilégier l’autarcie alimentaire et si possible médicale de leur pays pour éviter de se retrouver otage d’un système mondialiste qu’ils ne peuvent pas contrôler.

    Les Nations,c’est la guerre, nous disent les mondialistes. Peut-être, mais le mondialisme c’est l’asservissement des peuples au monde de la finance et bien souvent par le recours à la guerre.
    Alors que choisir?


    • Domica Le 16 août 2017 à 16h41
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      Mais l’ONU c’est le système …
      il ne faut compter sur aucunes organisations existantes pour sauver le monde.
      Ce qu’ils veulent c’est détruire les populations et s’approprier les richesses, c’est tout ce qu’il faut comprendre après la Lybie, Syrie, et bien d’autres dont je ne ferai pas le tour
      .


    • Scrib Le 17 août 2017 à 09h28
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      “-Les ressources naturelles en sous-sol appartiennent à la nation et ne peuvent en aucun cas être privatisées,”

      Privatisée ou nationalisée, je crains que le résultat final ne soit le même… attiser la convoitise du voisin, plus ou moins éloigné, qui n’aurait pas ces précieuses ressources.

      On pourrait “mondialisé” ces ressources (selon l’idée qui veux qu’on vie TOUS sur la même planète, et qu’on est tous égaux)

      OK, ca fait un sacré mix entre mondialiste, communiste et égalitariste… et bcp d’utopisme aussi


      • Fred79 Le 17 août 2017 à 10h32
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        Sous prétexte qu’on vit tous sur la même planète, certains envisageraient le partage des ressources naturelles en sous-sol?
        Quelle joyeuse bonne idée pour exploiter encore un peu plus les pays les plus pauvres économiquement, bien que riches en ressources naturelles.
        Soyons sérieux!
        S’il n’existait pas dans la race humaine, une catégorie de rapaces prêts à dépouiller tous leurs congénères, à leur unique avantage, il existe un système très ancien qui s’appelle le commerce et qui permet d’acquérir ce dont nous avons besoin et de fournir ce qui manque aux autres.
        Mais vous avez raison, c’est de l’utopie, puisque cette catégorie existe.


  8. Madudu Le 16 août 2017 à 14h36
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    Mais mon bon monsieur, vous êtes un dangereux communiste !

    Votre programme, il est bon pour la Corée du Nord, pas pour le pays de la démocratie et des libertés, du Bien, du Progrès et des Lumières Humanistes éternelles qui éclairent le monde barbare !

    Donner des droits aux peuples ? Sur leurs ressources ? Mais ces gens-là ne sont que des racistes xénophobes qui battent leur femme et marient leurs filles de force, sans compter qu’ils sont homophobes et anti-américains primaires !

    Il n’en est pas question, voyons … soyons raisonnables.


  9. DocteurGroDois Le 16 août 2017 à 14h36
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    Il y a quelque chose qui m’échappe là-dedans.

    L’État contrôle le pétrole et les devises, et c’est le secteur privé qui engrange les revenus du pétrole et les devises? Le tout sans que l’État n’y change rien depuis presque 20 ans?

    Ça semble pourtant vrai.

    Donc soit le gouvernement Vénézuélien est totalement incompétent, soit ce fameux secteur privé a des amis haut placés. La corruption c’est faire la guerre économique de l’intérieur.


    • patrick Le 17 août 2017 à 12h48
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      En règle général, le pétrole est bien extrait par des compagnies privées ou semi-publiques et les états se gavent au passage en prélevant leur part.
      Et ça marche très bien comme ça , ça permet de gérer correctement l’exploitation des puits de pétrole par des gens qui savent faire et pas par les copains du gouvernement en place.


  10. Jean Paul B. Le 16 août 2017 à 14h56
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    Nous pouvons dire tout ce que nous voulons,ceux qui ont choisi de faire tomber le gouvernement démocratiquement élu du Venezuela vont continuer leur sabotage pour que la population lassée ne le soutienne plus et accepte sans réagir, le coup d’état (en douceur ou violent).
    Notre Presse menteuse (pléonasme?) s’en tirera toujours, car dans quelques années quand les manoeuvres des putschistes seront avérées, elle n’en parlera pas ou bien elle comptera sur l’amnésie des lecteurs pour se faire une virginité à bon compte, comme elle a su si bien le faire après le coup d’état de Pinochet contre Allende ou l’absence totale d’armes de destruction massive dans l’Irak de Saddam Hussein dont pourtant, elle avait certifié la présence menaçante!
    C’est ainsi que fonctionne la grande machine (États Impérialistes+ Médias à leur service) à manipuler et à décerveler les citoyens.


  11. UnKnown Le 16 août 2017 à 17h26
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    Donc en gros c’est toujours la faute au bourgeois fasciste… Bien pratique ce bonhomme pour dédouaner la gabegie de la gestion des années Maduro… (ne pas se tromper: les grandes entreprises privées Vénézuéliennes jouent effectivement avec le feu et la corruption… mais c’est bien le gouvernement Maduro qui est responsable d’avoir rendu le pays si vulnérable aux attaques de cette clique, et à la corruption généralise de toutes les classes de la population. TOUTES.)

    La Russie se mange sanctions sur sanctions, exporte principalement gaz et pétrole, a des problèmes important en matière de corruption intérieure, a des infrastructures provinciales en piteux état et connait de grave problèmes d’inégalités sociales, mais s’en tire quand même à peu prêt…

    L’affaire de la gestion monétaire et le taux d’inflation gargantuesque est écartée(quoique cette fois-ci on évite le BS concernant le “taux de la rue”, ça nous fait des vacances…)


    • Chris Le 16 août 2017 à 18h42
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      Je ne souhaite pas à la France des sanctions totales (excepté les moteurs de fusée de la NASA !) comme le vit un pays comme la Russie, mais aussi bien d’autres à divers degrés pour faire sauter un Gvt qui déplait à l’Empire.
      Bien que… j’attends de voir la tête des Européens et de Total en particulier quand sera appliqué le récent vote du Congrès : nos économies fragiles vont en prendre un sacré coup.
      Les effets de manche d’un Micron n’y suffiront pas, ni les pleurnicheries de Merkel à moins que l’Allemagne ne décide de découpler l’Union Européenne de l’Empire et là, ça va tanguer sec.
      Le globalisme tant chéri va se retrouver cul par dessus tête.


    • Subotai Le 16 août 2017 à 19h25
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      Comparez ce qui est comparable: taille de population, surface et position géographique…


    • lvzor Le 16 août 2017 à 19h58
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      “ça nous fait des vacances…”

      Si vous mettiez juste un lien sur l’article de la propagande mainstream que vous récitez, ça nous ferait des vacances aussi… 🙂


  12. Opps' Le 17 août 2017 à 01h22
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    La louable intention de O.B. d’éclairer systématiquement d’un point de vue contraire toute question ‘importante’ qui semble faire l’unanimité dans le courant dominant des médias, a au moins cet avantage – parfois- , de bien montrer les articulations des contorsions pathétiques que des gens intelligents pratiquent pour défendre ce qu’il est bien difficile de défendre.

    On pourrait aussi imaginer un genre de rhétorique où l’on œuvrerait à charge aussi bien d’un côté que de l’autre, en comptabilisant les mensonges de chaque camp , sans forcément prendre parti pour le plus faible des deux (trop simple) ni pour le plus sympathique (trop facile).

    Et donc la question déterminant le choix final , deviendra , en mode de modeste lucidité subjective : “quel est le mensonge le plus acceptable ? ” .

    Les sophistes grecs que Platon a injustement crucifié avec sa merveilleuse ironie, avaient cet avantage très ludique et lucide, de défendre une cause un jour et l’inverse le lendemain, tout en l’avouant.


    • olivier Le 19 août 2017 à 16h07
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      Excellent !
      Ce que souligne Arendt : l’exercice de la polis chez les Grecs consistais en un discours incessant qui révélais le nombre infini de situation et un flot inépuisable d’arguments (les Sophistes).
      « Il m’apparait » en Grec prend racine dans « opinion ». Cela leur permis d’échanger les points de vue, ils apprenaient – non pas à se comprendre- mais à comprendre le même monde à partir de la perspective d’un autre. Ce haut degré d’objectivité se retrouve chez Thucydide qui fait s’énoncer les positions et les intérêts des parties en guerre ,ou Hérodote qui écrit pour sauvegarder la gloire des actions des Grecs ET des Barbares. (Je me contente de reformuler).
      A méditer.


  13. Fougnard Le 17 août 2017 à 08h50
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    Question sans lien avec l’article : Il est écrit que le patronat n’aime pas le plein-emploi car il l(oblige à augmenter les salaires. Ceci se comprend aisément dans un monde libéral puisque toute ressource devenant rare se renchérit.
    Dans ce cas, pourquoi y a-t-il de nombreux travailleurs pauvres en Allemagne, dont on dit qu’elle frôle le plein-emploi ?
    Y aurait-il du pipotage quelque part ?


    • Sandrine Le 17 août 2017 à 09h16
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      En France, si vous tenez compte du fait qu’il existe le RSA qui permet à peu près de survivre sans travailler, vous pouvez considérer aussi que c’est une situation de “plein emploi”. En Allemagne, je ne pense pas que l’on pusse survivre juste avec les aides sociales, d’où les chiffres de l’emploi (mais cela ne veut pas dire que ceux qui travaillent sont plus “riches” que ceux qui touchent les aides sociales en France).
      Le plein emploi, sans salaire minimum, c’est ce que cherchent tous les patrons : les gens continueront à ce battre pour les “bonnes places” sans que les patrons aient à cotiser pour les aides sociales…


      • patrick Le 17 août 2017 à 13h00
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        réponse d’un (petit ) patron :

        – le plein emploi je m’en fous , ce n’est pas mon problème ( de patron , mais en tant que citoyen , ça m’emm…. )

        – lorsque je fais une offre à un client , j’intègre forcément le prix du salarié ( salaire minimum ou non … ) , si c’est trop cher je n’ai pas la commande donc je n’ai pas besoin du salarié ( intérimaire au SMIC).
        Donc si le salaire minimum augmente trop , l’offre de service non qualifié va s’effondrer et les gens les moins qualifiés n’auront plus d’accès à l’emploi.
        Au niveau de l’entreprise il suffit d’adapter l’offre pour ne plus avoir besoin de personnel non qualifié , ça nécessite juste du capital pour investir dans les machines.


        • Sandrine Le 17 août 2017 à 15h19
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          Mais si votre salaire est trop bas par rapport à ce que votre employé peu qualifié peut obtenir des aides sociales sans travailler, il vous dira d’aller vous faire voir chez les grecs, les chinois, ou, effectivement, les machines…
          Mais comme vous le dites vous-meme, investir dans cette direction là peut s’avérer plus couteux que d’augmenter un tout petit peu le salaire du travailleur non qualifié… En baissant, pourquoi pas… Votre marge par exemple… A vous de voir


          • Opps' Le 18 août 2017 à 10h03
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            Je vous invite , Sandrine , à la preuve du pudding .
            Fondez une entreprise et réduisez au maximum votre marge.

            Et voyez ce qui se passe … car c’est bien de donner des avis mais démontrer par l’exemple c’est mieux que du pur discours sans expérience


          • PierreH Le 19 août 2017 à 18h07
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            Je ne suis pas sûr que les marges de pas mal de PME soient mirifiques… Ceci étant dit le message de patrick a le mérite de l’honnêteté du point de vue (ce qui relève de la préoccupation de l’entreprise d’un côté et de celle du citoyen de l’autre). Les entreprises individuellement rêvent de payer peu leurs salariés d’un côté et d’avoir des clients solvables de l’autre. En raisonnant sur une entreprise ça marche mais quand ça se somme au niveau global c’est l’effondrement de la demande globale (c’est le principe de l’interêt contraire du consommateur et du producteur, chaque personne étant un peu les deux).
            Au milieu il y a sûrement une zone d’équilibre qui permet de faire fonctionner la machine (hors problèmes de ressources naturelles) mais amha elle doît être bien difficile à déterminer et je continue à douter que dans une situation de déséquilibre (ouverture des fluxs entre pays très différents, révolutions technologiques en cours etc…) le marché y arrive sans grosse casse… De tout façon les boites ne se préoccuperont jamais d’équilibre global.


        • Subotai Le 17 août 2017 à 18h03
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          C’est rigolo; on paye ce qu’on peut se payer et non pas le prix juste de ce dont on a besoin…
          Toute une philosophie… 🙂


  14. christian gedeon Le 17 août 2017 à 14h00
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    Une fois de plus,même si çà ne plaît pas,Chavez était un renard des surfaces,qui avait su utiliser le nationalisme de la classe moyenne “blanche ” comme soutien ou tout au moins comme neutre..avec une remarquable intelligence,et un sens de l’intêret général sans faille. Maduro est un crétin marxisto-castriste,dogmatique et dominé par sa propre classe corrompue,que Chavez avait su dompter…alors,ce qui se passe au Vénézuela est inévitable. Bien sûr il y a manipulations et patin couffin…mais avec un con pareil au pouvoir,les manipulateurs n’ont pas besoin d’être des génies.


  15. fanfan Le 18 août 2017 à 09h29
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