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3.octobre.20203.10.2020 // Les Crises

La marche de la mort de l’Amérique – par Chris Hedges

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Source : Scheerpost, Chris Hedges

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Quel que soit le résultat, l’élection n’arrêtera pas la montée de l’hypernationalisme, la crise des sectes et les autres signes du déclin final d’un empire.

Le déclin final des États-Unis ne sera pas résolu par des élections. La pourriture et la dépravation politiques continueront à ronger l’âme de la nation, engendrant ce que les anthropologues appellent les « sectes de crise » – des mouvements dirigés par des démagogues qui s’attaquent à une insupportable détresse psychologique et financière. Ces sectes de crise, déjà bien implantées chez les adeptes de la droite chrétienne et de Donald Trump, véhiculent une pensée magique et un infantilisme qui promet – en échange de toute autonomie – la prospérité, le retour à un passé mythique, l’ordre et la sécurité.

Les sombres aspirations de la classe ouvrière blanche à la vengeance et au renouveau moral par la violence, l’avidité et la corruption incontrôlées des oligarques et des milliardaires des entreprises qui gèrent notre démocratie défaillante, qui a déjà institué une surveillance gouvernementale de grande envergure et révoqué la plupart des libertés civiles, font partie des pathologies tordues qui infectent toutes les civilisations en train de sombrer. J’ai été témoin de la mort d’autres nations lors de l’effondrement des régimes communistes en Europe de l’Est et, plus tard, en ex-Yougoslavie. J’ai déjà senti cette puanteur.

La destitution de Trump ne fera qu’exacerber la soif de violence raciste qu’il suscite et l’élixir enivrant du nationalisme blanc. Les élites dirigeantes, qui ont d’abord construit une économie mafieuse puis un État mafieux, continueront sous Biden, comme elles l’ont fait sous Trump, Barack Obama, George W. Bush, Bill Clinton et Ronald Reagan, à piller encore et sans raison.

La police militarisée ne mettra pas fin à ses saccages meurtriers dans les quartiers pauvres. Les guerres sans fin ne cesseront pas. Le budget militaire hypertrophié ne sera pas réduit. La plus grande population carcérale du monde restera une tache sur le pays. Les emplois manufacturiers envoyés à l’étranger ne reviendront pas et les inégalités sociales s’aggraveront. Le système de santé à but lucratif va escroquer le public et coûter des millions de plus au système de soins de santé. Le langage de la haine et du fanatisme sera normalisé comme la principale forme de communication.

Les ennemis internes, y compris les musulmans, les immigrants et les dissidents, seront diffamés et attaqués. L’hypermasculinité qui compense le sentiment d’impuissance s’intensifiera. Elle dirigera son venin vers les femmes et tous ceux qui ne se conforment pas aux stéréotypes masculins rigides, en particulier les artistes, les LGBTQ et les intellectuels. Les mensonges, les théories du complot, les futilités et les fausses nouvelles – ce que Hannah Arendt a appelé le « relativisme nihiliste » – continueront de dominer les ondes et les médias sociaux, se moquant des faits vérifiables et de la vérité. L’écocide, qui présage l’extinction de l’espèce humaine et de la plupart des autres formes de vie, s’acheminera sans relâche vers sa conclusion apocalyptique.

« Nous courons sans réfléchir vers l’abîme après avoir mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de la voir », a écrit Pascal.

Illustraiton par M. Fish pour Scheerpost

Plus la situation s’aggrave – et elle s’aggravera à mesure que la pandémie nous frappera vague après vague meurtrière, avec environ 300 000 Américains morts en décembre et peut-être 400 000 en janvier – et plus la nation sera désespérée. Des dizaines de millions de personnes seront jetées dans le dénuement, expulsées de leurs foyers et abandonnées. L’effondrement social, comme l’a observé Peter Drucker à Weimar, en Allemagne, dans les années 1930, s’accompagne d’une perte de confiance dans les institutions et les idéologies dominantes.

En l’absence de réponses ou de solutions apparentes au chaos et à la catastrophe croissants – et Biden et le parti démocratique ont déjà empêché le genre de programmes de New Deal et d’assaut contre le pouvoir oligarchique qui nous a sauvés pendant la Grande Dépression – les démagogues et les charlatans n’ont qu’à dénoncer toutes les institutions, tous les hommes politiques et toutes les conventions politiques et sociales tout en évoquant des tas d’ennemis fantômes.

Drucker a vu que le nazisme a réussi non pas parce que les gens croyaient en ses promesses fantastiques, mais en dépit de celles-ci. Les absurdités nazies, a-t-il souligné, ont été « attestées par une presse hostile, une radio hostile, un cinéma hostile, une église hostile et un gouvernement hostile qui ont inlassablement souligné les mensonges nazis, l’incohérence nazie, l’impossibilité d’atteindre leurs promesses, ainsi que les dangers et la folie de leur parcours ». Personne, a-t-il noté, « n’aurait été un nazi si la croyance rationnelle dans les promesses nazies avait été une condition préalable ».

Le poète, dramaturge et révolutionnaire socialiste Ernst Toller, qui a été contraint à l’exil et dépouillé de sa citoyenneté lorsque les nazis ont pris le pouvoir en 1933, a écrit à peu près la même chose dans son autobiographie : « Le peuple est fatigué de la raison, fatigué de la pensée et de la réflexion. Il se demande ce que la raison a fait ces dernières années, ce que les idées et les connaissances lui ont apporté de bon ». Après le suicide de Toller en 1939, W. H. Auden a écrit dans son poème « In Memory of Ernst Toller » :

Nous sommes habités par des pouvoirs que nous prétendons comprendre :

Ils arrangent nos amours ; ce sont eux qui dirigent à la fin

La balle ennemie, la maladie, ou même notre main.

Les pauvres, les vulnérables, ceux qui ne sont pas blancs ou chrétiens, ceux qui sont sans papiers ou qui ne répètent pas sans réfléchir le cantique d’un nationalisme chrétien perverti, seront offerts dans une crise au dieu de la mort, une forme familière de sacrifice humain qui afflige les sociétés malades. Une fois ces ennemis de la nation purgés, on nous promet que l’Amérique retrouvera sa gloire perdue, sauf qu’une fois qu’un ennemi est effacé, un autre prend sa place. Les cultes de crise imposent que l’escalade des conflits soit constante.

C’est ce qui a rendu la guerre en ex-Yougoslavie inévitable. Une fois qu’une étape du conflit atteint un crescendo, elle perd de son efficacité. Elle doit être remplacée par des affrontements toujours plus brutaux et meurtriers. L’intoxication et l’addiction à des niveaux de violence de plus en plus élevés pour purger la société du mal ont conduit au génocide en Allemagne et en ex-Yougoslavie. Nous ne sommes pas à l’abri. C’est ce qu’Ernst Jünger a appelé une « fête de la mort ».

Ces sectes de crise sont, comme l’a compris Drucker, irrationnelles et schizophrènes. Elles n’ont pas d’idéologie cohérente. Elles bouleversent la morale. elles font appel exclusivement aux émotions. La culture du burlesque et des célébrités devient politique. La dépravation devient la moralité. Les atrocités et les meurtres deviennent de l’héroïsme. Le crime et la fraude deviennent la justice. La cupidité et le népotisme deviennent des vertus civiques. Ce que ces cultes représentent aujourd’hui, ils le condamneront demain.

Au plus fort du règne de la terreur, le 6 mai 1794, pendant la Révolution française, Maximilien Robespierre annonce que le Comité de sécurité publique reconnaît désormais l’existence de Dieu. Les révolutionnaires français, athées fanatiques qui avaient profané des églises et confisqué des biens ecclésiastiques, assassiné des centaines de prêtres et forcé 30 000 autres à s’exiler, se sont instantanément retournés pour envoyer à la guillotine ceux qui dénigraient la religion. Finalement, épuisés par la confusion morale et les contradictions internes, ces cultes de crise aspirent à l’auto-anéantissement.

Le sociologue français Emile Durkheim, dans son livre classique « Sur le suicide », a constaté que lorsque les liens sociaux sont brisés, lorsqu’une population ne se sent plus à sa place ou n’a plus de sens dans une société, les actes d’autodestruction personnels et collectifs prolifèrent. Les sociétés sont maintenues ensemble par un réseau de liens sociaux qui donnent aux individus le sentiment de faire partie d’un collectif et d’être engagés dans un projet plus grand que soi.

Ce collectif s’exprime à travers des rituels, tels que les élections et la participation démocratique ou un appel au patriotisme, et des croyances nationales communes. Ces liens donnent un sens, un but, un statut et une dignité. Ils offrent une protection psychologique contre la mortalité imminente et l’inutilité qui découle de l’isolement et de la solitude. La rupture de ces liens plonge les individus dans une profonde détresse psychologique. Durkheim a appelé cet état de désespoir et sans issue anomie, qu’il a défini comme une « absence de règles ».

L’absence de règles signifie que les normes qui régissent une société et créent un sentiment de solidarité organique ne fonctionnent plus. La croyance, par exemple, que si nous travaillons dur, que nous obéissons à la loi et que nous recevons une bonne éducation, nous pouvons obtenir un emploi stable, un statut social et une mobilité ainsi qu’une sécurité financière devient un mensonge. Les anciennes règles, imparfaites et souvent fausses pour les personnes de couleur pauvres, n’étaient pourtant pas une fiction complète aux États-Unis.

Elles offraient à certains Américains – en particulier ceux issus de la classe ouvrière et de la classe moyenne blanche – une modeste promotion sociale et économique. La désintégration de ces liens a déclenché un malaise généralisé que Durkheim aurait reconnu. Les pathologies autodestructrices qui affligent les États-Unis – dépendance aux opiacés, jeux d’argent, suicide, sadisme sexuel, groupes haineux et fusillades de masse – sont le produit de cette anomie. Il en va de même pour notre dysfonctionnement politique. Mon livre, « America : The Farewell Tour » [Amérique : la tournée d’adieu, NdT], est un examen de ces pathologies et de l’anomie généralisée qui définit la société américaine.

Les structures économiques, même avant la pandémie, ont été reconfigurées pour se moquer de la foi en une méritocratie et de la croyance que le travail acharné mène à un rôle productif et valorisé dans la société. La productivité américaine, comme l’a souligné le New York Times, a augmenté de 77 % depuis 1973, mais le salaire horaire n’a augmenté que de 12 %. Si le salaire minimum fédéral était lié à la productivité, a écrit le journal, il serait maintenant de plus de 20 dollars de l’heure, et non plus de 7,25 dollars.

Quelque 41,7 millions de travailleurs, soit un tiers de la population active, gagnent moins de 12 dollars de l’heure, et la plupart d’entre eux n’ont pas accès à l’assurance maladie financée par l’employeur. Dix ans après l’effondrement financier de 2008, a écrit le Times, la valeur nette moyenne des familles de la classe moyenne est inférieure de plus de 40 000 dollars à ce qu’elle était en 2007. La valeur nette des familles noires a baissé de 40 %, et celle des familles latinos de 46 %. Quelque quatre millions d’expulsions sont effectuées chaque année. Un ménage locataire sur quatre consacre environ la moitié de son revenu avant impôt au loyer. Chaque nuit, quelque 200 000 personnes dorment dans leur voiture, dans la rue ou sous les ponts.

Et ces chiffres alarmants représentent les bons moments que Biden et les dirigeants du Parti démocrate promettent de rétablir. Aujourd’hui, avec un taux de chômage réel probablement proche de 20 % – le chiffre officiel de 10 % exclut les personnes en congé ou celles qui ont cessé de chercher du travail – quelque 40 millions de personnes risquent d’être expulsées d’ici la fin de l’année. On estime à 27 millions le nombre de personnes qui devraient perdre leur assurance maladie. Les banques accumulent des réserves de liquidités pour faire face à la vague attendue de faillites et de défauts de paiement sur les prêts hypothécaires, les prêts étudiants, les prêts automobiles, les prêts personnels et les dettes de cartes de crédit.

L’absence de règles et l’anomie qui définissent la vie de dizaines de millions d’Américains ont été orchestrées par les deux partis au pouvoir au service d’une oligarchie d’entreprise. Si nous ne remédions pas à cette anomie, si nous ne rétablissons pas les liens sociaux brisés par le capitalisme d’entreprise prédateur, la décadence s’accélérera.

Cette sombre pathologie humaine est aussi ancienne que la civilisation elle-même, répétée sous diverses formes au crépuscule de la Grèce et de la Rome antiques, à la fin des empires ottoman et austro-hongrois, de la France révolutionnaire, de la République de Weimar et de l’ex-Yougoslavie.

L’inégalité sociale qui caractérise tous les États et toutes les civilisations saisis par une minuscule cabale corrompue – dans notre cas, l’entreprise – conduit à une volonté de destruction inavouée de la part d’énormes segments de la population. Les nationalistes ethniques Slobodan Milošević, Franjo Tudjman, Radovan Karadžić et Alija Izetbegović en ex-Yougoslavie ont pris le pouvoir dans une période similaire de chaos économique et de stagnation politique.

En 1991, les Yougoslaves souffraient d’un chômage généralisé et ont vu leur revenu réel réduit de moitié par rapport à ce qu’ils avaient été une génération auparavant. Ces démagogues nationalistes sanctifiaient leurs partisans en les considérant comme de justes victimes traquées par une série d’ennemis insaisissables. Ils parlaient le langage de la vengeance et de la violence, ce qui a conduit, comme toujours, à une véritable violence.

Ils se livraient à un trafic de mythes historiques, déifiant les exploits passés de leur race ou de leur ethnie dans une sorte de culte des ancêtres pervers, un mécanisme pour donner à ceux qui souffraient d’anomie, qui avaient perdu leur identité, leur dignité et leur estime de soi, une nouvelle et glorieuse identité en tant que partie d’une race maîtresse. Lorsque je me suis promené à Montgomery, en Alabama, une ville où la moitié de la population est afro-américaine, aux côtés de l’avocat aux droits civils Bryan Stevenson, il y a quelques années, il a souligné les nombreux monuments commémoratifs confédérés, notant que la plupart avaient été érigés au cours de la dernière décennie. « C’est exactement ce qui s’est passé en Yougoslavie », lui ai-je dit.

Un hyper-nationalisme infecte toujours une civilisation mourante. Il alimente le culte collectif de soi. Cet hyper-nationalisme célèbre les vertus soi-disant uniques de la race ou du groupe national. Il dépouille tous ceux qui sont en dehors du cercle fermé de leur valeur et de leur humanité. Le monde devient instantanément compréhensible, un tableau noir et blanc d’eux et de nous. Ces moments tragiques de l’histoire voient les gens tomber dans la folie collective. Ils suspendent la pensée, surtout la pensée autocritique. Rien de tout cela ne disparaîtra en novembre, en fait, la situation va empirer.

Joe Biden, un animal politique superficiel, sans croyances fixes ni profondeur intellectuelle, est l’expression de la nostalgie d’une classe dirigeante qui aspire à revenir à la pantomime de la démocratie. Ils veulent restaurer le décorum et la religion civique qui font de la présidence une forme de monarchie et sacralisent les organes du pouvoir d’État. La vulgarité et l’ineptie de Donald Trump sont une source d’embarras pour les architectes de l’empire. Il a déchiré le voile qui recouvrait notre démocratie défaillante. Mais quels que soient les efforts déployés par les élites, ce voile ne peut être restauré. Le masque est enlevé. La façade a disparu. Biden ne peut pas la ramener.

Les dysfonctionnements politiques, économiques et sociaux définissent l’empire américain. Notre incapacité stupéfiante à contenir la pandémie, qui infecte aujourd’hui plus de 5 millions d’Américains, et l’incapacité à faire face aux retombées économiques que la pandémie a provoquées, ont exposé le modèle capitaliste américain comme étant en faillite. Il a libéré le monde, dominé par les États-Unis depuis sept décennies, pour qu’il se tourne vers d’autres systèmes sociaux et politiques qui servent le bien commun plutôt que la cupidité des entreprises. La stature diminuée des États-Unis, même parmi nos alliés européens, apporte l’espoir de nouvelles formes de gouvernement et de nouvelles formes de pouvoir.

C’est à nous d’abolir la kleptocratie américaine. C’est à nous de monter des actes soutenus de désobéissance civile de masse pour faire tomber l’empire. Il empoisonne le monde comme il nous empoisonne. Si nous nous mobilisons pour construire une société ouverte, nous offrons la possibilité de battre en brèche ces sectes de crise ainsi que de ralentir et d’interrompre la marche vers l’écocide. Cela exige que nous reconnaissions, comme ceux qui protestent dans les rues de Beyrouth, que notre kleptocratie, comme celle du Liban, est incapable d’être sauvée. Le système américain de totalitarisme inversé, comme l’a appelé le philosophe politique Sheldon Wolin, doit être éradiqué si nous voulons récupérer notre démocratie et nous sauver d’une extinction massive. Nous devons faire écho aux chants des foules au Liban qui appellent à la suppression totale de sa classe dirigeante – kulyan-yani-kulyan – tout le monde veut dire tout le monde.

Chris Hedges, lauréat du prix Pulitzer, a été pendant quinze ans correspondant à l’étranger pour le New York Times, où il a occupé les fonctions de chef du bureau Moyen-Orient et de chef du bureau Balkans du journal. Auparavant, il a travaillé à l’étranger pour le Dallas Morning News, le Christian Science Monitor et National Public Radio. Il est l’animateur de l’émission On Contact de Russia Today America, nommé pour un Emmy Award.

Source : Scheerpost, Chris Hedges, 10-08-2020

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Commentaire recommandé

Bruno Kord // 03.10.2020 à 08h31

C’est curieux, cette façon de critiquer un texte tout en avouant ne pas l’avoir lu. Fainéantise ou malhonnêteté ?

20 réactions et commentaires

  • Darras // 03.10.2020 à 08h12

    Stop, dix lignes et j’ai arrêté.
    Hedges nous parle de secte de crise. Bien. Des gens agités par des démagogues . Bien .
    J’imagine qu’il va nous parler des BLM et antifas qui courent les rues en appelant à la contrition et au châtiment du blanc. De ces sectes qui empoisonnent l’administration, les universités, les entreprise pour forcer l’affreux mâle blanc à l’autocritique et exigent d’obliérer socialement( pour commencer) tout opposant.
    Je pensais aussi qu’il allait parler de la secte des messianises, surtout democrates, qui voient des Russes partout et trouvent fondés d’aller apprendre au reste du monde la modernité droit de l’hommistes et le LGBT+ avec des bombes, du napalm, des bombes à fragmentation et de l’uranium appauvri.
    Ben non. Raté. La secte, c’est l’autre, le méchant blanc prolo de préférence.
    Hedges lui même, est un signe indubitable de cette cécité dont Dieu frappe ceux qu’il veut perdre
    Mais contrairement à Hedges, je ne pense pas que l’Empire US soit agonisant. Il est certes en crise. Mais comme pour Rome vers -30 avec, il passera par une phase autocratique de type militaire pour gérer cette crise de transition. Les USA disposent encore d’une formidable puissance et de forces vives indiscutable. Si la tête pourrie, elle sera changée. Et effectivement, ces phases sont celles, non pas des démagogues mais des tyrans. Tyran dans l’acception Grecque AA ncienne. A savoir, ceux qui s’appuient sur le peuple pour abaisser un système oligarchique. Pour le meilleur ou pour le pire.
    Je ne parierai pas sur la mort de l’Empire US

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    • Bruno Kord // 03.10.2020 à 08h31

      C’est curieux, cette façon de critiquer un texte tout en avouant ne pas l’avoir lu. Fainéantise ou malhonnêteté ?

        +31

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      • Patrick // 03.10.2020 à 11h50

        J’en ai lu plus de 10 lignes mais j’ai aussi laissé tomber.
        Les méchants sont les blancs et les chrétiens qui n’aiment pas les autres , ce sont eux les responsables .. pas la peine de lire plus loin.
        Les antifas, les BLM, les NFAC ? C’est pas eux
        La destruction conscieuse de l’industrie qui a détruit les emplois correctement payée et causé la pauvreté des noirs, des blancs, des latinos ? Pas ça non plus.
        Le deep state qui agite tout ça pour conserver le pouvoir ? Non plus

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      • Anne Rame // 04.10.2020 à 11h43

        Lucidité peut-être : ce serait une option à envisager, car, il arrive que le début d’un texte, reprenant des idées qui circulent sans cesse, de façon péremptoire, sans argumentation nuancée, donne à certains l’impression que la suite sera monolithique et n’apportera rien de plus. Ce n’est donc pas forcément de la fainéantise ni de la malhonnêteté. Pas forcément. (à Bruno Kord)

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    • LibEgaFra // 03.10.2020 à 10h53

      « J’imagine qu’il va nous parler des BLM et antifas qui courent les rues en appelant à la contrition et au châtiment du blanc. »

      Si vous vous étiez donné la peine de lire l’article dans son entier, cela vous aurait évité d’imaginer ce qui n’est en fin de compte qu’un sophisme de votre part. Il ne mentionne ni les BLM, ni les antifas, ni le « châtiment du blanc ». Vous vous livrez à un procès d’intention du plus mauvais goût à caractère raciste.

      Si vous n’avez pas compris que Trump est un raciste qui s’appuie sur les suprémacistes blancs… En fait les meilleurs alliés de l’oligarchie ploutocratique. Un peu comme les SA pour les nazis, une milice au service d’un pouvoir raciste.

      Pour votre information, la « phase autocratique de type militaire » a commencé depuis près de 20 ans.

        +27

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      • Docmachin // 03.10.2020 à 12h23

        Non, Trump n’est pas raciste:
        D’abord ici:
        https://youtu.be/jNuK1SxIhcY?t=570
        Ensuite là:
        https://www.youtube.com/watch?v=VFHRXdm1N9M
        Par ailleurs, qui veut voir à quoi ressemble Bidden quand il n’a ni ses amphétamines ni son oreillette de souffleur?
        https://www.youtube.com/watch?v=VFHRXdm1N9M
        Vous trouvez que c’est le même type que Mardi, vous?

          +13

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        • LibEgaFra // 03.10.2020 à 12h56

          Absolument rien à faire de Biden. Auriez-vous la naïveté de supposer que je soutiendrais Biden parce je critique Trump? Bonnet blanc et blanc bonnet oui, pas un pour rattraper l’autre. La classe politique US est la plus pourrie de toutes.

          Quant à l’une des vidéos, laissez-moi rire! Une manipulation à partir de très très courts extraits hors contexte, dont un extrait vieux de 20 ans. Lors du récent « débat » la question des suprémacistes lui a été posée et il a courageusement botté en touche. En outre votre vidéo vient du mouvement Qanon:

          https://fr.wikipedia.org/wiki/QAnon

          Pour le racisme avéré de Trump, c’est ici:

          https://duckduckgo.com/?t=ffsb&q=trump+raciste&ia=web

          J’ai compris son racisme par sa volonté paranoïaque de détruire systématiquement tout ce que le métis Obama avait fait.

            +9

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      • Kriss34 // 03.10.2020 à 14h29

        Bon sang LibEgaFra je tremble en écrivant ces lignes, tant je vibre d’etre en accord avec vous a 200%, cette fois. Hosanna…
        Hedges denonce l’injusice sociale et la pseudo democratie US en égrènant les mêmes faits (oui des faits, marqués a l’aune du réel) textes après textes, depuis des décennies.
        Messieurs les contempteurs, lisez-le, (de base!) Et critiquez-le si vous le pouvez mais utilisez des arguments solides, et pas la projection de vos fantasmes !

          +10

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    • Subotai // 04.10.2020 à 18h30

      Vous auriez du lire jusqu’au bout. Vous auriez vu qu’il ne s’agit pas de ce que vous dites.

        +2

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  • Delac // 03.10.2020 à 09h55

    C’est assez rare de tomber sur un auteur aussi perspicace dans son constat sur le monde, et sur les conséquences néfastes du capitalisme, tout en étant à ce point totalement à côté de la plaque sur les causes.

      +11

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    • LibEgaFra // 03.10.2020 à 11h32

      « tout en étant à ce point totalement à côté de la plaque sur les causes. »

      Oui, ce point m’avait aussi frappé. Assez étonnant d’être aveugle sur les causes. Il dit bien que « le modèle capitaliste américain » est « en faillite », – ce dont je doute encore tant que la planche à billets fonctionne, – mais pas que le capitalisme est à l’origine de l’impérialisme et de l’oppression intérieure et extérieure. Ni que le capitalisme engendrait immanquablement des crises, et trop souvent après les crises des guerres.

        +9

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      • Patrick // 03.10.2020 à 11h57

        La planche à billets, démarrée en 71 par Nixon, touche à sa fin. Elle a détruit petit à petit l’économie et la société, et empêché le système capitaliste de fonctionner normalement ( trop de crédit facile, trop de dettes , pas de destruction du capital inutile ou des entreprises zombies ).
        Sur le long terme, la planche à billets est l’ennemi de tous, dans l’histoire ça ne s’est jamais bien terminé.

          +7

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        • LibEgaFra // 03.10.2020 à 13h06

          Oui, sauf que c’est la première fois qu’une monnaie fait office de monnaie de réserve. J’aimerais bien avoir votre pessimisme (ou votre optimisme quant à la fin de l’empire).

          Ce qui est à craindre c’est qu’il n’y a pas actuellement une relève capable intellectuellement de prendre la suite en cas d’effondrement ni de concevoir une société de démocratie politique ET économique, la fin des monopoles privés, etc.

            +2

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      • Irae // 04.10.2020 à 17h53

        Sauf que la « planche à billets » est le masque qui cache un système en faillite….

          +2

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  • RGT // 03.10.2020 à 10h14

    Je pense que si certains faits de l’analyse de Chris Edges sont tout à fait pertinents, il a un biais flagrant en concentrant ses attaques sur les « méchants ».

    TOUTS les partis politiques sont des sectes, avec leurs gourous qui lobotomisent les foules en « vendant » des « valeurs » leur permettant de récupérer des « parts de marché », tout en omettant bien sûr de mentionner les points les moins consensuels de leurs programmes sur lesquels ils ne s’appesantissent surtout pas, voire qu’ils ne font surtout pas figurer dans leurs « programmes » mais qu’ils appliqueront en priorité une fois parvenus au pouvoir.
    Cf. le déni de démocratie de Narközy (et du PS aussi) concernant le référendum de 2005.

    Certes les républicains ne sont pas franchement des « enfants de cœur », mais les « démocrates » sont largement plus sournois car en « vendant » des « idéaux sociaux » ils ne font qu’utiliser un fonds de commerce mensonger dans le seul but de parvenir à « péter la gueule » des « pourris d’en face » pour au final ne donner que quelques miettes de pain sec à la populace afin de redorer leur blason.

    Comme les « socialistes » en France, qui chantent sur les toits que « leur ennemi c’est la Finance » mais qui, une fois élus, viennent allègrement s’agenouiller devant cette même finance pour lui faire des gâteries monicalevinskiennes afin de se faire pardonner leurs « écarts de langage ».

    Quelque soit le « parti » pour lequel on vote, il faut s’attendre à de multiples trahisons.
    Cmme le dit un célèbre dicton attribué à des politicards de tendances diverses « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient ».

      +8

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  • gracques // 03.10.2020 à 11h03

    Texte intéressant , quoique bien ignorant de la révolution française pour penser que Robespiere et la,plupart des Jacobins étaient Athées …. mais il manque un fantôme , celui de MarX……
    J’ai beaucoup aimé la citation de TOLLER…..
    Quant à DARRAS il attend Auguste et risque de se retrouver avec Caligula (pas l’historique , celui des douze vies) ou elagabal….. ou Dioclesien, moindrevmal car c’est le vrai réformateur ….. mais lui a contribué à changer la nature de l’empire trois siècles plus tard et après une longue guerre civile.
    D’Arras est un bon conservateur crispé , qui souhaite le prolongelent de l’existant , c’est le role historique d’auguste qui abaisse le Senat et la classe des Senateurs en elevant un peu celle des chevaliers , mais juste ce qu’il faut pour faire perdurer l’ordre prédateur ancien de l’empire .
    C’est cette attitude même qui a contretemps provoque les cassures et les révolutions….

    La perte de foi en la’raison invoquée par TOLLER , c’est l’absence de compréhension que les intérêts matériels priment de manière inconsciente ou pas la raison …..

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  • LibEgaFra // 03.10.2020 à 11h18

    Tout n’est pas à jeter dans cet article même s’il pèche me par un excès d’optimisme quant à l’avenir.

    Il y a aussi nombre d’illusions ou de contre-vérités ainsi qu’un aveuglement sur le Liban et sur la « démocratie ». Hedge oublie que le Liban figure sur le liste des sept pays à détruire.

    Robespierre n’a jamais été athée et le culte de l’être suprême n’a rien à voir avec le dieu du culte chrétien. Sur ce plan il n’y a pas de contradiction, mais la mise en application de certains des principes des Lumières.

    L’élection du président n’a strictement aucune importance. Comme disait Coluche, si cela en avait une, il y a longtemps que ce serait interdit. Tout est un show comme le récent « débat ». En 68 il était dit que comme les parlements ont été transformés en théâtres bourgeois, il fallait transformer les théâtres bourgeois en parlements. Ce « débat » est la meilleure chose qui a pu arriver pour révéler quel type de société est la société américaine. Il n’y a jamais eu de meilleure publicité anti-américaine. En foi de quoi il faut comprendre la subite contamination (fictive) de Trump dont l’objet manifeste est d’éviter un second « débat » avec Biden.

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  • Ernesto // 03.10.2020 à 17h19

    Il manque un volet dans ce diagnostic lucide et féroce sur l’empire US en crise profonde : Hedges oublie qu’il n’y a pas que des perdants au pays phare du capitalisme. Là-bas comme chez nous, les 1% ( les 0,1%, les 0,01%, les 0,001% d’autant plus), se gavent comme jamais (Coluche disait :  « changez rien pour nous tout baigne ! »). Cette oligarchie dominante, liée au formidable complexe militaro-industriel, détient les clés du camion et ne les rendra pas facilement quoiqu’il en coûte. Dans sa longue analyse, Hedges ne cite que deux fois le mot « capitalisme », attestant de fait, qu’il identifie bien les causes profondes du mal qui ronge le pays mais sans en faire pour autant l’élément déterminant.
    La première puissance mondiale est indéniablement en déclin, la Chine (autre géant capitaliste), est en voie de la supplanter dans la domination de la planète, acceptera-t-elle cette situation sans réagir ? L’impérialisme US dispose encore de moyens colossaux pour contester sa relégation. La seule question qui vaille : jusqu’où est-elle prête à aller (ses vassaux avec elle) pour y parvenir ?

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  • LibEgaFra // 04.10.2020 à 01h22

    Pour une autre vision sur les USA et au-delà, cet entretien du 16 septembre me semble très important (27′):

    https://francais.rt.com/magazines/la-grande-interview/78836-noam-chomsky

    Enfin des choses sont dites sur le terrorisme US et européen.

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  • Anne Rame // 04.10.2020 à 11h37

    Pour une analyse plus fine et nuancée, qui est véritablement une analyse des États-Unis d’aujourd’hui et non un anathème qui part dans tous les sens (nazisme, ex Yougoslavie, Liban), une analyse appuyée sur le concret, sur des exemples de ce que vivent les Américains aujourd’hui, je conseille, à ceux que ce sujet intéresse, l’article d’un journaliste américain (lui aussi), paru dans le Monde Diplomatique d’octobre, « L’Amérique saisie pas la folie », une peinture très noire certes, mais sans le ton de science fiction dramatique de cet article-ci. Je précise que je l’ai lu jusqu’au bout, mais j’ajoute que ceux qui n’en ont lu que dix lignes n’avaient pas tellement tort quant à la suite.

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