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3.octobre.20203.10.2020 // Les Crises

Quel modèle économique pour la transition écologique ? avec Gaël Giraud et Étienne Klein

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Source : France culture

Le développement de la société est un cercle vicieux : le mouvement continu de ce cercle n’est possible qu’à la condition que la croissance ne s’arrête pas ; or le combustible de cette croissance, lui, risque de s’épuiser un jour…

Faites un petit tour dans les librairies à la recherche de livres de prospective en matière d’économie, d’environnement ou d’énergie, et lisez leurs quatrièmes de couverture. Vous ne tarderez pas à reconnaître l’air du temps : globalement, ce n’est pas la joie dans les rayons. L’idée d’avenir n’a plus que de pâles couleurs et les rêves collectifs font allègrement grise mine. Mais on voit quand même resurgir çà et là l’hypothèse – ou la conviction – qu’un salut demeure possible. Preuve que les temps mauvais stimulent à la fois les Apocalypses et les Annonciations, même si c’est en proportions inégales.

Selon les thèses les plus alarmistes, c’est simple, les vieilles terreurs millénaristes auraient désormais un fondement rationnel : le monde serait au bord du volcan et menacerait de sombrer dans la lave bouillonnante. Selon leurs auteurs, jamais homo sapiens n’acquerra la sagesse dont il se vante : aucune réflexion, aucune connaissance n’aura un impact suffisant sur ses comportements, car il inventera toujours des ruses intellectuelles pour ne pas croire ce qu’il sait. Même averti, éclairé, même sermonné, il continuera à gaspiller, voire à saccager, les ultimes ressources naturelles. Si ce sont ces « ça-va-pétistes » qui ont raison, alors notre avenir s’annonce sérieusement bouché, autant sans doute que celui des dinosaures en leur temps.

En face d’eux, il y a les optimistes, moins nombreux, les optimistes au sens de Jean d’Ormesson qui disait « un optimiste, c’est un gars qui fait ses mots croisés avec un stylo bille ». Eux se défendent de toute inquiétude, jurent que nous trouverons des solutions qui ne bouleverseront ni nos modes de vie ni nos valeurs fondamentales : tout continuera, tant bien que mal, en dépit de quelques perturbations et adaptations prévisibles, et l’humanité s’en sortira comme elle l’a toujours fait.

Si ce sont ces zélotes de la félicité planante qui ont raison, alors, dans quelques décennies, il sera possible à des étudiants de consacrer des thèses d’histoire à l’angoisse absurde qui a saisi au XXIe siècle une société riche et puissante comme la nôtre, brusquement traversée par le spectre de l’effondrement.

De tels débats sont une sorte d’écho eschatologique aux débats économiques qui opposent partisans et adversaires de la croissance. Notre société de consommation a déjà affronté de nombreux assauts : certains ont dénoncé ses lacunes, ses béances, les îlots de pauvreté au milieu de la richesse ; d’autres ont vitupéré la barbarie de l’ère industrielle, l’exploitation des individus, la pollution de l’atmosphère et des océans. Mais aujourd’hui, l’argument des « objecteurs de croissance » est plus simple : l’économie a besoin pour croître de ressources, notamment énergétiques ; celles-ci étant limitées, la croissance est une impossibilité physique à long terme. Dès lors, comment pouvons-nous continuer à vouloir l’accroissement de la production, qui implique de surcroît une augmentation de la pollution, une diminution des emplois et même du plaisir à travailler ? Il faudrait plutôt opter pour la décroissance, seule voie pour sauver l’humanité des excès de l’humanité, en commençant par décoloniser nos imaginaires galvanisés par les publicitaires. Il s’agirait en somme d’aller vers ce que Samuel Beckett appelait le lessness, le « plus de moins de choses », si l’on peut dire.

En face, les partisans de la croissance défendent quant à eux l’idée que nous n’avons pas d’autre choix que de continuer à la désirer, car la décroissance nous exposerait à plus de pauvreté, à plus de chômage, et elle rendrait impossible toute protection de l’environnement.

Quand on met ces arguments opposés ensemble, que constate-t-on ? Que le développement de la société est un cercle vicieux : le mouvement continu de ce cercle n’est possible qu’à la condition que la croissance ne s’arrête pas ; or le combustible de cette croissance, lui, risque de s’épuiser un jour. D’où la question : comment pourrions-nous dépasser cette contradiction douloureuse ?

Invité Gaël Giraud : économiste, spécialiste en économie mathématique.

Source : France culture – 05/09/2020

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Commentaire recommandé

RGT // 03.10.2020 à 10h28

Il faut être un idiot obstiné ou un « économiste » pour être persuadé qu’une croissance infinie est possible dans un mode fini.

De toutes façons, comme l’économie n’est pas une « science » au sens réel du terme il ne faut pas s’étonner si le courant de pensée majoritaire dans cette discipline déclare à longueur de journée des « concepts » totalement absurdes et infondés (si ce n’est dans leurs cerveaux embrumés par des substances que la loi interdit).

Avant d’entamer des études d’économie, tous ces « experts » devraient simplement passer un simple DEUG dans une fac de physique pour avoir les bases nécessaires à comprendre les bases du monde réel.

S’ils avaient des notions simples de thermodynamique (et surtout de l’entropie qui lui est intimement liée) ils comprendraient immédiatement pourquoi leurs principes sont totalement aberrants et qu’ils mènent au désastre.

S’il est une activité humaine qui pulvérise tous les records d’entropie, c’est bien l’économie, et surtout la finance qui transforment tout ce qui lui est envoyé en déchets irrécupérables au détriment de la « vraie vie ».

Mais comme une part (infime) de ce gâchis est suffisante pour permettre à ceux qui en profitent d’accumuler suffisamment de richesses dans la « vraie vie » ils se foutent des pertes (qui seront au final payées par les « gueux ») et ils sont très satisfaits de pouvoir prospérer.

Et les lois de la physique, ils s’assoient allègrement dessus car ils ont manigancé pour que les lois humaines les préservent de ces lois intangibles en transférant les conséquences sur les « moins que rien ».

34 réactions et commentaires

  • florian lebaroudeur // 03.10.2020 à 09h00

    « Eux ( les optimistes) se défendent de toute inquiétude, jurent que nous trouverons des solutions qui ne bouleverseront ni nos modes de vie ni nos valeurs fondamentales : tout continuera, tant bien que mal, en dépit de quelques perturbations et adaptations prévisibles, et l’humanité s’en sortira comme elle l’a toujours fait. »

    Le passé leur donne raison…
    Il est vrai que quand les êtres humains se retrouvent dos au mur, ils sont capables de déployer une volonté et une énergie que nous étions loin de soupçonné.
    Je pense à l’article que j’ai récemment lu sur le canal de Marseille, un chef d’œuvre construit alors qu’il n’avait plus d’autres choix que d’agir face au manque d’eau potable.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Canal_de_Marseille

    Le problème des sociétés occidentales aujourd’hui est qu’elles se sont enfoncés dans la paresse, la facilité, l’addiction et le formatage, manifestant pour que leurs pseudos-représentants agissent tout en les détestant. Alors que la situation exige des responsabilités, des devoirs et de la témérité, tout se qu’ils ne veulent plus entendre.

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    • gregoire quartier // 03.10.2020 à 09h41

      Oui mais dans le passé on avait des idées qui nous servaient pour sortir de situations qui nous concernaient nous-seuls. La situation actuelle nous montre qu’on ne sait pas comment nous en sortir sans détruire le stock de choses disponibles, et donc tapper dans des réserves qui ne peuvent plus se refaire.
      L’histoire de la voiture qui a empeché Paris d’etre recouvert de crotin de cheval, c’était ca.
      L’histoire de l’humain qui scie la branche sur laquelle il est assis, c’est tout autre chose. On ne pourra pas éternellement se réfugier dans du numérique pour ne pas voir la réalité se dérouler devant nous. Le déni a des limites. Et le transhumaniste, pour autant qu’il soit possible (et encore pire, qu’il soit souhaitable) ne nous offre rien d’autre qu’une retraite dans le numérique pour ne pas considérer notre responsabilité. Et Guess What… ca ne sera pas pour tout le monde, et la misère réelle de 99% des gens cotoiera peut etre la fuite des 1% riches se retranchchant dans des mondes virtuels… Pour des gens qui se réclament de la responsabilité individuelle, c’est tout de même curieux.

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      • Vain(s) espoir(s) // 03.10.2020 à 11h18

        « L’histoire de la voiture qui a empeché Paris d’etre recouvert de crotin de cheval, c’était ca. »… Au moins avec le crottin de chevaux nous pouvions faire du fumier pour les cultures maraîchères. Avec la voiture nous ne pouvons faire que deux choses tout aussi préjudiciables : POLLUER ou TUER.

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    • Ovni de Mars // 03.10.2020 à 09h57

      « Le passé leur donne raison… »

      Sophisme préféré des partisans de la croissance

      Ce n’est pas parce qu’on a trouvé des solutions basées sur la croissance à des problèmes du passé que l’on pourra faire de même dans le futur !

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      • Patrick // 03.10.2020 à 12h28

        Notre mode de fonctionnement est lié à une croissance continue, puisque tout le monde veut plus de tout, les politiciens promettent toujours plus de tout pour être élu.
        Et quand la croissance s’arrête c’est le drame.
        Maintenant posons le problème en terme de chiffres puisque c’est la calculette qui sera le juge de paix. On peut toujours philosopher ou rêver à un autre monde, la question finale sera toujours qu’est-ce qu’on mange ? Comment on se chauffe ? …. Donc de quelle énergie disposerons nous et qu’est-ce qu’on peut faire avec ça ?

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        • Ovni de Mars // 03.10.2020 à 16h24

          Une seule solution : le socialisme ! répartir équitablement l’énergie, la nourriture, etc.
          Dans un monde capitaliste, personne n’acceptera de voir diminuer son confort matériel si en face subsiste une caste de privilégiés bénéficiant d’un confort matériel illimité. C’est d’ailleurs le cas aujourd’hui : les Gilets Jaunes ont certes plus de confort matériel qu’un habitant du tiers-monde mais il ne peuvent supporter les inégalités croissante en France. Le monde capitaliste est voué à une décroissance subie et autoritaire

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    • Bouddha Vert // 03.10.2020 à 10h16

      Il me semble que Giraud interroge ceux qui conjecturent que l’avenir pourrait s’entrevoir par prolongation tendancielle… Il pointe du doigt la différence fondamentale entre un monde plein de ressources accessibles, peu pollué avec peu d’habitants et les réalités d’aujourd’hui.
      En effet, dans ses travaux antérieurs, Giraud a prouvé que toute variation, en volume, de production de biens et services est structurellement (définitivement?) couplé à la quantité de ressources injectées.

      Quel que soit le génie que l’on puisse prêter à notre genre il semble incongru d’imaginer que nous fabriquerons des hydrocarbures avec le même rendement thermodynamique que mère nature, que le recyclage puisse, là aussi, entretenir en volumes, capitaux et rendement énergétique ce que la nature a gratuitement et sur des temps profonds rendu disponible.

      Croire qu’avec moins de forêts, de métaux facilement accessibles, d’eau potable, de poissons, de terres agricoles riches… et plus de gens à nourrir nous pourrions pérenniser notre modèle économique et assurer maintien et même croissance du pouvoir d’achat de l’humanité relève de l’aveuglement ou de l’intervention divine ce qui n’est pas envisagé pas notre père Jésuite.

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    • emmavigreux // 03.10.2020 à 10h27

      Je ne vois pas bien le rapport entre un ouvrage technique – sans doute remarquable – et les attaques permanentes, sur les sociétés humaines toutes entières et sur l’environnement, que perpétue le néolibéralisme depuis 40 ans. A un moment donné, la question de l’échelle du problème et de sa mesure devient LA question. Si l’usine à côté de chez moi pollue le ruisseau et licencie la moitié de ses salariés, la société/ le collectif peut trouver une solution. Si ce problème se pose pour l’ensemble de l’humanité au même moment, le problème ne se pose plus dans les mêmes termes. Par ailleurs comment ne pas voir l’enlaidissement de notre monde depuis 40 ans, cette laideur que les dominants économiques essaient de nous faire passer pour la « nouvelle beauté » de la modernité ? Comment ne pas voir la montée des incivilités, de l’égoïsme et la réification progressive de l’être humain plus encore qu’auparavant… et ce alors que l’idée de Progrès – que manipulent dans un contresens parfait les dominants néolibéraux – aurait du produire l’inverse: émancipation, liberté, fraternité… ?

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      • gracques // 03.10.2020 à 12h19

        Oui, je plussoi , MAIS , le mal me,paraît bien plus profond , au delà même du capitalisme….

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      • Patapon // 03.10.2020 à 20h31

        J’aime bien la remarque sur l’enlaidissement. Mais ce n’est pas que depuis 40 ans. Le XXème siècle (enfin, la 2ème moitié) a été le siècle de la laideur. L’industrialisation et la consommation, les matériaux comme le parpaing, les contraintes des séries industrielles, la réurbanisation à l’échelle de la bagnole, la mobilité et le détachement des lieux de résidence, la perte de diversité, disparition des folklores, l’esthétique publicitaire nécessairement tape à l’œil, la perte de compétences artisanales, tout cela aboutit à un tableau que nous pouvons contempler dans les périphéries urbaines, les cages à lapin. Nous ne savons plus sculpter notre environnement, l’usine décide pour nous, qui roulons dans des friteuses à roulettes et nous repaissons de passe-temps de plus en plus pulsionnels. Ça va mieux en le disant, quoique.
        Le progrès, on y croit beaucoup moins. Dans les années 80 on pensait encore au progrès. Depuis les années 90, l’avenir se présente plutôt mal, c’est rentré de plus en plus dans le sentiment collectif.

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    • LibEgaFra // 03.10.2020 à 12h15

      « Alors que la situation exige des responsabilités, des devoirs et de la témérité, tout se qu’ils ne veulent plus entendre. »

      C’est exactement le contraire: par la revendication du RIC, les GJ réclamaient plus de responsabilités, de devoirs et de témérité. Ils ne réclamaient pas que leurs pseudo-représentants agissent, mais qu’ils dégagent.

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    • TZYACK // 04.10.2020 à 08h24

      Plus les êtres humains se multiplient à foison, moins ils n’ont de valeur individuelle comme si leur valeur collective demeurait constante !

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  • RGT // 03.10.2020 à 10h28

    Il faut être un idiot obstiné ou un « économiste » pour être persuadé qu’une croissance infinie est possible dans un mode fini.

    De toutes façons, comme l’économie n’est pas une « science » au sens réel du terme il ne faut pas s’étonner si le courant de pensée majoritaire dans cette discipline déclare à longueur de journée des « concepts » totalement absurdes et infondés (si ce n’est dans leurs cerveaux embrumés par des substances que la loi interdit).

    Avant d’entamer des études d’économie, tous ces « experts » devraient simplement passer un simple DEUG dans une fac de physique pour avoir les bases nécessaires à comprendre les bases du monde réel.

    S’ils avaient des notions simples de thermodynamique (et surtout de l’entropie qui lui est intimement liée) ils comprendraient immédiatement pourquoi leurs principes sont totalement aberrants et qu’ils mènent au désastre.

    S’il est une activité humaine qui pulvérise tous les records d’entropie, c’est bien l’économie, et surtout la finance qui transforment tout ce qui lui est envoyé en déchets irrécupérables au détriment de la « vraie vie ».

    Mais comme une part (infime) de ce gâchis est suffisante pour permettre à ceux qui en profitent d’accumuler suffisamment de richesses dans la « vraie vie » ils se foutent des pertes (qui seront au final payées par les « gueux ») et ils sont très satisfaits de pouvoir prospérer.

    Et les lois de la physique, ils s’assoient allègrement dessus car ils ont manigancé pour que les lois humaines les préservent de ces lois intangibles en transférant les conséquences sur les « moins que rien ».

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    • gracques // 03.10.2020 à 12h58

      La grille d’analyse est féconde , mais l’organisation même du vivant est une lutte contre l’entropie , obtenir de l’ordre contre de la dissipation d’énergie (et de matiere) ….et si’la terre est finie , l’univers est infini….
      Le résultat de cette course contre la,montre n’est pas écrit.

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      • Gracques // 03.10.2020 à 13h54

        Oui bon, mais comparaison n’est pas raison , et passer de la physique a la biologie puis a la sociologie …. ça va bien dans une discussion a baton rompue , c’est une idee…. qui reste a etayer.

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      • Ovni de Mars // 03.10.2020 à 16h31

        Oui et maintenir l’ordre et la néguentropie dans un organisme implique la captation d’énergie à l’extérieur de l’organisme. Le hic est que nous utilisons de l’énergie non pour nous maintenir biologiquement et sociologiquement mais aussi en pure perte, dans le seul intérêt de faire tourner la machinerie économique

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        • Patapon // 03.10.2020 à 18h23

          Une lecture thermodynamique de l’économie évite je crois de faire des châteaux en Espagne.
          Nous sommes pris en ciseaux entre la dette environnementale et le pic énergétique d’un côté, et les besoins matériels, avec des ordres de grandeur qui sont désormais hors de portée de toute correction (les ordres de grandeur des ENR sont insuffisants, et ont comme prérequis des ressources industrielles et minières, très coûteuses, déjà en tension). L’économie et l’énergie consommée sont indissolublement liés (voir notamment Jean Marc Jancovici). Ça me fait toujours rire jaune quand j’entends des gens censés nous informer commencer tout juste à se réveiller, et consentir un petit « ça fait frémir » comme hier ou avant-hier dans 28′ sur arte. Mais non ma cocotte, ai-je envie du lui dire, tu es loin du compte, le coup est parti depuis trop longtemps et il n’y a pas de frein avant 30 ans, pas de marche arrière avant 10000 ans.
          Bref, il n’y aura plus de croissance économique. Les gains marginaux de productivité ne couvriront pas la perte. La dette environnementale va déferler dès que le plâtre tombera. Quant à la dette sociale, elle sera un gouffre. L’optimisme, je ne suis pas contre, mais en sachant clairement que ce sera monstrueux, qu’on est virtuellement en guerre. Veillée d’armes, maintenant.
          Comme JMJ, je trouve que toute personne aspirant à diriger, politiquement ou économiquement, devrait avaler une formation globale sur l’énergie, le climat, la comptabilité carbone. Ainsi que tous les journalistes. Soyons sérieux, comme dirait Aurélien Barrau.

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          • TZYACK // 04.10.2020 à 08h47

            La règle « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » peut expliquer comment les différentes énergies masquent celle Unique qui apporte un souffle à la Vie.

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            • Patapon // 04.10.2020 à 22h43

              Je ne suis pas encore disposé à rester zen devant une transformation qui éjectera le monde auquel j’ai donné un sens et dans lequel des milliers de générations humaines ont vécu, qui élimine une bonne partie de la diversité, de la vie végétale et animale. J’aimais ce monde, cette nature, ces rivages, et ces promesses.

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      • RGT // 04.10.2020 à 12h42

        Vous avez raison et je ne l’ai pas mentionné pour ne pas embrouiller les lecteurs.

        Le principe de base du vivant consiste à diminuer son l’entropie interne, ce qui lui permet de conserver sa propre intégrité.

        Mais pour ce faire le vivant doit OBLIGATOIREMENT « exporter » son entropie à l’extérieur de son corps, et donc de « foutre le bordel » autour de lui.

        Comme les êtres vivants sont optimisés au niveau de l’utilisation des ressources énergétiques, l’entropie qu’ils génèrent dans le milieu est assez faible tant qu’ils se limitent à ne pas utiliser des « prothèses » externes qui permettent de démultiplier sans limites leur propres capacités.

        L’être humain est le seul être vivant sur cette planète capable de créer des « prothèses » (machines) qui multiplient quasiment à l’infini ses propres capacités physiques.
        Inconvénient de ces machines (de toutes sortes) :Elles nécessitent pour leur fabrication et leur fonctionnement des ressources énergétiques monumentales (avec des rendements globaux nettement inférieurs aux êtres vivants) qui vont « exporter » une entropie totalement disproportionnée par rapport à celle que pourrait engendrer l’être vivant qui l’utilise.

        Certes le vivant a considérablement modifié son environnement (cf la grande oxydation il y a 2,4 milliards d’années) mais ces changements ont été lents (des millions d’années) et les êtres vivants ont eu le temps de s’adapter à ces changements.

        Même la crise KT (crétacé tertiaire) ne s’est pas faite en un seul jour contrairement à ce que peuvent nous faire croire certains documentaires.

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        • Patapon // 05.10.2020 à 01h13

          Bravo, et je suis tenté d’en remettre une couche (une douche ?) sur les projets transhumanistes : la quantité phénoménale de ressources en amont (toute la technosphère est mobilisée) pour envoyer quelques fragiles prothèses grapiller encore un peu de ressources … Admettons qu’ils se débarrassent, soyons gentils, se passent des gourmands humains, du moins ceux qui ne serviraient pas leur projet, je ne vois pas d’autre stratégie, donc elle est soit monstrueuse, soit aberrante, ou les deux à la fois. Il leur reste la fusion, on ne sait jamais.

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  • Albéric // 03.10.2020 à 11h12

    Qu’on le prenne comme on veut il faudra diminuer la consommation de ressources non renouvelables (surface au sol habitable, énergies, matériaux,….). mais la plupart des commentateurs ne mentionnent que la solution de nous restreindre chacun autant que nous pouvons. En oubliant les 2/3 de l’humanité qui aspirent à s’approcher de notre niveau de bien-être et donc de consommation des ressources.
    D’où il résulte que la solution sera de contrôler (comment???) l’explosion démographique et d’atteindre (encore plus comment????) une diminution du pullulement humain.
    Seules les épidémies (et peut-être les famines) arrivent à temporairement baisser la population (les guerres n’ayant qu’un effet marginal.
    Du coup l’idée du roman de SF/ésotérique de D Braun « INFERNO » (un savant fou invente un virus qui diminue la fertilité humaine..;et l’OMS fini par laisser faire…) n’est peut-être pas si débile…. avec les dérives complotistes qui peuvent aller avec cette idée (Le COVID19 pourrait être un essai raté!).
    Bon courage les jeunes…..

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    • gracques // 03.10.2020 à 13h02

      Et sinon l’histoire démographique de l’Europe ne peut pas être reproduite ?
      Sans drame ….. mais en eduquant les filles et en assurant un minimum de tranquillité et sécurité aux vieux .

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      • JBB // 04.10.2020 à 12h05

        Effectivement, plus les pays sont riches moins il font d’enfants. La solution de la croissance économique qui entraîne une décroissance démographique me paraît donc être une solution largement réalisable et en tout cas bien moins risquée que la décroissance imposée.

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      • Philippe, le Belge // 10.10.2020 à 10h37

        Jean Ziegler expliquait, en se basant sur des études disponibles à l’époque, dans un de ses livres il y a quelques années que la croissance démographique mondiale s’arrêterait aux environs de 11 milliards avant de commencer à décliner dans un futur pas si lointain, le facteur de diminution du taux de fertilité étant essentiellement due au développement économique des pays pauvres et entre autres à l’accès par les femmes de ses pays des médias occidentaux leur montrant que leur rôle de femme ne devait pas être systématiquement celui de mère au foyer devant s’occuper des enfants!

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    • Patapon // 03.10.2020 à 18h40

      La démographie va s’ajuster, de force plutôt que de gré. L’idée du virus se transpose parfaitement sur une modalité psychologique : une société déprimée a une fertilité en baisse.

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    • grld // 03.10.2020 à 23h05

      Il faut demander a des africains embarqués à cent sur une barque l’effet que procure, au milieu de la mer, la disparition de la terre à l’horizon. L’humanité est ici même au moment ou nous causons. Jamais un « Aquarius » ne viendra sauver la barque, l’espoir de se retrouver les pieds au sec est perdu. Tout devrait disparaître en très peu de temps sans trop de souffrance, à moins qu’un laboratoire n’invente pour de vrai le royaume de Lilliput.

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  • Patrick // 03.10.2020 à 11h37

    La « transition » !!!
    Tout le monde nous parle de transition, mais on ne sait toujours pas vers quoi on transitionne . Comment connaître la route à suivre quand on ne sait pas où on va ?

    Hypothèse : diminution de l’énergie par un facteur 10
    Les grandes villes n’ont plus de moyens de fonctionnement ou d’approvisionnement.
    Comment on transitionne ?

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  • LibEgaFra // 03.10.2020 à 12h33

    Dans le désert.
    L’optimiste considère qu’une bouteille d’un litre d’eau est à moitié pleine.
    Le pessimiste considère qu’une bouteille d’un litre d’eau est à moitié vide.
    Le réaliste considère qu’il y a un demi-litre d’eau dans la bouteille et il calcule en fonction de la consommation d’eau quand la bouteille sera vide et condamnera son détenteur à mourir de soif.

    Pour rappel, le pic de production du pétrole conventionnel est déjà dépassé. Peu importe la taille de la « bouteille » pétrole, le pétrole ne se renouvelle pas. Idem pour de nombreux autres biens ou produits.

    A lire les commentaires publiés ci-dessus, je me réjouis de constater une telle prise de conscience. Félicitations et merci!

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  • Léon // 03.10.2020 à 14h35

    Le postulat fondamental de l’économie est le suivant:
    « Toute ressource est limitée dans le temps».
    Croire à une croissance illimitée relèverait-il de la schizophrénie ou de l’aveuglement volontaire ?
    Qu’est-ce que croire sinon accepter pour vrai quelque chose ( idée, information, etc…) au sujet de laquelle il n’y a aucune preuve vérifiée et vérifiable ?
    La (pseudo ???) science économique doit-elle être perçue et vécue comme une religion ?
    Doit-on être imbibé d’une foi ardente, intense et intransigeante envers ses préceptes et dogmes ?
    Crois (Croîs) ou meurs ?
    Les grands-prêtres de cette pseudoscience n’ont-ils pas déjà eu tout le temps de nous démontrer leur totale incompétence tout autant que leur absolue inutilité ?
    Pseudoscience dis-je, car dans une VRAIE SCIENCE, l’observateur n’a pas d’importance alors que dans cette PSEUDOSCIENCE tout dépend de celui-ci et de l’école de pensée ( mais ne devrions-nous pas dire d’absence de pensée ) de son Alma mater lesquels sont plus importants que la simple réalité.
    C’est l’un des nombreux domaines d’enseignement où il n’est pas encouragé à penser librement suite à une formation valable de l’esprit critique sans lequel tout le reste n’est que fatuité.

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  • calal // 04.10.2020 à 09h29

    il n’y a pas de probleme ecologique:
    – l’occident qui consomme trop va consommer moins car la crise financiere va nous appauvrir et sa demographie est totalement en berne (moins d’argent moins de consommateur moins de pollution).
    -tout ce baratin ecologique est un cache sexe pour justifier les mesures qui vont etre prises pour tenter de controler la depression dans laquelle nous sommes et maintenir l’ordre.Le titanic est en train de couler,l’orchestre continue de jouer pour ne pas alarmer les deuxiemes classes tandis que les premieres se dirigent vers les rares canots de sauvetage et que les portes des cales ou sont les troisiemes classes sont verrouillees.

    Pas de credit,consommer moins et intelligemment ( depenser dans des choses qui peuvent servir a produire),vivre caché pour vivre heureux,se mefier de son ego qui nous fait intervenir a contre courant et attirera le marteau qui y verra le clou qui depasse et ca ira.
    1914-1918 ou 39-45 c’est grosso merdo 5 ans soit l’equivalent d’un mandat de hollande ou de sarkozy.

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  • Renaud // 04.10.2020 à 17h34

    Il n’y a pas de gants à prendre. Il n’y a pas à respecter de l’argent sorti du néant. Est-ce difficile à comprendre ?
    Celui qui crée l’argent avec son clavier d’ordinateur crée cet argent en le sortant du néant et sans travailler. Ensuite il faut ramper et bosser pour « rembourser » les « propriétaires » de cet argent sorti du néant. Va-t-on comprendre à la fin ?
    La croissance ou non est un problème, à mon sens, mal posé si l’on crée de la monnaie en contrepartie -rigide- avec la production. J’ai déjà mis ce passage de Jean Marc Jancovivi en commentaire dans les Crises, mais je le remets car il devrait remuer dans nos têtes la texture-même de la création monétaire et oblige de remettre les choses dans – leur ordre – et non pas dans ce qui sort de nos cervelles, car nous adorons et obéissons à un fétiche :

    @ Renaud le 6 juillet 2020 à 14h32
    https://www.les-crises.fr/covid-19-un-avant-gout-du-choc-climatique/

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  • piedecou // 06.10.2020 à 10h37

    Rien ne changera dans la manière dont nos sociétés fonctionnent tant que les 1% les plus riches tiendront les manettes (avec l’aide des 9% qui dépendent d’eux : forces armées, médias, politiques..). Ils ne vivent que dans le présent, dans le « Après moi le déluge  » d’autant plus que eux sont en yacht. Donc il y aura déluge car ils ne sont pas prêts à décroître eux. La répression des mouvements politico-populaires (GJ, sans terres, campesinos…) est révélatrice de la violence qu’ils mettront à défendre leurs privilèges. Nous avons quelques chances de passer d’un monde violent à une société ultraviolente c’est ça la transition. Comme on dit vers chez moi « on a pas le cul sorti des ronces ».

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  • Véro // 07.10.2020 à 18h08

    Gaël Giraud se trompe. Il n’y a pas eu de dévoiement de l’idée européenne. L’UE est depuis l’origine une Europe des marchands et des financiers. Les 4 libertés (parcelles de F. Roosevelt) existent depuis le début.

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