Source : Alastair Crooke, Consortium News, 25-02-2017

La « révolution » nationale du Président Trump au nom des Américains « oubliés » nécessite à la fois une politique étrangère réduisant les conflits et un dollar plus faible, explique l’ancien diplomate britannique Alastair Crooke.

Pat Buchanan – peut être le politicien américain avec le meilleur ressenti (comme le triple candidat à l’élection présidentielle qu’il est) sur ce que le Président Trump cherche à accomplir – nous dit de manière convaincante, simplement pourquoi Trump est maintenant le président des États-Unis :

Un panneau de soutien à Donald Trump lors d’un rassemblement au Veterans Memorial Coliseum au champ de foire de l’État d’Arizona à Phoenix, le 18 juin 2016 (Photo de Gage Skidmore)

[Simplement,]… « Il [Trump], a lu la nation et le monde mieux que ses adversaires. Il a vu la montée du courant nationaliste américain chez nous, et de l’ethno-nationalisme en Europe. Et il a compris le Brexit. Tandis que notre establishment bipartisan célèbre la diversité, Trump a vu l’Amérique moyenne se rebiffer contre l’évolution démographique provoquée par les invasions du tiers monde. Et il a promis de les juguler.

« Pendant que nos corporatistes brûlent de l’encens sur l’autel de l’économie globale, Trump est allé rendre visite aux victimes de la classe ouvrière. Et ces Américains oubliés de la Pennsylvanie, de l’Ohio, du Michigan et du Wisconsin, ont réagi. Et quand Bush II et le Président Obama nous ont plongés en Afghanistan, Irak, Libye, Yémen, Syrie, Trump a vu que ses concitoyens voulaient être débarrassés de ces guerres sans fin, et il a commencé à mettre l’Amérique en premier. [Et] il a proposé une nouvelle politique étrangère… La Russie de Poutine n’est pas “notre ennemi géopolitique numéro un. »

.

C’est ça. C’est la politique interne de Trump, et sa politique étrangère, tout en un.

Ce qui nous obsède actuellement, est le bellicisme et l’hystérie que Trump et son programme ont déclenché : est-ce que la détente avec la Russie est maintenant réellement morte, comme une conséquence du nouveau maccarthyisme russophobe ? Ou alors sommes-nous en train d’assister à rien de plus qu’un « simple accès de colère d’une poignée ’’d’apeuré’’ dont les postes sont menacés… parallèlement à la presse libérale ayant un ’’accès de colère analogue’’ : [n’en revenant pas] qu’ils aient perdu l’élection face à Donald Trump » – comme un chroniqueur américain l’a dit à MK Bhadrakumar ? Ou, sommes nous en train de voir un establishment américain fragile se diviser, d’une manière plus profonde ?

Nous ignorons la réponse. L’idée de démettre Trump de ses fonctions semble quelque peu tirée par les cheveux (voir ici). Certes, l’Amérique est profondément divisée : Trump suscite clairement des réactions émotionnelles fortes. Les trois quarts des Américains ont des réactions fortes à son endroit – qu’elles soient positives ou négatives.

Le dernier sondage du centre de recherche Pew montre que seulement huit pour cent des Démocrates et des indépendants de sensibilité démocrate approuvent le travail effectué par Trump, ce qui est le taux le plus bas pour n’importe quel nouveau président du parti opposé depuis plus de trois décennies. Mais, de manière intéressante, Pew a aussi trouvé que 84 pour cent des Républicains et des indépendants de sensibilité républicaine, voient « favorablement » les premières performances de Trump en tant que président.

Une administration divisée

Mais ensuite, raconte Gilbert Doctorow, alors que la nouvelle administration a pris place, « une stupéfiante volte-face s’est produite dans les premières initiatives de la politique étrangère de Donald Trump, qui ressemblaient beaucoup à l’ancienne politique étrangère de Barack Obama. Nous avons entendu le porte-parole à la présidence Sean Spicer dire que Trump « attendait du gouvernement russe qu’il… restitue la Crimée” à l’Ukraine ».

Donald Trump au CPAC 2011 à Washington (Flickr Gage Skidmore)

« Ensuite nous avons entendu le Secrétaire à la Défense James Mattis à Bruxelles (siège de l’OTAN), le Secrétaire d’État Rex Tillerson à Bonn (rencontre des ministres des Affaires étrangères du G20) et le Vice-Président Pence à Munich (Conférence sur la Sécurité) jurer conjointement une loyauté inébranlable à l’alliance de l’OTAN, répétant que toute nouvelle discussion avec la Russie devait être conduite en ’’position de force’’, et promettant de tenir la Russie pour responsable de la pleine application des accords de Minsk, ce qui veut dire que l’ensemble des sanctions perdure dans l’attente de cette application que le gouvernement ukrainien a systématiquement bloquée, tout en accusant Moscou. »

« Au milieu de ces signes de capitulation de l’administration Trump – suggérant la continuation de la politique étrangère désastreuse de ces 25 dernières années – les ennemis de la détente fraîchement ravivés au Capitole ont ajouté davantage de sanctions et de menaces anti-russes. En réponse aux prétendues violations par le Kremlin du Traité sur les missiles à portée intermédiaire et courte – Intermediate and Short-range Missiles (INF) – datant de 1987, le sénateur Tom Cotton, Républicain de l’Arkansas, a déposé une motion permettant la ré-installation de missiles de croisière à ogive nucléaire américains en Europe. Si elle est adoptée, cela annulerait les principales avancées du désarmement des années Reagan, et nous ramènerait à une véritable guerre froide. »

Cela a énervé les partisans de Trump ; en a apparemment déçu certains à Moscou ; et a aussi manqué de rassurer les Européens anxieux à la Conférence sur la sécurité de Munich. Ils s’interrogent sur quelle faction de l’Administration reflète le plus justement l’avenir de la politique américaine : « l’aile » Pence/Mattis/Haley, que les Européens aimeraient croire dominante ; ou le triumvirat Trump/Bannon/Miller, qui, selon les allusions de Steve Bannon, voit l’Union européenne comme une construction lacunaire, et imagine conduire les relations futures avec l’Europe sur une base bilatérale.

Laquelle des deux, reflète le plus fidèlement l’évolution américaine la plus probable ? Est-ce que l’establishment a maintenant réussi à faire reculer le programme de Trump ? Qui parle maintenant pour le Président ?

La réponse n’est pas difficile à comprendre : revenez à l’explication claire de Pat Buchanan sur la manière dont Trump est devenu président : « Il a vu la montée en puissance du courant nationaliste américain chez nous, et de l’ethno-nationalisme en Europe. Et il a compris le Brexit. Tandis que notre establishment bipartisan célèbre la diversité, Trump a vu l’Amérique moyenne se rebiffer contre l’évolution démographique provoquée par les invasions du tiers monde. Et il a promis de les juguler. »

Manifestement, c’est l’aile Trump-Bannon. Si Trump abandonnait sa lecture de la nation et des Européens qui l’ont amené à la Présidence, il ferait aussi bien de jeter l’éponge dès maintenant. Il ne sera pas réélu.

Affaiblir le Dollar

Et M. Trump ne montre aucun signe d’inversion (en dépit de tous les messages mitigés qui ont émané de son équipe diversifiée). Ainsi, retour aux bases. Quelle est alors sa politique étrangère ? Simplement ceci : si le président Trump tient à garder ses 84 pour cent de taux d’approbation (républicaine) – et rester élu –, il n’a qu’une seule voie possible : il doit continuer à s’occuper des « victimes de la classe ouvrière et de ces Américains oubliés » (comme Buchanan les a appelés) du Midwest, du Michigan, de l’Indiana, de l’Ohio, du Wisconsin et de la Pennsylvanie.

A l’affiche du théâtre PIX délabré, on lit « Votez Trump » sur Main Street à Sleepy Eye, Minnesota. Le 15 juillet 2016. (Photo de Tony Webster Flickr)

Et la seule option est de ramener des emplois industriels à cet électorat (blanc), de l’Amérique moyenne (blessée). Et le seul moyen de ramener ces emplois, est d’affaiblir le dollar. Un dollar fort serait fatal au projet de Trump.

Aujourd’hui le dollar est trop fort pour permettre un véritable retour de l’industrie aux États-Unis. Trump a besoin de contrer toute tendance à la hausse du dollar. Et, dans sa toute première interview (au Wall Street Journal), au moment de sa prise de fonction, le point principal de Trump était qu’il voulait un dollar américain « faible ».

Nous y voilà : le principal objectif de la politique étrangère de Trump est le retour des emplois dans l’Amérique moyenne – et cela signifie, en termes pratiques, éviter un dollar fort. En second, l’ultime but d’une détente avec la Russie – mise à part la lecture de Trump d’une Amérique moyenne lassée de la guerre – est que cette détente peut libérer un « dividende de la paix » qui serait vital dans la tâche de la reconstruction des infrastructures usées de l’Amérique. (Ses propositions devront au final être sans incidence sur les revenus, si Trump veut éviter une vilaine dispute avec ses soutiens du Tea Party, qui sont férocement conservateurs sur le plan fiscal.)

Une nouvelle fois, la détente avec la Russie est un besoin domestique, nécessaire pour vaquer à la reconstruction des structures usées des communautés qui l’ont élu. Elle n’est ancrée dans aucune idéologie de politique étrangère spécifique, mais simplement dans le sentiment de lassitude de la part des gens.

Bien sûr, vouloir un dollar plus faible et vouloir une détente avec la Russie, ne veut pas dire que Trump aura l’un ou l’autre ; il continuera à se heurter à des résistances et à des obstructions internes fortes. Mais il se peut que ces deux objectifs soient, pour ainsi dire, vus comme constituant le prisme dominant à travers lequel Trump voit les objectifs de sa politique étrangère, sur le long terme.

Sur le plus court terme – peut-être – ce que nous voyons maintenant est une pause tactique, dictée par les fuites malveillantes venant de l’intérieur du système, et par la « guerre » acharnée menée par les médias dominants – une pause pour permettre à Trump de poursuivre le tri de son administration – éliminant les fuites, installant ses gens, et s’affirmant face à certains médias dominants.

Il semble que la purge se déroule lentement (cela doit être un énorme processus, et exiger beaucoup de temps). Il n’est cependant, simplement pas très réaliste pour Trump de poursuivre un accord avec la Russie ou la Chine alors qu’il est assiégé, et que sa survie même est largement remise en question. Et comme chacun le sait, Trump a foi en une négociation en position de force, et non de faiblesse. Il aurait mieux fallu envoyer Pence et Mattis en Europe pour appliquer quelque pommade anesthésiante, pendant que les difficultés du premier mois se règlent.

Donc, comment cette « politique étrangère » pourrait-elle être conduite en pratique ? Eh bien, si Trump imposait des mesures protectionnistes à d’autres États (la Chine, par exemple), cela conduirait probablement à une dépréciation de leur devise. Une taxe à 30 pour cent pourrait causer une dévaluation de 30 pour cent de [leur] devise . Nous avons vu quelque chose de semblable se produire avec le peso, dans le cas du Mexique. Et, ipso facto, si les devises des Mexicains ou des Chinois faiblissaient, le dollar s’apprécierait (diminuant ainsi la compétitivité des États-Unis).

Il y a deux chemins possibles : l’un est pour Trump de négocier bilatéralement avec (par exemple) l’Allemagne, le Japon, la Chine et d’autres, pour les mettre en garde soit de réévaluer leur devise (ou au minimum, de maintenir stable la valeur de leur change), soit alors de subir les conséquences d’un protectionnisme imposé par les États-Unis, ce qui affecterait durement la santé de leur économie.

Ou bien Trump pourrait revenir à la tactique de Reagan du milieu des années 80, quand le président américain d’alors avait rassemblé toutes les principales banques centrales et ministres des Finances à Paris, pour leur ordonner que le dollar ne puisse pas augmenter davantage en valeur (après sa rapide appréciation du début des années 80). C’est ce qui a été connu sous le nom des « accords du Plaza ».

Choisir le bilatéralisme

Il semble que Trump prenne la première option (le bilatéralisme), car il a déjà expliqué vouloir négocier sur un périmètre plus vaste que simplement la stabilité des valeurs de change. Des accords commerciaux spécifiques et des investissements de l’étranger vers les États-Unis seront au programme – tout comme son but clamé d’utiliser comme levier le déploiement de l’armée américaine comme compromis négocié bilatéralement, bien plus bénéfique économiquement pour les États-Unis – plutôt que d’avoir le parapluie de la défense américaine fourni comme une « marchandise » fortement subventionnée.

Le Président élu Donald Trump et son colistier Mike Pence remercient leurs supporters pour la victoire renversante du 8 novembre 2016 (Photo de donaldjtrump.com)

Les implications de cette approche bilatérale sont importantes. Cela n’implique pas en soi que Trump devrait vouloir séparer la Russie de la Chine. Trump, dans sa propre logique, ne voudrait pas, au final, recourir au protectionnisme contre la Chine (à part comme stratagème de négociation). Imposer des tarifs punitifs à la Chine conduirait sans doute à un renforcement du dollar, et risquerait de dévaluer le yuan – et même peut-être de le dévaluer de manière très forte. Trump veut plutôt un accord, qui apporterait des emplois supplémentaires et un investissement chinois dans les infrastructures aux États-Unis.

L’idée que l’Amérique ait besoin de diviser la Russie de la Chine (ou de l’Iran) pour des raisons stratégiques (bien que probablement adoptée par certains de son équipe) est essentiellement une « idée ancienne ». Elle date de l’époque des néoconservateurs, qui défendaient le point de vue que l’Amérique doit rester l’hégémon global en matière de défense et de finances. Et doit ainsi contenir et affaiblir toute puissance montante contestataire.

La Russie ne rompra pas, dans tous les cas, avec la Chine. Mais dans la logique trumpienne, quelle importance cela devrait-il avoir, tant que Trump est parvenu à des accords commerciaux satisfaisants avec chacune ? (Kissinger, toutefois, pourrait essayer de persuader Trump autrement.)

A nouveau, poursuivre la guerre contre l’islam radical (Trump a sollicité des propositions du Pentagone) ne requièrerait pas nécessairement des interventions militaires américaines décisives au Moyen-Orient, selon cette logique. Un changement de politique, et d’esprit, au sein d’une CIA réformée – cessant d’utiliser l’islam radical comme un « outil » permettant de poursuivre ses « intérêts » (comme elle l’a fait, depuis l’Afghanistan dans les années 80 jusqu’en Syrie ces dernières années), devrait amener, en soi, un profond changement. Lequel se propagerait rapidement dans les services de renseignement européens – et plus lentement – ferait mariner les réflexions des pays du golfe.

Changer la « pensée unique »

Pat Lang, ancien officier supérieur du renseignement militaire américain, fait remarquer comment, au sein d’une « pensée unique » bureaucratique, une petite variation d’un concept à un autre peut entraîner un changement déterminant, uniquement par le mérite de saisir un problème à partir d’une perspective différente :

Une pancarte de manifestation dans le quartier de Kafersousah à Damas, Syrie, le 26 décembre 2012. (Crédit photo : Freedom House Flickr)

« 1. Le général Dunford, USMC, le chef en uniforme des forces armées américaines, rencontre dans la semaine à Bakou en Azerbaidjan le général Gerasimov, le chef de l’état-major russe. »

« 2. Mes sources me disent que les forces de l’air américaines et russes se coordonnent et désamorcent les tensions dans leurs opérations aériennes en Syrie et en Irak de manière croissante. L’on peut clairement le voir à travers les attaques aériennes de l’USAF et de la US Navy contre les ’’modérés’’ (forces djihadistes en vérité) dans la province d’Idlib. Celles-ci ont été de toute évidence coordonnées avec les défenses aériennes russes. »

« 3. La CIA a arrêté de fournir de l’aide aux djihadistes ’’modérés’’ et à l’armée syrienne libre en Syrie précédemment cités. Elle ne l’aurait pas fait sans instructions de l’extérieur et au-dessus de la CIA. »

« Tout cela me dit que la raison règne dans l’administration Trump, peu importe ce que les fous comme Schumer, Waters et McCain peuvent faire, penser ou dire. » (Souligné dans le texte)

Quels seraient alors les risques majeurs pour le « concept » Trump ? Il ne sont pas négligeables. N’importe quelle montée des tensions internationales conduirait normalement à une fuite vers la « sécurité » du dollar américain – et donc à un « renforcement » du dollar. (Une bonne raison pour Trump de s’en tenir aux paroles plutôt qu’à l’action à l’égard de l’Iran).

Deuxièmement, bien que Tump ait essayé de « dénigrer » la valeur du dollar américain, la plupart de ses politiques (rapatrier les fonds à l’étranger des sociétés, déréguler et réduire la fiscalité) sont vues comme inflationnistes – et tirent ainsi le dollar vers le haut. Le sont également les déclarations faites par la Réserve fédérale à propos de l’éventualité d’une montée des taux d’intérêt le mois prochain. Il n’est pas certain que Trump sera capable de garder le dollar faible, face à un sentiment général que les taux iront à la hausse. L’indice d’inflation de David Stockman pour les États-Unis, qui utilise des valeurs plus réalistes pour l’énergie, la nourriture, le logement et les assurances médicales que l’indice officiel CPI, grimpe dorénavant à un taux annuel supérieur à 4 pour cent.

Et troisièmement, la Chine pourrait encore contrecarrer les projets de Trump. Comme le note un commentateur économique avisé :

« Je soutiens vivement qu’une expansion du crédit chinois sur 1 mois de plus d’un demi millier de milliards de dollars en début 2017 aura des conséquences inflationnistes différentes de celles du début de 2016… »

« Les tendances inflationnistes évoluent significativement au cours du temps… Les liquidités auront tendance à aggraver davantage l’inflation de la (ou des) classe(s) d’actifs ; les ’’capitaux fébriles’’ traqueront la bulle spéculative la plus prospère. Les flambées inflationnistes de la croissance du crédit peuvent, aussi, avoir des répercussions profondément différentes selon les prévisions d’inflation, la structure économique et la nature des flux financiers. »

« Je nuancerais que les responsables chinois font face aujourd’hui au défi colossal de limiter un levier financier et des déséquilibres croissants plus importants qu’il y a quelques mois à peine. L’horloge continue de tourner, avec de plus en plus de chances que Beijing soit contrainte de prendre le type de mesures fortes qui pourraient causer un accident. »

Ces risques d’inflation menacent Trump, davantage qu’une invraisemblable destitution. Il est resté cohérent dans ses alertes selon lesquelles quiconque gagnerait ces élections présidentielles devrait, tôt ou tard, faire face à une crise financière — et ainsi probablement une crise sociale concomitante. Comme la plupart des révolutions, la révolution de Trump ne peut se permettre de rester immobile : si elle ne peut pas, ou ne va pas de l’avant, elle reculera. Nous retournerions dans le passé. Trump, sans aucun doute, l’a compris.

Alastair Crooke est un ancien diplomate britannique, qui était un responsable de haut rang du renseignement britannique et de la diplomatie de l’UE. Il est le fondateur et le directeur du forum Conflits.

Source : Alastair Crooke, Consortium News, 25-02-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

7 réponses à La « Révolution » de Trump en difficulté, par Alastair Crooke

  1. DUGUESCLIN Le 27 octobre 2017 à 10h43
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    Le problème des Etats-Unis, c’est l’absence de partenaires. Ils se placent délibérément dans l’isolement. Mais ils ont des soutiens, ou plutôt des complices ou des soumis plus ou moins corruptibles, mais qui n’en sont pas pour autant des partenaires ni de véritables alliés. Cela coûte très cher aux peuples américains qui sont durement taxés et appauvris pour des dépenses colossales qui se chiffrent en milliers de milliards de dollars pour un budget militaire qui dépasse l’entendement et pour sauver les financiers avec un dollar hors de prix.
    A coup de dollars et de bombes les Etats-Unis maintiennent de moins en moins bien le soutien de leurs alliés (contraints et obligés) de même que le soutien de leurs propres peuples.
    Pour combien de temps encore exerceront-ils ces contraintes?
    La Russie défend l’idée de partenariat qui va totalement à l’encontre de la vision étasunienne du monde.
    Inévitablement la notion de partenariat gagne des adeptes à l’intérieur comme à l’extérieur.


    • Gordion Le 27 octobre 2017 à 13h40
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      Ainsi que je l’ai déjà exprimé ici, tant que le pétrodollar créé par Nixon et Kissinger en 1973 sera le référentiel universel, et que la dette générée par les Etats-Unis en bons du Trésor et planche à billets perdurera, rien ne se passera.

      Le contre-feu allumé par l’OCS va changer vraisemblablement la donne, avec toutes les conséquences possibles.


  2. atanguy Le 27 octobre 2017 à 18h19
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    “si le président Trump tient à garder ses 84 pour cent de taux d’approbation (républicaine) – et rester élu –, il n’a qu’une seule voie possible : il doit continuer à s’occuper des « victimes de la classe ouvrière”
    Ben voyons! Trump est un homme du peuple,qui a un profond desire de s’occuper des travailleurs et des plus pauvres. Tiens par exemple son budget d’abaissement des taxes qui va bénéficier les plus riches et donc les plus pauvres,vous savez: Le ruissellement promu ici par Macron,tiens celui la semble avoir la meme politique,bizarre…”On donne aux riches en prenant aux pauvres” C’est Robin des bois a l’envers. Quant a la politique internationale,il faut pas etre surpris,un imbecile comme Trump ne suivra que ce que lui dirons les militaires. Les salades de Monsieur Alastair Crooke me semblent bien recuites…Pauvre Amérique et pauvre monde…


  3. RV Le 27 octobre 2017 à 22h12
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    Trump ne serait donc pas cet irresponsable impulsif imprévisible etc. ?
    Il aurait une vision à moyen terme . . . sa réélection.
    Cet article ne serait-il pas un peu trop optimiste ?
    Vivement que son analyse se confirme !


  4. Emmanuel Le 28 octobre 2017 à 09h09
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    Qu’on l’aime ou pas, le fait est que Trump, contrairement aux autres candidats Républicain en particulier, a su détecter et exprimer une situation nouvelle de déshérence et de malaise profond aux USA, en particulier auprès d’un électorat traditionnel classe moyenne de plus en plus laissée pour compte et désespérée, et il a su jouer à fond le système de communication à la façon show-man, sans être trop occupé à courtiser pour récolter des fonds auprès du système financier. L’autre candidat qui a saisi la situation est Bernie Sanders, mais qui s’est vu contré radicalement par son propre camp et privé de beaucoup de moyens de campagne, en particulier médiatiques. Même si je n’adhère pas au personnage ni à la politique de Trump, l’intérêt de l’article montre qu’il est bel et bien soutenu par une part constante et très importante de l’électorat républicain, en particulier populaire, et qu’il représente quelque chose au-delà de la description hystérique des médias.


    • Chris Le 28 octobre 2017 à 14h52
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      Est-ce que cela pèse face aux puissances de l’argent, qui prévalent aux USA ?
      Devenir millionnaire, couplet repris par Macron le Trader, est puissamment enraciné dans la société américaine et est le moteur n°1 du rêve américain.
      On ne vous demande pas, “comment vas-tu ?” Mais, “combien tu gagnes ?”. A partir de là, selon la réponse, vous êtes entouré ou laissé dans votre coin.


  5. sissa Le 29 octobre 2017 à 06h37
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    Cet article date de Février 2017.
    Force est de constater que les prévisions de Alastair Crooke ne se sont pas vérifiées.
    Loin de pratiquer une politique d’apaisement, Trump a sans doute relâché la pression sur la Syre, mais s’excite désormais sur la Corée du nord et sur l’Iran. Pour obtenir l’appui de la Chine contre la première, il est prêt à faire des concessions…
    Steve Bannon, supposé représenter la vraie ligne de Trump a été limogé.
    C’est tout de même surprenant que les gens fassent toujours l’erreur de croire aux discours de campagne. Que Trump ait ressenti ce qui se passait dans une partie oubliée de l’opinion publique, et qu’il l’ait utilisé pour obtenir la victoire est une chose, qu’il ait eu la volonté d’appliquer cette politique en est une autre. Si on peut dénoncer l’aveuglement des critiques de Trump concernant son impact sur les oubliés de la mondialisation, on ne peut que reconnaître qu’ils avaient raison sur les failles de sa personnalité.


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