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22.mai.202022.5.2020 // Les Crises

Le refus d’hospitalisation des résidents d’Ehpad, dernier tabou du Covid-19

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Source : Marianne

Pendant plusieurs semaines, certains résidents d’Ehpad malades du Covid-19 ont été refusés par les services d’urgence, faute de place. Une perte de chance qui illustre l’échec des pouvoirs publics à protéger l’ensemble de la population.

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Le sujet est tabou. Il illustre l’échec des pouvoirs publics à protéger l’ensemble de la population française de la même façon face au coronavirus. Jusqu’à présent, au sommet de l’Etat, on s’était d’ailleurs toujours abstenu de communiquer sur des pratiques de ce type. Il n’empêche, aujourd’hui, les acteurs de terrain interrogés par Marianne sont unanimes : pendant près d’un mois, jusqu’à la dernière semaine de mars, certains centres de régulation du Samu ont refusé d’hospitaliser nombre de résidents d’Ehpad. Réduisant ainsi leurs chances de réchapper du Covid-19.

« Dans beaucoup de nos établissements, le Samu ne venait plus, raconte Isabelle Jallais, déléguée FO au sein du groupe d’établissements de santé privés Korian. J’ai eu des collègues infirmières en pleurs au téléphone. Avec des résidents qui mouraient dans leur chambre et pour lesquels on ne pouvait rien…»

Florence Arnaiz-Maumé, secrétaire générale du Synerpa, le syndicat professionnel des Ehpad privés, confirme elle aussi : « Dans le Grand Est, en Bourgogne-Franche-Comté, pendant trois semaines, puis en Ile-de-France et dans d’autres régions, certes moins longtemps, le 15 a refusé d’hospitaliser nos résidents à de très nombreuses reprises. Ce n’est allé mieux qu’à partir du 21 mars, quand Olivier Véran a enfin réalisé ce qui se passait et a tapé du poing sur la table contre les ARS (agences régionales de santé)… » Son syndicat a demandé ses adhérents de conserver trace de tous les refus… «Certains jours, il fallait des heures et des heures pour obtenir le SAMU », confie-t-elle aussi.

Le journal de bord du Professeur Pascal Meyvaert, intervenant dans deux Ehpad du Bas-Rhin, publié dans le Journal du médecin coordonnateur daté d’avril 2020, constitue un des témoignages les plus édifiants de cette période.

« La situation est tellement grave dans le Grand Est que le CHU de Strasbourg nous a dit que les personnes en GIR 1, 2 et peut-être 3 ne seraient plus admis aux urgences », écrit-il à la date du 16 mars, la veille du confinement. En jargon médical, les GIR 1, 2 et 3 désignent des états de dépendance décroissants. Le GIR correspond à une « personne confinée au lit ou au fauteuil, dont les fonctions mentales ne sont pas totalement altérées et dont l’état exige une prise en charge pour la plupart des activités de la vie courante ». Quant aux GIR 3, ils renvoient à des patients qui ont « leur autonomie mentale, partiellement leur autonomie locomotrice, mais qui ont besoin plusieurs fois par jour d’une aide pour les soins corporels ».

« Ce serait catastrophique »

A ce moment-là, le gouvernement a-t-il conscience de la gravité de la situation en Alsace ? Pas sûr. Ce même lundi 16 mars, Jérôme Salomon, le directeur général de la santé, évoque seulement sur France Inter l’hypothèse de tris de patients en service de réanimation et en parle au conditionnel, comme d’un éventuel drame : « Ce serait catastrophique qu’on en arrive à trier des personnes, nos proches, en disant ‘on ne peut plus prendre cette personne en réanimation parce qu’il n’y a plus de place’ ». Or, un patient « refusé » d’un service de réanimation peut tout de même être soigné dans un autre département de l’hôpital. La différence principale est qu’il ne bénéficie pas d’un appareil d’assistance respiratoire. L’histoire que racontent nos témoins est différente : de nombreux patients résidents d’Ehpad n’ont pas eu accès du tout aux soins hospitaliers. Ils étaient livrés à eux-mêmes… et aux moyens limités des établissements pour personnes âgées.

Auprès de Marianne, Pascal Meyvaert confirme d’ailleurs que le « peut-être » évoqué par le CHU de Strasbourg pour les patients GIR 3 s’est confirmé, et que certains malades ont rapidement été exclus de l’hospitalisation, par manque de place. « Au bout d’un moment, on avait tellement l’habitude qu’on nous refuse des patients qu’on pensait à peine à appeler le Samu », se rappelle le médecin, qui officie également en tant généraliste. Puis, la situation a encore empiré. « Le dernier samedi de mars, on m’a refusé une patiente de 52 ans, sans co-morbidité, qui avait beaucoup de mal à respirer », révèle-t-il. A ce moment-là, des malades de plus de 70 ans n’avaient plus aucune chance d’être hospitalisés.

« Il y a des personnes âgées qui auraient probablement pu être sauvées », estime Florence Arnaiz-Maumé, sans que leurs familles, pour l’heure, soient en mesure de le réaliser. « Il n’y a jamais eu au niveau national de consignes qui auraient indiqué : ‘On n’hospitalise pas les personnes des Ehpad’ », proteste Monique Iborra, députée LREM, récemment chargée d’un rapport sur la crise dans ces établissements, balayant une rumeur diffusée sur certains sites. La parlementaire reconnaît toutefois que « dans le Grand Est et en Ile-de-France, les soignants ont vécu un tsunami et il est possible que des services aient dit : ‘Là, on ne peut pas’ ». Le 29 avril, plusieurs professionnels du secteur, dont Florence Arnaiz-Maumé et Pascal Meyvaert, ont confirmé leur version devant les députés de la commission des affaires sociales.

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Commentaire recommandé

Bigtof // 22.05.2020 à 12h06

@Patrick : vous avez tout faux. Et surtout, le privé ne coûte pas moins cher que le public !

La santé en France représente 13,5% du PIB tout compris (SS + Mutuelles et assurances complémentaires)
La santé aux USA représente 18% du PIB tout compris (public + privé)

Les résultats sont meilleurs en France dans tous les paramètres : taux de mortalité à la naissance, espérance de vie, etc..

En revanche, on peut sans doute faire un lien clair entrela dégradation effective de l’hôpital public depuis 20 ans et la réduction de l’espérance de vie en France (mais pas que.. La pauvreté qui augment est évidement un très gros facteur) et les mauvais résultats actuels sur le Covid-19.
Néanmoins, ce n’est pas le système S.S. qu’il faut blâmer, c’est :
1. l’augmentation hallucinante des postes de gestionnnaires en tout genres qu’on a mis à la place des médecins pour décider de la gestion des médecins
2. La tarification à l’acte qui a fait qu’un rapport de la cour des comptes a montré que près de 75% des opérations faites étaient inutiles
3. Plein de scandales de corruption qui impose à l’hôpital de se servir de médicaments plus cher quand d’autres 10 fois moins chers auraient exactement le même effet (exple le traitement contre les DMLA humides à néo-vaisseaux pour près de 600 M€/an rien que pour celui-là !)
En final, faites en sorte que l’hôpital fonctionne de moins en moins bien, et en effet, un jour vous arrivez à une situation très dégradée.
Quand on veut tuer son chien, on ne l’accuse pas seulement de la rage, on la lui inocule…

34 réactions et commentaires

    • Bigtof // 22.05.2020 à 11h56

      C’est pas grave, le gouvernement à dit aux médecin de prescrire du Rivotril pour que tous ces vieux qui coûtent si cher et déséquilibrent les retraites puissent mourir sans douleur (et surtout plus vite !!).
      Traitement compassionnel, quoi..

        +12

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      • François // 22.05.2020 à 16h22

        Si j’ai bien compris, un médecin aurait moins de problème administratif en traitant un patient avec du Rivotril que d’essayer une bitherapie d’antibiotiques ou de suivre les préconisations du Pr Raoult

        C’est bien cela?

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  • LibEgaFra // 22.05.2020 à 08h23

    Et c’est bien le résultat d’une politique qui a visé et qui vise toujours à faire des économies sur le dos des plus pauvres, des plus démunis, parce que les capitalistes ne sont JAMAIS rassasiés de leurs profits. Pour eux c’est toujours plus de pognon, alors que les lits d’hôpitaux, ça coûte un pognon de dingue pour ceux qui ne sont rien. Les possédants eux ont leurs cliniques privées. Que la France ait dû exporter… des malades… jusqu’en Autriche dit plus que tout sur ce qu’ont été et sont toujours les priorités de l’oligarchie française.

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    • Patrick // 22.05.2020 à 11h19

      il faut arrêter de fantasmer sur le méchant capitalisme.
      Nos dépenses de santé sont parmi les plus élevées au monde , on doit être 3ème ou 4ème au niveau mondial, au-dessus de la moyenne de l’UE .. donc oui , un pognon de dingue.
      Et pour quel résultat ? médiocre , comme pour le reste des services publics.
      Les cliniques privées coûtent moins cher que l’hôpital public, les cliniques s’étaient organisées pour recevoir les malades et elles n’ont rien vu venir , les malades ont été évacués par des avions de l’armée ou par le TGV ( tout à fait conçu pour ce genre d’usage … ) parce que l’administration a tout foiré de bout en bout.
      Alors arrêtons de chercher un bouc émissaire et demandons-nous où passe le pognon de dingue de la santé et comment est organisé tout ce bazar.

        +7

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      • Bigtof // 22.05.2020 à 12h06

        @Patrick : vous avez tout faux. Et surtout, le privé ne coûte pas moins cher que le public !

        La santé en France représente 13,5% du PIB tout compris (SS + Mutuelles et assurances complémentaires)
        La santé aux USA représente 18% du PIB tout compris (public + privé)

        Les résultats sont meilleurs en France dans tous les paramètres : taux de mortalité à la naissance, espérance de vie, etc..

        En revanche, on peut sans doute faire un lien clair entrela dégradation effective de l’hôpital public depuis 20 ans et la réduction de l’espérance de vie en France (mais pas que.. La pauvreté qui augment est évidement un très gros facteur) et les mauvais résultats actuels sur le Covid-19.
        Néanmoins, ce n’est pas le système S.S. qu’il faut blâmer, c’est :
        1. l’augmentation hallucinante des postes de gestionnnaires en tout genres qu’on a mis à la place des médecins pour décider de la gestion des médecins
        2. La tarification à l’acte qui a fait qu’un rapport de la cour des comptes a montré que près de 75% des opérations faites étaient inutiles
        3. Plein de scandales de corruption qui impose à l’hôpital de se servir de médicaments plus cher quand d’autres 10 fois moins chers auraient exactement le même effet (exple le traitement contre les DMLA humides à néo-vaisseaux pour près de 600 M€/an rien que pour celui-là !)
        En final, faites en sorte que l’hôpital fonctionne de moins en moins bien, et en effet, un jour vous arrivez à une situation très dégradée.
        Quand on veut tuer son chien, on ne l’accuse pas seulement de la rage, on la lui inocule…

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        • Bigtof // 22.05.2020 à 12h13

          Et au fait, la part de la SS qui ne cesse pourtant de décroître, représente encore plus de 4/5ème du total des dépenses de santé !
          Mais j’ai assisté il y a 15 ans à une conférence d’un actuaire célèbre (moins qu’OB !), consultant pour une grande compagnie d’assurance dont le nom commence et termine par un A qui nous expliquait les excellentes perspectives pour le privé.
          Notamment que 1% de C.A. en moins pour la S.S., c’était près de 7% de C.A. de plus pour les assurances.
          Rapporté en Milliard d’€, ça motive au lobbying pour enfoncer la S.S. et ses outils (hôpitaux)

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          • Patrick // 22.05.2020 à 12h26

             » 1% de C.A. en moins pour la S.S., c’était près de 7% de C.A. de plus pour les assurances  »
            en chiffres bruts , ça représente combien ? ça nous coûtera certainement moins cher de passer par les assurances.

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            • LibEgaFra // 22.05.2020 à 12h43

              « ça nous coûtera certainement moins cher de passer par les assurances. »

              ah la bonne blague! Allez donc faire un tour en Suisse, pays capitalistes devant l’éternité, où ce ne sont que des assurances privées qui noyautent le parlement. Pour une famille modeste, ces assurances coûtent plus cher que les impôts.

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            • Bigtof // 22.05.2020 à 13h12

              Si vous ne lisez pas ma réponse, je ne sais quoi vous répondre…
              France : 13,5% du PIB (dont 80% S.S. et 20% Privé)
              USA : 18% du PIB (dont très majoritairement le privé)

              Il me semble clair que le public est moins cher…

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            • Patrick // 22.05.2020 à 13h34

              Dans ce tableau nous sommes 4ème , avec des résultats très mauvais.
              Les Allemands sont juste devant nous , avec un secteur privé très important et des résultats bien meilleurs que les notres.
              L’Angleterre dont le service de santé est entièrement étatisé est dans une situation encore pire.
              Le vrai problème français c »est la gestion bureaucratique mise en place par l’assurance maladie. Toute cette bureaucratie nous a montré tout ce qu’elle savait faire face à la crise.
              Ensuite , on peut discuter de l’équilibre public-privé , mais le problème ne vient pas de là.

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            • Narm // 22.05.2020 à 14h04

              « en chiffres bruts , ça représente combien ? ça nous coûtera certainement moins cher de passer par les assurances. »

              ah ah vaut mieux en rire
              on va payer, je vous rajoute des intermédiaires et ça sera moins cher ? ! !
              gestion, pub et dividende des assurances et vous pensez sérieusement que ça coûtera moins cher ?
              A oui, les employés gagneront moins que le smic et l’on fera des économies sur toutes les fournitures et les prestations …. pour maximiser les profits
              Il suffit de voir la gestion des ehpads
              « l’égalité » du covid, c’est qu’il a touché à peut près toutes les classes

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          • Incognitototo // 22.05.2020 à 15h02

            @Bigtof
            Vous avez dit presque tout ce qu’il y a à dire pour répondre aux néolibéraux qui trépignent d’impatience pour casser et récupérer pour leur seul profit (en laissant crever les pauvres, comme aux US) notre système de santé.

            Si la comparaison par % dans le PIB est déjà significative en soi, la comparaison par le PPA/habitant l’est encore plus, parce qu’elle mesure les dépenses totales par habitant en tenant compte des disparités des PIB/habitant et aussi de l’équivalence des pouvoirs d’achat.
            Données FMI :
            – USA –
            PPA/Hab : 59 495 $
            % dépensé/Hab : 18 %
            Dépense/Hab : 765 $
            – France –
            PPA/Hab : 43 551 $
            % dépensé/Hab : 13,5 %
            Dépense/Hab : 420 $

            Donc, dépenser 82 % de plus par habitant pour la santé, en laissant encore 10 % de la population sans soins, c’est ça le « miracle » de la gestion privée.

            La comparaison avec l’Allemagne est aussi significative sur un autre point : la gestion coûte 21 % plus chère par personne chez nous que chez eux… la bureaucratie peut aussi être un poison pour empêcher que l’argent arrive là où il devrait être.

            En fait, quand l’argent sert à rémunérer les actionnaires ou trop de structures bureaucratiques, il y en a forcément moins pour la santé.

            Dans tous les domaines où on peut faire ce type de comparaison entre gestion publique ou privée (eau, énergie, services publics, et cetera), on retrouve ce type de constats.

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        • Patrick // 22.05.2020 à 12h25

          Vous mettez le doigt sur les problèmes : la bureaucratie et une administration de plus en plus pesante qui impose des choix idiots.
          La Cour des Comptes a publié quelques rapports sur ces sujets. Toute cette bureaucratie bouffe 50% des budgets.
          c’est juste une dérive normale de tout système bureaucratique , ça n’a rien à voir avec une quelconque volonté de tuer l’hôpital public . Ces gens là  » tu leur donnes le Sahara , dans 5 ans ils importent du sable « .

          La même intervention coûte moins en clinique privée que dans le public.
          https://www.reseau-chu.org/article/juillet-2014-disparite-des-couts-entre-le-public-et-le-prive-les-hopitaux-dans-le-rouge/

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          • L’illustre inconnu // 22.05.2020 à 15h53

            C’est sûr qu’en sélectionnant ses « clients » on peut aussi arriver à réduire le coût. Exemple concret dans une ville du sud de la france. Parmi mon entourage il y a deux personnes qui ont eu besoin à des moments différents dans les 2 dernières années.
            Une dans un état de santé complexe mais moins de 30 ans. seconde à l’AAH, jeune aussi.
            Au total 6 visites en 2 ans pour ces deux personnes dans 4 hôpitaux différents. 3 cliniques privés et un hôpital.
            Sur 6 visites une seule à conduit à une hospitalisation: l’hôpital publique.
            Réponse du privé 80% du temps « y’a pas de place »(pendant 2 ans…)

            J’ai été accompagnant lors de ces visites, d’ailleurs contrairement au public l’accompagnant ne peux être en consultation avec le patient(!!).(sauf pour les mineurs) C’est très pratique puisque c’est à ce moment là qu’on t’annonce ne pas te prendre en charge, le patient étant seul et pas en état de se « défendre ».

            Pour ma part je ne retournerait pas dans ses structures privés, j’en ai la nausée rien que d’en parler.

              +7

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          • Incognitototo // 22.05.2020 à 16h03

            @Patrick
            Oui, c’est vrai. Cependant, vous confondez les modes de financement et la façon dont il est utilisé pour accomplir la mission.

            Le mode de financement est totalement en faveur d’un système public (voir mon com précédent), et pour cause, c’est facile de comprendre que quand il sert à rémunérer des actionnaires, il en reste moins pour la mission à accomplir.

            Par contre il est vrai que la façon dont il est utilisé reste discutable et que, principalement pour les actes banaux, les cliniques privées font mieux. Je serais cependant curieux de connaître leurs résultats en termes de sécurité.

            Exemple vécu pour un test d’effort :
            – Hôpital public : 2 à 4 personnes présentes
            – Clinique privée : 1 seule personne
            cependant, selon vous, qui sera le plus efficace pour vous sauver, si vous avez un accident cardiaque au moment du test ?

            Quant aux interventions lourdes, je vous défie de subir une opération à cœur ouvert dans une clinique privée… À l’exception des cliniques réservées aux élites (qui facturent hors nomenclature), en réalité, tous les actes qui nécessitent des moyens lourds ne sont jamais assurés par des cliniques. C’est donc très facile pour eux d’afficher des coûts moyens très inférieurs à ceux du public.

            Il y a cependant à l’évidence des améliorations possibles dans le service public (notamment pour les coûts de gestion), mais vous ne pouvez pas affirmer que le système de soins privés serait meilleur au seul motif qu’il coûterait moins cher pour certains actes médicaux sans tenir compte de l’ensemble des critères : sécurité, réactivité, disponibilité, domaines de compétences, couverture de l’ensemble des soins, et cetera…

            L’Allemagne a mis en place un système d’évaluation de tous ces critères par structure de santé établis par les patients. C’est comme ça (entre autres) qu’ils arrivent à être meilleurs que nous aussi bien pour le public que pour le privé, tout en rémunérant les personnels de santé 20 à 100 % plus qu’en France. On attend juste que nos têtes d’œuf se décident à agir – juste en copiant ce qui fonctionne bien ailleurs pour les services publics – au lieu de faire des moulinets avec leurs petits bras.

            P.-S. : Votre coût de gestion est faux, il représente en France 7 % du budget (contre 5 % en Allemagne)

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        • BOURDEAUX // 22.05.2020 à 12h37

          Vous avez parfaitement raison, mais Patrick n’a pas tout faux non plus , et vos points de vue sont très conciliables. Ceci dit, votre point n°1 est en train de devenir une triste banalité en France, car combien de fois n’ai-je entendu des connaissances travaillant dans de grands groupes me raconter à quel point certains postes de « contrôle » ou de « coordination » était occupés par des individus à l’esprit tortueux qui occupaient leur temps à légitimer leur poste en empêchant les productifs de faire simplement leur travail, par des cascades ininterrompues de tracasseries. C’est bien ce qui fout les hôpitaux en l’air, même s’il y a certainement bien d’autres problèmes…

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          • Patrick // 22.05.2020 à 13h37

            Toutes les grosses organisations , publiques ou privées, sont à un moment ou à un autre victimes de la bureaucratisation.
            Dans le cas des organisations publiques , il suffit de demander encore plus de pognon aux contribuables et ça peut continuer longtemps. C’est la dérive actuelle de tous nos services publics. Le défaut de paiement généralisé mettra un terme à cette gabégie, mais nous coulerons en même temps.

              +3

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            • Narm // 22.05.2020 à 14h06

              non parce qu’actuellement, on ne fait que serrer la vis
              et que c’est ensuite, souvent le public qui rémunère le privé, et souvent, par des marchés scabreux

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            • Barachin // 23.05.2020 à 01h01

              @Patrick

              Vous êtes le patron d’un PME travaillant à l’export. Votre réussite professionnelle est heureuse, nous sommes content pour vous.

              Mais votre situation personnelle ne doit pas être ni l’unique ni le principal étalon vous permettant d’appréhender le monde autour de vous.

              A votre âge il serait temps d’acquérir un peu de sagesse. On ne peut pas administrer un pays comme on gère une PME.

              Une PME est là pour gagner de l’argent, l’Etat a pour mission de le dépenser. Par exemple pour vous soigner, construire des infrastructures, y compris des aérodromes pour vos déplacement, etc …

              Ces dépenses sont vouées automatiquement à augmenter dans certaines circonstances : par exemple lorsque la population vieillit, il faut que les dépenses de santé augmentent. Si vous avez la parade, appelez d’urgence le gouvernement voire l’ONU.

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      • LibEgaFra // 22.05.2020 à 12h36

        « Et pour quel résultat ? médiocre , comme pour le reste des services publics. »

        oh, la jolie calomnie! C’est sûr, c’était mieux avant, avant que les méchants (et mauvais et égoïstes – je ne suis pas ironique contrairement à vous…) capitalistes décident de s’attaquer à l’hôpital public, comme ils s’attaquent ou se sont attaqués au train, aux autoroutes. C’est sûr les autoroutes sont de moins en moins chères. Là je suis ironique.

        Médiocre? Essayez donc le système de santé anglais! Ou encore mieux US! Tellement bon marché que ce dernier laisse sur le carreau des millions de citoyens; Peuvent crever les pauvres, le bétail, son remplaçables!

        « l’administration a tout foiré de bout en bout. »

        éh oui, évidemment quand elle est sous les ordres d’un gouvernement tout dévoué aux super riches capitalistes…

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        • Patrick // 22.05.2020 à 13h39

          Le NHS ( système de santé anglais ) est justement totalement sous le contrôle de l’état .. et dans un état de décrépitude avancé.
          L’administration a tout foiré , ce n’est pas le gouvernement actuel qui l’a créée , c’est juste une longue dérive.

            +4

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          • Narm // 22.05.2020 à 14h14

            le système anglais est comme le ferroviaire anglais, renseignez vous
            la tatcherisation y est pour quelque chose, tatcherisation que macron est en train d’appliquer
            renseignez vous comment le système anglais est pauvre et ne soigne que les riches
            On france, nous avons aujourd’hui, non seulement les preuves que le système est biaisé et que la priorité n’est plus de soigner

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          • LibEgaFra // 22.05.2020 à 17h25

            C’est faux bien entendu puisque les assurances privées ont pris la main suite à la tatchérisation de l’économie avec un système de santé à deux vitesse.

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  • Santerre // 22.05.2020 à 08h34

    Cet article est encore en dessous de la vérité et sert quelque part de contre feu.
    Il parle de CHOIX devant l’urgence face à l’affluence dans les services médicaux.
    C’EST FAUX !!!!
    La réalité, pressentie depuis un moment et confirmée par le Canard Enchaîné dans le silence total des médias est que le gouvernement a choisi A PRIORI de sacrifier les vieux des EHpad et ce refus d’hospitalisation a eu lieu PARTOUT en France, y compris dans les 18 régions qui n’ont jamais été surchargée. On a sciemment sacrifiés des citoyens français juste au cas où, pour laisser préventivement des lits disponibles.
    Il s’agit d’un massacre ( 10 000 morts on peut parler de massacre) délibéré, totalement constitutif d’un crime contre l’humanité. Au TPI les fautifs.

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    • Anouchka // 22.05.2020 à 15h45

      La France n’est pas seule dans ce cas. Une connaissance moscovite, 75ans, ancien apparatchik et très fortuné nous a confié récemment qu’un médecin de ses amis lui avait donné le conseil suivant : « si tu penses que tu as le Covid, n’en parle à personne, surtout ne va pas à l’hôpital ; vu ton âge et ton état de santé (il est pourtant mince et semble en bonne forme), pour toi ce sera « poubelle « «. Je reproduit ici ses propos.

      L’affaire du rivotril en France en dit long sur l’état d’esprit des pouvoirs publics par rapport à la partie non productive de sa population.

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      • Arnaca // 24.05.2020 à 05h00

        Dans un entretien publié par la revue Science, le virologue Peter Piot, rescapé du COVID a déclaré avoir lu un article scientifique concluant que « si vous finissez dans un hôpital britannique avec un COVID-19, vos chances de mourir sont de 30% ».
        https://www.sciencemag.org/news/2020/05/finally-virus-got-me-scientist-who-fought-ebola-and-hiv-reflects-facing-death-covid-19
        Le taux de survie des patients intubés et ventilés ne dépasse guère 40 – 50%, à Moscou comme à New York ou ailleurs. En cas de pénurie, les comités d’éthique édictent des critères d’éligibilité pour les soins intensifs. L’âge y pèse lourdement.
        Les vraies questions sont en amont.

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    • Luzul // 23.05.2020 à 22h38

      D’accord avec vous, on peut parler d’euthanasie d’état. Je constate que la plupart des commentateurs ici présents préfèrent parler budget. Edifiant…

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  • gi // 22.05.2020 à 10h32

    Quand on nous annonce 10000 morts en Ehpad, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que ces personnes n’ont pas eu accès à l’hôpital. Sinon la plupart seraient mortes à l’hôpital. Mais nul besoin de crise du coronavirus. J’habite à la campagne et tout le monde sait qu’il faut rajeunir nos parents de plusieurs décennies si on veut que le SAMU interviennent. Les pompiers d’ailleurs interviennent sans problème avec un camion citerne pour une suspicion d’AVC. Et je crains malheureusement que la crise du Covid n’y change rien. On ajoutera quelques éléments de langage!!!

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    • Patrick // 22.05.2020 à 11h53

      Du côté de chez moi , il y a un Centre Hospitalier Gériatrique , il est classé en EHPAD ou en hôpital ? parce qu’ils ont eu 55 morts , ça va dans quelles statistiques ?

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  • catherine // 22.05.2020 à 14h36

    Des chiffres qui en disent long :

    https://data.oecd.org/fr/healtheqt/lits-d-hopitaux.htm

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  • Julien // 22.05.2020 à 17h03

    Laissez crever les vieux ne date pas du coronavirus et dommage qu’il eut fallut un spectacle médiatique grandeur nature et international pour que les gens prennent conscience de ça. le vieux en Ehpad n’a jamais été prioritaire ne serait qu’aux urgences. J’ai vu des vieux patienter 4 ou 5h avant d’être pris en charge. J’en ai vu revenir dans un état après une hospitalisation bien pire qu’à leur départ… bref rien de neuf. Et c’est pas près de changer malheureusement. Par contre si le vieux est le père de la DRH de l’hosto, t’inquiète on envoi un hélico et la garde nationale ! …..

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  • Bientôt 78 ans // 23.05.2020 à 19h53

    Débâcle systémique et âgisme, c’est ÇA. — « Faut pas s’en faire, c’est rien qu’des vieux…». Entre la bour$€ et la vie, sans état d’âme, le choix alla à la bour$€.

    A quoi bon en parler trop tard, misérables courtisans du Pouvoir?!!!

    Quel régime exemplaire de liberté, égalité et tralala…! Nous devons vite exporter tout ça partout dans le monde.

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