Les Crises Les Crises
10.octobre.201810.10.2018 // Les Crises

Le retournement du monde, « l’organisation de coopération de Shanghai ». Par Robert Charvin

Merci 167
J'envoie
  1. Source : Robert Charvin, 09-07-2018

Les temps sont difficiles. Le petit monde occidental, qui a encore l’arrogance du temps de sa splendeur, a un parfum de décadence et de redites historiques, illustrées par les néofascismes qui fleurissent en Europe et tentent de revenir en Amérique du Sud. Les interrogations à son propos ne manquent pas…

Par exemple, où sont donc passés les Droits de l’Homme dont on nous abreuvait lorsqu’il s’agissait de donner des leçons aux régimes qui déplaisaient ? Ils se dégradent dans les vieilles « démocraties » qui se replient pour se légitimer encore sur les seules élections, sur lesquelles les pouvoirs établis ont prises grâce à l’argent et à leurs médias. Ils ont totalement disparu à propos des migrants et des demandeurs d’asile : le discours sur les droits de l’homme, accordant la priorité absolue à l’Humanitaire, se révèle vide depuis qu’il apparaît trop « coûteux » aux sociétés dites « chrétiennes » et « libérales », devenues sourdes à l’appel du Pape François lui-même et indifférentes à la légalité internationale ! La diversion que représentent dans les esprits le racisme, la xénophobie et la peur des différences permettant l’occultation des luttes sociales mérite que nos « élites » tournent la page (d’autant que les États-Unis de Trump ne montrent plus l’exemple).

La vieille loi des contradictions (inévitables) d’intérêts entre les économies capitalistes (États-Unis – Europe, par exemple), longtemps dissimulées au sein de l’Union Européenne, font apparaître que les tricheurs au pouvoir essaient de jouer sur la « libre » concurrence toujours faussée, sur la déréglementation au nom des « équilibres » financiers creusant surtout les inégalités sociales, sur une croissance sans développement social et humain.

Les crimes de guerre de l’armée israélienne, relevant d’une politique coloniale détruisant le peuple palestinien et la solution politique des « Deux États », sont supportés par les Occidentaux manifestant une complaisance pour Tel Aviv qu’ils ne pratiquent vis-à-vis de personne d’autre, si ce n’est pour la Turquie islamo-fasciste, pilier de l’OTAN ou pour l’Arabie Saoudite, une de nos tire-lire préférées, dont on applaudit avec enthousiasme l’apparition des permis de conduire féminins !

On peut aussi ironiser sur la subite perplexité des politiciens européens vis-à-vis de la question coréenne : les États-Unis et Séoul répondent enfin aux revendications de Pyong Yang (toujours soumis à embargo) qui ont presque 70 ans ! Visiblement, nombreux sont ceux qui préfèrent la tension à la détente et à l’ouverture de perspectives pour le peuple coréen !

Mériterait aussi une polémique la petite musique anti-russe à l’occasion de la Coupe du Monde « trop bien » organisée !

Le silence médiatique sur les massacres au Yémen (le compte des victimes est bloqué à 10.000 depuis des mois), et le bruit fait sur le Nicaragua ou le Venezuela, tandis que les États-Unis, la France et Israël bombardent périodiquement le territoire syrien pour essayer de se faire une place dans le futur règlement politique !

Mais, plutôt que de s’intéresser, une fois de plus, à la médiocratie affairiste occidentale, on peut souligner qu’un Nouveau Monde se prépare sans les Occidentaux, qui à son propos se taisent. Les maîtres provisoires du monde semblent « oublier » que les vaincus de l’Histoire ne sont pas toujours les mêmes. Ces « vainqueurs » peuvent devenir « derniers de cordée » parce qu’il est peut-être plus tard qu’ils ne le croient !

Ce Nouveau Monde, composé d’États asiatiques, de la Russie et de la Chine, a beaucoup de chemin à parcourir pour réaliser les avancées sociales qu’il a programmées, mais il marche, à la différence d’un Occident en pleine régression dans tous les domaines et qui défend, y compris par les armes, un désordre établi pluri-séculaire. En quelques mots, pour s’intéresser à l’avenir, observons « l’Organisation de Coopération de Shanghai », qui tente de réaliser un « retournement du monde ».

L’O.C.S (Organisation de Coopération de Shanghai) a succédé au « Groupe (informel) de Shanghai », qui de 1996 à 2001 réunissait les chefs d’États d’Asie centrale, de la Russie et de la Chine, pour répondre aux bouleversements déstabilisateurs (notamment frontaliers) consécutifs à la disparition de l’URSS.

L’Organisation, née en 2001, vise à développer la coopération entre les États membres, mais en excluant toute intégration et toute ingérence, à la différence majeure de l’Union Européenne (voir, par exemple, le cas de la Grèce). C’est le principe fondamental de la Charte des Nations Unies, l’égale souveraineté des États, qui garantit au sein de l’OCS l’indépendance de chacun des « petits » États dans leur relation avec les grandes puissances qui s’y trouvent : les décisions sont prises par consensus. Les États fondateurs de l’OCS sont la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, dont les potentiels économiques et le poids politique sont évidemment différents.

En 2017, ont rejoint l’OCS, l’Inde et le Pakistan. Certains autres États ont la qualité d’ « Observateurs » : la Mongolie (depuis 2004), l’Iran (depuis 2005), l’Afghanistan (à partir de 2012) et la Biélorussie (depuis 2015) (1).

L’OCS, organisation inter-étatique, possède une structure légère : aux côtés des Sommets (chefs d’États, chefs de gouvernements), qui ont lieu chaque année, l’organisation dispose d’un Secrétariat, organe exécutif, dont le siège est à Pékin et du « RATS », structure antiterroriste, fonctionnant depuis 2004, basé à Tachkent en Ouzbékistan. On peut citer aussi l’Association interbancaire de l’OCS et son rôle de financement de projets communs. De nombreux accords bilatéraux complètent la Charte de l’OCS.

L’OCS, que les médias occidentaux ignorent, représente néanmoins près de 50% de la population mondiale (soit près de 3 milliards d’individus) et plus de 20% du PIB mondial (2), ce qui ne les empêche pas d’oser dire, à certaines occasions, que la Russie, par exemple, est isolée au sein de la « communauté » internationale et peut-être asphyxiée par les sanctions que l’Occident lui impose !

Les économies des États membres regroupent 20% des ressources mondiales de pétrole, 38% du gaz naturel (3), 40% du charbon et 30% de l’uranium, ce qui leur donne des moyens énergétiques sans rivaux. Seules les dépenses militaires sont inférieures à celles de l’OTAN : l’OCS leur consacre 364 milliards de dollars contre 606 milliards pour les seuls États-Unis (chiffre de 2016), ce qui limite la dangerosité dont sont parfois accusées la Russie et la Chine !

L’OCS travaille au renforcement du bon voisinage entre les États membres, à la sécurité de la zone (manœuvres militaires communes, lutte contre le terrorisme – qui n’est pas le monopole des Occidentaux (4), lutte contre les trafics de drogue et autres).

Elle facilite dans tous les domaines la coopération, particulièrement entre la Chine et la Russie, et œuvre aussi à la création d’un nouvel ordre politique et économique que celui résultant de l’hégémonisme occidental. C’est ainsi que l’OCS réclame la fermeture des bases militaires américaines dans la région et travaille à unifier l’approche de la situation militaire. L’OCS n’est donc pas une alliance militaire : aucune procédure n’y est contraignante et il n’y a pas l’équivalent de l’article 5 de la Charte de l’OTAN créant une obligation d’agir dans le cas où un allié est attaqué. Elle n’a pas pour objectif de contrer l’Occident, alors que l’OTAN a depuis l’origine une politique de « containment » du communisme puis de tous ceux qualifiés « adversaires » des États-Unis ! L’un des objectifs essentiels est cependant de constituer un pôle de puissance dans le cadre d’une société internationale multipolaire équilibrée dans un monde où l’unilatéralisme messianique des États-Unis représente un danger pour la paix et la sécurité.

L’OCS constitue ainsi l’embryon du recentrage de l’économie-monde autour de l’Asie pouvant succéder à moyen terme à des siècles d’hégémonisme euraméricain.

Bien évidemment des contradictions, sources de divergences se manifestent au sein de l’OCS. Certains sont pour l’essentiel maîtrisées, comme les différends frontaliers qui affectent traditionnellement la région. Depuis l’Accord de Minsk en 1992, puis d’Almaty en 1998, les États d’Asie centrale se sont mis d’accord sur une politique frontalière commune avec la Chine, afin de sécuriser, en particulier, la frontière chinoise du Xinjiang (5).

Cette province relevant de la souveraineté chinoise (depuis 1884), comme la Tchétchènie en Russie, ont été l’objet d’opérations islamistes, parfois de grande envergure, durant la même période où l’Occident a été victime du terrorisme. L’OCS a joué et joue encore un rôle déterminant dans le combat commun de tous les États membres contre ce terrorisme islamiste qui a parfois pour « couverture » un nationalisme séparatiste (c’est le cas des Ouïgours en Chine). Mais pour le long terme, l’OCS s’engage sur la voie décisive d’un développement économique mutualisé, y compris entre des États d’orientation socio-économique et politique très différentes comme la Chine, l’Inde, la Russie et le Pakistan. Cette concentration des efforts n’exclut en rien la recherche de relations économiques avec les pays occidentaux, c’est le cas, par exemple, de la Russie qui propose une coopération énergétique (proposition du Ministre Lavrov dès 2006).

Les relations sino-russes sont complexes étant donné les inégalités de potentialités et les profondes différences civilisationnelles.

Dans le domaine de la paix internationale, l’OCS a obtenu, par exemple, au nom du respect de la souveraineté nationale, la fermeture en 2005 de la base américaine de Karshi-Khanabad en Ouzbékistan, instrument de la stratégie de Washington (doctrine du « pivot vers l’Asie » de 2011) visant à « contenir » l’influence croissance de la Chine dans la région (6) et au Kirghizistan celle de Manas en 2014, ainsi que la réduction des forces militaires dans les différentes régions frontalières. Mais elle ne peut que connaître des difficultés par l’appartenance à l’OCS de l’Inde et du Pakistan (en conflit par exemple sur le Baloutchistan) et de l’attraction de l’Inde vers les États-Unis par hostilité à la Chine.

Ce sont toutefois les critiques « occidentalistes » contre l’OCS (7), fondées sur les seuls modèle existant actuellement dans le monde euraméricain, qui permettent d’approcher au mieux la réalité de ce Nouveau Monde en Marche.

L’un des documents le plus spécifique est celui publié par l’IFRI en 2006, qualifiant l’OCS de « coup de bluff » ! L’auteur énumère tout ce que toute organisation internationale connaît et qui n’a rien de spécifique à l’OCS : il accuse cette organisation de bavardage sans conséquence à propos de ses « Déclarations », tout en la dénonçant comme une sorte de « protectorat économique de la Chine », de nature « bureaucratique », tout en soulignant que « bon nombre d’observateurs sont sceptiques ». De plus, la « Chine serait isolée au sein de l’OCS », alors qu’elle viserait à instrumentaliser l’organisation pour « s’imposer comme un pôle de puissance mondiale » (ce qui semble selon l’auteur parfaitement illégitime), car cette « non démocratie » cherche à établir une « sorte d’hégémonie douce ». Quant à la Russie, elle considérerait la Chine comme « à terme une rivale stratégique ». L’OCS ne serait pour les Russes qu’un « instrument géopolitique provisoire prolongeant la doctrine Primakov » anti-occidentale.

Les pauvres Américains ont dû renoncer à « actionner le mécanisme de la révolution de velours » (bel aveu!), au Kazakhstan notamment, et à établir un cordon sanitaire entre la Chine et le reste de l’Asie centrale.

La nécessité qui s’impose est l’intervention de l’Union Européenne, actuellement absente de la région, pour « démocratiser » la région « par une sorte de réplique des accords de Lomé ou d’Euroméd » (sic) !

L’OCS serait un « piège économique » n’apportant aucun « dividende réel » aux membres autres que la Chine et la Russie.

Ce serait aussi une prison politique, puisqu’au Xinjiang, où 45% de la population est musulmane, l’islamisme radical ne peut plus s’épanouir à la différence de ce qui s’est passé en Afghanistan, en Irak, en Syrie ou en Libye, grâce aux complaisances conjuguées des États-Unis, de la France, de la Grande Bretagne, de la Turquie, du Qatar et de l’Arabie Saoudite (8) !

En bref, à la différence de l’Union Européenne, l’OCS serait « loin d’être un modèle » concluent les brillants observateurs occidentaux en 2018 ! Dans le cadre de la pathologie occidentale la plus répandue, « l’occidentalocentrisme, le « respect de la souveraineté est peu compatible avec le concept de coopération internationale » qui « ne peut avoir lieu qu’entre des démocratie libérales »9.

A l’évidence, la pensée occidentale devient le Tiers-Monde de l’Esprit.

 

Notes :

1) Certains États participent aux réunions : le Sri Lanka, la Turquie, le Cambodge, l’Azerbaïdjan, l’Arménie et le Népal. Sont aussi invités le Turkménistan et l’ASEAN. Les États-Unis et le Japon ont eu la prétention de rejoindre l’OCS qui a refusé leur adhésion.

2)Les échanges commerciaux se sont multipliés par 7 entre 2001 et 2017. Les pays de l’OCS, y compris les États observateurs, cumulent un PIB très proche de celui de l’Union Européenne et des États-Unis (37.200 milliards de dollars contre 40.000 milliards, selon le FMI).

3)Avec la Russie et l’Iran, l’OCS possède 55% des ressources mondiales de gaz.

4)On note que la propagande occidentale assimile dans cette partie du monde l’antiterrorisme à une lutte contre la volonté de certaines minorités à s’autodéterminer (problème des Islamistes tchétchènes ou ouïgours).

5)Cette région autonome, où sont réalisés par Pékin de très lourds investissements, possède des ressources naturelles particulièrement importantes.

6)Les États-Unis et l’Europe n’apprécient pas le grand projet de la Nouvelle Route de la Soie (« Une ceinture, une Route ») , vaste réseau de transports reliant les pays du Sud-Est asiatique au Moyen Orient, à l’Afrique jusqu’à l’Europe ! Plus de 60 pays ont accepté de participer à son financement

7) Elles ne sont pas très nombreuses en Europe qui ignore les réalités qui ne sont pas les siennes. Voir, cependant, Mourat Laumouline de l’IFRI, « l’OCS vue d’Astana : un « coup de bluff » géopolitique ? ». In Russie. Nei.Visions, n° 12. 2006. Cf. P. Chabal (dir.). L’OCS et la construction de la Nouvelle Asie. Peter Lang. 2016. Ou, par exemple, la note d’actualité de novembre 2017 du Centre Français de Recherche sur le Renseignement de J. Descarpentrie. « L’OCS : une alliance sécuritaire et économique en devenir »

8)Les citations sont extraites de « l’étude » précitée de L’IFRI (2006).

Source : Investig’Action, Robert Charvin, 09-07-2018

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Fritz // 10.10.2018 à 06h51

Pour ces pays en régression qui se prennent pour la “communauté internationale”, la formule de Robert Charvin paraît bien trouvée : “le petit monde occidental”. Et ce petit monde est divisé contre lui-même… loin du triomphalisme qu’il affichait durant la guerre du Kosovo. Oui, la roue tourne. La fin de l’Histoire, c’est terminé.

Quant au “Tiers-Monde de l’esprit”, j’ai un peu tiqué, avant de me rappeler cette remarque de Stanko Cerovic pendant les bombardements de l’OTAN : pour la première fois, les critiques en provenance du Tiers-Monde, le vrai, lui semblaient réalistes et pondérés, alors que l’Occident délirait tout en lâchant ses bombes. On peut citer entre autres l’analyse du ministre indien Dixit : désormais, chaque pays devait craindre pour sa souveraineté. C’était en 1999, avant la formation de l’OCS.

Au passage, ça fait du bien de voir la photo d’une réunion internationale avec le texte en chinois et en russe, et pas un mot en ingliche.

23 réactions et commentaires

  • Barbe // 10.10.2018 à 06h31

    Oui nous sommes en pleine régression. Je l avais clairement ressentie se mettre en place sous narko. Quelque chose comme une absence d exemplarité du personnel politique. Mais l absence de honte ne produit pas encore l autorité.

      +13

    Alerter
  • Fritz // 10.10.2018 à 06h51

    Pour ces pays en régression qui se prennent pour la “communauté internationale”, la formule de Robert Charvin paraît bien trouvée : “le petit monde occidental”. Et ce petit monde est divisé contre lui-même… loin du triomphalisme qu’il affichait durant la guerre du Kosovo. Oui, la roue tourne. La fin de l’Histoire, c’est terminé.

    Quant au “Tiers-Monde de l’esprit”, j’ai un peu tiqué, avant de me rappeler cette remarque de Stanko Cerovic pendant les bombardements de l’OTAN : pour la première fois, les critiques en provenance du Tiers-Monde, le vrai, lui semblaient réalistes et pondérés, alors que l’Occident délirait tout en lâchant ses bombes. On peut citer entre autres l’analyse du ministre indien Dixit : désormais, chaque pays devait craindre pour sa souveraineté. C’était en 1999, avant la formation de l’OCS.

    Au passage, ça fait du bien de voir la photo d’une réunion internationale avec le texte en chinois et en russe, et pas un mot en ingliche.

      +27

    Alerter
  • Nerouiev // 10.10.2018 à 07h23

    L’OCS n’a rien d’extraordinaire si ce n’est une simple normalité humaine qui se met en place face à un Occident qui se rétrécit. Un Occident qui est mené par un groupe trop petit et trop homogène et qui ne voit plus que lui-même au travers de sa bible journalistique qui l’encense. Un Occident qui s’accroche à ses anciennes valeurs et qui oublie de les entretenir.

      +10

    Alerter
  • Pierre D // 10.10.2018 à 07h46

    La France du temps de sa souveraineté (longtemps avant que son Jupiter ne joue à chat-bite avec l’Américain-d’abord) la France aurait eu un doigt de pied dans l’OCS… c’était avant l’OTAN.

      +11

    Alerter
  • LBSSO // 10.10.2018 à 08h19

    Etre petit mais malin.

    On peut être surpris par la présence de l’Inde (dont les motifs de conflits avec la Chine sont nombreux) au sein de l’OCS .
    Il faut y voir une manœuvre de la Russie.
    En effet, le poids de la Chine peut à terme marginaliser la Russie.L’entrée de l’Inde en 2017 , permet un rééquilibrage.D’autant plus , qu’elle a été simultanée à celle du Pakistan.
    Ainsi, la Russie qui peut craindre de perdre en Asie centrale son influence au profit de la Chine , joue la carte d’une part de la coopération militaire et économique avec l’Inde et d’autre part intègre habilement le Pakistan pour régler la question afghane importante pour cette région.
    Par sa capacité à stabiliser cette région, la Russie préserve son influence ,indispensable à la Chine et à sa ” route de la soie “.

    Cela s’appelle la Diplomatie ,comme au temps où la France savait la pratiquer.

      +23

    Alerter
  • Kiwixar // 10.10.2018 à 08h30

    “Les États-Unis et le Japon ont eu la prétention de rejoindre l’OCS qui a refusé leur adhésion”

    L’OCS va finir par englober l’intégralité des pays du monde à l’exception de l’Otanie. Une sorte d’ONU épurée et servant à quelque chose. Et avec un siège en Asie et non à NY. Avoir comme membres à la fois l’Inde et le Pakistan est un sacré tour de force. D’un côté business, coopération et prospérité (OCS et ses ressources énergétiques), de l’autre la démocratie à grands coup de “frappes” (Otanie à la fin de ses derniers pshits d’hydrocarbures). Choisis ton camp, camarade.

    Les dernières recommendations d’investissement/patrimoines de Charles Gave sont éloquentes : moitié obligations chinoises, moitié actions Asie. En fait, ce qu’il faudrait à l’Otanie, c’est une bonne petite guerre en plein milieu de l’Asie de l’est (Corée), histoire de ne pas devenir… “irrelevant”.

      +8

    Alerter
  • Duracuir // 10.10.2018 à 09h13

    Hier, la mode, c’était les BRICS. Houlalala, les BRICS, attention, ils vont régir le monde financier, ne faire qu’une bouchée de l’impérialisme occidental. On va voir ce qu’on va voir. On a vu. Déclenchement d’un coup d’état judiciaire(nouvelle mode made in USA, la France aussi a eu le sien en 2017 pour éviter le candidat favorable à un rapprochement avec la Russie) au Brésil et aujourd”hui, on vote démocratiquement pour y réinstaller la dictature militaire pro-US. Le Venezuela? Harrassé par une guerre sans fin contre le pot de fer. L’Inde? séduite par l’oncle Sam pour contenir l’ogre Chinois.
    Qui parle encore des BRICS aujourd’hui? Raisonnablement.
    Alors attention, aujourd’hui, OCS c’est haaaaachement balaise, vous allez voir, ils ne vont faire qu’une bouchée de l’Oncle Sam et de ses vassaux. Haaa la la.
    La Russie, le jour où Poutine passe la main, c’est fini. Comme quand de Gaulle a passé la main à Pompidou. En plus sa population est trop riquiqui par rapport au territoire. La Chine? elle le sait, elle aimerait bien récupérer la Sibérie, les “stans” et elle sait qu’elle n’a aucune croissance interne pérenne. Les USA ferment le robinet? Elle est finie. L’Inde, on a déjà vu. Les Stans? Allez, une petite révolution de couleur par ci par là et y a plus rien. Il suffit que les USA maintiennent la pression sans aller jusqu’à la guerre, la vraie, et ils gagneront.
    Désolé.
    Seule l’Allemagne alliée à la France entrant à l’OCS en ferait vraiment quelque chose d’inquiétant pour Uncle Sam. Mais le France…. l’Allemagne… allez, soyez sympa, arrêtez de rire.

      +3

    Alerter
    • Chris // 10.10.2018 à 11h33

      La Russie, le jour où Poutine passe la main, c’est fini. Comme quand de Gaulle a passé la main à Pompidou.
      En effet, c’est le risque principal de l’OCS… et de la Russie, sauf qu’il y a eu la décennie Yeltsine où les Russes ont bouffé de la vache enragée à satiété : des souvenirs qui ne s’effacent pas d’un coup de baguette magique. La “rusticité” russe plaide également pour un rebond salvateur : la population remastérisée par le religieux (orthodoxe, islamique ou bouddhiste) a une colonne vertébrale contrairement à l’Europe de l’Ouest encoconnée depuis des décennies dans le vide éthique socialo-laïque : l’apathie générale en témoigne.
      Le XXI siècle sera russo-oriento-asiatique ou ne sera pas.
      L’Amérique latine risque de rester captive des USA encore longtemps handicapée par son passé colon, situation qu’elle partage avec son tortionnaire…
      Quant à l’Europe et bien elle restera égale au mythe grec : une connasse qu’on se refile, toute reine qu’elle soit !

        +8

      Alerter
  • Nerouiev // 10.10.2018 à 11h43

    Vous riez jaune ?

      +2

    Alerter
  • redge // 10.10.2018 à 12h38

    “La fin de l’Histoire, c’est terminé.” non c’est le début d’une autre histoire. Voyons les choses en positif car il nous faudra beaucoup de courage, à nous les occidentaux, pour créer quelque chose de cohérent et pertinent pour la grande majorité de la population.

      +3

    Alerter
  • christian gedeon // 10.10.2018 à 13h11

    Très amusant…donc les républiques asiatiques de l’ex empire russe,l’Inde,le pakistan,la Chine et la Russie…et selon l’auteur, c’est le retournement du monde. Sérieux?!Il pense vraiment que ce sont ces gens qui vont dédollariser le monde et créer une nouvelle ère de coprospérité?! Bon,commençons. La Chine,à tout seigneur tout honneur. nouveau géant,compétiteur des US,et selon beaucoup la puissance dominante du XXI ème siècle. Mazette. Qui vient tellement elle sûre d’elle même et de ses institutions de faire disparaître le directeur d’ Interpol d’un coup de baguette magique et qui n’arrive même pas à régler un conflit interne mineur celui des Ouïghours. Impressionnant. är ordre démographique,L’Inde. Ah,l’Inde de Modi. la gloire du racisme et des castes,des confins du Bangladesh à ceux du Pakistan ,de belles guerres en perspectives,civiles,internes et dégueulasses,et des centaines de cadavres ramassés tous les matins dans les rues de Bombay(le nom est européen en fait,Bonne Baie) ou de Delhi? Le Pakistan,dis donc,pays solide,en paix et en pleine expansion,pas islamiste pour un sou…je rigole je rigole. Pas d’autres commentaires. Les républiques turco mongoles asiatiques…le pied démocratique total, pas fournisseuses pour un sou de jihadistes de tous poils,avec un développement industriel hors normes,proche de zéro,en fait. Et pour la bonne bouche la Russie. Là ,j’ai du mal,parce que j’aime les russes, la Russie,l’immense culture russe et même Poutine,tiens.Mais un PIB inférieur à celui de nos cousins italiens. Pardonnez,mais vous pensez vraiment que cette alliance des carpes et des lapins va “retourner “le monde? Sérieux? sans rire!

      +1

    Alerter
    • PIB // 10.10.2018 à 15h20

      Carpes et lapins comme le Deutschland et l’Italie et la Gréce et etc…avec cette différence que l’OCS n’a pas de commissaires politiques placés par les maitres(les banques US) pour leur dire ce qu’il faut faire et les forcer à mettre en commun des choses qui ne peuvent l’être(monnaie, armée…), donc l’union € péréclitera alors que l’OCS perdurera. Quand au PIB… entre bidonage des chiffres et déconnexion de la réalité du pays et PIB, sans rire, il y en a pour prendre encore “ça” comme un indicateur valable? Allez un effort, créez une “entreprise” de prostitution en ligne, que le PIB augmente un peu….

        +8

      Alerter
      • christian gedeon // 12.10.2018 à 12h14

        Vous dites sérieusement que l’OCS n’ pas de commissaires “politiques”? sans rire?issue comme elle est de pays dont la culture du “commissaire politique ” fait pratiquement partie de l’ADN? Vous vous enflammez exactement comme pour le BRICS. Ou devrais je dire pour le défunt BRICS?

          +0

        Alerter
  • MFC // 10.10.2018 à 13h26

    Merci pour ce regard qui permet de sortir des interprétations clichés portées et répercutées par l’Occident et un modèle qui s’est construit sur l’asservissement des autres peuples et le pillage de leur territoire. Oui a un monde qui pourrait évoluer vers une harmonisation des Diversités et quitter un monolithisme idéologique et économique.

      +4

    Alerter
  • christian gedeon // 10.10.2018 à 14h14

    j’ai vraiment envie de dire,çà suffit avec “l’occident “…objet de toutes les critiques et de tous les mépris. Si “l’occident ” était tellement horrible,pourquoi tant de monde cherche t il à y aller,en Occident. A tous ces contempteurs,je dirais que moi,je viens d’Orient et pas de sa plus mauvaise partie,du Liban.Et je remercie tous les jours le ciel de vivre dans ce sale occident,objet de toutes les ires. moi,l’occident en général,et la France ma tendre mère comme on dit au Liban,je les aime. Et la France plus que tout au monde. cette France villipendée,insultée,moquée,j’ai pour elle les yeux de Chimène pour Rodrigue…vous n’en avez pas marre d’insulter le pays qui vous donne tout,y compris le droit de critiquer et de proposer? Faites le au moins avec respect et amour. merde alors!!!

      +4

    Alerter
    • Fritz // 10.10.2018 à 18h41

      Calmez-vous. Notre pays, et le vôtre, c’est la France.
      Et ce que nous appelons Occident, c’est cette superstructure idéologique, étrangère et aliénante, qui abîme nos pays depuis trente ans.
      Personnellement, je n’ai rien contre le soleil couchant.

      Quant à votre ironie sur l’OCS, elle montre plus de myopie grincheuse que de clairvoyance. Rares sont ceux qui avaient prédit le réveil de l’Eurasie, Dans les années 1980, on exaltait plutôt le dynamisme des “dragons” de la périphérie occidentalisée de l’Asie (Japon, Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong).

        +12

      Alerter
      • christian gedeon // 10.10.2018 à 19h14

        Ah parce que l’Eurasie se réveille? c’est une première nouvelle. Sincèrement pouvez me donner un exemple patent de ce” réveil”? j’ai beau chercher je ne trouve pas. Et appellez cette structure autrement que “l’Occident ” si vous ne voulez pas être mal compris.

          +0

        Alerter
        • Fritz // 10.10.2018 à 19h34

          Un exemple patent ? Bon…
          – la première place de la Chine populaire aux JO de Pékin
          – la première place du même pays dans l’économie mondiale
          – le retour de la Russie depuis l’an 2000
          – le programme spatial chinois
          – le programme spatial indien
          – la bombe atomique indienne
          – la bombe atomique pakistanaise

          Jetez un coup d’œil sur les sites des journaux indiens, par exemple, et vous constaterez la vitalité d’un grand pays où tout n’est pas idyllique, mais qui vient de loin, de très loin quand on se rappelle sa misère il y a quelques décennies.

          Maintenant, si vous préférez les exploits de la famille Hariri…

            +11

          Alerter
          • christian gedeon // 12.10.2018 à 12h20

            Oh Fritz! pas vous pas çà…les bombes sont donc un signe de réveil. OK. mais elles datent déjà de quelques dizaines d’années,n’est ce pas? les programmes spatiaux? Certes,certes. ils sont là et bien là. mais un taïkonaute et un shivanaute(mdr!) ne font pas un printemps spatial,n’est ce pas? Le retour de la Russie est souhaitable et je le salue bien bas. Son économie reste inférieure à celle de l’Italie. Finissons par “la première puissance économique”. En êtes vous si sûr? Qui fournit les chiffres? peut être n’avez vous pas remarqué l’opposition irréductible entre Chine et Inde? Ou entre Inde et Pakistan?

              +0

            Alerter
            • Barbe // 12.10.2018 à 18h32

              La France est passée de 5 eme à 7 eme au rang des puissances en fonction de leur péhibè. Les choses changent mr Gédéon. Je doute que notre beau pays puisse contrarier ce déclin. Ah moins qu’il faille se convaincre que les rapports de force sont tjs les mêmes, et qu’on ne change pas une équipe fukus qui gagne.

                +0

              Alerter
  • Pollix // 10.10.2018 à 22h57

    Allez, un vent d’optimisme pour les 100 pays ayant rallié l’initiative OBOR chinoise, qui devrait permettre des corridors de développement que notre arrogant système financier ne supporte pas de lui voir s’échapper…
    http://www.institutschiller.org/Les-Nouvelles-Routes-de-la-soie-pont-terrestre-mondial.html

      +3

    Alerter
  • max // 11.10.2018 à 09h59

    J’ai le sentiment que le terme de BRICS regroupe l’antipode d’intérêts par rapport a l’Occident (je ne parle pas de valeurs).
    L’Occident étant le PGCM (plus grand commun dénominateur) et les BRICS le PPCM (plus petit commun multiple) à l’exception de la Russie et de la Chine qui ont des intérêts communs importants, le reste c’est plus une volonté politique de la Russie, cimenté par les liens commerciaux avec la Chine.
    Sur le rabougrissement continu des USA, je fais plutôt confiance aux dirigeants des USA, ils font un superbe travail, ils n’ont pas besoin d’ennemis pour faire le job.
    Pour s’en convaincre il suffit de contempler la situation interne (des USA), deux factions antagonistes s’affrontent, la victoire de l’une se fera sur le cadavre de l’autre.

      +2

    Alerter
    • max // 11.10.2018 à 10h46

      Je voulais dire PGCD Plus Grand Diviseur Commun

        +2

      Alerter
  • Afficher tous les commentaires

Les commentaires sont fermés.

Et recevez nos publications