Les Crises Les Crises
7.octobre.20187.10.2018 // Les Crises

Trump réduit à zéro la valeur de l’UE en tant qu’alliée. Par Alastair Crooke

Merci 60
J'envoie

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 23-07-2018

Peut-être ne lisons-nous pas correctement les choses. Un nombre non négligeable de commentaires ont suggéré que le président Trump avait l’intention de rétablir à Helsinki la division triangulaire de Kissinger entre les États-Unis, la Russie et la Chine. Et il y a de bonnes raisons de faire une telle hypothèse. Lors d’une conférence de presse en 2015, M. Trump a lui-même adopté la position de Kissinger, à savoir que les États-Unis devraient toujours essayer de maintenir la division entre la Russie et la Chine, et ne jamais les laisser s’allier contre les États-Unis) :

« …L’une des pires choses qui puisse arriver à notre pays, c’est que la Russie soit repoussée vers la Chine. Nous les avons poussés dans cette voie ensemble – avec les grandes transactions pétrolières qui sont en train d’être conclues. Nous les avons poussés à agir ensemble. C’est une chose terrible pour ce pays. Nous les avons rendus amis à cause d’un leadership incompétent. Je crois que je m’entendrais très bien avec Poutine, d’accord ? Et, je veux dire, là où nous [les États-Unis]sommes en position de force. Je ne pense pas que les sanctions soient nécessaires. Je pense qu’on s’entendrait très, très bien. »

Cela a beaucoup de sens, mais peut-être qu’à Helsinki Trump faisait quelque chose d’un peu moins stratégique et de plus terre à terre – quelque chose de plus conforme à sa philosophie de Art of the Deal [L’art de la négociation, NdT].

Au fil des décennies, nous avons développé un modèle mental assez précis de la manière dont « les présidents sont censés se comporter et de la manière dont le processus politique est censé se dérouler. De toute évidence, Trump ne correspond pas à leur modèle », écrit Jim Rickards. « [GW] Bush et Obama étaient totalement axés sur le processus. On pouvait voir les événements venir à des kilomètres de là alors qu’ils se frayaient un chemin à travers les processus délibératifs de l’aile Ouest [L’aile Ouest est le nom du bâtiment abritant les bureaux du président des États-Unis, NdT] et du Capitole [Capitol Hill désigne le Congrès des États-Unis, NdT] ». « Avec Trump », poursuit Rickards, « il y a un processus, mais il n’est pas conforme à un calendrier ou à un modèle existant. Trump semble être le seul participant au processus la plupart du temps. Personne d’autre à Washington ne pense comme ça. Les initiés de Washington essaient d’éviter la confrontation, d’éviter l’escalade, de faire des compromis dès le début et de s’adapter à tout processus politique ».

« Voici le processus de Trump :

  • Identifier un objectif important (réductions d’impôts, équilibre commercial, mur, etc.).
  • Identifier le levier dont vous disposez par rapport à toute personne se mettant en travers de votre chemin (élections, droits de douane, emplois, etc.).
  • Annoncer une menace extrême utilisant votre levier contre votre adversaire.
  • Si l’adversaire recule, atténuer la menace, déclarer la victoire et rentrer chez soi victorieux.
  • Si l’adversaire riposte, doublez la mise. Si Trump déclare des droits de douane sur 50 milliards de dollars de marchandises en provenance de Chine et que la Chine riposte avec des droits de douane sur 50 milliards de dollars de marchandises en provenance des États-Unis, Trump double droits la mise avec des droits de douane sur 100 milliards de marchandises, etc. Trump continuera d’augmenter jusqu’à ce qu’il gagne. »

Finalement, le processus d’escalade peut mener à des négociations avec au moins un sentiment de victoire pour Trump (Corée du Nord) – même si la victoire est plus apparente que réelle.

Donc, si nous redéfinissons la réunion d’Helsinki à travers la lentille de l’Art de la négociation, qu’obtenons-nous ? Étant donné que les divergences de vues entre la Russie et les États-Unis sont si importantes et que le terrain d’entente est si petit, il y a très peu de chances de parvenir à un « accord stratégique mondial ». En fait, le président Trump n’a pas grand-chose à offrir à la Russie : l’allègement des sanctions ne fait pas partie de ses cadeaux (elles sont entre les griffes du Congrès), et il ne pourrait pas – à ce stade – abandonner l’Ukraine, même si Trump comprend que les États-Unis et l’Europe ont agit à “l’aveuglette” avec le coup d’État de Maidan à Kiev.

« Et ainsi », comme l’écrit le chroniqueur russe Rostislav Ishchenko (en russe, traduction ici) : « Nous avons une situation où les deux parties, même avant les négociations, savaient qu’elles ne seraient pas en mesure de parvenir à un accord, et elles ne s’y sont même pas préparées (il n’était pas prévu de signer quoi que ce soit après les résultats des négociations). En même temps, les deux parties avaient besoin que l’événement soit un succès ». Ishchenko continue : « Il est évident que Trump a fait un chantage à l’Union européenne avec un éventuel accord avec la Russie. Mais Poutine doit aussi montrer à l’Europe qu’il y a d’autres options en dehors d’eux ».

« La position de l’Europe est claire. Ce n’est pas un hasard si Trump, tout en énumérant les ennemis des États-Unis (l’UE, la Chine et la Russie), a clairement indiqué qu’il considère la Russie comme un problème moindre [que l’UE], car il n’y a pratiquement pas d’incompatibilité économiques (“Nord Stream-2” ne compte pas). Ce n’est pas la Chine, avec laquelle les États-Unis ont la balance commerciale la plus négative, mais l’UE, que Trump a assez bien définie comme le principal concurrent commercial, qui reçoit des avantages économiques injustifiés des accords politiques avec les États-Unis, et qui est le principal “ennemi” des États-Unis.

« Ainsi, Trump] résout ses contradictions militaro-politiques avec la Russie, [et par conséquent] réduit à zéro la valeur de l’UE en tant qu’alliée pour Washington, … L’Europe était habituée (et espérait continuer à le faire valoir) à son rôle de tremplin pour la lutte contre la Russie comme argument [primordial] censé empêcher Trump de faire le dernier pas (séparation complète d’avec l’UE).

Ces derniers jours, Merkel, après le sommet de l’OTAN, a commencé à dire littéralement… [que l’hostilité de Trump envers l’Europe était injustifiée], car l’Europe se bat contre la Russie pour les intérêts des USA.

« Pour l’UE, il était crucial que cet argument continue à fonctionner. Sinon, Washington aurait en effet un plus grand terrain d’entente avec Moscou qu’avec Bruxelles. Et l’Europe n’est pas prête pour une confrontation brutale avec les États-Unis. S’étant reposée sur ses lauriers [c’est-à-dire sur sa conviction qu’elle représentait, en quelque sorte, un “haut lieu de moralité et de valeurs”]. L’Europe n’était pas engagée (à la différence, par exemple, de la Chine), dans la diversification des liens économiques et apparaissait comme fortement dépendante de l’accès au marché américain.

« Sans avoir pris le risque de devancer Trump sur la question d’une normalisation des relations avec la Russie, les dirigeants de l’UE craignaient fatalement que Trump et Poutine, malgré toutes les difficultés, fassent l’impossible et parviennent à un accord, d’autant que ces deux personnes se sont avérées prêtes à prendre instantanément des décisions qui changeraient le destin du monde.

« La position adoptée par l’UE a également accru la valeur du sommet pour la Russie. Moscou peut attendre que Washington soit prêt pour la réconciliation. Mais, tenant compte de l’intention évidente de l’Europe de manœuvrer entre la Russie et les États-Unis, en essayant de préserver la configuration géopolitique qui lui est profitable, mais qui ne convient ni à Trump ni à Poutine, la Russie avait aussi intérêt à montrer au monde entier le succès du sommet et ses bonnes perspectives pour la conclusion d’accords définitifs et étendus. »

Bref, Trump utilisait Helsinki pour tirer parti d’une « menace extrême contre son adversaire » (l’Europe), en vidant la « carte » européenne de son « utilité » pour l’Amérique par sa lutte constante contre la Russie. En effet, le récent communiqué final de l’OTAN se lit presque précisément comme une mise en accusation légale de la Russie et de son comportement.

Trump et Poutine ont pris tous deux un gros risque politique en mettant en scène cette « fin de la Guerre froide – un coup de théâtre ». Trump a déclenché une incroyable hystérie dans certaines régions des États-Unis, provoquant de nombreux éditoriaux du Washington Post allant jusqu’à qualifier les paroles de Trump (lors de la conférence de presse) d’« apostasie » et de « cancer parmi nous ». (L’apostasie est le langage utilisé par les djihadistes violents contre les non-croyants.)

La haine latente à l’égard de la Russie s’est révélée sans équivoque. Cette animosité ne sera pas une surprise pour Poutine – toutefois les extrémités de langage atteintes par les élites à l’encontre de Trump feront prendre conscience aux Russes de ce qu’ils risquent – que pourrait-il se passer si Trump était démis de ses fonctions ?

Que présage un tel langage ? Les racines de la Russophobie américaine sont profondes. Cela commence par la participation des militants trotskystes américains à la révolution bolchevique trotskiste initiale sur le terrain – d’ailleurs largement financée et orchestrée par Wall Street. Non seulement les banquiers new-yorkais ont fourni de l’argent, mais ils ont également facilité un passage en toute sécurité vers la Russie de révolutionnaires tels que Trotski et autres. Le meurtre ultime par Staline des tueurs trotskistes dans les années 1930 (et bien d’autres) est à l’origine du discours sur la « brutalité » russe qui circule toujours aux États-Unis (même si certains ont oublié ses origines). Les purges de Staline n’ont jamais été pardonnées par certains cercles aux États-Unis.

Bien sûr, ce qui déplaît le plus en Amérique, et parmi les élites libérales européennes, c’est l’évidente concession d’égalité morale de Poutine avec l’Amérique, et avec ses capacités de renseignement. L’Amérique croit qu’elle a GAGNÉ – elle a gagné la Guerre froide sur le plan culturel et en termes de systèmes de gouvernement et d’économie. Cet orgueil de la « fin de l’histoire » a fait disparaître – dans cet état d’extase – la nécessité de traiter la Russie autrement que comme un « peuple vaincu » sur le plan psychologique (ce qu’elle n’était pas).

La colère des dirigeants occidentaux découle en fin de compte du refus de la Russie d’acquiescer à un « sentiment de défaite » mérité (selon eux) : Poutine a refusé de fondre la Russie dans un ordre mondial dirigé par les Américains, préférant que la Russie reste en quelque sorte « russe », à sa propre manière culturelle russe.

Quelles en sont les implications pour l’Europe ? Pour l’Europe, c’est une catastrophe. Cela signifie que le dialogue entre les États-Unis et Poutine se poursuivra. Vers où se tourner pour l’UE – à Washington ou à Moscou ? Rester fidèle à un vieux suzerain ou essayer de s’en remettre à un nouveau, avant que les autres n’arrivent les premiers ?

De plus, contrairement à la Russie, l’Europe ne peut pas attendre. En rencontrant Poutine, Trump a fait sortir les États-Unis du zugzwang [obligation de faire avancer un pion aux échecs alors que l’on préférerait passer, NdT], après avoir donné à l’Union européenne le droit de faire la même chose, ce qui risque seulement de compliquer la politique européenne – au-delà de ses défis actuels.

Et pour Trump ? Les « personnes bien informées » disent qu’il sera inculpé, ou destitué, après les élections de mi-mandat. J’en doute fort. Malgré tous les propos de John Brennan sur les « crimes et délits graves » (le langage juridique précis de la destitution), il n’y a pas de crime. S’il y en a, les crimes en soi peuvent provenir d’un tout autre domaine. Et Trump survivra probablement à l’hystérie actuelle.

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 23-07-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Fritz // 07.10.2018 à 07h13

Alastair Crooke écrit : « L’Amérique croit qu’elle a GAGNÉ – elle a gagné la Guerre froide sur le plan culturel et en termes de systèmes de gouvernement et d’économie. Cet orgueil de la “fin de l’histoire” a fait disparaître – dans cet état d’extase – la nécessité de traiter la Russie autrement que comme un “peuple vaincu” ».

On mesure là toute la nocivité du mensonge néoconservateur : Reagan a épuisé l’URSS avec son Initiative de Défense stratégique, l’Amérique a pris sa revanche du Vietnam en saignant l’URSS en Afghanistan, toute cette vulgate répandue depuis les années 1990.

J’insiste : en France, nous devons cesser de copier cette mentalité américaine en parlant de “guerre froide” pour la période 1947-1991. Car dans les années 60, 70 et 80, on parlait chez nous de la guerre froide AU PASSÉ, comme d’un épisode de quelques années situé autour de 1950. Ensuite ? C’était la Détente (1963-1979), puis la “guerre fraîche” ou “deuxième guerre froide” (1980-1985). Certes, la confrontation entre les Deux Grands se poursuivait, mais sait-on qu’à l’époque de Pompidou la France craignait un “condominium” USA-URSS ?

Perspective écrasée, histoire simplifiée, passé recomposé. Nous avons adopté l’usage américain sans discussion, et sans faire attention. Notre alignement historiographique a accompagné notre réalignement diplomatique et militaire, la rentrée de la France dans l’OTAN.

14 réactions et commentaires

  • Boubanka46 // 07.10.2018 à 06h32

    L’apostasie: Abandon volontaire et public d’une religion, en particulier de la foi chrétienne
    https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/apostasie/4591
    L’apostasie n’est pas liée au djihad, guerre sainte musulmane qui tient une grande place dans le coran.

      +5

    Alerter
    • sempervivens // 07.10.2018 à 09h11

      La Russophobie, ou plus exactement la haine des Russes, est-elle une religion?

        +7

      Alerter
  • Fritz // 07.10.2018 à 07h13

    Alastair Crooke écrit : « L’Amérique croit qu’elle a GAGNÉ – elle a gagné la Guerre froide sur le plan culturel et en termes de systèmes de gouvernement et d’économie. Cet orgueil de la “fin de l’histoire” a fait disparaître – dans cet état d’extase – la nécessité de traiter la Russie autrement que comme un “peuple vaincu” ».

    On mesure là toute la nocivité du mensonge néoconservateur : Reagan a épuisé l’URSS avec son Initiative de Défense stratégique, l’Amérique a pris sa revanche du Vietnam en saignant l’URSS en Afghanistan, toute cette vulgate répandue depuis les années 1990.

    J’insiste : en France, nous devons cesser de copier cette mentalité américaine en parlant de “guerre froide” pour la période 1947-1991. Car dans les années 60, 70 et 80, on parlait chez nous de la guerre froide AU PASSÉ, comme d’un épisode de quelques années situé autour de 1950. Ensuite ? C’était la Détente (1963-1979), puis la “guerre fraîche” ou “deuxième guerre froide” (1980-1985). Certes, la confrontation entre les Deux Grands se poursuivait, mais sait-on qu’à l’époque de Pompidou la France craignait un “condominium” USA-URSS ?

    Perspective écrasée, histoire simplifiée, passé recomposé. Nous avons adopté l’usage américain sans discussion, et sans faire attention. Notre alignement historiographique a accompagné notre réalignement diplomatique et militaire, la rentrée de la France dans l’OTAN.

      +26

    Alerter
  • zx8118 // 07.10.2018 à 07h35

    “Trump réduit à zéro la valeur de l’UE…”
    En même temps c’est pas une si grande réduction.
    Plus sérieusement je me demande à quel point la russophobie des médias américains prend dans la population.

      +8

    Alerter
    • bluetonga // 07.10.2018 à 14h01

      Et bien, pour répondre à votre question, du moins en ce qui concerne les USA, deux sondages Gallup très récents :

      Au mois de juillet, moins de 1% des Américains sondés estiment que la “Situation avec la Russie” est un problème important.
      https://www.theepochtimes.com/poll-less-than-one-percent-of-americans-believe-russia-to-be-a-top-problem_2596554.html

      Au mois d’août, une autre enquête montre que 75% des Américains pensent que les Russes ont interféré avec les élections, et 39 % de ce groupe estime que ça a changé (inversé) le résultat des élections (donc au total 30% des sondés). En revanche, 58% des sondés estiment qu’il faut privilégier une amélioration des relations bilatérales, contre 36 % qui estiment que les USA doivent prendre des mesures de rétorsion fermes sur le plan diplomatique ou économique.
      https://news.gallup.com/poll/241124/favor-diplomacy-sanctions-russia.aspx

      Compte-tenu de l’immense énergie déployée par les MSM pour cravacher le canasson de la russophobie, on peut dire que le résultat est un peu décevant.

        +8

      Alerter
      • zx8118 // 07.10.2018 à 22h41

        Merci. C’est relativement rassurant.

          +0

        Alerter
  • Quentin // 07.10.2018 à 12h07

    Trump réduit à zéro la valeur de l’UE en tant *que vassal

      +2

    Alerter
  • calal // 07.10.2018 à 14h16

    Cet article suppose comme beaucoup d’autres avant lui que trump est maitre chez lui,que tout ce qui est dit par un americain est la volonte de trump.Or il y a de fortes chances que ce soit inexact,que trump fait face a de nombreux ennemis groupes de pression a l’interieur de son camp et des usa.

    Et l’ue,comme Macron fait partie du camp neocons anti trump.Enfin l’ue,disons la technostruture bruxelloise.

    Mais Trump est en train de prendre le dessus,avec l’appui d’une partie des citoyens americains et des entrepreneurs us “non chercheurs de rente”. Car la rente,si elle a permis aux elites occidentales au pouvoir de s’y maintenir sans avoir a lutter contre une concurrence interne (innovation), a egalement conduit l’occident a perdre son leadership moral,militaire,scientifique et economique face a la chine et aux russes.

    Tous les “rentiers” occidentaux vont devoir se remettre au boulot et ca va faire tout drole a beaucoup…

      +2

    Alerter
  • weilan // 07.10.2018 à 14h18

    Trump fait ceci; Trump dit cela; Trump pousse Moscou dans les bras de Péking (et vice-versa), Trump Trump Trump…

    Et l’UE dans tout cela ? A part se lamenter, gémir en tordant son mouchoir, pétrifiée dans sa vassalité et si frileuse de toute réactivité et d’initiatives. En l’état, l’UE me fait penser à une larve aveugle et obèse, gigotant faiblement au fond de son trou. Ce n’est vraiment pas demain que cette larve se muera en un quelconque papillon !

      +8

    Alerter
  • Louis Robert // 07.10.2018 à 16h08

    Devant Trump incarnant l’Empire, l’UE a perdu toute dignité et tout respect.

    Rares sont les brutes qui respectent ceux que, se moquant, elles mènent par la main… La Bête ne fait pas exception.

      +4

    Alerter
  • Christiane // 07.10.2018 à 16h16

    [modéré]
    Vis-à-vis des Etats-Unis, l’Europe doit retrouver son indépendance politique, économique, stratégique. Pour commencer elle doit impérativement se débarrasser de l’OTAN comme de Gaulle l’avait fait pour la France avant que Sarkozy, inféodé aux USA, retourne la France au commandement militaire de l’OTAN. Cela indique à quel point les présidents ont trahi notre pays. Avec Macron, le même scénario continue. Tant que la France ne se débarrassera pas de cette idéologie gauchiste appelée mondialisme, elle s’enfoncera irrémédiablement dans le gouffre. Notre salut ne viendra pas de l’oligarchie inféodée au système; il viendra d’une personnalité forte qui donnera un coup de pied décisif dans cette gabégie qui est entrain de détruire la France; d’une personnalité dont le courage ne fera pas craindre les opposants de ‘l’élite’ car il sera soutenu par la grande majorité du peuple.

      +2

    Alerter
  • Louis Robert // 07.10.2018 à 19h44

    « Une personnalité forte”?

    *

    La médiocrité de la gouvernance occidentale par les courtisans de l’Empire (Trump, May, Macron, etc.) ne le permet pas. Ni cohérence, ni stratégie, ni plan… Prisonniers de leur discours respectif, ils multiplient les échecs sans pouvoir s’arrêter et tout le monde s’en rend compte. 

    Dmitry Orlov…

    “GR: Are you seeing a manifestation of your long-standing thesis about collapse, collapse of Empire?

    DO: Well, I think that basically the West, the collective West, has run up against Russia as a sort of immovable object that is completely indigestible, unprocessable for it. And coinciding with that is just a catastrophic decrease in the quality of Western leadership. Whether you look at Trump, whether you look at Theresa May, or Emmanuel Macron, or just about all of this recent crop of European leaders, with few exceptions, they’re all just absolutely incapable of being even coherent, never mind formulating some strategy or plans. They’re failing, and everybody sees that they’re failing, and they can’t stop themselves. They just go on with whatever narrative they’ve concocted.”

    http://cluborlov.blogspot.com/2018/10/interview-on-global-research.html

      +4

    Alerter
  • clauzip12 // 07.10.2018 à 23h02

    Je perçois,je le craignais l’insignifiance de L’UE dans le concert international.
    L’UE a été crée pour être un marché intérieur avec des règles financieres communes.
    Ce marché s’est constitué en décevant les citoyens qui attendaient ce qu’on leur a fait miroiter pour accepter les traités europeens.
    Maintenant ,la finance qui a bénéficié trouve toujours trop de règles et ,vise la destruction des États pour l’application intégrale du néolibéralisme.Sur ce point,l’Allemagne sera l’os majeur à digérer.
    La constitution allemande ne permet absolument pas ce qu’un novice comme Macron fait à la France,braderie définitive du pays au marché.Pour exemple,l’Allemagne a refusé la privatisation des réservoirs hydroélectriques,la France se prépare sérieusement à la privatisation(ALSTOM pour mémoire…).Il faut donner aux multinationales et entreprises des moyens pour la recherche(les actions des entreprises françaises flambent depuis plusieurs années et les salaires stagnent ou augmentent moins que l’inflation),il faut soutenir les produits petroliers,la presse…
    Non, l’UE sans unité n’a qu’un trait d’union ,l’OTAN!c’est dire comment ce machin de De Gaulle développe sa souveraineté,où le centre politique et administratif à pour voisin immédiat l’état major de l’OTAN,joujou des américains.
    Pour espérer sa souveraineté et considération l’UE devrait reprendre sa construction sur des bases européennes et non américaines et financières.
    Une action rapide est indispensable pour contre balancer l’action de Macron.
    La France n’a plus de souveraineté , n’existera plus que dans les livres d’histoire et L’UE est en cours d’implosion .
    Le peuple européen n’a jamais existé et n’existera jamais.
    La Russie est une chance à ne pas rater pour L’Europe,nous devons fonctionner avec comme point d’appui majeur,quoi qu’ pensent les ricains qui ,eux ,en ont conscience.

      +0

    Alerter
  • mianne // 08.10.2018 à 10h31

    ” Notre alignement historiographique a accompagné notre réalignement diplomatique et militaire, la rentrée de la France dans l’OTAN.”
    Il y a comme un os : la France n’est pas rentrée dans l’OTAN dont De Gaulle l’ avait sortie, car en 2005, les Français ont répondu NON par referendum au traité de Maastricht relooké “traité de Lisbonne” de L’Union Européenne, traité rédigé sous influence américaine, dont l’un des articles est de faire partie de l’OTAN . Nous avons refusé par referendum tous les articles de ce traité. Nous avons donc refusé par referendum de faire partie de l’OTAN . Depuis la présidence de De Gaulle, le peuple français est toujours resté en dehors de l’OTAN et c’est une trahison totalement antidémocratique et illégale de la part de nos gouvernants, qui se révèlent être en général des “young leaders” formatés par les Etats-Unis, de faire comme si c’était le “oui” qui l’avait emporté au referendum .

      +2

    Alerter
  • Afficher tous les commentaires

Les commentaires sont fermés.

Et recevez nos publications