Une vision mainstream assez critique, par Bertrand Badie professeur à Sciences Po

Source : The Conversation, 12-12-2016

Une vue sur Alep, le 9 décembre 2016. George Ourfalian/AFP

Une vue sur Alep, le 9 décembre 2016. George Ourfalian/AFP

Humainement, les souffrances de la population d’Alep couvrent toute autre considération. Politiquement, la déroute occidentale fait l’événement tant elle est accablante. Les vieilles puissances étaient jadis tour à tour les gendarmes, les administrateurs et les arbitres d’une région où, dès 1919, elles se considéraient chez elles.

Elles se retrouvent aujourd’hui au rang de spectateurs impuissants, badauds diplomatiques d’une des crises les plus aiguës de la scène internationale d’après-guerre. Pire encore, incapables d’agir, elles sont en partie les responsables plus ou moins conscientes du drame. Réunions au Quai d’Orsay, missions parlementaires, bons sentiments rhétoriques : tout est bon pour servir de cache-misère. Mais la débâcle est là : il va falloir la gérer…

Extrême naïveté diplomatique

Peut-être convient-il d’abord de la comprendre. Convenir que le point de départ était absurde : brandir, la main sur le cœur, qu’on ne parlerait plus jamais au dictateur incriminé. Bonne ou mauvaise sur le plan éthique, la posture relevait de l’extrême naïveté diplomatique. Elle rendait impossible toute négociation, puisqu’elle l’excluait par avance et qu’elle brandissait le résultat avant même que ne commence le débat.

Assortie de la certitude que Bachar al-Assad ne tiendrait que quelques semaines, elle devenait l’otage d’un pari risqué digne de turfistes ou de pelousards d’occasion. Le choix était même irréaliste dès lors qu’on savait que les armées occidentales ne conduiraient aucune coalition capable d’épauler une insurrection dont on ne s’assurait ni de l’identité ni des soutiens régionaux. Il devenait carrément arrogant dès lors qu’il était perçu, à tort ou à raison, comme le prolongement d’une diplomatie « transformationnelle », c’est-à-dire visant à guider les changements de régime là où on le décide.

Cette diplomatie a échoué partout tout en faisant pourtant la réputation de l’Occident : elle s’est effondrée en Afghanistan, en Irak, en Libye ; elle s’est révélée meurtrière et source de problèmes nouveaux sans cesse plus graves. Pire encore, elle a éveillé le soupçon d’un grand nombre pour s’imposer comme une aubaine chez les plus cyniques. Les islamistes radicaux s’en sont nourris avec abondance, les puissances émergentes au souverainisme sourcilleux s’en sont inquiétées jusqu’à s’éloigner de la diplomatie de l’ancien monde tandis que la Russie de Poutine y a trouvé les choux gras de sa nouvelle diplomatie : se protéger d’un interventionnisme qu’elle n’avait pas vu venir en Libye et se présenter comme la garante des pouvoirs établis, là où tant de régimes autoritaires tremblent pour leur survie.

Régime de substitution

L’équation est pourtant simple : intervenir chez l’autre pour réchauffer un pouvoir chancelant est possible, parfois gratifiant à court terme. S’immiscer pour imposer un autre pouvoir n’aboutit jamais : aucun fourgon étranger n’est assez grand pour y transporter un régime de substitution. Les puissances occidentales ont pu sauver des dictateurs, au Gabon, en République démocratique du Congo, au Tchad et ailleurs : elles ont été moins heureuses lorsqu’il s’agissait de mettre en place des formules de substitution.

Les populations civiles fuient les combats à Alep, le 12 décembre 2016. George Ourfalian/AFP

Les populations civiles fuient les combats à Alep, le 12 décembre 2016. George Ourfalian/AFP

Moscou ou Téhéran avaient trop besoin de démontrer à l’Occident que celui-ci perdait la main en la matière pour faciliter une transition politique douce en Syrie. Ils ont trop besoin de démontrer que la diplomatie occidentale a définitivement perdu cette prétention d’antan pour se prêter à une concertation ouverte sur l’évolution du régime de Damas.

L’avenir n’est réjouissant en fait pour personne. Renforcée par son succès militaire, la coalition russo-irano-assadienne n’a pas fini le travail, tant s’en faut. Quelques heures après que François Hollande se fut réjoui des « reculs » de Daech, celui-ci avançait victorieusement vers Palmyre, tandis que la bataille de Mossoul semble s’enliser. Les actions menées vers Raqqa sont le fait d’une coalition « arabo-kurde » qui risque de provoquer l’ire d’Ankara et mettre la Russie face à des soutiens occidentaux ambigus.

Les révoltes qui arrangent

Devant de telles incertitudes, les handicaps l’emportent sur les atouts. Le jeu occidental est terriblement pauvre. Les puissances qui l’orchestrent n’ont pas d’alliés dans la région, face à une Turquie incontrôlable et une Arabie saoudite des plus complexe. Elles n’ont plus de leviers, tant la méfiance des uns et l’incrédulité des autres viennent à les affaiblir. Appuyant certaines dictatures et choisissant les révoltes qui les arrangent, elles ne savent pas construire une diplomatie réellement en prise avec les réalités sociales régionales ; piégées par leurs échecs, elles ont du mal à atteindre les tables de négociation, à l’exception des États-Unis que la Russie recycle partiellement pour lui servir de faire-valoir…

La Russie, quant à elle, a mangé son pain blanc : elle a pu montrer sa force, ce dont elle rêvait pour revenir dans le jeu. Il lui faut maintenant montrer que cette force est convertible en capacité politique. Mais il ne suffit plus de faire d’Assad un nouvel Husak ou un Gomulka d’après 1956. Ce temps est terminé et cette résistance des dynamiques sociales risque bel et bien de faire le jeu du troisième larron incarné par les entrepreneurs islamistes les plus radicaux. « Voilà pourquoi votre fille est muette » et comment les impasses des uns font le bonheur des autres : il serait temps d’y penser…

Source : The Conversation, 12-12-2016

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33 réponses à Les impasses occidentales en Syrie, par Bertrand Badie

Commentaires recommandés

Pic et Puce Le 05 janvier 2017 à 03h22

Pourquoi chercher à excuser ou à minimiser la responsabilité des élites occidentales dans les crimes commis en Syrie et/ou ailleurs ? Nous sommes gouvernés par des criminels un point c’est tout !

  1. Pic et Puce Le 05 janvier 2017 à 03h22
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    Pourquoi chercher à excuser ou à minimiser la responsabilité des élites occidentales dans les crimes commis en Syrie et/ou ailleurs ? Nous sommes gouvernés par des criminels un point c’est tout !


    • TheGhoul Le 05 janvier 2017 à 18h14
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      C’est simplement la nouvelle façon de présenter l’histoire : les “démocraties” occidentales ont été victimes de leur naïveté généreuse et odieusement manipulées par les méchants (le reste du monde)…


  2. Pegaz Le 05 janvier 2017 à 03h46
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    Naïveté et faiblesse des uns et prétentions des autres est un raccourci ne prenant acte de la notion de préméditation et d’ingérence rappelée par Gabriel Galice lors de l’émission Infrarouge du 12 oct. 2016 sur la RTS.
    https://www.youtube.com/watch?v=PACdD_Jyd_w

    Compte tenu des antécédents afghans, irakiens et libyens, le défi devient énorme si l’objectif du plan B est l’instabilité, la division et les conflits de basse intensité !


  3. Louis Robert Le 05 janvier 2017 à 06h05
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    Soyons sérieux: l'”extrême naïveté diplomatique” n’existe pas dans l’Empire occidental.

    Il faut plutôt parler de subversion diabolique, de destruction et de ruine, par cet Empire, d’un pays après l’autre. Les millions de victimes et de réfugiés le prouvent à chaque jour. Comme l’ont montré Chomsky et Vltchek, c’est “l’Occident terroriste” et barbare à l’œuvre qui doit être remis en question.


    • Loxosceles Le 05 janvier 2017 à 07h38
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      En fait je pense que la naïveté et les mauvaises intentions font souvent bon ménage. L’une permet notamment de renforcer les secondes. Et si je ne crois pas un instant que les gens aux postes de décision croient à leurs bonnes intentions (lutte contre la tyrannie, etc.), je suis en revanche convaincu qu’ils trouvent des sous-fifres et des exécutants à qui vendre ces mensonges, et là, la naïveté (parfois forcée, sans doute) permet de se voiler la face utilement.

      L’une des questions majeures qui se pose est : comment confronter cette clique à ses crimes, lorsque c’est elle qui crée les lois et édicte les principes et l’opinion à son avantage ? Je ne crois pas qu’on les pendra comme un Saddam ou un Ceaucescu (puisque ceux-là ont surtout été punis par notre élite qui “lutte contre la tyrannie” tout en en exerçant une autre, d’une forme beaucoup plus pernicieuse).


  4. Christian gedeon Le 05 janvier 2017 à 06h45
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    Bof. La conclusion de cet article au demeurant mal structuré prouve bien à quel camp appartient son auteur. C est le discours dominant classique du vous verrez il y a encor pire que Daech si Assad reste au pouvoir etc….sans compter la soi disant “naïveté ” des occidentaux”! A jeter ! Très surpris d’ailleurs de le retrouver sur les Crises. Manque plus que l article de Nouriel Roubini de Project syndicate et on aura fait le tour des articles manipulateurs ” qui se veulent fins ” de la semaine!


    • Alfred Le 05 janvier 2017 à 08h19
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      Effectivement.
      Des le début de l’article les spectateurs impuissants avec quelques centaines de forces spéciales dans un pays qui ne leur demandait rien (au moins au Kurdistan syrien pour ce qui est prouvé, le reste Homs et Alep à voir)…. ça laisse rêveur. Quel mauvais film.


    • Dominique Le 05 janvier 2017 à 10h11
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      « Très surpris d’ailleurs de le retrouver sur les Crises. »

      Ta surprise vient du fait que tu t’imagines que « Les Crises » est un site de propagande (qui te convient).


      • christian gedeon Le 05 janvier 2017 à 12h05
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        En rien…désolé.Et les Crises ne me convient pas toujours et me “modère ” régulièrement.Entre autres,je n’adhère pas vraiment au côté anti Charlie répétitif,ni à l’obsession anti islamopohobe,et au Toddisme compulsif. A ce sujet,il s’est passé deux évènements gravissimes à mon sens cette semaine. Les propos complètement fous de Peillon sur les musulmans qui seraient traités comme les juifs pendant les années trente et pendant la guerre en France, le tout étant”justifié ” par une pseudo instrumentalisation de la laïcité. Et la sortie du livre coécrit par Bouzar avec un type dont je ne veux même pas citer le nom et qui fait la une de canards et démissions grand public…dans les eux cas de figure,on passe largement les bornes de l’acceptable et du décent. Ce serait bien que Olivier Berruyer nous donne son sentiment sur ces deux évènements.


  5. Henri Tanson Le 05 janvier 2017 à 08h19
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    Ce qui s’est passé en Syrie a démontré au monde entier que nous vivions dans un énorme mensonge créé par les politiques, par la “Communauté internationale” et entretenu par la quasi totalité des médias…. On avait commencé à le comprendre après la guerre illégale en Iraq; puis après celle en Libye, mais la Syrie a ouvert les yeux de ceux qui avaient encore des doutes.
    En fait, le monde se partagerait en deux : d’un côté, des menteurs invétérés, et de l’autre…?
    Se peut-il que de l’autre côté, il n’y ait que vérité, valeurs, honnêteté, respect du droit international ?
    Ce serait trop simple.
    Mais quoi qu’il y ait en face, ça semble moins pire…!!!
    Merci à l’Occident, à l’OTAN et aux USA : c’est ce que doivent se dire les opposants à l’impérialisme américain à travers le monde, comme les Pays des BRICS.
    Ils ne pouvaient rien espérer de meilleur !!!
    Merci qui ? Merci O-BA-MAAAAAA……
    ➚ ➘ MA


  6. lon Le 05 janvier 2017 à 08h19
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    La Russie et l’Iran n’avaient pas besoin de ” démontrer ” quoi que ce soit à l’Occident , ni la Russie de faire étalage de sa force ” pour revenir dans le jeu ” , ça c’est de l’analyse d’universitaire pour conférences à la Chambre de Commerce . Ils avaient surtout besoin de défendre leurs intérêts et de mettre un frein à une tendance qui avait culminé avec l’affaire libyenne .

    Un coup d’oeil sur le site original de l’article et ses financements suffit à situer le personnage .


  7. DUGUESCLIN Le 05 janvier 2017 à 08h34
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    Une remarque concernant l’utilisation des formules habituelles, comme “la Russie de Poutine”. Cette simple formule est suffisante pour souligner la persistance d’une vision manichéenne tendancieuse et d’un aveuglement persistant. La vraie formule serait de dire le “Poutine de la Russie” qui répond à l’attente d’une énorme majorité de son peuple. En effet la Russie est souverainisme et légaliste et s’oppose à la globalisation occidentaliste, elle est la principale puissance libre en Europe.
    L’européisme et l’otan sont les moyens utilisés pour dominer l’Europe, ils sont, dans la pratique, des usurpateurs et, de ce fait, nos ennemis.
    Ce n’est pas “le rêve de la Russie de revenir dans le jeu international” dont il faut discuter, mais du rêve de plus en plus d’européens de revenir à un monde multipolaire respectueux de la souveraineté des peuples. Il n’y a rien à convertir en réalité politique puisqu’elle l’est déjà. Cette réalité ne pourra être niée indéfiniment à coup de périphrases.


  8. Raoul Le 05 janvier 2017 à 10h25
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    Il manque quelque chose dans cet article : les raisons qui ont poussé les pays occidentaux à agir en Syrie. Et, là, tout change.

    En effet, foin de la prétendue naïveté d’un Occident qui échouerait, en quelque sorte malgré ses bonnes intentions, à éliminer un dictateur. L’agression de la Syrie est le résultat d’un plan ayant plusieurs objectifs : renforcer sa mainmise sur les ressources pétrolières et gazières, éliminer un dirigeant devenu gênant car trop indépendant et allié de la Russie, détruire un pays dérangeant pour Israël et qui est un des principaux soutiens du Hezbollah, etc.

    Dès qu’on a remis les choses un peu plus en place, on comprend que l’Occident n’a pas échoué par naïveté. Il a été défait par ses adversaires.

    Et il n’est pas en partie responsable comme il est dit au début d’article. Il l’est en quasi totalité. Et peut-être est-il inconscient de ses propres turpitudes. Puisque, somme toute, il s’agissait de combattre un dictateur pour libérer un peuple, n’est-ce pas ?


  9. juliettedesesprits Le 05 janvier 2017 à 10h33
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    Je voudrai citer Michel Raimbaud dans son livre “Tempête sur le Grand Moyen Orient” qui résume bien la situation sur le pseudo naïveté des peuples occidentaux.
    “La réalisation du politicide passe par l ingérence et l’ingerence par le truchement d une conjuration médiatique et ou politique . Depuis longtemps , on le constate le Bloc Atlantique ne recule devant aucun massacre lorsqu’il s’agit de ses intérêts , mais il met un point d ‘honneur à les justifier: la distance est telle entre les valeurs auxquelles il se réfère ou les principes dont il se réclame et les exactions ou les turpitudes qu il inscrit à son palmarès qu il lui faut trouver à chaque occasion une motivation présentable pour les autres ( victimes comprises)mais surtout pour lui même. Car sa bonne conscience ne saurait être malmenée.


  10. juliettedesesprits Le 05 janvier 2017 à 10h43
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    Suite…
    “Pourquoi se lasser a inventer sans cesse de nouvelles explications embarrassées? Après tant d expériences, la version officielle, qui a marché et marche encore auprès des opinions occidentales et des millions de gens dont l’imperium atlantisme a colonisé les cerveaux, est tout à fait au point; on massacre et on bombarde, mais c est pour la bonne cause et le bonheur des populations écrasées par des régimes barbares et sanguinaires. Toujours le fardeau civilisateur! L’ennui c’est que l’Histoire, trop souvent répétée et à des intervalles de plus en plus rapprochés, à un drôle de goût de réchauffé et d’avarie”’….


    • Loxosceles Le 05 janvier 2017 à 15h15
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      Bien d’accord. L’excuse de naïveté, tout comme le prétexte progressiste/humaniste/civilisateur, font partie de la narrative que le système s’invente pour conserver bonne conscience, et pour se justifier à soi-même comme à son peuple, ses infamies. Il n’empêche que l’élite a besoin de cet argument de naïveté pour s’épargner cette mauvaise conscience. Et puisque c’est tout ce qu’on a, on va en bouffer encore.

      BHL est suprêmement représentatif de ce fonctionnement.


  11. bluerider Le 05 janvier 2017 à 10h48
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    il faudra revenir sur le nombre exact de victimes en Syrie, et sur les auteurs de chaque exécution ou meurtre ou dégât collatéral de civil non impliqué. Je ne crois pas une seule seconde aux chiffres annoncés. En février 82, la répression à HAMA a fait 3000 morts, dont les 1000 baasistes égorgés pendant 15 jours en place publique par des Frères Musulmans, selon la DIA (pdf en ligne, Mai 1982). Les journaux avaient dit… 40 000, puis 20 000, puis 15 000, et TF1 continuait d’encenser le gouvernement syrien. La répression était un mal nécessaire et Hafeez un président progressiste par rapport aux autres autour… (la vidéo INA est introuvable). Sur les 300 000 morts, 100 000 sont des civils. Dont la moitié au moins (?) assassinés par la “rebellion” très “tendre” avec les civils comme ils témoignent tous…. Sur les 50 000 restants, combien étaient des soutiens ? Combien d’exagération médiatique ? Combien d’erreuirs de comptage ? Nous nageons en pleine propagande, c’est le seul constat honnête à cette heure !
    .
    http://www.alger-republicain.com/IMG/article_PDF/La-r-volte-de-Hama-de-1982-une-r-p_a2204.pdf


  12. Dahool Le 05 janvier 2017 à 11h12
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    Bonjour

    Bien content de remarquer que les lecteurs de “les crises” ne tombent pas dans le panneau de l’excuse d’incompétence, de naïveté ou de négligence de nos chères élites dirigeantes.
    Fadaises !

    L’occident est le principal responsable des malheurs de notre monde et c’est une volonté, pas un hasard.
    Pourquoi ?
    Il est contesté et ne le permet pas, c’est lui ou le chaos.
    C’est triste mais ça se comprend, qui accepterait de perdre le pouvoir absolu ?

    Dans un monde qui s’équilibre, il va falloir accepter de partager le gâteau. Les peuples ne sont pas contents parce qu’ils remarquent que nous sommes trop nombreux à vouloir se partager l’unique cerise.


  13. Spiridon Le 05 janvier 2017 à 13h11
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    Non, les renversements de régime de l’extérieur arrivent à leurs fins, souvent: Panama, Argentine, Chili de Allende/Pinochet, Congo de Lumumba/Mobutu, Guinée, l’Afghanistan laïque de Nadjibullah et surtout l’opération Ajax qui déposera Mossadegh en Iran pour y mettre le Shah Pahlavi, etc.. jusqu’à récemment le sud Soudan créé de toutes pièces par les Etats-Unis via l’USAID, le Kosovo du criminel Thaçi ou même la Côte d’Ivoire de Ouattara.
    Les marionnettes pullullent, et je ne compte pas celle qui sont achetées sans bruit. Leur destin évolue certes, mais avec quand même de longues périodes de stabilité et de vassalité (28 ans pour le Shah d’Iran!).
    La “naïveté” française exprimée par Fabius n’était pas un pari de turfiste, mais une confiance dans des renseignements non maitrisés sur la réussite d’un coup d’état en préparation à l’intérieur du gouvernement Assad. Les Syriens étaient assez malins pour faire croire à la réalisabilité de ce coup. Si Chirac a refusé l’entrée en guerre d’Irak en 2003, c’est sur la foi des renseignements irréfutables contestant l'”intelligence” US. En 2013 Fabius n’avait plus cette qualité de renseignement.


  14. Victor LIBON Le 05 janvier 2017 à 15h42
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    “S’immiscer pour imposer un autre pouvoir n’aboutit jamais : aucun fourgon étranger n’est assez grand pour y transporter un régime de substitution.” (The Conversation)

    C’est pourtant exactement ce qui s’est passé en Europe occidentale depuis le “Plan Marshall”. Citons, en passant, cette première “révolution colorée” que fut Mai ’68.


  15. petitjean Le 05 janvier 2017 à 16h05
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    qu’enseigne-t-on à Sciences Po ?

    je plains les auditeurs !

    l’auteur de ces lignes n’a même pas l’honnêteté intellectuelle de dire quel est le plan mijoté par les USA pour remodeler le Moyen Orient avec circulation des tuyaux de gaz et de pétrole afin de complaire aux monarchies du golf et empêcher la Russie de fournir ces précieuses matières premières à l’Europe. Isoler la Russie est l’obsession des faucons de Washington suivis de ses vassaux européens

    Tout cela est bien connu et à même été révélé par des officiels US !

    Sciences Po une école de propagande comme beaucoup d’autres………..


  16. Lysbeth Levy Le 05 janvier 2017 à 16h09
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    Ou alors comment juger d’une fin “possible” de cette “agression” contre un pays la Syrie, qui a finalement “foiré” quand on pense aux buts des “bailleurs de fonds” a savoir la destruction de ce pays et son dépeçage en plusieurs entités…Avis de René Naba sur l’impasse et ces aboutissants : http://www.mondialisation.ca/lhecatombe-de-la-guerre-de-syrie-six-ans-apres-son-declenchement/5566114 Espérons que les Usa abdiqueront dans leur projet de “redécouper le grand moyen orient” pour enfin respecter “les peuples” et la Paix dans le monde..


  17. Roiwik Le 05 janvier 2017 à 17h48
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    C’est admirable de constater que comme toujours : un mensonge répété des centaines de fois devient une vérité , il y a quelques années nous avons eu droit à la révolution libyenne , ces dernières années à la révolution syrienne au nom de la démocratie bien sûr et demain quel est le prochain pays a déstabilisé et à détruire ? Avec le temps il est facile aujourd’hui de voir à qui profite
    ces crimes !


  18. Jean-Paul B. Le 05 janvier 2017 à 20h41
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    Analyse très décevante de M. Badie sur les raisons de la guerre en Syrie ou plutôt de la guerre menée contre la Syrie par l’Otan et ses supplétifs du Golfe. M. Badie oublie de nous dire que c’est parce que le gouvernement légal de la Syrie ne veut pas laisser passer leurs tuyaux de gaz et de pétrole sur son territoire car cela aurait pour effet de concurrencer la Russie, son alliée sûre, dans l’approvisionnement de l’Europe que la décision de renverser Assad a été prise et mise en oeuvre depuis 2011.
    “Instaurer la démocratie” n’est que le prétexte invoqué pour rendre présentable cette opération aux opinions publiques “occidentales” qui ont le coeur qui bat plus vite dès qu’elles entendent ces mots y compris dans la bouche de bellicistes.
    Tant qu’à instaurer la démocratie qu’ils commencent d’abord par leurs amis l’Arabie Saoudite et le Qatar.


  19. amer Le 05 janvier 2017 à 23h27
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    Loin de minimiser le rôle des médias occidentales et des pays du golfe et de l’Arabie Saoudite, il faut lire cet article pour comprendre comment la propagande étatique opère pour préparer l’opinion publique à la guerre :

    http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/01/goebbels-peut-aller-se-coucher.html


  20. Julie Le 05 janvier 2017 à 23h49
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    https://janoberg.exposure.co/humans-in-liberated-aleppo

    Photos récentes d Alep et très beau texte


    • Lysbeth Levy Le 06 janvier 2017 à 12h41
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      Dans cet article on parle des seuls humanitaires sur place : “Je regrette de vous dire que lorsque Alep a été libéré en totalité de ses occupants violents le 12 Décembre, les principales organisations humanitaires ne sont pas présents. Je ne vois pas aussi le 13 Décembre et 14 soit. Ceux que je voyais faire du travail humanitaire à Alep était le syrien Croissant – Rouge arabe volontaires, l’armée syrienne, les chirurgiens des hôpitaux de campagne russes, les Français étonnant Pierre Le Corf et sa poignée de bénévoles, le Centre de réconciliation russe sous le ministère russe de la Défense.””
      Pierre Le Corf celui que la doxasphère (médias dominants) a insulté alors qu’il est sur place pour décrire les horreurs des pseudo-rebelles qui massacrent et génocide ce pauvre peuple syrien ..Attendons son retour je pense qu’il va y avoir un grand “moment de vérité”, ce jeune homme n’a pas la langue dans sa poche.


  21. reneegate Le 06 janvier 2017 à 11h07
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    comment peut on parler de naïveté diplomatique alors que tous les diplomates d’expérience ont été mutés, voire destitués et jamais écoutés. Et ce sous Sarkosy/Juppé comme sous Hollande/Fabius. La naïveté a bon dos, dans d’autres domaines on parle de négligence. C’est la voie royale de l’irresponsabilité et l’assurance que la “grippe aviaire” ressurgira très vite (oui j’aime les mélanges de genre, ils sont très instructifs, pareil pour la polution dans nos villes). Non il s’agit d’une volonté politique qui dépasse les orientations politiques mais qui nous permet de séparer le grain de l’ivraie. Cette volonté fait d’ailleurs froid dans le dos au regard de l’apparence “bon père tranquille” de notre président.
    Au lendemain des vœux de JLM centrés sur ce sujet, c’est l’occasion de souligner que nous n’aurons pas beaucoup de choix aux prochaines présidentielles, en tout cas à gauche, c’est le seul à se montrer intelligent et surtout indépendant et honnête.


  22. Lysbeth Levy Le 06 janvier 2017 à 16h36
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    Mais la plus grosse impasse de l’Occident ce sont bien ces médias qui ont définitivement perdu la guerre avec l’entrée de l’internet et l’arrivée de la télévision russe. Il ne se passe pas un jour ou nos médias accusent les médias russes de tous les maux ..De colporter de fausses nouvelles ou de faire dans “la théorie du complot” (si toutefois ça existe ?) Voilà pourquoi ils ont crée des sites comme les “Décodeurs, Débunker, Hoaxbuster” censés ouvrir les yeux des naifs que nous serions, sur “leur vérité à eux” en fait “celle” des médias dominants ! Sous prétexte d’éducation, de démêler le vrai du faux, ils ne font qu’affirmer qu’ils ont bien raison, contre le monde entier même quand ils ont tort : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/l-etat-islamique-fait-fantasmer-les-adeptes-du-complot_1571248.html Bah oui dire que les djihadistes/Al Qaida ne sont pas la création de l’Occident alors qu’il y a “moults preuves” c’est fort de café non ? Trump et son “élection surprise” est la preuve qu’ils ont perdu la bataille de façonner l’opinion publique et ils se rendent compte que plus personne ne les croient désormais.
    Buvons notre lait !


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