Source : Truthdig, Chris Hedges, 03-09-2017

Mr. Fish

La crise des opioïdes, les fusillades de masse fréquentes, l’augmentation des taux de suicide, en particulier chez les hommes blancs d’âge moyen, l’obésité morbide, l’obsession du jeu, l’investissement de notre vie affective et intellectuelle dans des lunettes sordides et l’attrait de la pensée magique, depuis les promesses absurdes du droit chrétien à la croyance que la réalité n’est jamais un obstacle à nos désirs, sont les pathologies d’une culture malade. Ils sont sortis d’un monde délabré où les possibilités, qui leur confèrent statut, l’estime de soi et la dignité, se sont taries pour la plupart des Américains. Ils sont l’expression d’un désespoir et d’une morbidité aigus.

Une perte de revenu cause plus qu’une simple détresse financière. Elle coupe, comme le sociologue Émile Durkheim l’a souligné, les liens sociaux vitaux qui nous donnent un sens. Le déclin du statut et du pouvoir, l’incapacité de progresser, le manque d’éducation et de soins de santé, et la perte d’espoir sont des formes d’humiliation paralysantes. Cette humiliation alimente la solitude, la frustration, la colère et le sentiment d’inutilité. Bref, quand on est marginalisé et rejeté par la société, la vie n’a souvent pas beaucoup de sens.

« Quand la vie ne vaut pas la peine d’être vécue, tout devient prétexte pour s’en débarrasser… », écrivait Durkheim. « Il y a une humeur collective, comme il y a une humeur individuelle, qui entraîne les nations vers la tristesse… Car les individus sont trop étroitement impliqués dans la vie de la société pour qu’elle soit malade sans qu’ils soient affectés. Sa souffrance devient inévitablement la leur. »

Les hommes blancs, plus facilement séduits par le mythe du rêve américain que les gens de couleur qui comprennent comment le système capitaliste est truqué contre eux, souffrent souvent d’un sentiment d’échec et de trahison, dans bien des cas lorsqu’ils sont au milieu de leur vie. Ils s’attendent à ce que, en raison des notions de suprématie blanche et des platitudes capitalistes sur le dur labeur menant à l’avancement, ils progressent dans l’échelle sociale. Ils croient au succès. Quand le rêve américain devient un cauchemar, ils sont vulnérables à l’effondrement psychologique. Cet effondrement, plus que tout autre programme politique, a propulsé Donald Trump au pouvoir. Trump incarne l’âme décomposée de l’Amérique. Lui, comme beaucoup de ceux qui le soutiennent, a un désir enfantin d’être aussi tout-puissant que les dieux. Cette impossibilité, comme l’écrivait l’anthropologue culturel Ernest Becker, conduit à une sombre alternative : détruire comme les dieux.

Dans Hitler and the Germans, le philosophe politique Eric Voegelin a écarté le mythe selon lequel Hitler – un médiocre peu instruit dont la seule force était sa capacité à exploiter les opportunités politiques – a fasciné et séduit le peuple allemand. Les Allemands, écrit-il, ont voté pour Hitler et les « personnages marginaux grotesques » qui l’entouraient parce qu’il incarnait les pathologies d’une société malade, celle de l’effondrement économique, du désespoir et de la violence. Cette maladie a trouvé sa représentation chez les Nazis, comme elle l’a trouvée aux États-Unis avec Trump.

Hannah Arendt a dit que la montée du mal radical est causée par « l’insouciance » collective. Désespérée d’échapper à la prison d’une société en déliquescence, prêts à tout faire et à maltraiter quiconque pour avancer, ceux qui se sentent pris au piège voient les gens autour d’eux comme des objets à exploiter pour leur propre avancement. Cette exploitation est le reflet de celle des élites dirigeantes corrompues. Transformer les gens en objets à utiliser pour atteindre la prospérité, le pouvoir ou la récompense sexuelle est la pratique de base adoptée par la culture populaire, de la télé-réalité au capitalisme-casino. Trump personnifie cette pratique.

Platon a écrit que le caractère moral d’une société est déterminé par ses membres. Lorsque la société abandonne le bien commun, elle libère des convoitises amorales – violence, avidité et exploitation sexuelle – et favorise la pensée magique. Le philosophe grec Héraclite appelait idiots ceux qui se séparaient de l’univers moral et basé sur la réalité. Lorsque ces idiots, dont la vision du monde est souvent le produit d’un endoctrinement implacable, forment une majorité ou une minorité puissante, le démagogue émerge du marasme.

Le démagogue est le reflet public de la stupidité collective. Voegelin définit la stupidité comme une « perte de réalité », c’est-à-dire que cette perte de réalité signifie que les gens ne peuvent plus « orienter à juste titre leur action dans le monde où ils vivent ». Le démagogue, qui est toujours un crétin, n’est ni une bête de foire, ni le résultat d’une mutation sociale. Le démagogue exprime le ressenti démentiel de la société. C’était vrai en Allemagne nazie. C’est vrai aux États-Unis.

« L’insensé en hébreu, le nabal, qui à cause de sa folie, le nebala, crée le chaos dans la société, est l’homme qui n’est pas croyant, dans les termes israélites de la révélation », écrivait Voegelin. Les amathes, l’ignorant irrationnel, est pour Platon l’homme qui n’ a tout simplement pas l’autorité de la raison ou qui ne peut pas s’ y soumettre. Le stultus de Saint-Thomas [d’Aquin] est l’imbécile, au même titre que l’amathia de Platon et la nébala des prophètes israélites. Ce stultus a maintenant subi la perte de la réalité et agit sur la base d’une image défectueuse de la réalité et crée ainsi le chaos… Si j’ai perdu certains pans de la réalité à cause de mon expérience, je n’aurai pas le langage nécessaire pour les caractériser correctement. Cela signifie que parallèlement à la perte de la réalité et à la stupidité, il y a toujours le phénomène de l’analphabétisme. »

Une société convulsée par le désordre et le chaos, comme Voegelin l’a souligné, élève et même célèbre les dégénérés moralement, ceux qui sont rusés, manipulateurs, trompeurs et violents. Dans une société ouverte, ces attributs sont méprisés et criminalisés. Ceux qui les exposent sont condamnés comme stupides – « un homme [ou une femme] qui se comporte de cette façon », note Voegelin – « seront boycottés socialement ». Mais les normes sociales, culturelles et morales d’une société malade sont inversées. Les attributs qui entretiennent une société ouverte – le souci du bien commun, l’honnêteté, la confiance et le sacrifice de soi – sont préjudiciables à l’existence dans une société malade. Aujourd’hui, ceux qui démontrent ces attributs sont visés et réduits au silence.

L’aliénation profonde vécue par la plupart des Américains, la perte d’estime de soi et d’espoir, a engendré ce que Durkheim appelait un état collectif d’anomie. L’anomie est un déséquilibre psychologique qui mène au désespoir prolongé, à la léthargie et aux désirs ardents d’autodestruction. Elle est causée par l’effondrement des normes, des idéaux, des valeurs et des normes de la société. Bref, c’est une perte de confiance dans les structures et les croyances qui définissent une démocratie fonctionnelle. Le résultat est une oblitération du but et de la direction. Elle conduit à ce que Friedrich Nietzsche appelait un nihilisme agressif et méprisé. Comme Durkheim l’ a écrit dans son livre On suicide :

« On dit parfois qu’en raison de sa constitution psychologique, l’homme ne peut vivre que s’il s’attache à un objet plus grand que lui et qui lui survit. Cette nécessité a été attribuée à un besoin prétendument commun de ne pas périr entièrement. La vie, disent-ils, n’est tolérable que si l’on peut y voir un but, si elle a un but et s’il vaut la peine d’être poursuivi. Mais l’individu en lui-même ne suffit pas en tant que fin pour lui-même. Il est trop petit. Non seulement il est confiné dans l’espace, mais il est aussi étroitement limité dans le temps. Ainsi, lorsque nous n’avons pas d’autre objectif que nous-mêmes, nous ne pouvons pas échapper au sentiment que nos efforts sont finalement voués à disparaître dans le néant, puisque c’est là que nous devons retourner. Mais nous reculons devant l’idée d’anéantissement. Dans un tel état, nous ne devrions pas avoir la force de vivre, c’est-à-dire d’agir et de lutter, puisque rien ne doit rester de tous les maux que nous portons. En un mot, l’état d’égoïsme est en contradiction avec la nature humaine et donc trop précaire pour durer. »

Le pape Jean-Paul II, en 1981, publia une encyclique intitulée « Laborem exercens » ou « Par le travail », qui s’attaquait à l’idée fondamentale du capitalisme selon laquelle le travail n’ést qu’un simple échange d’argent contre du travail. Le travail, écrit-il, ne devrait pas être réduit à la marchandisation des êtres humains par les salaires. Les travailleurs ne sont pas des instruments impersonnels à manipuler comme des objets inanimés pour augmenter le profit. Le travail est essentiel à la dignité humaine et à l’épanouissement de soi. Il nous donne un sentiment d’autonomisation et d’identité. Il nous a permet d’établir une relation avec la société dans laquelle nous pouvons sentir que nous contribuons à l’harmonie sociale et à la cohésion sociale, une relation dans laquelle nous avons un but.

Le pape a dénoncé le chômage, le sous-emploi, les salaires inadéquats, l’automatisation et le manque de sécurité d’emploi comme des atteintes à la dignité humaine. Ces conditions, écrivait-il, sont des forces qui renient l’estime de soi, la satisfaction personnelle, la responsabilité et la créativité. L’exaltation de la machine, a-t-il averti, réduit les êtres humains au statut d’esclaves. Il a réclamé le plein emploi, un salaire minimum suffisamment élevé pour subvenir aux besoins d’une famille, le droit d’un parent de rester à la maison avec ses enfants, des emplois et un salaire décent pour les handicapés. Il a préconisé, afin de soutenir des familles fortes, l’assurance maladie universelle, les pensions, l’assurance accident et les horaires de travail qui autorisent le temps libre et les vacances. Il a écrit que tous les travailleurs devraient avoir le droit de former des syndicats avec la possibilité de faire grève.

L’encyclique disait :

[Malgré le travail] – peut-être, en un sens, à cause de cela – le travail est une bonne chose pour l’homme. Bien qu’il porte la marque d’un bonum arduum, dans la terminologie de Saint-Thomas, cela n’enlève rien au fait qu’en tant que telle, il est une bonne chose pour l’homme. Il n’est pas seulement bon en ce sens qu’il est utile ou quelque chose de réjouissant ; il est aussi bon en tant que quelque chose de digne, c’est-à-dire quelque chose qui correspond à la dignité de l’homme, exprime cette dignité et l’augmente. Si l’on veut définir plus clairement le sens éthique du travail, c’est cette vérité qu’il faut surtout garder à l’esprit. Le travail est une bonne chose pour l’homme – une bonne chose pour son humanité – parce que par le travail, l’homme transforme la nature non seulement en l’adaptant à ses propres besoins, mais aussi en l’accomplissant en tant qu’être humain et, en un sens, en devenant « plus humain ».

Le travail, a souligné le pape, »constitue un fondement pour la formation de la vie familiale, qui est un droit naturel et auquel l’homme est appelé. Ces deux sphères de valeurs – l’une liée au travail et l’autre en tant que conséquence de la nature familiale de la vie humaine – doivent être correctement unies et s’imbriquer l’une dans l’autre. D’une certaine manière, le travail est une condition pour permettre la fondation d’une famille, puisque la famille a besoin des moyens de subsistance que l’homme gagne normalement par le travail. Le travail et l’industrie influencent aussi tout le processus d’éducation dans la famille, pour la raison même que chacun “devient un être humain” à travers, entre autres, le travail, et que devenir un être humain est précisément le but principal de tout le processus d’éducation. Évidemment, deux aspects du travail entrent en jeu ici dans un sens : l’un rendant possible la vie de famille et son entretien, et l’autre rendant possible la réalisation des objectifs de la famille, en particulier l’éducation. Néanmoins, ces deux aspects du travail sont liés et se complètent en divers points. »

« Il faut se souvenir et affirmer que la famille constitue l’un des termes de référence les plus importants pour façonner l’ordre social et éthique du travail humain », a poursuivi l’encyclique. « L’enseignement de l’Église a toujours accordé une attention particulière à cette question, et nous devrons y revenir dans le présent document. En fait, la famille est à la fois une communauté rendue possible par le travail et la première école de travail, à domicile, pour chacun. »

Nous ne ramènerons pas au bercail ceux qui ont fui un monde basé sur la réalité par l’argument. Nous ne les forcerons pas à se soumettre. Nous ne trouverons pas le salut pour eux ou pour nous-mêmes en soutenant le Parti démocrate. Des pans entiers de la société américaine sont attachés à l’auto-immolation. Ils méprisent ce monde et ce qu’il leur a fait. Leur comportement personnel et politique est volontairement suicidaire. Ils cherchent à détruire, même si la destruction mène à la mort. Nous devons organiser nos communautés pour créer un nouvel ordre socialiste et renverser l’État d’entreprise par des actes de désobéissance civile de masse soutenus. Nous devons parvenir au plein emploi, à des revenus minima garantis, à l’assurance maladie, à la gratuité de l’éducation à tous les niveaux, à une protection robuste du monde naturel et à la fin du militarisme et de l’impérialisme. Nous devons créer la possibilité d’une vie digne, fondée sur la détermination et l’estime de soi. Sinon, les idiots garantiront notre effacement.

Source : Truthdig, Chris Hedges, 03-09-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

37 réponses à Les maladies du désespoir, par Chris Hedges

Commentaires recommandés

Owen Le 10 octobre 2017 à 06h50

Quelle densité… Je comprends mieux maintenant les fusillades américaines récurrentes, sans motifs ni de revendications affichés, contrairement aux tueries islamiques (il y eu des jeunes, aussi: des écoles, des universités…).

C’est dans la continuité de “La Grande Transformation”, de Karl Polanyi, avec ce “désencastrement” de l’être humain de son biotope, avec le terrain, la maison, le quartier, le travail, l’argent, les objets à crédit, qui ne lui appartiennent plus. De générateur, il devient esclave de ses échanges et activités et étranger à son existence. Il s’est lui même inspiré, bien sûr, de Marcel Mauss et son fabuleux don/contre don, principe premier de tout système. Polanyi explique le “réencastrement pathologique” qu’a été la période des fascismes des années 30, une sorte d’éternel retour impossible, la notion même de permanence ayant été extraite de nos existences.

Chris Edge, ici, continue ce travail: Hitler, Trump, Le Pen et même Macron, ne sont pas tant les ennemis qu’on a besoin de désigner pour expliquer ses souffrances, mais bien les constructions pathologiques, ce qui change les analyses.

Bon… l’exposition du régime saoudien, les détails sur Alstom, le rapport Meadows, M Allais… cela va au-delà des “marroniers” qui alimentent simplement la “dissidence anti-sytème”, et avec lesquels s’opposer les uns les autres ne suffit pas.
Chouette blog, vraiment…

  1. Philippe Le 10 octobre 2017 à 05h53
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    Encore une comparaison sournoise entre Trump et Hitler…
    J’ai arrêté ma lecture a cet endroit, désolé…


    • christian gedeon Le 10 octobre 2017 à 11h49
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      Bien d’accord avec vous…Depuis quelque temps,Hedges se décridibilise à vitesse très grand V. Toujours dans l’excès,toujours dans l’insulte. Et Dieu sait qu’il a eu raison,notamment sur la crise syrienne…mais là,il pète grave un câble…principe de Peters…


    • Yves Falck Le 11 octobre 2017 à 11h09
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      Une compréhension superficielle et à mon avis erronée de ce que dit Chris Hedges. Il ne dit pas que Trump (ou Macron en version française) sont Hitler … ce qui serait ridicule. Il essaie de dire, je pense, que ce sont les mêmes forces de fausses valeurs égoïstes qui en repliant complètement les membres d’une société sur leur finitude individuelle les rend imbéciles ou “fous” et les conduit à propulser au pouvoir des individus qui souffrent du même mal.


      • Christian Gedeon Le 12 octobre 2017 à 11h28
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        Je ne suis pas voyant extra lucide….et Hedges n’écrit pas ce que vous dites. Il écrit que la ” maladie” a donné Hitler en Allemagne et Trump aux Us…c’est assez clair comme parallèle ,non? Quoi qu’il en soit les incessantes références au nazisme et au fascisme qu’on nous inflige à longueur d’analyses montrent bien l’incapacité de ceux que je qualifie globalement d’antifa pavloviens d’arriver à une grille d’analyse adaptee à notre’ époque. Ils ont arrêté de penser le monde au milieu du XX ieme siècle…et puis c’est tellement pratique ce RTT neuro al.


        • Ztong Le 13 octobre 2017 à 00h52
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          Pas si “clair” que ça.
          Que l’on dénonce une maladie comme pouvant résulter soit en la peste, soit en le choléra ne signifie pas que la peste SOIT le choléra, ou l’équivale.
          Ainsi de Trump et Hitler.

          Bon certes, j’ai moi aussi été gêné aux entournures par le parallèle, l’amalgame est facile, mais il faut passer outre et poursuivre l’article, qui en vaut la peine.


  2. Owen Le 10 octobre 2017 à 06h50
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    Quelle densité… Je comprends mieux maintenant les fusillades américaines récurrentes, sans motifs ni de revendications affichés, contrairement aux tueries islamiques (il y eu des jeunes, aussi: des écoles, des universités…).

    C’est dans la continuité de “La Grande Transformation”, de Karl Polanyi, avec ce “désencastrement” de l’être humain de son biotope, avec le terrain, la maison, le quartier, le travail, l’argent, les objets à crédit, qui ne lui appartiennent plus. De générateur, il devient esclave de ses échanges et activités et étranger à son existence. Il s’est lui même inspiré, bien sûr, de Marcel Mauss et son fabuleux don/contre don, principe premier de tout système. Polanyi explique le “réencastrement pathologique” qu’a été la période des fascismes des années 30, une sorte d’éternel retour impossible, la notion même de permanence ayant été extraite de nos existences.

    Chris Edge, ici, continue ce travail: Hitler, Trump, Le Pen et même Macron, ne sont pas tant les ennemis qu’on a besoin de désigner pour expliquer ses souffrances, mais bien les constructions pathologiques, ce qui change les analyses.

    Bon… l’exposition du régime saoudien, les détails sur Alstom, le rapport Meadows, M Allais… cela va au-delà des “marroniers” qui alimentent simplement la “dissidence anti-sytème”, et avec lesquels s’opposer les uns les autres ne suffit pas.
    Chouette blog, vraiment…


    • bizmarco Le 10 octobre 2017 à 21h17
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      Pour une bonne description de la réalité de la société américaine moderne voir la superbe série de 3 saisons “AMERICAN CRIME”. Tout ce qui est décrit par Chris Hedges en début de cet article y est expliqué par des faits divers communs de la vie courante aux USA. Cette série est une oeuvre sociologique dense et d’un réalisme foudroyant.
      Un petit article sur la dite série parue récemment sur Le Comptoir pour les curieux.
      https://comptoir.org/2017/09/25/american-crime-autopsie-du-reve-americain/


  3. diox Le 10 octobre 2017 à 07h11
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    est ce un générateur de paragraphes qui a écrit cela?, par ce que ca a ni queue ni tète.


    • François Lacoste Le 10 octobre 2017 à 08h13
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      Votre commentaire, illustre parfaitement le sujet du texte.
      La perte de sens n’est pas seulement le sentiment justifié d’absurdité et de vide qu’éprouve l’individu dans ce monde malade auquel notre président nous demande instamment d’adhérer dans le but , entre autre, de devenir milliardaire, la perte de sens c’est aussi notre incapacité à voir ce monde tel qu’il est devenu.
      Peut-être qu’une nouvelle lecture, dans quelques jours vous le fera comprendre autrement.


      • Olivier Le 10 octobre 2017 à 13h09
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        Mais bien sûr.

        En appeler à jean Paul II pour justifier la création d’un nouvel ordre socialiste est parfaitement sensé. Tout va bien.

        Je crois qu’en terme de sens, certains ont décidé de réinventer la roue carrée à force de chercher deseperement.

        Il faut tout lire chez Jean Paul II, pas que le petit bout de la lorgnette. Et tout s’éclaire.


      • Kesse Le 10 octobre 2017 à 15h26
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        ‘Les textes de la harangue hebdomadaire’, un fatras d’idées allant plus ou moins dans le même sens et qui ont un but, à défaut d’avoir un thème cohérent, celui de renforcer l’impression de communauté de pensée entre les lecteurs et l’auteur, sur un mode bien défini, le fameux: “on est pas content et on a raison de l’être.”.

        Un petit côté messianique favorise et flatte la confusion entre identitaire et solidaire. Le type pense pas mal, il est jusqu’au-boutiste et faché, ce qui explique ses succés d’analyse journalistique. Mais honnêtement, il y a pas de quoi fouetter un chat avec ce genre de texte. Cela ne convaincra jamais que les convaincus. Le mec est clivant.

        L’analyse de la société est trés loin d’un travail de qualité. Je pense que si je le relisais, je me dirais, mouais bof … les mecs énervés, indignés qui lisent ça aurait sans doute mieux à penser. Ils n’apprennent rien ce faisant, ils se font gratter le dos par un journaliste qui leur dis: “là, tout beaux, vous avez raison.”.
        #biais de confirmation


  4. Raphaël Le 10 octobre 2017 à 07h43
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    J’ai arrêté au premier paragraphe,”les promesses absurdes du droit chrétien à la croyance que la réalité n’est jamais un obstacle à nos désirs”. J’ai beau relire, cette phrase n’a aucun sens.


    • Owen Le 10 octobre 2017 à 07h52
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      Genèse 1:28

      “Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre”.


      • christian gedeon Le 12 octobre 2017 à 12h38
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        Oui,et donc? Ce texte ,issu de la Torah, doit être contextualisé…Ecrit par un homme,dans son contexte historique,quand la Terre était “vide “,et que le monde était infini…et où la capacité de survie des peuples dépendait de leur habilité à domestiquer les animaux,) créer une agriculture et une pêche… et eux,ils n’ont jamais asséché la mer d’Aral,ni fait Tchernobyl ou Fukushima,n’est ce pas? Sur ces sujets,lisez Jean Bastaire,remarquable penseur “ecologiste ” chrétien…et éventuellement François d’Assise…sortez des lieux communs,quoi!


    • Kevin Le 10 octobre 2017 à 08h06
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      la facon dont je l’ai comprise est la suivante:
      “depuis les promesses absurdes du droit chrétien JUSQU’À la croyance que la réalité n’est jamais un obstacle à nos désirs”
      Les dogmes de la société moderne (“american dream, travailler plus pour gagner plus, impossible is nothing, la beauté des valeurs olympiques, et autres slogans en carton glorifiant l’effort) sont aussi absurdes que ceux du christianisme (les fidèles seront récompensés, les mécréants brûleront en enfer – oui, je caricature).


      • Fritz Le 10 octobre 2017 à 08h55
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        Chris Hedges écrit : “from the absurd promises of the Christian right to the belief that reality is never an impediment to our desires”.

        Il faudrait traduire : “depuis les promesses absurdes de la DROITE CHRÉTIENNE jusqu’à la croyance que la réalité n’est jamais un obstacle à nos désirs”.

        Aucun rapport avec les promesses de la Genèse, qui certes ne prêche pas la décroissance.
        La “droite chrétienne” américaine n’a pas rédigé l’Ancien Testament.

        https://en.wikipedia.org/wiki/Christian_right


      • Guadet Le 10 octobre 2017 à 09h01
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        D’accord sur votre traduction.
        Il reste que ”les promesses absurdes du droit chrétien” est bizarre. Owen a peut-être raison : son extrait de la Genèse utilisé pour accuser les Chrétiens de la destruction de la planète est malheureusement un lieu commun d’aujourd’hui.
        C’est aussi un contresens. Il faut remettre la phrase dans son contexte qui est celui d’une humanité embryonnaire ne vivant que de cueillette ; la chasse, l’agriculture et la technique, qui seuls ont des pouvoirs destructeurs, sont des conséquences du péché originel. On pourrait plus facilement en conclure que la Genèse est le premier texte prônant une écologie radicale.


        • Guadet Le 10 octobre 2017 à 09h12
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          Mon commentaire s’adressait à Kevin.
          Merci à Fritz de donner la réponse à la question initiale.

          Tout devient plus clair et ce texte est vraiment intéressant. Le phénomène du terrorisme par assassinats collectifs ne trouve pas sa racine que dans l’islamisme. Les américains le savent bien.


        • Vinz Le 10 octobre 2017 à 11h30
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          Apparemment, Même à l’époque de la cueillette, l’homme détruisait déjà bien l’environnement… on retrouve des traces de grands incendies jusqu’à -20 000 ans.

          Bref, notre décadence est-elle ‘moderne’ ou plus profondément ancrée…


          • Flizz Le 10 octobre 2017 à 13h26
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            on a retrouvé les allumettes ?
            Partir d’incendies d’il y a 20000 ans pour conclure sur la décadence généralisée de l’espèce, c’est digne d’une gymnaste chinoise.


          • Guadet Le 10 octobre 2017 à 13h50
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            Dire que le problème écologique, c’est l’humanité même, est encore une manière d’innocenter le productivisme néolibéral.


          • Owen Le 10 octobre 2017 à 13h59
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            @ Flizz

            Je vis parmi les mélanésiens, socialement toujours organisés en tribus. Ils vivaient tous à l’âge de pierre en 1850 (arrières-arrières-grands-parents). Je les adore (et ça explique mon attrait pour Marcel Mauss).
            Mais ils sont chiants à brûler encore incessamment les massifs du territoire.

            Et ne croyez pas: 20 000 ans, c’est l’âge de l’os d’Ishango. Celui qui a fait les entailles connaissait les nombres premiers…

            On a de très vieux atavismes, certains nous jouent de mauvais tours. Notamment ce verset de la Genèse et la vieille question de la puissance, bien encombrante de nos jours, je crois…


          • Arienam Le 10 octobre 2017 à 19h17
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            On trouve des incendits provoqués par l’Homme bien plus loin dans le temps puisque les dernières recherches en Australie concordent pour dire que la concomittance de deux changements majeurs en Australie, environ 40000 avant notre ère :
            1) Disparition de la Mega-faune
            2) Changement climatique complet (Les forêts recouvrant le continent ont disparue pour faire la place au Bush et au désert)
            Sont directement liés à la présence de l’Homme, récente, sur l’ensemble du continent, qui a modifié son environnement par la chasse intensive et les feux de grandes ampleurs.

            Sources :
            http://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/prehistoire-homme-etait-deja-australie-il-y-environ-65000-ans-37571/
            http://www.hominides.com/html/actualites/homme-responsable-disparition-megafaune-australie-0975.php


  5. Mr K. Le 10 octobre 2017 à 10h09
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    Chris Hedges, un “White prophet” peut-être à l’instar des “Black prophets” américains des années 50 et 60.

    En tout cas un des plus lucides de cette “époque formidable” américaine, pour peu que l’on ne réagisse pas épidermiquement à son tropisme catholique.


  6. mieuxa Le 10 octobre 2017 à 10h22
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    Et Hop ! Encore un petit coup contre Trump !


  7. Kaki Le 10 octobre 2017 à 12h51
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    La democratie montre ses limites, la pensée occidentale est une pensée de technicien, dénué de spiritualité, voué à la disparition, le probleme est le même que le pétrole, on a pas trouvé mieux. Le pape a dénoncé le chômage le sous emploi et l automatisation mais sans proposer un changement profond de paradigme, la société occidentale est malade et elle entraine avec elle le reste de la planete
    American dream to make a européen dream to make asian dream to make african dream and to finish too bad


  8. calal Le 10 octobre 2017 à 13h33
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    Je pense qu’il faut transmettre certaines notions aux jeunes afin qu’ils aient les cles pour comprendre dans quelle societe ils vivent et comment elle s’est construite et se maintient. l’homme est un loup pour l’homme veut surtout dire que le seul predateur qu’un etre humain doit craindre est son semblable. Donc que certains hommes tirent leur subsistance en tuant ou en exploitant les autres. Cet notion permet amha de se soustraire a bien des situation de stress ou on interiorise les causes de son echec alors qu’on fait on est victime de predateurs.
    bien sur il faut leur transmettre egalement le gout de la cooperation puisque nous sommes des animaux gregaires.le probleme principal devenant des lors de pouvoir distinguer le congenere du troupeau d’avec le predateur deguise en mouton…


    • pipo Le 10 octobre 2017 à 14h30
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      Pire, c’est un loup déguisé en mouton qui se prend pour un berger.


  9. Nloga charles Le 10 octobre 2017 à 16h14
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    Très enrichissant le sujet et les commentaires.J adores discuter sur des sujets profonds concernant l être humain et son comportement global.


  10. Vincent P. Le 10 octobre 2017 à 16h32
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    Mon statut en 2012 :
    Homme de 32 ans marié, jeune papa, salarié du privé en CDI, propriétaire (d’un crédit sur 25 ans), etc
    avec tout ce que ça inclut de relations sociales et familiales “normales”;

    Mon statut en 2017 :
    Homme de 37 ans divorcé, bénéficiaire de minimas sociaux, hébergé chez sa mère, même plus de bagnole…
    avec tout ce que ça inclut de totale solitude et de marginalisation.
    (ne croyez pas que vos “amis” resteraient ! )

    Je peux donc d’expérience confirmer : c’est violent, très violent, et le plus difficile est, quand ça ne va pas, de ne pas retourner cette violence contre qui ou quoi que ce soit, et en premier lieu moi même !

    Alors à ceux qui ici pensent que Hedges dit de la m… : tentez donc l’expérience, et on en reparle !
    Ajoutez à cela que le seul groupe auquel je me sens encore appartenir tombe dans le panneau Macron (ça vaut comme un exemple parlant), je vous assure que ça redonne du sens et de la joie et de l’envie de continuer à jouer !!

    Le jour où l’Absurde daignera laisser un peu de place au Sensé, et quand la Morale reprendra sa place dans le Droit, peut être que je reviendrai jouer.
    Pour l’heure je demeure, simplement: écœuré et lucide, victime de rien et plus conscient que beaucoup, car désormais je sais à tout le moins distinguer l’amour propre de l’égo.


  11. Marc Michel Bouchard Le 11 octobre 2017 à 00h17
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    Monsieur Hedges a une tournure de pensée du type A.Finkielraut en ceci qu’il perçoit de facto, la capacité de savoir, d’être instruit au bien commun et à la faculté de bonnes élites de le permettre. Il y a plein d’universitaires qui forment des élites qui sont responsables de l’élaboration des sociétés néolibérales. Les élites peuvent faillir pour l’auteur et en même temps, elles sont de façon alphabétiques, la condition du bien commun face à une stupidité capable de jaillir et de tout dégrader vers le chaos. Si l’éducation est un fondement du libéralisme classique qui rompt avec la faible instruction de la paysannerie millénaire, elle connaît sa part d’échecs dont de jeunes enfants essentiellement ne sont pas responsables.

    Les pédagogues ont échoués en partie devant la complexité de la condition humaine qui a grand accès à l’intelligence et à l’apprentissage mais aussi qui fait face aux impulsions, aux traditions culturelles, à tout ce qui concentre et déconcentre à la fois les jeunes, avant, y compris les adultes.

    Comme chez certains intellectuels, on peut miser sur l’innée génétique, la valorisation de bonnes élites contre de mauvaises élites. C’est court, comme faible un point de vue trop moral.


  12. Marc Michel Bouchard Le 11 octobre 2017 à 00h43
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    Le nazisme a sa spécificité, Hitler aussi comprenant sa biographie et y compris son enfance.

    Le darwinisme social sur les races dans le siècle de Darwin, ce dernier très mal compris. Le développement d’une psychiatrie autoritaire et eugéniste sur les malades mentaux. La virulence du capitalisme industriel premier en Europe, le développement de l’Allemagne depuis Bismarck le prussien, Nietzsche mal compris et Wagner et son romantisme. Vous avez là, les conditions du nazisme. Trump n’a rien d’un modèle, il a sa spécificité à voir, comme les É.U 2017 ne sont pas l’Allemagne de 1940. L’article de M.Hedges a ses qualités mais embrasse trop de choses à la fois.


  13. Emmanuel Le 11 octobre 2017 à 23h02
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    Dommage pour les US, il ont raté un très bon candidat, Bernie Sanders (lisez son livre, “Notre révolution” (pub gratuite) – juste dans la ligne de la conclusion de Chris Hedges ….


    • Philippe Le 12 octobre 2017 à 04h34
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      Ne soyons pas dupe de la farce des élections…
      Aux US c’est l’État profond qui gouverne, pas le président.


  14. tchoo Le 12 octobre 2017 à 08h05
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    Les émissions de télé réalité sont un symptôme très parlant de cette société. On glorifié le vainqueur qui pour arriver élimine ses adversaires avec la complicité d’alliés de circonstance.
    Le droit de vie ou de mort donner à un groupe d’individus contre un autre


  15. Macarel Le 12 octobre 2017 à 11h55
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    Le Pape est “pire” que les insoumis !!! C’est un christiano-gauchiste !

    “Le pape a dénoncé le chômage, le sous-emploi, les salaires inadéquats, l’automatisation et le manque de sécurité d’emploi comme des atteintes à la dignité humaine. Ces conditions, écrivait-il, sont des forces qui renient l’estime de soi, la satisfaction personnelle, la responsabilité et la créativité. L’exaltation de la machine, a-t-il averti, réduit les êtres humains au statut d’esclaves. Il a réclamé le plein emploi, un salaire minimum suffisamment élevé pour subvenir aux besoins d’une famille, le droit d’un parent de rester à la maison avec ses enfants, des emplois et un salaire décent pour les handicapés. Il a préconisé, afin de soutenir des familles fortes, l’assurance maladie universelle, les pensions, l’assurance accident et les horaires de travail qui autorisent le temps libre et les vacances. Il a écrit que tous les travailleurs devraient avoir le droit de former des syndicats avec la possibilité de faire grève.”


  16. thmos Le 12 octobre 2017 à 12h00
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    Les “déconstructeurs” des années 60 vieillissant comme C Hedges au lieu de proposer un constat honnête des conséquences de leurs dogmes de jeunesse impose encore le psychologisme systématique en affligeant les méchants de pathologie supposée… Du Cohn-Bendit ordinaire avec les mêmes ponts douteux ( Trump=Hitler ) …On préfère des stats comparées et commentées ( par Todd sur ce sujet, par exemple )


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