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25.janvier.201825.1.2018 // Les Crises

L’opposition au Venezuela se tourne vers l’armée pour renverser Maduro. Ça ne marchera pas ! Par John Otis

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Incroyable article du Guardian à propos d’un renversement armé du gouvernement vénézuélien…

Source : The Guardian, John Otis, 09-01-2018

L’opposition, ayant échoué à renverser le Président Nicolas Maduro, parle ouvertement d’un coup d’état mais le parti au pouvoir et les militaires en tirent des bénéfices mutuels.

Le ministre de la Défense vénézuélien, Vladimir Padrino López, au centre, dénonce les sanctions américaines contre quatre militaires samedi devant des portraits de Simón Bolívar et Hugo Chávez. Photographie: Miguel Gutierrez/EPA

John Otis à Caracas

9 janvier 2018

Alors que les manifestations anti-gouvernement au Venezuela ont été écrasées et que le Président Nicolás Maduro a consolidé son pouvoir par de douteuses manœuvres électorales et une répression sévère des libertés démocratiques, quelques leaders de l’opposition et des experts internationaux ont soulevé la possibilité d’un coup d’état comme le seul moyen réaliste de provoquer un changement de régime.

Julio Borges, leader du congrès contrôlé par l’opposition, a appelé les militaires à ” rompre le silence », ajoutant que « l’immense majorité des officiers sont contre le chaos qui s’installe au Venezuela ».

Écrivant dans le Washington Post, le professeur de droit Ozan Varol déclarait: « L’armée vénézuélienne est la digue qui garde le mouvement démocratique à distance pour protéger le régime Maduro. Le courant démocratique ne peut déborder sur les rives seulement si l’armée craque ».

Mais de nombreux analystes politiques disent qu’un coup d’état est improbable à cause d’une alliance de plus en plus mutuellement bénéfique entre le gouvernement Maduro et l’armée. Alors que l’on voit la pire crise économique du pays dans l’histoire moderne et des élections qui montrent que la grande majorité des Vénézuéliens veulent voir partir le Président, ils disent que les forces armées ont aidé Maduro à garder son poste en échange d’une liste étendue d’avantages économiques.

Ricardo Sucre, un expert militaire et ancien officier de marine, déclare que depuis que Hugo Chavez a introduit la révolution socialiste au Venezuela en 1999, le gouvernement a promu une prétendue union civilo-militaire dans laquelle les troupes et les officiers s’impliquent dans tout les aspects du développement national.

Ancien parachutiste de l’armée, Chavez était resté profondément impliqué dans les affaires militaires pendant ses 14 années au pouvoir, influent sur tout, depuis les promotions jusqu’à la couleur des uniformes.

Maduro – ancien conducteur de bus et responsable syndical – n’a aucun lien avec les forces armées, pourtant le partenariat civilo-militaire s’est accru depuis qu’il a été élu président à la suite du décès de Chavez dû à un cancer.

D’une part, le parti socialiste au pouvoir était largement organisé autour de Chávez. Sous Maduro, le parti a manqué de structure et de commandement et les forces armées ont comblé le vide du pouvoir, explique Rafael Uzcategui, qui dirige Provea, le groupe de défense des droits de l’homme à Caracas .

Et alors que grandit l’agitation, Maduro se fie à présent aux forces armées pour le protéger en réprimant les manifestations de rue, comme le dit Phil Gunson, basé à Caracas pour le Groupe International de Crises.

Cependant Gunson ajoute: « L’armée a aussi besoin de Maduro, car ils ne veulent pas eux-mêmes du pouvoir. Ils ne veulent pas d’un président en uniforme parce que cela n’est pas bon, et que c’est en quelque sorte démodé. Donc Maduro est un bon chef. Il leur fait une vie agréable. si vous êtes un général et que vous jouez le jeu, vous pouvez obtenir beaucoup d’argent. »

Le président Nicolás Maduro, deuxième à droite, participe à une réunion du cabinet des ministres à Caracas la semaine dernière. Photographie: Polycopié Miraflores/EPA

A présent, des officiers retraités ou en activité, constituent presque la moitié du cabinet Maduro et tiennent beaucoup d’autres positions clés. Ils sont en charge de tout depuis les approvisionnement en armes jusqu’à la production d’acier et la distribution de nourriture. Les forces armées gèrent même un site de production d’eau en bouteille.
Mais le signe le plus évident de l’ascension de l’armée, arriva à la fin de l’année dernière pendant un remaniement de la compagnie pétrolière nationale, connue sous le nom de PDVSA. Le pétrole constitue environ 95% des revenus du Venezuela liés à l’exportation

Pourtant, plutôt que de choisir un vétéran de l’industrie pour diriger PDVSA, Maduro a choisi Manuel Quevedo, un général en activité de la garde nationale. Quevedo n’a pas d’expérience dans le domaine du pétrole, mais il s’est attiré l’attention du Président en aidant à briser les manifestations en 2014.

Pour Maduro, « la loyauté politique est plus importante que les connaissances techniques », déclare Uzcategui. « La compétence est tout-à-fait secondaire et c’est une des raisons pour laquelle nous sommes au milieu d’une crise économique. »

María Corina Machado, chef du parti d’opposition de droite Vente Venezuela, insiste sur le fait que des officiers intermédiaires et les troupes de bases sont profondément affectés par la crise, qui a amené à l’hyper inflation, un effondrement de la monnaie et des pénuries chroniques de nourriture et de médicaments. Elle dit que des officiers « viennent souvent vers moi et disent : Nous ne soutenons pas ce qui se passe. C’est un désastre qui doit être stoppé ».

Mais selon Sucre, les forces armées n’ont que peu de confiance et de respect pour l’opposition, qui est divisée, aussi bien par ses leaders que par sa stratégie. Voilà pourquoi , dit-il, « il n’y a presque aucune chance qu’un coup d’état ne se produise ».

Source : The Guardian, John Otis, 09-01-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Commentaire recommandé

Toff de Aix // 25.01.2018 à 08h05

Mais quel tissu de mensonges…Le Guardian n’est plus à ça près vous me direz, question bassesse et servilité ! Et bien sûr, que des faits : Chavez choisissait “jusqu’à la couleur des uniformes de l’armée”. Absolument magnifique…

C’est quand même un symptôme de l’époque, que de voir un journal interviewer un professeur de droit sur la possibilité d’un coup d’état. Mais de façon non pas purement spéculative, mais bien en le présentant comme une chose souhaitable !

Je passe sur l’armée qui controlerait l’économie (un peu comme l’Égypte de Moubarak, soutenue par les Usa pendant 30 ans ?) ou qui protégerait Maduro le dictateur contre les manifestations de son peuple (un peu comme Hollande en 2016, chez nous ?).

Après ça qu’ils ne viennent pas me parler de “démocratie” et autres “droits de l’homme”, bande d’hypocrites et de malfaisants à la mémoire sélective.

42 réactions et commentaires

  • jp // 25.01.2018 à 06h14

    déjà le 1er paragraphe est raide à digérer mais j’ai continué la lecture. P par curiosité, suis allée voir qui est la señora María Corina Machado sur Wikipédia, c’est instructif sur son niveau de malhonnêteté et sa capacité à transgresser les lois. Bref, cet article est mensonge et propagande. Et surtout pas un mot sur la loyauté de l’armée (des militaires ont aidé Chavez) lors du coup d’État en 2002.

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    • Chris // 25.01.2018 à 15h18

      Un bel exemple du “dégeulis” médiatique ordinaire du bloc BAO (formule Grasset !)
      Avec ce genre de littérature, 99% des allemands d’entre-deux-guerres devinrent national-socialistes (nazis).

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    • Dominique // 26.01.2018 à 19h22

      Il n’y a pas lieu de s’émouvoir. C’est juste que cette petite mise en garde a été oubliée :
      « Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. »

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  • DUGUESCLIN // 25.01.2018 à 06h40

    Cet article ne manque pas d’intérêt.
    Il nous explique que, malgré la crise et la révolte populaire, le président Maduro restera au pouvoir, grâce à l’armée qui d’une part ne veut pas du désordre et d’autre part bénéficie de divers avantages.
    Mais il ne parle pas de l’origine de la crise. Est-elle circonstantielle ou provoquée?
    L’armée vient au secours du président pour le maintenir au pouvoir ou pour faire échouer ceux qui espéraient un coup d’état?
    Il est possible, tout simplement, que l’armée aide le président à redistribuer les ressources qui permettent au peuple de survivre, contre les sanctions économiques, pour empêcher un coup d’état et la mise au pouvoir d’un “soumis” qui livrerait à des forces financières étrangères les richesses du pays.

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  • Lyonnais // 25.01.2018 à 07h48

    Le Decodex n’a rien trouvé à dire à propos de cet article du Guardian ?

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    • mennesson // 25.01.2018 à 22h52

      le DECO(NN)EX du ” Monde” , avec son regard néo-conservateur et Atlantiste , ne mettra jamais à l’index , un journal néoconservateur et atlantiste . La boucle est bouclée …..

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  • politzer // 25.01.2018 à 08h01

    le Guardian (equivalent du Monde) qui vend pour un tiers aux usa évite soigneusement ds cet article de pointer la responsabilité de la politique us sur les difficultés écos du Venezuela !
    voilà ce que c est de dépendre du systeme fmi bm omc quand on est un petit pays d Amerique latine!

      +24

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  • Toff de Aix // 25.01.2018 à 08h05

    Mais quel tissu de mensonges…Le Guardian n’est plus à ça près vous me direz, question bassesse et servilité ! Et bien sûr, que des faits : Chavez choisissait “jusqu’à la couleur des uniformes de l’armée”. Absolument magnifique…

    C’est quand même un symptôme de l’époque, que de voir un journal interviewer un professeur de droit sur la possibilité d’un coup d’état. Mais de façon non pas purement spéculative, mais bien en le présentant comme une chose souhaitable !

    Je passe sur l’armée qui controlerait l’économie (un peu comme l’Égypte de Moubarak, soutenue par les Usa pendant 30 ans ?) ou qui protégerait Maduro le dictateur contre les manifestations de son peuple (un peu comme Hollande en 2016, chez nous ?).

    Après ça qu’ils ne viennent pas me parler de “démocratie” et autres “droits de l’homme”, bande d’hypocrites et de malfaisants à la mémoire sélective.

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    • Ellilou // 25.01.2018 à 08h18

      J’avais encore l’ombre d’un soupçon d’une miette de respect envers ce journal britannique soi-disant de centre-gauche mais après la façon inique dont ils ont rendu compte de la campagne de Jeremy Corbyn les écailles me sont tombées des yeux 😉

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    • DocteurGrodois // 25.01.2018 à 10h41

      Le chavisme est autant militariste et nationaliste qu’il est socialiste (le fameux “arbre aux trois racines” de Chavez).

      Effectivement, un peu comme l’Égypte de Moubarak (ou de Sisi) l’armée Vénézuélienne a la main sur une part importante de l’économie, car on retrouve des officiers siégeant à tous les conseils d’administration des grandes entreprises publiques, ou même carrément propriétaires de mines, etc.

      Donc, l’armée ayant ses propres intérêts économiques en jeu, il est tout à fait logique de penser qu’ils veuillent les défendre. En Égypte, l’armée a viré les barbus après qu’ils aient bousillé l’économie et ruiné, entre autres, les rentrées d’argent hôtelières de pas mal d’officiers.

      Or, Maduro n’étant visiblement pas très bon pour le commerce, et le passage à l’économie socialiste n’étant pas très bonne pour les profits, certains militaires pourraient très bien vouloir le remplacer par un autre lampiste un peu plus consensuel, qu’il ou elle soit chaviste ou de l’opposition.

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      • Brigitte // 26.01.2018 à 07h18

        Mais cher Docteur, tout régime dit démocratique comme le nôtre, contrôle aussi l’armée. Disons qu’il n’a pas besoin de s’en servir en temps ordinaire mais dès qu’il y a une menace à “l’ordre public”, intérieure ou extérieure, l’armée se montre. Figuration ou véritable répression, c’est selon les besoins. On en a l’exemple avec la lutte anti-terroriste. Au Vénézuéla, et je ne veux pas prendre parti car je suis trop loin et pas assez bien informée, l’armée joue forcément un rôle important pour maintenir le régime dit “socialiste” dans un contexte où les forces opposées sont nombreuses et puissantes. Les dérives sont alors inévitables.
        Que veut le peuple vénézuélien? C’est dans ces moments là, proche de la rupture, que l’on voit bien que la notion de peuple est fragile.

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  • Fritz // 25.01.2018 à 08h37

    Heureusement que les médias du monde libre évoquent “the possibility of a coup d’etat as the only realistic way to bring about regime change” (en anglais, c’est tellement mieux). Doit-on réhabiliter les exemples précédents de “voie réaliste pour un changement de régime” : Grèce 1967, Chili 1973, Argentine 1976 ?

    L’option réaliste d’un coup d’État n’était-il pas le seul moyen de détacher l’Ukraine de la Russie, après l’échec des manifestations sur la place Maïdan ?

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    • Kesse // 25.01.2018 à 11h08

      Oui, je me demande quelle est la quantité d’aveuglement nécessaire pour oser décrire un coup d’état comme souhaitable? Sans même craindre que la situation soit pire après qu’avant. Cela n’effleure même pas John Ottis. Car Maduro est l’essentialisation du mal, il est un mélange de Khadafi, Staline et Dark Vador. Et on appelle ça du journalisme, j’appelle ça “courir avec un bandeau sur les yeux”: on a juste à attendre que le “journaliste” se mange le buffet ou la porte pour se marrer.

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  • emmanueL // 25.01.2018 à 08h39

    Hier dans un journal d’une chaine de radiofrance, le décalage à mars au lieu de décembre (je crois) de l’élection présidentielle au Venezuela a été qualifiée de manipulation. Il me semble que lorsque cela se produit au Royaume-Uni, voire en Allemagne où je crois que c’est aussi possible, via dissolution du parlement, les mêmes journalistes parlent de bonne tactique politique…

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  • Jetaimalbert // 25.01.2018 à 09h13

    “Alors que […] des élections qui montrent que la grande majorité des Vénézuéliens veulent voir partir le Président”
    moi je veux bien mais, il a remporté les elections legislatives en octobre (17 des 23 États du pays) et les municipales en decembre (certes, boycotté par l’opposition celles là).
    elle est ou la grande majorité de la population ?
    Fake news …

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  • lecrabe // 25.01.2018 à 09h31

    En lisant le titre, j’ai pensé à un avertissement contre un coup d’état de l’armée. En lisant l’article j’ai compris la déception du journaliste qui se lamente que l’armée ne veuille pas du pouvoir. Mais où va le monde si on ne peut même plus compter sur les militaires pour renverser un gouvernement élu afin d’instaurer une dictature…

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    • lvzor // 26.01.2018 à 16h46

      “afin d’instaurer une dictature”

      Tsss tsss … vous n’avez pas bien suivi; il fallait lire : “afin d’instaurer la démocratie”.

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  • Sam // 25.01.2018 à 09h38

    Mélenchon Shaming, Venezuela Bashing, c’est vrai que c’est mieux en globish.

    A noter toutefois qu’il n’est pas fait recours à la “démocratie” et aux “droits de l’homme” cette fois, le seul motif invoqué est un regime change, soit un coup d’Etat.
    Cela simplifie beaucoup l’équation : pour obtenir un coup d’Etat, il faut faire un coup d’Etat, ce qui n’est pas tout à fait faux…

    A force de bombarder du civil à tire larigot les US ont perdu leur légitimité morale made in Hollywood : expurgé de ses enjolivures humanitaires, il ne reste plus que l’appel au meurtre et à la haine au nom de la cupidité.

    Du coup le débat gagne beaucoup en clarté .

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    • Chris // 25.01.2018 à 15h05

      Vous avez touché là le point essentiel.
      L’empire “exceptionnel” n’emballant même plus ses appétits insatiables dans le papier-cadeau du grand “protecteur”, son illégitimité à régenter/exiger quoique ce soit apparait aux plus simples.
      Durant des années, Chavez a fait un énorme travail d’éducation politique, intervenant lui-même dans des programmes audio-TV pour parler des choses de la vie en expliquant leurs connections politiques. Il avait le don de parler au coeur des gens tout en incitant au raisonnement : un remarquable pédagogue et humaniste de surcroit.
      Une personnalité hors du commun, dont le nombre fait affreusement défaut dans notre monde au cynisme et nihilisme institutionnalisés.

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  • Pegaz // 25.01.2018 à 09h55

    Et que pense M John Otis des “élections” au Honduras ?
    Bref, une belle compilation d’analyses partiales.
    Une sorte d’aide mémoire, au cas ou …
    Un peu plus réaliste:
    Les preuves du crime économique contre le Venezuela
    https://www.investigaction.net/fr/les-preuves-du-crime-economique-contre-le-venezuela/

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  • Sébastien // 25.01.2018 à 10h17

    Le mec qui a écrit cet article devrait rédiger les scénarios des prochains Star Wars!
    Sinon, c’est pratique, il n’y a plus besoin de décryptage ou d’analyse il balance tout sans complexe: le complot à ciel ouvert raconté de A à Z. Au moins, c’est honnête… Les énormités en plus.

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  • Louis Robert // 25.01.2018 à 10h46

    Il est plus que temps de poursuivre en justice tous ces médias atteints de dégénérescence pour apologie de coup d’état envers des gouvernements légitimes, cette « nouvelle normalité » de l’ «Occident terroriste » (Chomsky/Vltchek), gracieuseté de l’Empire.
    .

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  • Emile // 25.01.2018 à 10h52

    Je suis bien déçu de trouver ce genre d’analyse ici. non pas que je pense que de tels propos basés sur le soupçon de principe, le dénis de réalité et l’entre soi des références mutuelles entre des presses partiales, doivent être tus, mais bien plutôt qu’ils abondent tristement partout, et donc qu’on vient sur les-crises pour trouver des discours moins caricaturaux, qui partent certes toujours d’un point de vue, mais qui sont soucieux de s’ancrer dans des faits. Je suis rassuré à la lecture des commentaires, qui me font penser qu’il s’agit là d’une anomalie sur les-crises.fr…
    On trouvera des analyses inverses, partisanes certes, mais ô combien argumentées, notamment sous la plume de Maurice Lemoine, à lire absolument !

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    • Pinouille // 25.01.2018 à 17h30

      “[…] l’entre soi des références mutuelles entre des presses partiales […]”
      Je trouve votre formule très fine et très vraie: elle souligne particulièrement bien le mécanisme d’auto-alimentation de la pensée dominante.
      Je serai cependant plus nuancé sur le déni de réalité: cette pensée dominante trouvera toujours quelques fragments de réalité qui lui feront écho. L’article ci-dessus l’illustre bien: ce qui est avancé ne repose pas sur un tissu de mensonges, mais sur des faits savamment filtrés, qui, exposés à la lumière qui convient, et enrichis d’une interprétation orientée, produisent un discours cohérent.

      Amha, il en va de même pour tout autre discours défendant des thèses contraires. Elles seront étayées par d’autres faits, éclairées par une autre lumière, et enrichies d’une autre interprétation mais tout aussi orientée. Elles s’exposent donc tout autant aux critiques adverses de déni de réalité, et repose peut-être tout autant sur l’entre soi des références mutuelles…

      Ce mécanisme de la construction des représentations du monde a été brillamment décrit par F Lordon (si je l’ai bien compris), qui considère que les faits (et donc le fact-checking) ne peuvent être l’alpha et l’oméga de la pensée.

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  • P.G. // 25.01.2018 à 15h57

    Je ne vois pas pourquoi certains s’étonnent. Ce « pilier libéral de l’établissement », comme l’évoque si bien Media Lens, n’a jamais été une référence :

    http://medialens.org/index.php/alerts/alert-archive/2018/861-a-liberal-pillar-of-the-establishment-new-look-guardian-old-style-orthodoxy.html

    Dans un un article titré « La NBC traite Hugo Chavez de dictateur. Le Guardian acclame une dictature en Arabie Saoudite », on peut admirer toute l’hypocrisie de ces “journalopes” à la solde de l’Empire :

    https://zcomm.org/zblogs/nbc-calls-hugo-chavez-a-dictator-the-guardian-cheers-an-actual-dictator-in-saudi-arabia/

    la NBC y allait comme suit à propos de l’élection présidentielle à venir : « […] Maduro – l’actuel président et successeur du dictateur Hugo Chavez – risque de subir les pressions de l’opposition et de la communauté internationale ».

    Vous avez bien lu, plus ou moins 25 élections en 18 ans, mais Hugo Chavez était un dictateur et Nicolas Maduro son successeur !

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  • P.G. // 25.01.2018 à 16h32

    La CIA reconnaît être derrière certaines des sanctions imposées au Venezuela. — Agence de presse EFE :

    https://www.efe.com/efe/cono-sur/latinoamerica/la-cia-reconoce-estar-detras-de-algunas-las-sanciones-ee-uu-a-venezuela/50000764-3501554

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  • christian gedeon // 25.01.2018 à 17h19

    Les connivences d’intêret entre armée et dirigeants de certains pays ne sont pas une nouveauté…il y a les connivences de “droite “. Il y a aussi les connivences “de gauche”. Rien de surprenant donc.Mais bon.

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  • Michel Ickx // 25.01.2018 à 18h10

    A l’époque du renversement temporaire de Chavez j’avais lu un excellent article qui expliquait l’attitude de l’armée:

    Indépendamment de la solidarité avec un militaire qui avait eu le courage de se soulever contre l’oligarchie, cet article analysait la différence de l’armée du Vénézuéla avec d’autres armées d’Amérique centrale. Elle était la seule a n’avoir pas été contaminée car ses cadres n’étaient pas passés par la sulfureuse école des Amériques.

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  • Frédéric // 25.01.2018 à 21h50

    Comment fait-on pour vivre dans un pays où le taux d’homicides atteint 1 pour 1.000 habitant par an ? Comment fait-on pour survivre avec 2.700 % d’inflation annuelle ?
    A quoi servent les grands discours quand l’insécurité, la corruption et l’inflation atteignent des sommets ?
    On peut ne pas aimer les USA, et souvent à juste titre. Sont-ils responsables de TOUT ce qui se passe au Vénézuela ? Non.
    Je plains les Vénézuéliens de tout mon coeur d’avoir des dirigeants (des 2 côtés) assez bêtes pour leur faire vivre un enfer sur un combat idéologique, là où ils devraient s’entendre pour une vie meilleure.
    L’Oligarchie vénézuélienne est sans doute à blamer, mais le Chavisme l’est aujourd’hui tout autant. C’est triste mais aujourd’hui les faits deviennent de plus en plus têtus et pas au bénéfice des héritiers du chavisme . . . ni d’aucun vénézuélien.

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  • Zato // 26.01.2018 à 09h37

    Toute activité humaine,toute politique, ont nécessairement un aspect positif et négatif . La plupart
    des commentateurs ne retiennent qu’un seul des deux aspects en fonction de leur propre orientation idéologique; ils privilégient leur opinion politique à l’exposé objectif des faits.
    C’est malheureusement le cas sur ce blog

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    • Sam // 26.01.2018 à 14h00

      “l’exposé objectif des faits”

      Vous ne craignez pas le ridicule dites donc…

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  • TeoNeo // 26.01.2018 à 10h59

    “des élections qui montrent que la grande majorité des Vénézuéliens veulent voir partir le Président”

    Quelles élections ? Les regionales et les municipales ont été largement remportées par le parti de Maduro.
    Y’a il une loi contre les fake news en Angleterre ?

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    • Sophia // 26.01.2018 à 13h16

      Je ne fais pas plus confiance à l’intégrité du processus électoral vénézuélien qu’à celui des Etats-Unis…

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      • Sam // 26.01.2018 à 13h34

        L’ancien président US Jimmy Carter considère le processus électoral au Venezuela “le meilleur au monde”. Les élections (très nombreuses) sont systématiquement surveillées par nombres d’organismes internationaux, et tous s’accordent sur sa qualité.

        On ne peut pas vraiment en dire autant des US…

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      • TeoNeo // 26.01.2018 à 13h54

        Alors pourquoi l’article invoque des élections pour affirmer que les “venezueliens veulent voir partir le president” ?
        Ce que je reproche ce sont les affirmations fausses. La validité des élections est une autre question.

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  • TeoNeo // 26.01.2018 à 11h25

    “Les Crises espaces d’autodéfense intellectuelle”

    Imaginez un nouveau venu tombé sur cet article du blog directement par Google (et ne connait rien du blog) il va penser quoi ?

    Je comprends l’importance de varier les points de vue mais il doit surement exister des articles plus honnêtes, ou au moins, qui ne mentent pas. Si c’est le meilleur article que vous ayez trouvé avec le point de vue de l’opposition, c’est plutôt inquiétant.

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    • Sam // 26.01.2018 à 13h28

      Je ne pense pas qu’il existe d’articles plus honnêtes, puisque “l’opposition” dont on parle est constituée de putschistes financés et organisés par les US (voir le CV d’une Maria Machado pour s’en convaincre).

      Leur seul projet est de s’accaparer la manne pétrolière, quitte à ramener le pays à l’age de pierre. On imagine que les venezueliens ne sont pas très chauds.

      D’ailleurs, je ne pense pas qu’il y ait une vraie opposition dans ce pays : à force de cristalliser le débat autour des chavistes et des putschistes, une droite ou gauche plus “libérale” n’a aucun espace d’expression.

      Le jour où les US arrêteront de financer des fascistes partout sur terre (non plus pour promouvoir la démocratie, mais pour faire des coups d’état : on progresse…), peut être que les forces politiques pourront s’organiser de manière plus sereine.

        +2

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  • Sam // 27.01.2018 à 15h03

    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/01/16/au-venezuela-la-mort-en-direct-d-oscar-perez_5242531_3222.html

    Le Venezuela selon le monde. Il doit y avoir une course à l’article le plus bidon dans les rédactions, c’est pas possible…

      +0

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